Flux RSS

Fin de vie. Laissez moi mourir tranquille ! Les animaux qui souffrent ont droit au départ, pas les humains

Ce jour, l’Assemblée a voté un projet de loi supposé améliorer la loi Léonetti sur la fin de vie. La sédation profonde sera autorisée, les directives de fin de vie devront être respectées par les médecins, mais l’euthanasie et le suicide assistés restent interdits.

HUMOUR DU JOUR

http://watergolf.over-blog.com/2015/03/humour-du-jour.html

Concrètement, la nouvelle loi va mettre en place ce que M. Leonetti appelle un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». Si cette pratique sédative existe déjà dans les hôpitaux français, « elle est loin d’être générale et homogène », avaient constaté les deux auteurs de la proposition de loi

Désormais un médecin ne pourra pas s’opposer à une demande de sédation profonde et continue de la part d’un patient atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». Ou lorsque sa « décision d’arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable ».

Les directives anticipées, par lesquelles il est possible de faire connaître son refus d’un acharnement thérapeutique – jusque-là simplement indicatives – s’imposeront désormais au médecin, sans être toutefois opposables. Le soignant pourra en effet y déroger « en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation » et lorsqu’elles « apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ». Ce refus devra être pris à l’issue d’une procédure collégiale et figurer noir sur blanc dans le dossier médical du patient.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/27/fin-de-vie-ce-que-va-changer-la-nouvelle-loi-claeys-leonetti_4854266_3224.html#6QVUlGMwZtihw6Js.99

A partir du moment où la loi autorise le soignant à déroger aux directives anticipées du patient, toutes les dérives sont possibles, surtout si l’équipe médicale est opposée à l’aide à la fin de vie.

Afficher l'image d'origine

Le débat continue pour une loi autorisant le suicide assisté  www.change.org/SuicideAssiste

Les candidats à une mort douce devront se procurer des produits illégalement, au risque d’être poursuivis par la Justice, ou bien se rendre en Belgique, aux Pays-bas ou en Suisse

Encore faut-il que ces personnes aient les moyens d’acheter des produits ou partir à l’étranger avec tous les problèmes qui resteront à la charge de la famille, comme le déplacement géographique et le rapatriement du corps.

Il est donc impossible de mourir tranquillement chez soi dans des conditions douces et humaines.

Notre mort ne nous appartient pas, pas plus que notre vie, d’ailleurs.

Les personnes déterminées doivent recourir à des solutions violentes et traumatisantes pour les témoins et l’entourage : sauter d’un pont, d’une tour, se tirer une balle dans la tête, s’asphyxier en se mettant un sac en plastique sur la tête, avaler de la soude caustique, se jeter sous le métro, se pendre, se couper les veines, etc.

Notre société se pose moins de questions pour la fin de vie de nos animaux, reconnus comme être sensibles, dont nous n’hésitons pas à abréger les souffrances, par amour pour eux, en les faisant « piquer ».

La souffrance humaine serait-elle moins respectable que la souffrance animale ?

Je vois deux principaux obstacles à laisser les humains partir comme et quand ils le souhaitent :

-un intérêt commercial : les soins palliatifs coûtent très cher en antalgiques, pompes à morphine, personnel médical et para médical, occupation d’une chambre d’hôpital lourdement équipée, matériel de réanimation, examens coûteux pour évaluer la durée de vie du patient, etc.

-La religion qui interdit le suicide parce que « seul Dieu peut reprendre la vie qu’il a donnée ». Pendant des siècles l’Eglise catholique a excommunié les suicidés qui étaient enterrés anonymement à l’extérieur des cimetières construits au pied des églises.

Dans un pays laïque il est totalement abusif d’imposer les convictions religieuses des uns aux autres et il est malhonnête de vouloir faire croire que si l’euthanasie était autorisée on tuerait à tour de bras. Les assassins, les « anges de la mort », les empoisonneurs, les terroristes et les guerriers ont tué et tuent beaucoup plus que ne le feront jamais les partisans de l’euthanasie.

Les militants « pour la vie » ont l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes en voulant nous faire croire qu’une loi sur l’euthanasie rendrait l’extermination des malades, des handicapés et des vieux obligatoire. Ils utilisent le même argument contre la loi Veil, prétendant qu’elle rend l’avortement obligatoire.

Le point de vue de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité

 Chers amis,

Pour votre information, je vous adresse ci-joint le texte de la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie adopté le mercredi 27 janvier 2016 à l’issue du long processus législatif.
Ce texte – nous l’avons assez dit – ne correspond en rien à la revendication qui est portée par notre association depuis sa création en 1980. Il ne s’agit ni d’une droit à l’euthanasie ni d’un droit au suicide assisté. Comme par la combinaison de la loi du 22 avril 2005 et du décret du 29 janvier 2010, il s’agit d’une loi instaurant la sédation comme seule possibilité d’abréger une fin de vie.

