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Président Macron, demandez la grâce de l’iranien Sina Dehghan, 21 ans

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Pendaisons à Shiraz en Iran AFP/Archives

http://www.socialisme-libertaire.fr/2015/04/iran-l-image-de-la-scene-d-execution-ne-me-quittait-pas.html

Le ministre avait provoqué la polémique le 21 novembre en affirmant que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le jihadisme a pu prospérer, en évoquant une disparition de l’idéal républicain de mobilité sociale. 02/12/2015 16:31:26 – Paris (AFP) – © 2015 AFP

Président Macron, vous avez l’occasion d’inaugurer vôtre élection en faisant valoir les valeurs de la République française. Il vous suffit de demander la grâce du jeune Sina et de ses jeunes amis condamnés à mort pour avoir usé de la liberté de critiquer l’Islam en plaisantant sur le prophète Mahomet, un motif, vous le savez qui a motivé le carnage des journalistes de Charlie Hebdo et de leurs amis.

Vous souvenez vous que vous vous étiez dit horrifié par cet attentat islamiste ?

@EmmanuelMacron  Horrifié. Sans voix. Toutes mes pensées pour les victimes et leurs proches.   14:50 – 7 Jan 2015

Alors ministre de l’Economie, vous appeliez à comprendre comment la radicalisation advient dans nos sociétés, faisant référence à « des petits compromis » qui se sont produits « à un moment donné » et qui étaient « inacceptables » dans une République.

« Le risque qui est le nôtre aujourd’hui, c’est celui de ne pas vouloir comprendre et de rentrer uniquement dans une guerre. C’est ce qu’ils (les terroristes) attendent de nous », a affirmé le ministre lors d’une intervention à Bercy, après un hommage rendu par l’urgentiste Patrick Pelloux à l’économiste Bernard Maris, mort lors de l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier.

« Si nous refusons de regarder en face la réalité telle qu’elle est, alors nous nous abandonnerons à l’émotion du moment, alors nous nous abandonnerons à une réponse indispensable, parce que nous nous devons d’être implacables dans ce défi qui est celui de la sécurité et de la défense. Mais notre responsabilité collective, c’est aussi de comprendre comment la radicalisation dans nos sociétés advient », a affirmé le ministre, tout en soulignant que rien ne justifiait ce qu’il a défini comme un « terrorisme totalitaire qui a finalement peu à voir avec la religion elle-même ».

« Cela advient dans nos sociétés parce qu’à un moment donné nous avons accepté que la République abandonne sa place. Nous avons accepté des petits compromis qui n’étaient pas acceptables dans une République (…) où la laïcité ouverte est un principe, parce qu’elle permet à chaque religion dans sa densité, dans la force de ce qu’elle représente, de s’exprimer », a assuré M. Macron, à l’occasion de la remise du Prix du Livre d’économie à Jean-Baptiste Rudelle, co-fondateur de Criteo, la start-up française de ciblage publicitaire sur internet, pour son ouvrage intitulé « On m’avait dit que c’était impossible ».

« Dans cette période que nous vivons, prendre des risques, prendre le risque d’échouer, savoir réussir et célébrer ceux qui réussissent (…), c’est le meilleur antidote à cette langueur un peu craintive qui pourrait nous étreindre », a assuré le ministre, en référence au message du lauréat.

Le ministre avait provoqué la polémique le 21 novembre en affirmant que la société française devait assumer une « part de responsabilité » dans le « terreau » sur lequel le jihadisme a pu prospérer, en évoquant une disparition de l’idéal républicain de mobilité sociale.

Quelques jours avant vôtre élection, Charlie Hebdo vous a apporté son soutien.

Alors, soyez cohérent et dénoncez les crimes commis au prétexte d’avoir plaisanté sur le prophète de l’Islam. Demandez la grâce de Sina Dehghan et Mohammad Nouri.

