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France, Syrie et Liban. Chronologie d’un désastre. 527- 3 septembre 2013

Syrie (1)

Source carte http://www.penseelibre.fr/la-revolution-syrienne-quy-comprendre

Oh ! Gardez-la ! Et surtout gardez Damas. C’est une de ces villes qui empoisonnent les empires !

Henry de Jouvenel, ancien Haut-commissaire en Syrie en 1926, racontant une conversation qu’il avait eue avec un ancien ministre turc au temps où la Syrie était encore une province Turque :

–          Il apparaît que tous les systèmes y sont vains, car nul pays n’est plus complexe, plus difficile, plus révolté par nature que la Syrie

Joseph Kessel (journaliste et écrivain), venu en Syrie en 1927 se rendre compte des progrès de la pacification (après le soulèvement nationaliste des années 1925-1926) : « I. »

Lors de la création du monde,

l’Intelligence dit : « Je vais en Syrie ».

L’esprit de Discorde ajouta : « J’y vais avec toi ».

Vieux dicton syrien

La Syrie n’a pas de chance et la France qui s’y est embourbée pendant son mandat -1919-1946- n’a pas de chance non plus. Le Liban ami de la France et voisin de la Syrie n’est pas plus chanceux. Je me demande donc ce que nous pourrions aller faire dans cette galère qui nous a valu  des morts, des otages, des blessés, des soucis tant en Syrie, qu’au Liban et sur le territoire national.

Avec l’effondrement de l’empire Ottoman et la fin de la première guerre mondiale, les Européens se partagèrent les états nations qui venaient de voir le jour. L’Angleterre prit l’Egypte et l’Irak, la France la Syrie et le Liban. Pour l’occasion, la Société des nations (future ONU) qui venait elle aussi de naître, leur inventa un statut de mandataire devant conduire ces pays vers indépendance. Le mandat français dura un quart de siècle au cours duquel il du faire face à la création de la Confrérie des Frères musulmans, à la fermentation du futur parti Bass et à la coalition de la Syrie avec le gouvernement de Vichy et les Allemands.

En 1924, Hassan Al -Banna, le grand-père du médiatique Tarik Ramadan, fondait la Confrérie des Frères musulmans pour rétablir la toute puissance de la charia selon le Salafisme, et se libérer de l’influence occidentale en s’inspirant des méthodes du nazisme et de celles du stalinisme. Le grand mufti de Jérusalem, proche de Hasssan-Al-Banna rejoignit Hitler à Berlin en 1941et créa un régiment nazi bosniaque et, après la chute d’Hitler exhortera les Musulmans à finir le travail -le génocide- une mission toujours vivace en Islamie et régulièrement rappelée par les racailles musulmanes ancrées aujourd’hui sur le sol de France. On sait que Mein Kampf est toujours un best-seller en Egypte et dans les autres dictatures musulmanes.

Les Frères musulmans ne faisaient pas la différence entre chiites et sunnites et réveillaient la haine contre les juifs et les mécréants, des boucs émissaires tout désignés pour souder la communauté musulmane « rénovée ».

La vidéo ci-dessous rappelle l’histoire de la création de la Confrérie des Frères musulmans dans le contexte politique et religieux de l’époque. 

De sa proximité avec les nazis à ses liens avec al-Qaïda, en passant par sa myriade de filiales (Ennahda en Tunisie, UOIF en France, Hamas à Gaza), ce reportage diffusé en mai 2013 sur France 3 décortique l’internationale islamiste des Frères Musulmans.

Il n’est pas impossible que le récent refus du parlement britannique d’intervenir militairement en Syrie s’inscrive dans la continuité de son attitude en 1945 et surtout la promesse faite en 1914 L’Angleterre, pendant la guerre de 1914, avait fait au Chérif Hussein, par l’intermédiaire de son haut commandement militaire en Egypte, la promesse formelle de la constitution d’un grand Empire arabe. Elle y est restée fidèle, de même que les populations auxquelles elle avait été faite l’ont toujours retenue.

L’attitude de la France en Syrie fut très différente de celle qu’elle avait au Liban car elle ne voulait contrôler la Syrie que pour assurer la sécurité du Liban qui était sa priorité. Il faut lire l’exposé fait devant le groupe de l’Islam, le 9 mars 1939, par M. Pierre Viénot, député, ancien ministre, sous la présidence de M. Henri Bonnet, directeur de l’Institut International de Coopération Intellectuelle. Cet exposé raconte par le menu le contexte du mandat français sur la Syrie, ses motifs et la difficile entente pour l’élaboration d’un traité franco-syrien qui devait mener le pays vers l’indépendance. Du fait de dissensions internes, les gouvernements français de l’époque ne purent finaliser le traité et refilèrent le bébé aux britanniques.

Enfin, en 1935, l’Angleterre a ouvert, en vue de son accession à l’indépendance, des négociations avec l’Egypte, autre État Arabe, qui, s’il n’était pas soumis à la tutelle mandataire du gouvernement britannique, n’en était pas moins sous son emprise. Ces négociations, menées à bien dans le courant de 1935, ont, bien entendu, été suivies de très près par les Syriens. Elles ont, en fait, été à l’origine des graves événements qui marquèrent le début de l’année 1936 en Syrie.

Dans une assemblée solennelle, le 10 janvier 1936, le parti nationaliste syrien décidait, pour réaliser son programme à la fois d’indépendance et d’unification de la Syrie, de déclancher la longue et douloureuse série de grèves, de manifestations et de révoltes qui, du 10 janvier à fin février, ont fait environ 60 tués et des centaines de blessés. Notre Haut-Commissaire, devant la menace d’une insurrection générale qui risquait de gagner les campagnes, demande alors des instructions à Paris. Elles lui sont données par M. Flandin, ministre des Affaires Étrangères, et M. de Martel se décide alors à entrer en conversation avec les chefs du mouvement nationaliste et à conclure avec eux un accord qui porte, une fois de plus, sur la conclusion d’un traité mettant fin au mandat.

Mais, cette fois, les Syriens ne se contentent plus d’une promesse générale. La déclaration commune signée par le Haut Commissaire prévoit que le traité sera négocié à Paris par une délégation du parti nationaliste et qu’il reconnaîtra aux Syriens des droits qui ne pourront être inférieurs à ceux reconnus par l’Angleterre aux Irakiens. Enfin, la déclaration commune du 1er mars 1936 reconnaît le principe de l’unité syrienne, avec une simple référence aux principes de la Société des Nations quant aux autonomies à prévoir pour les minorités compactes.

Nous sommes là au cœur de la question du traité franco-syrien. C’est cette déclaration de mars, en effet, qui a engagé la France et qui a commandé toute la négociation du traité.

Or, il est certain qu’elle a donné une impression de faiblesse, car elle a été signée sous la pression même d’une émeute et sous la menace d’une insurrection générale à laquelle le gouvernement français n’a pas cru pouvoir résister.http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1939_num_4_2_5986#

On peut dire que, pour les Syriens, la France est une ennemie héréditaire du fait de son soutien inconditionnel au Liban et de son occupation de fait pendant son mandat.

Depuis son indépendance, la Syrie s’est maintenue grâce à une dictature féroce dont la famille Assad est le dernier exemple. Depuis plusieurs décennies, elle règne par la terreur et la duplicité de ses alliances opportunistes. Aujourd’hui, Alaouites et minoritaire sur son territoire, elle est soutenue par les Chiites iraniens, les Chiites irakiens et les milices du Hezbollah qui assurent le contrôle du Liban pour son compte. Autre bras armée, les « moukhabarat « , sa police politique est particulièrement redoutée car elle est soupçonnée de surveillances systématiques, de persécutions, de tortures et de l’organisation de nombreux attentats dont certains ont coûté la vie à des  libanais et leur alliés français.

Chez les amis libanais, les opinions sont partagées sur les conséquences d’une intervention armée. Ses partisans y voient surtout un moyen de ramener Bachar-al-Assad à la table de négociations d’un Genève2. Dans le même temps, quoi qu’ils pensent du dictateur féroce Al-Assad, ils ne sont pas totalement persuadés de son unique responsabilité dans l’utilisation de gaz Sarin le 21 août à Ghuta, dans la banlieue résidentielle de Damas. Certains pensent que les insurgés ont pu aussi en utiliser. Contrairement à nous, les Libanais s’interrogent essentiellement sur les conséquences pour eux-mêmes d’une intervention occidentale.

Chronologie historique des relations entre la France et la Syrie dans leur contexte mondial

Le territoire de la Syrie actuelle dans l’antiquité

3000 av. J.-C. – Les Amorites, peuple sémitique guerrier, et les Cananées habitent la région.

A partir de 1700 av. J.-C. – Le Sud de la Syrie fait partie de l’empire égyptien.

Vers 1480 av. J.-C. – Dans le Nord de la Syrie, divers royaumes fondent l’empire Mitanni.

Vers 1330 av. J.-C. – Toute la Syrie tombe aux mains des Hittites malgré les tentatives du pharaon Toutankhamon.

En 960 av. J.-C. – David, roi des Juifs, gouverne le royaume Ammon, au sud de la Syrie.

722 av. J.-C. – Les Assyriens menés par Sargon II dévastent Israël, le royaume d’Israël cesse d’exister.

333 av. J.-C. – Alexandre le Grand, en route pour l’Egypte, envahit la Syrie. Après sa mort, la Syrie tombe aux mains des Séleucides (à l’origine de la construction d’Apamée notamment).

64 av. J.-C. – Les Romains, conduits par Pompée, prennent Damas. L’ouest de la Syrie et de la Palestine devient la nouvelle province romaine de Syrie.

272 – Aurélien détruit Palmyre.

La Syrie chrétienne

527/565 – Au cours du règne de Justinien, le christianisme s’impose. La Syrie est rattachée à l’empire d’Orient dont la capitale est Byzance.

615 – Les Perses prennent Damas. (aujourd’hui, les Perses sont les Iraniens)

636 – La Syrie tombe aux mains des Byzantins.

Invasion musulmane

658 – Mu’awiya, gouverneur de Damas, se proclame successeur de Mahomet et fonde la dynastie des Omeyyades. Damas devient la nouvelle capitale politique, en remplacement de Médine, aujourd’hui en Arabie Saoudite. La période des Omeyyades qui s’ouvre est marquée par la construction de nombreux monuments (mosquée des Omeyyades à Damas).

Début du VIIIe siècle – La Syrie est le centre du nouvel Empire musulman qui couvre l’Espagne, l’Afrique du Nord, le Proche-Orient, la Perse (l’Iran actuel) jusqu’à l’Inde.

750 – Les Abbassides renversent les Omeyyades, prennent le pouvoir et transfèrent le califat à Bagdad. La Syrie connaît un rapide déclin.

Milieu du IXe siècle -Déclin de la puissance abbasside. La Syrie va être alors successivement dominée par les dynasties Tulunide puis Ikhshdide.

980 – Une partie de la Syrie dont Damas tombe sous le joug des Fatimides. Alep et le Nord de la Syrie sont sous le contrôle des Hamdanides, une dynastie chiite.

Fin du XIe siècle – La Syrie est rattachée aux dynasties seljouquide, zankide et ayyoubide. Unification de la Syrie et de l’égypte.

1096-1291 – La Syrie divisée est envahie par les croisés qui, durant cette époque, construisent une série de châteaux forts dont le Krak des Chevaliers.

1401 – L’Envahisseur mongol Tamerlan met à sac Alep et Damas. Son règne, de courte durée, provoque le déclin de la Syrie mamelouk.

Empire Ottoman

De 1510 au XIXe siècle – Occupation des Turcs ottomans pendant quatre siècles. Mais la plus grande partie des régions désertiques du pays restent aux mains des tribus bédouines. Damas et Alep sont, durant toute cette période, d’importantes villes de commerce. Des marchands vénitiens, anglais et français s’installent à Alep. Des groupes d’intellectuels arabes raniment le sentiment d’identité arabe.

Invasions européennes

Fin du XIXe siècle – La campagne de Bonaparte en Egypte ouvre la voie à une série d’interventions militaires européennes.

1914 promesse faite en 1914L’Angleterre, pendant la guerre de 1914, avait fait au Chérif Hussein, par l’intermédiaire de son haut commandement militaire en Egypte, la promesse formelle de la constitution d’un grand Empire arabe. Elle y est restée fidèle, de même que les populations auxquelles elle avait été faite l’ont toujours retenue.

1914-1918 – Pendant la Première Guerre mondiale, la Syrie est le théâtre de combats entre les Turcs soutenus par les Allemands et les Syriens soutenus par les Britanniques.

Fin 1918 – L’armée britannique occupe la Syrie.

Septembre 1919

En septembre 1919, Loyd Georges et Clemenceau, chefs des gouvernement britanniques et français, s’accordent finalement sur le partage de l’empire ottoman au Moyen Orient. Après des mois de tergiversations en marge de la Conférence de Paix de Versailles, Clemenceau a laché la région de Mossoul riche en pétrole et les Britanniques ont accepté le protectorat français sur le reste de la Syrie et le Liban. Vidéo de Jakob Schlupmann  –  © 2009 http://www.aleph99.info/1919-le-mandat-francais-sur-la.html

Le mandat français

1920 – En mars, les nationalistes arabes proclament Faysal, roi de la Grande Syrie (qui inclut la Palestine et le Liban).

En avril, la Syrie est placée sous mandat français par la Société des Nations.

1925/1926 – Insurrection contre la présence française. La France bombarde Damas à deux reprises.

1928  L’Égyptien Hassan-el-Banna fonde l’association des Frères musulmans qui a pour objectif une renaissance islamique à travers la lutte contre l’influence occidentale, en particulier celles des Anglais et des Français.

1932 – Premières élections législatives.

1939 – Le sandjak d’Alexandrette (actuelle province turque d’Hatay) est rattaché à la Turquie.

1940 – La Syrie est placée sous le contrôle du gouvernement de Vichy. Création du parti Baas.

1941 – En juillet, elle passe sous le contrôle des forces alliées franco-britanniques.

29 mai 1945, alors que la lutte du parti Baath pour l’indépendance s’intensifie, le gouvernement français, sous la présidence du général de Gaulle, donne l’ordre au général Oliva-Roget de bombarder Damas. Une partie de la ville est détruite, on dénombre des centaines de morts. Événement comparable à la répression de Sétif en Algérie, qui a eu lieu trois semaines plus tôt, mais dont on ne parlera presque jamais, car elle n’a eu aucune suite sinon l’intervention des Anglais. Les Britanniques reprennent enfin la main, dans des conditions encore à élucider, et la Syrie obtient son indépendance en 1946.

1946 – Avril, indépendance de la Syrie.

1948 Création de l’Etat d’Israël. Deux nouveaux acteurs vont entrer dans l’histoire tumultueuse de la région, Israël et les Etats-Unis. La Cause palestinienne va devenir le prétexte à de nombreux affrontements dans la région et dans le monde entier

De 1949 à 1954 – Série de coups d’état.

1956 premier contrat d’armement signé par la Syrie avec la Russie

République arabe unie : la Syrie fusionne avec l’Egypte de Nasser

1958 – La Syrie fusionne avec l’Egypte sous la présidence de Nasser et devient la province septentrionale de la République arabe unie.

La Syrie reprend son indépendance

1961 – Septembre : restauration de l’indépendance syrienne à la suite d’un coup d’état militaire.

1963 – Reprise du pouvoir par le Baas. Amitié syro-russe

1964 – Révolte de Hama

1966 – L’aile radicale du parti Baas prend le pouvoir le 23 février et Hafez el-Assad, commandant en chef de l’aviation, devient ministre de la Défense.

Juin 1967 – Guerre des Six-Jours. Suite au conflit, le Plateau du Golan est annexé.

Election de Hafez Al-Assad

1970 – Hafez el-Assad prend le pouvoir en novembre, devient Premier ministre et secrétaire général du Baas.

1972 – Hafez el-Assad est élu en septembre président pour un mandat de 7 ans.

1973 – Guerre du Kippour : le 6 octobre, la Syrie mène avec l’Egypte une offensive surprise contre Israël. Les pertes humaines et les conséquences économiques sont considérables pour la Syrie.

1975 – Début de la guerre civile au Liban.

1980 signature entre le soviétique Léonid Brejnev et le syrien Hafez al-Assad d’un « traité d’amitié et de coopération », établissant des « liens stratégiques spéciaux ».

4 septembre 1981 Paul Delamare, l’ambassadeur de la France au Liban est assassiné à Beyrouth. http://www.ina.fr/video/CAA8200768201 L’attentat pourrait avoir été commandité par les Syriens Deux ans plus tard, le 23 octobre 1983, à Beyrouth, cinquante-huit casques bleus français meurent dans l’explosion de leur quartier général, le « poste Drakkar ». Quelques minutes plus tôt, un autre attentat avait détruit le QG américain, tuant 239 soldats. Ces attentats sont attribués à l’Iran mais, étant donné les liens entre les deux pays, on peu aussi imaginer des opérations conjointes contre la France qui protège le Liban et en faveur de la réislamisation de la région. Des objectifs portés par les Frères musulmans et le Hezbollah.

Février 1982 Révolte des frères musulmans à Hama. L’armée dirigée par Rifaat, le frère d’Assad, bombarde la ville et tue environ 25 000 personnes.

En février 1982, les troupes d’Hafez al-Assad, le père de l’actuel président, encerclent la ville de Hama, dans l’ouest du pays. L’insurrection orchestrée par les Frères musulmans est écrasée dans le sang. Au moins 20 000 personnes sont tuées. Cependant, le président François Mitterrand, fraîchement élu, ne condamne pas cette répression  féroce. Selon Didier Billion, directeur des publications à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), spécialiste du Proche-Orientintervenu en chat sur LeMonde.fr, « la France considérait qu’il valait mieux fermer les yeux sur le massacre plutôt que de soutenir les Frères musulmans ».

Mais ce silence n’aurait pas seulement été motivé par la crainte occidentale des Frères musulmans. « La politique syrienne de la France a toujours été commandée par les intérêts de la France au Liban.

23 octobre 1983, à Beyrouth, cinquante-huit casques bleus français meurent dans l’explosion de leur quartier général, le « poste Drakkar ». Quelques minutes plus tôt, un autre attentat avait détruit le QG américain, tuant 239 soldats.

Beaucoup y voient la main de la Syrie. Mais alors que vingt-cinq ans plus tard, les familles des victimes s’offusquent de la présence de Bachar Al-Assad à Paris en juillet 2008, une source élyséenne réplique, dans un article du Monde : « C’est une erreur historique! Le Drakkar, c’était l’Iran! La Syrie, c’était l’ambassadeur de France Delamare. »

26 novembre 1984, François Mitterrand se rend pourtant en Syrie. Pour le politologue et directeur de l’Observatoire des pays arabes, Antoine Basbous, le président socialiste »méprisait les méthodes mais respectait Hafez Al-Assad« .

1987 – Intervention de l’armée syrienne à Beyrouth-Ouest.

1990 – Fin de la guerre au Liban. Guerre du Golfe. La Syrie s’allie à la coalition contre l’Irak avec les Américains. Aboutissement du délitemet des relations Syro-russes concomitantes de l’effondrement du bloc soviétique

1991 – En mai, signature d’un traité de fraternité, de coordination et de coopération entre le Liban et la Syrie.

1994 – Mort accidentelle du fils aîné du président.

1998 – Hafez el-Assad s’emploie à préparer sa succession.

1999 Jacques Chirac mentor du jeune Bachar Al-AssadEn 1994, Bassel Al-Assad, fils aîné d’Hafez, qui devait hériter du pouvoir syrien, meurt brutalement dans un accident de voiture. Son petit frère, Bachar, arrête ses études d’ophtalmologie pour se préparer à prendre la succession. En formation militaire accélérée, il est catapulté, en quatre ans, de commandant d’un bataillon de chars à colonel de l’armée de l’air.

Pour son entrée sur la scène internationale, il peut compter sur le soutien de Jacques Chirac qui le prend sous son aile. Le 7 novembre 1999, le président français reçoit à l’Elysée le jeune homme de 34 ans. Un an plus tard, Jacques Chirac est le seul chef d’Etat occidental à assister aux funérailles d’Hafez Al-Assad. « Jacques Chirac a coaché Bachar Al-Assad, comme il l’a fait avec le jeune Mohamed VI », assure Antoine Basbous.

2000 – Mort de Hafez el-Assad en juin. Bachar el-Assad, son plus jeune fils lui succède.

2001 – L’espoir de démocratisation retombe rapidement. Malgré le retrait des troupes israéliennes du territoire libanais en mai 2000, la Syrie maintient sa tutelle politique et militaire sur le Liban.

2002 – Bien que toujours placée par Washington sur la liste des États soutenant le terrorisme, la Syrie est en même temps courtisée par les Etats-Unis.

Le 14 fevrier 2005, l’ancien premier ministre du Liban, Rafic Hariri, est tué dans un attentat à l’explosif contre son convoi à Beyrouth. La communauté internationale y voit encore une fois la main de la Syrie. Six ans plus tard, le tribunal spécial pour le Liban n’a toujours pas désigné ni jugé les coupables. Ami intime de Rafic Hariri, Jacques Chirac fait tout, jusqu’à la fin de son second mandat, pour isoler diplomatiquement la Syrie. Aujourd’hui encore l’ancien président de la République loge dans un appartement de la famille Hariri, sur les bords de Seine, à Paris.2003 Vladimir Poutine, en 2003, décidé à réaffirmer le poids de son pays au moyen-orient, qui renoue avec la diplomatie de Bachar el-Assad, successeur de son père à la tête de la Syrie en 2000. Le but est d’affirmer le poids de la Russie dans les accords de paix autour du conflit israëlo-palestinien, bénéficier d’un accès aux ports syriens et augmenter les échanges commerciaux entre les deux pays

2004 A ses débuts, Bachar Al-Assad jouit d’une image de réformateur. Cependant, en 2004, ses manœuvres pour faire réélire Emile Lahoud à la tête du Liban irritent. En marge du 60e anniversaire du débarquement en Normandie, Jacques Chirac lance, avec George W. Bush, une initiative diplomatique qui débouche sur la résolution 1559 des Nations unies dirigée contre la Syrie. Adopté le 2 septembre 2004, le texte exige le retrait des 15 000 soldats syriens du Liban et la fin de l’ingérence de Damas dans ce pays. Un tournant dans la diplomatie française.

2005 – Rafic Hariri ancien Premier Ministre libanais est victime d’un attentat à Beyrouth. La Syrie est mise en cause, elle dément. Face à la pression internationale, elle retire ses troupes du Liban.

Mais sitôt élu, le président Nicolas Sarkozy opère un virage très net en faveur d’une réhabilitation diplomatique de la Syrie malgré l’assassinat à Beyrouth, le 19 septembre 2007, d’Antoine Ghanem, député libanais antisyrien. « L’assassinat, c’est pas une méthode !, clame le président français six jours plus tard, en marge d’une réunion à l’ONU. La France fera tout pour qu’un jour ou l’autre, les assassins aient à rendre compte. Il va bien falloir un jour que les masques tombent. »

2006 –  Israël lance une vaste offensive contre le Liban en réponse à la capture de soldats israéliens par le Hizbollah. Aux Etats-Unis, le rapport Baker Hamilton préconise la reprise du dialogue avec la Syrie.

2007 – La résolution 1757 du Conseil de sécurité des Nations Unies prévoit la mise en place d’un tribunal spécial pour le Liban chargé de l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri. Il entrera en activité en 2009 et sera aussi chargé de faire la lumière sur la série d’attentats contre des personnalités libanaises anti-syriennes pour laquelle la Syrie avait également été montrée du doigt.

  • Israël bombarde un site syrien affirmant qu’il abrite des installations nucléaires. La Syrie dément.
  • Bashar AL ASSAD est réelu à la Présidence de la République avec 97,62% des suffrages exprimés.

le 4 novembre 2007, le chef de l’Etat français envoie Claude Guéant, à l’époque secrétaire général de l’Elysée, ainsi que son conseiller diplomatique, Jean-David Levitte, en émissaires à Damas. Une enquête du Monde revient alors sur ce réchauffement des relations diplomatiques que l’Elysée justifie comme uniquement lié à la volonté de trouver une solution pour l’élection d’un président au Liban.

Le 20 novembre, 2007Nicolas Sarkozy lui-même appelle Bachar Al-Assad et Jean-David Levitte, son conseiller diplomatique, déclare : « Nous avons estimé, et c’est là un point de rupture par rapport à une époque passée, que nous ne risquions rien en allant dialoguer avec la Syrie ». Et pourtant, le 30 décembre 2007, face à l’absence de gages de bonne volonté syriens sur le dossier libanais complètement bloqué, Nicolas Sarkozy annonce la rupture des contacts avec Damas jusqu’à nouvel ordre.

2008 – Le Président Bachar Al-Assad se rend en visite en France à l’occasion du sommet de l’Union pour la Méditerranée. Cela marque la fin d’une période d’isolement diplomatique de la Syrie.

  • Jusqu’au 29 mai 2008, en fait, date à laquelle le président français fait savoir qu’il a de nouveau décroché son téléphone pour joindre Bachar Al-Assad. Selon l’agence officielle syrienne Sana, Nicolas Sarkozy a rendu  » hommage » au rôle de Damas dans la conclusion, le 21 mai, d’un accord entre partis libanais qui a permis, quatre jours plus tard, l’élection à la tête du pays de Michel Sleimane.
  • Le 15 juin, Claude Guéant et Jean-David Levitte sont de retour à Damas et invitent Bachar Al-Assad à Paris pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée qui se tient en juillet. « Le président syrien n’est pas un parfait exemple en matière de respect des droits de l’homme, mais il a fait des efforts », indique l’Elysée auMonde, le 3 juillet.
  • Deux jours plus tard, dans la prison de Saydnaya, au nord de Damas, où sont enfermés des centaines de prisonniers politiques, une mutinerie est réprimée dans le sang. D’après les estimations des militants des droits de l’homme syriens vivant en exil, entre 9 et 25 prisonniers auraient été tués
  • Toutefois, le chef d’Etat syrien est bien présent au sommet du 13 juillet et le lendemain, malgré la controverse, il assiste au défilé du 14 juillet dans la tribune officielle.

2008, les Russes signent des contrats avec les Syriens dans les domaines du tourisme, des technologies, de l’écologie de l’aérien ou encore…de l’énergie.

2009 – Reprise des relations diplomatiques avec le Liban.

2011 La France tarde à dénoncer les exactions syriennes

  • Mi-mars 2011, déjà 450 personnes sont mortes, selon un groupe de défense des droits de l’homme, lors de la répression de manifestations contre le régime syrien. Les 27 pays de l’Union européenne se réunissent, vendredi 29 avril, pour discuter d’éventuelles sanctions. Le même jour, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU tient une session spéciale sur la Syrie alors que la France n’appelle pas clairement au départ de Bachar Al-Assad. « La realpolitik va t-elle-encore permettre au régime de s’en tirer?,s’interroge Caroline Donati. Les Français vont-ils continuer à privilégier la stabilité du Liban ou vont-ils s’impliquer comme ils l’ont fait en Tunisie et en Libye ? »
  • l’ambassadrice de Syrie en France, Lamia Chakkour, a été convoquéeau ministère des Affaires étrangères pour se voir signifier la condamnation de la répression. Pourquoi des mesures si timorées ? « Les raisons invoquées par les diplomates occidentaux pour expliquer cette grande réserve de critiques contre Bachar Al-Assad sont l’absence d’opposition, tient à préciser Caroline Donati. Celle-ci est fragmentée mais compte des figures importantes et respectables. »

Autre frein important à toute critique envers le régime syrien : le pouvoir des services de sécurité en Syrie. Sur le plan intérieur, les « moukhabarat « , la police secrète, quadrillent et surveillent méticuleusement le territoire et font tout actuellement pour fairecesser, dans le sang, l’insurrection anti-Assad.

De plus, si les Etats-Unis ont notamment pu compter sur l’active coopération de Damas dans la traque des membres d’Al-Qaïda après les attentats du 11 septembre 2001, les connexions historiques de la Syrie avec des groupuscules terroristes rentrent dans la réflexion quant à une éventuelle action pour destituer Bachar Al-Assad. Pour Antoine Basbous, « la Syrie fait peur. Elle a une capacité de nuisance internationale. »

15 mars 2013 2è anniversaire de l’insurrection en Syrie. Lors du sommet européen, François Hollande, le président français, a réclamé la levée de l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne. La France se retrouve pour l’occasion sur la même position que la Grande-Bretagne.

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières : il y a un an, une partie de l’opposition a choisi de rompre avec l’option de l’autodéfense pour se lancer dans une guerre généralisée avec pour objectif d’abattre le régime. Cela s’est traduit par une hausse du niveau de violences. Je ne veux pas blâmer l’opposition car c’est bien la violence du régime qui en est à l’origine. Pourtant, je trouve problématique ce changement de registre politique ou stratégique dans lequel s’inscrit la décision franco britannique. Livrer des armes revient en fait à encourager cette option militaire.
Nous sommes en mars 2013 et la spirale de violence a quelque chose d’accablant. Je crains que fournir des armes encourage ceux qui ne pensent qu’en termes militaires et ne marginalise encore plus ceux qui ne voient pas d’issue à cette violence. Voilà pourquoi, tout en étant perplexe, je suis plutôt hostile à cette décision de livrer des armes. ..

je regrette qu’aucune attention n’ait été portée aux groupes et personnalités politiques tentant d’agir en dehors de la violence.
D’ailleurs, je ne suis pas sur qu’il faille toujours « faire quelque chose ». Décider, c’est toujours décider de « faire quelque chose » et l’abstention militaire peut être une décision qui relève du courage politique tout autant que son contraire.
Depuis deux ans, on entend dire de tout coté que la Syrie est la proie d’un conflit effroyable, ce qui est une réalité objective, et que personne ne fait rien, ce qui est faux. Au contraire, beaucoup de choses sont faites dans tous les sens : du coté du soutien au régime par la Russie, l’Iran et la Chine et du coté du soutien à la rébellion par le Qatar, les pays du Golfe.  Les pays européens eux-mêmes n’ont pas ménagé leur soutien politique… En fait, l’expression « il faut faire quelque chose » signifie de manière subliminale, il faut faire quelque chose de militaire, employer la force… Tout ce qui est de l’ordre du politique, de la négociation, est renvoyé dans la catégorie des faux semblants, de la gesticulation stérile. Ce partage entre la vraie action -qui serait militaire- et le faux semblant est fâcheux et inquiétant car discréditer la parole politique, c’est discréditer la politique et laisser le dernier mot à la violence. On ne peut s’en remettre à une telle extrémité.

