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Alstom. Une affaire de tuyaux victime des médiocres intrigues narcissiques de nos élites ?

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Du point de vue des ingénieurs formés à polytechnique, tout est affaire de tuyaux aux prises avec la mécanique des fluides. Les moyens de transport, des tuyaux. Les télécommunications, des tuyaux. L’eau, des tuyaux. Le gaz et l’électricité, des tuyaux. Internet, des tuyaux. Routes, chemin de fer, autoroutes, nucléaire, chauffage et climatisation, communication et information, encore des tuyaux. On comprend pourquoi qu’importe le contenu pourvu qu’on contrôle le tuyau. D’où l’expression « c’est dans les tuyaux » lors de la mise en oeuvre d’un projet quelle qu’en soit la nature.

Les circulations sont à l’image du corps humain, il leur faut des propulseurs, des moteurs, des pompes (le coeur), des filtres et un terrain ad hoc dont il vaut mieux être propriétaire . C’est un véritable jeu de Monopoly, lequel a d’ailleurs été inspiré par la stratégie des promoteurs de circulations.

On comprend ainsi la diversification des entreprises comme Alstom, de l’intérêt que Bouygues lui a porté et de l’attrait qu’elle exerce sur General Electric et Siemens. La chasse est ouverte pour la conquête de ce qui fut jadis l’un des fleurons de l’économie française.

Alstom est l’arrière petite fille de la Compagnie générale d’électricité (CGE) fondée en 1898 par deux polytechniciens. L’entreprise aurait pu aujourd’hui se retrouver sur le podium de la réussite industrielle  entre l’américain General Electric (GE) et l’Allemand Siemens. Il n’en est rien puisque Bouygues, son actionnaire majoritaire met ses parts sur le marché au prétexte d’investir dans la 4g et la téléphonie fixe, après avoir subi une dépréciation notable de ses actions. Deux acquéreurs se sont fait connaître, GE et Siemens.

Cet événement économique réveille le souvenir de l’échec de la politique industrielle de la France victime d’une gestion basée sur la cooptation des élites (énarques et polytechniciens) et de l’implication anarchique de l’Etat à travers le réseau de ces mêmes élites qui utilisent l’économie française pour créer et entretenir leur rente de situation. Il faut garder à l’esprit qu’au sortir de sa grande école publique, le haut fonctionnaire a un salaire garanti, un emploi garanti, une évolution de carrière garantie, une retraite garantie et des avantages matériels et honorifiques garantis, quels qe soient ses résultats professionnels comme on le voit avec les parachutes dorés des dirigeants remerciés.

Pour ce qui est d’une gestion saine, Alstom aurait tout à gagner d’un rachat par Siemens, du fait de la gestion aux faits réels du personnel. une alliance avec Siemens profiterait également à l’Europe économique mais, selon l’économiste Elie Cohen, General Electric serait un meilleur choix pour une ouverture à l’international.

Pour justifier l’entrée de GE au capital d’Alstom, on rappelle également que les ancêtres de l’entreprise ( CGE, Alcatel, Thomson, Alsthom) ont des liens historiques puisque la CGE et ses petits ont largement utilisé des licences CGE pour la fabrication de moteurs et turbines et que le jour où elles ont voulu changer pour ABB, groupe helvético-suédois , il en résulta un fiasco fort coûteux http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transport/actu/0203460696012-deux-groupes-aux-liens-deja-anciens-666836.php?xtor=RSS-2003

Clara Gaymard présidente de GE France sera la grande gagnante de la vente d’Alstom

Avec General Electric France, nos élites sont certaines de ne rien perdre de leurs prérogatives car sa présidente n’est autre que Clara Gaymard, énarque, IEP (institut d’études politiques, élève de Dominique de Villepin), passèe par la cour des comptes, le cabinet de Jacques Chirac (maire de Paris), le cabinet de Colette Codaccioni, membre présumé de l’Opus Dei, mère de 9 enfants, épouse de Hervé Gaymard (ancien ministre) et ancienne  présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux de 2003 à 2006. 
En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-reseaux-de-clara-gaymard_1347237.html#JV26pxsbKM4T7koB.99