La Connectrice

  • Peut-on imaginer de faire une plaisanterie et d’encourir ensuite la peine de mort ?
  • « Au cours de son interrogatoire, Sina a été informé qu’il serait pardonné et relâché, s’il signait une confession et se repentait », a déclaré un représentant du Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) le 21 mars 2017. Malheureusement, il n’a pas réfléchi et a endossé les accusations. Il ne leur restait plus qu’à le condamner à mort. « Plus tard, il a admis avoir signé la confession dans l’espoir d’être libéré », a déclaré le même représentant du CHRI. « Apparemment, les autorités lui ont également demandé de se confesser devant une caméra ». – Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI).
  • Quand les islamistes prennent le pouvoir, ils créent immédiatement leur propre « système judiciaire » afin de « légitimer » la mise en œuvre de la charia. Ce système judiciaire sert moins à traduire les gens en justice qu’à réprimer la liberté d’expression et la presse.
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Pour les islamistes radicaux, l’islam n’est pas une religion à laquelle il est librement permis d’adhérer ; c’est une arme extrêmement puissante. En raison de ses potentialités manipulatrices, l’islam permet de contrôler des populations entières. Sous son joug féroce, chaque aspect de la vie quotidienne est dicté. Tout y est prescrit, les vêtements que vous portez, ce que vous mangez, ce que vous dites et ce que vous écrivez. Chaque infraction entraîne des punitions extrêmes. Pouvez-vous imaginer de faire une plaisanterie et d’encourir ensuite la peine de mort ? Savez-vous ce que c’est que de vivre avec la peur constante de heurter un interdit, de prononcer des mots tabous qui vous le savez, ont conduit d’autres personnes à être battues, lapidées ou tuées dans la rue ?

La liberté de parole et la liberté de la presse sont les premiers ennemis des islamistes. Elles sont la cible d’attaques régulières, afin que la vérité soit tue ou réduite au maximum. Certains peuvent considérer que leur vie privée est un droit acquis, mais les personnes assujetties à ce type de tyrannie doivent peser chacune de leurs paroles et mesurer chacun de leurs gestes. Des personnes très courageuses ont baissé les bras face à tant d’intimidation. Les contraintes sont elles aussi fortes qu’on le dit ? Non, elles sont pires que ce que l’on peut imaginer.

Sina Dehghan, aujourd’hui âgé de 21 ans, par exemple, a été arrêté par le Corps des Gardiens de la révolution (IRGC) quand il avait 19 ans pour «insulte à l’islam ». Il est officiellement accusé d’avoir insulté le Prophète Mahomet sur l’application de messagerie LINE.

Selon le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) :

« Au cours de son interrogatoire, Sina a été informé qu’il serait pardonné et relâché, s’il signait une confession et se repentait », a déclaré un représentant du Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI) le 21 mars 2017. « Malheureusement, il n’a pas réfléchi et a endossé les accusations. Ils n’ont plus eu ensuite qu’à le condamner à mort. « Plus tard, il a admis avoir signé la confession dans l’espoir d’être libéré », a déclaré le même représentant du CHRI. « Apparemment, les autorités lui ont également demandé de se confesser devant une caméra ».

Une telle peine parait confiner à la folie, mais elle relève d’un modèle froid et calculé. Quand les islamistes prennent le pouvoir, ils créent immédiatement leur propre « système judiciaire » afin de « légitimer » la mise en œuvre de la charia. Ce système judiciaire sert moins à traduire les gens en justice qu’à réprimer la liberté d’expression et la presse. Une fois le silence obtenu, ils peuvent opprimer le reste de la société, tuer dans l’œuf toute opposition, emprisonner et torturer des personnes innocentes et condamner à mort des milliers d’ « opposants ».

Sina Dehghan, 21 ans, a été condamné à mort pour avoir « insulté l’islam. En Iran, on ne compte plus les gens qui, comme lui, sont quotidiennement emprisonnés, torturés ou condamnés à mort pour avoir « insulté l’islam », « insulté le prophète », « insulté le Leader suprême ». La liste est interminable. (Image source: Center for Human Rights in Iran)

Les jeunes idéalistes et rebelles ainsi emprisonnés, torturés et pendus, servent d’exemple. Les politiciens au pouvoir et le système judiciaire islamiste informent ainsi des millions de personnes qu’ils ne toléreront aucune opposition à leur pouvoir religieux ou politique.

