Flux RSS

Décérébrées contre le féminisme. 100 femmes à importuner …

No automatic alt text available.
Excellente idée de réponse 😉

 

La semaine dernière, Le journal Le Monde publiait une tribune invitant au droit d’importuner en réaction réactionnaire à #balacetonporc et #metoo. Voici la liste des signataires de cette tribune dont vous pourrez lire la teneur en bas de cette liste.

Je trouve choquant que ces femmes qui pour la plupart sont sorties d’affaire et assurent des positions sociales qui les mettent hors d’atteinte (en principe) des harcèlements et sexuels et des violences qui les accompagnent, osent prétendre donner une leçon aux millions de femmes victimes de harcèlement sexuel en instrumentalisant leurs privilèges pour plaire aux machos. Car ne nous y trompons pas, ces signataires prennent une position publique non pas tant pour salir le féminisme que pour maternellement protéger leurs chers machos ,rassurer leur ego et effacer leur paranoïa de la castration.

Depuis quelques années, la campagne contre le féminisme enfle au rythme de l’islamisation des esprits. Le modèle de la charia si néfaste à la condition des femmes gangrène jusqu’à la pensée d’intellectuels aussi intéressants qu’Alain Finkielkraut. Le paradoxe tragique est que des personnes assez lucides pour comprendre les dangers que représente l’islam en France et de France perdent leur intelligence de la situation lorsqu’il s’agit de défendre le privilège du macho et de contrevenir à la loi des hommes patriarcaux. Le pire exemple de cet aveuglement est le magazine Causeur dont la directrice Elisabeth Lévy a signé et défend la tribune des oies remplumées.

Le Connectrice

Résultat de recherche d'images pour "cent signataires le monde"

A vôtre droite la célèbre « galanterie française ». Source

Les signataires de la tribune, avec mes commentaires sur certaines de ces femmes que j’ai entendues ou lues dans les médias ou bien qui exercent des professions nécessitant éthique et respect :

Alexandra Alévêque (journaliste)

Kathy Alliou (curatrice)

Françoise Arnaud (historienne de l’art)

Celina Barahona (consultante marketing)

Sophie Bastide-Foltz (traductrice littéraire)

Brigitte Sy (réalisatrice et actrice)

Marie-Laure Béraud (auteur-interprète, musicienne)

Vivien Berah (interprète)

Marie-Laure Bernadac (conservateur général honoraire)

Léa Bismuth (critique d’art, curatrice)

Catherine Bizern (productrice et programmatrice indépendante)

Stéphanie Blake (auteur de livres pour enfants)

Linda Blake Pibarot (traductrice)

Sonia Bogdanovsky (chef monteuse cinéma)

Christine Boisson (actrice)

Ariane Bouissou (journaliste)

Odile Buisson (gynécologue-obstétricienne) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Sophie Cadalen (psychanalyste)Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Farideh Cadot (galeriste)

Cristina Campodonico (responsable de l’action culturelle de la SGDL)

Nickie Caro (normalienne, agrégée de Lettres, ancien professeur de khâgne)

Ingrid Caven (actrice et chanteuse) mise sur son jeu de femme fatale plus que sur ses talents d’actrice et chanteuse, être importunée signifie pour elle la réussite. Quand on a été adulée, épouse de R. W. Fassbinder et de Jean-Jacques Schuhl (Goncourt 2000 pour la biographie de la star) , égérie de Yves Saint-Laurent , on comprend qu’il est difficile de renoncer à son petit capital, surtout en fin de carrière.

Monique Chatenet (conservateur en chef du patrimoine au Centre André Chastel)

Julie du Chemin (écrivain et sexologue) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Sarah Chiche (écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Erika Maria Cool-Troch (manager Yak Immo)

Véronique Coquet-Caubère (productrice)

Sabine Dauré (viticultrice)

Catherine Deneuve (actrice) Celle qui fut autrefois la petite fiancée du français moyen a exclusivement bénéficié de la plasticité d’un physique qui plait à tout le monde parce que rien n’en dépasse. Un objet idéal pour les cinéastes et les hommes en général pour fantasmer à leur guise. Je n’ai jamais vu en CD une actrice mais uniquement Catherine Deneuve sous toutes les coutures. N’existant que pas son apparence immuable et consensuelle, le harcèlement sexuel ne peut être que la preuve ultime de son impact sur le macho sans lequel elle n’aurait jamais existé. Signer cette tribune est son ticket de reconnaissance.

Frederique Dolphijn (cinéaste, metteur en scène et romancière)

Christine Domine (professeur)

Nathalie Dray (journaliste)

Corinne Ehrenberg (psychanalyste)Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Méline Engerbeau (entrepreneuse)

Caroline Faillet (netnologue et dirigeante du cabinet Bolero)

Nouhad Fathi (journaliste et blogueuse)

Marguerite Ferry (paysagiste)

Adeline Fleury (écrivain)

Catherine Francblin (critique et historienne d’art)

Gloria Friedmann (artiste plasticienne)

Sophie Gaillard (présentatrice du 6-7h sur Sud Radio) Cette journaliste au tempérament et à l’humour affirmés ne peut perdurer qu’en se soumettant aux goûts de ses chefs parmi lesquels son président Didier Maïsto ( « je ne veux pas de journalisme militant à l’antenne »),  qui voue une grande admiration à Brigitte Lahaie selon ses propres dires. Sophie Gaillard ne doit pas avoir d’autre choix que de signer avec Lahaie si elle veut conserver son poste et gravir les échelons du journalisme. Triste pour elle et les auditeurs de Sud-radio. Sophie Gaillard a commencé à descendre la pente avec Sud radio qui devient de plus en plus racoleuse, médiocre et vulgaire. Je fus une fidèle auditrice jusqu’à la dernière rentrée.

Bernadette de Gasquet (médecin et auteur) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Véronique Gérard-Powell (spécialiste de l’art européen XVe-XVIIIe siècles, Centre André Chastel)

Christine Goémé (femme de radio)

Reine Grave (vidéaste)

Aliette Griz (écrivain et membre du Réseau Kalame)

Cécile Guilbert (écrivain)

Clarisse Hahn (réalisatrice, vidéaste et photographe)

Anne Hautecoeur (éditrice)

Marie Herbreteau (graphiste)

Brigitte Jaques-Wajeman (metteur en scène)

Claudine Junien (généticienne, membre de l’Académie de médecine) Je plains ses patientes si elle en a, et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Brigitte Lahaie (actrice et présentatrice radio) Brigitte Lahaie, ancienne actrice porno a beaucoup de succés auprès de ses auditeurs mâles qui la prennent pour une sexologue émérite. Elle a quitté RMC pour Sud radio où il semble qu’elle ait été suivie par ses fans. Didier Maïsto, le président de Sud radio n’a pas assez de mots pour lui déclarer son admiration, ce qui en dit long sur le personnage qui oeuvre au nivellement par le bas d’un média qui promettait de grimper haut en auditoire de par sa qualité, représentée en particulier par Philippe David et André Bercoff . 

J’ai entendu Lahaie conseiller à une auditrice le nomadisme sexuel pour trouver sa voie sexuelle, les conseils sont toujours donnés à travers le prisme de la sexualité masculine et très récemment elle a affirmé «On peut jouir lors d’un viol, je vous signale». Devant le tollé suscité par cette déclaration, la pauvre aurait fondu en larmes et rectifié son « erreur « : elle avait oublié de dire malheureusement … 

Rachel Laurent (artiste)

Sylvie Le Bihan (écrivain)

Anne-Marie Lesage (retraitée)

Myriam Le Strat (dentiste)

