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« La France a une part de Chine en elle : mais quelle part ? Dossier.

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Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

 A l’occasion du 75ème anniversaire de la libération du Sud de la France, le président Macron a rendu hommage aux soldats africains ayant contribué à la libération du Sud de la France en déclarant « La France a une part d’Afrique en elle »

https://youtu.be/z1Y7oZLkxFc

Le président de la République a prononcé un discours très politique à Saint-Raphaël, dans le Var, ce jeudi 15 août lors des commémorations des 75 ans du débarquement de Provence. https://www.rtl.fr/actu/politique/vid…

Il y a une contradiction flagrante à affirmer que la France est multiculturelle et valoriser avec emphase la contribution de l’Afrique à la libération de la Provence. Mais quand valorise-t-on la contribution des italiens et des portugais à la reconstruction post guerre ? Quid de la main d’oeuvre espagnole dans l’agriculture ? Quid du travail des polonais dans les mines ? Et qui se souvient des milliers de travailleurs chinois assistant l’armée française en 14-18 ainsi que l’industrie de l’armement ? Quid des ouvriers chinois dans les usines d’automobiles ? Vous trouverez à la fin de cet article un dossier sur la contribution des chinois en particulier et des asiatiques en général à l’effort de guerre.

Contribution des africains et maghrébins à la libération de la Provence

Si il est indiscutable que des maghrébins et des africains, réquisitionnés dans nos colonies de l’époque, parfois arrachés de force à leur village et leur famille, ont participé à l’effort de guerre sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny, l’offensive a été victorieuse grâce à l’intervention des forces alliées britanniques et américaines. Les troupes marocaines ont été héroïques et parmi les troupes algériennes se trouvaient près de la moitié de pieds-noirs. Sans vouloir ignorer le courage des soldats coloniaux, il est inexact de prétendre que la libération de la Provence s’est faite uniquement avec des africains.

Dette coloniale et immigration africaine

Dans le contexte actuel d’islamisation et d’immigration pléthorique de migrants originaires d’Afrique, ramener la libération de la France à l’intervention des africains est clairement verser de l’huile sur le feu des revendications des immigrants qui réclament le « paiement de la dette coloniale », l’islamisation de la France parce que les musulmans y ont mis le pied, les accommodements raisonnables avec l’Islam, l’indulgence pour les voleurs et délinquants et criminels, le droit au logement, le droit aux aides sociales, le droit aux soins médicaux gratuits (l’une des causes de l’engorgement des urgences), le droit au viol des femmes blanches, le droit aux insultes et aux menaces pour les méchants blancs sous-chiens, le droit aux services publics, le droit d’imposer le halal dans les écoles et services publics, le droit à des salles de prière dans les universités, le droit de se baigner habillé dans les piscines publiques, le droit de prier dans les rues, le droit de se faire construire des mosquées avec l’argent public au prétexte de la culture, le droit de séparer femmes et hommes, le droit d’afficher ostensiblement la religion musulmane avec le foulard ou la djellaba pour les hommes, le droit d’insulter la police et les femmes dans leurs chansons et leurs rassemblement « décoloniaux », le droit au racisme et le droit de faire passer l’oumma islamiya avant le Bien Commun France.

Le rôle de la Chine dans la lutte contre les nazis en 39-45

Quand les troupes de l’Allemagne nazie se sont déployées dans toute l’Europe en 1940, les troupes chinoises ont lancé des contre-offensives hivernales sur les divers fronts de bataille du pays, forçant le Japon à attacher une plus grande attention aux champs de bataille en Chine.

« C’est la raison principale pour laquelle le Japon n’a pas répondu à la demande de l’Allemagne l’invitant à attaquer l’Union soviétique ou à repousser les troupes britanniques en Asie du Sud-Est », a estimé Peng. .. Les pertes des forces alliées de l’Occident auraient été plus grandes sans la ferme résistance de la Chine…Durant la guerre, la Chine a également fourni à ses alliés d’importantes quantités de ressources agricoles et minérales : celles d’une valeur de 450 millions de dollars à l’Union soviétique, de 747,85 millions de dollars aux Etats-Unis et de 114,8 millions de livres sterling à la Grande-Bretagne, a précisé Rong.

http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/3380245.html

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Contribution des asiatiques et des chinois à l’effort de guerre en 14-18

  • Les oubliés de la Grande Guerre

Le 17 février 1917, près de Malte, un sous-marin allemand torpillait le paquebot français «Athos», faisant 754 morts, majoritairement des Chinois. Ces hommes devaient rejoindre un contingent de 140 000 travailleurs de leur pays. Une main-d’œuvre à l’histoire largement méconnue.

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11:13  Lu par Marie Lenoir

https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/POUILLE/57358

L’accès des estaminets est interdit aux travailleurs indigènes chinois.» Un murmure de stupéfaction parcourt l’assemblée réunie dans une salle municipale archicomble de Saint-Valery-sur-Somme quand Ma Li projette l’image de cet arrêté militaire français datant du 31 mars 1917. Quelques minutes plus tôt, cette professeure de l’université du Littoral-Côte d’Opale à Boulogne-sur-Mer montrait l’échange épistolaire entre un fonctionnaire et un élu du Nord furieux d’avoir surpris plusieurs Chinois qui cultivaient leurs légumes sur les pâtures communales.

Ce soir d’octobre 2016, Ma Li répond à l’invitation de la Société d’archéologie et d’histoire. Originaire de Canton, elle enquête sans relâche depuis son arrivée, en 2003, sur la vie méconnue des 140 000 paysans chinois enrôlés en France, avec 400 interprètes, pendant la première guerre mondiale. Au même moment, l’empire russe en acheminait 200 000, par l’intermédiaire de recruteurs privés, jusqu’aux forêts de Sibérie, aux usines de Moscou, aux mines de charbon de Donetsk ou au chantier du chemin de fer reliant Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) au port de Mourmansk. Après l’effondrement du régime tsariste, 40 000 d’entre eux environ intégrèrent les forces combattantes de l’Armée rouge.

Ceux qui débarquèrent sur le sol français dès le 24 août 1916 devaient pallier le manque de bras dans les usines et œuvrer dans les bases arrière des armées alliées. Un officier retraité des troupes coloniales, Georges Truptil, fut missionné à Pékin pour dénicher ces travailleurs. Il trouva un interlocuteur auprès de Huimin, une compagnie privée créée par des officiels chinois pour sauvegarder l’apparence de la neutralité du pays dans le conflit, proclamée par le gouvernement d’alors. Truptil fut rapidement suivi par les Britanniques, qui s’appuyèrent sur des pasteurs anglicans installés dans les campagnes du Shandong, dans l’est de la Chine : «Ils recevaient une prime de 17 shillings par tête», affirme la chercheuse. L’empire colonial britannique est rodé à cet exercice : entre 1903 et 1910, il a expédié 64 000 travailleurs chinois vers les mines d’or sud-africaines.

Les témoignages que Ma Li recueille en Chine auprès de quarante-cinq familles de descendants de travailleurs viennent compléter les informations distillées par les archives militaires. «Parmi ces Chinois, 88% étaient des paysans illettrés qui ont subi eux aussi le traumatisme de la guerre. Ils ne parlaient pas beaucoup de leur expérience française, et seuls quelques immigrés ont laissé des notes. Leurs témoignages sont précieux», affirme-t-elle. Et de préciser : «Nous savons qu’ils étaient, pour la grande majorité, originaires de la province du Shandong et âgés de 16 à 40 ans.»

Quarante mille Chinois ont été placés sous autorité française, avec des contrats de cinq ans et un salaire de 5 francs par jour pour l’ouvrier qualifié, négocié par la Confédération générale du travail (CGT). Ils faisaient tourner les usines — comme les ateliers d’artillerie du Creusot —, déchargeaient les bateaux dans les ports de Marseille, du Havre ou de Dunkerque, puis creusaient les tranchées des poilus, dans la Marne, sur le front de l’Est. Cent mille ont travaillé sous commandement britannique avec des contrats de trois ans. Ma Li commente : «Les Anglais étaient les plus pingres. Jamais plus de 1,50 franc par jour, alors que le danger était plus grand.» Soit un dixième du salaire ouvrier français de l’époque.

