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Boostez-la, freinez-le : peine à jouir contre éjaculateurs précoces

La dernière pub de « Durex orgasmique » a de quoi laisser pantois. La vidéo montre un disque qui va trop lentement marqué du symbole femelle et un disque qui va trop vite marqué du sigle mâle. Le « dispositif médical » de Durex promet de remédier à la chose.

Quelle vulgarité et quelle bêtise ! Alors comme ça, les femmes seraient des peines à jouir et les hommes des éjaculateurs précoces ? Voilà qui ramène le plaisir sexuel à bien peu de choses mais nous avons l’habitude de cette mécanisation du coït grâce à la vulgarisation d’une sexologie de bazar calquée sur les modèles pornographiques qui la ramènent à une génitalisation masturbatoire essentiellement phallique. Le pénis, sa bandaison et son éjaculation sont toujours au centre du débats et de tristes ébats.

Avec un tel modèle de relations entre femmes et hommes, il ne faut pas s’étonner de la recherche permanente de partenaires, le nomadisme sexuel, pour mettre la clef phallus dans le maximum de serrures vaginales, anales, buccales, une obsession frustrante qui conduit les pratiquants à la dépression, une spécificité française. Les nomades sexuels oublient facilement qu’autour d’un pénis ou d’un vagin, il y a une personne et que l’être humain ne serait pas humain s’il ne possédait l’aptitude à communiquer. Attention, il ne s’agit pas de communication telle qu’elle a été phagocytée par les nouvelles technologies de communication. Il s’agit de véritable échange fondé sur le respect d’autrui, de la curiosité d’autrui, de l’intérêt pour autrui et de la bienveillance profonde et universelle, jusqu’à l’amour de l’autre.

Dépouiller les pratiques sexuelles de toute notion d’affect ne peut conduire qu’au suicide  virtuel ( autosabotage de sa vie, conduites à risques dont l’alcool et les drogues chez les jeunes en particulier) ou réel. Le totalitarisme idéologique des vieux cochons capitalistes voudrait faire oublier que l’être humain est sensible, sentimental et affectivement fragile.

La nuit, les ondes de nombreuses stations radio bruissent de témoignages impudiques qui parlent essentiellement de la mécanique du sexe. On détaille l’utilisation de son machin, des trucs qu’il convient de faire pour améliorer son fonctionnement, des combines susceptibles d’amener la partenaire à subir les fantasmes  de l’homme immature et si on n’y parle pas franchement de viol, ça y ressemble beaucoup. L’homme voudrait toujours le faire et si la femme ne veut pas c’est qu’il ne sait pas y faire. Animateur et auditeurs vont gentiment le guider pour y parvenir.

Il faut avoir une piètre idée des relations hommes/femmes pour s’imaginer que les femmes seraient plus heureuses que ça aille plus vite et que les hommes ne sont pas capables de faire durer leur propre plaisir et celui de leur chérie. Euh, pardon, dans ces modèles de relation intime, il n’y a pas de chéri ou de chérie, on ne s’attend pas à ce que des machines génitales éprouvent des sentiments.

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