Les principaux points de ce texte sont :
  – La confirmation par la loi qu’hydratation et nutrition artificielles sont des traitements et non des soins, et peuvent donc être arrêtés (article 2),
  – Une sédation profonde et continue -dans le décret de 2010, cette sédation n’était pas qualifiée- associée à une analgésie peut être mise en œuvre (article 3),
  – Cette sédation peut être mise en œuvre au domicile du patient (article 3),
  – « Les directives anticipées s’imposent au médecin, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale » (article 8).
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dossier législatif sur notre blog et lire la tribune que j’ai publiée sur le site de L’Obs.

Je vous souhaite une bonne lecture de ces documents.

Jean-Luc Romero
Président de l’ADMD

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 27 janvier, lors d’un ultime vote, la proposition de loi de Jean Leonetti et Alain Claeys sur la fin de vie. Un texte qui ne convainc ni les anti-enthanasie, ni les militants pour le droit à mourir dans la dignité, dont Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, fait partie. Il ne compte pas mettre un terme à son combat.

 
Jean-Luc Romero, président de l'ADMD

Jean-Luc Romero, président de l’ADMD
 
Le mardi 19 janvier dernier, une commission mixte paritaire (CMP) s’est réunie pour proposer un texte commun à soumettre aux deux Chambres (Assemblée et Sénat). Le mercredi 27 janvier, les députés et les sénateurs ont examiné, en séance publique, les conclusions de cette CMP sur la proposition de loi des députés Jean Leonetti et Alain Claeys, créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.

Je félicite les deux députés qui ont réussi, sur la base de la proposition 21 du président Hollande d’autoriser une aide active à mourir, à faire voter un texte, pratiquement inchangé par rapport à leur proposition de loi initiale, venant conclure trois années et demi (depuis la nomination du professeur Sicard par le président de la République, en juillet 2012, pour rédiger un rapport sur la fin de vie).

Je les félicite surtout pour avoir réussi le tour de force de faire croire à l’opinion publique qu’il s’agissait d’une avancée alors qu’il ne s’agit que de la mise en forme de la première loi Leonetti de 2005 (celle-ci est tout de même la troisième !) avec le décret du 29 janvier 2010 (permettant déjà les traitement sédatifs lorsque les autres traitements sont interrompus) et avec une position constante depuis la loi Kouchner de 2002, à savoir qu’hydratation et alimentation sont considérés en France comme des traitements et non des soins (cure, et non care), avec l’assentiment complaisant de parlementaires trop ravis de se retirer une épine du pied en se débarrassant de ce fardeau législatif et de médecins trop heureux de conserver la main sur cette question si intime qu’elle ne devrait appartenir qu’au seul patient arrivé au terme de sa vie.

Une loi inhumaine et hypocrite…

Alors, que va-t-il se passer à présent ?

 
Une loi qui ne satisfera ni les pro-vie ni les pro-choix

Les Français, très largement (plus de 90%) favorables à la légalisation de l’euthanasie telle qu’elle existe déjà aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, vont vite s’apercevoir, comme après le vote de la loi de 2005, que cette loi n’aidera pas ceux qu’ils aiment à maîtriser leur propre parcours de fin de vie et à mourir paisiblement et dans leur dignité ; les souffrances, les déchéances, les détresses vont toujours résonner au cœur des familles, laissant des cicatrices morales et affectives indélébiles.

Les pro-life – qui ne sont en fait que des voleurs de liberté, des anti-choix, qu’il s’agisse du droit de disposer de son corps comme de sa mort – trouveront que la médecine, en « sédatant » et en privant d’alimentation et d’hydratation le patient, va trop loin en accélérant le processus de fin de vie. Ils en appelleront à des forces divines, certains même manifesteront et s’enchaîneront devant les hôpitaux qui pratiqueront la sédation.

Les pro-choix – qui sont des amoureux de la vie et ne sont pas disposés à la confondre avec la survie, nous donc ! – continueront à revendiquer le droit pour chaque femme et chaque homme de ce pays de choisir lui-même les conditions de sa fin de vie dès lors qu’il est arrivé au bout de sa vie, reprenant ainsi la revendication de 36 ans (déjà !) de l’ADMD et la proposition de loi légalisant l’euthanasie co-signée par la majorité des députés socialistes dont Manuel Valls, Christiane Taubira, Laurent Fabius, Marisol Touraine, Marylise Lebranchu, Jean-Marc Ayrault et même Alain Claeys… en 2009 !

