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Le mot « SHOAH » banni des manuels scolaires !

Claude Lanzmann, réalisateur du documentaire « Shoah », écrivain et philosophe s’insurge contre une circulaire de l’Education Nationale qui supprime le terme « Shoah » des manuels scolaires au prétexte que le mot est étranger. Il faudrait le remplacer par « anéantissement ».

Or, comme beaucoup de mots étrangers adoptés par la langue française, le mot « Shoah » n’est pas synonyme d’anéantissement tout simplement et de manière générique. On ne parle pas de shoah de la lèpre, par exemple. Shoah fait exclusivement référence au génocide juif, au massacre de millions de juifs au seul motif qu’ils étaient de religion juive ou qu’ils avaient des ascendants de religion juive. C’est écrit noir sur blanc dans « Mein Kampf » et dans toute la littérature nazie.

L’anéantissement des juifs par les nazis est un fait unique dans l’histoire récente et il n’y a rien de surprenant à ce qu’on le désigne par un terme spécifique, que l’on crée un mot pour le désigner, fut-il d’origine étrangère.

S’il fallait supprimer tous les mots d’origine étrangère de la langue française, on détruirait le français et on ne pourrait plus communiquer : ramdam, bazar, bistro, Internet, digital, spaghetti, pizza, couscous, barbare, dinde, kangourou, agios, sandwich, doxa, et cetera, curriculum vitae, pantomime, comedia del arte, bossa nova, jazz, mazurka, piano, banjo,  penalty, foot ball, shopping, Ave Maria, ramadan, burqa, imam, Djihad, Nakhba, Crucifix, hymen, et tous les anglicismes, les mots latins et grecs.

Payons-nous des fonctionnaires pour passer du temps à réfléchir à des mesures absurdes et stupides sans intérêt pour le bien public, susceptibles de causer des troubles à l’ordre public ? Comme si l’Education nationale n’avait pas à résoudre des problèmes beaucoup plus fondamentaux tels que l’éradication de l’illettrisme au sortir des années d’école obligatoire.

Contre le bannissement du mot « Shoah » des manuels scolaires

Point de vue | LEMONDE.FR | 30.08.11 | 10h58

par Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste

 

A la faveur de l’été, un mauvais coup se perpètre à l’éducation nationale et chez les éditeurs qui publient les manuels d’enseignement de l’histoire destinés aux élèves de première de tous les lycées de France et des autres établissements qui les préparent au baccalauréat. Il faut souligner que cette action néfaste se passe sous la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, qu’on sait hostile à toute forme de négationnisme. Or c’est bien de négationnisme qu’il s’agit ici et, nous allons le voir, d’une façon particulièrement perverse.

La nomination est une décision grave, mais plus grave encore est celle de dé-nommer. Une circulaire, parue dans le bulletin officiel spécial n°7 de septembre 2010 de l’éducation nationale, insistait sur la nécessité de supprimer le terme « Shoah » des manuels scolaires. Circulaire d’autant plus remarquable qu’elle prétendait faire suite au discours prononcé par Nicolas Sarkozy lors d’un précédent dîner du CRIF et dans lequel, après avoir utilisé plusieurs fois et avec le plus grand naturel le mot « Shoah », il proposait que chaque enfant juif assassiné soit parrainé par un lycéen français du même âge. Ce propos présidentiel n’ayant pas plu à tout le monde, Nicolas Sarkozy avait chargé Xavier Darcos, alors ministre de l’éducation nationale, deréunir une commission afin que sa pensée soit mise en œuvre tout en tenant compte des protestations. Cette commission était présidée par Madame Waysbord-Loing, inspectrice générale honoraire de l’éducation nationale, elle comprenait, outre des spécialistes de la seconde guerre mondiale, des personnalités comme Simone Veil, Serge Klarsfeld et moi-même. Un ouvrage de référence a d’ailleurs été publié à partir des travaux de ladite commission.