Martine Lerude (psychiatre, psychanalyste) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Elisabeth Lévy (directrice de la rédaction de Causeur) Elisabeth Lévy est la preuve vivante qu’une femme peut « y arriver » …croit-elle égocentriquement. Elle oublie de mentionner qu’elle est entourée d’une équipe d’hommes connus, reconnus et expérimentés qui lui sont reconnaissants de défendre le dessous de leur ceinture : défense des clients de prostituées, défense de la prostitution, haro sur « lesféministescastratrices », haro sur la supposée « délation » du mouvement #balanceton porc #metoo. Il est tout de même curieux qu’une femme qui semble aussi cultivée et intelligente d’Elisabeth Lévy soit aussi stupide quand il s’agit de prendre position en faveur dune réelle égalité entre femmes et hommes, comme si elle devait rester la démonstration de l’infériorité congénitale des femmes et ainsi afficher que, si elle a réussi c’est qu’elle est une femme exceptionnelle. 

De surcroît Elisabeth Lévy ne manque pas d’incohérence : comment peut-elle se prononcer dans son journal Causeur contre l’islamisation de la France et la charia quand la condition et la sécurité des femmes régresse au fur et à mesure de l’implantation de la loi islamique ? Ces incohérence et confusion intellectuelles sont gravissimes et me laissent désespérer des intellos du pays.

Lévy reproche au mouvement #balance ton porc de s’exprimer au nom de toutes les femmes comme si elles constituaient un parti unique mais elle ne craint pas de mettre toutes les féministes dans le même sac comme si la philosophie féministe était unique. Mauvaise foi ou ignorance ?

Jacqueline Lichtenstein (philosophe) Une philosophe qui n’a pas beaucoup d’esprit critique et de capacité d’analyse

Christine Lombard (créatrice de mode)

Joëlle Losfeld (éditrice)

Vanessa Luciano (chroniqueuse radio, sexothérapeute) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ? Une pote à Lahaie ?

Mademoiselle A (chanteuse, comédienne et modèle)

Valérie Maës (actrice et vidéaste)

Abeline Majorel (responsable pédagogique et business developer)

Claire Margat (critique d’art, traductrice)

Isabelle Marlier (anthropologue et écrivain)

Isabelle Martin (enseignante)

Christelle Mata (attachée de presse)

Sophie de Menthon (présidente du mouvement ETHIC et membre du CESE) Que Sophie de Menthon donne sa voix à une tribune publiée par Le Monde n’étonnera guère d’une dame qui adore se mettre sous les feux de la rampe, une dame qui elle aussi à réussi parce qu’elle est plus intelligente (pense-t-elle) que les pauvres femmes qui se laissent émouvoir par les prédateurs sexuels. Sophie de Menthon qui habite sans doute dans le 93 et prend RER et métro tous les jours aux heures d’affluence sait de quoi il retourne …

Sophie de Menthon est reconnaissante à son ex époux (elle a divorcé) : Et je me disais, qu’au fond, si mon mari ne m’avait pas un peu harcelée, peut-être que je ne l’aurais pas épousé.« …Ce n’est pas la première fois que Sophie de Menthon s’illustre en combattante du « puritanisme ». En 2015, en plein débat sur le harcèlement de rue, elle considérait que se faire siffler était « plutôt sympa » pour une femme. Cheffe d’entreprise, elle ne semble pas avoir conscience de la responsabilité de ses propos et du mépris pour les autres femmes qu’ils reflètent.

Karine Miermont (écrivain)

Catherine Millet (critique d’art, écrivain) J’avais lu en son temps l’ouvrage autobiographique de Catherine Millet dans lequel elle exprimait sa jouissance d’être prise en tous lieux, par le tout-venant, par tous les trous et les bosses de son corps. Comme image de la liberté sexuelle, on fait mieux car la liberté n’est pas de faire n’importe quoi mais de pouvoir faire sans entraves ce qui est le moins nocif pour soi et autrui. Et puis où est la liberté d’être libre en soi même quand on se soumet aux fantasmes sexuels de l’homme dominant qui réduit sa sexualité à sa bite comme instrument de pouvoir ? De nombreuses études et témoignages nous disent que le principal organe sexuel de la femme est son cerveau, pas celui du mâle.

