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Le procureur de Valence ignore les appels au meurtre de l’Etat islamique

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« Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout […] citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’État islamique, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière », a déclaré Abou Mohammed al-Adnani, le porte-parole de l’EI, dans un message diffusé en plusieurs langues via Twitter. « Tuez le mécréant qu’il soit civil ou militaire », a-t-il ajouté.

Frappez sa tête avec une pierre, égorgez-le avec un couteau, écrasez-le avec votre voiture, jetez-le d’un lieu en hauteur, étranglez-le ou empoisonnez-le », indique-t-il.

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Aussi incroyable que cela puisse être pour un haut fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur, le procureur de Valence n’était pas au courant des appels au meurtre de l’Etat islamique et des conseils qu’il donne à ses suppôts, c’est-à-dire n’importe quel musulman, organisé ou pas qui voudrait exterminer les mécréants.

Dans ses déclarations ce procureur s’est acharné à démontrer que le criminel qui a foncé sur les militaires de Valence n’avait aucun rapport avec le terrorisme islamique. Un maghrébin qui a crié Allah Akhbar, un tunisien pratiquant, des images de djihadistes dans son ordinateur, un homme sans armes …pour ce procureur ignorant des conseils donnés par l’EI à tous les musulmans, cela suffit à prouver que El Ayoub n’agissait pas au nom de l’Islam !

Oyez braves gens, ne craignez rien, il n’y a aucun danger de terrorisme en France, moi procureur de la République, représentant du Ministère de l’Intérieur, je garantis votre sécurité.

Il faut être singulièrement ignorant pour ne pas se souvenir de l’un des premiers appels à assassiner les mécréants par tous les moyens.

A en croire les commentaires d’internautes sur le sujet, personne n’est dupe des mensonges de l’Autorité ni des risques mortels que nous courons tous n’importe où et n’importe quand dans notre pays que l’EI se vante avoir « mis à genou » le 13 novembre 2015.

 

La Connectrice

Pour en savoir plus

L’école française ? Un lieu de la « mécréance » et de la « perversion ». Les professeurs ? Des « corrupteurs » à « combattre et tuer ». C’est clairement une menace de mort que profère l’organisation Etat islamique (EI) à l’encontre des enseignants dans l’un de ses outils de propagande, le magazine francophone en ligne Dar Al-Islam (« Demeure de l’islam »). Une menace prise très au sérieux, tant l’Etat islamique a prouvé sa capacité à convaincredes terroristes de passer à l’acte.

Titré « La France à genoux », en référence aux attentats du 13 novembre, le septième numéro de cette revue, diffusé fin novembre, consacre tout un dossier à l’éducation à la française. Six pages empreintes de théories simplistes et complotistes : l’école servirait à « imposer le mode de pensée corrompu établi par la judéo-maçonnerie ». Elle cultiverait, chez l’enfant, « l’ignorance et la corruption morale », et l’affaiblirait « jusqu’à ce que, enchaîné à ses plus vils instincts, il soit esclave des vrais maîtres de l’Occident : les juifs corrupteurs ».C’est à la laïcité « fanatique » de l’enseignement français que s’en prend, sur un ton haineux, le magazine, quelques jours seulement avant la célébration, le 9 décembre, de ce principe dans les établissements scolaires – une journée que le ministère de l’éducation nationale n’entend pas remettre en cause. Dar Al-Islam condamne tout particulièrement la Charte de la laïcité, affichée depuis 2013 dans les écoles, définie comme « un tissu de mensonges et de mécréance ».

 

Appel à la « hijrah »

S’ensuit le rejet de tout ce que porte l’école : la laïcité et la démocratie, la tolérance, l’humanisme, le respect des valeurs républicaines, le pluralisme des convictions, la mixité entre les filles et les garçons, « porte ouverte vers la fornication ». La revue s’attaque aussi à la « théorie darwiniste de l’évolution », à l’interdiction de la prière et des signes religieux, à la musique… « Une fois de plus, c’est un symbole de la République qui est attaqué, souligne Christian Chevalier, secrétaire général du syndicat des enseignants de l’UNSA. Et quel symbole : l’école, le cœur de la République, le lieu où l’on forme le citoyen éclairé. »Dans la seconde partie du dossier, le magazine propose deux « solutions ». La première : faire la « hijrah » (émigration) vers le « califat » qui « a mis en place des écoles où les programmes sont réellement islamiques, purifiés de toutes les mécréances et péchés ». La seconde : « combattre et tuer tous ces corrupteurs ». Deux professions sont prises pour cible : les professeurs qui enseignent la laïcité – tous, donc, puisque sa transmission est une mission inhérente au métier –, et les services sociaux qui« retirent les enfants musulmans à leurs parents ».Quelle est la portée de ce magazine ? « S’il semble difficile d’évaluer le nombre de lecteurs et l’influence que cette publication peut avoir sur eux, l’impact s’étend au-delà du lectorat visé puisque Dar Al-Islam est relayé par la fachosphère », signale un enseignant et historien spécialiste du sujet qui, dans le contexte actuel, a préféré garder l’anonymat.Au sein de la communauté éducative, les réactions oscillent entre la peur et un certain détachement. « La menace de Daech ? Je m’en moque pas mal ! », lâche un enseignant de Seine-Saint-Denis. « Je ne savais pas que j’exerçais un métier à risque ! »,ironise un autre. « Gardons la tête froide et ne cédons pas à la panique, puisque c’est justement ce qui est recherché », avertit Liliana Moyano, présidente des parents d’élèves de la FCPE. Inquiet, un professeur parisien demande que cette menace soit« prise au sérieux. Ces gens finissent généralement par faire ce qu’ils disent ». Sur la Toile, beaucoup s’interrogent sur la nécessité de renforcer encore la sécurité aux abords des établissements scolaires.

Cadrage national

Davantage de sécurité ? Au ministère de l’intérieur, on assure que cette menace a été « prise en compte » par ses services, « extrêmement mobilisés pour agir en profondeur sur les filières et déjouer des projets d’attentats », sans faire plus de commentaire, « pour des raisons opérationnelles ». Pour l’heure, les consignes de sécurité applicables de la maternelle à l’université depuis les attentats du 13 novembre – et réactualisées à deux reprises depuis – sont toujours en vigueur : accueil renforcé à l’entrée des bâtiments, identité « systématiquement vérifiée » des personnes étrangères aux établissements, possible « contrôle visuel des sacs », obligation deréaliser d’ici les vacances de Noël deux exercices de sécurité (évacuation incendie et mise à l’abri ou confinement).Voilà pour le cadrage national. Sur le terrain toutefois, les consignes peuvent varier d’une ville à l’autre – voire d’un arrondissement à l’autre –, puisqu’elles dépendent aussi des municipalités. C’est en tout cas ce que font valoir nombre de parents d’élèves, inquiets. Ici, les portes s’ouvrent plus tôt ou plus tard qu’habituellement. Là, on contrôle sacs et cartables, parfois mêmes poussettes et vêtements.

Patrouilles

A Paris, il en faut peu pour raviver les craintes. « Depuis qu’on a fait état de vigiles patrouillant aux abords d’une école du 5arrondissement, les autres écoles du quartier se demandent pourquoi elles n’y ont pas droit, témoigne Hervé-Jean Le Niger, vice-président de la FCPE. Dans les 10e et 11arrondissements, épicentres des attentats, les familles sont en demande d’une sécurisation accrue, de visiophonie… On attend des annonces sur l’éventuelle extension de circuits courts de patrouilles militaires entre les écoles parisiennes. » Du côté du rectorat, on précise ne pas être à l’initiative de telles patrouilles. Dans l’entourage de la maire, Anne Hidalgo, quelques détails filtrent : « Des patrouilles sont d’ores et déjà mises en place, organisées par les commissariats en lien avec les mairies, avec parfois des renforts à pied ou en véhicule autour des lieux de vie, notamment des écoles aux heures d’entrée et de sortie », précise-t-on à l’Hôtel de Ville.La surenchère sécuritaire, ce n’est pas ce que demandent les syndicats d’enseignants. « Je ne suis pas sûr qu’on puissedémultiplier les mesures et installer un car de CRS devant chaque école, souligne Christian Chevalier. Les mesures Vigipirate doivent être maintenues, tout comme cette vigilance collective et citoyenne qu’on exerce depuis les attentats. » Pour Frédéric Sève, du SGEN-CFDT, un autre syndicat enseignant, la propagande djihadiste doit « nous encourager à en faire encore plus en matière d’enseignement de la laïcité, d’égalité filles-garçons, de respect de l’esprit scientifique, de tolérance… Sur le mode qui est le nôtre : pas celui de l’affirmation péremptoire et autoritaire, mais celui de l’explication, de l’éducation, du partage ».

 
  • Mattea Battaglia
    Journaliste au Monde

image: http://s1.lemde.fr/medias/web/img/bg/vide.png

 

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