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8 mars.International Women’s Day, ce n’est pas la journée de LA femme mais celle DES femmes

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J’ai déjà écrit plusieurs articles sur cette trahison sémantique qui consiste à transformer le pluriel Women’s Day (woman au pluriel women) en singulier La journée de LA femme, une faute que la grande majorité des médias répercute de même quelques associations qui se disent féministes.Cette année, ce sont Les Nouvelles News qui s’y collent.

LC

Source http://www.lesnouvellesnews.fr/8-mars-nest-plus-la-journee-de-la-femme/

Pour la première fois depuis 40 ans, l’ONU présente le 8 mars comme la “Journée internationale des femmes”. Jusque là, en français, c’était officiellement la journée de “la femme”… Explications.


C’est un petit changement sémantique, pourtant lourd de sens. La journée du 8 mars 2017 sera, selon les Nations Unies, la « Journée internationale des femmes ». Pourquoi un changement ? Parce que c’est la première fois depuis 40 ans que le pluriel apparaît dans la communication francophone de l’ONU, sur la page dédiée à cette journée.

En 2016 encore, sur cette même page, le 8 mars était officiellement la journée internationale de « la femme », alors que le pluriel est de mise depuis l’origine dans la version anglaise, International Women’s Day (qui est d’ailleurs une contraction de International Women’s Rights Day », journée internationale des droits des femmes).

Jusque là, donc, en français, les Nations Unies évoquaient « la femme » au singulier, un choix réducteur transformant les femmes en entité abstraite, qui exaspérait les organisations féministes. « Il s’agit d’une mauvaise traduction à l’origine de cette journée qui a été inscrite dans les différentes résolutions depuis 1977 et n’a jamais été corrigée », expliquait en 2016 Fanny Benedetti, directrice exécutive du comité français d’ONU Femmes, aux Nouvelles NEWS.

Lire : 8 mars : l’ONU Femmes France reconnaît une mauvaise traduction

« Le Comité ONU Femmes France s’engage à mener une campagne active pour que ces mauvaises traductions soient corrigées », assurait alors Fanny Benedetti. Campagne efficace, donc. Fanny Benedetti salue aujourd’hui la mobilisation des sociétés civiles francophones « qui ont pu faire entendre leurs voix ». Pour autant, « ce n’est pas fini », note la directrice exécutive d’ONU Femmes France. « Nous avons encore le problème de la ‘Commission de la condition de la femme’, terminologie qui n’a pas encore pu évoluer car ce titre est institutionnalisé… C’est un problème qui n’est donc pas encore entièrement résolu ».

Grève et arts

La Journée internationale des femmes, rappelle l’ONU, « est l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté. »

Elle sera aussi, de la part de la société civile, une journée de revendications dans plusieurs pays. En France, un collectif de syndicats, associations féministes, ONG et organisations de jeunesse ont lancé un appel à la grève ce 8 mars à 15h40, heure symbolisant l’écart de salaire entre les femmes et les hommes, avec un rassemblement à Paris Place de la République. Leur message  : « Nous refusons de continuer à travailler gratuitement, d’être enfermées dans les temps partiels, de ne pas avoir de perspective de carrière ou d’être confrontées à des violences sexistes et sexuelles. »

Voir : #8mars15h40, une mobilisation inédite en France

Du côté d’ONU Femmes France, c’est un programme artistique qui rythmera le 8 mars et les jours suivants. Paris accueille pour la première fois la « HeForShe Arts Week », 14 événements du 8 au 15 mars pour faire passer ce message : « l’art façonne notre vision culturelle du monde et a le pouvoir de redéfinir les normes de genre et de dénoncer les inégalités entre les femmes et les hommes qui persistent ».

Voir le programme de la HeForShe Arts Week

Pour en savoir plus

*https://laconnectrice.wordpress.com/2013/02/04/journee-internationale-des-femmes-et-non-de-la-femme-le-8-mars-2013/

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Chaque année, à l’approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, un peu de rappel sémantique s’impose tant cette célébration est dénaturée et récupérée dans le but de nuire aux femmes. A propos de la Journée internationale des femmes, j’ai lu et entendu surtout parler de la “Journée de LA femme ».

Chaque année, j’explique pourquoi la journée DES femmes n’a rien à voir avec la journée DE LA femme et c’est dénaturer cette célébration que déformer son intitulé officiel.

  • La Journée Internationale DES femmes a été officialisée par l’ONU le 8 mars 1977 et a été adoptée par la France en 1982

Malgré 31 ans d’existence en France, les médias et les officiels continuent à parler de la “Journée DE LA Femme”, un glissement sémantique qui n’est pas innocent.

  • LA femme est un fantasme. LES femmes sont une réalité.

 Preuve en est la sémantique d’expressions qui désignent des choses différentes selon que le complément est singulier ou pluriel.

La chambre DES députés et non la chambre DU député
La fête DES pères et non pas la fête DU père
La fête DES mères et non la fête DE LA mère
LES droits de l’homme et non LE droit de l’homme
Le Ministère des affaires étrangères et non DE L’affaire étrangère
L’Académie des belles lettres et non l’académie de la belle lettre

  • LES femmes réelles ont disparu au profit de LA femme idéale

Pour distinguer les vrais féministes et les vrais journalistes des fausses, il suffit d’observer leur vocabulaire.

