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Première dame, c’est un métier, donnons-lui un statut !

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Le fait que François Hollande et Valérie Trierweiller ne soient pas mariés pourrait donner une excellente occasion de donner un statut aux compagnes -et je l’espère un jour aux compagnons- des présidents ou présidentes de la République.

A ce jour, nous avons eu des épouses soumises qui assumaient avec plus ou moins de grâce ce qu’on attendait d’elles, à savoir accompagner leur époux dans les dîners officiels afin d’équilibre les plans de table qui veulent qu’on alterne hommes et femmes, s’occuper d’oeuvres charitables comme Bernadette avec ses pièces jaunes, embrasser les petits enfants et étreindre les vieillards.

Ces dernières années, toutefois, certaines premières dames ont rué dans les brancards à l’image de Cécilia qui a publiquement montré des gestes de lassitude et s’est empressée de divorcer dès que son mari a été élu et, surtout, qu’on lui ai jeté dans les bras une Carla qui n’attendait que cela. Ouf, la morale était sauve. Certes le Président en était à son deuxième divorce et à son troisième mariage mais il pouvait s’installer à l’Elysée avec une bonne femme. L’église a fermé les yeux sur les divorces de son serviteur et les Français ont vécu en direct le drame de leur président abandonné cruellement par sa Cécilia et vivant en quelques mois un coup de foudre magique avec sa Carla. « Nous deux » à l’Elysée, ça occupe.

En remontant en arrière, on avait avec Jacques Chirac et Bernadette l’illusion d’un couple modèle. Pas de maîtresse offficielle et une première dame élue, engagée avant l’élection de son mari au service de la France. Une femme qui jouait son rôle d’assistante à la perfection tant au niveau du protocole qu’au service de son petit mari qu’elle a toujours soutenu sans failles. Son mandat et ses pièces jaunes étaient gérés de main de maîtresse et elle a ainsi pu exister un peu par elle-même autrement qu’en restant dans l’ombre de son chéri.

Avec le couple Mitterrand, on a eu droit au scénario le plus hypocrite qui soit. Monsieur avait une liaison sérieuse avec une femme cachée et une enfant cachée tandis que Madame avait également une liaison dont seuls les journalistes ont connu l’existence. François et Danielle ont affiché durant 14 ans l’image idyllique d’un couple parfait avec des enfants pas tout à fait parfaits -Jean-Christophe a trempé dans Françafrique-mais toujours présents dans le tableau familial. On est porté à croire que l’hypocrisie est mieux acceptée quand elle sauve les apparences que la spontanéité car, si un sondage récent nous informe que les Français sont indifférents à la situation matrimoniale de François et Valérie, il se trouve des parangons de morale pour dire « shocking ! » et souhaiter qu’ils se marient au plus vite. http://www.elle.fr/Societe/News/Francois-Hollande-pas-marie-les-Francais-s-en-moquent-2009172/(affichage)/avis/(listing)/all#zoneCommentairesNew

On aurait pu avoir à l’Elysée un couple parfait, DSK et Anne Sinclair, qui aurait perpétué la tradition de l’hypocrisie. Ouf, nous l’avons échappé belle.

Avec François Hollande, la situation semble claire, et on peut espérer qu’elle le reste. Il aime Valérie et elle l’aime. Il est professionnel de la politique et elle aussi, pas tout à fait du même côté puisqu’il fait de la politique et qu’elle observe la politique en tant que journaliste. On peut penser que tous deux sont également concernés par la vie politique et que la compagne n’est pas obligée de se résigner à suivre son compagnon sans mot dire. Pourtant, déjà il se trouve des gens pour dire qu’elle parle trop, qu’elle se montre trop, qu’elle en fait trop. Toujours cette idéologie sexiste qui impose à la femme de s’effacer derrière son homme, de se contenter de faire la potiche ou la faire valoir.

Pour ma part, je la considère comme une experte en politique et je trouve tout à fait normal qu’elle s’exprime tout en considérant que sa position est extrêmement délicate car les Français, toujours machistes, ne sont pas prêts à accepter que les femmes soient les égales de l’homme, surtout quand ils sont présidents.

Bien entendu, on doit considérer que Valérie Trierweiller n’est pas élue et que comme l’a fort justement affirmé Ségolène Royal, les Français ont élu un homme et pas une famille. C’est en vertu de cette conviction que l’intronisation du président s’est faite sans ses enfants, un symbole fort dont il semble que les journaux n’aient pas saisi toute la portée.

Il serait temps que notre République rajeunisse sa constitution en accord avec les évolutions sociétales et qu’elle donne un statut aux conjoints de présidents comme on a donné tardivement mais sûrement un statut aux conjointes et conjoints d’artisans, ce commerçants et d’agriculteurs.

De même que le président s’entoure de conseillers dotés d’un statut officiel, Valérie Trierweiller devrait se voir attribuer un statut de conseillère non seulement parce qu’elle en a la compétence mais aussi parce qu’en tant que compagne, elle en a l’obligation protocolaire.

Ce statut devrait être élargi aux conjointes de Ministres, sur la base de leurs compétences professionnelles au lieu de critiquer leur présence jugée abusive dans les Ministères. Il serait temps d’entériner ces réalités au lieu de pester stupidement contre « ces bonnes femmes qui mettent leur nez partout ». On doit les juger sur leur compétence et non sur leur relation intime avec l’homme dont elles partagent la vie quotidienne considérant qu’elles ne peuvent être plus incompétentes que n’importe quel conseiller qui serait incompétent.

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  1. Pingback: Dehors, la Trierweiler ! « Laconnectrice's Weblog

  2. Pas d’accord. Les personnes concernées peuvent êtres d’intelligence, de compétences, de cultures, de motivations, et d’aspirations très variées. Trop variées pour qu’un statut soit autre chose qu’une rente, puisqu’il n’est pas question « d’obliger » a une quelconque contrepartie. J’imagine parfaitement un conjoint qui vivrait sa propre vie sans se préoccuper le moins du monde de ce qui se passe a l’Élysée. Qui continuerait a exercer son métier et ne pourrait donc pas participer aux voyages diplomatiques.

    C’est quand même une survivance féodale cette présence obligatoire du conjoint. On vous invite en présence de madame, preuve que tout va bien entre nous, et qu’on ne va pas sortir les lames au moindre désaccord…

    Si j’étais le mari de la présidente ça me ferait braire de recevoir un salaire pour faire potiche. Vous me direz que statut n’est pas forcément synonyme de salaire, je vous répondrais que dans la réalité et l’esprit des gens, l’un ne va pas sans l’autre.

    Même dans le cas ou le conjoint serait le premier conseiller du président, ce qui ne me choquerait en aucun cas, le salaire du président est largement suffisant pour faire vivre deux personnes. D’autant plus que le logement, la nourriture, le blanchissage et bien d’autres choses sont fournies gracieusement par le contribuable français.

    Même en cas de décès les revenus du conjoint et sa couverture sociale restent bien supérieur a ce que le français moyen peut espérer.

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