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Abdennour Bidar, l’auvergnat musulman alibi

Couverture de Un alibi de charme

Nouveau au 20/09/2016

Abdennour Bidar vient de lancer un mouvement pour la fraternité.

Invité mardi matin sur BFMTV et RMC, Abdennour Bidar lance ce mardi matin un mouvement citoyen baptisé « Fraternité générale », et dont il va devenir président. « C’est un appel à la mobilisation générale, pour la fraternité », explique le philosophe, mentionnant « cette grande oubliée de la devise républicaine ». « Dans une société qui souffre de tant de fractures sociales, qui n’arrête pas de se diviser, nous les Français – je ne dis pas nous les Gaulois comme monsieur Sarkozy – qu’est-ce qu’on a en magasin? La fraternité ». Or, poursuit-il, « on n’a jamais eu l’audace de faire de la fraternité un vrai projet politique »…

Le philosophe réagit aux propos de Nicolas Sarkozy sur les Gaulois, lundi soir au cours d’un meeting: « On joue sur le sentiment d’insécurité collective, sur les peurs, sur la facilité d’encourager le repli sur soi. Par rapport à la phrase de Sarkozy, on va chercher l’identité de la France dans le passé, parce qu’on est incapable de parler du présent, et surtout de se projeter dans l’avenir. Moi j’aime beaucoup les Gaulois, je suis de Clermont-Ferrand. Mon père tutélaire c’est Vercingétorix même si je m’appelle Abdennour. C’est la magie de l’identité française, mais je ne me tourne pas vers Vercingétorix, je me tourne vers l’avenir ».

Doit-on comprendre que l’avenir de Bidar, c’est le califat ?

LC

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Il est sympathique, agrégé de philosophie et éloquent. Il est né en 1971 à Clermont-Ferrand dans une famille de convertis à l’Islam.

Il parle le langage des chrétiens qui lui ouvrent grand leur cœur et leur âme.

Il parle la langue de l’intelligentsia occidentale qui boit ses paroles avec ferveur ivre de la lumière dont il éclaire son islam à lui, le « self islam ».

Il fait parler de lui, toutes les portes académiques et médiatiques lui sont grand ouvertes parce qu’il est notre musulman ouvert et éclairé. Il dit avec fierté que son prénon, Abdennour, signifie « lumière ».

Il est plus entendu par les kouffars que par les musulmans qui sont nombreux à le critiquer.

Je dois avouer que je me suis laissée prendre au discours d’Abdennour la première fois que je l’ai entendu. Enfin, un musulman pacifique et amical ! J’aurais cru à son « self islam » s’il avait fait des émules mais, malheureusement, je ne rencontre pas de Bidar au quotidien parmi les milliers de musulmans qui vivent dans mon quartier. De là à me dire que Bidar est un musulman alibi qui donne à l’Islam un visage propre et sympathique pour mieux faire oublier toutes les horreurs commises à chaque seconde dans le monde au nom de l’islam …

Notons que si l’Islam était ouvert et éclairé, ce prophète n’aurait pas besoin de prêcher pour le réformer. Sa seule présence sur les scènes académiques et médiatiques confirme ce que nous sommes nombreux à expérimenter et connaître de l’Islam : une religion totalitaire, haineuse, dominatrice, hypocrite, intolérante, envieuse, manipulatrice, fourbe qui ne reconnait que ses adeptes, favorise l’ignorance et la méchanceté qui va avec, raciste et un système qui prétend gérer la vie quotidienne, politique et économique dans ses moindres détails.

Le contexte favorise la recherche de « sauveurs ». Nous avons, en France, perdu de nombreuses illusions spirituelles : désaffection des églises et des temples, diminution drastiques des vocations pastorales, christianophobie, perte des valeurs morales, absence d’autorité politique respectable, obsolescence  des grandes idéologies comme le marxisme, le communisme et le socialisme, démocratisation de la société qui met le savoir, le pouvoir et l’argent virtuellement à la portée de tout le monde, refus de l’autorité et des lois encouragé par la philosophie de la « tolérance » et de l’excuse, dégradation des enseignements publics et du statut des enseignants, culte de l’enfance éternelle, etc.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, la jeunesse et les adultes en inséurité se tournent vers les convictions les plus abordables avec un profit immédiat : libertinage et pornographie, consommation, narcissisme et islam. Quelques minutes suffisent à ce convertir à l’islam et entrer dans son immense communauté, l’oumma. L’oumma est solidaire comme aucune autre communauté parce qu’elle encourage le repli entre soi par la ségrégation et la surveillance omniprésente de sa police religieuse, officielle dans les pays musulmans officieuses mais bien réelle chez nous.

Cette oumma solidaire et protectrice est mise en avant par l’Etat islamique ce qui explique en partie son attrait pour des jeunes et des moins jeunes en quête d’une identité forte. L’état islamique promet à ceux qui le rejoignent une prise en charge morale et matérielle totale contre un engagement sans faille.

Pour l’instant, Sunnite et Chiites se combattent par l’intermédiaire de l’Etat islamique et Al Qaida mais se retrouvent lorsqu’il s’agit d’éliminer l’ennemi commun qui donne un sens à l’Oumma : Israël. Dans la bande de Gaza, les deux sectes tirent de concert sur les Israéliens.

