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Mouvement des Gilets jaunes et Mouvement de Libération des Femmes en 1968

Un Mouvement est une révolte spontanée provoquée par une accumulation d’ abus qui fait déborder le vase de la patience et de la soumission à une dictature. Un Mouvement touche des populations qui n’ont pas forcément des points communs hormis  les motifs d’indignation qui les rassemble. Un Mouvement, comme le nom l’indique, n’a pas de références ni d’actions établies et définitives, n’a ni idéologie, ni chefs, ni partis, ni organisation, ni une seule solution pour résoudre les questions soulevées et ne rentre pas dans les cadres prédéfinis par les philosophies et idéologies politiques, ni dans les analyses sociologiques classiques ni dans les schémas de lecture des experts en tous genres. Un Mouvement est en mouvement, donc insaisissable par les paresseux intellectuels et politiques avides de le mettre en boite.

Je sais de quoi je parle puisque je me suis engagée dans le Mouvement des femmes en 1969 et que j’y ai milité activement jusqu’en 1971. J’en ai pris de la distance précisément quand le Mouvement a cessé d’être en mouvement. En effet, dès le début de ce renouveau du féminisme, des groupes et des partis ont tenté de nous canaliser et de récupérer en leur nom nos revendications et actions. Nôtre révolte étant puissante, il leur fallu près de deux ans avant de nous étouffer et de nous diviser en suscitant des rivalités et nous montant les unes contre les autres. Des cheffes se distinguèrent dont une certaine Antoinette experte  en manipulation et prédation qui se comporta comme le gourou d’une secte en utilisant le sexe ,l’argent et la fragilité psychologique de certaines d’entre nous. J’en fus témoin et ostracisée dès que j’eu l’audace de souligner cette manipulation anti-féministe. De leur côté les trotskistes, les maoïstes et les marxistes nous serinaient que l’oppression des femmes était une « contradiction secondaire » de la lutte des classes et que nous devions les rejoindre pour satisfaire nos revendications … quand la lutte des classes aurait gagné la partie.

La lutte des classes n’a pas remporté la victoire et si la condition des femmes a progressé nous sommes loin d’avoir obtenu satisfaction en matière d’égalité Femmes/hommes et de respect. Bien au contraire la condition des femmes est en régression du fait de l’islamisation qui libère par l’exemple les hommes de leur machisme et les femmes du confort dangereux et fugace de la servitude volontaire.

Nôtre expérience du Mouvement des Femmes peut servir d’avertissement au Mouvement des Gilets Jaunes dans le but d’éviter les pièges dans lesquels nous sommes tombées parce que nous étions innocentes des magouilles politiques et que nous étions sincères et enthousiastes dans nos revendications, parce qu’enivrées par la solidarité et l’amitié qui nous rassemblaient nous ne voyions pas l’armée de prédateurs qui nous encerclait.

Comme l’écrivent Anne et Manu dans leur article, Il importe d’insister sur cette dimension méconnue du féminisme : la prétention à rendre la vie plus douce entre les gens, un aspect du Mouvement qui doit nous inciter à entretenir le mouvement pour ne pas nous endormir sur nos lauriers en laissant les prédateurs nous mettre le grappin dessus.

Vive les Gilets Jaunes, vive les femmes, vive le Mouvement !

La Connectrice, féministe et Gilet jaune


https://www.causeur.fr/gilets-jaunes-feminisme-mai-68-158066

On n’entend guère les féministes actuelles, aveuglées par leurs œillères de gauche, défendre les revendications des gilets jaunes. Pourtant, dans l’esprit de mai 68, un vent émancipateur souffle sur toutes ces femmes aujourd’hui précarisées.


En mai 2018, on a célébré mai 1968. En novembre 2018, a commencé la révolte des gilets jaunes. Hasard ou correspondances souterraines ? Il y a un lien invisible indéniablement. Les féministes que nous sommes, « intello » et classées « bourge », ont retrouvé, cinq décennies après, le même esprit. Peu importe les divergences grossies à dessin par les médias. Nous avons ressenti le même élan, le même enthousiasme qu’il y a cinq décennies. Nous avons respiré plus large, nous avons dit bye bye à la résignation ordinaire qui nous plombe tous.

Le souffle de 68

L’esprit de mai 68, ce n’est pas celui des caciques gauchistes auto-proclamés, qui aujourd’hui paradent sur les plateaux télé et prennent de haut ce mouvement populaire. L’essentiel de 68, il faut le chercher dans les coins, en dehors des projecteurs. Alors quoi de commun entre 68 et les gilets jaunes ? Le même souffle, la même aspiration à un monde meilleur, oui n’ayons pas peur des mots. Un monde meilleur. Penser par soi-même, rejeter les diktats venus d’en haut, inventer des modes nouveaux d’intervention, occuper et subvertir des lieux morts qu’ils revivifient. Qui aurait pu imaginer que les mornes et moches ronds-points deviendraient des lieux de rencontre et de solidarité, où l’on mange ensemble, où l’on se parle, où l’on imagine le monde autrement. Là est le génie du « peuple » : redonner vie aux déserts imposés. Mai 68 venait « d’en haut », les gilets jaunes plutôt « d’en bas ». Il n’y a pas d’antinomie. Ce qui avait été commencé se continue sous d’autres formes. Les étudiants d’alors avaient ouvert la voie, une partie de la population avait suivi. Aujourd’hui, les gilets jaunes reprennent l’initiative en partant aussi d’eux-mêmes. Partir de soi, maître-mot de tous les mouvements de libération.
L’insupportable solitude de notre monde mondialisé et déshumanisé recule. Quel bonheur de renouer avec le bon sens tant décrié par nos « experts » !

Et les féministes là-dedans ? 

De dire enfin les choses telles qu’elles sont, et non telles qu’elles devraient être ! Loin des contorsions langagières et des dénis mortifères. Ces gens-là ne se racontent pas d’histoire. Ils nous remettent les pieds sur terre. Grâce à eux, il n’y a pas de fatalité à la résignation, à la morosité, au malheur. Y aurait-il un avenir autre que le CAC 40, le déferlement migratoire et l’apocalypse climatique ? Rêvons-un peu.

A lire aussi: Les manifs qui marchent ne sont pas de gauche

Et les féministes là-dedans ? On ne les entend guère, pas plus que la gauche dans son ensemble. Or, la majorité des néo-féministes déclarées sont toujours marquées à gauche, cette gauche qui s’est détournée de ses idéaux. Cela les a amenées à donner la priorité à certaines luttes, au détriments d’autres : un antiracisme obsessionnel, la défense des nouveaux opprimés venus d’ailleurs, la promotion du multiculturalisme. La gauche, on le sait, a abandonné les siens pour privilégier « l’Autre ». De ce fait, elle a tourné le dos à son universalisme fondateur par souci du respect des cultures. Or le féminisme, dans son essence, est universaliste et libertaire. Rappelons que mai 68 a permis sa renaissance. En cela la question des gilets jaunes le concerne. 40% des gilets jaunes seraient des femmes. Elles sont à l’initiative du mouvement. Sur leurs épaules pèsent la précarité et la monoparentalité. Il s’agit dans les deux cas d’un combat de libération, d’une aspiration à plus de justice.

Une occasion en or

Ne serait-ce pas l’occasion pour les féministes, au-delà de leurs divergences, d’élargir leur champ politique ? Le féminisme officiel est occupé ailleurs, dans ses propres chapelles, à juste titre. Mais le combat des femmes va bien au-delà du catégoriel. Le féminisme a de vastes ambitions. Il ne se limite pas à la simple égalité entre les sexes. Il prétend bouleverser la donne des relations hommes-femmes, et partant, de la relation humaine. Les gilets jaunes sont un symbole de la domination qu’exercent les uns sur les autres, en l’occurrence les riches sur les pauvres. Elle est source d’une souffrance qui a éclaté au grand jour.

Il importe d’insister sur cette dimension méconnue du féminisme : la prétention à rendre la vie plus douce entre les gens. Voilà qui permet de mieux comprendre les correspondances entre nous et les gilets jaunes.

"

  1. Marion Lerebourg

    j’aime votre engagement, vous ne lâchez rien, BRAVO

    J'aime

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