Flux RSS

De la douceur dans ce monde de brutes : Jascha Heifetz, le plus grand violoniste de tous les temps

Publié le

Outre son génie, la nature avait doté Heifetz de longs doigts qui lui donnaient une aisance stupéfiante

Hier soir, après avoir fait un tour sur le débat présidentiel, j’ai visité Arte qui diffusait un documentaire sur Heifetz, mon violoniste préféré. http://videos.arte.tv/fr/videos/un_virtuose_sans_egal-6620850.html J’en avais la poitrine serrée et les larmes aux yeux tellement la musique était belle et l’histoire de l’artiste émouvante et certains commentaires irritants, notamment sur le fait qu’il ne semblait pas rigolo, comment pouvait-il jouer avec autant de passion et de froideur à la fois, il était glacial mais il avait de l’humour, etc.

Un virtuose sans égal. Né à Vilnius en 1901, Jascha Heifetz commença une carrière d’enfant prodige, avant d’émigrer aux États-Unis en 1917. À l’âge de 20 ans, il passait déjà pour le meilleur violoniste au monde. Mort en 1987, ce perfectionniste laisse derrière lui de nombreux enregistrements qui font référence aujourd’hui. S’appuyant sur des extraits de films privés, des photos de famille, des témoignages des violonistes de sa génération ou d’anciens élèves, ce film dessine la carrière et la personnalité mystérieuse d’un concertiste estimé d’un large public, l’un des violonistes virtuoses les plus influents depuis Paganini.

(Allemagne, 2011, 86mn)
WDR

Date de première diffusion :Hier, 22h18 

Date(s) de rediffusion :Lundi, 14 mai 2012, 11h00

Biographie de Heifetz sur wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jascha_Heifetz

Enfant prodige, Heifetz fit ses débuts sur scène à l’âge de 7 ans et, en 1917, parti pour une tournée de 4 mois en Amérique où il était très atendu, il devait y rester pour cause de révolution russe, y poursuivre sa carrière devenir avec fierté citoyen américain et mener une carrière internationale se produisant dans tous les pays du monde et dans toutes les circonstances à une époque où les transports ne possédaient ni la rapidité, ni le nombre, ni le confort de ceux d’aujourd’hui.

En Russie, malgré ses origines juives, à une époque où la police du Tzar  persécutait les israélites, Jascha pu, grâce à son génie, bénéficier de l’enseignement du conservatoire de Saint Petersbourg et, surtout de celui du plus grand violoniste de l’époque Leopold Auer qui obtint pour lui une dérogation aux quotas imposés aux Juifs.

Un jeune enfant dressé au violon dès l’âge de 5 ans qui donna son premier concert en 1911

Génie complet, sauf dans ses relations intimes -deux mariages et trois enfants dont il ne s’est pas occupé et qu’il déshérita- il inventa une voiture électrique pour préserver l’écologie, réalisa de nombreux films d’amateur et fut le premier artiste de renommée internationale a organiser des concerts de solidarité, notamment après le tremblement de terre du Japon.

Heifetz entretint des amitiés fortes avec ses élèves, avec le violoncelliste Gregor Piatigorsky et avec George Gershwin dont il adapta certaines oeuvres pour le violon.

Trio en D minor de Mendelssohn interprété par Heifetz, Gregor Piatigorsky et Arthur Rubinstein http://www.youtube.com/watch?v=vL2ftX-xC4w

Enfant martyr dirigé d’une main de fer par son père violoniste, il ne connut pas de véritable enfance, astreint à une discipline extrême pour cultiver son prodigieux talent. Il avoua lui-même qu’une fois installé aux Etats-Unis il put enfin s’amuser et vivre l’enfance qu’il n’avait pas connu.

La méthode russe d’enseignement du violon. J’ai eu l’occasion de l’entendre de prés lorsque ma famille violoniste russe a séjourné une année chez mes parents. Mes cousins âgés de 8 et 6 ans devaient répéter chaque jour pendant de longues heures en sus de leurs temps d’école et de celui de leurs devoirs. Mon oncle les dirigeait d’un archet de fer, n’hésitant pas une seconde à les frapper avec sa ceinture lorsqu’ils ne lui donnaient pas satisfaction. J’ai donc une idée très concrète de ce que le petit Jascha a pu endurer …et ce qu’il fit endurer plus tard à son entourage.

Toute la vie de Heifetz fut déchirée entre le bonheur de jouer de la musique et la souffrance d’en cultiver l’excellence. Je ne peux que voir cette dichotomie dans son vaste regard clair un peu triste et son besoin irreppressible de passer des heures seul à contempler l’océan.

Le regard d’Heifetz témoigne de sa souffrance existentielle. Le génie a son prix.

Le documentaire est assez mal fichu et c’est dommage car il donne à voir de magnifiques images d’archives. Heifetz méritait une véritable oeuvre d’art, au niveau du sien que certains ont qualifié de divin.

About these ads

Une réponse "

  1. troxler michel

    Pas mal mais j’ai une préférence pour la Mutter ou la Mullova, question de plastique. sans rancune ? biz.

    J’aime ceci

    Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 195 followers

%d bloggers like this: