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Archives de Catégorie: Arts plastiques

Le rappeur Naps, une « chance » pour les femmes de France

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J’ai entendu ce top en faisant mes courses hier et je n’en revenais pas. C’est vraiment ça que les jeunes plébiscitent et que la radio vomit avec les vomissures des obsédés de haine, de violence, de mépris pour les femmes et de gloire à leur pénis ? L’équivalent chez les bobos, c’est Jeff Koons qui veut nous imposer pénis et glands (les fameuses tulipes )

ici à 1:42
Naps (Ft. Alonzo) – Dans Le Block (Clip Officiel)
[Couplet 2 : Alonzo]
On n’a pas les mêmes armes
Elles font pas les mêmes trous (gamberge)
On n’a pas la même couleur de liasses
On n’a pas les mêmes sous
On n’a pas la même vie
Elle a pas le même goût
Elle te dit qu’elle est vierge
Vérifie son deuxième trou
J’ai un show en Asie
J’ai un show en Afrique
J’suis posé à l’alim’, normal
On n’a pas les mêmes hits
Une écurie sous l’capot
Bats les couilles j’mange tacos
On n’a pas les mêmes potos
Les antiféministes qui ne savent pas voir ce que les mouvements #balancetonporc#me too#moiaussi ont de révolutionnaires pour la condition des femmes ne semblent pas se rendre compte de la fièvre phallique destructrice qui hante les rappeurs comme Naps et les escrocs comme Jeff koons. Faire passer des glands pour des tulipes et le faire gober aux zélites, c’est fort de café …ou plutôt c’est une preuve de la bêtise et de la malhonnêteté stupide des ces zélites et de leur soumission au lobby homosexuel.
La Connectrice, consternée, féministe historique qui n’a pas participé à mai 68 pour ça !

Féminisme. On recherche Héritage, les tricots de ma mère

Héritage, les tricots de ma mère, devant et Raymonde Arcier

HERITAGE, LES TRICOTS DE MA MERE  2m60, 3m d’envergure, 1972-1973

Où est passée l’oeuvre monumentale de l’artiste féministe Raymonde Arcier  ? Elle a disparu pendant son transport à la fin de la  Biennale de Paris en 1977.

Aujourd’hui très sollicitée par les amateurs d’art féministe, Raymonde souhaiterait retrouver l’oeuvre qui lui a coûté des centaines d’heures de travail et des ampoules aux doigts.

Héritage, les tricots de ma mère, dos

Par cette opération d’agrandissement d’objets quotidiens, travaillés dans une matière dure, Raymonde Arcier met en évidence une transgression de ce qui est connoté féminin ou masculin. Elle montrait ainsi que les femmes effectuaient quotidiennement des tâches rudes et immenses qui n’étaient ni reconnues ni rémunérées. Le gigantesque chandail a été exposé à la Biennale de Paris en 1977, lieu de consécration artistique qui s’était ouvert à des oeuvres plus revendicatives.

« C’est seulement à partir du pull-over que j’ai soupçonné ma démarche, aidée de ceux qui me nommaient déjà « artiste ». Et, c’est ainsi que moi, née de ton ventre ma mère, comme tu aurais pu naître du mien, je fabriquais cet immense pull-over. Ma mère, ce pull-over, cet héritage qui est le tien donc le mien, éventre les murs de nos appartements étroits, ses manches veulent sortir par nos fenêtres. Le pull-over que tu m’as tricoté, je l’ai refait derrière toi, sans pouvoir le contrôler, le commander, faire aimer à tout prix. Il veut marcher tout seul, il est devenu indépendant de toi, de moi, ça te fait peur, moi ça me rend joyeuse ».

Héritage, les tricots de ma mère, devant

Aidez Raymonde Arcier à retrouver son pull Héritage. 

