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Féminisme. Nous n’avons pas gagné en considération depuis Flora Tristan

Qui a dit que les femmes étaient libérées ? Des hommes, bien sûr. Et pourtant il reste tant à faire pour que nous ayons une place à la hauteur de nos compétences et de notre contribution à la vie de la société et de la marche du monde !

Contrairement a ce qu’espérait Flora Tristan « le 89 des femmes » n’a pas sonné (la Révolution de 1789), nous sommes toujours des accessoires, des faire valoir, des potiches, des « blondes » et, avec la PMA et la GPA un utérus monté sur deux pattes quand nous ne sommes pas le champs de labour du valeureux mâle .

Les françaises, avec un viol toutes les 7 mn sont toujours un champs de labour, de même que les Allemandes, les Autrichiennes, les Suédoises et toutes les européennes victimes récemment de viols collectifs organisés.

N’oublions pas les indiennes, les nigériennes, les yéménites, les yézidis, les Egyptiennes et les petites filles qui sont mariées de force à des hommes adultes un peu partout dans le monde.

Le texte de Flora Tristan ci-dessous, écrit il y a près de 200 ans, en 1843, dresse un sinistre tableau de la condition des femmes qui, à quelques détails près pourrait s’appliquer à notre époque.

LC

Flora Tristan : l’Union ouvrière (extraits)

« Jusqu’à présent, la femme n’a compté pour rien dans les sociétés humaines. – Qu’en est-il résulté ?  – Que le prêtre, le législateur, le philosophe, l’ont traitée en vraie paria. La femme (c’est la moitié de l’humanité) a été mise hors l’Eglise, hors la loi, hors la société. – Pour elle, point de fonctions dans l’Eglise, point de représentation devant la loi, point de fonctions dans l’Etat. – Le prêtre lui a dit : – Femme, tu es la tentation, le péché, le mal ; – tu représentes la chair, – c’est-à-dire la corruption, la pourriture. – Pleure sur ta condition, jette de la cendre sur ta tête, enferme-toi dans un cloître, et là, macère ton cœur, qui est fait pour l’amour, et tes entrailles de femme qui sont faites pour la maternité ; et quand tu auras ainsi mutilé ton cœur et ton corps, offre-les tout sanglants et tout desséché à ton Dieu pour la rémission du péché originel commis par ta mère Eve. Puis le législateur lui a dit : – Femme, par toi-même tu n’es rien comme membre actif du corps humanitaire ; tu ne peux espérer trouver place au banquet social. – Il faut si tu veux vivre, que tu serves d’annexe à ton seigneur et maître, l’homme. – Donc jeune fille, tu obéiras à ton père ; mariée, tu obéiras à ton mari, veuve et vieille on ne fera plus aucun cas de toi. – Ensuite le savant philosophe lui a dit : – Femme, il a été constaté par la science que, d’après ton organisation, tu es inférieure à l’homme. – Or, tu n’as pas d’intelligence, pas de compréhension pour les hautes questions, pas de suite dans les idées, aucune capacité pour les sciences dites exactes, pas d’aptitude pour les travaux sérieux, – enfin, tu es un être faible de corps et d’esprit, pusillanime, superstitieux ; en un mot, tu n’es qu’un enfant capricieux, volontaire, frivole ; pendant 10 ou 15 ans de la vie tu es une gentille petite poupée, mais remplie de défauts et de vices. – C’est pourquoi, femme, il faut que l’homme soit ton maître et ait toute autorité sur toi.

Voilà, depuis six mille ans que le monde existe, comment les sages des sages ont jugéla race femme. Une aussi terrible condamnation et répétée pendant six mille ans, était de nature à frapper la foule, car la sanction du temps a beaucoup d’autorité sur la foule. – Cependant, ce qui doit nous faire espérer qu’on pourra en appeler de ce jugement, c’est que de même, pendant six mille ans, les sages des sages ont porté un jugement non moins terrible sur une autre race de l’humanité : les PROLETAIRES.  – Avant 89, qu’était le prolétaire dans la société française ? – Un vilain, un manant, dont on faisait une bête de somme taillable et corvéable. – Puis arrive la révolution de 89 et tout à coup voilà les sages des sages qui proclament que la plèbe se nomme peuple, que les vilains et les manants se nomment citoyens. – Enfin, ils proclament en pleine assemblée les droits de l’homme ».

 
 

Quel tableau ! Même allégé des notes qui font référence à Aristote, à St Paul, à l’Assemblée nationale de 1792, le texte est superbe. Quel éditeur pouvait diffuser de telles idées ? Aucun bien sûr ! Sa logique imparable nous éloigne des phrases abruptes que peuvent produire telle ou telle réaction à l’événement. Elle s’appuie sur les thèses d’autres féministes, elle croise bien des expérien-ces pour introduire une nouveauté phénoménale. Après avoir montré comment la Révolution avait fait surgir du peuple, des grands généraux, des savants, des poètes, des financiers, des écrivains, triplant ainsi la richesse du pays en 30 ans, elle note pour les femmes :

 

« Ce qui est arrivé pour les prolétaires est, il faut en convenir, de bonne augure pour les femmes lorsque leur 89 aura sonné. – D’après un calcul fort simple, il est évident que la richesse croîtra indéfiniment le jour où l’on appellera les femmes (la moitié du genre humain) à apporter dans l’activité sociale leur somme d’intelligence, de force, de capacité. – Ceci est aussi facile à comprendre que 2 est le double de 1. – Mais hélas ! nous ne sommes pas encore là, et en attendant cet heureux 89 constatons ce qui se passe en 1843. 

 

L’Eglise ayant dit que la femme était le péché ; le législateur, que par elle-même elle n’était rien, qu’elle ne devait jouir d’aucun droit ; le savant philosophe, que par son organisation elle n’avait pas d’intelligence, on en a conclu que c’était un pauvre être déshérité de Dieu, et les hommes et la société l’ont traitée en conséquence.

 

Je ne connais rien de puissant comme la logique forcée, inévitable, qui découle d’un principe posé ou de l’hypothèse qui le représente. – L’infériorité de la femme une fois proclamée et posée comme un principe, voyez quelles conséquences désastreuses il en résulte pour le bien-être universel de tous et de toutes en l’humanité.

 

Croyant que la femme, par son organisation, manquait de force, d’intelligence, de capacité et qu’elle était impropre aux travaux sérieux et utiles, on en a conclu très logiquement que ce serait perdre son temps que de lui donner une éducation rationnelle, solide, sévère, capable d’en faire un membre utile de la société. On l’a donc élevée pour être une gentille poupée et une esclave destinée à distraire son maître ou à le servir. – A la vérité, de temps à autre quelques hommes doués d’intelligence, de sensibilité, souffrant dans leurs mères, dans leurs femmes, dans leurs filles, se sont récriées contre la barbarie et l’absurdité d’un pareil ordre des choses, et ont protesté énergiquement contre une condamnation aussi inique. -A plusieurs reprises la société s’est émue un moment ; mais, poussée par la logique, elle a répondu : Eh bien ! mettons que les femmes ne soient pas ce que les sages ont cru ; supposons même qu’elles aient beaucoup de force morale et beaucoup d’intelligence, eh bien ! dans ce cas, à quoi servirait de développer leurs facultés,puisqu’elles ne trouveraient pas à les employer utilement dans cette société qui les repousse. – Quel supplice affreux que de sentir en soi la force et la puissance d’agir, et de se voir condamné à l’inaction ».

"

  1. Cela n’est que trop exact, j’en conviens.
    Cependant comme par hasard, la plupart de ces hommes sont incapables de tenir une maison, de préparer un repas et j’en passe sans l’aide d’une femme.
    Ils la rendent corvéable à merci et quand cette dernière meurt d’épuisement, ils n’attendent pas qu’elle soit mise en terre pour en prendre une autre.
    Quelle tristesse ! Ils oublient que c’est une femme qui les a portés et élevés.
    Les périodes de l’histoire ou la femme était valorisée en tant que telle sont rares dans notre histoire. Je connais celle du Moyen-Age au temps de St Louis…
    Sinon, on vit depuis des siècles dans une société patriarcale. A quand le changement ?

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    • A ma connaissance il n’a jamais existé de société matriarcale équivalente à la société patriarcale.
      Les gens confondent souvent matrilinéaire avec matriarcal
      Tout a commencé lorsque la femme s’est arrêtée de courir pour accoucher…L’homme qui était jaloux de son pouvoir de donner la vie, preuve évidente qu’il ne pouvait se perpétuer tout seul, en profita immédiatement pour prendre les commandes …
      Aujourd’hui, alors même que les hommes pourraient se passer des femmes pour se reproduire dans des bocaux, ils leur prennent la place …Toujours opportunistes, les mâles ;-(

      Je me suis battue pour que àa change, que nous soyons égaux, que nous partagions justement mais aujourd’hui je suis consternée par la régression de notre condition et la mauvaise fois égoïste du mâle

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