La Connectrice

NB

Vous trouverez ci-dessous des documents d’information sur Bidar, ses soutiens et ses opposants

1-Biographie,

2-Abdennour Bidar par lui-même  Comment on devient le musulman que l’on choisit d’être interview 2008,

3-La fameuse lettre au monde musulman d’octobre 2014

4-Des Musulmans méprisent et critiquent Abdennour Bidar

5-Abdenour Bidar, vrai laïque ou taupe de l’islam à la Malek Chebel ? 2011

6-Bidar modèle pour les protestants ? 2014

1/6-Biographie

Abdennour Bidar, 43 ans, docteur en philosophie, agrégé de philosophie, normalien, français issu d’une famille de convertis à l’islam par le soufisme (mystique islamique), spécialiste des évolutions de l’islam contemporain et des théories de la sécularisation, auteur à ce sujet de nombreux essais : Un islam pour notre temps (Seuil, Paris, 2004),Self Islam, Histoire d’un islam personnel (Seuil, Paris, 2006), L’islam sans soumission, Pour un existentialisme musulman (Albin Michel, Paris, 2008), L’islam face à la mort de Dieu, Actualité de Mohammed Iqbal (François Bourin, Paris, 2010),Comment sortir de la religion ? (La Découverte, Paris, 2012). Dans ces ouvrages ainsi que dans ses articles (revues Esprit, Diogène/Unesco), il passe la tradition théologique de l’islam au crible des valeurs modernes des Droits de l’Homme et reconstruit les fondements d’un islam libéral pleinement compatible avec celles-ci. 

Il entreprend simultanément une critique des impasses de la modernité venue d’Occident, en proposant des pistes pour sortir de la situation de « désenchantement du monde » où cette modernité a abouti. A cet égard, il a fait la théorie d’une « désoccidentalisation » des conceptions de la « sortie de la religion », et donc d’une post-sécularisation dans laquelle les autres grandes civilisations ont leur mot à dire pour interpréter le sens de cette « sortie de la religion » – il montre ainsi comment l’islam, de façon inattendue ici en Occident, peut contribuer à repenser ce processus pour lui donner peut-être de nouveaux horizons de sens et d’espérance. Parmi ces horizons, il tente notamment d’élaborer les fondements de ce qu’il nomme « un humanisme partageable entre Orient et Occident », thème récurrent de ses livres. Son dernier ouvrage, Histoire de l’humanisme en Occident (Armand Colin, Paris, 2014), interroge dans cette logique les grandes matrices de l’humanisme occidental (monothéismes, antiquité, Renaissance, Lumières) et s’interroge sur ce qu’il en reste aujourd’hui qui pourrait être mobilisé dans le cadre d’un dialogue sur le sujet entre les différentes civilisations de la planète.

Après avoir enseigné la philosophie et la pensée critique de l’islam pendant plusieurs années dans l’enseignement supérieur français (classes préparatoires aux grandes écoles, université de Nice, sciences Po Paris), il est chargé par le ministère de l’éducation nationale, depuis 2011, d’une mission de construction d’une « pédagogie de la laïcité » au service du « vivre ensemble », de l’expression et de la conciliation des libertés et identités personnelles. Son expertise sur l’islam lui a valu d’être nommé en 2013, par le président de la République François Hollande, membre de l’observatoire national de la laïcité comme personnalité qualifiée.

2/6-Abdennour Bidar par lui-même

 

Abdennour Bidar Comment devenir le musulman que l’on choisit d’être
N° 12, samedi 16 février 2008

Entretien Un philosophe musulman un brin mystique qui clame dans les colonnes du “Monde” que le summum de la liberté de conscience, c’est de ne pas faire le ramadan, ça ne court pas les rues ! Alors quand on en trouve un…Propos recueillis par Hanane Harrath

Votre histoire familiale a visiblement beaucoup nourri vos questions et votre construction personnelle et intime de la foi…Ma mère est une Française convertie à l’islam dans les années 60. J’ai donc été élevé dans la foi et la pratique islamiques dès mon plus jeune âge. J’ai eu très tôt un tempérament spirituel, et vers 5 ou 6 ans déjà, j’aimais faire la prière et parler de Dieu avec ma mère qui me faisait souvent apprendre et répéter les “petites” sourates de la fin du Coran en faisant la vaisselle ! Elle était de sensibilité soufie, privilégiant un islam discret centré sur la recherche intérieure, la méditation, l’approfondissement de la connaissance spirituelle et de l’amour divin.

Plus tard, elle s’est mariée avec un Marocain qui faisait partie du tabligh, une façon de vivre l’islam très différente de la sienne : un islam intégriste, complètement en décalage avec la société occidentale et l’époque actuelle. Je me suis retrouvé entre les deux, perplexe, et c’est là que j’ai commencé à prendre conscience qu’être musulman aujourd’hui en Occident n’était pas chose facile ! Mes questions se sont encore intensifiées à la suite de mes études de philosophie, qui ont développé mon esprit critique et m’ont permis de formuler avec plus de clarté et de précision mes interrogations de toujours sur mon islam en particulier, et sur la tradition islamique en général.

Etre musulman, pour moi aujourd’hui, c’est essentiellement le témoignage de foi que je prononce selon le mode soufi, avec une concentration totale de l’esprit, qui passe par des moments de méditation et d’autres de contemplation : il y a des moments où “je pense” et des moments où “je vois”. Ensuite, je suis musulman et je me sens musulman parce que je travaille tous les jours sur l’islam. En ce moment, je prépare mon troisième livre qui est une étude sur le Coran : ce sont des centaines d’heures que je passe avec le Livre sacré ! Tous les jours, donc, je me bats pour l’islam, sans armes, de façon pacifique, avec des mots, des idées, des propositions pour un islam plus ouvert.

N’est-ce pas difficile de vivre sa foi dans un contexte et une période où l’islam est souvent réduit à sa fonction purement normative et juridique ?

