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Arbres des Buttes-chaumont. L’ oranger des Osages, Maclura pomifera

Publié le

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Le parc des Buttes-Chaumont abrite quelques orangers des Osages (Maclura pomifera), notamment au niveau du pavillon Puebla. L’un deux vient d’être coupé et sa chute a entraîné celle de ses fruits qui se sont répandus en abondance et j’ai eu le plaisir d’en glaner quelques-uns. Ils étaient intacts contrairement à ceux qui tombent naturellement et éclatent au sol.

J’avais depuis longtemps repéré ces fruits étranges lorsque j’eu la surprise de retrouver les mêmes lors d’un voyage au pays des Osages au bord du Mississipi. Je découvris à cette occasion qu’ils étaient vendus sur le marché fermier local comme moyen d’éloigner les insectes.

Il est probable que les graines du Maclura pomifera aient été importées par nos naturalistes au même titre que les graines de platane, de noyer d’Amérique, de cèdre, d’araucaria (« Désespoir des singes »), de sophora, de ginkgo et de tous ces arbres exotiques dont les paysagistes ont aimé peupler parc et jardins depuis des siècles.

Nous avons donc la chance d’avoir dans ce parc parisien un arbre historique aux vertus éprouvées mais méconnues par la plupart d’entre-nous. Je vous invite à le découvrir.

La Connectrice

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Ma récolte

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Un arbre qui fait partie de l’histoire écologique de l’Amérique

 Les Indiens utilisaient le bois de l’oranger des Osages pour fabriquer des arcs d’où son nom « bois d’arc » donné par les premiers colons français, transposé phonétiquement en « bodark ».

L’oranger des Osages fut utilisé aux XIXème siècle par les éleveurs et cultivateurs américains comme bois de haie et clôture jusqu’à l’invention du fil barbelé. En effet les branches sont pourvues d’épines longues, épaisses et dures. Les arbres étaient plantés serrés et en poussant les branches s’imbriquaient jusqu’à former une palissade hermétique aux animaux mais aussi au vent. La croissance de l’oranger des Osages est plutôt rapide, de 1 à 2 mètres/an.

Le bois est dur et très résistant, il ne pourrit pas et reste insensible à la plupart des maladies.. Le Bodark était taillé en piquets, résistait aux termites et à la pourriture pouvant durer plus de 100 ans s’il n’était pas détruit par les incendies.

Suite à plusieurs années de catastrophes écologiques, son exploitation fut relancée par le président Roosevelt en 1934 en tant que coupe-vent pour limiter les tempêtes de poussière (dust bowl), modifier le climat et prévenir l’érosion des sols dans la région des Grandes plaines où des milliers de fermiers avaient été ruinés et forcés d’émigrer vers d’autres états. En 1942, on comptait 30,233 barrières coupe-vent avec au total 220 millions d’arbres sur 29,900 km. Les haies de Bodark morcelaient le paysage à la manière de notre bocage normand et pour les mêmes raisons écologiques. Aux USA comme en France la destruction de ces haies pour faciliter la circulation des machines agricoles et favoriser la culture intensive a provoqué le retour de catastrophes écologiques comme les inondations, l’assèchement des sols et l’érosion.

La solidité du bois et sa résistance à la pourriture ont fait leur preuve dans la construction de fondations, le pavement des sols et même la construction d’un navire. Son exploitation semble difficile à cause de sa dureté. J’ai lu sur un forum des échanges entre bûcherons amateurs et professionnels sur le type de scie à utiliser pour le couper.

Aujourd’hui, l’oranger des Osages n’est plus aussi répandu mais des amateurs en recherchent des graines pour le replanter et un site spécialisé prodigue des conseils et favorise les échanges de graines.http://hedgeapple.com/

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Source image http://www.gpnc.org/osage.htm

Les épines. Source image http://windyacresnaturalfarm.blogspot.fr/2010/10/bodark-tree.html

 Les fruits

  • Le fruit n’est pas comestible en principe, seuls les écureuils le grignotent pour en extraire les graines. http://plants.usda.gov/factsheet/pdf/fs_mapo.pdf  On peut suivre les écureuils à la trace à cause du « carnage » qu’ils font des fausses oranges pour en extraire les graines.
  • Toutefois certaines personnes disent que les graines sont délicieuses si on les lave soigneusement pour les débarrasser du liquide caoutchouteux qui les enrobe. On raconte aussi que les animaux préhistoriques en étaient friands et qu’ils ont contribué à disperser les graines au cours de leurs déplacements. J’ai lu sur un forum qu’un homme avait vu son cancer lymphatique ne plus évoluer en ingérant de l’orange des Osages selon une préparation précise. http://hedgeapple.com/guestbook.html/
  • Traditionnellement, la fausse orange est placée dans les maisons pour chasser les insectes, en particulier mouches, cafards et araignées et aussi les souris. On peut lire de nombreux témoignages sur l’effet pesticide de l’orange des Osages bien que celui-ci soit contesté ailleurs et que les autorités aient exigé le retrait de la publicité d’un site Internet qui vendait ces fruits comme répulsif  http://hedgeapple.com/guestbook.html/
  • A l’époque de la plantation intense de haies et clôtures d’arbres, à l’automne, les fruits étaient ramassés et humidifiés afin qu’ils pourrissent et que l’on puisse en recueillir les graines qui étaient vendues 45 dollars le seau pour planter de nouvelles haies.

 

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Le bois et les racines

  • L’écorce était utilisée par les Indiens pour taner les peaux. Ils utilisaient les racines pour teindre des supports en jaune
  • Les Sioux et la tribu des Osages utilisaient les branches pour confectionner des arcs, selon les pionniers français du « bois d’arc » qui a donné le nom « Bodark » l’une des appellations communes du Maclura pomifera en Amérique. Un homme d’affaire de Saint-Louis, Pierre Chouteau, avait fait porter à Thomas Jefferson un échantillon de l’arbre.
  • Les Branches étaient coupées tous les 8 à 10 ans pour tailler des piquets ou même des pavés pour les sols avant que le béton ne soit inventé. http://amarillo.com/stories/042009/new_trew1.shtml (noter qu’on peut voir des pavés de bois sous les arches d’entrée du château de Versailles mais j’ignore de quel bois ils sont faits.)
  • piliers de fondation
  • meubles
  • objets

 

 

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Cet oranger des Osages veillait depuis plus de 150 ans sur le palais de Justice de Chattanooga lorsqu’il fut terrassé en 2012 par une tempête. Mis aux enchères, le tronc devrait servir à fabriquer des meubles.http://www.nooga-wood.com/blog/?author=1

  • L’habitat de l’Oranger des Osages

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Source carte http://en.wikipedia.org/wiki/Maclura_pomifera

L’oranger des Osages serait natif du bassin de la Rivière rouge (Red river) un affluent du Mississipi. Son existence est attestée aux temps préhistoriques où il aurait nourrit des dinosaures et des équidés ancêtres du cheval. L’oranger des Osages a été repéré en particulier dans l’Oklahoma, le Texas, l’Illinois, le Missouri, l’Arkansas et la Virginie.

Fiche technique

Nom savant Maclura pomifera

Maclura pomifera is named in honor of William Maclure (1763-1840), a Scottish-born American geologist and educational reformer. President of the American Academy of Natural Sciences of Philadelphia for 22 years. Maclure made major contributions to his field, including the first true geological map of any part of North America, and was a strong advocate of universal education, especially for women.

Différentes appellations communes

Selon les régions, l’oranger des Osages porte un nom différent :  Hedge Ball, Horse Apple, Green Brains, Monkey Balls or Mock Orange. In Texas, they call them Horse Apples, L’arbre lui-même est nommé de plusieurs termes :  Osage Orange (most popular) and Bodark (French) and Maclura pomifera (scientific name)Thorny Maclura Pomifera  ou bodark (bois d’arc), . Naturalist, Jim Mason has posted a very professional page about Osage Orange. Il semble que « Bodark » soit le plus utilisé parce que c’est un mot court facile à prononcer dans cette déformation du nom français « Bois d’arc ».

Composants

La plante contient des Osajin and pomiferin are flavonoid pigments present in the wood and fruit, comprising about 10% of the fruit’s dry weight. The plant also contains the flavonol morin.

Famille des Moraceae

La plante n’a rien à voir avec l’orange, elle appartient à la famille des Moraceae qui se caractérisent par la présence d’un sève blanche caoutchouteuse. La famille des Moraceae comprend le figuier, le banyan, l’arbre à pain et le mûrier.

Artisanat contemporain

Vase et bol sculpté dans du Bodark du Texas http://www.prairiesend.com/turnings/vases.asp

Pour en savoir plus

Une réponse "

  1. Pingback: Reconstruction du monde : rebrancher le fusible émotionnel – 16 avril 201 « Transition France

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