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Cinéma »21 nuits avec Pattie ». Critique féministe

Publié le

Les Frères Larrieu affirment dans Télérama qu’ils ont voulu faire du « porno verbal » et c’est réussi dans ce genre qui exprime les fantasme phalliques de vieux et jeunes cochons obsédés par leur machin qui, malheureusement forment à la sexualité les hommes de demain puisque nous savons que, dès l’âge de 11 ans, pratiquement tous les enfants ont visionné de la pornographie.

Les petites filles sont moins nombreuses à se faire bourrer le crane par ces fantasmes qui réifient, humilient et dressent les femmes à la soumission au désir des mâles et à l’ignorance de leur propre sexe et de leur désir. Désespérant !

Je partage totalement la critique de Roselyne Ségalen que vous pourrez lire ci-dessous.

La Connectrice

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http://www.arte.tv/fr/le-clitoris-ce-cher-inconnu/387780,CmC=387788.html

https://laconnectrice.wordpress.com/2006/06/04/le-clitoris-en-trois-dimensions-une-revolution/

Réponse de Roselyne Segalen à l’article de Ariane Allard dans Causette de Décembre 2015 sur « 21 nuits avec Pattie. »

http://www.telerama.fr/cinema/films/21-nuits-avec-pattie,501862.php

Tout sauf une ode à la chatte !

Un peu stupéfaite en lisant le texte de Ariane Allard dans le Causette de ce mois sur le
film « 21 nuits de Pattie ». D’après Ariane A, Les frères Larrieu adopteraient un point de
vue féminin sur la sexualité. On y voit en fait l’histoire romancée de deux femmes, l’une
écoute : Caroline/ Isabelle Le carré, et l’autre, Pattie/ Karine Viard, parle de ses
expériences sexuelles dans un verbe fleuri et certes libéré.

Pour moi, il n’y a que cette parole qui soit libérée. En revanche, elle ne parle que de « bite » de fascination pour celle-ci, de fellation comme élément quasi unique de plaisir, « La chatte » est évoquée en passant et de façon collatérale.
De plus, le désir freudien pour la mère, évoqué longuement par Jean, le protagoniste
masculin, incarné par Dussolier est en quelque sorte réalisé. En effet, Jean a eu sa
première jouissance sexuelle en se frottant à sa mère morte, depuis lors, il ne peut jouir
qu‘avec des mortes. Il le dit et le redit de manière intellectuelle et poétique, ce qui
présente la chose comme une douce perversion.
Et incroyable mais vrai, cette femme soit disant libérée Pattie, qui parle de fellations et
de ses bites choisies, devient une femme qui fait la morte pour faire plaisir à Jean et son
fantasme !

Alors qu’elle avait clamé haut et fort en début de film qu’elle ne voulait pas
d’amour mais seulement de sexe, elle affirme être sous le charme du discours de cet
homme nettement plus savant qu’elle, ce n’est après tout qu’un femme de ménage, et
pour couronner le tout dit qu’elle est jalouse !
Tous les ingrédients des fantasmes masculins sont présents : l’hymne permanent à la
bite, en apparence seul élément actif de la sexualité, des femmes qui en redemandent,
flattent cette bite, et vont jusqu’à s’oublier totalement pour satisfaire les fantasmes les
plus fous des hommes !
Caroline, est elle, présentée comme une petite bourgeoise coincée, qui grâce aux
histoires grivoises de Pattie, se décoince progressivement. Les frères Larrieu nous
amènent à attendre le moment où elle va se lâcher et en effet, elle le fait à la fin en
tombant en quasi extase devant « la bite » de son mari, (Sergio Lopez). Elle, elle ne fait
rien, elle demande qu’il fasse ! L’image la plus osée arrive : Caroline, prise en levrette !
C’est l’apothéose !
Il semble évident que la sexualité féminine n’a pas été prise en compte. Ce sont
clairement des fantasmes de mecs : fascination des femmes pour leur engin et fantasme
d’imposer à une femme qui fait la morte tous leurs désirs quels qu’ils soient ! On n’est
franchement pas loin de la femme–objet !

Comment ces aspects ont échappé à Ariane Allard, on se le demande ! Il suffit de lire
n’importe quel livre sur le désir féminin, pour se rendre compte que la fellation et la
sodomie ne sont pas les modes les plus prisés pour arriver à l’orgasme féminin… ! On ne
doute pas que les frères Larrieu connaissent l’existence du clitoris mais on aurait pu
espérer qu’ils en fassent au moins mention pour prétendre refléter un point de vue
féminin sur la sexualité.
A bonnes entendeuses salut !

Roselyne Ségalen

"

  1. Roselyne Segalen

    good !

    J'aime

    Réponse
    • laconnectrice

      Roselyne, tout vient à point qui sait attendre 😉
      C’est un bon texte qui appuie parfaitement mes observations, nous sommes en phase !

      J'aime

      Réponse

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