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Phème : l’UE veut marquer les sites « douteux » d’un bandeau rouge…

Publié le 15 décembre 2015 – par 14 commentaires http://ripostelaique.com/orwell-dans-internet-pheme-moi-peur.html

Alors que des millions de rumeurs (hoaxes) courent sur L’internet, quelques sites, en particulier Hoaxbuster et Debunked prétendent assister les internautes dans leur identification. L’entreprise est louable et serait utile si elle était fiable.

Malheureusement, Hoaxbuster et Debunked font dans le politiquement correct et mélangent allègrement information et opinion. En quelque sorte, ils pratiquent ce qu’ils dénoncent.

Le drame est que ces pseudo justiciers préparent le terrain pour le projet européen PHEME (du nom de la déesse grecque de la rumeur), un programme subventionné par la communauté européenne et conduit par des experts en linguistique, sémiologie, sociologie, psychologie et politique, démarré en 2014 pour être opérationnel en 2016.

Le projet PHEME a pour objectif de scruter tous les messages circulant sur Internet afin d’identifier les rumeurs et les distinguer de l’information authentique, à savoir l’information officielle véhiculée par les médias officiels, ceux-là mêmes qui, en France en particulier,  sont subventionnés par le pouvoir en place.

PHEME se targue de rechercher la « veracity », la véracité de l’information. Pourtant, dans la véracité, il y a toujours une part de subjectivité contrairement à la réalité.

Avec PHEME, la dictature orwellienne scelle sa position. Concrètement,  tous les sites de réinformation pourraient être supprimées ou signalés comme douteux par un bandeau rouge.  Riposte Laïque, Boulevard Voltaire, Dreuz, TV libertés, radio Courtoisie, Minurne, La Gauche m’a tuer, et bien d’autres seraient censurés.

La liberté d’information si chère à la caste dominante s’arrête là où cette dernière est remise en cause ou contredite car, selon PHEME, dans la recherche des informations dites « virales », figure la controverse au même titre que  la désinformation, la pure spéculation, et la fausse information. Si la controverse est toxique, qu’en est-il de la liberté d’expression ?

En matière de controverse, je pense à l’affaire Al Dura, cet enfant palestinien prétendument assassiné par l’armée israélienne. Le correspondant de la 2, Charles Enderlin avait envoyé l’image alors qu’il n’était pas sur place, qu’il n’avait pas assisté aux faits et que le film avait été tourné par son cameraman palestinien-en-lequel-il-avait-toute-confiance. L’image avait soulevé une controverse intense, les Israéliens prétendant que l’affaire avait été montée de toutes pièces pour décrédibiliser Tsahal et entretenir la haine antisioniste. Enderlin avait reçu un soutien sans faille de toute la caste médiatique qui pourtant n’avait pas assisté au drame, et moi non plus d’ailleurs mais il me semble qu’il restait de la place pour le doute. PHEME aurait entériné la version d’Enderlin et la controverse aurait été éliminée.

Plus récemment on a vu circuler comme vraie de vraie la photo douteuse du corps du petit Aylan sur une plage grecque immaculée sans traces des pas des photographes, les vêtements bien propres, les chaussures aux pieds avec une légende sans nuances dans tous les médias officiels qui se sont par la suite abstenus de préciser que le petit garçon avait été forcé, avec sa mère et son frère de quitter la Turquie où ils habitaient depuis trois ans, pour que le père, probablement passeur, puisse aller se faire refaire les dents gratis en Europe. L’algorithme PHEME aurait accordé le statut de « véracité » à cette photo et sa légende. A contrario, PHEME aurait disqualifié les informations concernant le père au titre de rumeurs.

Des controverses, il y en a tout le temps : affaire Boulin, Cahuzac, Betencourt, DSK, Tapie, Julie Gayet, les tueries de Mérah d’abord attribuées à l’extrême droite, les polygames musulmans de Nantes et Marseille, l’emprunt russe du Front national, la « jungle » de Calais, l’invasion migratoire, le financement des djihadistes par l’amie saoudienne, l’élu de Paris 19ème maintenu malgré sa condamnation pour violences conjugales, etc. Tous ces sujets ne pourraient plus faire l’objet de débats.

Le projet PHEME a été annoncé par le journal Le Parisien le 19 février 2014 et n’a pas fait l’objet de nouveaux articles depuis le 30 avril 2015, à ma connaissance. Il avance donc tranquillement sans témoins, ce qui est curieux étant donnée la propension à la paranoïa des internautes. Où sont passés les conspirationnistes ?

Alice Braitberg

Pour en savoir plus

Computing Veracity – the Fourth Challenge of Big Data

L’algorithme promis doit plus précisément classer les contenus qui tomberaient dans la catégorie de la désinformation, de la pure spéculation, de la controverse ou de la fausse information. Et passer ainsi de la viralité à la véracité, en s’appuyant sur certains critères comme la nature de la source, la réputation de l’auteur, le texte lui-même (statut Facebook, légende photo ou tweet… ), ou les réactions qu’il provoque de la part d’autres internautes.  

Ce type d’outil par son ampleur (tout le Web) et son fonctionnement en temps réel n’est rien de moins que le plus important logiciel de censure mondial. Même la Chine n’y a pas pensé. Seule l’Europe a l’esprit assez tordu pour penser et financer ce genre de projet.

Retenez bien. Projet Pheme. Internet ne sera bientôt plus libre, et lorsque vous lirez le Contrarien (si c’est encore autorisé) apparaîtra sur votre navigateur le message : « Attention ce site présent des contenus subversifs. Votre adresse IP ainsi que votre ADN ont été transmis à la police de la pensée »… signé le ministère de l’Amour.

Précisions: la liste des participants.

Universités et entreprise: les partenaires du projet sont les cinq universités Sheffield, King’s Collège London, Warwick en Angleterre, Saarland en Allemagne et l’Université MODUL à Vienne avec quatre entreprises ATOS en Espagne, ihub au Kenya et Ontotext en Bulgarie sans oublier le site suisse swissinfo .ch.

Charles SANNAT

Les réseaux sociaux sont une mine d’or en termes d’informations et d’expressions citoyennes pertinentes mais peuvent aussi être utilisés pour répandre des rumeurs. Pour faire le tri, des chercheurs planchent sur une sorte de «détecteur de mensonges» actif sur Twitter ou encore Facebook. Un projet ambitieux qui, selon le New York Times, pourrait se concrétiser dans dix-huit mois.

Ce programme de «fact cheking» (vérification des faits en direct) automatique, baptisé «Pheme», devrait pouvoir identifier la fiabilité des sources des informations communiquées grâce à un algorithme complexe. Un travail titanesque que coordonne la faculté de Sheffield, dans le nord de l’Angleterre, avec quatre autres universités et quatre entreprises. Financépar l’Union européenne, ce projet est mené sur trois ans.

Le projet doit identifier quatre types d’informations peu fiables: les spéculations, la controverse, la fausse information et la désinformation. Les chercheurs comptent utiliser trois facteurs pour établir la véracité des données: l’information en tant que telle, un système de vérification via des sources fiables et la diffusion de l’information. Le résultat de cette recherche pourra apparaître sur l’écran de l’utilisateur.

«Nous pouvons déjà traiter un énorme volume d’informations sur les réseaux sociaux, la vitesse à laquelle elles apparaissent et leurs formes – tweet, vidéo, photo, blog,…», selon Kalina Bontcheva. «Mais il n’est pas possible actuellement de les analyser automatiquement, en temps réel, pour voir si l’information est réelle ou fausse et c’est ce que nous voulons parvenir à faire.»

Cependant, un programme informatique ne peut pas être Dieu. Sur quoi se basera alors PHEME pour analyser la Vérité ? Eh bien sur la «crédibilité des sources», donc in fine, sur la confiance. Aïe, on est déjà loin du «FACT checking»… Outre le fait qu’établir la Vérité sur la base de la confiance soit déjà une absurdité épistémologique, il convient encore de voir ce qui va représenter la vérité en question, et il s’agira bien sûr de la presse subventionnée, soutenue par les États, que d’aucuns (sans doute des néo-fachos mal embouchés) appellent «la Pravda médiatique».

Ainsi, le site de Marc Touati, où je-ne-sais quel grand hebdomadaire économique promettant le CAC 40 à 5000 points l’année prochaine seront présentés comme une source sûre alors que l’excellent blog de Pierre Jovanovic sera au mieux classé comme «source douteuse». Pareil pour Olivier Berruyer et son blog de réinformation, mis loin derrière le New-York Times qui a repris sans réfléchir les bidouillages du gouvernement ukrainien pour prouver que les chars russes «avaient franchi la frontière». Quid des explications géopolitiques à ce qui se passe dans le monde ? Tout ce qui dépasse la rhétorique ministérielle des gentils contre les méchants risque bien de se faire cataloguer comme «complotisme» par PHEME.

CNN et ses armes de destruction massives, TF1 et ses «experts» déclarant que les nuages radioactifs s’arrêtent à la frontière… Tous auraient été jugés on ne peut plus crédibles par les outils orwelliens de Google ou de l’UE. Bien sûr, les choses changent. Aujourd’hui, dans les franges de la presse encore honnêtes, on peut lire que la guerre en Iraq était motivée par le pétrole (ex le Guardian). Mais quand le soufflé n’était pas encore retombé, on ne lisait ce genre d’analyse que dans la presse alternative.

Étant donné que le monde journalistique et politique couchent dans le même lit (au propre comme au figuré ! Montebourg-Pulvar etc), on doit s’attendre à voir se multiplier ces initiatives liberticides, dernières tentatives pour remonter au cric l’information mainstream (que personne ne lit), non pas en se faisant soutenir par les deniers publics (ça c’est déjà fait) mais en écartant purement et simplement la concurrence, qu’on trouvera en page 30 des recherches Google ou qui sera surmontée d’un gros bandeau rouge «ATTENTION ! Ces lectures déconseillées par Miniver sont séditieuses !». À quand les connexions signalées aux autorités si elles ne concernent pas un site approuvé par l’État, ou mieux, les pages fermées automatiquement quand elles seront déclarées «non-conformes» par une AI développée chez une mégacorporation de milliardaires dont le seul but est (on le rappelle) faire du bif’, et non «défendre la Vérité». Larry Page n’est pas philosophe !

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