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Mutilations sexuelles féminines : épisiotomies abusives et « point du mari »

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L’épisiotomie consiste, lors de l’accouchement, à couper le périnée afin d’élargir la vulve pour faciliter la sortie du bébé.

Ensuite, l’incision est immédiatement suturée sur la table d’accouchement. La cicatrisation peut prendre un certain temps, voire des mois selon la personne et la qualité de l’opération. L a mère connaît alors de vives souffrances qui l’empêchent de s’asseoir et, a fortiori, d’avoir des relations sexuelles. Le problème est largement connu et fait le bonheur des chirurgiens qui facturent l’opération et celui des pharmaciens qui vendent des pommades cicatrisantes à l’efficacité discutable ainsi que des sortes de bouées qui permettent de s’asseoir sans appuyer sur le périnée.

L’épisiotomie est une intervention chirurgicale discutée au point que certains pays comme la Suisse l’ont abandonnée, que d’autres pays européens la pratiquent sur moins de 5% des femmes alors qu’en France elle peut atteindre jusqu’à 90% des parturientes dans certains établissement. L’OMS recommande un maximum de 20%.

En France la nécessité de l’épisiotomie est discutée depuis plus de trente ans sans que les autorités de santé publique ne s’expriment nettement sur le sujet. La puissance du lobby médical présent chez les ministres et les élus ne saurait âtre écarté de ce silence. On ne le sait que trop, là où il y a beaucoup d’argent à gagner, le corps médical s’appuie sur la formidable évolution des techniques médicales pour jouer les apprentis sorciers en oubliant le serment d’Hippocrate. Son insistance à réclamer la légalisation de la gestation pour autrui en est un exemple.

Certes, la médicalisation de l’accouchement est parfois indispensable pour sauver la mère, le bébé ou les deux et les contes de fées sont le témoignage de temps révolus où les femmes mouraient si souvent en couches que les personnages de ces récits ethnographiques sont souvent des veufs et des orphelines : Cendrillon, la Belle et la Bête, Peau d’Anne, Blanche-Neige, etc.

Ce qui choque est la pratique systématique de l’épisiotomie pour le confort de l’accoucheur, pour la tranquillité de la maternité et pour sa rentabilité. En effet une épisiotomie est un K opératoire évalué en 2007 à 209 euros en secteur 1, sans limite en secteur 2;

Dernièrement la question de l’épisiotomie redevient d’actualité avec la pratique du « point du mari » qui consiste lors de la suture de la plaie à faire un ou deux point supplémentaires dans le but de rétrécir l’entrée du vagin pour le plaisir du mari.

Vidéo montrant comment sont profondément suturés les muscles coupés par l’épisiotomie

Arguments en faveur de l’épisiotomie et du « point du mari »

Les médecins et sage-femmes favorables à l’épisiotomie prétendent qu’elles diminue les risques de souffrance de bébé et de sa mère, qu’elle évite les déchirures périnéales et anales et qu’elle cicatrise mieux. Les études qui suivent contredisent ces affirmations.

Le « point du mari » rendrait les rapports sexuels pour l’homme plus agréables au détriment de la femme.

Arguments contre l’épisiotomie et le « point du mari »

Dénoncée à plusieurs reprises, la pratique qui consiste à réduire la taille du vagin après épisiotomie pour le plaisir du mari serait « dans la tête des femmes » selon le président du syndicat des gynécologues.

Depuis qu’Isabelle Alonso a publié sur son site le texte de la sage-femme et écrivaine Agnes Ledig, la pratique du « point du mari » par certains gynécologues est à nouveau dénoncée. De quoi s’agit-il ?« Techniquement, il consiste, lors de la suture d‘un périnée déchiré, ou d‘une épisiotomie, à faire un dernier point supplémentaire pour resserrer l‘entrée du vagin, et permettre, lors de l‘intromission de Monsieur, un plaisir accentué. Pour lui » explique Agnes Ledig. La femme qui vient d’accoucher est forcément fragile, a forcément les idées ailleurs. « Alors, comment peut-on, statut de médecin sur les épaules, une pince et un fil de suture dans les mains, installé entre les jambes d‘une femme vulnérable, se permettre de penser au plaisir sexuel masculin ultérieur, au risque de gâcher sa sexualité à elle ? »

