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Côte d’Ivoire et tissus africains

Publié le

La Côte d’Ivoire, ce n’est pas que Gbagbo, Ouattara, l’uranium, le cacao, la Françafrique et la guerre civile. C’est aussi la culture du coton, de l’industrie textile et un petit artisanat de textile africain ainsi qu’une grande consommation de pagnes et de panneaux conçus pour les Africains par les Hollandais, puis par les Britanniques et maintenant les Chinois.

Le « wax » (cire en anglais) est une version du batik indonésien que les Hollandais, de retour vers leur pays, tentaient de troquer contre des produits agricoles et artisanaux en passant par l’Afrique, et en particulier par la Côte d’ivoire. Comme les tissus indonésiens étaient trop délicats pour satisfaire les usages des africains, les Hollandais, en pleine révolution textile, créèrent des modèles sur des supports plus résistants et plus épais. Ils industrialisèrent l’impression du coton grâce à la réalisation de rouleaux gravés.

Le batik est une technique de teinture qui consiste à réserver des parties du tissu de soie ou de coton pour dessiner des motifs. La teinture ne prend pas là où il y a de la cire. Ensuite, on fait fondre la cire et on recommence si on veut utiliser plusieurs couleurs. Cette technique est répandue dans le monde entier car elle permet de produire des motifs sans trop de difficulté. Toutefois, certains batiks peuvent être extrémement sophistiqués, requérant des heures de travail pour dessiner les motifs à la cire et répéter l’opération de nombreuses fois pour utiliser plusieurs couleurs.

Les Indonésiens ont poussé l’art du batik à une complexité extrême en teignant les fils de trames, et parfois aussi les fils de chaîne (ikat croisé), avant le tissage. Cette technique, l’ikat a essaimé en Inde et au Japon puis a donné en Europe une imitation en impression appelée « flammé ». On trouve aussi des ikats en Amérique du Sud.

Les batiks artisanaux sont faits à base de teintures naturelles comme la noix de cola ou l’indigo.

Généralement, ce sont les femmes qui ont le monopole du commerce du wax et on les surnomme les « nana benz » parce qu’elles sont riches et roulent en mercedes benz. Elles participent parfois à la conception des motifs, conseillent les industriels et passent des commandes particulières pour des occasions spéciales.

Bien que le wax hollandais soit toujours très recherché, la Côte d’Ivoire possède ses propres fabriques, en particulier Uniwax. De son côté, la Chine produit également des wax à destination de l’Afrique.

La concurrence chinoise a créé une grave crise parmi les industriels textiles de la Côte d’Ivoire qui se battent contre la contrefaçon en tentant d’innover et en se regroupant. Le Hollandais Vlisco a racheté Uniwax.

Après le départ de Gbagbo et l’aide française et européenne, l’industrie textile ivoirienne bénéficiera peut-être d’un coup de pouce financier. Quoiqu’il en soit, le wax et le batik font partie de la culture ivoirienne et ne sauraient mourir.

http://www.africatime.com/ci/nouvelle.asp?no_nouvelle=492040&no_categorie=3

Les wax print de la cöte d’Ivoire et les nanas-benz : un article exhaustif sur les pagnes africains. http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=3116 Vlisco, le véritable waxprint hollandais, le plus ancien fabricant hollandais http://www.vlisco.com/Boutique/fr/page/307/?gclid=CNTz06mGl6gCFUlkfAodii7gCw Julius Holland, fabricant hollandais http://www.waxprint.nl/uk/products/julius-holland-wax/ Binzhou véritable wax, fabricant chinois http://www.bzh.net.cn/products_list/&pmcId=3feecac9-9ec2-4f62-a163-d0e1aa2deafb&comp_stats=comp-FrontProductsCategory_show01-1285721769319.html African textiles, Holland http://africantextiles.nl/en/wax/ Batiks de Côte d’Ivoire (bogolans) http://www.bogolan.fr/batik_pm.php Fil tissé de Côte d’Ivoire (Baoulé) http://www.africa-onweb.com/art-afrique/boutique/tissus/tissus-CI-baoule-1.htm Les toiles de Korhogo sont originaires du Nord de la Côte d’Ivoire et plus particulièrement comme leur nom l’indique de la région de korhogo (ville Sénoufo). Ces tissus traditionnels qui exposent les symboliques les plus importantes de l’ethnie sont conçus comme les bogolans. Ils sont constitués de petites bandelettes de coton (d’une dizaine de centimètres de large) cousues les unes aux autres. Les motifs ornementaux sont ensuite peints à l’aide de petits batonnets de bois de différentes tailles avec des pigments naturels. http://artisanat-africain.com/tissus_africains/tissus_de_korhogo.htm Le Togo, le Burkina faso, la Gambie, le Ghana et le Bénin fabriquent aussi du batik Les batiks du Burkina *Faso http://www.fasoboutik.com/tissus_4_batiks_.html?gclid=CKXMgPaEl6gCFZEifAodkWCjCg Batiks de Gambie et du Ghana faits à la main http://www.africanfabric.co.uk/batik.php Le Gambien Musa teint ses batiks avec de l’indigo et de la noix de cola http://www.africanfabric.co.uk/more_infos/more_musa.php