Les groupes islamistes radicaux ont utilisé la même tactique dans d’autres pays : la peur et la terreur pour faire taire les gens et les asservir. Une fois au pouvoir, ils montrent qu’ils ne reculeront devant rien pour le conserver.

Pour les islamistes, la liberté d’expression et la liberté de la presse relèvent d’Allah. La seule attitude possible est de garder le silence, d’obéir et de suivre votre chef religieux, l’imam ou le cheikh selon les règles du velayat-e faqih (« gouvernement du clerc »).

Comme le Centre pour les droits de l’homme en Iran le souligne :

« Les services de sécurité et les magistrats ont expliqué aux parents de Sina qu’ils auraient une meilleure chance d’obtenir sa libération s’ils se taisaient et refusaient de parler aux médias », a ajouté le porte-parole du CHRI. « Malheureusement, la famille s’est laissée influencer et a cessé de partager des informations sur son cas tout en décourageant d’autres personnes de le faire ». « Sina ne se sent pas bien », a poursuivi cet informateur. « Il est déprimé et pleure en permanence. Il partage sa cellule avec des trafiquants de drogue et des meurtriers qui lui ont brisé la mâchoire il y a peu ».

Pour les islamistes au pouvoir, peu importe que vous ayez été loyal toute votre vie. Au premier signe de rébellion, vous devez être éliminé. Comme l’indique le CHRI qui citait un témoin : « Il avait 19 ans (à l’époque de son arrestation) et n’avait jamais rien fait de mal dans sa vie ».

L’un des co-accusés de Sina Dehghan, Mohammad Nouri, a également été condamné à mort pour des commentaires anti-islamiques sur les réseaux sociaux. Un autre, Sahar Eliasi, a été condamné à sept ans d’emprisonnement, mais sa peine a été commuée à trois ans.

Que signifie « anti-islamique » dans un système judiciaire islamiste ? Ainsi, on pourrait croire que la peine de mort n’est prononcée que pour les délits les plus graves d’une échelle des infractions parfaitement constituée. Mais il n’en est rien. Pour les islamistes, le terme « anti-islamique » est ambigu et subjectif. Tout élément qui heurte leur vision du monde ou leur pouvoir peut être jugé « anti islamique ». Une remarque en apparence innocente, et le cours d’une vie bascule.

Comment une clique aussi violente et oppressive peut-elle se maintenir au pouvoir ? Par la manipulation, le charme et d’innombrables fausses promesses.

Certains islamistes radicaux, conquièrent le pouvoir en promettant l’égalité, la justice, la paix et une existence meilleure. Ils font appel aux jeunes, à la tradition et à l’espoir. Mais une fois au pouvoir, l’étau se resserre sur toutes les libertés susceptibles de plaire au peuple – notamment la liberté de parole.

Une fois l’islam radical au pouvoir et son système judiciaire en place – ou une fois la charia intégrée au système juridique existant – plus personne n’est en position de critiquer le gouvernement ou l’establishment politique. Dans un ordre social régi par l’islam radical, le gouvernement est l’islam; Le gouvernement est le représentant d’Allah et du Prophète Mahomet. Les politiciens qui font les lois ont le rang de figures « divines » ou nommées par Dieu. Nul, ni rien ne peut leur être opposé.

On ne compte plus les Sina Dehghan actuellement emprisonnés, torturés ou en attente d’une exécution pour « insulte à l’islam », « insulte au prophète », « insulte au chef suprême » – les accusations de ce type varient à l’infini. Le problème est que nous ne devons pas entendre parler d’eux. Certains médias refusent d’informer afin de ne pas courroucer la République islamique d’Iran – une preuve supplémentaire de son pouvoir de coercition. Mais en réalité, la seule façon de réduire cette oppression et les innombrables violences qui en découlent – est d’attirer l’attention sur les violations des droits de l’homme menées sous la bannière islamique de la « légitimité » religieuse et de l’ « authenticité ».

Ce type de tyrannie est un danger, non seulement pour ceux qui l’endurent, mais pour le reste de l’humanité.

Le Dr. Majid Rafizadeh, spécialiste de sciences politiques et chercheur à Harvard est président de l’International American Council on the Middle East
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