L’épisiotomie
Une mutilation génitale féminine acceptable ?
Le sujet n’est pas porté à la connaissance des femmes : cela fait plus de 25 ans qu’existent, dans la littérature scientifique, de nombreux articles prouvant que l’épisiotomie ne prévient rien de ce pour quoi on la recommandait : ni les descentes d’organes, ni les fuites urinaires, ni les déchirures graves, et que les circonstances dans lesquelles elle était (et est encore souvent) effectuée en routine (primipare, naissance de jumeaux, de gros bébé, forceps, siège, etc.) ne justifaient pas son exécution systématique. 


Malgré cela, il est encore enseigné aux futures sages-femmes que l’épisiotomie est une incision bénigne qui protège le périnée. 

Récemment, le Collège National des Gynécologues Obstétriciens (CNGOF) a enfin consenti à compulser toute cette littérature et à convenir de ce que, franchement, il faudrait baisser nos chiffres. Actuellement, en France, 47% des femmes qui accouchent par voie basse sont coupées (68% pour leur premier bébé ; dans certaines maternités on frôle les 90%). A titre de comparaison, l’Angleterre est à 13%, la Suède 6%. Alors, dans sa grande mansuétude, le CNGOF annonce un objectif de 30%. Même si les seules indications qui restent à ses yeux, ce sont la souffrance foetale aigüe ou un périnée « court », il explique dans ses recommandations pour la pratique clinique (RPC) que dans chaque situation c’est finalement au praticien de « trancher ». Sachez que l’organisation mondiale pour la santé (OMS) considère qu’au dessus de 20% d’épisiotomies, on peut parler de dérive culturelle… 

Et pour les sceptiques : la maternité de Besançon, qui s’inscrit dans une démarche physiologique depuis plusieurs années , affiche en 2007 un taux d’épisiotomies de 3,4%, sans augmentation des déchirures périnéales importantes. La variété des postures lors de l’expulsion y contribue notamment. 

  • Sites d’information contre l’épisiotomie
  1. http://www.rencontresautourdelaperinatalite.org/pages/Infos_Episiotomie-4949075.html
  2. https://sites.google.com/site/infoepisio/

    Nous, les créateurs du site www.episio(tomie).info, dénonçons l’épisiotomie faite en routine, ce qui est en opposition avec les données acquises de la science, et sans l’accord de la femme, ce qui est en opposition avec les lois françaises de 2002 sur le consentement du patient.

     

  3. http://wiki.naissance.asso.fr/pmwiki.php/Portail/Articles#toc10
  4. http://afar.info/posters/episiotract.pdf
  5. http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/mutilations-vaginales

    Vous savez ce que c’est que le « point du mari » ?  C’est une opération de l’ordre des mutilations génitales qui a cours depuis les années ’50 (au moins). C’est un point de suture supplémentaire, absolument pas nécessaire, qu’un médecin fait après un accouchement pour resserrer l’entrée du vagin.

    Ce point de suture, c’est rarement la femme qui l’exige. C’est le mari qui demande ou le médecin qui propose. Pourquoi ? Pour que l’homme ait l’impression de se retrouver avec une « vierge », une femme toute neuve, pas usagée, quand il aura de nouvelles relations avec sa femme… et pour qu’il retire plus de plaisir d’une entrée de vagin resserrée plutôt qu’élargie après l’accouchement.

    On parle ici d’une opération qui se fait, non pas dans une tribu reculée d’Afrique, mais en Amérique du Nord, en Europe…

  6. http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/04/18/derriere-le-point-du-mari-le-traumatisme-de-l-episiotomie_4403470_1651302.html

    …Des médecins qui décident de vous refaire un « vagin de jeune fille » à peine sortie de l’accouchement ? Ce sont les bruits qui circulent sur la Toile depuis quelques semaines.