Anne Morelli (professeure à l’Université libre de Bruxelles)

Anne-Elisabeth Moutet (journaliste)

Latifa Najar (retraitée)

Natacha Nikouline (photographe)

Karine Papillaud (journaliste littéraire)

Julia Palombe (chanteuse, auteur)

Nelly Perotin (retraitée)

Camille Pier (auteure, compositeure et interprète)

Danièle Pierre (photographe)

Sylvie Pierson (secrétaire)

Francesca Piolot (productrice radio)

Barbara Polla (médecin, écrivain, commissaire d’exposition) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Joana Preiss (actrice, réalisatrice)

Isabelle Prim (réalisatrice et comédienne)

Nicole Priollaud (chargée de la communication de l’Académie nationale de pharmacie)

Catherine Robbe-Grillet (comédienne et écrivain)

Anne Rudisuhli (psychopraticienne) Psychopéripatitienne ? Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Nora Sahara (journaliste et infirmière)

Sylviane Sainclair (retraitée)

Peggy Sastre (auteur, journaliste et traductrice)

Marie Sellier, (auteure, présidente de la SGDL – Société des gens de lettres)

Abnousse Shalmani (écrivain et journaliste)

Joëlle Smets (journaliste et sexologue) Comprend elle quelque chose à la sexualité féminine ou, comme la plupart, la calque telle sur le modèle masculin de bandaison-éjaculation-roupillon ?Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Hélène Soulodre (documentaliste)

Catherine Thieron (auteure et vocaliste)

Catherine Titeux (architecte, Bruxelles)

Trinidad (humoriste, imitatrice, chanteuse)

Gabriela Trujilo (historienne du cinéma et critique)

Christine Van Acker (auteur)

Roxane Varone (chirurgienne) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Alexandra Varrin (écrivain)

Hélène Vecchiali (psychanalyste et coach) Je plains ses patientes et j’espère que, devant tant de subjectivité, elles quitteront leur psy. Comment ne peut-elle pas comprendre que la souffrance est subjective et qu’elle n’a pas à la mesurer quand une de ses patientes lui dit qu’elle est traumatisée par le harcèlement ?

Martine Vercruysse (animatrice)

Sonia Verstappen (travailleuse du sexe et anthropologue) Travailleuse du sexe ? combien de musculation des trous par jour ? Un sexe musclé permet-il de soulever les montagnes de la bêtise égocentrique ?

Caroline Vié (journaliste et romancière)

Bérengère Viennot (traductrice et chroniqueuse)

Evelyne Vitkine (consultante en marketing)

 

Dans une tribune au « Monde », un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».

Tribune. Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

A la suite de l’affaire Weinstein a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !

Or c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie.

Délations et mises en accusation

De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque.

Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment, au nom d’une conception substantielle du bien et de la morale victorienne qui va avec, que les femmes sont des êtres « à part », des enfants à visage d’adulte, réclamant d’être protégées.

Lire la tribune d’Olivier Roy :   « De quoi le cochon est-il le nom ? »

En face, les hommes sont sommés de battre leur coulpe et de dénicher, au fin fond de leur conscience rétrospective, un « comportement déplacé » qu’ils auraient pu avoir voici dix, vingt ou trente ans, et dont ils devraient se repentir. La confession publique, l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée, voilà qui installe comme un climat de société totalitaire.

Lire aussi :   Personnalités de l’année de « Time » : les femmes ayant « brisé le silence » des violences sexuelles

La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite. Là, on censure un nu d’Egon Schiele sur une affiche ; ici, on appelle au retrait d’un tableau de Balthus d’un musée au motif qu’il serait une apologie de la pédophilie ; dans la confusion de l’homme et de l’œuvre, on demande l’interdiction de la rétrospective Roman Polanski à la Cinémathèque et on obtient le report de celle consacrée à Jean-Claude Brisseau. Une universitaire juge le film Blow-Up, de Michelangelo Antonioni, « misogyne » et « inacceptable ». A la lumière de ce révisionnisme, John Ford (La Prisonnière du désert) et même Nicolas Poussin (L’Enlèvement des Sabines) n’en mènent pas large.

Déjà, des éditeurs ­demandent à certaines d’entre nous de rendre nos personnages masculins moins « sexistes », de parler de sexualité et d’amour avec moins de démesure ou encore de faire en sorte que les « traumatismes subis par les personnages féminins » soient rendus plus évidents ! Au bord du ridicule, un projet de loi en Suède veut imposer un consentement explicitement notifié à tout candidat à un rapport sexuel ! Encore un effort et deux adultes qui auront envie de coucher ensemble devront au préalable cocher via une « appli » de leur téléphone un document dans lequel les pratiques qu’ils acceptent et celles qu’ils refusent seront dûment listées.

Indispensable liberté d’offenser

Le philosophe Ruwen Ogien défendait une liberté d’offenser indispensable à la création artistique. De même, nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.

Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n’est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une « salope » ni une vile complice du patriarcat. Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement.

Lire la tribune de Belinda Cannone :   « Le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies »

En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité. Nous pensons que la liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d’importuner. Et nous considérons qu’il faut savoir répondre à cette liberté d’importuner autrement qu’en s’enfermant dans le rôle de la proie.

Pour celles d’entre nous qui ont choisi d’avoir des enfants, nous estimons qu’il est plus judicieux d’élever nos filles de sorte qu’elles soient suffisamment informées et conscientes pour pouvoir vivre pleinement leur vie sans se laisser intimider ni culpabiliser.

Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. Car nous ne sommes pas réductibles à notre corps. Notre liberté intérieure est inviolable. Et cette liberté que nous chérissons ne va pas sans risques ni sans responsabilités.

Les rédactrices de ce texte sont : Sarah Chiche (écrivaine, psychologue clinicienne et psychanalyste), Catherine Millet (critique d’art, écrivaine), Catherine Robbe-Grillet (comédienne et écrivaine), Peggy Sastre (auteure, journaliste et traductrice), Abnousse Shalmani (écrivaine et journaliste).

Adhèrent également à cette tribune : Kathy Alliou (curatrice), Marie-Laure Bernadac (conservateur général honoraire), Stéphanie Blake (auteure de livres pour enfants), Ingrid Caven (actrice et chanteuse), Catherine Deneuve (actrice), Gloria Friedmann (artiste plasticienne), Cécile Guilbert (écrivain), Brigitte Jaques-Wajeman (metteuse en scène), Claudine Junien (généticienne), Brigitte Lahaie (actrice et présentatrice radio), Elisabeth Lévy (directrice de la rédaction de Causeur), Joëlle Losfeld (éditrice), Sophie de Menthon (présidente du mouvement ETHIC), Marie Sellier (auteure, présidente de la Société des gens de lettres).

Les femmes signataires de la tribune publiée dans “Le Monde” by LeMonde.fr on Scribd

Pour en savoir plus

Quelques réactions contre cette tribune

À chaque fois que les droits des femmes progressent, que les consciences s’éveillent, les résistances apparaissent. En général, elles prennent la forme d’un « c’est vrai, certes, mais… ».  Ce 9 janvier, nous avons eu droit à un « #Metoo, c’était bien, mais… ». Pas vraiment de nouveauté dans les arguments employés. On retrouve ces derniers dans le texte publié dans Le Monde comme au boulot autour de la machine à café ou dans les repas de famille. Cette tribune, c’est un peu le collègue gênant ou l’oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer.
« On risquerait d’aller trop loin. » Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans. C’est celui du monde dans lequel nous vivons. En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour. La caricature, elle est là…

La pintade rassemble sur son blog diverses réactions et informations qui valent le détour

http://www.le-blog-de-la-pintade.fr/2018/01/reponse-a-catherine-deneuve-pas-neuve-et-sa-clique.html

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :