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Drogues : il faut légaliser le cannabis

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Face aux ravages de l’alccol légal et des drogues de synthèse à la fois illégales et légales du fait de la méconnaissance des molécules, légaliser le cannabis constituerait un moindre mal du point de vue de la santé publique. Il serait temps de cesser l’hypocrisie qui consiste à faire semblant d’ignorer que presque tout le monde a fumé ou fumera un joint, que le cannabis circule abondamment malgré son interdiction et quelques prises spectaculaires.

Considérant que la vie n’est pas un fleuve tranquille et que pour y faire face, la plupart des gens recourent à des sédatifs de toutes sortes;

Considérant qu’on ne pourra jamais éradiquer l’usage des drogues en vigueur depuis l’aube de l’humanité et que le cannabis est un moindre mal;

Considérant que l’interdiction du cannabis favorise les trafics, les conflits souvent mortels entre bandes de trafiquants et la criminalité en général;

Considérant que la consommation de cannabis entraine moins de problèmes de comportement que la consommation d’alcool ou de drogues dites "dures" ou de drogues de synthèse;http://laconnectrice.wordpress.com/2011/09/19/drogues-eternelles-les-sels-de-bain-les-bath-salts-ravagent-les-ados/

Considérant qu’à long terme le cannabis est relativement peu nocif pour la santé, bien moins que l’alcool et d’autres drogues;

Considérant que la légalisation du cannabis permettrait à tout un chacun de cultiver sa consommation personnelle et de faire chuter l’offre, donc le traffic;

Considérant que la culture du cannabis bio est peu coûteuse et que le produit ne nécessite pas de transformation chère, que le coût final est peu élevé;

Considérant que l’offre légale de cannabis détournerait les consommateurs de drogues plus nocives pour leur santé et pour la sécurité publique;

Considérant que la légalisation du cannabis en Hollande est positive d’après les Hollandais eux-mêmes;

Considérant que malgré son interdiction que le cannabis est consommé largement en France et ailleurs, y compris chez les hauts fonctionnaires, les artistes, les journalistes, les cadres supérieurs, les policiers et les gendarmes;

Considérant que si le cannabis était légalisé il aurait moins d’attrait pour les adolescents qui cherchent à braver des interdits;

Considérant que l’addiction aux drogues dépend plus du terrain du sujet que le produit et que le cannabis n’est pas le produit le plus addictif; La preuve, j’en ai consommé plusieurs fois et je m’en passe très bien, par contre, je fume trop mais ça, c’est légal …

Considérant que le cannabis n’est pas responsable des cirrhoses et cancers du foie du foie, ni d’anomalies génétiques comme l’épilepsie, ni du delirum tremens, ni du cancer des poumons quand il est ingéré

Considérant que le cannabis médical a fait ses preuves dans les pays où il est autorisé à fins thérapeutiques (malades en fin de vie, douleurs réfractaires aux antalgiques autorisés, sclérose en plaques, glaucome, etc.)

http://laconnectrice.wordpress.com/2011/06/09/usage-medical-du-cannabis/

Etc., etc.

Pourquoi le recours aux drogues depuis la nuit des temps ?

«  Notre condition faible mortelle est si misérable que rien ne nous peut  consoler lorsque nous y pensons de près »….Blaise Pascal

Pourquoi continue-t-on à faire croire aux jeunes que la vie est “naturelle”, que le bonheur est à la portée de toutes et tous, que le plaisir coule de source et que la souffrance ne touche que les malchanceux, les maladroits, les ratés, les imbéciles et les mal foutus ?

Les humains utilisent des drogues depuis la nuit des temps.

Le mal de vivre, le besoin de chercher ses propres limites, l’impérieuse nécessité d’explorer l’inconnu dans les paradis artificiels, le plaisir de transgresser, la nécessité de défier l’autorité sont autant de moteurs dans les sociétés occidentales. Dans d’autres sociétés, des drogues comme le khat sont quotidiennement consommées pour tromper l’inaction, la faim et l’absence de perspectives. On notera d’ailleurs que l’agent actif du khat est la cathinone qui est le principal composant synthétisé du MDPV.