Email de Raymonde raymonde.arcier@gmail.com

Pour voir toutes les oeuvres de Raymonde Arcier : https://raymondearcier.jimdo.com/

Autoportrait à 18 ans. Pastels à l'huile - 2000

Autoportrait à 18 ans. Pastels à l’huile – 2000

RAYMONDE ARCIER, ART ET FÉMINISME

Active au sein du mouvement féministe dès ses débuts, Raymonde Arcier, employée de bureau et autodidacte, réalise, dès 1970, ses œuvres les plus marquantes, en crochetant de la laine, du coton, en tricotant du métal – chaque ouvrage pouvant nécessiter une année de travail. A travers le détournement de cet apprentissage culturel féminin, elle évoque avec humour son enfermement social, cherchant, selon ses propres mots, à «porter à la connaissance de tous l’immense labeur des femmes».
Le mouvement féministe a été au coeur de son processus de création. Elle a mis au point des techniques novatrices, en réutilisant des acquis culturels dans un autre contexte, pour dire un vécu particulier.
Tout en continuant ses activités professionnelles et avec une licence de sociologie, Raymonde Arcier s’est ensuite consacrée à l’écriture et à divers travaux plastiques, qu’elle poursuit encore aujourd’hui.
 

« Je cherche à porter à la connaissance de tous l’immense labeur des femmes. »

R. Arcier

Le maire socialiste du XIXème victime d’une transformation stupéfiante

Publié le

 

Monsieur François Dagnaud maire socialiste du XIXème arrondissement de Paris : une transformation stupéfiante pour présenter ses vœux à ses administrés

Qu’est-il arrivé à nôtre gentil maire ? En quelques mois il a subi une transformation stupéfiante pour nous présenter ses bons vœux.

A-t-il subi l’influence radicale de ses administrés et non administrés préférés ?

Blanc, homosexuel, père de deux filles tombées du ciel de ses rêves les plus fous de défier la nature, amoureux de la diversité et généreux -avec nos sous- hébergeur  de pauvres migrants, protecteur des gentils musulmans comme Yacine Chaouat condamné pour violences conjugales, si peu privilégié dans ses amitiés politiques -Hidalgo, Delanoë), Monsieur Dagnaud aurait-il honte d’être tout ça, un représentant des horribles  blancs bourgeois capitalistes responsables de tout la misère du monde ?

Eté 2017

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Sur cette photo, François Dagnaud à droite, inaugure la piscine flottante du canal de l’Ourcq dans le cadre de Paris Plages

Hiver 2017-2018

Le Maire, François Dagnaud
et l’équipe municipale
vous adressent
leurs meilleurs vœux pour 2018 

http://mailchi.mp/f7465c13bb76/actualits-de-la-mairie-du-19e-newsletter-5?e=eaf69c171a

Newsletter n°5 // Janvier 2018

 

Après quelques recherches, je découvre que ce François Dagnaud nouvelle formule est la reproduction d’une oeuvre de street art réalisée par un heureux copain subventionné, journaliste, auteur, réalisateur et producteur, Julien de Casabianca, à l’origine du projet Outings. Cette oeuvre monumentale s’inspire d’un tableau de Louis Béroud conservé au musée Carnavalet. Et pour les ignorantes de mon espèce, cette oeuvre est collée sur le mur d’un immeuble de la rue Mathis dans l’arrondissement que François Dagnaud administre.

Vous autres, habitantes et habitants du XIXème qui me lisez, vous le saviez sans nul doute …Et vous avez aussi fait le lien entre le nom du projet « outings » et le lobby homosexuel qui fait désormais plus d’entrisme politique que de sorties forcées du placard (outing).

Rassurez-vous, je ne suis pas homophobe mais je déteste les groupes de pression, surtout ceux qui font semblant, seulement semblant d’aimer les femmes et comparent leur ventre à des bras (Pierre Bergé)…

 

Je n’ai pas retrouvé la peinture de Louis Béroud dont un personnage aurait servi de modèle à Mr Dagnaud.

Désolée, avec mon mauvais esprit, je n’avais pas compris que notre maire était un amateur d’art qui faisait la promotion d’un artiste émérite.

 

LC

L’année se termine. Quoi de positif en 2017 ?

Une année civile, c’est assez long pour qu’on ritualise sa fin et qu’on s’interroge sur ce qu’elle nous a apporté de positif.

A priori, je ne vois que des choses négatives au plan général, surtout ces derniers mois qui nous ont apporté des drames humains comme la disparition de Maëlys ou des catastrophes comme l’accident de Millas et, cette nuit, la mort d’une enfant de 4 ans et de deux adultes dans une collision automobile, pour n’en citer que quelques unes. Ces drames sont d’autant plus poignants qu’ils surviennent à l’époque où les familles se préparent à fêter la Noël et la Saint-Sylvestre. On pensait ripailles et réjouissances et il faut préparer des cercueils et des services funèbres. Dans ce contexte, la douleur est encore plus vive et je compatis au chagrin des familles concernées.