Ce glissement sémantique du pluriel au singulier n’est pas innocent. Dans la langue française, lorsqu’il s’agit de désigner une réalité, on utilise le pluriel pour souligner la diversité. Quand il s’agit de désigner un concept, on utilise le singulier.
Toutes celles et ceux qui ramènent “LES femmes” dans toute leur diversité et leur complexité à “LA femme” cherchent inconsciemment à s’abriter derrière la sécurité du modèle, de l’image, de l’abstraction, de la représentation, tout ceci pour se voiler la face.
Conceptualiser conduit aussi à adopter plus facilement des stratégies de contrôle et de domination.
Dans notre société, réduire LES femmes à LA femme est une réduction business. Il est plus facile d’entraîner dans la consommation LA femme que LES femmes. Mais c’est aussi et surtout une position politique.
LA femme, elle est douce, blonde, grande, mince et jeune. Elle consomme des fringues, des cosmétiques, des produits light et les voyages sur mesure. LA femme est libérée et n’a pas besoin de lutter pour se faire une place au soleil. LA femme n’est pas féministe. LA femme n’est pas victime de discriminations d’un autre âge. LA femme ne fait pas partie de celles qui se font violer toutes les 15 mn ou qui succombent sous les coups de leur chéri tous les deux jours, en France. LA femme n’est pas payée 20 % de moins qu’un homme pour le même travail. LA femme n’est pas majoritaire dans le travail à temps partiel ni dans le chômage. LA femme n’avorte jamais. LA femme, tenez, on l’adore.
LA femme ne pète pas mais elle pue sous les bras, ça on le sait depuis longtemps, mais elle pue aussi du minou, c’est plus récent. On a conçu pour elle des désodorisants spéciaux dans les tons roses. LA femme peut tout se faire refaire mais dans son dos on la traite de siliconée tandis qu’en face on lui fait des courbettes pour la persuader de remplir les poches des chirurgiens (pour la plupart des mâles-qui-adorent-LA-femme) esthétiques.
LA femme, elle est prête à tout pour se faire plaisir en vidant son porte-monnaie au profit des vendeurs de soupe. Prête à se tartiner la gueule de caviar, à ingurgiter toutes sortes de gélules aux vertus miraculeuses, à se bétonner l’estomac de coupe-faims, à avaler des liquides chocolatés infâmes mais hyperprotéinés, à se briser les chevilles en portant des chaussures instables mais tellement élégantes et sexy, à mourir de faim pour ressembler aux images de leurs magazines favoris. C’est fou ce que LA femme s’éclate dans les botox parties et les cliniques chics.
LA femme, on la voit partout sur les écrans en train de se caresser les seins et les cuisses au dessus d’un numéro surtaxé. LES femmes que je connais doivent être anormales qui préfèrent se faire caresser ou caresser l’autre.
Dans l’histoire proche, nous avons vu ce que donnait la réduction de la multitude à l’unique et à quelles fins le singulier a été utilisé. Quand on commence à parler DU juif, DU noir, DE L’arabe, DU paysan, DE L’ouvrier, le terrain devient glissant.
LES femmes, elles, ce sont des emmerdeuses, des castratrices, des incompétentes, des ignorantes, des naïves. Elles sont grosses et moches. Et quand elles sont des ménagères de plus de 50 ans, elles n’intéressent personne, même pas le city épicier du coin car elles font des régimes forcés à cause de la minceur de leur pension de retraite (carrière ou travail à temps partiel = pension partielle). De plus, elles sont ménopausées et ça, c’est franchement répugnant. Imaginez leurs vagins secs et ratatinés pour y fourrer une bite ramollie qui a déjà du mal à réagir au viagra !
Et puis LES femmes, quelles chieuses avec leurs réalités et leurs exemples concrets. Des empêcheuses de bâtir des plans sur la comète, de peaufiner des théories révolutionnaires une ligne de coke sous le nez, de regarder des matchs de foot une canette de bière à la main en tapant des pieds à chaque but. Des purges contre les désirs de parcourir le vaste monde et de rêver à un monde sinon meilleur, du moins plus facile.
LES femmes, ce sont ces harpies qui voudraient que les hommes participent aux tâches ménagères au lieu de les aider comme ils l’ont toujours fait.
LES femmes réussissent bien dans leurs études, sont plus diplômées que les hommes tandis que LA femme a l’intelligence silencieuse. Elle ne moufte pas mais elle est si dévouée !
LA femme, on en parle dans tous les débats télévisés. LES femmes, on les voit rarement sur les écrans quand il s’agit d’aborder des questions sérieuses.
Et puis LA femme, on n’en a qu’une sur les bras, celle qui bat toutes LES femmes à plate couture. C’est bon ça, Coco, pour le repos du guerrier qui sommeille en chaque mâle, le business et la politique !

Les choses changent en pire, femmes ne baissez pas les bras

*https://laconnectrice.wordpress.com/2011/03/07/8-mars-lilith-et-les-pecheresses/

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Il est de bon ton de maudire le féminisme et les féministes en les caricaturant et les ridiculisant pour s’en démarquer ou nier la parole des femmes qui s’estiment discriminées et mal traitées du fait de leur genre. Pourtant, la discrimination sexiste est la plus ancienne et la plus universelle qui soit et beaucoup d’hommes et de femmes la trouvent légitime en se fondant sur des arguments essentialistes qui réduisent la femme à sa fonction reproductrice et l’homme à sa force physique, comme si les progrès des sciences, de la civilisation, de la médecine, de la philosophie, de l’économie et des techniques n’avaient pas conduits les individus à un potentiel d’égalité indépendamment de leur sexe, de leur race et de leur constitution physique.

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