3 et 5 mai 2013 des raids israéliens ont détruit plusieurs positions militaires syriennes près de Damas . Les attaques visaient des cargaisons d’armes iraniennes à destination du mouvement chiite libanais Hezbollah. Elles auraient tué 42 soldats syriens.
Par ailleurs, les soupçons d’utilisation d’armes chimiques se portent à présent sur les rebelles après avoir visé le régime de Bachar Al-Assad. C’est ce qu’a a affirmé Clara del Ponte, membre de la commission d’enquête indépendante de l’Onu sur les violences en Syrie.

Jean-Paul Chagnollaud, spécialiste du Proche-Orient et directeur de la revue Confluences méditerranée, tente d’évaluer le poids de ces derniers développements, raids israéliens et soupçons d’armes chimiques.

Quel est l’impact du raid israélien sur le conflit syrien ?

Je ne pense pas que les attaques israéliennes puissent fondamentalement infléchir le rapport de force aujourd’hui, si ce n’est peut-être dans l’affaiblissement du régime syrien sur le plan militaire. Mais paradoxalement, elles peuvent contribuer à aider le régime de Bachar Al-Assad sur un plan politique. Il a ainsi un argument de plus pour dire que c’est un complot international dont Israël fait partie. D’ailleurs les réactions de l’opposition syrienne sont des réactions syriennes : c’est une attaque d’Israël contre la Syrie. S’il y a un point sur lequel l’opposition et le régime pourraient être d’accord, c’est pour se rassembler contre Israël. Ca montre également à quel point la tragédie syrienne a des répercutions sur la région et est en train de la déstabiliser.

Un élargissement du conflit à la région est-il à craindre ?

C’est très difficile de répondre mais je ne pense pas que ce soit le début d’une escalade qui produirait un conflit ouvert, parce que s’il y avait un affrontement direct entre Israël et la Syrie, le régime de Bachar Al-Assad aurait tout à y perdre. Il peut utiliser une attaque ponctuelle, aussi grave soit-elle, dans son argumentaire, mais s’il y avait une vraie confrontation, il est évident que le régime syrien serait perdant. Il n’a pas les moyens de battre militairement Israël, il ne les a jamais eu.

On sait que le Hezbollah se bat aux côtés de l’armée syrienne, est-ce que vous pensez que l’Iran pourrait entrer en jeu ?

L’Iran n’a aucun intérêt à entrer dans un jeu comme ça. L’Iran joue toujours de manière indirecte mais il n’a jamais intérêt à une confrontation frontale. D’autant plus qu’il y a d’autres questions fondamentales pour le pays, comme celle du nucléaire.

La dernière attaque israélienne n’aurait pas visée des armes iraniennes à destination du Hezbollah libanais, mais un centre de production d’armes chimiques en Syrie. Est-ce qu’Israël prend là pied dans le conflit en estimant que la « ligne rouge » (des armes chimiques) a été dépassée ?

Les Israéliens sont d’abord préoccupés par leur propre sécurité. Je ne pense pas qu’ils aient le moindre intérêt à servir de relai aux Etats-Unis et aux Européens qui par ailleurs, sur cette affaire, sont dans une confusion assez remarquable. Les Américains font un pas en avant, deux pas en arrière ; les Européens font un demi pas en avant et dix pas en arrière.

Le soupçon d’utilisation d’armes chimiques par les rebelles va-t-il changer la posture de la Communauté internationale sur le conflit ?

Pour l’instant ça ne va rien changer. Ça va simplement accroître les hésitations déjà très fortes pour une intervention en Syrie. Et aujourd’hui on ne peut pas imaginer une intervention militaire occidentale : l’Onu est bloquée avec le conseil de sécurité or il ne peut pas y avoir d’intervention sans une légitimité onusienne. Mais une intervention indirecte peut être envisagée.

La Russie agit-elle de son côté ?

La Russie agit beaucoup. Elle est extrêmement présente à travers ses conseillers militaires, ses livraisons d’armes. Elle livre des hélicoptères, des missiles antimissiles… pour aider les Syriens s’il y avait une attaque extérieure.

Il faudrait selon vous que la communauté internationale agisse ?

La communauté internationale et en particulier les États-Unis, l’Europe, sont devant une alternative simple. Ils craignent d’intervenir, notamment par livraison d’armes, et pour des raisons qu’on peut comprendre. Mais ne pas intervenir, il faut bien voir que ça a des conséquences extrêmement lourdes à la fois pour les Syriens eux-mêmes, pour la stabilité de la région, et pour les intérêts des États-Unis et de l’Europe. Le plus dangereux aujourd’hui peut-être est de ne pas intervenir. http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/syrie-2013/p-25209-Guerre-civile-armes-chimiques-raids-israeliens-un-avenir-de-plus-en-plus-incertain-en-Syrie.htm

Les USA et la France souhaitent intervenir militairement contre Assad

21 août 2013

Deux quartiers résidentiels de la banlieue de Damas ont subi des attaques de gaz neurotoxiques qui ont entraîné la mort de près de 1 500 civils. Le gouvernement de Bachar-Al-Assad et ses amis russes nient être responsables de cette attaque. L’opposition et les USA accusent Al Assad d’en être responsable. Les USA veulent intervenir militairement pour mettre fin à ce crime contre l’humanité alors qu’ils ont eux-mêmes utilisé l’Agent orange au Vietnam et des armes chimiques en Irak. Les observateurs émettent l’hypothèse que le crime aurait été perpétré de l’intérieur pour faire tomber Al-Assad.

  • La Russie a déclaré qu’en cas d’intervention militaire occidentale en Syrie elle augmenterait ses fournitures d’armes  à l’armée syrienne régulière. L’Iran et le Hezbollah libanais ont menacé d’attaquer Israël en représailles.
  • L’Iran, principal allié régional de Damas, a multiplié ces derniers jours les mises en garde contre toute action militaire contre la Syrie évoquée par les Etats-Unis, la France et la Turquie. Téhéran affirme que les groupes islamiques rebelles ont utilisé des armes chimiques pour provoquer une action militaire occidentale contre le régime du président Bachar al-Assad.
  • Août 2013 La Russue soutient BacharAl-Hassad pour empêcher les conflits intra-musulmans de contaminer les républiques musulmanes

Crainte de propagation. Analyses

La guerre civile débutée par une répression terrible des manifestations des force de sécurité du président Bachar el-Assad en mars 2011 n’a pas été une bonne nouvelle pour le pouvoir russe, et ce, pas simplement pour leurs aspects commerciaux et militaires.

Le  journaliste et politologue russe Andreï Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev, explique la position russe de refus face à l’intervention militaire en Syrie par d’autres facteurs que par un simple soutien d’Etat à Etat : « Les arguments sur l’amitié avec la Syrie, l’héritage soviéto-syrien, l’accès relativement modeste au port syrien, les contrats d’armement, sont des arguments de surface et secondaires à mon sens. Il y a plusieurs niveaux d’explications, et le premier niveau est une préoccupation justifiée au sujet d’un foyer de tensions qui comporterait des perspectives d’aggravation tout à fait imprévisibles à proximité des frontières russes. Mais aussi à l’intérieur de la Russie ou dans son voisinage le plus proche : le Caucase, la Tchétchénie, par exemple. »

Le journaliste estime que le pouvoir russe craint une percée des intégristes d’Arabie saoudite avec la possibilité d’une reprise de l’islamismle radical en Russie, des guerres entre communautés religieuses, dans une sorte de propagation du conflit : « La crainte russe est celle de voir une sorte d’axe sunnite intégriste qui monterait vers les régions peuplées par des musulmans, pas seulement la Tchétchénie, mais aussi le Daguestan, par exemple. Avec l’ouverture du gouffre d’un conflit entre sunnite et chiite, que la Russie connaît bien pour les avoir sur son territoire. C’est une préoccupation compréhensible. »

Un autre politologue, Pascal Le Pautremat, géopoliticien, spécialiste en questions militaires exprime un point de vue identique http://www.bfmtv.com/international/syrie-raisons-profondes-soutien-russe-a-bachar-al-assad-592214.html

la politique syrienne de Moscou est motivée par la peur, “la crainte, à terme, de l’effondrement du régime de Bachar al-Assad et une sorte d’extension d’un front panislamique soutenu par la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et que ce front gagne toute la base du Caucase, puis s’étende sur les frontières orientales de la Communauté des Etats indépendants avant d’atteindre l’Asie centrale”, explique Pascal Le Pautremat, géopoliticien, spécialiste en questions militaires.

En clair, explique un connaisseur de la diplomatie russe, « les Russes ont un véritable intérêt dans ce conflit. Pour eux, la chute de Bachar signifie terrorisme et instabilité sur le territoire russe”. “On voit déjà que la Syrie est un foyer du terrorisme international, attaquer ne mettra pas terme à la guerre civile”, a ainsi réaffirmé Leonid Kadyshev, jeudi.

Enfin, sans être prioritaire, l’idée de tenir tête aux Etats-Unis, sur le thème « la Russie est de retour”, n’est pas pour déplaire à Vladimir Poutine. Expérience russe « La Russie, et auparavant l’ex-Union soviétique, a été très présente au proche et moyen-orient pendant des décennies, en possède une très bonne connaissance », rappelle Andreï Gratchev. Cette expérience russe amène la diplomatie de Poutine à craindre le pire, comme le souligne le journaliste : « La Russie voit bien que l’éclatement de la Syrie dans la perspective d’une guerre civile beaucoup plus large, va considérablement aggraver la situation dans toute la zone, pas seulement dans les relations entre l’Iran et ses voisins, mais va aussi apporter des arguments déplaisants pour la Russie en ce qui concerne la situation de la Turquie. »

Le politologue rappelle la rivalité entre la Turquie et la Russie depuis des siècles, « Il ne faut pas oublier que la Turquie a une frontière commune avec la Syrie. Les Français devraient connaître cette rivalité entre la Turquie et la Russie, s’ils se rappellent la guerre de Crimée (guerre de l’Empire Ottoman allié à la France de Napoléon et le Royaume-Uni contre la Russie). »

L’éclatement de la Syrie risque aussi de renforcer des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar, qui pour la Russie ne sont pas des pays amis et sont partenaires… des Etats-Unis et de pays européens comme le Royaume-Uni ou la France. Reproduction inquiétante Mais selon Andreï Gratchev, il y a une troisième préoccupation russe, plus générale, qui est celle de voir dans le scénario syrien « la reproduction d’une Russie impuissante, celle de l’ex-super puissance soviétique devenue impuissante qui était obligée d’observer sans pouvoir rien influencer. C’est le scénario occidental, à 100% occidental, afin de remodeler la carte du Moyen-Orient. Avec déjà les quatre scénarios qui se sont soldés par des catastrophes : Afghanistan, Irak, Libye et maintenant Syrie, en contournant le seul mécanisme international existant, l’ONU. »

La Russie ne s’obstine pas simplement dans la négation de n’importe quelle solution au niveau de l’ONU, souligne le politologue russe : « Tout récemment, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ainsi que Vladimir Poutine, ont abouti à une formule qui ne devait pas contourner l’ONU et qui est celle de Genève-2, cette conférence internationale qui, à mon avis, était la preuve que la Russie voulait être impliquée dans la recherche d’une solution collective. »Banalisation et marginalisation La Russie n’accepte pas, tout comme la Chine, de voir « se banaliser la pratique des puissances occidentales qui se chargeraient de trouver des solutions aux conflits, de régler les problèmes sur la planète selon leurs propres intérêts », selon Andreï Gratchev.

Dans le même temps, le politologue insiste sur le fait que « la Russie se sent insultée, en quelque sorte, marginalisée par le fait qu’elle est pratiquement négligée comme puissance. L’expérience des Russes durant les deux ou trois dernières années était la suivante : la Russie et sa participation étaient recherchées dans le cas de la Libye et du Mali, mais à condition qu’elle donne son accord. Pas en discutant ou en acceptant qu’elle puisse être partie prenante de l’élaboration de la formule. »

Le soutien de la Russie à Assad n’est pas pour autant inexistant, une fois ces explications données. Ce soutien n’est pas, selon le journaliste, « une adhésion aux actions du président syrien, ou un soutien à un dictateur bien-aimé, mais plutôt un souci d’efficacité : entre Bachar el-Assad ou l’opposition actuelle qui le combat, les Russes, de toute évidence auraient préféré le maintien de Bachar el-Assad. Parce qu’ils ont pu observer qu’Assad, en tant que gérant de la situation syrienne, est un manager plutôt efficace, prévisible, alors qu’en ce qui concerne l’opposition, on est face à un conglomérat extrêmement contradictoire et composé d’éléments extrêmement dangereux. »

En conclusion, Andreï Gratchev rappelle quelques composantes donnant matière à réflexion sur ce soutien : « Il y a le danger de la dissémination des armes chimiques qui donne des sueurs froides à beaucoup de pays dans la région si les factions d’Al-Qaïda ou des islamistes radicaux s’emparaient des stocks d’Assad. Et il ne faut pas non plus exagérer la capacité des Russes à influencer Assad : il n’est pas l’homme de paille de Moscou en Syrie, loin de là. Sachant que les relations entre la Russie et Assad sont nettement moins organiques qu’entre la France et de nombreux pays africains peu recommandables, par exemple. » http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/syrie-2013/p-26174-lg0-Syrie-comprendre-la-position-russe.htm

31 août 2013

1er septembre

  • Le président Obama annonce une réunion du Congrés qui sera appelé à voter sur l’intervention militaire Un sondage pour NBC News montre que 80% des Américains veulent l’aval du Congrès avant de s’engager dans une coûteuse guerre alors que la reprise économique se fait sentir et que le sommet du G20 à Saint-Pétersbourg (Russie) se profile.
  • En France Ce dimanche, de l’UMP aux écologistes en passant par le centriste Jean-Louis Borloo ou coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon,  réclament l’organisation d’un débat parlementaire suivi d’une consultation. Mais la Constitution et son article 15 autorise le chef des Armées à prendre la décision de déployer les forces françaises sans contrôle parlementaire. L’article 35 précise juste que «le gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention». Jean-Marc Ayrault informera donc les députés mercredi de la situation actuelle en Syrie.
  • 7h50. La lettre ouverte de Bayrou à Hollande. François Bayrou reproche à François Hollande de se préparer à intervenir militairement en Syrie pour la «donner à des forces fondamentalistes engagées dans une entreprise globale d’instauration de l’islamisme politique», dans une «Lettre ouverte au président de la République» publiée par le JDD dimanche.
  • 7h55. «La France n’a pas intérêt à entrer dans une guerre de religion» selon Chevènement. Dans nos colonnes, le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) constate que «il eût mieux valu privilégier une posture de négociations et faire de la France un intermédiaire entre les camps qui s’opposent dans ce qui est une véritable guerre civile intercommunautaire». Interrogé sur sa position vis-à-vis d’éventuelles frappes, l’ancien ministre de la Défense affirme être «prudent» et souhaite «absolument privilégier les voies de la paix».
  • 8h15. Pression de l’opposition syrienne «Les occidentaux ont encore une chance de corriger leurs erreurs» déclare le porte-parole de l’Armée Syrienne Libre, sur BFMTV.
  • 9h30. Les services de renseignements confirment les informations américaines. Le JDD publie un article sur une synthèse établie par par la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) et la DRM (Direction du renseignement militaire). Elle affirme que la Syrie possède «plus de mille tonnes d’agents chimiques de guerre et de précurseurs» soit «l’un des stocks opérationnels les plus importants du monde». La Syrie est observée depuis plus de 20 ans et tous les stocks d’armes chimiques ont été répertoriés même si ils sont régulièrement déplacés. Selon la CIA, l’attaque du 21 août était préméditée. Les renseignements français l’ont confirmé.
  • 10h30. L’opposition syrienne «déçue»mais confiante dans l’approbation du Congrès américain. Samir Nachar, membre de la direction de la Coalition nationale syrienne de l’opposition, joint au téléphone depuis Beyrouth par l’AFP, est persuadé d’une intervention : «on s’attendait à une frappe directe et imminente (…) mais nous pensons que le Congrès va approuver des frappes militaires».
  • 12 heures. La plus haute autorité de l’islam sunnite rejette toute éventuelle frappe en Syrie. Dans un communiqué, l’institution d’Al-Azhar au Caire «exprime son rejet catégorique et sa condamnation de la décision du président américain (Barack Obama) de lancer des frappes militaires sur la Syrie». L’institution islamique y voit «une agression contre la nation arabe et islamique (…) qui met en danger la paix et la sécurité internationales».
  • 14 heures. Une centaine de Français combattent en Syrie le régime Assad, selon Manuel Valls. «Il y a plus d’une centaine de Français ou de résidents en France, 110, 113, qui sont aujourd’hui en Syrie, un certain nombre d’entre eux sont revenus, ce qui rajoute à cette centaine, une dizaine d’entre eux sont morts là-bas», détaille le ministre de l’Intérieur, invité au Grand rendez-vous Europe 1/iTélé/Le Monde. «La difficulté c’est qu’ils vont combattre un régime que nous condamnons nous-mêmes. Beaucoup combattent dans l’armée officielle de l’opposition, d’autres peuvent se retrouver dans des groupes jihadistes qui sont sur des listes d’organisations terroristes», précise-t-il, rappelant que la France faisait face à une menace terroriste depuis des années. Selon des spécialistes du renseignement, environ 200 Français auraient choisi depuis un an et demi d’aller combattre en Syrie, devenue une des principales sources de préoccupation des services antiterroristes français.
  • 14h10. Le gouvernement français va déclassifier des documents secret-défense sur le programme chimique syrien. Une récente note des services de renseignement français, dont le contenu est dévoilé par le Journal du Dimanche et a été confirmé de source gouvernementale. Ce document fait état notamment de «plusieurs centaines de tonnes d’ypérite» et «gaz sarin» détenus par le régime syrien, soit un stock total dépassant les 1 000 tonnes d’agents chimiques.
  • 14h30. La Maison Banche envoie un projet de résolution sur la Syrie au Congrès. La résolution soumise au vote autoriserait au président Obama l’usage de la force afin de« dissuader, perturber, empêcher et dégrader» la capacité du régime à utiliser des armes chimiques. Le texte précise que seule une solution politique est viable pour la Syrie mais il permet aussi au président américain d’utiliser la force «nécessaire et appropriée» afin d’arriver à ses fins.
  • 14h50. L’opposition syrienne appelle le Congrès américain à faire le «bon choix» en autorisant une frappe. L’opposition syrienne, déçu, veut garder espoir.«Nous avons ressenti une déception. On s’attendait à une frappe directe et imminente (…), mais nous pensons que le Congrès va approuver des frappes militaires» a déclaré Samir Nachar, membre de la direction de la Coalition nationale de l’opposition syrienne.Un autre responsable, qui a demandé à conserver l’anonymat, a assuré que «le choc et la déception ont vite été remplacés par l’espoir». Dans les prochains jours la coalition nationale syrienne va envoyer des émissaires dans les principales capitales occidentales et arabes afin de plaider en faveur du recours à la force contre le régime de Bachar al-Assad. Son chef a notamment prévu de se rendre rapidement en Grande-Bretagne et en Allemagne.
  • 17h05. Ryad appelle les Arabes à soutenir l’opposition qui veut des frappes. Avant une réunion des chefs de la diplomatie de la Ligue arabe sur la situation en Syrie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, appelle du Caire les pays arabes à soutenir l’opposition syrienne. Celle-ci réclame une intervention militaire étrangère contre le régime de Bachar al-Assad.
  • 18h45. L’Iran cherche à nouveau à intimider les Etats-Unis. Les intérêts américains seraient «menacés» si Washington lançait une frappe contre le régime syrien, affirme Allaeddine Boroujerdi, président de la Commission des Affaires étrangères du parlement iranien en visite à Damas. «J’espère que les Etats-Unis n’entreprendront pas une telle action précipitée et irrationnelle, étant donné la situation sensible dans la région», poursuit-il. «Nous en Iran, nous ferons face avec force à toute agression et défendrons nos intérêts nationaux», ajoute-t-il le visiteur en faisant référence à l’axe stratégique qui lie son pays au régime syrien et au Hezbollah libanais, qui combat aux côtés de l’armée de Bachar al-Assad. De son côté, le chef d’état-major, le général Hassan Firouzabadi, avait affirmé la semaine passée qu’une action militaire contre la Syrie mènera Israël, «au bord des flammes».
  • 20 heures. Le chef de la Coalition nationale syrienne appelle les Arabes à soutenir une action étrangère. Au Caire, Ahmad Jarba demande aux ministres arabes des Affaires étrangères de soutenir les frappes envisagées par plusieurs pays occidentaux contre le régime syrien accusé d’avoir mené une attaque chimique. «Je me tiens aujourd’hui devant vous pour faire appel à vos sentiments de fraternité et d’humanité et je vous demande de soutenir l’opération internationale contre la machine de guerre et de destruction», déclare ce dirigeant reçu jeudi à l’Elysée par le président Hollande. Ryad a soutenu l’intervention de la Coalition nationale syrienne.
    • 20 heures. Le chef de la Coalition nationale syrienne appelle les Arabes à soutenir une action étrangère. Au Caire, Ahmad Jarba demande aux ministres arabes des Affaires étrangères de soutenir les frappes envisagées par plusieurs pays occidentaux contre le régime syrien accusé d’avoir mené une attaque chimique. «Je me tiens aujourd’hui devant vous pour faire appel à vos sentiments de fraternité et d’humanité et je vous demande de soutenir l’opération internationale contre la machine de guerre et de destruction», déclare ce dirigeant reçu jeudi à l’Elysée par le président Hollande. Ryad a soutenu l’intervention de la Coalition nationale syrienne.
  • 20h40. Iran : le Congrès américain ne peut pas se substituer à l’ONU. C’est en substance ce que déclare le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Obama ne peut pas interpréter la loi internationale» à son profit,  ajouté le chef de la diplomatie iranienne. «Outre la question de sa légalité, tout usage de la force dans la région allumerait un incendie difficile à éteindre», dit-il.
  • 20h50. Le prince Saoud Al-Fayçal : c’est Bachar al-Assad qui a ouvert la porte à une «ingérence étrangère». Alors que beaucoup de pays arabes mettent en avant le refus d’une ingérence étrangère face à une éventuelle intervention des Etats-Unis ou de la France,  our le prince Saoud Al-Fayçal, c’est le «d’abord le régime de Damas qui a ouvert les portes en faisant entrer les Gardiens de la révolution iraniens et les forces du Hezbollah, jusqu’à ce que la Syrie devienne ce qu’on peut appeler une terre occupée». Pour l’Arabie saoudite, «toute opposition à une action internationale ne peut être qu’un encouragement pour le régime de Damas à poursuivre ses crimes».
  • 22 heures. La Ligue arabe appelle l’ONU et la communauté internationale à «assumer leurs responsabilités». Réunis au Caire, les ministres des pays de la Ligue arabe ont «appelé l’ONU et la communauté internationale à assumer leurs responsabilités conformément à la Charte des Nations unies et au droit international afin de prendre les mesures de dissuasion nécessaires» après une attaque chimique «dont le régime porte la responsabilité».Les ministres réclament en outre que les auteurs de cette attaque soient traduits devant la justice internationale «comme les autres criminels de guerre». Ils demandent également que soient «fournies toutes les formes de soutien requises par le peuple syrien pour se défendre» et rappelle «l’obligation de concerter les efforts arabes et internationaux pour aider» les Syriens. Cette décision finale n’évoque toutefois pas précisément l’éventualité de frappes étrangères sur la Syrie, l’institution panarabe étant profondément divisée sur ce sujet. L’Algérie, l’Irak, le Liban -qui se sont abstenus lors du vote- mais aussi l’Egypte et la Tunisie ont exprimé leur opposition à une intervention qu’ils considèrent comme une ingérence étrangère.
  • 3 heures. Erdogan veut frapper fort. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, favorable à une intervention de grande ampleur en Syrie, a estimé dimanche qu’une action militaire limitée aggraverait les difficultés dans ce pays. «Je veux rappeler ici que les mesures temporaires ne suffisent pas, ne suffiront jamais en Syrie», a-t-il déclaré au cours d’un meeting à Istanbul.«Frapper des objectifs locaux non seulement ne nous rapproche pas d’une solution, mais rend les conditions plus difficiles encore en Syrie», a-t-il poursuivi, soulignant que le président syrien Bachar al-Assad devait «quitter immédiatement ses fonctions et partir dans un pays qui consentira à l’accueillir».