Etrangement, le bulletin officiel de l’éducation nationale réclamant la mise au rebut du terme « Shoah » a été publié un temps relativement court après cette parution. A ceux qui s’étonnaient, il était alors répondu que le bulletin officiel n’était pas le journal officiel de la République et qu’il ne reflétait qu’une« tendance » de l’éducation nationale. Tendance à la peau dure et bien en cour si l’on peut dire. Il y a une douzaine d’années, après une réunion à Stockholm de tous les chefs d’Etat et de gouvernement accompagnés de leurs ministres de l’éducation nationale, dont le but était d’élaborer un compendium sur la Shoah qui aurait force de loi et d’usage dans le monde entier, M. Dominique Borne, doyen de l’inspection générale d’histoire au ministère français de l’éducation nationale, déclarait sans précaution ni fard : « Il faut bannir le mot “Shoah” des manuels, car c’est un mot étranger. »

M. Borne n’est plus doyen, mais il demeure puissant et sa tendance semble largement majoritaire, il est en tout état de cause suivi par les éditeurs de manuels mis en vente à la rentrée 2011, puisque le mot de Shoah n’y apparaît plus sauf, pour certains, en note de bas de page indiquant que c’est le terme par lequel Israël désigne… quoi au fait ? Le manuel des éditions Hachette, qui suit à cent pour cent la recommandation du bulletin de l’éducation nationale, nous le dit on ne peut plus clairement : il faut utiliser désormais le mot « anéantissement ».

Formidable tour de magie : il n’y a eu nul décret gouvernemental, nul vote du Parlement, rien d’autre que le bon plaisir et le parti pris de ce qu’on ne peut qu’appeler une caste : n’ayant à répondre de rien, elle se permet de débaptiser, dans l’ombre et à la sauvette, un événement historique majeur, de frapperd’interdiction un vocable qui, pour le désigner, pour le nommer, s’était imposé de lui-même dans la plupart des pays, en un très court laps de temps, les ayant gagnés l’un après l’autre comme un feu de brousse.

J’entends M. Borne et tous ceux qui ont embrassé sa cause s’exclamer : « Ah ! C’est normal, Lanzmann, auteur du film Shoah, défend son territoire. » Bassesse ordinaire. Si, après la diffusion de Shoah, le film est devenu éponyme, si celui-ci a donné son nom à ce que, pendant les douze années où j’ai travaillé à sa réalisation, je ne parvenais pas à nommer, parce qu’il s’agissait en vérité de quelque chose d’innommable, sans précédent dans l’histoire des hommes, je ne l’avais ni voulu, ni prévu. J’aurais trouvé juste que mon film soit sans nom. Choisir, comme je m’y suis résolu au dernier moment, le terme Shoah, alors que je ne comprends, ni ne lis, ni ne parle l’hébreu, était pour moi une autre façon de ne pas nommer. Mais même pour ceux qui maîtrisent la langue hébraïque, le mot Shoah, qui revient à plusieurs reprises dans la Bible, est inadéquat car il ne désigne pas spécifiquement un pareil massacre de masse commis par les hommes contre d’autres hommes, il peut s’agir aussi bien d’un tremblement de terre ou d’un tsunami.

Ce n’est pas moi qui ai décidé, c’est ce que Hegel appelait l’Esprit objectif. J’en parle en vérité et avec détachement. Shoah est devenu un nom propre, il ne désigne rien d’autre que l’événement qui porte ce nom. Toutes celles, tous ceux qui ont souscrit au terme Shoah , qui l’ont adopté d’emblée, reconnaissaient par là même le caractère inouï de ce qui est arrivé aux Juifs : pour eux, même inadéquat, ce mot hébreu non traduit, qu’il ne fallait surtout pas traduire, épousait au plus près la spécificité juive du désastre. Génocide, extermination, anéantissement, sont des noms communs qui ont besoin d’un adjectif les qualifiant. C’est ainsi qu’on peut lire dans certains des nouveaux manuels (Magnard, Hatier) la formule « génocide juif » et dans d’autres (Nathan Le Quintrec) celle de « génocide nazi ». Qui génocide qui, c’est une autre affaire, qui en dit long sur l’imprécision des rédacteurs et la bouillie à laquelle les conduit le refus pas du tout innocent du mot « Shoah ». Pour reprendre une phrase du même Hegel, nous sommes dans « la nuit où toutes les vaches sont noires ». Le XXe siècle est en effet présenté et caractérisé comme « le siècle des anéantissements »Savoir si la guerre contre le nazisme était une juste guerre n’intéresse pas nos nouveaux concepteurs, qui mettent en parallèle et sur le même plan les bombardements des villes allemandes par l’aviation alliée, Hiroshima, et la Shoah. Pardon, non, l’anéantissement. C’est une vieille histoire : refuser l’unicité ou la spécificité des événements historiques, les noyer dans des catégorisations abstraites et réductrices, tout cela se préparait de longue date. Aujourd’hui on passe à l’acte. Le mot « Shoah » est éradiqué, mais pour la première fois, dans un manuel d’histoire (Hachette), apparaît celui de « Nakhba », terme en miroir, forgé par les Palestiniens pour nommer leur propre catastrophe : la création de l’Etat d’Israël. Lequel Israël tient très peu de place dans ces nouveaux livres, qui prennent les choses de plus haut, faisant référence au seul « Moyen-Orient, foyer de conflits ».

Ces manuels, par ailleurs, parlent tous, d’une seule voix, de « l’anéantissement des Juifs et des Tziganes ». Les Juifs sont au premier chef responsables de l’égalisation impliquée par l’emploi de la copule « et », même si, sur le plan des chiffres, elle ne correspond à rien de réel. Lorsqu’on a rappelé le gazage de quelques milliers de Tziganes en août 1944, dans les crématoires de Birkenau, la fraternité humaine et l’horreur de la même mort déchirante nous commandait de souscrire à l’identification sans penser que celle-ci servirait à occulter ce qu’il y a eu d’unique dans la Shoah. Moralement, ce refus du quantitatif était une position juste. Elle conduit pourtant aujourd’hui au même résultat que la trouvaille de « l’anéantissement ». Nul n’a jamais pu dire, n’a jamais su, combien de Tziganes ont été tués par les Nazis, c’est ce que me déclarait Raul Hilberg et ce que reprennent les quelques historiens fiables qui se sont penchés sur la question. On sait qu’il n’y a eu, pour les Tziganes, aucun plan, aucune volonté exterminatrice systématique. Il y avait à Birkenau un camp tzigane, dans lequel hommes, femmes et enfants ont vécu ensemble de longs mois, sans être jamais séparés et les gazages d’août 1944, vite interrompus d’ailleurs, furent le produit de rivalités et de luttes internes au sein de la hiérarchie SS. D’autres Tziganes furent tués au cours des années de guerre, sans qu’il soit possible d’assigner un chiffre formel, ce qui permet les extrapolations les plus extravagantes.

Luc Chatel, l’actuel ministre de l’éducation nationale, est sûrement un homme de bonne foi et de bonne volonté, c’est ce que je retiens des propos qu’il m’a tenus. Je pense qu’il n’a pas été indifférent à l’importance de la question du nom, lorsque je lui en ai parlé. Je lui ai dit aussi que les ministres passent et que la réalité du pouvoir, dans son ministère comme dans d’autres, est entre les mains de ceux qui restent et sont inamovibles, comme les membres de la caste des inspecteurs généraux. Jack Lang, qui fut deux fois ministre de l’éducation nationale, avait demandé qu’un DVD, à l’usage des lycéens, soit réalisé à partir d’extraits de Shoah, non pas une version courte du film, mais six séquences emblématiques, accompagnées d’un livret pédagogique, qui, après un exposé général sur le film Shoah, étudiait chacune de ces séquences, plan par plan. Il s’agissait d’un travail impeccable et j’ai été, à maintes reprises, commenter tout cela et répondre aux questions dans des lycées de banlieue, réputés « difficiles ». Par l’intermédiaire du CNDP, ce DVD fut distribué gratuitement à tous les lycées de France ( ce qui ne signifie pas qu’il a atteint tous ceux à qui il était destiné…). En ces temps, pas si lointains, il n’était pas obscène d’utiliser dans un cours le terme « Shoah », et il était inimaginable qu’un Inspecteur Général mît à pied une enseignante au prétexte qu’elle avait utilisé quatorze fois le mot « Shoah » dans la même leçon d’histoire. Cet inspecteur général-comptable s’était trompé de métier, mais il débusquait ce qui se cache derrière cette guerre du nom : ce n’est pas au mot seul qu’ils en ont, c’est à la Chose.