“Se réapproprier la foi musulmane” est quelque chose de très simple, que beaucoup de musulmans font tous les jours, ce que j’ai appelé le self-islam – l’islam personnel, l’islam du choix personnel. C’est être le musulman que l’on a choisi d’être, au lieu de se contraindre – ou d’être contraint par d’autres – à suivre passivement la tradition, les coutumes, tout ce qui est imposé par la famille, l’entourage ou les imams. C’est choisir et vivre un islam de la responsabilité personnelle à partir d’une seule question qu’il faut avoir l’audace de se poser en résistant aux pressions extérieures : “De quoi ai-je personnellement besoin pour me sentir musulman ?” Chacun ensuite va répondre en son âme et conscience et personne n’a le droit de porter un jugement négatif sur le choix des autres!

A condition que mon choix soit respectueux de la liberté d’autrui, de l’environnement social, personne n’a le droit de me dire : “Tu n’es pas un vrai musulman si tu ne fais pas ceci ou cela.” Si nous, musulmans, comprenons la valeur de cet islam personnel, nous formerons une communauté ouverte, harmonieuse, où les individus respectent leurs différences tout en gardant conscience de leur identité commune.

Pourquoi, d’après vous, les musulmans peinent-ils à créer cette harmonie que vous évoquez ?

Il faut distinguer deux tendances lourdes et contradictoires à l’œuvre dans le monde musulman. Il y a d’une part une tendance à la crispation intégriste, fondamentaliste, réactionnaire, souvent violente, et d’autre part une tendance contraire qui aspire à une évolution des mœurs, à une libération vis-à-vis du poids de traditions étouffantes, voire insupportables, et à la liberté personnelle – que ce soit celle des femmes par rapport au pouvoir masculin ou la liberté démocratique face à des pouvoirs autoritaires qui se disent islamiques. L’islam est ainsi dans l’entre-deux. Comme le disait le penseur iranien Darius Shayegan, l’islam est dans l’attente de se choisir un destin entre les deux voies. Il faut l’aider de toutes nos forces à choisir celle de l’évolution, en offrant l’exemple d’un islam libre, décomplexé, ouvert.

On somme souvent l’islam de s’adapter aux exigences du monde contemporain : pensez-vous que l’on puisse répondre à cette question en l’absence (ou quand elle existe, elle reste peu connue) d’une réelle modernité intellectuelle chez les penseurs du monde musulman ?

Il existe des voix utiles et des pensées puissantes qui essaient de se faire entendre. Je lisais récemment un petit livre intitulé L’homme en islam, du professeur tunisien Abdelwahab Bouhdiba, qui essaie de concevoir un “humanisme musulman” pour l’époque actuelle. Je pense aussi à Hamadi Redissi, pour sa critique des blocages de la pensée et de la société islamiques. On gagnerait aussi aujourd’hui à relire le formidable livre de l’Indien Mohammed Iqbal, écrit au début du XXe siècle et titré Reconstruire la pensée religieuse de l’islam : c’est un formidable laboratoire d’idées neuves pour l’islam de demain, un effort de renouvellement dont on trouve difficilement l’équivalent dans toute la pensée islamique contemporaine ! Globalement, celle-ci reste pauvre, notamment parce que les diplômés musulmans viennent surtout des disciplines scientifiques (les universités du monde musulman comptent très peu de départements de sciences humaines où l’on enseignerait, par exemple, la philosophie), ce qui ne donne pas le bagage intellectuel suffisant pour penser la religion et la société. Il faut que le monde musulman apprenne à former plus de philosophes, de psychologues, de sociologues, d’historiens, etc.

Quels seraient selon vous les outils et les voies à explorer pour une lecture critique (historique, littéraire, linguistique) de l’islam ?

Qu’on le veuille ou non, il faudra que l’islam dialogue avec l’Occident. Car c’est l’Occident qui a sinon inventé l’esprit critique, lui a tout au moins donné à la fois toute sa dimension intellectuelle et toute sa portée en tant que principe de civilisation. Je m’explique. Sa dimension intellectuelle d’abord : ici, en Occident, s’est développée une pensée autonome vis-à-vis de la religion, capable de lui poser des questions, de lui demander des comptes, de l’amener à réfléchir sur elle-même. C’est tout le travail de la philosophie notamment. Donc, l’islam doit devenir philosophe, c’est-à-dire d’une part redécouvrir l’héritage de ses propres philosophes – d’Averroès à Ghazzali, en passant par Ibn Arabi, surnommé souvent Ibn Aflatoun, “Fils de Platon” – et d’autre part former des générations de philosophes capables de concilier foi et raison, amour et critique de la religion.

Ensuite, l’esprit critique comme principe de civilisation : l’Occident a enfanté les droits de l’Homme qui donnent à chaque personne le droit de construire sa vie comme elle l’entend, et qui lui permettent donc d’être critique vis-à-vis de tout système imposé, qu’il soit religieux ou politique. Comme je l’ai écrit plusieurs fois, notamment dans des articles pour le journal Le Monde, l’islam doit aujourd’hui se repenser selon ces droits de l’Homme… au lieu d’inventer des pseudo “droits de l’homme islamiques”, comme le fait une Déclaration de la conférence des pays musulmans proclamée au Caire en 1990, et qui est un sommet de négation de la liberté personnelle de pensée et de conscience.

Que pensez-vous du terme “réformiste” que l’on utilise souvent ? Quelle définition lui donnez-vous et vous reconnaissez-vous dans cette appellation ?

On parle aussi souvent de “protestantisme islamique”, en référence à la Réforme protestante née au début du XVIe siècle, et je me souviens qu’à un moment, on appelait le penseur iranien Abdelkarim Soroush le “Luther de l’islam”. Les penseurs qui invitent l’islam à l’autocritique sont-ils des réformistes ? Ghazzali en son temps, la charnière entre les XIe et XIIe siècles, avait écrit un ouvrage intitulé Revivification des sciences de la religion

(Ihyâ ‘Ouloûm Dîn) et, selon un hadith du prophète, “il y aura au début de chaque siècle un revivificateur de la religion”. Héritons donc de notre tradition, au service de son renouvellement, en nous présentant comme des “revivificateurs”, des penseurs qui souhaitent redonner une seconde jeunesse ou un nouveau souffle à l’islam, le faire entrer dans un XXIe siècle où les différentes civilisations ou cultures sont amenées à sortir de leurs frontières, à se mélanger, à inventer ensemble un humanisme global.

Voilà la tâche que je fixe personnellement à mon travail : produire une réflexion à la fois profondément islamique et profondément occidentale, qui sache être critique à la fois de l’islam et de l’Occident, critique de l’un par l’autre, dans les deux sens, pour construire finalement une synthèse des deux univers de pensée et d’espérance. Une pensée d’essence islamique, d’inspiration islamique, nourrie du Coran notamment, mais qui s’est enrichie aussi de la pensée de l’Occident et qui prouve que les deux peuvent très bien se féconder pour produire ensemble quelque chose de nouveau et de plus universel.

Quel souhait formulez-vous pour l’islam de demain et quel rôle les musulmans occidentaux peuvent ou doivent y tenir ?

Je souhaite que l’islam joue un rôle majeur dans la constitution de la civilisation globale. Qu’il soit une source d’inspiration pour le reste du monde. Or actuellement, il est surtout une source d’inquiétude et de désordre. Il lui faut donc rompre avec tout un ensemble de choses qui épouvantent nos voisins de la civilisation globale, entre autre le terrorisme, la confusion du politique et du religieux, la fermeture dogmatique (interdiction de discuter du Coran, interdiction de se marier avec des non-musulmans, etc.), l’archaïsme de certaines coutumes (je pense par exemple à l’excision). Je le répète, l’islam doit se revivifier à la lumière des droits de l’Homme, arrêter de voir dans ces droits (à la liberté, à l’égalité, à la tolérance) la manifestation d’un impérialisme occidental : non, ces droits ne sont pas la propriété de l’Occident, mais les aspirations les plus universelles de toute personne humaine! L’islam doit cesser de se sentir toujours menacé, en danger de perdre son identité, attaqué par ceci ou cela…

C’est là que les musulmans d’Occident peuvent jouer un rôle : ils acceptent de vivre dans un Etat non musulman, de côtoyer tous les jours des non-musulmans, de partager avec eux leur vie professionnelle, leurs repas, leur amitié, leur amour parfois aussi. Ils vivent un islam libre, sans que la famille, les imams ou les oulémas aient sur eux le même pouvoir que dans les sociétés islamiques ; ils sont en contact permanent avec d’autres visions du monde, d’autres religions, au milieu d’un mélange de croyants, d’agnostiques, d’athées. Bref, ils font tous les jours l’expérience que l’islam peut aller de pair avec la liberté sans se perdre. Cette expérience n’a pas de prix.

C’est elle, je l’espère, qui va engendrer tôt ou tard, comme une vague énorme, des générations de nouveaux musulmans, infiniment plus libres, plus ouverts et plus fiers. hharrath@dmpresse.com

Abdennour Bidar a publié deux ouvrages : Un islam pour notre temps, Ed. Le Seuil (2004), 13 euros, et Self-Islam, histoire d’un islam personnel,

Ed. Le Seuil (2006), 12 euros.

– See more at: http://www.lecourrierdelatlas.com/Idees-religion/2116022008Abdennour-BidarComment-devenir-le-musulman-que-l-on-choisit-d-etre/1406.html#sthash.SKHYqC11.dpuf

3/6-La fameuse lettre au monde musulman d’octobre 2014

Lettre ouverte au monde musulman

Publication: 15/10/2014 22:58 EDT Mis à jour: 16/10/2014 11:31 EDT
Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident!

Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’indignes devant une telle monstruosité, tu t’insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d’habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence… Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose – que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir… Et cela m’inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l’islam et pas un autre masque ? C’est qu’en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres – pires encore que celui-ci – aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l’admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu’ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l’étendue des ombres d’obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance!

Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l’être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c’est l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d’Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l’«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes: impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion; prison morale et sociale d’une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ? Combien de temps précieux, d’années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n’est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu’elle est devenue un mythe !

Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l’avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l’Occident. Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu’est le culte du dieu argent.

Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l’admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l’Inde à l’Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu’agressif… Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu’«Il n’y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu’il est l’heure, dans la civilisation de l’islam, d’instituer cette liberté spirituelle – la plus sublime et difficile de toutes – à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s’élèvent aujourd’hui dans la Oummapour s’insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination… Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, et n’admettent pas qu’on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu’ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

Or cela, de toute évidence, n’est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l’État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l’entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n’entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t’illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l’islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d’évoquer – une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive – est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l’islam ordinaire, l’islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l’islam de la tradition et du passé, l’islam déformé par tous ceux qui l’utilisent politiquement, l’islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d’autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n’ont plus aucune légitimité !

Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s’est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, c’est-à-dire une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l’être humain et la réalité ultime qu’on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d’islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d’un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J’ai mon propre rapport à l’islam » n’a été reconnu par « l’islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que «L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l’une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l’un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence – contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles – de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

Alors, ne t’étonne donc pas, ne fais plus semblant de t’étonner, je t’en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t’aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale – au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l’aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

Cher monde musulman… Je ne suis qu’un philosophe, et comme d’habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu’à faire resplendir à nouveau la lumière – c’est le nom que tu m’as donné qui me le commande,Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

Je n’aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi – qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t’arrive – tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

4/6-Des Musulmans méprisent et critiquent Abdennour Bidar

Bidar parle la langue des Occidentaux qui l’acceuillent à bras ouverts heureux et soulagés d’avoir LEUR musulman, un musulman présentable au Sénat, sur France5, dans le journal Le Monde, sur France Culture, dans la revue Esprit, dans le NouvelObs, Philosophie magazine, l’Express et même dans Marianne. Enfin, un musulman sympathique !

Mais les rédacteurs et lecteurs de ces organes sont considérés comme islamophobes par certains musulmans dont les Sunnites du site Le Musulman où un certain Abou-Leyna juge sévèrement l’islam de Bidar Bidar est en guerre contre Son Créateur, en guerre contre L’Islam, la religion d’Allah Ta’ala, et cela, ne peut provenir d’un homme qui aime Allah et Son Messager, paix sur Lui.

Et bien évidemment, la défaite est la fin de ceux qui combattent l’Islam…Avec de telles absurdités, bidar ne serait-il d’une autre religion que l’Islam, la franc maçonnerie, par exemple ?« …Bref, Allah Ta’ala connait les poitrines, mais ce qui est clair, c’est que l’idéologie bidarienne est opposée au Coran et à la Sunnah, et met en évidence une foi non Coranique, non Islamique.

Sur le site « Papotonsensemble », la critique de Bidar est carrément grossière et injurieuse. lui est reproche d’être ignorant de l’Islam, de faire le jeu des capitalistes et de se ranger derrière les Wahabbites de l’Arabie saoudite. Il conclue Abdennour Bidar fait partie de ces personnes totalement à coté de la plaque qui font ce qu’ils peuvent pour vendre leur livres de merde. Ils vont passer dans les médias, donner des interview en axant sur des concepts qui permettent de stigmatiser les musulmans, car les médias adorent ça !

Pour Aïssam Aït Yahya auteur de De l’idéologie islamique française, un éloge de la résistance à la modernité, Bidar est un imposteur.

La volonté est manifeste de vouloir détruire toute orthodoxie et toute orthopraxie, en individualisant et en soumettant la compréhension et la pratique de l’Islam aux volontés et penchants personnels.

[…] Ainsi selon la logique de l’illuminé Abdennour, un musulman peut à la fois se prétendre monothéiste et réaliser une offrande à Krishna, ou bien il pourrait croire bon de faire le signe de croix en la mémoire de Jésus puisqu’il est cité dans le Coran par exemple, ou bien encore assimiler le message du prophète comme comparable à celui de Karl Marx […]. « http://www.mydeen.fr/blog/societe/l-imposture-d-abdennour-bidar-par-aissam-ait-yahya.html

Bidar bidon ?

http://www.alterinfo.net/self-islam-ou-la-pensee-bidon-d-Abdennour-Bidar_a49724.html

 ll faudra expliquer comment un philosophe est actuel et comment il peut en paroles et en pensée ignorer son actualité. Paul Nizan – Les Chiens de garde (1932)

Dans le Monde daté du 31 août, Abdennour Bidar a publié un article intitulé : La lapidation, « preuve extrême de la logique de violence de l’islam ».

Le chantre médiatique du « self-islam » ne donne pourtant, dans ce texte, d’autre preuve « extrême » que celle de sa propre bêtise – elle aussi violente.

Le texte, incroyablement court et d’une superficialité étonnante, ne comprend pas la moindre référence théologique, ni philosophique, ni même littéraire ; en somme : un crétin fait le procès univoque, sans défense ni témoins, d’une des trois religions abrahamiques révélée au VIIème siècle et pratiquée par plus d’un milliard de personnes. Ce réquisitoire bête est emballé dans une dizaine de paragraphes aussi haineux qu’insensés. La mise en perspective historique, la richesse des traditions de pensée, les contradictions héritées ainsi que les différents courants d’exégèse disparaissent tous – comme par enchantement islamophobe – sous l’effet du self d’Abdennour Bidar qui livre dans Le Monde une interprétation pas si personnelle de l’islam tant cette dernière colle à l’air du temps. Bien sûr, elle est assortie de la collection habituelle des signifiants rebattus mais toujours efficaces : « Iran », « lapidation », « wahhabisme », « violent », « violent » et encore « violent » – il faut noter l’effort de l’auteur pour varier, on trouve quand même d’autres expressions relevant d’un lexique toujours très nuancé : « archaïque », « monstrueux », « catastrophique » et bien sûr « totalitaire » et « Ahmadinejad » – termes incontournables pour qui prétend parler d’islam aujourd’hui.

Peut-être le self d’Abdennour Bidar devrait-il songer à prendre quelques vacances pour effectuer sa révolution copernicienne et ainsi cesser de tourner autour de lui-même comme un insecte détraqué se prétendant « intellectuel musulman ». Le fait qu’au moment précis où il déverse sa bouillie, Abdennour puisse – sans naturellement jamais éprouver la moindre gêne – attribuer à son self l’appellation d’ »intellectuel » devrait susciter l’hilarité générale ou une profonde tristesse, si on se place du point de vue des intellectuels arabes – musulmans ou pas – dont la pensée a été éclipsée en France par Bidar,Benhabib, Meddeb & consorts : autant d’héritiers du docteur Diafoirus qui se tiennent au chevet d’un malade qu’ils croient évidemment tous être l’islam.

Au fond, la vision euro-centrée qu’Abdennour Bidar a du monde musulman est frappée d’une myopie qui abonde (volontairement ou pas) dans le sens des représentations kouchnériennes : c’est une vision plate comme les préjugés islamophobes en vogue qui suintent la haine de l’Iran. L’article servi aux lecteurs du Monde est véritablement une insulte à leur intelligence tant il nourrit l’ignorance de l’islam au lieu de problématiser honnêtement la question de la violence qui n’est pas l’apanage des terroristes dits islamistes. C’est la démocratique modernité américaine qui a rayé l’Iraq de la carte. Mais cette violence-là n’intéresse pas beaucoup le self d’Abdennour Bidar.

