
Qui connaît l’anatomie du clitoris ?
Quasiment personne.
On connait tout de l’anatomie du pénis, sa physiologie, ses maladies, ses malformations et ses humeurs depuis belle lurette.
Mais qui a eu envie, osé, obtenu des budgets pour se pencher sur l’anatomie du clitoris, sa mécanique et sa physiologie ? Heureusement, une femme a fini par s’en occuper et, grâce à une émission d’Arte, femmes et hommes peuvent découvrir cet organe extraordinaire, beaucoup plus volumineux qu’on le croyait et, surtout casser les mythes fumeux des orgasmes vaginaux et des points G. Car s’il y a 40 ans Masters and Johnson avaient affirmé qu’il n’y avait pas d’autre orgasme que l’orgasme clitoridien, même s’il n’était pas directement stimulé, on continuait à nous servir des solutions androcentristes basées sur la supériorité du pénis sur le vagin.
La réalité est qu’il y a collaboration entre le pénis et le clitoris lors de la pénétration dans le vagin : frottement du clitoris par contact des pubis de l’homme et de la femme et stimulation des racines du clitoris qui se prolongent jusqu’au périnée par traction du pénis sur les petites lèvres.
Voilà qui peut donner des idées de caresses et dégager les partenaires de l’obligation de tripoter la partie apparente du clitoris, le gland, ce qui est parfois douloureux. Taquiner les petites lèvres pour stimuler le clitoris au niveau de ses racines ouvre des perspectives de plaisir.
Quant au vagin, il n’est pas innervé et ne peut donc pas être un récepteur de plaisir. Les histoires de point G ou d’orgasme vaginal n’ont pas d’autre fondement que idéologique tenant de l’adoration du pénis et de la prédominance de la reproduction sur le plaisir. Malheureusement, nous sommes au 21ème siècle et cette croyance est toujours en vue, même chez les sexologues.
Une femme peut contrôler ses sphincters vaginaux mais ça se passe à l’ouverture du vagin, pas dedans. Le vaginisme concerne les sphincters uniquement.
L’ogasme entraîne des contractions utérines, pas vaginales.
La découverte de l’anatomie du clitoris explique pourquoi des femmes excisées (pas celles qui sont excisées et infibulées, bien sûr) peuvent avoir du plaisir, surtout celles victimes de la circoncision superficielle de type “sunna” pratiquée en Egypte, et pourquoi il est possible aujourd’hui, grâce à un urologue français, de reconstruire le clitoris des femmes mutilées.
Peut-être que si on enseignait aux hommes et aux matrones qui ordonnent et pratiquent la circoncision que ça ne supprime pas le plaisir, ça les inciterait à renoncer à ce crime barbare ?
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site d’ARTE
http://www.arte-tv.com/fr/histoire-societe/archives/Sexe-des-femmes/387784.html
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