Pourquoi autant d’hommes et de femmes ont-ils besoin de prendre des drogues, des substances qui agissent sur le cerveau, multiplient ou diminuent ses capacités, des substances qui agissent sur le corps pour supplirmer la douleur ou augmenter les performances physiques. En sport, on appelle ça le dopage. Dans les campagnes on appelle ça l’alcoolisme. En médecine, on parle d’analgésique, de calmant, d’antidépresseur, d’anxiolytique, de sédatif, de produit de substitution, etc.  Chaque catégorie sociale possède son propre vocabulaire pour dénommer la cocaïne, l’héroïne, la métamphétamine, le crack, le cannabis et toutes sortes de nouveautés qui arrivent régulièrement sur le marché.

Pourquoi certains plaisirs sont indissociables de la dégradation du corps et du cerveau ?

Pourquoi faut-il souvent se faire du mal pour se faire du bien ou se faire du bien en se faisant du mal ? Est-ce du bien-être que l’on recherche ?

La répression des drogués et des trafiquants de drogues ne peut que répondre à des situations d’urgence mais pas aux problèmes de fond. Pourquoi faut-il accélérer sa propre mort en se mettant en danger pour pouvoir vivre ?

Notons aussi que les hallucinogènes ont ceci de spécifique qu’ils nous font sortir de nous-mêmes, qu’ils nous font perdre le contrôle et qu’ils nous entraînent dans un voyage mental au-delà, quelque part, ailleurs et loin des réalités ordinaires. Les hallucinogènes sont indissociables de certaines recherches spirituelles comme le chamanisme très prisé de nos jours par des mystiques qui se réunissent dans des cercles fermés et qui parcourent des centaines ou des milliers de kilomètres pour y participer.

A défaut de bonheur, la satisfaction de besoins élémentaires pourrait peut-être éradiquer le recours aux drogues mais on sait que c’est utopique. Pourtant, l’addiction est un problème de santé publique que les pouvoirs en place ne prennent pas au sérieux en réduisant les crédits de la psychiatrie dans son ensemble. C’est en effet à la psychiatrie qu’il revient de soigner les drogués à commencer par les alcooliques qui font le quotidien des consultations psychiatriques et des hôpitaux psychiatriques.

Réprimer est nécessaire mais c’est un constat d’échec. La prévention devrait mobiliser toutes les ressources humaines, budgétaires et politiques. Vaste programme, j’en conviens mais ça vaut le coup d’essayer…

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  1. Pingback: Le cannabis médical bientôt autorisé en France | Laconnectrice's Weblog

  2. "La prévention devrait mobiliser toutes les ressources humaines, """budgétaires""" et politiques."

    Ya plus de budget, il manque de l’argent partout.

    A force de déplacer le curseur de la tolérance vers le haut, nous allons atteindre les limites du métabolisme humain.

    Aux Pays Bas, il parait selon un batave de mes connaissances que le cannabis n’étant pas interdit les gens s’en désintéressent pour passer a des drogues de synthèses toujours plus étranges.

    Il y a toujours des coureurs cyclistes de vingt ans qui meurent dans leur lit en dormant, ou des footballeurs et rugbymen qui après un choc violent mais, pas a priori mortel, qui ne se relèvent jamais de la pelouse.

    Le dopage et le commerce illicite de produits stupéfiants sont de plus en plus liés.

    Alors pourquoi lutter contre la vitesse au volant, si se tuer a petit feu ou a grosse dose est si bien?
    L’ivresse des grandes vitesses j’ai bien apprécié plus jeune.

    Aujourd’hui savoir que le pilote d’un avion de ligne peut être "stone" me remplit de craintes. Et que dire d’un gendarme "chargé" au cannabis qui aurait a faire usage de son arme? On sort a peine de "L’assommoir" de monsieur Zola. Quelle raison supérieure justifierait d’y replonger?

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    • laconnectrice

      Vaste débat que celui de la légalisation du cannabis
      on ne peut pas à la fois fermer les yeux sur la circulation massive du shit et continuer à l’interdire.
      Pour ce qui est du dopage, les sportifs savent très bien ce qu’ils font et les risques qu’ils encourent. Déjà, il faut être assez demeuré pour sacrifier sa vie à la compétition et aux performances surhumaines. C’est déjà un pas vers le suicide.

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  3. Une chose me choque, avez vous vraiment des informations reliant l’épilepsie a l’alcoolisme? Le mal était déjà connu a des époques ou les alcools étaient peu répandus, et leur degrés d’un niveau faible. Bref les vins étaient d’horribles bibines que l’on mélangeait a des herbes aromatiques, du miel, et pas mal d’autres ingrédients parce que pur ils ne valaient rien.

    Pour moi un vin c’est de la nourriture, d’ailleurs le boire seul en dehors des repas est un signe d’alcoolisme. C’était dans l’antiquité une manière de stocker le raisin tout comme le fromage était une manière de stocker le lait pour plus tard, un moyen de conservation pour l’hiver. Quand les vins sont devenus "alcool" il en a été tout autrement. Passé 14° il devient difficile de parler nourriture^^ Par contre la bière ou le cidre vous font un magnifique "pneu" autour de l’abdomen, preuve de leurs apports caloriques malgré un degrés faible^^

    Il en va tout autrement pour ce qui se fume, cela entre automatiquement dans la catégorie drogues, même si ce n’est pas la seule manière de les ingérer.

    Nous avons donc déjà a gérer les problèmes de l’alcoolisme et de la tabagie, l’état dépense des sommes importantes en campagnes de préventions. Ces deux types d’abus remplissent les hôpitaux de gens qui avaient la chance de ne pas souffrir d’autre chose. Ils pèsent sur les comptes de la sécurité sociale. Additionnés c’est pire…

    Je demande donc si il est raisonnable d’ajouter une nouvelle charge à la charge? Je demande si les mélanges alcool cannabis ne sont pas bien plus dangereux que les mélanges alcool tabac, surtout au volant? Il va donc falloir procéder systématiquement a un double contrôle pour les automobilistes, encore une charge. Et si c’est l’interdit qui attire les enfants, ne risquent ils pas d’essayer directement le crack si le cannabis est légalisé?

    Nous ne sommes pas égaux devant l’alcool, devant le cannabis encore moins. Certains encaissent bien, d’autres développent des pathologies psychotiques majeures. Nous n’avons pas plusieurs millénaires dernière nous pour avoir appris a gérer la chose.

    Dans les années 50 l’intendance de l’armée française distribuait le cannabis comme le tabac. Mon père soldat dans un bataillon dit "africain" mais qui ont toujours compté un quart ou plus d’européens, a vu certains soldats en consommer régulièrement. Ils étaient mal vu des autres africains, et considérés comme peu fiables, tout comme les alcooliques. Aujourd’hui on n’embauchera pas un alcoolique, les entreprises en seront réduites a dépister les consommateurs de cannabis et a leur faire la chasse tout comme elles font leur possible pour se débarrasser des alcooliques.

    Le commerce du cannabis s’accompagne presque toujours d’autres commerces. Drogues plus dures, contrefaçons, recel, rabattage pour le proxénétisme. Si vous privez les petits délinquants de cette "ressource" de base, ils développeront leurs autres activités pour survivre.

    Je serais plus enclin a pénaliser le tabac, qu’a légaliser le cannabis.

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    • laconnectrice

      Gilles,
      Les alcools ont toujours existé puisqu’ils résultent de la fermentation du sucre, naturel ou pas. Je ne connais pas l’histoire de l’épilepsie mais je vous laisse le soin de m’éclairer;-)

      Je connais les arguments en faveur du vin car mon grand-père était viticulteur et affichait dans son bureau un portrait de Louis Pasteur avec cette citation "le vin est un aliment". Il y avait toujours une bouteille de vin sur la table et les enfants avaient droit à un doigt de vin pour deux doigts d’eau. Je n’ai jamais vu un homme de ma famille ivre. Je n’ai aucun tabou vis à vis de notre produit hautement culturel qu’est le vin. Tout comme est hautement culturelle la culture du cannabis, du pavot, du khat, de la coca dans d’autres pays. La consommation d’alcools et de stupéfiants est une question de dosage.

      Le trafic de cannabis est toujours accompagné d’autres trafics, tout comme alcool et tabac, armes et prostitution, voire les contrefaçons. Les trafiquants ne s’embarrassent pas de détails sur les produits qu’ils trafiquent. Le cannabis per se n’est pas la cause de tous ces trafics. Les trafiquants continueront à trafiquer même sans cannabis.

      Je suis réaliste. Je constate que les gens consomment du cannabis malgré son interdiction et que ce produit fait moins de mal que d’autres drogues partant du principe qu’on n’éradiquera jamais les drogues.

      Si je fais une comparaison vin/cannabis c’est pour montrer l’irréalisme et le ridicule de la prohibition du cannabis au regard de la santé publique.

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