Parti de la lapidation, le self d’Abdennour arrive on ne sait comment au jeûne du mois sacré de Ramadan : impossible de saisir la logique de cette pensée bidon où « haut et fort », Bidar « s’insurge ». Braire plutôt qu’expliquer. Au détour donc d’un raisonnement spécieux sur la violence, il s’arroge le droit d’assimiler les Musulmans qui pratiquent le jeûne à des meurtriers (ceux qui lapident = ceux qui jeûnent).

Le jeûne étant en Islam le seul acte de foi qui appartienne entièrement à Dieu et non au croyant qui l’effectue, il n’est pas du tout étonnant que la seule idée de cette pratique révulse le self d’Abdennour Bidar et soit perçue comme une « violence ». En effet, comment un personnage si boursouflé d’orgueil pourrait-il tolérer une pratique qui sacrifie intégralement l’ego à la transcendance ?

Aussi, le self s’indigne : « mais qui soulignera en contrepartie le caractère violent de ce jeûne total exigé de la part de tout pratiquant pubère du matin au soir pendant un mois entier ? »

Calme-toi donc Bidar. Personne n’exige rien de toi. Si tu es musulman, tu sais certainement que Dieu n’a pas imposé aux hommes de charges plus lourdes que celles qu’ils sont capables d’assumer. Détends-toi : va donc boire une grenadine, manger des frites, jouer à la Wii. N’importe. Mais épargne-nous ta pauvre philosophie de nouveau chien de garde islamophobe et laisse les jeûneurs jeûner en paix. Profite, si tu le peux, de la teneur spirituelle intense de ces derniers jours de jeûne, justement, pour évider ton self de sa gravité – essaie d’exercer au moins une seule fois dans ta vie de pseudo-intellectuel médiatique l’attention – cette méthode de purification spirituelle qui conjugue l’appel divin aux combats militants, telle que l’a si superbement enseigné Simone Weil, par exemple (que Dieu ait son âme). Donne-toi enfin cette chance d’être, un instant, saisi par la vérité de ces deux versets du Saint Coran – auxquels, conformément aux principes de « self-islam » qui te sont si chers, tu pourras te reporter toi-même :

* Premier verset (2:256) : Nulle contrainte en religion.

* Deuxième verset (109:6) : Vous avez votre religion et j’ai la mienne.

Princesse de Clève, membre du PIR

5/6-Abdenour Bidar, vrai laïque ou taupe de l’islam à la Malek Chebel ?

Bien chers frères en taqiyya,

Décidément, notre mission, à nous, les taupes de la guerre de l’islam contre l’Europe, devient chaque jour plus difficile. Malgré tous les concours que nous dispensent les gouvernants, beaucoup d’élus locaux, la plupart des partis politiques, des associations subventionnées du type LICRA ou SOS-Racisme, des intellos au brushing télégénique de la variété Botul-Henri Lévy, des journalistes hemiopsiques du genre Racoline Troufès…,  je crains que nos beaux jours ne soient derrière nous. L’avenir s’annonce bien sombre pour la cause d’ Allah parmi les disciples de Socrate et de son doute méthodique.

Il y a encore quelques années, n’importe qui pouvait énoncer les deux articles de base de notre campagne de désinformation sans grand risque d’être contredit :

– Primo : l’islam est une « religion », comparable en tous points au christianisme contemporain, et, donc, les Européens doivent, au nom même de leurs principes, accorder chez eux aux musulmans toutes les facilités (mosquées, horaires en entreprise, accommodements raisonnables… jusqu’à la charia complète) pour qu’ils vivent pleinement leur « foi ».

– Secundo et fin : d’ailleurs, l’islam est tout à fait compatible avec l’identité, les valeurs, le droit, les mœurs, la civilisation de l’Europe (sous-entendu : « Européens, vous n’avez rien à perdre à vous laisser envahir »).

Mais ne voilà-t-il pas que les peuples se sont mis à rouspéter, et même, dans certains pays, à voter pour faire cesser notre entreprise de sape. Comment faire taire ces gêneurs ? arrêter la vague des résistants qui enfle sans cesse ? Les injures : « racistes », « xénophobes », « islamophobes »… perdent chaque jour de leur efficacité, comme des lames dont le tranchant s’est émoussée pour avoir trop servi ; les procès, avec menace de lourde amende et ostracisme médiatique, n’impressionnent plus guère que ceux qui les intentent.

L’heure est grave. Comment sauver notre message endormeur ? Il y a urgence. Car l’anesthésie nous est  indispensable pour que les Européens demeurent inconscients de l’opération de génocide culturel que nous conduisons contre eux en application des préceptes contenus dans le Saint Livre d’ Allah et à l’imitation de notre Beau Modèle ? Nous faudra-t-il descendre jusqu’au ridicule ? au grotesque ? au dérisoire ? au dessous du degré zéro de l’intelligence ? S’il n’y a vraiment plus rien d’autre à faire… fonçons ! Une fois de plus, la voie à suivre nous sera indiquée par la France, en pointe depuis plus de trente ans dans le combat pour la disparition de l’Europe.

Nos meilleures taupes se sont usées les unes après les autres

Prenons acte, d’abord, de ce triste constat : les meilleurs d’entre nous ne sont plus crédibles.

Pendant longtemps, il suffisait de se référer aux « trois monothéismes », aux « enfants d’Abraham », aux « Gens du Livre » et à quelques autres notions détournées de leur sens pour rassembler autour de nous tous les chrétiens en mal de syncrétinisme. Un grain de mystique – le soufisme –, (puisé dans les livres de l’érudit Massignon, que personne ne prenait la peine d’ouvrir, et pour cause : ils sont illisibles !), plus la complaisance et l’ignorance de nos interlocuteurs journalistes, plus trois onces de dialectique et, hop ! nous arrivions à nos fins. Par exemple, occulter que, que pour les musulmans, les chrétiens ne sont pas monothéistes. Ou encore que l’expression « les gens du Livre » n’est guère valorisante, puisqu’elle sert à désigner les dhimmis, les sous-hommes de l’islam. Aujourd’hui, qui s’intéresse encore à ces machins-là ?  

Mgr Barbarin, peut-être ? Le primat des Gaules est tout heureux que le cri de guerre de l’islam soit gravé sur les murs d’une de ses cathédrales, cet Allah akbar ! que nous hurlons avec délectation lors de l’égorgement du mouton de l’ Aïd, mais aussi lors de l’égorgement d’un chrétien ou pendant la lapidation d’une femme. Hélas ! un Barbarin à lui seul ne fait pas une horde.

Que dire de notre frère prêcheur Tariq Ramadan ? Il fut le meilleur promoteur de la « Troisième Maison », une de nos astuces parmi les plus retorses. Notre article de Loi qui divise l’humanité entre la Maison de l’islam et la Maison de la guerre la fichait mal si l’on voulait que les ressortissants de la Maison de la guerre accueillent avec bienveillance ceux qui se donnaient pour devoir sacré de les trucider. La Troisième Maison fut donc inventée par frère Tariq et quelques autres quand les Européens eurent l’imprévoyance (Louange à Allah !) de nous laisser nous installer par millions chez eux : la Loi de l’islam s’appliquerait sans restriction dans les pays non musulmans sauf « quand elle serait en contradiction avec les droits des pays d’accueil ». Le principe de subsidiarité cher aux juristes de l’Union européenne ! Mais encore eût-il fallu démontrer que les deux droits en confrontation étaient établis sur un certain nombre de principes communs. Maintenant, des Européens nous opposent avec aplomb quelques-uns de leurs principes à eux, comme la liberté de conscience, la liberté de changer de religion, l’égalité hommes-femmes… auxquels ils semblent tenir. Le sous-sol à peine amorcé, la troisième Maison est déjà bien branlotante.

C’est là un malheur que nous aurions pu prévoir. Certains imprudents dans nos rangs n’avaient-ils pas nommé étourdiment cette maison dâr al-da‘wa (l’appel) ? Le mot, comme vous le savez, chers frères,  désigne, dans la Guerre sainte, l’appel à la conversion lancé aux Infidèles avant l’assaut. Un assaut qui se conclura, si les musulmans l’emportent, par l’élimination des vaincus : massacre des hommes et réduction en esclavage des femmes et des enfants ! Une inconséquence de vocabulaire, regrettable, n’est-ce pas ?

Rappelons-nous le grand chantier, en France, de « l’islam à la française », avec notamment la création du Conseil français du Culte musulman. Un bide, reconnaissons-le.

Il n’a pas été possible de cacher aux Français que ce Conseil français a été donné une fois pour toutes aux Marocains et aux Algériens, sous l’œil bienveillant et la main distributrice de nos généreux émirs.

Et le mot « culte », ce piège pour mettre à son abri l’ensemble de notre charia et imposer peu à peu, au nom de leur liberté de conscience, notre totalitarisme tout entier… eh bien, il n’a pas fonctionné comme nous pouvions l’espérer. Les Français, décidément, sont allergiques à nos valeurs. Nous n’avons même pas pu donner dans leurs médias le retentissement qu’elles méritent à nos dispositions « cultuelles » sur la manière de se conduire aux toilettes (réf. la fatwa si pertinente et exhaustive du grand imam Khomeiny sur ce sujet… fondamental).

Certains de nos frères continuent cependant, contre vents et marées, à essayer de répandre l’islam de France :

– Un certain imam de Drancy, dont, il faut le dire, le discours et le comportement sont dans une telle dissonance que personne ne peut le prendre un instant au sérieux.

– Le patelin Boubakeur, qui dit tout et n’importe quoi sur l’islam, ne veut entendre parler ni du dogme ni des pratiques, voudrait que tout le monde il soit beau et gentil. Il est démonétisé, obsolète comme l’Algérie de papa qui lui a donné naissance.

– Ou encore l’onctueux Malek Chebel, qui entend démontrer que, de tous temps, les musulmans ont eu, non seulement les idées de Voltaire (« l’islam des Lumières »), mais aussi les comportements des personnages de Rabelais. En quelque sorte : Vive la bibine coraniquement light et les cochoncetés halal !  Notre escobar a lancé le bouchon un peu trop loin.

Courageusement, des Français continuent à nous soutenir :

– Le ministre de l’Intérieur, qui passe des accords en vue du mouchardage des mauvais Français avec le Conseil français du Culte musulman et avec nos acolytes d’associations ouvertement raciales (ou « racistes » ? Quel est le mot juste en français ?) ? Ce même ministre est patron de la gendarmerie et des prisons, où œuvrent des aumôniers, ces magnifiques auxiliaires de notre sacerdoce (au fait, comment traduit-on « aumônier » en arabe ? Le mot existe-t-il ?).

– Le ministre des Armées : lui aussi a ses aumôniers.

– L’aréopage de l’Institut catholique de Paris, qui forme des imams. Une initiative louable, mais – question grave – ces imams seront-ils pleinement reconnus et honorés à La Mecque… ou dans le 9-3 ?

– Le numéro Un du CRIF et autres amateurs de cérémonies œcuméniques et de gueuletons d’après ramadan…

Ces individualités, disons le franchement, mes frères, sont pleines de bonne volonté à notre égard, mais elles ne représentent rien. Ce n’est pas au sein de leur débandade anémique et chancelante que la sainte cause de l’islamisation de l’Europe trouvera l’élan novateur dont elle a besoin pour repousser l’offensive des Freysinger, Tasin… et de leurs troupes sans cesse plus nombreuses et plus déterminées à nous chasser de leurs pays. 

Alors que faire ?

Une lueur d’espoir dans cette nuit : des gouvernants, politiciens, médias, associations, curés, rabbins, intellos, journalistes de France ont découvert Abdennour Bidar et ils assurent sa promotion.

Le sauveur de la taqiyya en détresse

Le lancement a été réussi. Tribune dans le Monde, invitation régulièrement sur une chaîne de télévision du service public… Ce jeune professeur de philosophe devrait faire souffler un grand vent de renouveau dans la taupinière.

Que dit-il dans les quatre livres qu’il a déjà publiés et ailleurs ?

Cet Auvergnat (il ne manque jamais de se présenter comme tel) a renoncé à la technique traditionnelle de la désinformation, telle que nous l’avait enseignée les maîtres Staline ou Goebbels : partir d’un petit bout de vrai ou de vraisemblable pour faire passer du totalement faux. Lui, il a choisi une méthode toute nouvelle : partir de l’inexistant, voire de l’invraisemblable, pour arriver à l’impossible. Bref, parler toujours sans jamais se soucier de référence au réel.

Son truc, c’est le Self islam (titre d’un de ses livres).

Une affirmation pour commencer : Il faut voir Allah « comme la promesse de l’accomplissement de l’homme ». Chacun mettra ce qu’il voudra là dedans. Notre auteur se réclame, quant à lui, de Mohamed Iqbal, un « réformateur » musulman du début du XXe siècle, qu’il appelle « le Luther de l’islam » ( ?), et à… Friedrich Nietzsche.

Ensuite, un ordre comminatoire : Les musulmans doivent se réformer.

Suit l’étude de faisabilité : elle est courte : Il leur faut abandonner beaucoup des prescriptions du Saint Coran et considérer la modernité comme une chance pour eux.  

« Et si l’islam, écrit notre prof, était la chance pour l’humain de naître à sa pleine souveraineté, en tant qu’héritier d’un vrai pouvoir divin ? » Une phrase qui sonne bien, tout le monde en conviendra. (Au fait, qu’est-ce que ça veut dire ?)

La doctrine est synthétisée en une formule : le « self made islam ». Autrement dit : Bricolez-vous votre islam, et tout ira bien.

Et, alors, écrit-il (Le Monde, 30/06/2009), la société française pourra « prendre conscience de la diversité des façons d’être musulman et se débarrasser d’un représentation monolithique de l’islam ».

Comme vous le voyez, mes frères en taqiyya, notre jeune collègue a bien compris ce qu’étaient nos missions, à nous les taupes de l’islam : 

– dans l’immédiat, continuer à entretenir les Européens dans l’illusion que l’islam est une religion de paix et de tolérance, ou qu’il pourrait le devenir grâce à des hommes comme les « musulmans modérés » que les  idiots utiles exhibent dans les médias,

– ainsi, changer, non pas l’islam – totalitarisme bien réel, expansionniste, guerrier, policier, misogyne…,  d’une fixité sans exemple au cours de l’histoire, fondamentaliste, involutif, impossible à réformer –, mais la société française, avant de l’anéantir avec l’Europe tout entière.

« Et voilà pourquoi Allah est grand », comme aurait dit un autre Auvergnat.[1]      

Ahmed Ramadan, alias Jérôme Capistran

Tout cela serait simplement comique s’il n’y avait, derrière le personnage délirant, une campagne conduite par les autorités françaises pour imposer des idées croquignolesques à l’opinion dans l’espoir de dissimuler, pendant quelque temps encore, les immenses problèmes posés par la présence de millions de musulmans sur notre sol. Aux dernières nouvelles, l’extra-terrestre a été nommé membre d’un Groupe de travail Religions et République créé tout récemment au sein du Haut Conseil à l’Intégration (à la demande de qui ? Devinez.)

Une remarque encore : il est à espérer que ce jeune homme n’aille pas passer ses vacances dans un des cinquante-sept pays de l’Organisation de la Conférence islamique : les propos qu’il tient chez nous risquent de ne pas être appréciés à la hauteur de leur teneur humoristique.

6/6-Bidar modèle pour les protestants ?

http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/10/tres-profonde-lettre-ouverte-au-monde-musulman-du-philosophe-musulman-abdennour-bidar/

Coran - http://www.flickr.com/photos/39513725@N02/9284059430 Found on flickrcc.netAbdennour Bidar est normalien, philosophe et musulman. Il a produit et présenté tout au long de l’été sur France Inter une émission intitulée « France-Islam questions croisées ». Il est l’auteur de 5 livres de philosophie de la religion et de nombreux articles.

Cette lettre ouverte au monde musulman fait suite aux événements des jours passés, notamment l’assassinat de Hervé Gourdel. De nombreux musulmans ont manifesté leur indignation nécessaire et salutaire (en France et dans le monde, avec le mouvement #NotInMyName – « pas en mon nom »). Au delà de cette dénonciation indispensable, Abdennour Bidar pense qu’il faut aller plus en profondeur, et entrer dans une autocritique de l’Islam comme religion et civilisation dans ce moment de transition cruciale de sa longue histoire. Pour le meilleur de l’Islam.

Dans un esprit de fraternité entre croyants de bonne volonté, c’est avec joie que nous pouvons lire ce texte, découvrir un autre visage de l’Islam, et peut-être prendre nous aussi quelque chose de cette sagesse qui consiste à vouloir se réformer pour être plus fidèle.

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