Chères lectrices et lecteurs, dites-moi ce qui vous a réjouis globalement et personnellement en 2017 .

Pour ma part, globalement, je n’ai trouvé que deux motifs de satisfaction sinon de réjouissance avec deux mouvements que je trouve révolutionnaires pour les femmes du monde entier :

Le mouvement #balance ton porc qui a révélé l’ampleur du harcèlement sexuel, qui a libéré la parole de la souffrance des femmes et qui donnent à toutes les femmes le courage et parfois les moyens de se défendre en commençant par l’estime de soi. En effet quand on se sent coupable d’être victime de harcèlement sexuel, on se trouve minable et impuissante. Mais quand on apprend massivement que toutes les femmes sont concernées et que le harcèlement sexuel est accepté sinon cultivé par les sociétés du monde, on ne se sent plus coupable et on se sent soutenues par les femmes et les hommes qui disent que c’est un crime.

Le mouvement féministe n’avait pas connu une telle révolution depuis les années 70. J’espère que les femmes tiendront sur la lancée de leur révolte et qu’une synergie favorisera la lutte pour l’égalité salariale, la parité et l’égalité professionnelle ; contre les discriminations sexistes dans le travail et la vie sociale, contre les violences sexuelles en privé et en public, contre la marchandisation du corps des femmes dans la prostitution, la vente d’ovocytes, la location de ventres-GPA, la publicité, le marketing et la mise en valeur des hommes par le corps des femmes. ‘un motif

Le mouvement des Iraniennes contre le port obligatoire du hijab

Pour le plaisir de sentir le vent dans ses cheveux et de les laisser flotter librement

https://www.facebook.com/StealthyFreedom/

les mercredis blancs : Chaque mercredi depuis des mois, avec une constance remarquable, Iraniennes et Iraniens revêtent du blanc, arborent des voilent blancs pour affirmer leur refus du port obligatoire du hijab. Les femmes témoignent dans des vidéos du harcèlement policier, des insultes des barbus et du désaveu agressif de certaines femmes. Pour affirmer leur action, elles enregistrent leurs déplacements avec les harcèlement qu’elles rencontrent.

Comme souvent, les femmes sont à la pointe de la révolte contre l’injustice et les abus du pouvoir. On apprend ce jour, que des manifestations contre le chômage et l’inflation ont lieu en Iran. Quand les femmes sont opprimées, exploitées et inférioriser, c’est tout un peuple qui souffre .https://www.lorientlejour.com/article/1091634/pas-gaza-pas-le-liban-ma-vie-en-iran-manifestations-dans-plusieurs-villes-iraniennes-contre-le-chomage-et-linflation.html

Sur le plan personnel,

  • j’ai découvert le plaisir d’être grand-mère laissant les contraintes aux parents et exploitant le merveilleux potentiel de ma petite fille qui m’aime sans arrières pensées, à la différence des adultes.
  • J’ai retrouvé ma vielle camarade de guerre, Raymonde Arcier, artiste féministe de grand talent dont une oeuvre s’installe à Beaubourg. Nous nous sommes remémoré les moments les plus comiques de notre engagement féministe dans les années 70. Nous nous sommes beaucoup amusées.

Au nom du père

En février 2017, « Au nom du père » resurgit lors de l’exposition L’esprit français, Contre-culture 1969-1989, à la Maison Rouge à Paris et rencontre un tel succès que, grâce à Floriane de Saint Pierre, le Centre Pompidou de Paris décide de l’adopter. 

  • J’ai confirmé et développé l’utilisation des huiles essentielles pour soigner moi-même toutes sortes de petits et grands mots avec un succès étonnant. Ainsi je me dispense de consultations médicales pour mon plus grand confort.
  • Des mésanges charbonnières viennent régulièrement me rendre visite et je les attire avec des graines, de l’eau et un nichoir
  • Comme les mésanges de mon balcon, lectrices et lecteurs restent fidèles à ce blog et viennent régulièrement lui rendre visite. Merci car, sans vous, je n’aurais pas de raison d’écrire.

En résumé, l’année 2017 m’aura apporté peu d’occasions de me réjouir sur le plan social, économique et politique mais je ne parlerai point ici des choses négatives car la liste serait trop longue.

Bonne année 2018

La Connectrice

Soleil levant le 10/10/2017 au-dessus des Buttes-Chaumont depuis mon balcon. Comme l’année nouvelle qui se lèvera malgré les nuages.