    Ce n’est pas la première fois que des femmes dénoncent ce « point du mari » ; un geste clandestin qui consiste à recoudre une épisiotomie (incise faite lorsque l’enfant risque de déchirer le périnée de sa mère) par quelques points de suture supplémentaires, supposé accroître le plaisir de l’homme lors des rapports sexuels. Un acte d’autant plus illégitime qu’il est infondé ; la sexualité d’un couple ne peut être réduite à la simple question de la taille d’entrée d’un vagin.

    Lorsque la féministe française Isabelle Alonso évoque sur son blog ce sujet tabou, habituellement cantonné aux forums de jeunes mamans, les articles se multiplient, les commentaires foisonnent. Alors que certains dénoncent une« horreur », une « abomination », une « mutilation » qui donne envie de « vomir », chez d’autres, le doute persiste : le « point du mari », légende urbaine ou réelle pratique ?…

    our Jean Marty, président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France (Syngof), le « point du mari », c’est surtout « dans la tête des femmes »que cela se passe. « Vous avez des femmes qui ont été victimes, incontestablement », reconnaît-il. « La chirurgie est du domaine de l’art, on peutpenser que certains médecins ont eu l’idée qu’en modifiant un peu leur façon desuturer, ils amélioreraient un peu la sexualité, et ça, ça ne nous choque pas », tente-t-il d’expliquer, soulignant néanmoins le caractère anecdotique, voire fantasmatique de cette pratique.

    « On est dans l’absurde, le fantasme, c’est un sujet qui réveille l’excitation », et dont il ne faudrait pas trop parler – conseil d’accoucheur expérimenté – pour ne pas provoquer un peu plus la somatisation vaginale, ou l’expression physique d’un problème psychique, selon lui très fréquente chez les femmes. « Vous avez aussi des femmes qui sont bien dans la victimologie, qui se retrouvent dans une forme de souffrance parce qu’elles arrivent à susciter l’intérêt », estime-t-il.

  7. http://www.isabelle-alonso.com/le-point-du-mari/

    …Car, en 2014, dans notre belle France, dans nos belles salles d‘accouchement, avec notre beau matériel stérile, certains «beaux»  médecins (je dis bien certains, heureusement minoritaires) pratiquent un acte qui s‘appelle le point du mari.

    Unknown-1«Je vous fais un petit point du mari, Madame ? Pour vous, ça ne change rien, mais votre mari sera content». D‘où le point du mari.

    Techniquement, il consiste, lors de la suture d‘un périnée déchiré, ou d‘une épisiotomie, à faire un dernier point supplémentaire pour resserer l‘entrée du vagin, et permettre, lors de l‘intromission de Monsieur, un plaisir accentué. Pour lui.

    Passés les détails techniques, nécessaires, il y a l‘effroi de constater ce que représente un tel acte. Car une femme, les jambes écartées face au gynécologue, qui vient de vivre un moment d‘une rare intensité, peut difficilement comprendre ce qui lui arrive et exprimer son désaccord, surtout si elle ignore les conséquences dudit acte. Il n‘y a qu‘à se promener sur internet pour constater toutes ces femmes qui témoignent de la douleur aux rapports depuis ce point du mari qu‘elles ont subi sans pouvoir s‘y opposer, par ignorance, par fatigue, parfois même par dévotion, pour le fameux mari, qui, au demeurant, n‘a probablement rien demandé au gynécologue. Mais si le gynécologue dit que c‘est bien, c‘est que ça doit être bien. «Faites au mieux, Docteur». Et il fait…Alors, comment peut-on, statut de médecin sur les épaules, une pince et un fil de suture dans les mains, installé entre les jambes d‘une femme vulnérable, se permettre de penser au plaisir sexuel masculin ultérieur, au risque de gâcher sa sexualité à elle ?…

  8. Tous les risques liés à l’épisiotomie http://afar.info/wp/docs/episio-compil1.pdf

 

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