Jack Lang m’a accompagné plusieurs fois dans les lycées et eut l’occasion de mesurer l’intérêt et la passion des élèves, en majorité maghrébins et noirs. Mais après lui, un autre ministre de l’éducation nationale reprit le flambeau et vint avec moi dans plusieurs établissements, s’enthousiasmant lui-même de l’enthousiasme des élèves. Ce ministre s’appelait François Fillon. Il n’est pas possible qu’un président de la République comme Nicolas Sarkozy et un premier ministre comme François Fillon laissent se perpétrer sans réagir le mauvais coup qui est l’objet de cet article. Dans le cas contraire, il faudrait évidemment, par simple souci logique, débaptiser le Mémorial de la Shoah, qui deviendrait « Mémorial de l’anéantissement » (sic !) et la Fondationpour la Mémoire de la Shoah, rebaptisée Fondation pour la Mémoire de l’anéantissement (re-sic !)

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Vous n’êtes pas d’accord ? Vous pouvez agir :

 Chacun d’entre vous est invité à :

– envoyer un fax de protestation à la médiatrice et à son adjoint

– envoyer un email au médiateur

– écrire une lettre

– téléphoner au moins une fois par jour pour protester à la médiatrice et à son adjoint.

Il faut que le ministère croule sous les appels, les fax, les emails, et si possible arriver à bloquer les communications. Pour cela, chacun doit envoyer au maximum de personnes autour de lui cet email, en lui demandant de faire la même chose.

Merci de participer à cette lutte pour la mémoire et le respect des victimes

Alain Michel, historien, Jérusalem

 

Sassier Monique

Médiatrice

01 55 55 39 

Fax 01 55 55 22 

Texier Jean-François

Adjoint à la médiatrice

01 55 55 33 03        01 55 55 05 49

           Fax 01 55 55 22 99

La médiatrice Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative   Carré Suffren 110 rue de Grenelle 75357 Paris cedex 07 SP

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  1. Pingback: Je suis un négationniste… | ID-CLIK.COM

  2. shoah tu ma suler jai du faire un expo sur tikdjqsfdqsqssmfnqsmflmqsffbgdmgmhqsklfhqsfjqnvqsfkjqsmfjqsjlsjqssqfqsfjqsfjsmfjqmfqdjfdmfqsmfqvnskqvnfsvnsvsldljsflsddldlfsdfs

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  3. Je croyais que la traduction la plus proche était « holocauste », j’ai bien compris qu’une traduction littérale est impossible. Mais la définition de holocauste étant « sacrifice religieux » l’utilisation de ce mot est tout simplement hors de propos. Les nazi athées n’ayant pas procédé a un sacrifice religieux. Le fait de dissocier les juifs de leurs compagnons d’infortune par l’utilisation d’un terme hébreux ramène a cette stupide croyance du peuple « élu », leur martyr ayant plus d’importance que celui des « autres » il en serait aussi complètement dissocié. Le terme génocide me parait le plus logique, le plus juste, et le moins politiquement discutable.

    Marcoroz a bien raison de se plaindre de l’apparition de « nakhba » il doit bien y avoir un mot français a utiliser a la place. Si tous les évènements historiques doivent prendre un nom dans le vocabulaire des peuples qui les ont connus, on a pas fini de réécrire les manuels d’histoire. Déjà l’incompréhension règne a cause de l’arrivée de la terminologie anglo-saxonne en géographie. Beijing, Mumbay, etc… Demain irons nous a London et devrons nous jeter nos dictionnaires, atlas et encyclopédies au motif que des minorités imposent leur terminologie dépourvue de sens pour le français moyen ? Le français de base sait a quoi correspond «shoah» mais ce mot n’a pour lui aucune charge émotionnelle, puisqu’il lui est étranger, « génocide » au contraire et parfaitement compréhensible dans toute son horreur, il ramène a d’autres évènements tout aussi graves et dont la dimension morale est tout de suite perçue. Certains ont repris le terme « shoah » dans l’expression « shoah business » ils le retourne contre ceux qui l’utilisent et sont en train d’en faire un terme chargé négativement qu’ils exploiterons jusqu’à plus soif. Je ne pense pas pouvoir vous convaincre, mais mon sentiment et que « génocide » pourrait a l’avenir désamorcer polémiques et utilisation politicienne. Gilles

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    • Gilles,
      Vous avez raison d’un point de vue sémantique mais tort d’un point de vue sémiologique. On doit laisser aux victimes le droit de nommer leur drame spécifique comme ils le sentent. N’exigeons pas d’eux qu’ils soient puristes en langue française. Par contre on peut parfaitement, sauf si nos académiciens intègrent « shoah » au dictionnaire, le garder entre parenthèses …

      Claude Lanzmann expliquait dans un entretien à la radio comment le mot « Shoah » lui était venu à l’esprit lorsqu’il avait réalisé son documentaire de 8 h (au final, le travail a duré des années) et qu’il ne trouvait plus de mots pour décrire l’horreur qui se dessinait sous sa caméra et dans les entretiens qu’il réalisait auprès des survivants comme des bourreaux et des témoins.

      « shoah bizness » dites-vous? le génocide des juifs, la mémoire de l’holocauste (peut-être pas sacrifice religieuse vu des nazis mais sacrifice religieux vu des victimes) ne sont pas plus un bizness que l’entretien de la misère et de la terreur chez les Palestiniens que le monde arabe manipule et persécute pour faire pression sur les USA à travers Israël et leur propre population pour désigner les Juifs comme éternel bouc émissaire. Le cas de l’Egypte est particulièrement éloquent. On y entretient l’antisémitisme à travers les médias, les productions culturelles comme le téléfilm d’après le ‘Protocole des Sages de Sion » pour occuper le peuple tandis que le pouvoir militaire, toujours en place malgré le faux départ de Moubarak, s’engraisse et se permet toutes les alliances (l’armée subventionnée par les US) pour se maintenir en place.
      Il y aurait beaucoup à dire sur le palestino-antisiono-antisémito-Nakhba bizness.

      Le bizness qui pousse sur le malheur d’autrui est sans limites, y compris à Paris dans « la politique de la Ville ». Sur le sujet, les Juifs ne sont ni pires ni meilleurs que bien d’autres cyniques.

      Vous parlez de politique, quel était l’intérêt pour l’Education nationale de produire la circulaire bannissant le mot « Shoah » des manuels scolaires si ce n’est politique ? Vous pensez vraiment que l’Education nationale » n’a pas d’autres chats à fouetter que la « Shoah » ? A qui voulait-elle donner des gages ? Demandez aux enseignants qui enseignent. Je suis certaine qu’ils connaissent la réponse…