Curieusement, je me dis qu’il doit y avoir conflit d’intérêt à travailler pour un grand groupe américain quand on est haut fonctionnaire au courant de secrets d’Etat mais je dois me faire des idées…

 l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) est un établissement public national à caractère industriel et commercial (EPIC), placé sous la tutelle du ministre chargé de l’économie et des finances et du ministre chargé de l’aménagement du territoire.http://www.invest-in-france.org/fr
Clara Gaymard qui s’exprime comme une chef d’entreprise française très soucieuse de l’économie de la France projetait en juillet 2013 de licencier 600 personnes , ce qui ne rassurera pas les salariés d’Alstom qui s’inquiètent pour la pérennité de leur emploi.http://www.liberation.fr/economie/2013/07/26/general-electric-va-supprimer-600-postes-en-france_920998
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Source image  http://www.tendanceouest.com/national-1158-alstom-patron-de-ge-recu-pendant-une-heure-a-elysee.html
Mardi matin, on pouvait voir la sémillante Clara arriver dans la ciur de l’Elysée en compagnie de Jeffrey Immelt PDG de General Electric. plus qu’élégante dans sa jupe saumon dansante sur des escarpins bleus, collants bleus opaques et  spencer blue jean avec pashmina souple. Cheveux blonds longs. Je ne fais pas trop attention aux vêtements des célébrités car en général je les trouve moches mais là, j’ai été impressionnée par ce chic ultra chic apparemment décontracté sur cette mère de 9 enfants ! Elle doit être bien entourée avec beaucoup de personnel et savoir déléguer.
Aux dernières nouvelles, la proposition de rachat de GE serait acceptée, ce qui n’est pas une surprise puisque c’était le choix de Patrick Kron, le PDG dAlstom depuis le début du projet de cession de la branche énergie.

 Que va récupérer Martin Bouygues ? Combien de milliards ?

Martin Bouygues devrait alors récupérer plus de 12 milliards d’euros. A moins que l’Etat ne récupère tout ce qu’il a mis dans Alstom en termes de fiscalité préférentielle, aide à la R&D, aides à l’emploi et coûts pour la collectivité de licenciement et reclassements, subventions à l’exportation, emplois aidés, mise à disposition de hauts fonctionnaires, aides aux entreprises, avantages fonciers, etc. Sans oublier les 720 millions d’euros offerts à l’entreprise en 2006 pour sauver les meubles.
Pendant que l’affaire Alstom est sur le feu, ses actions grimpent, ce qui profite à Martin Bouygues qui détient 29%des parts.
Saurons-nous un jour ce qu’a réellement touché Bouygues et ce qu’il a restitué aux contribuables français ?
La Connectrice

Pour en savoir plus

  • Dans un article publié en 2004, l’économiste Elie Cohen détaille la mauvaise gestion de nos élites dans l’économie française

De la CGE à Alstom : une histoire bien française .Sociétal, janvier 2004.http://www.elie-cohen.eu/article.php3?id_article=101

L’histoire d’Alcatel-Alsthom, ex-CGE, nous fournira une double trame : celle des mues successives d’un groupe industriel national, puis celle des outils de la politique industrielle. L’objectif étant de comprendre les sources de la crise actuelle, et d’évaluer les moyens qui restent à la disposition de la puissance publique pour traiter un sinistre industriel majeur. Ce groupe est en effet un analyseur de la relation Etat-industrie : il l’était hier quand l’enjeu était la reconstruction et que l’administration française était dirigiste, il l’est encore aujourd’hui quand l’enjeu est la nouvelle division internationale du travail et que l’administration bruxelloise est aux commandes. Nous verrons comment, à travers ses hésitations stratégiques, la faiblesse de sa structure de gouvernance, les interférences des pouvoirs publics et l’absence d’une réelle structure de management, le groupe a fini par éclater et se replier sur son activité principale, les télécommunications.
La CGE d’Ambroise Roux est le symbole du « capitalisme sans capitaux », encastré dans l’Etat. Fondée en 1898, elle fut surtout bâtie après-guerre, et son démantèlement commença en 1983. C’est le groupe qui illustre sans doute le mieux l’économie de financements administrés : ses ressources financières proviennent pour une large part, non du marché, mais de contrats publics, d’aides, de bonifications, d’incitations, de subventions. Représentative du « colbertisme high tech », la CGE d’Ambroise Roux ne sollicitera guère la Bourse, mais saura se brancher sur les financements publics pour investir, exporter, s’implanter à l’étranger, développer sa recherche. Elle fera même un usage intelligent des préfinancements de la commande publique pour développer son outil de production et s’assurer un matelas de ressources qu’elle utilisera pour ses placements et son autocontrôle.

