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Hommage féministe à Michel Debré

La droite fête ce jour le centenaire de la naissance de Michel Debré et la féministe historique que je suis se souvient de la joie avec laquelle les femmes du Mouvement chantaient cette chanson vraisemblablement imaginée sur l’air de “la guerilla” par les soeurs Wittig, Christiane Rochefort, Christine Delphy, Emmanuelle de Lesseps et quelques autres …

Bien entendu, cette chanson était pleine d’humour et il serait stupide d’en prendre les paroles à la lettre et d’en tirer des conclusions hâtives sur , par exemple, la haine des féministes pour les hommes…

Chansons du MLF
Debré nous n’te ferons plus d’enfants
Debré nous n’te ferons plus d’enfants, non, non, non 
Pour faire de la chair à canon, non… 
S’abrutir à la production, oh non, 
Et vive la contraception 
R : La, la, la… 
C’est bon, c’est bon, c’est bon, 
De ne plus avoir un bonhomme sur notre dos. 

Plus jamais nous n’aurons d’enfants, non… 
Tant que nous les élèverons, non… 
Plus jamais nous n’occuperons, oh non 
Votre cuisine et votre lit. 

Plus jamais nous aurons à cœur, non… 
De leur plaire, de faire leur bonheur, non… 
Et puis toute leur virilité, oh oui ! 
Qu’ils se la mettent sous leur oreiller ! 

Plus jamais nous ne nous marierons, non… 
Ne rentrons plus à la maison, non… 
Leur amour c’est comme une prison, oh oui ! 
Faisons des fêtes et des chansons.

Source http://www.oocities.org/demainlemonde/chansonsfemmes.htm#Debré nous n’te ferons plus

Une Réponse »

  1. Lettre ouverte à Monsieur le maire d’Amboise
    Amboise le 15 janvier 2012

    Monsieur le Maire,

    L’anniversaire du centenaire de la naissance de Michel Debré fut une occasion de visiter la rétrospective de la vie de cet homme politique, en la mairie d’Amboise.

    Il apparaît évident que cette exposition, comme certains reportages de complaisance ressassés à la télévision ou dans une Nouvelle République décidemment incapable de prendre quelque recul sur l’histoire, loin d’être un reflet de la réalité historique, passe sous silence des périodes cruciales de la vie politique de Michel Debré.

    J’en veux pour exemples :

    Aucune référence au serment d’allégeance prêté par Michel Debré au maréchal Pétain en 1942
    Aucune référence à la carrière de haut fonctionnaire de Michel Debré sous le régime de Vichy
    Un flou artistique sur les conditions de la réintégration au Conseil d’Etat de Pétain après son « évasion » au début de la guerre.
    Un silence assourdissant sur ses liens avec Maurice PAPON dont personne ne pouvait ignorer les crimes qu’il avait commis pendant la guerre, malgré la carrière bardée d’honneurs que lui réserva si longtemps la Vième République.
    Aucune référence à la « guillotine» que Michel Debré agita comme une menace aux parlementaires de l’Algérie indépendante.
    Enfin, aucune référence de son activisme pendant les heures sombres de 1961 où furent torturés et massacrés des centaines de civils algériens, coupables de vouloir manifester pacifiquement à Paris…
    En dernier lieu aucune référence à la déportation à son initiative de milliers d’enfants réunionnais vers un quasi esclavage en métropole….

    Pour ces raisons, je vous remercie de bien vouloir réfléchir à la possibilité de débaptiser la place Michel Debré, afin de rendre enfin justice et honneur aux victimes de ce que l’on peut appeler le mythe Michel Debré, et de rendre raison à une autre vérité historique plus glorieuse.

    D’autres noms, parés d’abnégation et de courage, méritent davantage à mon sens de figurer au fronton de cette place, exemples parmi de nombreux autres, Jean Moulin, Paul Didier etc ..

    Cordialement

    laurent canot

    page 1/4

    Un mythe récurrent à Amboise : Michel Debré

    Le 100 ième anniversaire de la naissance de MICHEL DEBRE a lieu le 15 JANVIER 2012
    La Nouvelle République n’a pas hésité à encenser l’homme politique, paré de toutes les qualités. Au mépris de la réalité historique ?

    Le père de la constitution ???
    Souvent présenté comme le Pére de la constitution, Michel Debré ne fut en réalité que l’un des rédacteurs de la Vième. Dans ses mémoires écrites à partir de 1946 , De Gaulle posait déjà les fondations de ce qui deviendra la Vième république. S’il y a un «père de la Constitution», ce ne peut donc être que De Gaulle. Malgré cette évidence, la famille Debré et notamment Bernard Debré qui fut maire d’Amboise ne rate jamais une occasion de présenter son père comme le seul «Père de la Vième république».

    Il reste que lorsque la Vième fut révisée en profondeur en 1962 pour introduire l’élection du président de la république au suffrage universel, réforme évidemment majeure, Michel Debré avait déjà quitté le gouvernement. Après le référendum du 28 octobre 1962, l’élection du président de la Vième est désormais soumise au suffrage universel, qui est évidemment la clé de voûte du système actuel.

    ***

    Michel Debré un grand démocrate ???
    Sous l’autorité de Michel Debré, parachuté comme député à la Réunion après différents échecs électoraux en Indre et Loire, des milliers d’enfants de la Réunion sont retirés de leurs familles pour être déportés dans la Creuse et servir de main-d’oeuvre docile, parfois à la limite de l’esclavage…

    Entre 1963 et 1980, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), publié en 2002, ce sont 1.630 enfants et adolescents réunionnais, âgés de 7 à 14 ans qui ont été envoyés en métropole, plus particulièrement dans des départements touchés par l’exode rural.
    L’Unicef publie (avec j’ai lu) le roman de Brigitte Peskine,
    “l’Ile de mon père”

    page 2/4

    Le «démocrate» et l’Algérie …
    «Persuadé encore que l’Algérie restera française, Debré menace les «liquidateurs» des pires sanctions: «Demain, sachez-le, la route sera libre jusqu’à la guillotine», lance-t-il aux parlementaires. C’est un combat personnel, qu’il croit, dans la ligne gaulliste. En 1957, il est impliqué dans «l’affaire du bazooka», qui vise à faire assassiner le général Salan, jugé trop mou dans son combat contre le FLN. Le général de Gaulle, lui, estime déjà que «l’Algérie de papa, c’est fini». Mais Debré ne sent rien venir. Pendant onze ans, il croit, dur comme fer, s’associer avec de Gaulle à la reconquête triomphale de l’empire colonial.» Libération du 03 août 1996
    ***

    Michel Debré : l’omerta sur un massacre à Paris ???…
    Rappelons également les évènements d’octobre 1961 où la police française multiplie les sévices et les assassinats de civils algériens à Paris, jusqu’à la manifestation du 17 octobre et ses centaines de morts.

    Le Préfet de police s’appelle alors Maurice PAPON, le premier ministre qui en est le responsable hiérarchique est Michel DEBRE… Michel DEBRE couvrira les agissements de Maurice PAPON jusqu’à réclamer et obtenir le renvoi du garde des Sceaux de l’époque Edmond MICHELET , lequel avait protesté contre les mesures mises en place par Maurice PAPON.

    «Le 12 février 1962, le Premier ministre Michel Debré se rend dans les locaux de la police parisienne, pour « apporter le témoignage de sa confiance et de son admiration » ; puis, le 13 avril de la même année, il écrit une lettre à Maurice Papon, rendant « un particulier hommage à [ses] qualités de chef et d’organisateur, ainsi qu’à la façon dont [il a] su exécuter une mission souvent délicate et difficile ».Wikipedia

    Rappelons que PAPON fut tardivement condamné pour crimes contre l’humanité pour ses actions pendant la seconde guerre mondiale…

    Rappelons par ailleurs que l’actuel président du Conseil constitutionnel Jean-Louis DEBRE débuta en politique en 1978 comme chef de cabinet de Maurice PAPON, alors ministre du budget sous GISCARD…

    page 3/4

    Michel Debré : grand résistant ??? …
    Présenté parfois comme le premier des gaulliste, Miche DEBRE sauf erreur n’a jamais été reconnu comme tel par les gaullistes historiques et n’a d’ailleurs jamais été honoré du titre de compagnon de la libération.

    Et pour cause:

    Michel DEBRE n’est en réalité entré « en résistance» que très tardivement vers 1943, après une carrière de haut fonctionnaire sous Vichy.

    Mobilisé en 1939 et fait prisonnier en juin 1940, il «s’évade» en septembre pour entrer non en résistance mais au …. Conseil d’Etat… puis séjourne au Maroc comme fonctionnaire de Vichy. Il retourne ensuite au Conseil d’Etat où il prête serment d’allégeance au maréchal PETAIN et devient le 04 août 1942 maître des requêtes…

    Durant l’été 1943 il se rapproche de De Gaulle qui lui demande d’établir la liste des préfets qui remplaceront ceux de Vichy

    A la libération M. Gaston CUSIN est désigné par Michel DEBRE pour être le Commissaire de la République en Aquitaine.
    «Avant même que le drapeau nazi ne disparaisse dans le ciel de Bordeaux, il ( PAPON) est nommé directeur de cabinet du commissaire de la République (CUSIN) et préfet des Landes … Curieusement, les archives des services spéciaux de la France libre ne seront pas exploitées. Personne ne songera ou ne souhaitera utiliser contre lui ces télégrammes où on le décrit comme “un fonctionnaire très dévoué au maréchal et au gouvernement Laval”, où il est précisé : “Contre la résistance qu’il considère comme contraire aux intérêts du pays.”»Laurent Greilsamer Le monde.fr 19 09 02 Maurice Papon une carrière française

    ***

    Michel DEBRE créateur de l’ENA ???
    En réalité, le projet de l’ENA avait été déjà rédigé par Jean ZAY, socialiste, en 1938 mais n’avait pu être réalisé du fait de la guerre.

    page 4/4

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