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Simone Veil s’est éteinte. Une grande lumière française disparaît.

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Simone Veil a définitivement clôt ses yeux ce matin à l’aube. De nombreuses célébrités françaises, politiques et autres, lui rendent hommage. Simone Veil fut longtemps la personnalité politique préférée des Français. Elle s’était retirée de la vie publique depuis près de deux ans parce qu’elle était gravement malade, un état aggravé par la disparition de sa sœur et de son époux. Elle avait 89 ans.

Je suis rarement affectée par la disparition d’une personnalité mais celle-ci me rend très triste, très très émue et triste.

Simone Veil fut une femme parfaitement digne dans sa vie personnelle et professionnelle -elle était magistrate- comme dans sa vie politique.

Déportée à 16 ans de Nice sa ville natale, survivante de la Shoah ayant perdu une partie de sa famille, elle n’était pas rancunière mais au contraire favorable à la construction de l’Europe, selon elle un facteur de paix. Elle fut la première femme présidente du Parlement européen, résultat tangible de son profond engagement.

Simone Veil parle de sa déportation http://www.ina.fr/video/I04341522

Ministre de la Santé de Giscard d’Estaing, elle défendit avec grand courage la légalisation de l’avortement, dite désormais loi Veil ou loi IVG. Elle du subir des injures, des insultes, des agressions au Parlement mais aussi chez elle et dans sa vie privée. Elle teint bon et, grâce à elle, le nombre d’avortements en France est passé de plus d’un million estimé à 200 000 avortements légaux officiels, effectués dans des conditions médicales et remboursés par la sécurité sociale. On veut souvent oublier que les avortements illégaux dans des conditions sordides débouchaient sur des septicémies, des salpingites qui entraînaient la stérilité, des traumatismes psychologiques graves et parfois la mort par hémorragie ou infection.

Simone Veil a défendu la loi sur l’IVG par humanisme , réalisme et solidarité féminine.

Simone Veil n’a pas renié ses origines juives ni sa détention à Auschwitz-Birkenau et a participé à toutes les initiatives en relation avec la mémoire de la Shoah. Elle avait toutefois appris que beaucoup de gens de tous horizons ne voulaient pas savoir et elle entretenait son besoin de parole avec celles et ceux qui avaient vécu la même expérience et étaient capables de la comprendre sans arrière pensée.

Simone Weil

Simone Veil, environ à l’âge de 16 ans quand elle fut déportée de Nice vers Auschwitz, une beauté qui lui sauva la vie et celle de sa mère. Source photo

Simone Veil était une femme bienveillante ce qui est rare dans le monde politique. Simone Veil restera un modèle de femme française pour les petites filles de France et d’ailleurs.


Témoignage : Simone Veil, déportée à Birkenau, Bobrek et Bergen-Belsen

ajoutée le 15 sept. 2016

Témoignage recueilli en mars 1997 pour la Survivors of the Shoah Visual History Foundation, Los Angeles.
Biographie : Simone Veil, née Jacob, garde le souvenir d’une enfance « exceptionnellement heureuse » à Nice, où son père, architecte, s’était installé peu avant sa naissance, en 1927. L’entrée en guerre puis l’occupation italienne affecte relativement peu cette quiétude. Mais la vie de la famille Jacob bascule en 1943, avec l’arrivée des Allemands à Nice. Simone doit quitter le lycée. Elle vit cachée (chez un professeur), comme le reste de sa famille. En mars 1944, un contrôle d’identité inopiné mène à son arrestation, puis à celles de sa mère, sa sœur et son frère. Transportée avec eux à Drancy, elle est déportée à Birkenau, puis à Bobrek, camp satellite d’Auschwitz, où elle travaille à l’usine Siemens. Les civils polonais alentour « ne pouvaient pas ne pas savoir », dit-elle. L’avancée des Soviétiques pousse les SS à faire évacuer le camp. Simone survit avec sa mère et sa sœur à la marche de la mort, qui les mène jusqu’à Monowitz, dans d’horribles conditions. Elles sont ensuite transférées à Bergen-Belsen, où sa mère meurt du typhus, en mars 1945. Son frère et son père ont également péri dans les camps. Sa sœur aînée, entrée en résistance et déportée à Ravensbrück, a survécu.  Après son retour à Paris, Simone Jacob épouse Antoine Veil, futur inspecteur des finances. Elle entreprend des études de droit et de sciences politiques, puis commence, dans la magistrature, une brillante carrière. Nommée ministre de la santé par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle fait adopter l’année suivante une loi sur l’avortement. Elle devient, en 1979, la première présidente du Parlement européen. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel, dont elle s’est mise provisoirement en congé pour faire campagne en faveur de la Constitution européenne.  Elle est aussi présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, fidèle à son engagement « contre toutes les intolérances ».

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Simone Veil, par ses enfants – C à vous – 17/10/2016

 

 

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