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De la douceur dans ce monde de brutes. Concerto n°3 de saint-Saens, opus 61. 2ème mouvement

Version intégrale. Le 2ème mouvement commence à 10:45/28:35

Renaud Capuçon – Saint-Saëns – Violin Concerto No. 3  l’Orchestre Philharmonique de Radio France, cond.: Lionel Bringuier; kindly presented by FranceMusique and Arte Live Web; Live in 2013, Paris. Watch this concert here:
http://liveweb.arte.tv/fr/video/Renau…

2ème mouvement uniquement

(HD)Julia Fischer -Saint saens Concerto N° 3 in B Minor Op 61 -2nd movement

2ème mouvement uniquement

Kyung Wha Chung – Saint Saens Violin Concerto No.3 Mov.2 – Andantino Quasi Allegretto

Soloist: Kyung Wha Chung
Conductor: Lawrence Foster
Orchestra: London Symphony Orchestra

Par ce jour pluvieux et brumeux, cette musique m’a enchantée. Je l’ai écoutée ce matin sur radio classique interprétée par R.Capuçon / Orch Philh Radio France / L.Bringuier

Décidément, en ce moment, je suis vraiment touchée par la musique de l’orientaliste Camille Saint-Saens, ami de l’archéologue Jane Dieulafoy,  qui suscite une délicieuse émotion bien que le compositeur soit décrit comme un rationaliste froid. S’opposant au désordre, à la grandiloquence, à la boursouflure et à la gaucherie des toiles violemment coloriées de Berlioz, les poèmes symphoniques de Saint-Saëns offrent un dosage parfait de la science architecturale, de la précision descriptive, de la puissance évocatrice, de la limpidité du style, de la virtuosité orchestrale et du tact dans le choix des volumes et des couleurs. Au moment où ces lignes sont écrites ces vertus ne sont plus à la mode mais il faudrait n’avoir rien retenu des leçons que nous donne le passé pour ne pas être persuadé que l’art intelligent et rationnel de ce parfait écrivain français retrouvera bientôt parmi ses compatriotes la vaste audience que mérite un classique de sa valeur.

Source image http://www.musicologie.org/Biographies/saint_saens_c.html

Extraits de la biographie de Saint-Saens par ÉMILE VUILLERMOZ, Histoire de la musique. «Les grandes études historiques», Librairie Fayard, Paris 1949 (8e édition), p. 281-285

C’est en pratiquant une politique musicale très différente que Charles-Camille Saint-Saëns a défendu également les intérêts artistiques de son pays. Patriote jusqu’au chauvinisme, Français jusqu’au « gallicanisme », ce Normand à demi Champenois avait fait de la xénophobie le dogme essentiel de son évangile. Les exagérations ridicules et les mesquineries auxquelles l’entraîna ce parti pris auraient fort bien pu discréditer la noble cause dont il se faisait l’agressif champion, mais la qualité de ses oeuvres vint heureusement conjurer ce péril. Saint-Saëns résume en lui quelques-unes des particularités caractéristiques du génie de notre race : le goût de la netteté, de la clarté et de la logique, l’amour de la pureté néo-classique, l’intellectualisme raisonneur et l’intransigeance nationaliste. Cette solide armature l’a évidemment préservé des abandons enivrés et des délires hallucinés du romantisme, mais elle a comprimé si fortement son coeur que nous regrettons d’avoir sou-vent tant de peine à en percevoir les battements.

La vie de cet artiste, né dans l’aisance et encouragé dans sa vocation, fut celle d’un dilettante laborieux. Affranchi des soucis matériels qui écrasent trop souvent les compositeurs, il accepta temporairement quelques obligations professionnelles comme l’enseignement du piano à l’École Niedermeyer, et les fonctions d’organiste à Saint-Merry, puis à la Madeleine, mais conserva toujours assez de liberté pour concilier son amour du travail et son goût des voyages. Merveilleusement doué pour le piano, qu’il aborda à deux ans et demi, il put, à cinq ans, accomplir de surprenantes performances comme exécutant et comme improvisateur et, à dix ans, donner un grand récital composé d’oeuvres maîtresses de Haendel, Bach et Beethoven. Il avait travaillé avec Stamaty; il étudia l’orgue avec Benoist et déserta sou-vent la classe de composition d’Halévy pour recueillir l’enseignement de Gounod.

Chose étrange et déconcertante, ce virtuose de la composition, ce type du « fort en thème » et de l’élève docile et conformiste échoua par deux fois au Concours de Borne dont le règlement semblait pourtant fait pour mettre en valeur toutes ses vertus scolaires. Il n’insista pas et se remit tranquillement à la composition pour nous donner, à dix-huit ans, sa première Symphonie en mi bémol …Dans tous ces domaines Saint-Saëns fit preuve d’une lucidité, d’une maîtrise aisée, d’une sûreté de main et d’un imperturbable sang-froid qui lui ont été reprochés comme des tares…

biographie cité par http://www.musicologie.org/Biographies/saint_saens_c.html

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