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      • Pour ce qui est de donner des gages a certains et la lâcheté du corps enseignant, je ne peux que vous approuvez.
        L’expression « shoah business » est elle utilisée aussi bien par les anti juifs arabo musulmans que par certains courants de l’extrême gauche et de l’extrême droite française. Pour eux ce terme recouvre des faits et des comportements bien réels qu’ils détaillent longuement. Leur discours est très bien rodé, la quantité de leurs arguments grandis sans cesse. A ce rythme le mot « shoah » va bientôt être le pivot de leur programme commun, le signe dont la signification négative (et oui) fera consensus entre des gens pourtant bien opposés entre eux.
        Je ne contesterais pas l’utilisation de ce mot par les juifs. Mais je ne trouve pas normal de l’imposer a tous.
        Ce que je trouve par contre insupportable, c’est que juifs et arabo musulmans importent en France le conflit qui les opposent en Israël. Et dans ce conflit chacun tente d’imposer sa terminologie et sa sémantique souvent très éloignée de la logique et des définitions des dictionnaires. Après tout le principal peuple sémite c’est les arabes. Entendre quelqu’un traiter un arabe d’anti sémite doit être une farce stupide pour un ethnologue.
        Les mots sont des armes puissantes, comme toutes les armes ils peuvent causer des dommages a ceux la même qui les utilisent, en se retournant contre eux.
        La sémiologie est la science des signes, avoir tord « sémiologiquement » ce serait mal interpréter un signe. Je vous assure qu’en matière d’interprétation des signes, je ne suis pas mauvais, et pour moi beaucoup de feux sont passés au rouge.
        L’islamiste Erdogan est en train de faire endosser aux juifs le rôle des méchants, avec une réussite certaine. Les arabo musulmans se sont pris d’amour pour le swastika, et les ventes de « mein kampf » se portent très bien chez eux.

        Vous ne devriez pas chercher a avoir absolument raison en comité restreint. Vous devriez vous préoccuper de ce qui se passe a l’échelle mondiale. Des choses changent, les vérités d’autrefois sont remises en cause, Faire autorité au sein du microcosme n’a pas la moindre valeur. Le microcosme a perdu le contrôle des médias. J’ai parlé avec pratiquement tous les bords sur internet, tous ont leurs sites et exposent massivement leurs idées. En France des gosses de 15 ans se disent nazi, des musulmans du même age contrôlent l’accès aux cantines scolaires en période de ramadan, ils en interdisent l’accès sur le critère « très scientifique » de la couleur de peau. C’est ainsi que des jeunes filles hindoues ont du jeuner, et que le prof venu mettre fin a ce scandale a du s’incliner.
        La polémique sur l’utilisation du mot « shoah » risque bien de rester très confidentielle.
        La bataille des idées et des mots fait rage, le « politiquement correct » fait rigoler tout le monde. Les arguments chocs fusent de toute part, les surenchères sont permanentes. Bien malin qui devinera le résultat final.

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  4. Comme par hasard, au moment où l’on entreprend d’exclure le terme « Shoah » des manuels scolaires, on y fait entrer le terme « Nakhba »…

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  5. Bonjour, Connectrice.
    Pas trop d’accord avec cet article : Shoah étant un mot hébreu il me semble logique qu’il ne concerne que l’extermination des juifs. Or même si cette extermination a été spécifique, elle n’a pas été la seule, il faut bien trouver un terme qui englobe toutes les exterminations programmées par les nazis.

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    • Non, Léon. « Shoah », aujourd’hui est entré dans le vocabulaire courant. Tout le monde sait qu’il s’agit de l’extermination massive des Juifs pour la seule raison qu’ils étaient juifs. Rien n’empêche les autres victimes de génocides de trouver un terme spécifique. Je pense que les Arméniens doivent en avoir un et je serais curieuse d’ailleurs de le connaitre.
      Curieusement, dans mon petit Robert édité en 1993, « Shoah » ne figure qu’à l’item « holocauste : 4.specialt. …l’extermination, le génocide des Juifs par les Nazis (cf La Shoah) »
      Mais Shoah ne figure pas en tant qu’entrée, ni même dans le petit Robert des noms propres….
      Dans le même peit Robert je trouve « Soixante-Huitard » p.2104. Ce néologisme est-il plus légitime que « Shoah »?
      « Weltanshauung » figure p.2424. Faut-il bannir ce terme étranger des manuels de philosophie ?
      « Nazi » P.1474. Il faut aussi bannir ce mot étranger des manuels scolaires…Et si on remplace « Shoah » par anéantissement, alors on doit remplace « nazi » par  » exterminateur »……

      Vous voyez bien que la circulaire de l’EN qui veut bannir « Shoah » au prétexte que c’est un mot étranger est strictement politique et n’a rien à voir avec la logique et la langue française.

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