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Antoinette Fouque, prédatrice du Mouvement de libération des femmes, est décédée

Antoinette Fouque née à Marseille de parents corses il y a 77 ans est décédée, sans doute des conséquences de la sclérose en plaques dont elle souffrait depuis des années.

Je suis étonnée par le panégyrique que Najat Vallaud-Belkacem lui a dressé.

Rusée comme une renarde, cette féministe avait l’art de manipuler les femmes fragiles en demande de sens et d’amitié, et de récupérer leur énergie, leur travail et leur créativité. Montée à Paris avec son mari et sa fille elle avait acquis de la notoriété dans le mouvement de libération des femmes en s’appuyant sur son analyse avec Jacques Lacan, mandarin prestigieux au sein de toutes les tendances de gauche à partir des années 70. Elle avait regroupé autour d’elle un certain nombre de femmes qui se retrouvaient dans son appartement de la rue des Saints-pères sous le nom de « psyképo », psychanalyse et politique. Elle vivait alors avec son mari, sa fille Vincente et son amie Josiane Chanel, agrégée et Psychotique qui lui servait de carte de visite et qu’elle avait convaincue d’abandonner son appartement de la rue des Canettes pour en faire le local des femmes.

Très rapidement, Antoinette devait prendre en analyse ces jeunes femmes sensibles et souvent fragiles qui buvaient ses paroles qui mélangeaient théories féministes américaines et psychanalyse. De mauvaises langues racontaient qu’elle les abandonnait en plein transfert afin de pouvoir les manipuler à sa guise. Ces jeunes femmes qui s’habillaient toutes chez Sonia Rykiel lui étaient totalement dévouées, l’adulaient et ne supportaient pas qu’on puisse élever la moindre parole critique sur leur gourou. En effet, « Psyképo » fonctionnait comme une secte à tous points de vue.

Après Lacan, Antoinette Fouque racontait s’être allongée sur le divan de Luce Irigaray qui, d’après elle représentait la psychanalyse féministe. Avoir quitté le maître incontesté de l’intelligentsia parisienne pour une femme illuminait la féministe d’un prestige incomparable. Petite et peu avenante, elle tirait son charme de sa langue bien pendue, de son sourire rusée et, surtout de son art de lancer des piques assassines en ayant l’air de rien. Elle était d’une efficacité redoutable pour éliminer ses adversaires, à savoir toutes les femmes qui ne se soumettaient pas à ce pouvoir qu’elle ne cessait jamais de dénoncer. A l’en croire, toutes les féministes, sauf elle, cherchaient à contrôler et exploiter toutes les femmes qui arrivaient dans le Mouvement naïves, authentiques, sincères et pleines d’espoir.

Je parle en connaissance de cause pour être passée moi-même par « Psyképo » et en être sortie après qu’Antoinette ait insisté pour que je m’allonge sur son divan en m’offrant un verre de vin et posant la bouteille à portée de main…Comme je ne bois pas d’alcool, je n’ai pas eu le loisir de perdre la tête et j’ai enregistré la leçon 😉

On va dire que le moment n’est pas venu, à l’heure où la condition des femmes régresse et ou le « féministe bashing » fait flores, de relancer la polémique entre femmes et je déplore d’avoir à remettre ces désaccords sur le tapis. Mais voilà, Antoinette Fouque avait l’air d’une femme mais se comportait exactement comme les hommes qu’elle nous « apprenait » à dénoncer et dont elle faisait tout pour nous séparer afin de constituer son propre harem. Ce constat vaut pour le général et le particulier. Je me souviens du désespoir d’un architecte que son épouse avait quitté pour devenir le lieutenant le plus féroce d’Antoinette.

Antoinette Fouque a largement contribué à la destruction du mouvement de libération des femmes pour le réduire à « MLF » déposé et trois librairies.

Je laisse maintenant la parole aux femmes qui ont exprimé leur indignation lorsque Antoinette Fouque a eu l’indécence de déposer le nom « MLF ».

L’héritage féministe détourné

DES FEMMES DU MOUVEMENT DE LIBÉRATION DES FEMMES (NON DÉPOSÉ, NI «CO-FONDÉ»). 7 OCTOBRE 2008 À 06:51

On a beaucoup parlé, récemment, de mai 1968. On en a rappelé le fantastique foisonnement de paroles, d’idées, de révoltes, de désirs enfin mis à nu : un formidable moment de (re)mise en mouvement de la société – et pas seulement en France.

Il n’est venu à l’idée d’aucun des acteurs, célèbres ou anonymes, de cette période, d’en réclamer la paternité, de se déclarer initiateur, ou «fondateur» de mai 1968. Daniel Cohn-Bendit lui-même, symbole du mouvement l’aurait-il tenté, qu’il eût été accueilli par un gigantesque éclat de rire et amicalement enjoint de se soigner dans les plus brefs délais. Car, nous le savons, on peut fonder une entreprise, une association, un culte, une SCI, une SARL, une maison d’éditions, une secte, parfois tout cela ensemble : on ne peut pas «fonder» un mouvement. Il existe bien sûr des livres fondateurs : le Capital, par exemple ; il existe des actes, ou des événements fondateurs : la nuit du 4 août, la prise de la Bastille, ou du palais d’Hiver ; ils ne font nullement de Marx le «fondateur» du mouvement ouvrier, de Saint-Just ou Robespierre les «fondateurs» de la révolution française, ou de Lénine le «fondateur» de la révolution d’Octobre – et Antoinette Fouque, même si certains de ses admirateurs le pensent, n’est pas Marx, ou Saint-Just, ou Lénine.

De tous les mouvements sociaux du siècle, seul le «MLF», à en croire Antoinette Fouque, aurait été «fondé» ? A une date précise ? Dans un lieu précis ? Par une personne précise ? Ou deux ? Ou trois ? Ou quinze ? Et cette personne, ou ces deux, ou trois, ou quinze personnes auraient dissimulé la chose durant des décennies ? Elle aurait, elles auraient, durant les «années mouvement», travaillé ensemble, milité, écrit des textes, publié des journaux, manifesté dans les rues, vécu des conflits – ou des histoires d’amour – sans jamais avoir révélé à quiconque leur secret ? Sait-on qu’Antoinette Fouque elle-même s’en est décrétée «fondatrice» seulement… au début des années 1990 ?

Fondation occulte donc et, aussi, divinatoire : elle serait survenue, toujours dans la légende dorée que l’on nous propose, avec… deux ans d’avance. Peut-on imaginer Dany Cohn-Bendit convoquant presse, radios et télévisions pour commémorer le 40e anniversaire de mai 1968… en 1966 ? Célébrant la «fondation de mai 1968» par lui et deux ou trois amis dans une maison au bord de la Méditerranée, en septembre 1965 ? Ou par quinze autres amis dans un appartement parisien un jour de février 1966, comme par hasard jour de son anniversaire ? Ce sont là pourtant deux des versions récentes – et ahurissantes – données par Antoinette Fouque de la «fondation» du MLF.

Soyons clairs. Antoinette Fouque a fait, incontestablement, partie du mouvement de libération des femmes. Elle y a dirigé la tendance «psychanalyse et politique», qui séduisit nombre de jeunes femmes, et d’hommes – et en horripila nombre d’autres – ce sont là contradictions classiques, dans tout mouvement. Elle a fondé la librairie Des femmes, et les éditions éponymes, dont le catalogue est remarquable. Elle a été élue députée européenne (sur la liste de Bernard Tapie), et semble disposer de moyens financiers considérables. D’autres s’en contenteraient. Les raisons pour lesquelles il lui a fallu confisquer, autrefois, le mouvement de libération des femmes à son seul profit (1) en déposant à la stupeur générale une marque commerciale : «MLF». Les raisons pour lesquelles il lui faut, aujourd’hui, en confisquer et en falsifier l’histoire restent, à nos yeux, mystérieuses. Ce qui ne l’est pas ce sont ses effets. A propos du dépôt de la marque commerciale «MLF», Simone de Beauvoir disait : «réduire au silence des milliers de femmes en prétendant parler à leur place, c’est exercer une révoltante tyrannie».

(1) Cf. Chroniques d’une imposture : du mouvement de libération des femmes à une marque commerciale, Nadja Ringart, éditions Mouvement pour les luttes féministes, 1981, Paris.

Des femmes du Mouvement de libération des femmes (non déposé, ni «co-fondé»).

source http://www.liberation.fr/societe/2008/10/07/l-heritage-feministe-detourne_112803

Pour en savoir plus

Pour ceux qui veulent rendre hommage aux morts sans réécrire l’histoire du féminisme, à ceux qui veulent comprendre la polémique qui opposait Antoinette Fouque aux féministes historiques du MLF, voici le numéro 46 de la revue ProChoix  

http://www.prochoix.org/pdf/Prochoix.46.interieur.pdf

Sommaire :

MLF : Le Mythe des origines

2008 : l’inquiétante familiarité   (Collectif)

MLF : 1970, année zéro   (Françoise Picq)

Le féminisme pour les nuls     (Caroline Fourest)

“Antoinette Fouque a un petit côté sectaire”   (Michelle Perrot)

Cette boutique n’a rien d’obscur   (Anne)

L’héritage féministe détourné     (Des femmes du MLF non déposé ni co-fondé)

Généalogie

La règle du jeu    (Cathy)

La naissance d’une secte  (Nadja Ringart)

Fragments d’un discours amoureux

1979 : l’Odysée de la marque  (Cassandre)

Les nouveaux compagnons de route   (Marie-Jo Dhavernas)

Un messianisme génésique  ?  (Liliane Kandel)

La géni(t)alité des femmes

8 mars : visite au mausolée du MLF (Annette Lévy-Willard)

Monique Wittig raconte…

Une réponse "

  1. Article fort distrayant.

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