 

Peinture. Paula Modersohn-Becker

Paula Modersohn-Becker, née le  à Dresde et morte le  à Worpswede, est une artiste peintre allemande et l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Elle n’avait que 31 ans des suites d’un accouchement !…

Au cours des quatorze courtes années durant lesquelles elle exerce son art, elle réalise pas moins de sept cent cinquante toiles, treize estampeset environ un millier de dessins. Son style, particulièrement original, est le fruit d’influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l’impressionnisme de Cézannevan Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l’art japonaisou encore l’art de la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du xxe siècle. https://fr.wikipedia.org/wiki/Paula_Modersohn-Becker

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Paula Modersohn-Becker, une femme moderne

« Je sais que je ne vivrai pas très longtemps. Mais est-ce si triste ? Une fête est-elle meilleure parce qu’elle est plus longue ? Ma vie est une fête, une fête courte et intense. Mes sens s’affinent, comme si, dans les quelques années qui me restent, il me fallait tout, tout assimiler. Et j’aspire tout, j’absorbe tout. (…) Et si l’amour me fleurit encore un peu avant de s’envoler, et me fait réaliser trois bonnes peintures dans ma vie, je partirai volontiers, des fleurs aux mains et aux cheveux. » (Journal, le 26 juillet 1900).

En ces temps de dénonciation justifiée du machisme ordinaire et des agressions sexuelles contre les femmes, s’il y avait une femme à honorer pour sa modernité, sa vivacité et son esprit libre, ce serait bien Paula Modersohn-Becker, peintre allemande et l’une des premières représentantes de l’expressionnisme en Allemagne. Elle est morte il y a cent dix ans, le 21 novembre 1907, à l’âge de seulement 31 ans. Cette courte vie fut dense, surtout les dernières années de sa vie, puisqu’elle a réalisé environ un millier de dessins et sept cent cinquante peintures, dont une centaine la dernière année.

Grâce à son journal intime, on a pu avoir une connaissance assez détaillée de sa courte vie. Ce qui frappe, lorsque l’on regarde les photographies d’elle, c’est la grande modernité des expressions du visage. On aurait presque l’impression de voir un visage des années 1950 ou 1960. Pas de pose figée, au contraire, le sourire. Un regard très profond, presque impressionnant, une joie de vivre, un sentiment de se moquer des conventions sans pour autant tomber dans l’irrespect, un visage déterminé et gentil à la fois.

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Une anecdote sur cette détermination de femme moderne : quelques semaines avant son mariage, ses parents lui demandèrent de suivre un cours de cuisine à Berlin pour être une future « bonne maîtresse de maison », mais cela la « gavait », si bien qu’elle a abandonné sa formation en cours de route : « Il est bon de se libérer des situations qui nous prennent l’air ! » (lettre du 8 mars 1901). On peut aussi retrouver son besoin de reconnaissance artistique dans son journal en avril 1903 : « En moi brûle le désir de devenir grande dans la simplicité. ».

Cette modernité est ressentie aussi dans toutes son œuvre, une œuvre extraordinaire et souvent égocentrée, beaucoup d’autoportraits (surtout à la fin de sa vie), des autoportraits nus ou à demi nus également, ce qui fut très novateur à l’époque (lire l’extrait du poème de Rilke à la fin de l’article), et sa fille adoptive Elsbeth (1898-1984) fut souvent son modèle d’enfant. Elle a peint de très nombreuses fois des femmes (dont elle, dont son amie Clara, entre autres) et des enfants (dont Elsbeth). À la fin de sa vie, les yeux de ses portraits n’avaient plus de pupille. L’art est parfois proche de l’art naïf, surtout expressionniste, jouant sur des couleurs, sur des contours noirs… Certaines toiles sont inspirées de Gauguin, Cézanne, Van Gogh et même Munch.

Sa trop courte vie n’en a pas fait une peintre majeure de son temps, ce qu’elle aurait sans doute mérité. Curieusement, en France, son existence, celle de ses œuvres, n’étaient pas très connues du grand public jusqu’à cette grande rétrospective au Musée d’art moderne de la ville de Paris, au Palais de Tokyo, du 8 avril au 21 août 2016 (avec Julia Garimorth pour commissaire).