Mais Ambroise Roux va vite rebondir. Il est en effet le leader d’un groupe de pression patronal avec lequel tous les gouvernements doivent compter : il dirige la commission économique du CNPF et préside l’AGREF, la puissante association des grandes entreprises françaises. Son génie est de parvenir, tout en faisant financer son groupe par l’Etat, à faire prévaloir l’intérêt de la CGE contre les technostructures étatiques, voire contre la volonté politique des gouvernements. Il sait les rallier à sa cause : il est entendu à cette époque que « ce qui est bon pour la CGE est bon pour la France ».

Fort de ce pouvoir, il dirige l’entreprise en choisissant ses barons, et le groupe devient une sorte de conglomérat féodal où les patrons de filiales disposent d’une grande autonomie, tempérée par le pouvoir d’un chef qui peut à tout moment les révoquer mais qui sait aussi les récompenser. Le conseil d’administration est bien sûr composé d’amis et d’obligés du président. Les dispositifs de contrôle interne comme externe sont flous. Rien à avoir avec la mécanique obsessionnelle du contrôle de gestion d’un Harold Geneen, le patron d’ITT. Ici la cooptation, l’allégeance, quelques objectifs quantifiés tiennent lieu de système managérial.

Les grandes entreprises technologiques – nucléaire, aéronautique et espace, transports, télécom et grandes infrastructures, voire automobiles – sont au cœur du modèle français.Elles ont été choyées. Par l’État stratège, d’abord, qui a conçu leur développement, il y a maintenant une… cinquantaine d’années. Et qui a toujours veillé à leur donner un environnement favorable.Les grandes entreprises technologiques ont aussi bénéficié de ce qui reste d’excellence du système scolaire français : les classes préparatoires et les écoles d’ingénieurs.Et dans l’ensemble, l’État les a accompagnées par des financements, une fiscalité avantageuse et un bon environnement juridique.Cela n’a pas été sans inconvénient pour le reste de la société et de l’économie.Un impôt sur les bénéfices de l’ordre de 10 % en moyenne pour les grandes entreprises, de près de 30 % pour les PME. La polarisation des subventions et aides à la recherche sur quelques secteurs et surtout une politique commerciale très ouverte. ..Dans les années 1960, les intérêts des grandes entreprises technologiques ont pu se confondre avec ceux de la France. Ce n’est plus le cas…Les super-élites du corps des mines ou de l’inspection des finances étaient profondément patriotes dans les années 1960/1970, elles sont aujourd’hui devenues des relais de la super-classe mondiale à laquelle elles s’identifient. Et dont elles partagent le mode de vie et les privilèges…

 

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  1. Dans le genre je déconne à tous vents, pas mal. La mort d’un animal est-elle si choquante ? C’est le spectacle qui est choquant ? Alors pourquoi le montrer ? En quoi l’égorgement serait moins propre que la mort par balle, par matraquage ou par choc électrique ? L’égorgement rituel est codifié très précisément, entre autres il s’agit de couper la veine jugulaire. C’est le mode le moins douloureux : affaiblissement, perte de connaissance, décès. Les chamans s’excusent auprès de la plante qu’ils vont cueillir, les musulmans disent « Par le nom de Dieu… », et ainsi l’animal sacrifié est consentant parce qu’il sait pourquoi il meurt. L’occident connaissait ces notions traditionnelles il n’y a pas si longtemps encore, mais les a enterrées.
    Sans vouloir vous offenser. Il faut savoir que trouver la mort pendant le pèlerinage est une heureuse fin pour les pèlerins, même si on ne doit pas souhaiter la mort. En désaccord profond avec la vision qu’ont de l’islam les autorités saoudiennes, je dois dire qu’elles font face avec compétence devant le défi logistique que représente l’accueil de 2 millions de gens en même temps. Signé : Français d’origine berrycho-limousino-suisse, converti à l’islam depuis 32 ans, adepte d’une voie soufie. Lisez René Guénon…

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