Creuser les tranchées, déminer les terres…

Les Chinois au service des forces du Commonwealth entretenaient les routes et les rails de l’arrière-front, mais creusaient aussi les tranchées de la Somme et de l’Artois, et ramassaient les dépouilles de soldats pour les enterrer. Autour de Lens et de la crête de Vimy, dont les Canadiens s’emparèrent en avril 1917, ils ont déminé les terres pour les rendre aux agriculteurs, ont évacué les gravats des villages bombardés pour faciliter le retour des populations — des éboueurs de guerre, en quelque sorte. Comme l’explique Ma Li, «il était très dangereux de manipuler les obus non explosés. Or ils n’étaient pas payés pour une tâche pareille. Ces munitions étaient alors rassemblées dans des trous, puis recouvertes à la va-vite de ferraille et de terre. C’était leur technique.» Une pratique que nous confirme M. Frédéric Willemetz, démineur de la sécurité civile d’Arras. Avec quinze autres policiers, il déterre à plein temps les dépôts de munitions de la Grande Guerre à travers les Hauts-de-France. «Surtout pendant la récolte des pommes de terre, ou lorsqu’une pelleteuse de chantier enfonce son godet un peu trop profondément. Parfois, on retrouve des obus vides mais gravés de dessins asiatiques… Un art lancé par les poilus.»

Si la République de Chine — restée officiellement neutre dans le conflit jusqu’en août 1917 — a accepté un tel transfert de main-d’œuvre, ce n’est pas par bonté d’âme. À l’issue des deux guerres de l’opium et de la mise à sac du Palais d’été par les troupes britanniques et françaises, entre 1839 et 1860  (1), les grandes puissances étranglent son économie. Elles contrôlent l’exploitation des chemins de fer et de nombreuses usines, coordonnent le prélèvement d’impôts et profitent d’enclaves territoriales comme Tianjin, Canton, Qingdao et Shanghaï, sans parler de Hongkong, cédée officiellement à l’Empire britannique en 1842.

À la suite de la révolte des Boxers (1899-1901), qui visait notamment l’occupation étrangère, «on condamna la Chine à payer une indemnité de 67 millions de livres pendant trente-neuf ans,détaille Ma Li. Cet envoi massif de main-d’œuvre vers la France va donc lui permettre de renégocier ce délai, d’obtenir le droit de revoir à la hausse ses tarifs douaniers pour favoriser ses industries, et de décrocher la promesse d’une participation à la conférence de paix.»Celle-ci se tint à Versailles en 1919, mais ne permit pas à la Chine de récupérer le Shandong : la province passa des mains de l’Empire allemand… à celles de l’Empire japonais. Cette cession, insupportable pour les Chinois, aboutit au soulèvement nationaliste du 4 mai. Certains de ses protagonistes fonderont le Parti communiste chinois deux ans plus tard, en 1921.

En France, la grippe espagnole, le choléra, quelques exécutions et de nombreux accidents tuèrent 20 000 travailleurs chinois. À Noyelles-sur-Mer, un village à 8 kilomètres de Saint-Valery-sur-Somme, on visite le plus grand cimetière chinois d’Europe, avec ses 849 stèles blanches; il a été inauguré en 1921. À cet emplacement aujourd’hui verdoyant s’étalait un vaste camp de transit des Chinois sous commandement britannique. Une fois leur contrat terminé, les survivants rentraient au pays.

Lors d’un séjour au Shandong, Ma Li a découvert que des dizaines de ces travailleurs avaient emmené une fiancée française. «Ils entretenaient des relations avec les Françaises. Certaines offraient leurs services contre l’équivalent d’un mois de salaire. D’autres cherchaient une relation stable auprès d’hommes jugés doux et courageux. Il faut dire que, après la guerre, beaucoup de soldats français démobilisés ont sombré dans l’alcoolisme.» Quelle ne fut pas la surprise de ces migrantes quand elles se rendirent compte sur place que leurs compagnons étaient déjà mariés… «Elles se retrouvaient littéralement concubines, et beaucoup allèrent se plaindre à l’ambassade de France.»

Moins de 1 800 travailleurs chinois ont choisi de rester sur le sol français. Tous étaient sous contrat avec l’armée française, qui, contrairement aux Britanniques, leur offrait une possibilité de s’installer. Parmi eux, un certain Tchang Tchang Song, dont l’un des douze enfants est installé à Malakoff (Hauts-de-Seine). «J’ai grandi à La Machine, dans la Nièvre, où mon père s’est fait embaucher comme mineur de charbon. Là-bas, nous étions tous des gueules noires, on ne se posait pas de questions sur ses origines, et toutes les nationalités coexistaient», raconte M. Gérard Tchang, 74 ans. Ce n’est qu’à l’âge de la retraite qu’il s’est intéressé à son identité chinoise. «Avec ma femme, nous avons passé de longues journées aux archives du Service historique de la défense, à Vincennes. Nous avons retrouvé le bateau qui avait emmené mon père, âgé de 20 ans, de Nankin à Marseille, en 1917. Après ces trois mois de voyage, l’armée française l’a envoyé à Suippes, dans la Marne, pour creuser les tranchées des poilus.» Trois ans plus tard, Tchang Tchang Song choisira de rester. Il deviendra mineur et rencontrera la jeune Louise, «avec qui il décrochera la médaille d’or de la famille française», précise M. Tchang, encore plus fier du passé de résistant de son père comme franc-tireur et partisan (FTP) pendant la seconde guerre mondiale.

Amoureux d’une nourrice luxembourgeoise

À Ventabren, près d’Aix-en-Provence, Mme Christiane Galas, 87 ans, conserve elle aussi le souvenir d’un père héroïque : «Il s’appelait Tong Xuan Peng et est devenu orphelin à 6 ans. Il est arrivé en France comme interprète, tandis qu’il apprenait les langues à Hongkong. C’est une belle affiche lui promettant l’aventure qui l’a convaincu de partir. Mais il ne s’attendait pas à la guerre.» Parce qu’il baragouine le français et maîtrise cinq dialectes chinois, Tong Xuan Peng sert d’intermédiaire entre les travailleurs et les officiers. Un pistolet lui est même fourni en cas de mutinerie. Il quitte l’armée en 1921, avec un permis de conduire. Et devient chauffeur de notables. «Mon père tombe alors amoureux d’une nourrice luxembourgeoise qui s’occupait du bébé d’une femme médecin à Paris.» Le couple s’installe dans le Midi, et Tong Xuan Peng devient cuisinier au Grand Hôtel de Salon-de-Provence. «Dès qu’un Asiatique lui était signalé, il l’invitait à la maison. Nous avons souvent eu à déjeuner certains de ses “frères” déracinés. À la fin des années 1950, Peng se rendait régulièrement au camp des rapatriés indochinois de Sainte-Livrade-sur-Lot pour aider les plus démunis dans leurs démarches administratives ou pour traduire des lettres.»

Mme Galas parle d’un père obsédé par l’instruction : «Il nous emmenait voir les opéras classiques après avoir âprement négocié le prix du billet et nous forçait à jouer de plusieurs instruments.» Sa mère meurt brusquement à 43 ans, laissant Tong Xuan Peng veuf à 53 ans. «Il a pris en charge les mariages de mes frères et retapé des maisons en ruine pour nous laisser à chacun un pécule.» Mme Galas a tenu avec son époux un laboratoire photographique réputé. Agnès, l’aînée de ses trois filles, est devenue enseignante-chercheuse à l’université d’Aix-Marseille. Elle participe désormais à un projet européen de partage des pratiques innovantes d’enseignement avec l’Asie. «Un tout petit clin d’œil à la Chine», dit-elle.

Jordan Pouille

Journaliste.

(1La première guerre de l’opium (1839-1842) a été menée par le Royaume-Uni, et la seconde (1856-1860) par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, obligeant la République de Chine à ouvrir vingt-sept zones d’influence et à céder Hongkong au Royaume-Uni. Ma Li parle de «semi-colonisation».

 

L’appel aux travailleurs étrangers, coloniaux et chinois pendant la Grande Guerre

Dès l’été 1914, la pénurie de main-d’œuvre masculine nationale s’impose aux autorités françaises comme un des problèmes les plus aigus. La féminisation du marché du travail et le nombre relativement faible des prisonniers de guerre s’avèrent insuffisants, si bien que le recours aux travailleurs étrangers, coloniaux et chinois apparaît une solution nécessaire. Si les flux de travailleurs libres ne sont pas négligeables, en réalité la très grande majorité des étrangers et des coloniaux sont recrutés par l’État français. Officiellement, plus de 225 000 coloniaux et chinois (soit plus de 7% de la main-d’œuvre militarisée et 16% de la main-d’œuvre civile dans les usines d’armement pour toute la durée du conflit) et au moins autant d’étrangers ont travaillé sur le sol métropolitain pendant la guerre.
Guerre 1914-1918. Groupe de travailleurs chinois, octobre 1916 © Piston / Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Groupe de travailleurs chinois, octobre 1916 © Piston / Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Chiffres et répartition

Dans le premier cas, il s’agissait d’Algériens (près de 80 000), de Marocains (35 000), de Tunisiens (18 500), mais aussi d’Indochinois (49 000), de Chinois (37 000), auxquels s’ajoutent des groupes moins nombreux, comme les Malgaches (5 500).

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917 © Bibliothèque de documentation internationale contemporaine-MHC

Ces chiffres sont probablement sous-estimés : en effet, une bonne partie des contingents sénégalais et indochinois fut considérée comme impropres au combat et classé « bataillons d’étapes », constituant ainsi une sorte d’armée de manœuvres, d’infirmiers et de brancardiers. Ainsi, il faudrait doubler par exemple le nombre des Indochinois… Les étrangers, quant à eux, viennent pour l’essentiel des pays limitrophes (Espagne, Portugal, Italie) mais on dénombre aussi plus de 20 000 Grecs.

Ces chiffres ne tiennent compte ni des travailleurs qui se déplacent librement et/ou qui ne sont pas déclarés, ni des dizaines de milliers de réfugiés belges (nombre estimé à 325 000 au moment de l’armistice).

Étrangers d’une part, coloniaux et Chinois d’autre part, se répartissent sur l’ensemble du territoire en groupes plus ou moins importants, de quelques dizaines à plusieurs milliers. Les premiers se trouvent dans les campagnes (plus de 100 000 Espagnols travaillent dans l’agriculture pendant la guerre), mais aussi dans l’industrie, notamment dans les usines de guerre. Les seconds sont majoritairement employés dans les établissements publics ou privés fabricant du matériel et des munitions, dans les ateliers de l’intendance, dans les transports, dans les mines, et surtout dans les travaux de terrassements à l’arrière et au front. Dans les deux cas, il s’agit d’une main-d’œuvre peu ou pas qualifiée.

Contrôler et gérer la main d’œuvre

Le recrutement – et dans certains cas la réquisition -, l’acheminement et surtout la présence en France de tous ces hommes d’origine extrêmement variée ne vont pas sans poser un certain nombre de problèmes, et d’abord d’organisation.

Guerre 1914-1918. "Les travailleurs coloniaux et étrangers dans nos manufactures de guerre", région de Lyon, mi-septembre 1916. Sénégalais chargeant les obus. Photographie parue dans le journal Excelsior du dimanche 17 septembre 1916. © Piston / Excelsior

Guerre 1914-1918. « Les travailleurs coloniaux et étrangers dans nos manufactures de guerre », région de Lyon, mi-septembre 1916. Sénégalais chargeant les obus. Photographie parue dans le journal Excelsior du dimanche 17 septembre 1916. © Piston / Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Au nom aussi de la lutte contre l’ »indésirabilité » politique et la « concurrence au travail national », le gouvernement se dote d’une organisation nouvelle. Une Commission Interministérielle de la Main-d’Œuvre (CIMO), est mise sur pied en septembre 1915, qui définit peu à peu les principes généraux de la gestion de la main-d’œuvre, les conditions d’embauche ou encore la forme des contrats de travail. En outre, trois organes sont créés entre 1915 et 1917, sous la tutelle des trois ministères de l’Agriculture, de la Guerre et du Travail, ce dernier s’imposant progressivement dans la direction de la politique d’immigration.

Le Service de la main-d’œuvre coloniale et chinoise (SOTC), qui dépend d’abord du ministère de l’Armement, est rattaché au début 1916 à la Direction des Troupes Coloniales du ministère de la Guerre. Organe militarisé, il comprend plusieurs sections correspondant chacune à une « race » de travailleurs. Il dispose de commandements régionaux qui gèrent les « groupements de travailleurs ». Le second organe est le Service de la main-d’œuvre étrangère (SMOE) qui dépend dans un premier temps du Sous-Secrétariat d’État de l’Artillerie et de l’Armement mais passe en janvier 1918 sous la tutelle du ministère du Travail. Composé d’une quinzaine de personnes, il s’occupe exclusivement de la « main-d’œuvre blanche » ; les Européens ont un statut civil et des contrats négociés par leurs gouvernements avec le gouvernement français.

Tonkinois travaillant à la cueillette dans les jardins de Trianon, Versailles © Albert Harkingue / Roger Viollet

Tonkinois travaillant à la cueillette dans les jardins de Trianon, Versailles © Albert Harkingue / Roger Viollet

Enfin, est constitué le Service de la main-d’œuvre agricole (SMOA). Ces différents services gèrent la main-d’œuvre, la placent, la contrôlent, s’assurent du respect des normes (contrats de travail, hygiène, conditions de vie, ordre public…). Leur organisation consacre une double distinction. Une distinction professionnelle et économique d’abord, puisque l’agriculture et l’industrie relèvent de deux ministères différents. Une distinction raciale d’autre part, puisque les Européens de « race blanche » et les « exotiques » sont traités séparément ; concernant ces derniers, les industriels ou particuliers peuvent même préciser la « race » désirée.

La mise en place d’une politique racialiste

Dans le contexte spécifique de la guerre, les circulations migratoires sont évidemment surveillées, voire restreintes. Néanmoins, étrangers et coloniaux ne reçoivent pas le même traitement. S’ils sont en principe contrôlés à leur arrivée en France, notamment dans les postes frontières (Cerbère, Perpignan, Bayonne, Modane…), des centres d’hébergement ou des dépôts, s’ils sont assujettis à la possession d’une carte d’identité spécifique à partir d’avril 1917, les premiers sont relativement libres. Coloniaux et Chinois, en revanche, sont militarisés, surveillés de manière beaucoup plus rigoureuse (contrôle postal, obsession réglementaire et disciplinaire…).

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Ils sont l’objet d’un grand renfermement comme l’atteste l’obligation qui leur est faite de loger dans des dépôts et dans des camps le plus souvent situés à la périphérie des villes, composés de baraques Adrian où les conditions de vie sont très précaires, voire vraiment difficiles. Coloniaux et exotiques sont par ailleurs saisis au moyen du racialisme dominant de l’époque. De très nombreuses instructions officielles rappellent ainsi qu’ils doivent être groupés en fonction de leur origine tant sur les lieux de travail que dans les cantonnements. Il faut par exemple séparer Chinois et Indochinois, Kabyles et Arabes, Marocains et Algériens… La « politique des races » est en quelque sorte acclimatée sur le territoire métropolitain, où sont transférés des catégories et des modes d’appréhension propres à la situation coloniale. Mais au-delà des « antipathies de race », il y a aussi des raisons économiques puisque les autorités publiques estiment que grouper les coloniaux par « race » permet d’obtenir un rendement au travail meilleur. Enfin, il y a probablement aussi des raisons plus politiques, et notamment la crainte que des contacts entre les travailleurs coloniaux puisse subvertir d’une manière ou d’une autre la domination coloniale.

Réguler les relations avec les populations françaises

Ce sont ces arguments qui poussent les autorités militaires en charge des coloniaux et des Chinois à tenter de réguler les relations entre ces travailleurs et les populations françaises. Au nom des spécificités – religieuses, culturelles, alimentaires – propres à chaque « race », elles tentent d’imposer un repli de chaque « communauté » sur elle-même ; ainsi sont créés des cafés maures, proposées des activités culturelles ou éducatives (cours de français), respectées les fêtes propres à chaque groupe (Nouvel An Chinois, Fête du Têt…). Mais l’idée est surtout de minimiser les contacts entre ces « exotiques », comme on les appelle parfois, et les populations françaises avec lesquels les incidents parfois très violents se multiplient, notamment à partir de 1917.

Guerre 1914-1918. Femmes et Chinois travaillant dans une usine d'armements française. © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Femmes et Chinois travaillant dans une usine d’armements française. © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

Mais ce qui inquiète aussi plus particulièrement les autorités françaises, ce sont les rapports entre les coloniaux et les femmes françaises. Dès 1916-11917, l’encadrement déplore par exemple les unions avec les Indochinois ; en 1918, le général Aube à la tête de la Direction des Travailleurs Coloniaux, insiste très officiellement sur les « inconvénients que peuvent présenter les unions entre françaises et ouvriers Nord-Africains », la « condition des enfants » étant l’une des préoccupations majeures.

Ces unions entre Françaises et coloniaux sont fortement déconseillées en raison d’abord du tabou que constituent les relations sexuelles entre des femmes blanches et des hommes de couleur perçus comme des êtres inférieurs, mais aussi à cause des problèmes juridiques qui en découlent : une Française qui épouse un étranger ou un ouvrier colonial perd alors sa nationalité et se pose en outre le problème du statut des enfants issus de ces unions (quel statut leur donner ? quelle solution juridique pour ce type de métissage ?). L’union entre une Française et un colonial représente enfin une puissante subversion symbolique de la domination coloniale.

Le bilan du séjour en France de ces travailleurs étrangers et coloniaux est en partie connu, mais reste encore à approfondir. L’épisode a montré les capacités d’adaptation et d’innovation de l’État français, il a permis à la fois la mise en place d’une véritable structure administrative consacrée à l’immigration et, une première rencontre de dizaines de milliers d’hommes venus de tout l’empire colonial avec les populations de la métropole et donc a fait jouer de manière nouvelle la domination coloniale. Les réticences de la société française face aux travailleurs coloniaux sont apparues avec force, renforcées par le racialisme ambiant qui justifie désormais une distinction entre les étrangers « de race blanche » désirables dont l’immigration est souhaitée pour l’après-guerre, et les coloniaux et les Chinois définis comme des « hommes de couleur » et donc définis comme indésirables.

Laurent Dornel, maître de Conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau (laboratoire ITEM EA 3002, IRSAM)

 

Des travailleurs chinois au service de l’industrie de guerre en France 1914-1918

Première Guerre mondiale : ces Asiatiques venus au front

09.11.2018, par Claire Tran

Pendant la Première Guerre mondiale, quelque 2 millions d’Asiatiques sont venus grossir les rangs sur le front en Europe et au Moyen-Orient. Ces soldats de l’ombre ont non seulement combattu mais ils ont aussi servi de main-d’œuvre dans les usines, notamment en France. Des expériences qui changèrent leur vie mais aussi leur vision du monde et qui contribuèrent à déclencher la décolonisation, comme l’explique l’historienne Claire Tran.

Alors que les commémorations de la Première Guerre mondiale sont l’occasion de revenir sur la vie éprouvante des Poilus dans les tranchées, celle de près de 2,5 millions de combattants et ouvriers venant d’Afrique et d’Asie reste encore méconnue. Parmi eux, 71 % étaient principalement des Indiens, des Chinois et des Vietnamiens. Que sait-on de la vie de ces 1 723 000 Asiatiques arrivés massivement en Europe et au Moyen-Orient entre 1914 et 1919 et plongés dans l’enfer de la guerre totale ? Au début du XXsiècle, États et sociétés d’Asie faisaient face à l’arrivée de centaines de milliers de colons occidentaux avec l’expansion impériale et l’imposition de « traités inégaux » , mais pendant plus de cinq ans, la Première Guerre mondiale entraîna en sens inverse une mobilité importante d’Asiatiques vers l’Europe.

Nombre de soldats asiatiques engagés dans la Première Guerre mondiale, provenant des différentes colonies d’Asie et du Japon.

Une mobilité d’ampleur inédite entre l’Asie et l’Europe

La propagande coloniale promettant de bonnes paies s’ils s’engageaient dans les troupes coloniales, attira surtout des paysans des régions pauvres du Pendjab (Inde), du delta du fleuve Rouge (Viêt Nam) ou de la concession française du Kouang-Tchéou-Wan (Chine), menacés par la famine. Mais certains membres des élites indiennes et vietnamiennes répondirent également à l’appel. Ce fut par exemple le cas, en Inde, de l’aristocrate Rajput Amar Singh ou de Sir Pertab Singh, régent de Jodphur et ami de la reine Victoria. Au Viêt Nam, le lettré nationaliste et réformiste Phan Chu Trinh appela de son côté ses compatriotes à soutenir l’effort de guerre de la France, avec l’espoir, en retour, d’une politique d’association contribuant à la formation d’une élite moderne et d’une représentation politique digne de ce que l’on pouvait attendre de la démocratie française.

Sir Pertab Singh, régent de Jodphur, est présenté au général Joffre, chef d’état-major de l’armée française.

Mais quelles sources pour écrire une histoire vue d’en bas, décrivant leur découverte de l’Europe et des Européennes dans un contexte culturel inconnu et un climat éprouvant, que ce soit dans les tranchés ou les usines d’armement ? Au-delà de la curiosité des habitants pour ces populations « exotiques » fraîchement débarquées, les lettres saisies par la censure militaire, les journaux intimes, les archives écrites et visuelles permettent de prendre la mesure de ce que fut l’expérience de ces Asiatiques en Europe. Ces sources permettent de dégager des itinéraires individuels de soldats, travailleurs, diplomates et d’étudiants, et font ressortir leurs découvertes et étonnements, leurs espoirs et déceptions du moment.

Mobilités et opportunités nouvelles

Indépendamment de la vision occidentalo-centrée les considérant comme de simples forces supplétives et subalternes au service des puissances impériales, ces travailleurs et soldats furent aussi des acteurs qui saisirent très rapidement l’opportunité de circuler sur une très longue distance, car, dans les colonies, tout déplacement, surtout vers la métropole, était étroitement contrôlé. Cette mobilité transcontinentale pouvait transformer leur destin individuel et, qui sait, collectif. Outre la découverte de la vie quotidienne des sociétés qui les colonisaient, les mouvements sociaux et politiques ainsi que la vision de puissances impériales, affaiblies par une guerre entre elles, ne furent pas sans conséquence sur ces hommes, de retour dans leur pays.

Nombre de travailleurs engagés dans la Première Guerre mondiale provenant de Chine et d’Indochine.

Après l’épreuve du voyage dans des conditions sanitaires souvent éprouvantes, les troupes asiatiques et indiennes, la plupart du temps dépourvues de vêtements adaptés, durent affronter les températures du climat européen dès leur arrivée dans les ports européens. Puis, ils découvrirent des hommes et des femmes issus de tous les milieux sociaux, donc une réalité culturelle et sociale très différente de celle renvoyée par les maîtres dans les colonies. Du côté des populations européennes, l’arrivée des troupes indiennes à Marseille en 1914 suscita la curiosité des habitants de cette ville, impressionnés par l’allure des sikhs. Enfin, les ouvriers vietnamiens et chinois, qui, du fait de leur statut militaire, étaient réquisitionnés, suscitèrent la méfiance des ouvriers, qui les perçurent comme des concurrents ou des briseurs de grève.

Des cipayes sur le front de l’Ouest

L’India Gate (Porte de l’Inde), monument aux morts qui se situe au cœur de New Delhi sur le boulevard Rajpath, rappelle l’importante contribution des 74 000 soldats morts, sur un total de 1,3 à 1,5 million de soldats et travailleurs indiens : « Aux morts des armées indiennes qui sont tombés dans l’honneur en France et en Flandre, en Mésopotamie et en Perse, en Afrique de l’Est, à Gallipoli et ailleurs dans le Proche et l’Extrême Orient. » Ce sont les Indiens qui stoppèrent l’avancée allemande à Ypres (Flandre) dès l’automne 1914. Des centaines de cipayes furent tués à Neuve-Chapelle (Pas-de-Calais) et plus de mille, dont beaucoup de musulmans, à Gallipoli dans les Dardanelles, entre février 1915 et janvier 1916, contre l’allié ottoman de l’Allemagne.

Défilé de l’infanterie indienne à l’occasion du 14 juillet 1916, avenue Alexandre III, à Paris.
Ce sont les Indiens qui stoppèrent l’avancée allemande à Ypres (Flandre) dès l’automne 1914.

À partir de son propre journal qu’il cacha dans ses bottes, son livre décrit en détail les affres des campagnes de l’armée des Indes britanniques en Mésopotamie, Syrie, Turquie et au Levant. Le livre de l’auteure bengalie Mokkhoda Debi, At ‘Home and the World’ in Iraq 1915-17 Kalyan Pradeep, paru en 1928, raconte, lui, la vie de son petit-fils Kalyan Mukherji.

Après des études de médecine à Calcutta et à Liverpool, il s’engagea comme médecin dans le Service médical de l’armée des Indes britanniques et rejoignit le corps expéditionnaire en Mésopotamie en mars 1915. Il mourut deux ans plus tard à l’âge de 34 ans, prisonnier de guerre dans un camp turc à Ras el-Ain. Les lettres qu’il envoya à sa famille sont reproduites dans le livre et décrivent notamment la désastreuse campagne de Mésopotamie (1915-1916).

Soldats hindous à gare du Nord, Paris, octobre 1914.

Travailleurs chinois : des coolies corvéables à merci

Les travailleurs chinois constituèrent le deuxième groupe d’Asiatiques qui arriva en masse en Europe pour pallier la pénurie de main-d’œuvre des Alliés et dans l’espoir pour les autorités chinoises de se préserver des visées japonaises en se rapprochant des Alliés. Au nombre de 140 000 en France, les Chinois se répartirent en deux groupes, les Anglais comme les Français puisant dans leurs concessions en Chine : le Chinese Labour Corps sous autorité anglaise travailla dans le nord de la France à des tâches logistiques tandis qu’environ 37 000 Chinois débarquèrent à Marseille mi-août 1916, en tant que travailleurs soumis à un encadrement militaire, rattaché au service de l’organisation des travailleurs coloniaux. La plupart des recrues étaient des paysans de la province du Shandong sans qualification, et pour beaucoup illettrés. Dans les usines, ils furent utilisés pour gérer la maintenance du matériel ou pour réparer les voies de communication.

Ouvriers chinois travaillant dans une usine d’armement française, au côté des ouvrières.

Confrontés aux pénuries et à des employeurs peu soucieux de respecter les engagements d’égalité salariale, ils furent parqués dans des camps spéciaux, logés dans des tentes et des baraquements en plein hiver, mal habillés et mal chaussés. Ils vivaient en vase clos, les relations avec les habitants étant en théorie interdites. Les conditions de travail furent éprouvantes et les retards de salaire provoquèrent par exemple des grèves et des mutineries à Boulogne. Ils expérimentèrent aussi un environnement hostile de la part d’un monde ouvrier qui les voyait comme une concurrence déloyale. Dans certaines régions, comme la Somme, la Marne ou l’Oise, des agressions, des meurtres ou des pillages leur furent attribués. Après l’armistice beaucoup furent chargés de nettoyer les champs de bataille des cadavres, enlevant les obus ou remblayant les tranchées. Environ 2 000 resteront en France. À leur retour en Chine, certains deviendront les leaders du mouvement ouvrier tandis que d’autres, jeunes étudiants cette fois, arriveront en France comme étudiants ouvriers dans les années 1920. Ce fut notamment le cas des futurs leaders du parti communiste chinois, Deng Xiaoping et Chou En Lai. Moins connus, les 160 000 Chinois recrutés par la Russie entre 1915 et 1917 qui travaillèrent dans les mines de charbon de l’Oural, comme bûcherons en Sibérie ou docker dans les ports de la mer Baltique, qui construisirent des chemins de fer dans les zones polaires du Nord.

Les Vietnamiens : du Chemin des Dames au travail à la chaîne

Les 93 000 soldats et ouvriers indochinois venus en Europe, étaient originaires pour la plupart des régions les plus pauvres du Tonkin et de l’Annam (particulièrement touchées par la famine et les épidémies de choléra) et, dans une moindre mesure, du Cambodge (1150). 44 000 soldats vietnamiens servirent dans des bataillons combattants sur le front, à Verdun sur le Chemin des Dames, dans les Vosges et sur le front d’Orient dans les Balkans. Dans des bataillons logistiques, ils servirent comme chauffeurs transportant les troupes au front, comme brancardiers sur le champ de bataille et comme cantonniers chargés de la réfection des routes. Ils seront également chargés de « l’assainissement » des champs de bataille notamment à la fin de la guerre en plein hiver et sans habits chauds, permettant aux appelés français de rentrer plus vite dans leurs foyers.

Bataillon de tirailleurs annamites, près de Villers-Bretonneux (Somme), le 6 mai 1918.

Ils expérimentèrent des rapports sociaux plus égalitaires contrastant avec la hiérarchie raciale imposée dans la colonie. Le service de censure postale mis en place très rapidement en fit les contingents des colonies les plus surveillés. Courriers et photos envoyés à leurs familles permettent d’approcher en temps réel leur vie quotidienne. Leur retour après la guerre ne se fera pas sans heurts, les sacrifices consentis ne débouchant pas sur autre chose que des promesses. Certains – parmi lesquels Nguyen Ai Quôc, le futur Ho Chi Minh qui partit en France pendant la Première Guerre mondiale – se convertiront au communisme en France, seul parti soutenant le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. À leur retour, beaucoup s’engageront. Les uns dans le journalisme politique, les autres rejoindront les partis nationalistes vietnamiens, réclamant le droit à l’autodétermination.

L’engagement des Siamois encore toujours commémoré aujourd’hui…

L’engagement du Siam aux côtés des Alliés, le 22 septembre 1917, fut l’initiative du roi Vajiravudh (Rama VI, 1880-1925) qui fut éduqué pendant neuf ans en Grande Bretagne. Après l’entrée en guerre des États-Unis début 1917, le roi Vajiravudh y vit l’opportunité de réviser les traités inégaux signés avec les Occidentaux depuis le XIXe siècle et de montrer au monde que les Siamois faisaient partie des hommes « libres et civilisés ». 1 284 volontaires, aviateurs, automobilistes et médecins s’engagèrent mais n’arrivèrent à Marseille que fin juillet 1918.

Certains travailleurs vietnamiens – parmi lesquels Nguyen Ai Quôc, le futur Ho Chi Minh – se convertiront au communisme en France.

Envoyés dans des écoles d’aviation et d’automobile, il n’y eut qu’un seul groupement automobile siamois qui partit sur le front, non loin de Verdun en septembre 1918. Après l’armistice, le groupement siamois fut chargé d’occuper la ville de Neustadt dans le Palatinat et à la fin de la guerre, il participa aux défilés à Paris, Bruxelles, et Londres. Le dernier groupement siamois rentra au Siam fin 1919, et une grande fête à Bangkok célébra leur retour. .

Un monument en forme d’une pagode se trouve toujours à Sanam Luang dans le centre-ville de Bangkok, non loin de l’ancien palais royal. C’est là que, chaque année, la Thaïlande commémore le 11 novembre avec les descendants de soldats volontaires et les représentants des pays alliés et du roi.

Soldats siamois sur le port de Marseille en août 1918.

Soldats siamois en route pour le Front, août 1918.

Alors que les années 1920 et 1930 sont communément considérées comme l’âge d’or des colonies en Asie, on oublie combien la circulation de ces hommes entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique et la circulation des idées qui l’accompagna, eurent un impact majeur sur les espaces impériaux, tant au niveau politique, économique et social. Une fois de retour chez eux, quel fut l’impact de ces expériences de guerre sur leurs destins individuels ainsi que sur la destinée politique, économique, sociale et culturelle de leur peuple ? Ces hommes développèrent leur propre stratégie de mise en valeur de leur expérience en Europe, d’autres s’engagèrent dans des partis politiques. L’expérience de la guerre en Europe et les principes d’autodétermination défendus tant par Lénine (Du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, 1914) que par le président américain Wilson (Quatorze Points, 1918) s’imposèrent au lendemain de la Première Guerre mondiale et eurent des conséquences majeures sur l’évolution politique des pays d’Asie dans l’entre-deux-guerres. La circulation de ces hommes contribua par ailleurs à la circulation des idées et des techniques et à faire émerger de nouveaux acteurs en Asie, ouvriers spécialisés, aviateurs, chauffeurs, mécaniciens, dessinateurs industriels, avocats, journalistes, médecins et activistes politiques, réclamant dès leur retour le droit d’être « maîtres de leur destinée » (Masters of Their Own Destiny).

Les points de vue, les opinions et les analyses publiés dans cette rubrique n’engagent que leur auteur. Ils ne sauraient constituer une quelconque position du CNRS.

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Pour aller plus loin
Les 9 et 10 novembre, une conférence, associée à une exposition photographique, qui rassemble une vingtaine de chercheurs d’Asie et d’Europe, est organisée par L’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporain ( CNRS), situé à Bangkok, et le Center of European Studies  de l’Université Chulalongkorn ttus

http://www.irasec.com/documents/fichiers/209.pdf

  • novembre 2000 Reportage consacré aux 90 000 travailleurs chinois qui ont été employés durant la guerre de 14/18, pour des travaux pénibles par l’armée anglaise basée en Picardie.Reportage comprenant des images d’archives et les interviews de Jean Pierre THIERRY, historien de la Grande guerre et de Francis AUBRY, ancien combattant. Images d’archive INA Institut National de l’Audiovisuel

Ina Histoire Ajoutée le 2 juil. 2012

Décédé le 10 novembre 1918

 

Les Chinois et Péronne (voir à 12 minutes…)
La Chine durant le Premier Conflit mondial : ici
14-18-china.com : ici

En mars 1919, on compte encore près de 80.000 Chinois en France et en Belgique qui participent aux travaux liés à la reconstruction des zones sinistrées par la guerre. Sous l’ordre de nettoyer les champs de bataille, ils prennent part aux actions de déminage et procèdent également à l’exhumation des corps des soldats tués aux combats et à leur ensevelissement dans les nouveaux cimetières militaires.  Ils regagnent petit à petit la Chine et ne sont plus que 3.000 à demeurer en France en 1921. Ceux-ci, essentiellement employés dans les industries de la banlieue parisienne, seront à l’origine du premier quartier chinois de Paris.

De maladie, sous le feux ennemi ou d’épuisement, on estime que 7.900 de ces travailleurs originaires des campagnes chinoises ou indochinoises sont morts entre 1916 et 1919. Leurs corps reposent aujourd’hui dans les cimetières militaires des armées qu’ils auront contribué à servir. 

Le Figaro (1854-) 15 août 1917

Epstein, Weinstein, Strauss-Kahn. Pathologie de survivants de la Shoah ?

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Aux USA sont dénommés « survivors » tous les descendants de juifs exterminés ou rescapés de la Shoah. Il s’agit en particulier de juifs ashkénazes originaires d’Allemagne, de Pologne et de pays de l’Est. D’après leur patronyme, Epstein, Weinstein et Strauss-Kahn sont ashkénazes.

Entre les parents qui ont refusé d’évoquer l’extermination et les persécutions nazies et ceux qui les ont évoquées au quotidien, entre ceux qui portent les stigmates des tortures physiques (expériences de Mengele, par ex.) qui parlent pour eux et ceux qui ont été jusqu’à dissimuler le secret de leur judéïté (j’ai rencontré des ashkénazes qui n’avaient découvert leurs origines juives qu’à l’âge adulte), il y a largement de la place pour diverses névroses. Ce n’est sans doute pas un hasard si nombre de juifs se sont professionnalisés dans la psychiatrie, la psychologie et la psychanalyse.

Le centre Georges Devereux spécialisé dans l’ethnopsychiatrie a organisé, sous l’égide de Nathalie Zajde, des groupes de parole avec des « survivors », la deuxième génération de juifs exterminés et/ou persécutés. L’étude a porté sur 150 survivants dont 50 ont participé régulièrement aux groupes de parole. Le résultat montre clairement que les survivors sont en souffrance.

Dans l’histogramme ci-dessous, on observe que 70% des « survivors » sont affectés d’anxiété. Or la jugulation de l’anxiété conduit à des comportements addictifs dont l’obsession sexuelle. On remarque aussi que 95% des participants souffraient de solitude et 100% de problèmes familiaux, difficultés susceptibles d’induire des comportements excessifs.

 Symptômes

Anxiété = 70%; Plaintes somatiques, mécontentement = 50%; Dépression = 30%; Phobies (agoraphobie, claustrophobie, phobie sociale, zoophobie, etc.) = 12,5%; Psychose = 25%; Alcoolisme = 5%; Cauchemars = 30%; Tentative de suicide = 15%; Sentiment d’échec = 52,5%; Inhibitions = 15%; Sentiments de profonde solitude et d’incompréhension = 95%; Mauvaise relation avec les parents = 57,5%; Problèmes familiaux = 100%

Source http://www.ethnopsychiatrie.net/Shoahengl.htm

Alors bien sûr, toutes les sociétés sont patriarcales et les hommes ont été élevés comme étant supérieurs aux femmes, maîtres des femmes, en possédant le plus grand nombre possible comme preuve visible de leur virilité (donjuanisme). Mais lorsque leur besoin de dominer les femmes -et des femmes toujours plus jeunes comme élixir de Jouvence-, est pathologique, ils sombrent dans des abus compulsifs et criminels.

J’ai connu une mère qui prévenait ses voisines quand son fils sortait : « Rentrez vos poules, je sors mon coq ». Devenu adulte, le garçon en question se comportait comme un coq jouissant de son pouvoir de mâle.

Les hommes de pouvoir ont toujours abusé des femmes en leur faisant miroiter la possibilité de sortir de leur infériorité sociale implacable et millénaire. Certaines se résignent, d’autres se révoltent comme le succès du mouvement « metoo » l’a démontré. Malheureusement, au lieu de faire leur mea culpa et de remettre en question leur machisme, les ténors du patriarcat, des intellectuels bien sous tous rapports, ceux qui s’insurgent de la pénalisation des clients de prostituées, hurlent à la misandrie prétendant que ces femmes outragées sont des mythomanes, des harpies « mal baisées », des castratrices androphobes. Ces pauvres hommes ne comprennent pas qu’il est aussi de leur intérêt des respecter les femmes, cette « moitié du ciel » sans laquelle ils n’existeraient pas.

Pour revenir à Epstein, Weinstein et Strauss-Kahn, ces criminels aujourd’hui tristement célèbres, leur comportement morbide a certainement à voir avec leur statut de « survivor »  parce que la société patriarcale a su profiter de leur pathologie en les flattant, en les enviant, en les soutenant et les encourageant dans leur débauche criminelle. Un partouzeur de haute société m’expliquait que rien ne révélait mieux les forces et les faiblesses d’un mâle que lorsqu’il était en action sexuelle délivrant ainsi de précieuses informations pour le contrôler dans d’importantes négociations, ce qui justifiait les partouzes avec des gens de pouvoir et d’argent…bien entendu.

Tous les juifs ne sont pas des criminels sexuels et nombre de non juifs sont des obsédés sexuels comme Placido Domingo qui fait actuellement les titres de la presse. https://youtu.be/Voagw62BIpg  ou Tarik Ramadan. Patrons, avocats, médecins, commerçants, maires, gendarmes, artisans, politiques, journalistes, pompiers, professeurs, policiers, étudiants, restaurateurs, entraîneurs sportifs, etc. figurent dans la liste des hommes condamnés pour harcèlement sexuel. J’ai googlé « condamnés pour harcèlement sexuel » et j’ai obtenu  1 260 000 résultats …

Tant que les femmes seront maintenues dans une position subalterne, les hommes seront susceptible d’exercer leur droit de cuissage d’autant plus qu’ils sont formatés pour en jouir. L’exercice de la prédation sexuelle par des malades serait impossible si les sociétés respectaient les femmes et leur accordaient une égalité réelle.

La Connectrice

 

De juin à juillet, mon rosier « fruité » a fleuri 3 fois

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De juin à juillet, mon rosier « fruité » a fleuri 3 fois

Les rosiers ne se sont jamais bien portés sur mon balcon orienté sud-est. Aussi, après avoir tenté d’en cultiver quelques années, j’y avais renoncé. Mais il y a trois ans, mon fils m’a offert ce rosier « fruité »  Meilland doté de belles couleurs orange à la base jaune et d’une odeur délicate. Il est resté malingre mais produit chaque année des fleurs remontantes de juin à juillet. Cette année, il a fleuri trois fois. Les roses de la première floraison furent assez volumineuses mais elles diminuèrent de taille à la deuxième et encore plus petites à la troisième. Ce fut magnifique.

Quand la floraison fut terminée, les volubilis s’affirmèrent prenant le relais en s’entortillant autour des branches du rosier.

L.C.

 

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Et si les Végans perturbaient la Fête de l’Aid-el-Kebir ?

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https://www.causeur.fr/france-aid-el-kebir-fete-abattage-rituel-islam-163877

Le sang d'animaux sacrifiés pour la célébration de l'Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh

SYFUL ISLAM RONY/PROTHOM ALImage captionLe sang d’animaux sacrifiés pour la célébration de l’Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh https://www.bbc.com/afrique/monde-37368336

Demain dimanche 11 août, c’est la fête musulmane de l’Aïd. Des milliers de moutons seront égorgés en présence de jeunes enfants (école de l’égorgement), déversant des flots de sang sur les sols des abattoirs mais aussi des trottoirs et des places publiques.

Tous les végans qui manifestent librement dans les rues sans présence policière et harcèlent sauvagement boucheries et charcuteries sans trop de risques auront demain une occasion exceptionnelle de manifester contre l’abattage sans étourdissement de milliers de moutons innocents.

Alors, les végans, vous allez les empêcher ces massacres ?

Ajoutée le 10 août 2019

Pierre Cassen évoque la fête de l’Aid, qui se déroulera durant trois jours, à partir de ce jour. Il exprime ses inquiétudes, des fois que les Vegans, qui défendent la cause animale et se sont déjà attaqués à de nombreuses boucheries françaises, venaient perturber la Fête de l’Aid… http://www.ripostelaique.com

En savoir plus sur l’Aïd-el-kebir

https://www.cnews.fr/france/2019-08-10/aid-el-kebir-date-origine-sacrifice-tout-ce-quil-faut-savoir-711657
L’expression aïd el-kébir, qui veut dire la «grande fête» est principalement utilisée au Maghreb. De nombreux pays utilisent eux, le nom aïd al-Adha, la «fête du sacrifice». Il convient de la distinguer de l’aïd el-Fitr, qui marque la rupture du jeûne du mois de ramadan…

Art de Chine. Entre totalitarisme et capitalisme, tradition et modernité

Publié le
Arte est une chaîne de service public franco-allemande.
 Wikipedia 


#Chine #Art #Censure
Chine : n°1 de l’art contemporain | ARTE
5 207 vues
Ajoutée le 7 août 2019

[Disponible jusqu’au 15 août 2019] Gigantisme des ateliers, prolifération des artistes et des lieux d’exposition, écoles d’art qui ne désemplissent pas : décryptage de la frénésie d’art contemporain qui a saisi l’Empire du Milieu, avec de grands noms comme Ai Weiwei, Cang Xin ou He Yunchang. En 2012, la Chine est devenue numéro un mondial du marché de l’art. Gigantisme des ateliers, prolifération des artistes et des lieux d’exposition, écoles d’art qui ne désemplissent pas… Comment expliquer ce phénomène ? Quelles formes ce pays, hier « usine » du monde et aujourd’hui « atelier artistique » planétaire, invente-t-il ? Depuis la fin de l’ère maoïste, les créateurs ont peu à peu rompu avec les directives esthétiques du Parti. L’art contemporain chinois s’est transformé en observatoire privilégié des dérives de la société, symbolisant les blessures du passé, la violence de l’État ou le consumérisme galopant – qui n’épargne pas les œuvres d’art… Chine, un million d’artistes Documentaire de Jean-Michel Carré (France, 2014, 53mn) #Chine #Art #Censure Abonnez-vous à la chaîne ARTE https://www.youtube.com/channel/UCwI-… Suivez-nous sur les réseaux ! Facebook : http://www.facebook.com/artetv Twitter : http://www.twitter.com/artefr Instagram : https://www.instagram.com/artefr

Catégorie
Actualités et politique

Mort de la liberté d’expression en France et Allemagne

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Tuer la liberté d’expression en France, en Allemagne et sur Internet

par Judith Bergman
8 août 2019 à 5h00

https://www.gatestoneinstitute.org/14678/free-speech-france-germany-internet

  • Début juillet, l’Assemblée nationale française a adopté un projet de loi visant à limiter le discours de haine en ligne. Le projet de loi donne 24 heures aux plateformes de médias sociaux pour supprimer les « contenus haineux » ou risquer des amendes pouvant atteindre 4% de leurs revenus globaux. Le projet de loi a été renvoyé au Sénat français et pourrait le devenir après les vacances parlementaires. Si tel est le cas, la France sera le deuxième pays d’Europe après l’Allemagne à adopter une loi qui oblige directement une entreprise de médias sociaux à censurer ses utilisateurs au nom de l’État.
  • Sachant qu’une simple publication sur Facebook pourrait vous amener devant un juge au tribunal risque fort de mettre un frein décisif au désir de quiconque de parler librement.
  • Si l’accord de Facebook avec la France est reproduit par d’autres pays européens, tout ce qui reste de liberté d’expression en Europe, en particulier sur Internet, risque de s’épuiser rapidement.
  • Alors que Facebook affirme avec empressement lutter contre le discours de haine en ligne, notamment pour avoir retiré des millions de contenus terroristes de sa plate-forme, selon un récent rapport du Daily Beast, 105 postes de certains des terroristes les plus notoires d’Al-Qaïda sont toujours d’actualité Facebook, ainsi que YouTube.
  • Quand Facebook – et YouTube – accorderont-ils la priorité à la suppression de documents mettant en scène le terroriste Anwar al-Awlaki, dont l’incitation à inciter a incité de véritables terroristes à tuer des personnes?

En mai, la France a appelé à un renforcement du contrôle exercé par le gouvernement sur Facebook. Maintenant, Facebook a accepté de remettre aux juges français les données d’identification des utilisateurs français soupçonnés de discours de haine sur sa plate-forme, selon le secrétaire d’État français au Secteur numérique, Cédric O.

Auparavant, selon un rapport de l’agence Reuters, « Facebook s’était abstenu de fournir des données d’identification de personnes soupçonnées de discours de haine, parce que les conventions juridiques américano-françaises ne le contraignaient pas et parce qu’il craignait que des pays sans système judiciaire indépendant en abusent » « . Jusqu’à présent, notait Reuters, Facebook avait seulement coopéré avec la justice française sur des questions liées à des attaques terroristes et à des actes de violence en transférant les adresses IP et autres données d’identification d’individus présumés à des juges français qui l’avaient officiellement demandée.

Aujourd’hui, cependant, le « discours de haine » – comme on le qualifie commodément de discours qui ne respecte pas l’orthodoxie politique actuelle – semble être devenu comparable au terrorisme et à la criminalité violente. Comment apparemment autocratique, Cédric O l’aime apparemment: « C’est une grande nouvelle, cela signifie que le processus judiciaire pourra se dérouler normalement ».

Il est fort probable que d’autres pays voudront avoir un accord similaire avec Facebook; il semble également probable que Facebook se conformerait. En mai, par exemple, alors que la France débattait d’une législation qui donnerait à un nouveau « régulateur indépendant » le pouvoir d’ amener les entreprises de haute technologie à payer jusqu’à 4% de leurs revenus mondiaux si elles ne faisaient pas assez pour supprimer les « contenus haineux » de leur réseau, Le directeur général de Facebook, Mark Zuckerberg, a déclaré : « J’espère que la proposition française pourra devenir un modèle pouvant être utilisé dans toute l’UE ».

La France est le premier et jusqu’à présent le seul pays à avoir conclu un tel accord avec Facebook.

Le nouvel accord pourrait marquer la fin de facto de la liberté d’expression sur Facebook pour les citoyens français. L’autocensure est déjà largement répandue en Europe: une enquête récente menée en Allemagne a montré que les deux tiers des Allemands sont « très prudents » sur les sujets qu’ils discutent en public – l’Islam et les migrants étant les plus tabous. Sachant qu’une simple publication sur Facebook pourrait vous amener devant un juge au tribunal risque fort de mettre un frein décisif au désir de quiconque de parler librement.

Les autorités françaises sont déjà en train de donner un exemple extrêmement public de ce qui peut arriver à ceux qui utilisent leur liberté d’expression sur Internet. Marine Le Pen, chef du parti du rassemblement national, a récemment été condamnée à un procès et encourt une peine maximale de trois ans d’emprisonnement et une amende de 75 000 euros (85 000 dollars) pour avoir diffusé des « messages violents incitant au terrorisme, à la pornographie ou à des dommages graves ». la dignité humaine ». En 2015, elle avait tweeté des images d’atrocités commises par ISIS en Syrie et en Irak pour montrer ce que faisait ISIS.

Si l’accord de Facebook avec la France est reproduit par d’autres pays européens, tout ce qui reste de liberté d’expression en Europe, en particulier sur Internet, risque de s’épuiser rapidement.

Début juillet, l’Assemblée nationale française a adopté un projet de loi visant à limiter le discours de haine en ligne. Le projet de loi donne 24 heures aux plateformes de médias sociaux pour supprimer les « contenus haineux » ou risquer des amendes pouvant atteindre 4% de leurs revenus globaux. Le projet de loi a été renvoyé au Sénat français et pourrait le devenir après les vacances parlementaires. Si tel est le cas, la France sera le deuxième pays d’Europe après l’Allemagne à adopter une loi qui oblige directement une entreprise de médias sociaux à censurer ses utilisateurs au nom de l’État.

Au début du mois de juillet également, en Allemagne, où la loi sur la censure , appelée NetzDG, oblige également Facebook à supprimer le contenu dans les 24 heures ou à des amendes pouvant atteindre 50 millions d’euros. L’Office fédéral de la justice a imposé une amende réglementaire de 2 millions d’euros. sur Facebook « pour les informations incomplètes fournies dans son rapport publié [la publication de son rapport de transparence pour le premier semestre de 2018 requis par NetzDG] sur le nombre de plaintes reçues concernant des contenus illicites. Cela donne au public une image déformée à la fois la quantité de contenu illégal et de la réponse du réseau social « .

Selon l’Office fédéral allemand de la justice, Facebook n’informe pas suffisamment ses utilisateurs de la possibilité de signaler un « contenu criminel » dans le « formulaire de rapport NetzDG » spécifique:

« Facebook a mis en place deux systèmes de reporting: ses canaux standard de compte rendu et de reporting, d’une part, et le » formulaire de rapport NetzDG « , de l’autre. Les utilisateurs qui souhaitent déposer une plainte pour contenu criminel en vertu de la loi sur l’application des lois en matière de réseau se dirigent vers les canaux standard, car l’existence parallèle de canaux standard et du « formulaire de rapport NetzDG » n’est pas suffisamment transparente, et le « formulaire de rapport NetzDG » est trop caché … Lorsque les réseaux sociaux offrent plusieurs canaux de rapport, il doit en être autrement claire et transparente pour les utilisateurs et les plaintes reçues via ces canaux doivent être incluses dans le rapport sur la transparence. Après tout, les procédures de traitement des plaintes concernant des contenus illicites ont un impact considérable sur la transparence. « 

En réponse, Facebook a déclaré :

« Nous voulons éliminer le discours de haine aussi rapidement et efficacement que possible et nous travaillons dans ce but. Nous sommes convaincus que nos rapports NetzDG publiés sont conformes à la loi, mais comme de nombreux critiques l’ont souligné, la loi manque de clarté. »

Alors que Facebook prétend lutter contre le discours de haine en ligne, notamment pour avoir retiré de sa plate-forme des millions de contenus terroristes, selon un récent rapport du Daily Beast, 105 publications de certains des terroristes les plus notoires d’Al-Qaïda sont toujours disponibles sur Facebook. , ainsi que YouTube.

Parmi les terroristes figurent Ibrahim Suleiman al-Rubaish, emprisonné plus de cinq ans à Guantanamo Bay pour avoir suivi un entraînement avec al-Qaïda et se battre aux États-Unis contre les Talibans en Afghanistan, et Anwar al-Awlaki, un terroriste d’origine américaine, tous deux tué par les frappes de drones américains. Selon un responsable américain de la lutte contre le terrorisme, intervenant en septembre 2016:

« Si vous examiniez des personnes qui avaient commis des actes de terrorisme ou avaient été arrêtées et si vous participiez à un sondage, vous constateriez que la majorité d’entre elles avaient été exposées à Awlaki. »

Awlaki prêchait et diffusait son message de djihad dans les mosquées américaines dès les années 1990. À la mosquée Masjid Ar-Ribat al-Islami de San Diego, entre 1996 et 2000, deux des futurs pirates de l’air du 11 septembre ont assisté à ses sermons. Il aurait également inspiré plusieurs autres terroristes, dont le terroriste de Fort Hood, le major Nidal Malik Hasan, avec qui il a échangé des courriels, et les frères Tsarnaev, qui ont bombardé le marathon de Boston de 2013. Apparemment, ce genre d’activité ne gêne pas Facebook: le Daily Beast aurait trouvé les vidéos au moyen de simples recherches en arabe utilisant uniquement les noms des djihadistes.

Que Facebook semble être sélectif « de manière créative » dans la manière dont il choisit de suivre ses propres règles n’est pas nouveau. Tel que précédemment rapporté par le Gatestone Institute, Ahmad Qadan en Suède a levé publiquement des fonds pour ISIS pendant deux ans. Facebook n’a supprimé les publications que lorsque le service de sécurité suédois ( Säpo ) s’est adressé à Facebook. En novembre 2017, Ahmad a été condamné à six mois de prison pour avoir utilisé Facebook pour collecter de l’argent afin de financer des achats d’armes pour les groupes terroristes ISIS et Jabhat al-Nusra et pour avoir publié des messages appelant à « des actes de violence graves dirigés de manière disproportionnée contre des civils ». l’intention de créer la terreur parmi le public « .

En septembre 2018, les médias canadiens ont révélé qu’un chef terroriste de Toronto, Zakaria Amara, alors qu’il purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité pour avoir planifié des attentats à la bombe inspirés par Al-Qaïda au centre-ville de Toronto, avait néanmoins une page Facebook sur laquelle il publiait des photos de prison un terroriste. Ce n’est qu’après que les médias canadiens ont contacté Facebook pour demander des informations sur ce compte que Facebook a supprimé le compte d’Amara « pour violation des normes de notre communauté ».

Quand Facebook – et YouTube – accorderont-ils la priorité à la suppression de documents mettant en scène le terroriste Awlaki, dont l’incitation à inciter a incité les terroristes à tuer des gens?

Judith Bergman, chroniqueuse, avocate et analyste politique, est chercheuse principale distinguée à l’Institut Gatestone.

Flyboard Air. Bravo Franky Zapata !

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Un peu plus de deux ans auparavant, en mars 2017, je postais un petit article sur Franky Zapata qui recherchait désespérément autorisation de vol et financements. Courageux et tenace, ce pilote de jet ski vient de réussir l’exploit de traverser la Manche depuis Sangatte, un deuxième essai parfaitement réussi.

Le pilote est parti de Sangatte à 8h16 pour arriver à 8h38 à Douvres. 22 mn de vol avec une pause de 2 mn à 8h26 sur le bateau de ravitaillement. On peut lire tous les détails et images de la traversée ici ou ici

A son arrivée à Douvres, Franky Zapata était très ému et on le comprend :

8h55 : « 2019 restera à jamais gravé dans ma mémoire », déclare Franky Zapata.

8h50 : Franky Zapata est très ému lui aussi, il est en pleurs au téléphone avec ses proches.

8h43 : Franky Zapata remercie son équipe à son arrivée. « Les cinq six derniers kilomètres, j’ai pris un plaisir de fou », confie l’homme volant. « J’ai beaucoup de chance. C’est fou ! » 

8h42 : « C’est une journée parfaite », déclare l’épouse de Franky Zapata. « Il faut toujours persévérer », ajoute Krystel très émue

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