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Les VigilantEs, nouveau réseau féministe

Publié le

Je n’étais pas destinataire de l’annonce de la création de ce réseau dont j’ai connu pratiquement toutes ses fondatrices qui se revendiquent « historiques » et membres du « Mouvement des femmes », dénomination proche de ce que nous nommions alors « Le Mouvement ». J’étais entrée dans ce Mouvement dès 1969, j’y ai été très active puis j’ai pris de la distance quand la belle unité qui nous unissait vers un seul but s’est dramatiquement fissurée au profit d’ambitions individuelles.

Il est tout de même regrettable que ces femmes ignorent les articles de mon blog, n’encouragent pas mes positions et analyses féministes et ne cherchent pas à me contacter puisque nous poursuivons le même but, enfin il me semble. Seraient-elles dépendantes du politiquement correct socialiste au point de hurler avec tous les donneurs de leçons qui me classent à l’extrême droite diabolique?

Me définissant comme une « féministe éclairée », je ne joue pas à la guéguerre avec les personnes et les groupes dont je partage pas toutes les opinions et actions. Je suis donc heureuse de vous faire part de cette initiative qui, je l’espère, nous réjouira.

Sur le fond, je trouve la charte des VigilantEs un peu trop consensuelle et politiquement correcte mais je comprends à quel point il est important aujourd’hui pour être entendues de réfléchir à dix fois avant de s’exprimer.

A suivre …

La Connectrice

https://vigilantes2015.wordpress.com/

À LA UNE

CHARTE des VigilantEs

Egalité, Emancipation, Laïcité 

 

Les droits et libertés des êtres humains, à fortiori des femmes, ne sont garantis que par des systèmes démocratiques.

Notre République laïque est certes imparfaite, mais elle est indéniablement porteuse de valeurs d’égalité et d’émancipation,  quand elle organise la séparation des affaires religieuses et citoyennes.

Les  religions, en cimentant le patriarcat, justifient la domination masculine et la répression des minorités sexuelles.  Elles ont évolué différemment à travers les siècles, mais, avec plus ou moins de détermination et de succès, elles induisent une soumission des femmes, leur instrumentalisation et plus encore,  le contrôle de leurs corps.

Il est impératif pour la démocratie, que les religions ne s’immiscent pas dans les affaires politiques et sociales de notre République, à fortiori sous leur forme radicale. Tous les intégrismes religieux sont des obscurantismes dangereux pour les femmes et la démocratie.

Les petites et grandes lâchetés, le clientélisme et les calculs électoralistes, le manque de courage et de rigueur intellectuelle n’ont fait que renforcer la montée de l’islamisme et de l’extrême droite.

Les crises économiques et environnementales ont engendré une crise des valeurs, instrumentalisée par des mouvements politico-religieux qui répondent qu’ils sont la solution. Ces mouvements idéologiques engendrent  des propagandes fondamentalistes qui font le lit du terrorisme partout dans le monde.

Qui peut encore minimiser les attaques du radicalisme religieux ?

Lorsqu’elles émanent des religions chrétiennes et juives, elles sont dénoncées et combattues par l’ensemble des forces démocratiques, de manière quasi unanime.

Lorsqu’elles émanent de courants musulmans, il se trouve des groupes, des politiques, pour les justifier au prétexte que l’Islam serait « la religion des opprimés de la colonisation ». Le salafisme s’est implanté depuis plus de vingt ans en France. Quiétiste ou pas, cet obscurantisme est dangereux pour les femmes et la démocratie.

L’affaire du Salon musulman de Pontoise, censé mettre « la femme musulmane à l’honneur »,  nous a aidé-es à mesurer la gravité de la situation. Une réunion publique où des prédicateurs, connus pour défendre le statut inférieur des femmes et appeler au viol conjugal, peuvent en toute impunité, tenir des discours moyenâgeux quant au rôle de la femme, n’est pas acceptable sur le territoire de la République. Les coups et menaces de viol et de mort proférés à l’encontre des FEMEN venues exprimer leur colère, révèlent le climat d’une extrême violence de ce type de réunion.

Après les attentats de Charlie Hebdo, de Tunisie, de Paris, Beyrouth, Tel Aviv, Bamako, Bruxelles, Ouagadougou et partout dans le monde, nous ne tolèrerons plus la moindre complaisance.

Nous, féministes laïques et nos alliés, décidons de nous organiser et de créer un réseau pour résister à la montée des intégrismes religieux obscurantistes et misogynes, d’où qu’ils viennent.

Nous refusons la domination masculine, les discriminations et violences de genre de toute nature, l’effacement, l’enfermement des femmes sous une tutelle. Nous revendiquons un féminisme universel et solidaire.

Nous réagirons et mobiliserons à chaque fois et tant que cela sera nécessaire.

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Lancement du réseau les VigilantEs

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Considérant :

  • que les atteintes aux droits et libertés des femmes sont sous-évaluées alors qu’elles sont souvent au centre des tensions et conflits communautaires qui déchirent notre pays,
  • que la domination masculine est universelle, n’en déplaise aux tenants du relativisme culturel, même si elle n’a pas partout le même degré de violence,
  • que le clientélisme politique au lieu d’apporter la paix sociale,  porte un grave préjudice à l’intérêt général,
  • que les forces laïques existantes ne semblent pas vouloir prendre la mesure des dangers spécifiques qui pèsent sur les femmes,

nous affirmons que face aux intégrismes religieux qui visent à entraver les libertés des personnes et particulièrement celles des femmes, la laïcité est un rempart, à condition que les revendications féministes soient au cœur d’un projet de société progressiste, laïc et républicain.

Ce réseau de vigilance a pour objet d’informer,  de mobiliser et de peser dans les débats relatifs à la laïcité pour que les revendications féministes ne soient pas enterrées.

La charte qui nous rassemble est sur notre blog « Les vigilantEs » https://vigilantes2015.wordpress.com/

Rejoignez-nous !

 

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

Tribune collective

Un 8 mars laïque et universaliste, partout dans le monde, même dans le 20ème !

02/03/2015

La récupération de mouvements sociaux par des forces conservatrices ou obscurantistes est une constante. En matière de féminisme, elle est parfois spectaculaire. Ce qui vient de se produire en mairie du 20eme arrondissement de Paris en est un exemple.

GARDEZ-MOI DE MES AMI-ES, MES ENNEMI-ES JE M’EN CHARGE

La maire, Frédérique Calandra, avait confié à son adjointe en charge de l’égalité Femmes/Hommes la programmation d’événements autour du 8 mars, Journée Internationale des Femmes.

Bien mal lui en a pris !

Cette élue EELV n’a pas hésité à flirter avec des idéologies éloignées de l’émancipation des femmes dont le relativisme culturel et le « féminisme dit- pro-sexe ».

Oubliant qu’elle représentait la mairie, l’élue EELV a choisi de transformer la semaine du 8 mars en semaine de promotion exclusive de thèses et personnalités particulièrement polémiques, pour la plupart engagées depuis longtemps aux côtés des Indigènes de la République (PIR), du site Les mots sont importants et dans la lutte contre la loi 2004 sur le port des signes religieux à l’école :

– Christine Delphy et Sylvie Tissot, sociologues, sont toutes deux initiatrices du premier Manifeste (2005) des Indigènes de la République ; elles sont en outre signataires du manifeste de soutien aux Y’a bon Awards décernés (pour « racisme ») à Caroline Fourest en 2012.

– Rokhaya Diallo est animatrice des Indivisibles, groupe à l’origine de ce prix.

– Ndella Paye est porte-parole d’un collectif de mères voilées militant pour l’abrogation de la circulaire Chatel.

BONJOUR LE 8 MARS !

Quelques semaines après les assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, on peut s’étonner qu’une élue choisisse d’offrir un plateau totalement monochrome à des personnes qui ont signé un texte « contre le soutien à Charlie Hebdo » après le premier attentat de 2011.

Partout dans le monde, la Journée Internationale pour le Droit des Femmes est un moment privilégié où les féministes échangent sur leurs revendications, pratiques et stratégies d’émancipation. Militantes, chercheuses, politiques impliqué-es contre les violences sexistes et pour l’égalité entre les sexes, sont invité-es à faire le point et lancer de nouveaux programmes pour battre en brèche la domination masculine et le patriarcat.

C’est l’occasion d’une solidarité internationale avec les femmes qui se battent contre l’oppression des religions d’état ou des groupes fondamentalistes.

Aussi, détourner le 8 mars pour promouvoir des personnalités controversées parce qu’elles ne trouvent rien à redire ni aux pressions de l’arbitraire religieux imposées aux femmes, ni aux violences du système prostitutionnel, est pour le moins manipulatoire.

MÊME PAS PEUR !

Nous saluons l’annulation de cette programmation, acte lucide et courageux de la Maire du 20e arrondissement de Paris.

Nous connaissons la propension de certains groupes à confisquer la parole des féministes et des partisanes de la laïcité; et leur aptitude à se victimiser à la moindre occasion.

Nous savons la violence avec laquelle Caroline Fourest fut interdite de parole lors d’un débat sur le danger du Front National à la fête de l’Humanité.

Nous avons déjà supporté insultes et intimidations proférées par les ami-es de Rokhaya Diallo, issu-es d’un pseudo « syndicat de travailleurs du sexe » pro-système prostitutionnel.

Face à cette nouvelle tentative de récupération et de dévoiement de la Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes, nous, féministes universalistes, laïques, engagées pour l’égalité femmes/hommes, contre le racisme et l’antisémitisme, nous apportons tout notre soutien à Frédérique Calandra, maire du 20eme arrondissement de Paris.

La mise au point de la Maire du 20ème Frédérique Calandra :

 

Arlette Zilberg, Christine Le Doaré

Les premières signataires, issues du Mouvement des Femmes :

Annie Sugier, Djemila Benhabib, Michèle Loup, Françoise Morvan, Monique Dental, Nadia Benmissi, Bernice Dubois, Marie-Josèphe Bonnet, Jacqueline Feldman, Martine Cerf, Marieme Helie Lucas, Laure Caille, Isabelle Steyer, Nadine Bouteilly, Ana Pak, Agnès Setton, Josiane Doan, Anaïs Decans, Irène Corradin, Mair Verthuy, Sporenda, Catherine Kintzler, Geneviève Duché, Nelly Trumel, Patricia Duthion, Brigitte Boucheron, Christelle Raspolini, Bernadette Doleux, Evelyne Rochedereux, Mélusine Vertelune, Yael Mellul, Agnès Perrin-Doucey, Françoise Courtiade, Martine LLanes, Françoise Armengaud, Malika El Idrissi, Josée Contreras, Catherine Moreau, Samira Banna, Sophie Boiszeau, Agnès Bellego, Caroline Merlin, Christelle Di Pietro, Françoise Roux, Claude Strano, Nicole Savey, Soad Baba Aissa, Maïté Albagly, Hypathie, Françoise Brié, Claudy Bouyon, Nicole Crépeau, Carine Delahaie, Marie-Noëlle Gérolami, Jamileh Nedaï, Sabine Salmon, Gisèle Noublanche, Marie-Josée Salmon,

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Sur le même sujet, un second Communiqué, rédigé par des féministes
« historiques » qui remettent les pendules à l’heure !

SOUTIEN FEMINISTE À FREDERIQUE CALANDRA, MAIRE DU 20E ARRONDISSEMENT

Nous soutenons la décision prise par Mme Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, d’annuler les débats prévus pour le 8 mars.

Ces débats avaient en effet été organisés de manière à ne laisser la parole qu’à une seule vision politique, un féminisme controversé qui partage les idées du Parti des Indigènes de la République. Cette vision disqualifie les valeurs de la citoyenneté démocratique et le féminisme universaliste au prétexte qu’ils seraient portés par des « blancs occidentaux ». Il dévalorise du même coup les luttes féministes pour l’accès aux droits humains, à l’égalité et à la liberté, qui se développent dans d’autres pays (hors Occident)

Une telle position enferme les individus dans des assignations identitaires et va à l’encontre de l’idéal d’autonomie qui fonde le féminisme.

Des débats de cette nature ne seraient propices ni à la réflexion critique ni à la création d’une intelligence collective des questions brûlantes qui se posent à tous, femmes et hommes, français ou non, « blancs » ou non.

Suite aux attentats des 7, 8 et 9 janvier, il n’était pas concevable pour une institution publique, de donner la parole sans débat contradictoire, et donc de soutenir des positions politiques dont les représentantes sont au mieux restées silencieuses face à l’assassinat des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo, des policiers et des juifs, au pire ont pris la parole pour relativiser ces crimes.

Nous avons toutes participé au Mouvement de libération des femmes, certaines depuis le début des années 70. Ensemble, nous saluons aujourd’hui, en mars 2015, le courage de Frédérique Calandra, une élue qui a fait preuve de cohérence par rapport aux valeurs qui nous sont communes: liberté, égalité, solidarité, laïcité. Et nous espérons que beaucoup d’autres mairies témoigneront de la même détermination dans leur défense.

Premières signataires :

Catherine Deudon, photographe auteur de Un mouvement à soi : Images du mouvement des femmes, 1970-2001, 2002, Syllepse ;

Liliane Kandel, co-auteur des chroniques du « Sexisme ordinaire » (à l’initiative de Simone de Beauvoir), les Temps modernes, 1973-1983 ;

Christine Le Doaré, présidente de Sos-Homophobie de 1998 à 2002 et du Centre LGBT Paris-IdF de 2005 à 2012 ;

Claudie Lessellier, responsable du Rajfire (Collectif féministe d’action et de solidarité avec les femmes migrantes et exilées) et co-présidente de la Maison des femmes de Paris ;

Françoise Picq, auteur de Libération des femmes, quarante ans de mouvement, 2011, Dialogues ;

Nadja Ringart, co-auteur de Mouvement de Libération des Femmes : Textes premiers, 2009, Stock ;

Annie Sugier, Présidente de la Ligue internationale du Droit des Femmes, (fondée par Simone de Beauvoir ), et Vice-Présidente de la Coordination Française du Lobby Européen des Femmes (CLEF) ;

Ioana Wieder-Atherton, co-fondatrice en 1982 avec Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig du Centre audio-visuel Simone de Beauvoir ;

Arlette Zilberg, présidente de la Commission Féminisme des Verts puis EELV (2004-2009); maire-adjointe du 20ème ardt de Paris (2001-2008)

Paris, le 2 mars 2015

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