Lundi 2 septembre

  • Assad menace d’enflammer la région, la France est menacée

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde lundi contre le risque d’une “guerre régionale” en cas d’action militaire occidentale, alors que Washington et Paris tentent de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien accusé d’avoir utilisé des armes chimiques.

“Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s’en approche aujourd’hui (…) Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Le risque d’une guerre régionale existe”, a déclaré le président syrien au journal Le Figaro.

Alors que Paris est en première ligne au côté de Washington pour mener une riposte, le président Assad a mis en garde contre une “politique hostile au peuple syrien”.

“Le peuple français n’est pas notre ennemi, mais (…) dans la mesure où la politique de l’Etat français est hostile au peuple syrien, cet Etat sera son ennemi”.

“Il y a aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France”, a-t-il menacé.

  • L’Otan au secours des opposants syriens « Personnellement, je suis convaincu que non seulement une attaque chimique s’est produite (…) mais que le régime syrien en est responsable », a déclaré devant la presse M. Rasmussen, en indiquant avoir eu accès à des informations classifiées données par des pays membres de l’Otan.http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-Syrie-le-chef-de-l-Otan-convaincu-de-la-responsabilite-du-regime.htm?&rub=2&xml=newsmlmmd.urn.newsml.afp.com.20130902.d72ab5c0.9b41.4c98.a15d.688372175d45.xml
  • l’Armée Syrienne Libre (ASL) affirme avoir abattu le général Mohammed Aslan. Aslan est présenté comme le commandant du « Département chimique militaire » à la Garde présidentielle, et responsable, à ce titre, du massacre commis dans la Ghouta, le 21 août dernier, faisant entre 1.300 et 1.800 civils tués et plus de 8.000 blessés. http://www.alterinfo.net/notes/Syrie-le-responsable-du-massacre-chimique-de-la-Ghouta-aurait-ete-tue_b5813485.html
  • La Russie va envoyer une délégation parlementaire aux Etats-Unis pour lancer un dialogue direct sur la Syrie avec des membres du Congrès américain, ont annoncé lundi les dirigeants des deux chambres du Parlement russe au cours d’une rencontre avec le président Vladimir Poutine. “Nous aimerions nous adresser au Sénat et au Congrès pour dialoguer directement avec eux”, a déclaré Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, pendant la rencontre à laquelle participait également le président de la Douma (chambre basse) Sergueï Narychkine. M. Poutine s’est félicité de l’initiative des parlementaires.
  • L’ONU sous pression de la France et de l’Angleterre  pour accuser Assad, selon la Russie.

Londres et Paris ont fait pression sur le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon afin de modifier le mandat des inspecteurs onusiens chargés d’enquêter sur le recours présumé à l’arme chimique en Syrie, a annoncé lundi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. “Lorsqu’en mars dernier, un incident qui ressemblait beaucoup à un recours à l’arme chimique a eu lieu près d’Alep, le gouvernement syrien a demandé à l’Onu de dépêcher des inspecteurs afin d’enquêter sur l’incident. Ban Ki-moon a donné son feu vert. Mais par la suite, il a fait l’objet de pressions et là, je ne vous cache rien, parce que la Grande-Bretagne et la France en ont ouvertement parlé”, a indiqué M. Lavrov. “Londres et Paris ont déclaré que dépêcher des inspecteurs pour enquêter sur cet incident précis était insuffisant. Ils ont exigé qu’Assad admette n’importe quel nombre d’inspecteurs équipés de n’importe quel matériel, autorisés à visiter à n’importe quel moment tous les recoins du pays”, a poursuivi le ministre russe des Affaires étrangères.Mardi 3 septembre Auditions au Sénat américain

  • Le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le secrétaire à la Défense Chuck Hagel participeront mardi à une audition parlementaire au Sénat américain pour défendre une intervention militaire en Syrie, a indiqué une source parlementaire lundi. Le déplacement des deux ministres s’inscrit dans l’intense campagne de lobbying lancée par l’administration de Barack Obama pour inciter les élus sceptiques du Congrès à autoriser formellement le recours à la force contre le régime du président Bachar el-Assad.

Mardi 3 septembre, opinions contradictoires chez le voisin libanais

  • Mobilisation du Hezbollan, tous les militants ont quitté leurs bases libanaises. Selon le journal l’Orient-le-jour, ils ont disparu et ont éteint leurs téléphones portables pour ne pas être localisés.Le quotidien al-Akhbar, proche du régime syrien et du Hezbollah, a affirmé hier que « la Résistance islamique (le Hezbollah) avait appelé tous ses cadres et ses membres à rejoindre leurs positions »…Le quotidien al-Akhbar affirmait dans son édition d’hier que « l’armée syrienne a mobilisé les unités qui ne participent pas jusqu’à présent aux affrontements (contre les rebelles). Elle a aussi installé avec le Hezbollah une salle d’opération et mis ses unités en charge des missiles dans un état d’alerte sans précédent ».http://www.lorientlejour.com/article/831148/mobilisation-du-hezbollah-en-prevision-dune-frappe-eventuelle-en-syrie.html

Au Liban, on s’inquiète de ce soutien au gouvernement de Bachar Al-Hassad Quant aux élus et responsables occidentaux qui préservent, indirectement, le régime Assad en faisant obstruction à des frappes contre la machine de guerre syrienne, ignorent-ils que c’est le principal allié et défenseur de ce même clan Assad, en l’occurrence le Hezbollah, qui est accusé par l’Union européenne d’être responsable de l’attentat terroriste qui a visé des touristes israéliens en Bulgarie et d’avoir planifié des opérations contre les intérêts américains et israéliens à Chypre, pour ne citer que ces cas précis ?http://www.lorientlejour.com/article/831160/regime-syrien-et-opinion-occidentale.html

  • Les rebelles sur le pied de guerre pour tirer profit de frappes occidentales

le Conseil militaire suprême (CMS), le bras armé de la Coalition nationale syrienne (CNS, opposition en exil), a envoyé à quelques groupes rebelles un plan d’action militaire pour mettre à profit d’éventuelles frappes occidentales sous commandement américain.

« L’espoir est de tirer profit de l’affaiblissement de certains secteurs par d’éventuelles frappes. Dans chaque province, nous avons ordonné à quelques groupes de se tenir prêts, de tenir prêts leurs combattants pour le moment où les frappes se produiront », a déclaré Kassim Saadeddine, un ex-colonel de l’armée syrienne devenu porte-parole du CMS, joint via Skype.

« On leur a envoyé un plan militaire qui prévoit les préparatifs pour attaquer certains des objectifs dont nous nous attendons à ce qu’ils soient touchés par des frappes étrangères et certains autres que nous espérons attaquer en même temps », a-t-il ajouté. http://www.lorientlejour.com/article/830807/la-rebellion-syrienne-veut-tirer-profit-de-frappes-occidentales.html

  • L’objectif, c’est l’après-frappes selon le journal francophone libanais l’Orient le jour. Il s’agit de contraindre Al-Assad à négocier à Genève. Le liban espère tirer les marrons des feux.

… il ne fait pas de doute que les frappes occidentales contre la Syrie seront ponctuelles et limitées avec pour objectif principal d’encercler le régime et de le contraindre, avec les différentes composantes de l’opposition, à s’engager dans un nouveau round de négociations à Genève. Dans ces milieux, on insiste sur le fait que l’Occident n’œuvre pas pour la chute du régime en Syrie et on exclut dans le même temps d’éventuelles réactions militaires à des frappes, surtout que la Russie et l’Iran sont favorables à la tenue d’un Genève 2. Téhéran a même préparé une sorte de feuille de route en six points, saluée par le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jeffrey Feltman, qui était récemment en Iran et qui avait rendu hommage à la position de ce pays par rapport à Genève 2. Le 14 Mars, souligne-t-on dans ces milieux, ne pense pas que la Russie et l’Iran souhaitent se placer dans une situation de confrontation avec l’Occident, d’autant que les deux pays ont dénoncé le recours à l’arme chimique dans la guerre en Syrie. Ces milieux ne pensent pas non plus que le Hezbollah ripostera à une éventuelle intervention militaire ou lèvera le seuil de ses revendications politiques.

En tout état de cause, un ancien ministre s’attend à un changement de taille qui affectera positivement le Liban après les frappes. L’un de ces avantages est de permettre peut-être au Premier ministre désigné, Tammam Salam, de former son équipe suivant les critères qu’il s’était fixés. Le sommet russo-américain de Saint-Pétersbourg de samedi, la prise de langue entre les présidents russe et iranien et entre Vladimir Poutine et Angela Merkel ainsi que l’intensification des contacts entre les pays de l’Union européenne sont considérés comme des préparatifs pour l’après-frappes.

3 septembre 2013 Le secrétaire général de l’ONU, Ban-Ki-Moon, privilégie la négociation

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a mis en garde, mardi 3 septembre, contre les risques d’une action « punitive » en Syrie, privilégiant la solution d’un règlement politique du conflit à celle de l’intervention militaire, soutenue par Paris et Washington.

Lors d’une conférence de presse, le patron de l’ONU a appelé les partisans des frappes militaires à considérer

« l’impact qu’aurait une action punitive sur les efforts pour empêcher d’autres effusions de sang et faciliter un règlement politique du conflit. Je prends note de l’argument selon lequel une action empêcherait l’utilisation d’armes chimiques à l’avenir. Dans le même temps, nous devons réfléchir aux conséquences de toute mesure punitive sur les efforts destinés à empêcher la poursuite du bain de sang et à faciliter une résolution politique ».

Il a également rappelé que la Charte de l’ONU ne prévoit l’usage légal de la force que dans les cas de légitime défense, ou avec l’approbation du Conseil de sécurité – lequel est toujours bloqué à cause du véto russo-chinois. Ban Ki-moon ne s’est pas prononcé sur l’usage d’armes chimiques le 21 août dernier à Damas, malgré les « preuves » avancées au cours des derniers jours par la France et les Etats-Unis. En revanche, il a affirmé que, si ce point était avéré, il s’agirait d’un »crime de guerre atroce » et que le Conseil devrait s’unir pour y répondre. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/09/03/syrie-ban-ki-moon-tente-d-empecher-l-intervention-militaire_3470673_3218.html

  • François Hollande a appelé l’Europe à s’unir sur le dossier syrien, se montrant confiant qu’elle « le fera ». Avec l’Allemagne, « nous nous retrouvons, président allemand, président français, avec la même indignation, la même condamnation » après l’attaque chimique en Syrie du 21 août, a-t-il déclaré à Paris au cours d’une conférence de presse avec le président allemand Joachim Gauck. « C’est l’Europe qui doit aussi se réunir sur ce dossier. Elle le fera, chacun avec sa responsabilité », a-t-il ajouté alors que la France est isolée jusqu’à présent en Europe en faveur d’une action armée.

Mercredi 4 septembre Début du G20 à Saint Pétersbourg,

  • La Syrie sera forcément à l’ordre du jour du G20 et malgré l’affaire Snowden, Poutine et Obama devraient s’entretenir officiellement ou officieusement
  • Débat sur la Syrie à l’Assemblé nationale. Les Français continuent massivement à réclamer un vote sur l’intervention française en Syrie.

 le mandat français en Syrie et ses conséquences

Article très instructif sur le traité franco-syrien vu sous le maintien de l’influence française au Proche-Orient en 1939, la politique de la France et ses enjeux. Extrait :

J’ai donné comme titre à cet exposé non pas « Le traité franco-syrien », mais « Le mandat français sur le Levant ». Je crois en effet qu’il y a là une question qu’il faut considérer dans son ensemble et dont le traité franco-syrien n’est qu’un élément. Ce qui est en cause, ce ne sont pas seulement nos relations avec la Syrie ou avec le Liban, c’est le problème plus vaste du maintien de notre influence dans le Proche-Orient, du rayonnement de notre pays dans les pays arabes et les répercussions possibles en Afrique du Nord de notre politique dans le Levant.

La formule du mandat et la nécessité d’un traité

Pourquoi avons-nous conclu avec la Syrie un traité qui a indéniablement surpris l’opinion française?

Pour la masse de l’opinion française, la France « possède » la Syrie. Son devoir est de l’administrer, d’y sauvegarder les intérêts français. Mais on ne « traite » pas avec des colonies. On les garde. On les défend contre les périls extérieurs. On les administre. Et c’est tout… Pour la plupart des Français, en effet, notre mandat en Syrie n’est guère qu’une fiction. Notre devoir est de tenir ce que nous possédons, et un règlement du genre de celui que nous avons été amenés à envisager apparaît — le mot a été prononcé — comme une sorte de trahison.

L’origine du mandat français en Syrie a été la révolte des populations arabes contre la Turquie pendant la guerre. L’origine du mandat français au Liban remonte beaucoup plus loin. C’est la protection par la France des minorités chrétiennes du Levant, qui s’était exercée avec plus d’efficacité que partout ailleurs vis-à-vis des Maronites de la montagne libanaise.

Au Liban, le mandat français était sollicité. Notre langue y est une langue populaire. De plus, en ce qui concerne notre action en Méditerranée, le Liban est pour nous une base importante et solide.

Donc, deux traités différents à conclure, comme M. Lucien Hubert l’avait souligné dans le rapport qu’il avait préparé, avant sa mort, pour la Commission des Affaires Etrangères du Sénat, en montrant comment le traité avec la Syrie allégeait nos responsabilités dans un pays où notre mandat n’avait jamais été moralement accepté, tandis que le traité avec le Liban renforçait notre établissement dans un pays où nous avons des intérêts moraux et militaires importants.

Mais le traité avec la Syrie était la condition du traité avec le Liban.

Le sens général et l’intérêt français de la liquidation de notre mandat dans le Levant, c’est au Liban qu’il faut le chercher…

Les archives du Haut-Commissariat de la République en Syrie et au Liban, rapatriées en 1968, représentent plus de 5 000 cartons et liasses. A la suite des accords Sykes-Picot de 1916, la Société des Nations confia à la France le 25 avril 1920 à San Rémo un mandat A sur la Syrie et le Liban, détachés de la Turquie vaincue, le même type de mandat ayant été 
confié à la Grande-Bretagne sur la Palestine et l’Irak. L’organisation administrative du mandat aboutit à la constitution de l’Etat de Syrie, formé des Etats d’Alep et de Damas et du sandjak d’Alexandrette (arrêté du 5 décembre 1924) avec Damas pour capitale, de l’Etat des Alaouites avec les sandjaks de Lattaquié et de Tartous (arrêté du 5 décembre 1924) avec Lattaquié pour capitale, de l’Etat du Djebel druze (arrêté du 24 octobre 1922) avec Soueida pour capitale et de l’Etat du Grand Liban (arrêté du 31 août 1920) dont l’indépendance fut proclamée le 1er septembre 1920 par le général Gouraud.

L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; MontLiban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.
Le haut-commissaire, représentant direct du gouvernement français dans les territoires sous mandat, disposait d’un cabinet politique qu’il dirigeait lui-même et d’un cabinet civil qui avait autorité sur le Service de renseignements. Le secrétaire général du Haut-Commissariat, assisté d’un secrétaire général-adjoint, avait en charge la direction des services administratifs. Il assurait un rôle de coordination entre le haut-commissaire, les conseillers, chargés d’étudier les projets d’arrêtés nécessaires à l’organisation des services, et les délégués, représentants du haut-commissaire dans les différents Etats.
Le bureau diplomatique, chargé des relations avec les Etats voisins, Turquie en premier lieu, les services du personnel, du matériel, du drogmanat et des archives relevaient du secrétaire général dont les fonctions furent réorganisées le 17 novembre 1927 avec la création d’un secrétaire général délégué dont dépendaient le Service des renseignements, le bureau diplomatique et le Service de la presse, et un secrétaire général administratif dont relevaient les autres services. En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 
14 juillet avec les forces françaises, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le HautCommissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant. L’indépendance de la Syrie et du Liban fut proclamée en septembre et novembre 1941 mais ne devint effective qu’à la fin de la guerre. Les dernières troupes françaises et anglaises n’évacuèrent les deux Etats qu’en 1946.
Si les archives du cabinet politique, du secrétaire général, du bureau diplomatique, des services de renseignements et de la presse, archives de souveraineté, ont été rapatriées, les dossiers de délégations au même titre que ceux de différents services administratifs (justice, archéologie, agriculture, douanes, postes et télégraphes, services économiques, services français, wakfs, santé et assistance publique) ont été, pour l’essentiel, laissés sur place. 

  • Ce qu’il reste du mandat français dans les mentalités. Faruk résume parfaitement l’état d’esprit de ces jeunes Syriens qui manifestent courageusement depuis le mois de mars:

«Mon grand-père était fier de s’être débarrassé des Français, d’avoir fait la révolution et d’avoir gagné l’indépendance; mon père, lui, était reconnaissant à la France d’avoir influencé les lois et la Constitution. J’ai grandi avec ces deux discours-là: le premier à l’école, le second à la maison. Alors, aujourd’hui quand Bachar el-Assad agite l’épouvantail extérieur, le risque de chaos, et ranime discrètement le souvenir du mandat français, c’est complètement artificiel et à côté de la plaque. Nous, ce qui nous préoccupe, c’est le chômage et la démocratisation de notre pays, l’ennemi c’est le régime syrien, d’abord et avant tout.» http://www.slate.fr/story/41397/syrie-france-mandat 

En 1940 la Syrie est encore française. Fidèle à Vichy, elle est l’objet de tractations entre Darlan et les Allemands qui obtiennent, lors du traité de Paris, en 1941, des bases aériennes : on est au sommet de la collaboration militaire entre la France et l’Allemagne. Les Anglais sont furieux et mènent très vite campagne, soutenus par les forces naissantes des Français libres. La Syrie est une tache dans la mémoire française : la campagne de Syrie (juin-juillet 1941) voit s’affronter Français fidèles à Pétain et FFL…

L’an dernier, dans notre numéro 1966 consacré aux Compagnons de la Libération, Robert Galley nous confiait ses souvenirs de cette campagne : « J’ai su que les Vichyssois recevaient des avions allemands, ce qui m’a persuadé de me battre contre eux, même s’ils étaient français. Ils ont signé l’armistice avec les Anglais à 11 heures du matin, mais juste avant, de 9 à 11 heures, ils ont vidé sur nous tous leurs casiers à munitions. De vrais salopards. » Inutile de préciser que tout ne fut pas rose dans les camps de prisonniers vichyssois à Tripoli.

Autre épisode intégralement oublié des relations franco-syriennes, et même de l’histoire de notre pays : le 29 mai 1945, alors que la lutte du parti Baath pour l’indépendance s’intensifie, le gouvernement français, sous la présidence du général de Gaulle, donne l’ordre au général Oliva-Roget de bombarder Damas. Une partie de la ville est détruite, on dénombre des centaines de morts. Événement comparable à la répression de Sétif en Algérie, qui a eu lieu trois semaines plus tôt, mais dont on ne parlera presque jamais, car elle n’a eu aucune suite sinon l’intervention des Anglais. Les Britanniques reprennent enfin la main, dans des conditions encore à élucider, et la Syrie obtient son indépendance en 1946.

Il ne s’agit évidemment pas de comparer des bombardements français avec les bombardements actuels, intolérables, inadmissibles, sur les populations civiles. Il s’agit seulement, aussi désagréable cela soit-il, de rappeler des faits largement ignorés.

Les religions en Syrie et dans la région

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Logo des Chrétiens syriens pour la démocratie. Le drapeau syrien dans le poisson christique.http://syrian-christian.org/

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Répartitions des principales religions en Syrie http://www.metamag.fr/metamag-1028-Entre-Arabisme-et-Islamisme.html

La Syrie est une nation composée de plusieurs grandes communautés religieuses :

– Sunnites : 10.000.000 ; 7(*)

– Chiites : NC ; 1

– Alaouites : 1.500.000 ; 1

– Druzes : 120.000 ; 1

– Chrétiens Grecs orthodoxes : 700.000 ; 1

– Chrétiens Grecs catholiques (Melkites) : 200.000 ; 1

– Chrétiens Syriaques orthodoxes : 100.000 ; 1

– Chrétiens Syriaques catholiques : 50.000 ; 1

– Chrétiens Assyriens : 30.000 ; 1

– Chrétiens Chaldéens : 10.000 ; 1

– Chrétiens Maronites : 40.000 ; 1

– Chrétiens Araméniens catholiques : 30.000 ; 1

– Chrétiens Latins : 12.000 ; 1

– Chrétiens Protestants : 5.000. 1

Dans le contexte troublé de l’après 11 septembre marqué par une réflexion profonde sur les relations entre l’Occident chrétien et l’Islam, votre délégation a tenu à rencontrer les principaux dirigeants religieux de Syrie, en particulier les représentants des églises chrétiennes. C’est ainsi qu’elle a pu avoir des entretiens avec le Grand Mufti de la République, mais aussi avec les Patriarches grec-catholique, Grégoire III, et grec-orthodoxe, Ignace IV. Il s’agissait de mieux comprendre les relations entre les différentes communautés religieuses et l’Etat dans le contexte d’un pays arabe et majoritairement musulman.

Relevons d’abord que les églises chrétiennes orthodoxe comme grecque catholique sont et se revendiquent arabes. Conscientes du rôle joué par les chrétiens dans la naissance du nationalisme arabe, pleinement solidaires du sort de la nation arabe, elle ne se conçoivent pas comme extérieure mais comme des composantes à part entière, les plus anciennes mêmes, du pays. Bachar al-Assad l’a rappelé lui-même en soulignant que la Syrie était l’un des berceaux du christianisme et que celui-ci était une composante de la nation syrienne.

De fait, les relations semblent bonnes entre les Eglises et l’Etat, influencé par l’idéologie laïque du Baas mais aussi méfiant à l’égard de toute menace islamiste. Si, ici et là, des cas de brimades de chrétiens ont pu être relevés, ils semblent rester encore isolés. Plus encore, l’Etat accorde une place aux Eglises chrétiennes, par exemple, en donnant, à l’occasion de la construction de nouveaux quartiers, deux terrains : l’un pour construire une mosquée, l’autre pour bâtir une église.

De réelles inégalités demeurent cependant entre chrétiens et musulmans dans tout ce qui touche au statut des personnes, qui relève non de l’Etat mais des communautés religieuses. En effet, dès lors que survient un problème de relations avec l’Islam, c’est ce dernier qui l’emporte. A titre d’exemple : une femme chrétienne peut être déshéritée et répudiée librement si elle n’adopte pas la religion de son mari musulman. Ou encore, un musulman n’a pas le droit de se convertir au christianisme quand l’inverse est possible.

Néanmoins, en dépit de ces réelles difficultés, les Eglises chrétiennes savent gré au régime d’avoir maintenu la stabilité du pays, d’avoir assuré la coexistence des communautés et d’avoir combattu l’islamisme.

Leur principal motif d’inquiétude provient du fort courant d’émigration des chrétiens qui affaiblit les communautés syriennes et fragilise l’équilibre confessionnel syrien.

Sources documentaires

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/29/france-syrie-des-relations-mouvementees_1513589_3218.html

http://www.lasyrie.net/article.aspx?id_rubrique=2&id_article=98

http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-14703995

http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-23908846

http://www.ina.fr/video/CAA8200768201 21 avril 1982 1019 vues 58min 35s

A travers la reconstitution de l’assassinat de l’ambassadeur français Louis DELAMARE tué à Beyrouth le 4 Septembre 1981 et de très nombreuses interview, Michel HONORIN tente de trouver les responsables du meurtre. Très nombreux plans de Beyrouth en ruine-GRACE aux témoignages de ses amis de toutes tendances (le procureur GEAGEA, le recteur TABET de l’université de Beyrouth, Joseph LAHOUR, préfet de Zahle et Joseph SKAF), HONORIN cerne la personnalité de l’ambassadeur et définit son rôle politique important dans le conflit qui déchire le Liban.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/francois-guillaume-lorrain/quand-la-france-envahissait-et-bombardait-la-syrie-09-02-2012-1429339_505.php

http://www.leparisien.fr/international/syrie-une-intervention-militaire-suspendue-a-un-vote-01-09-2013-3097459.php

La Syrie et le mandat français (1920-1946) par Samir Anhoury http://maaber.50megs.com/issue_august03/lookout2f.htm

Les relations syro-russes Pourquoi la Russie soutient la Syrie ? Pour bloquer la propagation des conflits chiites-sunnites dans les républiques musulmanes ?http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/syrie-2013/p-26174-lg0-Syrie-comprendre-la-position-russe.htm

http://www.algerie1.com/

http://www.bfmtv.com/international/syrie-raisons-profondes-soutien-russe-a-bachar-al-assad-592214.html

Etat des lieux des armes chimiques syriennes au 14 juin 2013 http://www.lorientlejour.com/article/813615/armes-chimiques-en-syrie-un-etat-des-lieux.html

Carte de la répartition des forces en Syrie http://info.tsr.ch/cartes/info.php?carte=157

Carte des soutiens internationaux au régime et aux rebelles en Syrie http://info.tsr.ch/cartes/info.php?carte=158

 

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  1. Pingback: Syrie. Nos dirigeants n’ont rien appris de son histoire | Laconnectrice's Weblog

  2. Merci pour ce travail fourni !
    même le contenu sur wikipedia n’est pas aussi riche!
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Syrie

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  3. Merci pour ces pages d’histoire, travail vraiment remarquable

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    • Merci Marion. En effet, un gros boulot dont je ne suis pas vraiment satisfaite -on peut toujours mieux faire- mais il faut que je passe à autre chose, j’ai d’autres dossiers en cours …

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  4. Pour ramener la paix il suffirait donc que l’occident cesse d’appuyer Al Qaida et les pétro-monarchies sunnites. Il suffira de s’accommoder de la dictature de Assad comme on s’accommode d’autres dictatures. Après tout il n’y a pas de démocratie dans le monde arabo-musulman. Il faudra aussi faire une croix sur le pétrole et le gaz… du moins sans le payer comme le font les USA en Irak.

    En échange exiger de Assad la sécurité pour TOUTES les communautés. Et que la Syrie n’intervienne plus hors de ses frontières. Mais a t’on encore des diplomates ? Ou est ce que les patrons des multinationales pétrolières se sont substitué a eux ?

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