Les parlementaires ne font qu’ouvrir la voie à de nouvelles actions

À l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, nous poursuivrons notre travail de persuasion des parlementaires et leur responsabilisation (car après tout, les futurs drames de la fin de vie en Ehpad ou ailleurs seront les conséquences de leur inaction) pour qu’il comprennent enfin qu’ouvrir un droit supplémentaire à ceux qui le souhaitent ne crée aucune obligation pour ceux qui le refusent, et qu’une société qui se libère et libère ses citoyens des interdits est une société qui ne se sclérose pas et continue d’avancer.

Les parlementaires ont probablement souhaité, par leur vote du mercredi 27 janvier, mettre un terme au débat à propos de l’euthanasie qui agite notre société depuis de très longues années déjà. Ils ne font pourtant qu’ouvrir la voie à de nouvelles actions, de nouvelles contestations et de nouvelles manifestations.

Les 66.000 adhérents de l’ADMD vont reprendre le chemin des permanences parlementaires, des plateaux de télévision et des studios de radio pour exprimer leur colère. Ils seront dans la rue…

Ceux qui nous ont bercés de promesses et de mots, en 2012, ne pourront plus, en 2017, nous faire rêver. Tant pis pour eux…

Mais en attendant, des femmes et des hommes de notre pays souffrent et meurent dans des conditions inacceptables et indignes de leur condition humaine et d’un pays qui se veut grand…

 

"

  1. Levoisin Sylvie

    C’est affreux, surtout quand on sait qu’il peut y avoir des dérapages.
    Les soins palliatifs coutent chers soit disant… mais il n’en reste pas moins qu’ils offrent une mort digne aux personnes en fin de vie et une écoute de qualité de leur souffrance.
    En outre, la personne décédée, il y a un suivi de la famille dans son deuil.
    Autant de qualité de service que l’on ne trouve point dans la mort « assistée » (je le mets entre guillemets pour souligner l’ironie du terme)

    J'aime

    Réponse
    • laconnectrice

      Dérapages, dérapages, il y en a dans tous les domaines, mais l’essentiel est de respecter la volonté des personnes concernées
      Allez-vous supprimer tous les permis de conduire sous prétexte qu’il y a des assassins en puissance au volant ?

      J'aime

      Réponse
  2. évidemment cette loi n’est que de la fumée, rien ne change en réalité, ou c’est pire, les médecins gardent tout pouvoir sur nos vies.

    refuser toute médecine? c’est possible mais à quel prix de souffrances?
    refuser tout séjour à l’hôpital pour se prémunir d’acharnement incongru, déraisonnable?
    doit-on en arriver là?

    les soins palliatifs coûtent cher à la sécu,
    ils peuvent être le pire comme le meilleur, tout dépend des personnes, ceux qui les donnent et ceux qui les reçoivent
    mais ils rapportent beaucoup aux labos de pharmacie, aux fabricants de machines à vivre, et à de nombreux privés qui les pratiquent.

    la loi ne concerne que le « patient atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ».  »
    Pourtant on meure parfois si lentement qu’on aimerait que les médecins nous considèrent et suivent nos directives même si la mort peut advenir pas « à court terme » (ce qui signifie quoi? trois jours ou trois semaines, trois mois???) mais dans un délai plus long.

    On meure d’autre chose que d’affection grave et incurable, on meurt de ne plus vivre « dignement », avec de nombreux handicaps que les médecins refusent d’appeler maladies.
    On peut être en mauvaise santé et ne pas être malade.

    Ne pas confondre bonne santé et absence de maladie.
    Celui ou celle qui ne peut plus marcher, ne voit plus clair et entend mal, est incontinent (lot de nombreuses personnes âgées), est dit en bonne santé par les médecins mais sa vie peut être un enfer.
    Incurable et alors ?
    On accepte cette vie plus que réduite, ou on la refuse ?
    Les deux ne sont-ils pas raisonnables pour les citoyens ?
    Les uns s’accrochent à la vie malgré tout, les autres préfèrent mourir, n’en ont-ils pas le droit ? Les uns comme les autres, ne doivent-ils pas être respectés ?

    Ceux qui préfèrent mourir devront-ils être obligés à des suicides plus ou moins violents et solitaires pour arriver à la délivrance ? Ne peut-on pas les accompagner dans leur choix ?

    J'aime

    Réponse
    • laconnectrice

      Je suis d’accord avec vous, Jacqueline, sauf sur un point
      J’ai connu des personnes âgées dans un état pitoyable, de notre point de vue de témoin valide, qui s’accrochaient mordicus à la vie.
      C’est pourquoi, il est très important de donner des directives anticipées, de les faire connaître et d’exiger avec le soutien, par exemple, de l’ADMD, que le corps médical les respecte malgré l’exception prévue dans cette loi enfumeuse.

      J'aime

      Réponse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :