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Les complémentaires santé ne sont plus des mutuelles

Les Mutuelles dont l’origine remonte au XIVème siècle étaient, comme le nom l’indique, des sociétés d’entraide mutuelle dans le monde ouvrier (a partir du 19ème siècle, industrialisation oblige) militaire et paysan. Tout le monde donnait un sou sur sa paye mensuelle ou hebdomadaire et, en cas de maladie, de décès (obsèques) ou de problème familial, était aidé par sa société mutualiste. Ces sociétés n’étaient pas centralisées comme aujourd’hui mais constituées en petits groupes locaux, proches des adhérents et gérées par des bénévoles, ce qui n’impliquait pas d’importants frais de gestion et garantissait une certaine humanité aux adhérents dans le besoin car ils se connaissaient tous..

Aujourd’hui, les complémentaires santé appelées à tort mutuelles, sont d’énormes appareils  d’assurances, lesquelles offrent à grands frais de publicité des complémentaires santé. Leur objectif n’est pas l’entraide mutuelle mais le profit.

Elles sont incontournables dans le système de santé : 96 % de la population en a une. Pourtant, les complémentaires santé réservent aussi de bien mauvaises surprises. Le marché est juteux : plus de 33 Mds€ par an pour les assureurs privés, mutuelles et institutions de prévoyance, mais dont les Français ne perçoivent en retour que 26 Mds€…http://www.leparisien.fr/economie/les-complementaires-sante-n-assurent-pas-tant-que-ca-16-02-2016-5550101.php

Source image http://www.leparisien.fr/economie/les-complementaires-sante-n-assurent-pas-tant-que-ca-16-02-2016-5550101.php

D’après le dossier publié ce jour dans le journal « Le Parisien », les adhérents se plaignent du montant des cotisations qui ne cesse d’augmenter au-delà de l’inflation, de la franchise , des plafonds de prise en charge et surtout de la faiblesse des remboursements en optique et dentaire qui explique pourquoi de plus en plus de français renoncent à ces soins. Ils se plaignent aussi de l’opacité des contrats qi rend la comparaison impossible entre les différentes offres.

Comme le nom l’indique, ces complémentaires santé sont supposées compléter les remboursements de la sécurité sociale qui eux-mêmes stagnent à des niveaux ridicules pour les yeux, les oreilles ou les dents ou déremboursent à tour de bras des médicaments qui ont pourtant fait leurs preuves mais qui rapportent peu aux laboratoires. Il est en effet stupéfiant d’observer que la sécu rembourse des médicaments dernier cru et très onéreux au détriment de vieilles molécules qui ont fait leurs preuves. Ces décisions sont prises sous l’influence du lobby médical dont les représentants sont maires, élus ou ministres. On compte pléthore de médecins parmi eux. Souvenons-nous du gâchis de vaccins anti-grippe organisé par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé et liée à l’industrie pharmaceutique.

Les entreprises qui vendent des complémentaires santé consacrent près de 28% aux frais de gestion, un taux qui a d’ailleurs été épinglé par le Cour des Comptes.

Contrats collectifs et contrats individuels

Un marché qui vient encore de grossir, stimulé par la loi ANI imposant aux entreprises privées de proposer, depuis le 1er janvier, une couverture complémentaire à chaque salarié…Quatre-vingt-quinze pour cent des contrats en cours sont labellisés « responsables » et bénéficient à ce titre d’importants avantages fiscaux. Un manque à gagner pour l’Etat proche de 3 Mds€ par an. En contrepartie, les complémentaires s’engagent sur des planchers de remboursement. Afin d’améliorer l’accès aux soins, le ministère de la Santé a réformé l’an dernier les contrats responsables. Sauf que ces contrats (la quasi-totalité de ceux proposés) intègrent dorénavant des plafonds de prise en charge. Ces nouvelles conditions, les Français sont en train de les découvrir au moment des renouvellements des contrats qui courent jusqu’en 2017. Et c’est la douche froide.http://www.leparisien.fr/economie/les-complementaires-sante-n-assurent-pas-tant-que-ca-16-02-2016-5550101.php

Les grandes entreprises proposent à leurs salariés des contrats collectifs dont la cotisation est directement prélevée sur le salaire. En principe ces contrats sont avantageux car ils sont négociés par l’entreprise forte du nombre de ses adhérents.

A la retraite, patatras, les avantages du contrat collectif disparaissent quand le retraité doit passer au contrat individuel, forcément plus coûteux et qui ne tient pas compte de l’ancienneté de l’adhérent même s’il a passé 45 ans dans la même entreprise avec la même mutuelle. Comme Chez Free, modification du contrat = perte des avantages liés à l’ancienneté …

Pourquoi les « sans dents », « sans yeux » et « sans oreilles »

Non seulement le retraité perd les avantages du contrat collectif mais, en sus de la cotisation du contrat individuel, il devra s’acquitter d’une majoration en fonction de son âge. Les cotisations seniors sont plus élevées dans toutes les offres de contrats. Voici donc l’une des explications des « sans dents ». Diminution des revenus, double augmentation de la cotisation complémentaire santé, et éléments de confort nécessités par l’âge (médicaments de « confort », pathologies liées à l’âge (rhumatisme, arthrose, arthrite, diabète, baisse de la vision et de l’audition, compléments alimentaires, alimentation adaptée au système digestif, consommation électrique accrue pour la vision et la chaleur, etc.)

On ne peut donc pas s’étonner de voir des vieux « sans dents » affligés de problèmes digestifs, des vieux sans yeux qui ne peuvent s’offrir que les lunettes « de lecture » vendues bien trop cher dans les pharrmacies (aux USA, elles coûtent 1 dollar dans les dollars stores) et qui les obligent à renoncer à la lecture et aux « sans oreilles » qui font fuir l’entourage obligé des répéter 36 fois la même phrase et qui plongent la personne âgée dans l’isolement et la solitue alors que son cerveau fonctionne à plein rendement.

Comment choisir sa complémentaire santé

Le choix est ardu parce que les entreprises utilisent des grilles différentes pour l’intitulé des soins et des remboursements. Elles font tout pour nous enfumer. Les soit-disant « comparatifs mutuelles » sont bidons car ils ne comparent pas toutes les mutuelles mais celles de leurs membres, ils sont faits par des courtiers en assurance. Si vous vous inscrivez, vous serez par la suite harcelé par ces commerçants.

1-Privilégier une société qui a pignon sur rue, qui est reconnue par les professionnels de santé que vous avez l’habitude de consulter, ce qui vous évitera l’avance de frais

2-Sachez que vous en aurez pour votre argent. Méfiez-vous des cotisation faibles proposées par des mutuelles inconnues, avec des montants de remboursement faibles, une franchise (pas de remboursement en deça de 200 euros, par exemple), l’absence d’agence locale et des refus de remboursement au moindre prétexte non fondé.

3-Choisissez un contrat en rapport avec vos besoins : maladies chroniques, état de santé général, besoins spécifiques en optique, dentaire ou audition, nombre de personnes à assurer, etc.

4-Ne vous faites pas d’illusion sur le montant des cotisations, il se tient car malgré la loi sur la concurrence, tous les assureurs se tiennent à quelques centimes près. Dites-vous bien que vous en aurez pour votre argent.

NB Ces observations et conseils sont le fruit de mon expérience personnelle et, croyez-moi elle m’a coûté cher . Je sais de quoi je cause;-)

Pour en savoir plus

Attention Si vous recherchez des infos avec ce mot-clef « Loi ANI », vous tomberez sur l’offre privée de toutes les entreprises d’assurance privées et commerciales qui se sont jetées sur ce cadeau qui leur est offert par le gouvernement, au détriment des petites entreprises et des salariés. LC

Loi ANI sur le site du gouvernement

 

À partir du 1er janvier 2016, une couverture complémentaire santé collective obligatoire doit être proposée par l’employeur du secteur privé à tous les salariés, n’en disposant pas déjà, en complément des garanties de base d’assurance maladie de la Sécurité sociale. Tous les employeurs, y compris les associations, quelle que soit la taille de l’entreprise, sont concernés (seuls les particuliers employeurs sont exclus).

La loi du 14 juin 2013 prévoit en effet la généralisation de la couverture santé à l’ensemble des salariés du secteur privé et a donné la priorité à la négociation collective. Ainsi, un premier niveau de négociation au sein de chaque branche professionnelle devait être engagé. À défaut d’accord conclu, l’employeur et les représentants du personnel devaient engager des négociations au sein de chaque entreprise….

La couverture collective obligatoire doit remplir les conditions suivantes :

  • la participation financière de l’employeur doit être au moins égale à 50 % de la cotisation (le reste à la charge du salarié),
  • le contrat doit respecter un socle de garanties minimales (panier de soins minimum),
  • la couverture est prévue pour l’ensemble des salariés, ou pour une ou plusieurs catégories d’entre eux (définies à partir de critères objectifs, généraux et impersonnels),
  • le contrat est obligatoire pour les salariés, sauf dans certains cas détaillés dans la fiche Peut-on refuser la complémentaire santé (mutuelle) de son entreprise ?

La participation de l’employeur doit couvrir au minimum la moitié du financement de l’ensemble de la couverture santé collective et obligatoire des salariés en matière de remboursement complémentaire des frais de santé ou de maternité, même si elle est supérieure à la cotisation minimale.

Le panier de soins minimal concerne les garanties suivantes :

  • intégralité du ticket modérateur sur les consultations, actes et prestations remboursables par l’assurance maladie sous réserve de certaines exceptions,
  • totalité du forfait journalier hospitalier en cas d’hospitalisation,
  • frais dentaires (prothèses et orthodontie) à hauteur de 125 % du tarif conventionnel,
  • frais d’optique forfaitaire par période de 2 ans (annuellement pour les enfants ou en cas d’évolution de la vue) avec un minimum de prise en charge fixé à 100 € pour une correction simple.

Histoire des mutuelles

Premier mouvement social français par son ancienneté – on trouve une référence à une société de secours mutuel* dès l’an 1319 –, la mutualité a contribué au développement de la protection sociale dans le domaine de la santé et, peu à peu, des retraites sur la base de pratiques démocratiques et en opposition aux modèles assurantiels : les cotisations* étant forfaitaires, voire proportionnelles, aux revenus et non établies en fonction du risque propre à l’assuré. Les premières mutuelles se développent avec la révolution industrielle, vers 1820. En 1848, 2 000 sociétés regroupent en France 250 000 sociétaires* qui, avec leur famille, représentent 1,6 million de personnes. En raison de la loi Le Chapelier (1791) qui interdit toute « coalition », le monde du travail n’a pas le droit de s’organiser : il le fait toutefois dans le cadre des sociétés de secours mutuel qui prennent en charge obsèques et maladies, tout en menant des luttes revendicatives, telles que la révolte des Canuts à Lyon…Aujourd’hui, un Français sur deux est adhérent à une mutuelle, mais dans le contexte de la grave crise vécue par la Sécurité sociale, deux questions se posent à la mutualité : faire face aux compagnies d’assurances, dans le cadre d’une Europe* largement libérale, tout en maintenant une vie démocratique dans ses groupements, de moins en moins nombreux et toujours plus vastes.

Le modèle mutualiste au défi de l’Europe

Un engagement civique issu de l’histoire

Le mouvement mutualiste plonge ses racines dans la rudesse de l’histoire sociale du XIXe siècle. Face à la misère de masse et à l’incurie des gouvernements, les citoyens s’associent pour créer les premiers organismes de solidarité. Mais, au début du XXIe siècle, les réformes européennes menacent un modèle mutualiste pourtant efficace.

 L’enjeu est collectif, car, quelle que soit la diversité des facteurs qui expliquent l’augmentation des coûts de la santé, leur maîtrise est inimaginable sans l’implication active de la population. La maîtrise centralisée, conduite par l’assurance-maladie, a échoué, se heurtant de front aux corporatismes professionnels, et laisse se développer une médecine à plusieurs vitesses. Or, comme le rappelle Alain Supiot, « les mutuelles, qui reposent sur des solidarités de proximité, sont les seules institutions susceptibles de tisser de vrais liens conventionnels avec les professionnels de santé. Et l’établissement de tels liens est indispensable si l’on veut développer la prévention, garantir l’égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état de santé et assurer la continuité des soins et la meilleure sécurité sanitaire (7) »….

Les femmes écartées de la Mutualité malgré le combat des féministes Flora Tristan, Pauline Roland, Jeanne Deroin

 

 

 

 

 

 

 

 

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