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Lynchage de Noisy-le-sec : indulgence coupable pour crime passionnel en filigranne

Publié le

Les Français ont toujours éprouvé de la fascination et de l’indulgence pour les crimes passionnels. Tuer par amour serait le summum du sentiment amoureux. Devenir fou d’amour au point de frapper, martyriser, harceler et tuer attire l’indulgence.

Etant donné que la grande majorité des victimes de « passion amoureuse » sont des femmes et que les « amoureux » passionnés sont des hommes, on est en droit de déceler derrière cet accomodement coupable de la misogynie et du machisme. La passion masculine c’est grand, c’est beau. La virilité est respectable quand on la prouve par la force, par la violence. L’agressivité masculine est naturelle, liée à la testostérone qui définit le mâle. On apprend très tôt aux petits garçons à en user en leur donnant des jouets armes, en les incitant à se battre, à prouver qu’ils sont des hommes en cognant, à ne pas se laisser faire en cognant, à feinter, tromper, foncer dans des jeux qui exacerbent la compétition, l’agressivité et la violence comme le foot, le rugby ou la boxe.

Violences dans le foot: montage de coups bas, édifiant;-(((

http://www.youtube.com/watch?v=HUh8YGNs8iE

Un petit garçon qui se refuse à l’exercice de la violence est un « pédé », une « femmelette », une « gonzesse ». « Montre que tu es un homme mon fils » est un encouragement à la violence.

Le corollaire de ce conditionnement psychologique est que la plupart des hommes ne savent pas utiliser les mots, qu’ils sont secrets sur leurs sentiments et pensées, qu’ils sont introvertis et qu’ils « ruminent » car « ils n’ont pas les mots pour le dire ». Alors ils agissent dans le désordre, dans la haine, dans la domination et la violence. Ils le font d’autant plus aisément que leur éducation non seulement ne leur enseigne pas le contrôle de leurs pulsions mais qu’elle les y encourage. « Allez, vas-y, montre de quoi tu es capable, fonce ».

Jouet enfant : revolver

 

La société leur donne raison après les avoir encouragés. Il a fallu des siècles avant que le viol ne soit considéré comme un crime passible des assises en France. Et dans de nombreux pays, non seulement le viol n’est pas sanctionné, non seulement il est encouragé dans les guerres et les mariages forcés mais c’est la femme victime qui est punie par la répudiation, l’exclusion de sa communauté ou la mort.

En France, on cherche toujours des excuses à l’agresseur, même quand la justice le condamne. Pire, les députés ont rendu hommage à un des leurs, Jean-Marie Demange, homme violent qui avait massacré sa compagne avant de se suicider.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20081117.OBS1299/un-depute-tue-sa-compagne-une-affaire-passionnelle.html

 

Et ses pairs lui trouveront des excuses:

Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP, a été un des premiers à réagir. Interviewé sur i-Télé, il a regretté un « drame pour la famille du député, mais aussi celle de la femme qu’il a abattue« , après avoir évoqué la défaite aux municipales à Thionville, dont Jean-Marie Demange était maire jusqu’en mars dernier. « Nous savions qu’il avait été visiblement très affectée par son résultat aux municipales« , a ainsi ajouté le porte-parole du parti de la majorité.

Il s’est heureusement trouvé des députés pour être choqués pour de justes raisons:

http://www.dailymotion.com/video/x7gah7_fallait-il-une-minute-de-silence-po_news

Photo d’une femme battue prise dans un hôpital espagnol


Dans l’affaire du lynchage de Noisy-le-sec, les médias, unanimement, osent sans vergogne et en toute inconscience machiste parler de conflit amoureux Par exemple l’Express :« Une histoire de territoire amoureux ». L’enquête s’oriente vers la piste d’une histoire de coeur mêlée à une rivalité entre quartiers rivaux. Le jeune homme, originaire de la cité des Indes àSartrouville (Yvelines), est « très peu connu des services de police ». Les agresseurs n’auraient pas supporté de voir une jeune fille de leur cité de Bois-Perrier, à Rosny-sous-Bois, au bras d’un habitant d’un autre quartier

Mais où est-donc l’amour dans ces affrontements entre porteurs de phallus écervelés, entre jeunes garçons gavés de pornographie et de machisme ?

Aimer, c’est d’abord être aimable ce qui inclue la gentillesse, la douceur, la tendresse, le respect, la bienveillance, l’affection et le calme, la paix.

Les rivalités, faussement qualifiées « d’amoureuses » sont un oxymore. On ne peut pas aimer et être violent. Un homme jaloux, un homme dominateur, un homme exclusif, un homme possessif, un homme exploiteur n’est pas un homme habité par l’amour. Il est mue par le besoin d’exercer son pouvoir à n’importe quel prix, y compris la mort, et sous n’importe quel prétexte.

Alors que le français est une langue riche en nuances, les mots manquent trop souvent pour appeler un chat un chat et les utiliser à bon escient parce que les mots sont le reflet de la pensée et que la pensée dominante est sexiste, machiste, misogyne et généralement discriminatoire vis à vis des femmes encore considérées comme des sous-hommes.

Une réponse "

  1. laconnectrice

    Haroun, la victime, s’est remis de ses blessures et se porte bien. Il minimise les faits et on le comprend, il est passé à côté de la mort. Ses propos mesurés et apaisants ne sont pas rassurants car ils laissent mesurer le niveau de terreur qui règne dans les quartiers.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-temoignage-d-haroun-laisse-pour-mort-a-noisy-le-sec-13-04-2011-1405553.php

    J'aime

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