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Pourquoi cache-t-on la photo du violeur du métro Jourdain ?

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Le violeur qui suivait les femmes depuis le métro Jourdain et pénétrait de force à leur suite dans leur appartement a été arrêté grâce à la vidéosurveillance et à la plainte de deux victimes qui l’ont reconnu lors d’un tapissage derrière une vitre sans tain.

Curieusement, si une vague description du criminel figure dans l’article du journal Le Parisien, on ne voit pas sa photo. Pourquoi ?

L’intérêt de publier sa photo est que d’autres victimes pourraient le reconnaître et être ainsi encouragées à porter plainte. On sait que la première étape de la reconstruction d’une femme violée est le dépôt de plainte et on sait aussi que la grande majorité d’entre elles ne le fait pas de crainte d’être rejetée, harcelée par des questions soupçonneuses qui font d’elle une accusée.

J’ai personnellement été l’objet de l’accueil ignoble et incompétent de la police parisienne parce que femme :

  • Je me rends au commissariat après un vol (pas un viol) et je demande au planton à voir un inspecteur. Il me répond en rigolant « Ah c’est encore une histoire de cul ! »
  • Je suis frappée dans la rue par un fou. Choquée, je suis en larmes et je me rends au commissariat. Je suis interrogée debout dans le hall par une femme noire (musulmane ?) qui en appelle une autre qui en appelle encore une autre et je dois chaque fois décrire mon agression et répondre à des questions insidieuses et humiliantes. Je sanglote de plus en plus fort. On ne me propose ni de m’asseoir, ni de témoigner à l’écart du public et a fortiori on ne me propose pas un verre d’eau. J’ai compris, je suis coupable d’être victime, alors je m’en vais sans déposer plainte. Imaginez si j’avais été violée !

Le deuxième intérêt de la publication du visage du violeur est préventif en supposant qu’il soit immédiatement libéré pour vice de forme juridique ou remis en liberté pour « non dangerosité » comme Matthieu Moulinas, récidiviste et assassin d’Agnès Marin. S’il est libéré par anticipation pour bonne conduite -en prison- nous avons plusieurs exemples de violeurs ne respectant pas leur mesure d’éloignement du domicile des victimes, ceux qui ne respectent pas l’obligation de traitement ni leur contrôle judiciaire et l’exemple de plusieurs violeurs récidivistes. Dans tous ces cas de récidive, on a pu observer que les précédentes victimes qui avaient survécu et témoigné pour dire leur conviction que ces criminels allaient récidiver n’ont pas été entendues.

Dans le cas du violeur du métro Jourdain, nous avons bien compris que le souci premier était de protéger le violeur avéré et non les victimes et potentielles victimes. C’est ce que le docteur Muriel Salmona appelle « la culture du viol ».

http://www.memoiretraumatique.org/assets/files/Articles-Dr-MSalmona/2016article-deni-culture-du-viol.pdf

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