Typologie des tissus africains et origine du wax

Merci à Sandra pour cet intéressant article très complémentaire du mien

Le wax n’est pas la mode africaine

Essayages africains

Cette semaine, j’ai vu un épisode des Reines du Shopping sur M6 dans lequel on pouvait observer la charmante Ornella faire le tour de magasins parisiens dans l’espoir de trouver l’ultime look sportwear chic. Cette afropéenne friande de wax a fait un arrêt dans la boutique OWL Paris qui revendique une mode Afro-Chic. Quand la jeune femme a enfilé des jupes et vestes avec des empiècements en wax, ses concurrentes ont utilisé une déferlante de mots dérivés du champ lexical de l’exotisme pour qualifier ses essayages. Je pense qu’M6 a même mis un fond sonore de percussions à ce moment. J’ai alors eu une envie subite de leur dire « Non, le wax n’est pas africain, ethnique, exotique ou que sais-je encore ! « .

Pour une raison étonnante, ce tissu d’un grand cosmopolitisme par ses emprunts à l’Indonésie, à l’Europe et à l’Afrique est devenu l’image qu’a l’Occident de la mode africaine. Tout l’art vestimentaire d’un continent est réduit à son utilisation de cette étoffe colorée par la cire. Sa seule présence sur un élastique, un t-shirt, un pantalon, une robe ou une veste permet à son créateur de s’enorgueillir d’un soi-disant héritage africain.

Batik javanais

Rappelons que le wax est en général fabriqué en inspiration de la tradition du batik javanais par des Hollandais comme Vlisco. Les Africains se le sont approprié et en sont particulièrement friands depuis au moins un siècle. Pourquoi donc ce besoind’ethniciser ce tissu manifestement interculturelsous l’unique prétexte qu’il est apprécié par des Africains? Sa seule présence ne peut permettre à un objet de revendiquer un style africain. Pour le faire, il faudrait qu’il ait été conçu par un Africain avec un design typiquement africain ou soit réalisé avec un tissu réellement africain. Et surtout, la mode est avant tout mondiale, elle puise son inspiration d’influences et de tissus venant des quatre coins du globe alors cessons de marquer du sceau de l’ethnique ou de l’exotique les tenues de wax. Pour moi, c’est avant tout une cotonnade éminemment cosmopolite que des couturiers de la terre entière savent sublimer :

Pour finir, ce qui me dérange le plus au sujet de la confusion wax et textiles africains est le fait qu’elle masque l’étendue de la richesse des tissus authentiques du continent et de la variété de ces derniers. Pour l’illustrer, je vais vous citer quelques étoffes typiquement africaines :

  • Le faso dan fani, incarne pour moi la politique de stimulation de l’économie locale au Burkina Faso pendant les années Sankara.
  • Le kita est un tissu qui nous vient du peuple Akan (Côte d’Ivoire et Ghana). Je le trouve particulièrement intéressant, car ses couleurs renferment une symbolique importante.
  • Le bogolan élégamment recouvert par des illustrations de la vie dans les villages sahéliens traditionnels dessinées avec des encres naturelles.
  • Les pagnes qui sont conçus par l’ethnie baoulé.

En bonus, je vous présente quelques adresses parisiennes pour vous mettre à une mode d’inspiration africaine :

FlagShip OWL Paris
38 rue Caulaincourt
75018 Paris

June Shop
13 Villa Saint Michel
75018 PARIS

Mansaya
18 rue cite phalsbourg-
75011 Paris

AFRICOULEUR
108 rue Saint-Maur
75011 PARIS – FRANCE

La liste est ouverte alors faites moi part de vos bons plans de mode africaine à Paris en commentaires 😉 !

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