Cette comparaison à Van Gogh, le poète Rainer Maria Rilke (1875-1926) en a parlé justement : « La peinture la plus digne d’intérêt était celle de l’épouse de Modersohn, qui a développé un art à la fois très personnel et très worpswédien, direct et sans ambages, représentant les choses comme personne d’autre ne pourrait les voir et les peindre. Et cet itinéraire personnel l’amène à des similitudes singulières avec Van Gogh. » (Lettre à August von der Heydt, en juin 1906).

C’est en quelques sortes par Rilke que j’ai appris l’existence de Paula Modersohn-Becker. Il était marié (pendant quelques années) avec Clara Westhoff (1878-1954), une sculptrice et ancienne élève de Rodin, qui fut la meilleure amie de Paula Modersohn-Becker qu’elle a connue en 1898 à Worpswede.

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Cette ville allemande, près de Brême (qui a donné le terme de « worpswédien » sous la plume de Rilke ci-dessus, adjectif incompréhensible sans cette connaissance), a accueilli une communauté artistique très novatrice et anti-académique à partir de 1889, surtout des peintres allemands imprégnés de l’école française des impressionnistes qui voulaient un retour à la nature.

L’un d’eux, socialiste utopiste, Heinrich Vogeler (1872-1942) a acquis en 1895 une ancienne bâtisse (le Barkenhoff : la ferme des bouleaux ; Paula Modersohn-Becker représenta sur plusieurs de ses toiles des bouleaux que Vogeler a plantés). Il avait 22 ans et venait de finir ses études et surtout, venait d’hériter de son père, commerçant prospère, mort l’année précédente. Il a mis sa demeure à la disposition des artistes de passage pour un court ou un long séjour. Cela a créé un esprit communautaire particulier.

Les couples Vogeler, Modersohn et Rilke se sont mariés la même année, en 1901. Heinrich Vogeler s’est marié avec une fille d’enseignants Martha Schröder (1879-1961) qui fut aussi son modèle. Rainer Maria Rilke s’est marié avec Clara Westhoff. Et Otto Modersohn (1865-1943), peintre spécialisé dans la représentation des paysages (école de Barbizon), s’est remarié avec Paula Modersohn-Becker.

Auparavant, Otto Modersohn s’était marié en 1897 avec Helene Schröder (1868-1900), qui ne semblerait pas avoir de liens avec Martha Schröder mais plutôt avec le poète (et architecte, peintre et musicien) Rudolf Alexander Schröder (1878-1962), peut-être son frère, né à Brême. Sa première épouse Helene lui a donné en 1898 une petite fille, Elsbeth, dont s’occupa ensuite Paula comme si c’était sa propre fille, car Helene, malade, est morte en juin 1900, en l’absence d’Otto venu visiter l’Exposition universelle à Paris.

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Paula et Otto ont eu une fille aussi, Tille (Mathilde, même prénom que la mère de Paula), née le 2 novembre 1907, quelques jours avant que sa mère Paula Modersohn-Becker, très épuisée par l’accouchement, mourût d’une embolie pulmonaire, le 21 novembre 1907 à l’âge de 31 ans. Otto Modersohn s’est marié alors une troisième fois en 1909 avec la peintre Louise Breling (1883-1950) avec qui il a eu deux autres enfants, Ulrich (1913-1943) et Christian (1916-2009).

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Les relations entre Otto Modersohn et Paula Modersohn-Becker, mariés pendant sept ans, furent parfois assez chaotiques, Paula voulant vivre à Paris qu’elle considérait comme une ville plus libre et encourageante pour les artistes, quitte à se séparer de son mari (à qui elle proposait un divorce à l’amiable). Après un deuxième séjour en 1903 (où elle découvrit les œuvres de Gauguin), Paula retourna à Paris en 1905, ce qui mettait son mari dans l’incompréhension, lui qui se sentait pleinement allemand. En 1906, Paula retourna de nouveau à Paris. Elle avait besoin d’être seule à Paris pour s’épanouir dans son art. Mais Otto n’a pas voulu la laisser seule et l’a rejointe à Paris en octobre 1906. Finalement, en mars 1907, le couple retrouva Worpswede, dans l’attente d’un bébé.

Paula Modersohn-Becker était entièrement concentrée vers son art, vers sa peinture. Une lettre à Rilke laissait entendre que l’une des raisons de cette détermination très forte fut son traumatisme d’avoir assisté à la mort d’une cousine lorsqu’elle avait 9 ans. Avec une autre cousine, les trois fillettes ont joué dans une carrière de sable mais un éboulement les a enfouies et l’une des trois y perdit la vie.

Née le 8 février 1876 à Dresde où elle passa une partie de son enfance et adolescence, Paula déménagea en 1888 avec sa famille à Brême, une ville très ouverte sur la culture et les artistes qu’elle a pu rencontrer très tôt grâce à l’intérêt qu’y portait sa mère. Elle a suivi des cours pour être institutrice ainsi que des cours artistiques. On connaît assez précisément sa biographie à partir de ce moment-là grâce à la tenue d’un journal personnel qu’elle ne destinait absoluent pas à la publication. Elle découvrit les peintures du groupe de Worpswede en 1893 et fut déjà assez éblouie par la peinture de son futur mari. Ce fut à cette période qu’elle commença à peindre et à dessiner.

En 1896, elle a suivi des cours artistiques à Berlin, ce qui lui a permis de visiter de nombreux musées et d’apprécier les peintures de Dürer, Cranach, Le Titien, Botticelli et Léonard de Vinci entre autres. Paula s’est rendue en 1897 à Worpswede dans un cadre familial (l’anniversaire de mariage de ses parents) et, fascinée, y retourna seule quelques mois plus tard pour y rencontrer les peintres, puis à partir de septembre 1898, elle y resta plus longtemps pour bénéficier de leur enseignement.

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À Worpswede, Paula Becker y trouva un lieu pour l’apprentissage. Des liens d’amitié forts se sont établis avec Clara Westhoff, et la fréquentation de peintres comme son professeur Fritz Mackensen (1866-1953), Otto Modersohn et Heinrich Vogeler lui fut fructueuse sur le plan de la technique artistique. Cependant, ses œuvres n’étaient pas beaucoup appréciées dans ce milieu et en janvier 1900, elle partit pour Paris (où elle retrouva Clara Westhoff venue apprendre auprès de Rodin), ville beaucoup plus ouverte pour les arts nouveaux. Elle découvrit les œuvres de Cézanne qu’elle plaça parmi ses trois ou quatre grandes maîtres (selon sa lettre du 21 octobre 1907 à Clara).

À Paris, elle rencontra Rodin dans son atelier de Meudon et a pu admirer ses nombreux dessins et croquis. Elle y retrouva aussi Otto Modersohn en avril 1900 pour l’Exposition universelle mais il a dû retourner à Worpswede très vite à cause de la mort de son épouse. Paula et Clara rentrèrent également à Worpswede dès l’été 1900 parce qu’elles n’avaient plus les moyens de rester à Paris. Otto fit preuve de beaucoup d’attention auprès de Paula, de santé fragile (elle avait surtout besoin de repos, à cause de la vie très sévère qu’elle avait menée à Paris), ce qui a conduit à leurs fiançailles le 12 septembre 1900 et à leur mariage le 25 mai 1901. Pour plus de détails de la vie de Paula Modersohn-Becker, on peut se reporter à sa fiche Wikipédia relativement bien fournie.

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Si Paula Modersohn-Becker devait désormais concilier son travail de peintre avec ses devoirs conjugaux d’épouse et aussi de mère (d’Elsbeth), le mariage lui avait évité de devoir travailler pour subvenir à ses besoins (il était question par exemple qu’elle fût gouvernante lorsqu’elle séjournait à Paris, mais elle était à l’époque trop fatiguée pour cela).

Pour la raison simple qu’elle n’a jamais pu vivre de son art, puisqu’elle n’a jamais vendu que trois de ses œuvres, et encore, deux à ses grands amis Rilke et Heinrich Vogeler (elle ne voulait d’ailleurs pas exposer ses toiles dans des galeries), au contraire de son mari Otto considéré à l’époque comme un « grand peintre » (Rilke, qui aimait beaucoup Paula, ne l’a présentée auprès de Rodin que comme l’épouse d’un peintre, pas comme une peintre elle-même). La postérité a fait oublier les œuvres d’Otto et en revanche a mis en lumière les œuvres de Paula Modersohn-Becker.

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Son ami Heinrich Vogeler a décrit la peintre qu’elle était ainsi : « Paula Becker se peignait fréquemment elle-même. À l’exception des toiles les plus précoces et les plus simples, ces autoportraits sont ceux d’une femme prenant peu à peu pleine conscience de son art. La lèvre supérieure perd de sa douceur, et le regard clair et observateur des yeux est souligné avec énergie. ».

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Son autre ami Rainer Maria Rilke, éprouvé par sa disparition, a écrit le 2 novembre 1908 un poème en son hommage, « Requiem pour une amie » où il a proposé sa perception d’elle :

« (…) Et comme les fruits, tu voyais les femmes,
Tu voyais les enfants, modelés de l’intérieur,
Dans les formes de leur existence.
Et pour finir, toi-même tu te vis comme un fruit,
Tu te dépouillas de tes vêtements, tu allas te placer
Devant un miroir et tu t’y enfonças tout entière,
Sauf le regard ; lequel sans fléchir,
S’abstint de dire : c’est moi. Non : ceci est.
Si dénué de curiosité à la fin, ton regard,
Si détaché de tout, d’une si véritable pauvreté,
Que tu n’étais même plus pour lui objet de désir : saintement.
(…)
Les femmes souffrent : aimer veut dire être seul,
Et les artistes parfois dans leur travail pressentent
Que leur devoir, quand ils aiment, est la métamorphose.
Amour, métamorphose : tu entrepris l’un et l’autre ; il y a l’un
Et l’autre dans Cela qu’à présent falsifie une gloire qui te les dérobe.
Hélas, toi tu fus loin de toute gloire. Tu qui fus
De peu d’apparence, qui avais sans bruit replié
Ta beauté en toi-même, comme on baisse un drapeau
Au matin gris d’un jour ouvrable,
Et ne voulais rien d’autre qu’un long travail. (…) ».

(Traduction de Jean-Yves Masson, 2007).

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Financé par l’industriel Ludwig Roselius (1874-1943), le Musée Paula-Modersohn-Becker a été inauguré le 2 juin 1927 à Brême et regroupe une collection d’environ cent trente œuvres de la peintre qui a été rachetée en 1988 par la ville de Brême et par l’Allemagne fédérale. Tille Modersohn (1907-1998), la fille de Paula, a aussi créé en 1978 la Fondation Paula-Modersohn-Becker.

L’année 2016 fut assez exceptionnelle en France pour redécouvrir l’œuvre de Paula Modersohn-Becker, avec l’exposition au Palais de Tokyo déjà citée, mais aussi la publication d’une biographie par Marie Darrieussecq, « Être ici est une splendeur. Vie de Paula M. Becker » (éd. POL), et aussi la sortie le 15 décembre 2016 d’un film biographique allemand « Paula » réalisé par Christian Schwochow avec Carla Juri dans le rôle de Paula (qui a joué aussi dans le film « Blade Runner 2049 »).

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (21 novembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
Article Wikipédia.
Exposition au Palais de Tokyo en 2016.
Paula Modersohn-Becker.
Auguste Rodin.

 

Oskar Kokoschka et la poupée Alma Mahler

Publié le

Oskar Kokoschka et la poupée Alma

autoportrait : Oskar et sa poupée Alma

http://www.disons.fr/?p=16288

Elections présidentielles 2017. Dessins de presse et caricatures

Publié le

J’ai trouvé davantage de dessins de presse contre Marine que contre Emmanuel, ce qui n’a rien de surprenant puisque la plupart de la bobosphère le soutient et qu’elle comprend nombre d’artistes.

Ces dessinateurs de presse sont aussi misogynes, contre les gros et politiquement correct. Leur représentation de MLP use toujours de ces préjugés : Marine est grosse et crache du feu ou des balles. MLP est nazie est détruit tout sur son passage parce qu’elle est monstrueuse. Le reproche constant fait à Macron est d’être un banquier mais pour l’instant, je n’ai pas vu son physique caricaturé à l’égal de celui de MLP.

L’affrontement Le Pen Macron du 3 mai

Le débat de l\'entre-deux-tours de l\'élection présidentielle entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, vu par le dessinateur Philippe Morelle, le 3 mai 2017.

Le débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, vu par le dessinateur Philippe Morelle, le 3 mai 2017. (PHILIPPE MORELLE / FACEBOOK)

Voir l’image sur Twitter

Aucun texte alternatif disponible.
Duel à couteaux tirés entre Le Pen et Macron
Un face-à-face toujours aussi tendu mais heureusement, est là
Duel à couteaux tirés entre Le Pen et Macron  Eric Laplace, sur Facebook
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