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Féministes, libérez-vous !

Toutes dans la rue avec le MLF

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Je n’aurais pas écrit l’article qui suit d’Anne Zélensky, présidente de la Ligue du Droit des Femmes, militante féministe de la première que j’ai rencontrée dans les AG des Beaux-arts en 1970. Toutefois, je le trouve très juste et c’est pourquoi je vous invite à le lire.

Je n’aurais pas écrit cet article car je m’efforce de ne pas tomber dans l’acharnement systématique et très partagé contre « lesféministes ». Il est de bon ton aujourd’hui, chez les femmes comme chez les hommes, d’envoyer « lesféministes » en enfer, de se moquer d’elles, de désavouer leurs actions et d’oublier leur contribution à l’évolution de la société moderne et à la libération des femmes : droit de vote, droit d’étudier partout, droit de travailler et d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation du père ou du mari, égalité salariale (théorique), parité en politique (théorique), droit à la contraception, criminalisation du viol désormais jugé en assises (théoriquement), droit au divorce et partage de l’autorité parentale, reconnaissance des mères célibataires (autrefois filles mères maudites) et droit à la recherche de paternité, droit de transmettre le nom de la mère à l’enfant, droit à l’avortement pour celles qui le souhaitent, droit de porter le pantalon et de s’habiller selon son bon vouloir, etc.

Les jeunes femmes qui profitent de tous ces droits gagnés de haute lutte grâce aux mouvements féministes des 19ème et 20ème siècle se reposent sur les lauriers de leurs aînées sans vouloir prendre la relève alors qu’ils reste encore tant à faire pour bénéficier d’une réelle égalité de droits entre femmes et hommes. Par exemple, les lois sur l’égalité salariale, l’égalité professionnelle et la parité ne sont pas appliquées.

Malheureusement, les néo féministes brouillent les pistes de l’égalité en se mettant au service de la loi patriarcale et font la belle part aux mâles au nom d’une idéologie crypto marxiste qui établit que le plus digne de leur compassion est l’immigré violeur, cogneur, trafiquant de drogue, manipulateur, proxénète, polygame et envahisseur…parce que nous serions responsable de sa misère matérielle et morale.

Anne Zélensky vous livre ci-dessous une analyse intelligente, humaine et lucide.

La Connectrice

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Source : Causeur N°32-février 2016 p.66

               Faut il désespérer des féministes?

            Le message que certaines féministes ont fait passer à l’occasion des agressions de Cologne est  choquant.  Lentes à la manoeuvre, pour dénoncer, elles se sont vite rattrapées .en entonnant le couplet: «comprendre, ne pas stigmatiser et tout faire pour contrer la montée du FN » On connaît la chanson.: Depuis des lustres,  les préposées à la parole  publique  sur le féminisme ont le souci principal de  chercher des excuses aux autres ;; Elles en ont oublié   d’exister par elles mêmes.  Mais cette attitude compassionnelle est loin  d’exprimer l’ensemble  de  la réflexion sur le féminisme. Malheureusement ces sons de cloche différents ne résonnent guère dans les medias. Et le public croit que le féminisme se résume à ce qu’en disent certaines, un peu toujours les mêmes, que d’aucuns nomment néoféministes.  Eh bien le public doit savoir qu’il  y a d’autres manières de concevoir le vaste et beau projet féministe, qui s’inscrit dans une longue histoire et dont le sens est quelque peu dénaturé aujourd’hui.  Etre féministe c’est d’abord se connaître et se comprendre. Ce n’est pas être à la traîne d’idéologies, qui sous leur apparente générosité, reconduisent la servitude du deuxième sexe, le bien nommé..

            Je suis donc féministe moi aussi et même « historique », label que m’a valu mon action depuis les glorieuses années 70. Mais on a du mal à me publier aujourd’hui, en vertu du besoin de « nouveauté » . Patience ! Après ma mort on me rendra sans doute l’hommage dû aux «historiques». Dommage car le recul donne une vision en surplomb  .  Je m’efforce toujours de penser,  en dehors des cadres balisés.  Et je me retrouve là où on ne m’attend pas, mais je ne perds jamais mon nord.

             Je ne me reconnais vraiment pas dans  les bémols précautionneux qui ponctuent la tardive mise en cause   des débordements sexistes de la nuit de la St Sylvestre.  Je ne souscris pas au maternalisme  qui consiste à minimiser d’ inadmissibles violences machistes au prétexte qu’elles sont le fait de migrants. Je ne me reconnais pas dans ce «féminisme» frileux et aligné, qui se met de côté, reste l’ombre de l’autre, ne produit plus de pensée propre et vigoureuse. Où sont passées l’invention et l’audace des années 70?  Foin alors du dévouement millénaire à l’autre, basta la compassion, à nous une juste reconnaissance et la reprise en main de nos affaires. « Charité bien ordonnée commence par soi même ». Véritable révolution à une époque où sévissait le dogme des priorités, celle de la lutte des classes sur toutes les autres. La justice serait rétablie automatiquement pour tous les exploités quand le prolétariat aurait triomphé. Mais nous les féministes de ces années là (pas toutes), avons préféré suivre la voix de notre ventre plutôt que celle de notre maître. Notre ventre nous appartient et le reste avec, avons-nous clamé ! Et on nous a entendues. On finit toujours par entendre ceux qui haussent le ton. Or, les féministes d’aujourd’hui chuchotent et n’osent plus investiguer de nouvelles voies.  Elles ont tellement peur de déplaire qu’elles en ont perdu la voix. Il nous a fallu alors bien du courage  pour affronter l’opprobe suscitée par  nos agitations. Deux exemples parmi tant d’autres. Le viol : on  attendra 1980 pour qu’il soit renvoyé aux assises par nos soins. Ah le tollé ! Comment ? on allait envoyer en prison des gars qui ne savaient pas ce qu’ils faisaient les malheureux. Des sans coeur nous étions, je vous dis. Mais il y a toujours un moment où il faut choisir : Etre  violée en silence ou dire publiquement qu’on a été violée et que ça exige réparation. C’est ça le féminisme, ne plus écraser et avoir honte à la place de l’autre. Deuxième exemple . Quand à la Ligue du Droit des femmes nous avons dénoncé l’excision dans les années 80, les bonnes âmes de gauche nous ont vivement interpellé «   Vous allez mettre en prison le pauvre travailleur malien . Vous n’avez pas honte ? » Et nous de répondre «  Et la fillette mutilée ? »  Et j’en passe.

            On est loin aujourd’hui de cette saine  insolence  libératrice. Las ! Le système des priorités est toujours à l’œuvre. Exit la  lutte des classes, c’est ringard .  A l’ordre du jour c’est l’immigré le nouveau damné de la terre. Dans la hiérarchie de l’exploitation, il est en haut. Pas question de lui disputer sa place ! Et nos féministes d’emboîter ce pas , et de se mettre en sourdine . Toujours le même syndrome compassionnel que nos arrières grand’mères  qui elles ne pouvaient pas faire autrement.  En fait  nos «têtes de gondole» féministes ont  délaissé le projet de libération des femmes,  pour se vouer à l’humanitaire. Elles sont revenues à nos vieux moutons : une femme fait passer l’autre avant soi. Elles se sont détournées de ce « soi » cher à V. Woolf. Ce «soi» précieux qui est le gage de l’autonomie, de la pensée libre Il faut se mettre d’abord à son propre service pour mieux coexister. Elles ne traquent plus les nouvelles niches du sexisme, hydre toujours reconstituée, mais préfèrent se joindre à la cohorte installée de  l’antiracisme, l’œil fixé sur la montée du FN qui monte justement à cause de leur déni de la réalité. Or, l’antiracisme obsessionnel ne fait-il pas écran au sexisme ? On ne peut plus rien  dire sur le machisme de certaines cultures sans être taxées de raciste où colonialiste. Bien commode pour jeter un voile sur la douloureuse condition des femmes sous loi musulmane. Ces féministes-là pensent-elles au désespoir de celles qui se sont exilées de leurs pays pour retrouver ici ce qu’elles ont fui ? Pendant ce temps, courent par en dessous, toutes les autres formes d’exclusions qu’on ne voit plus et qu’on ne combat plus. C’est ainsi que le féminisme est en panne.

            Oui, où est passé le salutaire toupet d’antan ? Celui-ci a guidé hors des sentiers  de la servitude toutes celles qui ont relevé la tête depuis Christine de Pisan , en passant par les suffragettes, Simone de Beauvoir jusqu’aux   « salopes » du Manifeste des 343. Et maintenant ? 

            Les féministes en place auraient-elles perdu le nord ?

Anne Zelensky, présidente de la Ligue du droit des femmes.

Une réponse "

  1. excellent article qui va ravir mes amis , lesquels m’ont dit .. »ces féministes qui bougeaient quant on agitait des brindilles ,ou sont -elles quand il s’agit d’une forêt « ?????C’est la réaction saine , finement analysée qu’on attendait! merci Anne Zelensky!

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