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Santé publique. Un anesthésiste pour deux blocs opératoires

Le mot « restriction » fait désormais partie du vocabulaire quotidien du personnel médical des hôpitaux publics.

Ce jour, une anesthésiste m’expliquait qu’elle avait ordre d’intervenir simultanément sur deux blocs opératoires ce qui générait une grande tension pour ne pas commettre d’erreur. En effet une anesthésie est un acte à risque invalidant ou létal qui demande une médication personnalisée selon que le patient est, par exemple, cardiaque, bronchitique, diabétique ou allergique. Selon le cas les produits, les dosages et la surveillance ne sont pas les mêmes. L’anesthésiste qui doit surveiller deux patients à la fois doit avoir en tête la pathologie de deux personnes différentes, une responsabilité lourde qui exige une concentration sans faille quoique épuisante.

A cette double responsabilité s’ajoute l’absence de contact direct avec le patient car celui qui se trouve sur la table d’opération n’est pas forcément celui que l’anesthésiste a reçu lors de la consultation pré opératoire. L’anesthésiste est informé de son affectation la veille ou l’avant-veille de l’opération et, le plus souvent ne prend connaissance du dossier du patient que quelques heures auparavant.

L’anesthésiste que j’ai rencontrée m’expliquait combien il était important pour elle de connaître physiquement le patient avant de l’endormir. En effet, la consultation d’anesthésiologie est assez poussée car elle demande de connaître l’historique médical du patient, de ses réactions aux médicaments, de ses réactions aux anesthésies antérieures, de son mode de vie, de ses habitudes et des différents aspects de son état de santé. C’est aussi pour cette anesthésiste qui dit aimer son métier, l’intérêt et le plaisir du contact humain avec la personne dont la vie dépendra d’elle durant quelques heures.

Pour le patient, il est rassurant d’avoir rencontré le médecin qui veillera sur lui pendant son sommeil artificiel et, comme on le sait, la sérénité et la confiance du patient font partie du processus de guérison et de rétablissement. Imaginer qu’il sera endormi par un inconnu qui devra courir d’un bloc à l’autre sans se tromper d’acte médical n’est pas fait pour le rassurer.

Dans sa grande générosité, la France prétend soigner le monde entier tout en réduisant les moyens accordés aux hôpitaux, ceci au détriment des patients, en particulier de ceux qui cotisent à la sécurité sociale et à l’assurance complémentaire, des Français qui ne comprennent pas que le « meilleur système de santé au monde » les traite si mal dans les hôpitaux publics standards.

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