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Archives de Catégorie: Arts

Paris historique. Mascarons, allégories et symboles autour de la mairie du XIXème

NB. Cet article est perfectionnable. N’hésitez pas à me faire part de vos informations, ajouts et commentaires. Merci d’avance 😉

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Mascaron sur le côté Est de la mairie du XIXème arrondissement de Paris. Ces faces grimaçantes étaient apposées, depuis l’antiquité gréco-romaine, sur les façades des bâtiments pour chasser les mauvais esprits. L’architecture éclectique  les rétablit à partir de la moitié du XIXème siècle

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Chêne et laurier sont des symboles récurrents dans l’ornementation des immeubles de la rue Meynadier et alentours. Le chêne représente la force et le laurier la réussite.

 

  • Depuis quelques mois je suis atteinte d’une lubie : je photographie le ciel, les nuages, le jeu des lumières du soleil levant ou couchant, la dentelle des branches et des feuillages et quelques formes architecturales qui se découpent contre le ciel. A chaque instant et chaque jour ou nuit, le spectacle est unique et magnifique. Il m’enlace de sa beauté et je ne m’en lasse pas. A force de lever la tête en l’air j’ai remarqué les détails des façades des immeubles haussmanniens et j’ai découvert les mascarons, les cariatides, les atlantes, les frises, les consoles et tous les éléments sculptés dans la pierre -parfois dans le bois pour les portes cochères- Ce faisant, j’ai été saisie par cette richesse ornementale dans sa majorité inaccessible au regard du passant. Pourquoi se donner tant de mal si ça ne se voit pas ?

Rue Meynadier : carte

Je suis intriguée par la beauté de ces figures qui sont invisibles à hauteur de femme. Il faut connaître leur existence pour les voir. Des dizaines de sculpteurs et de tailleurs de pierre ont œuvré des jours, des semaines et des mois pour réaliser des œuvres invisibles au regard du passant. Seuls les initiés, ceux qui savent qu’elles existent peuvent les admirer et se pénétrer de leurs symboles. Pouvait-on les voir d’une calèche montée sur de hautes roues ou depuis un bus à impériale ? Venait-on de tout Paris par la petite ceinture en descendant à la station Belleville-Villette sise à l’extrémité de la nouvelle rue Meynadier ? Dames et messieurs se décoiffaient-ils pour tordre leur cou vers le 4ème étage où grimaçaient les mascarons ?

Frises, mascarons et allégories étaient-ils destinés à provoquer les voisins en vis-à-vis qui eux, s’ils étaient au bon étage, avaient une vue directe sur les sculptures ? Où alors, ces figures symboliques étaient -elles supposées être dotées de pouvoirs magiques comme chasser les ennemis, protéger les habitants et leurs biens, leur apporter bonheur et prospérité ? Il suffisait alors aux propriétaires et aux habitants de les savoir là pour être rassurés et confiants en leur bonne étoile. C’est en effet le rôle du mascaron que d’effrayer les mauvais esprits et ceci depuis l’antiquité. Les commanditaires et propriétaires des immeubles choisissaient-ils ces figures comme autant de pierres de fondation qui leur assureraient richesse et gloire ? En effet, investir dans ce quartier en création comportait un risque certain pour les spéculateurs qui achetaient à bas prix des terrains jouxtant les mines de gypse désaffectées qui servaient de décharge et de lieu de rendez-vous pour les gredins.

La rue Meynadier a été percée vers 1868 lors de la création du parc des Buttes-Chaumont et fit vraisemblablement l’objet d’une opération immobilière de luxe à destination de commerçants et d’employés. La rue est courte ne comprenant qu’une petite vingtaine de numéros sur 178 m. Elle fut conçue comme une avenue , 20 m de large, partant de la place de la mairie comme la rue Manin, la rue Armand Carrel et l’avenue de Laumière. La plupart des immeubles qui la lotissent sont d’origine ayant été construits entre 1868 et 1920 et reflétant les styles de l’époque, néo-classique et Art Nouveau. On parle d’architecture éclectique car elle assimile des éléments anciens tout en y ajoutant les nouveaux éléments rendus possibles par les techniques modernes. Gabriel Davioud, co-créateur de la mairie du XIXème, du temple de la Sybille et de nombreux bâtiments parisiens dont la fontaine Saint-Michel serait le meilleur représentant de l‘architecture éclectique. Selon la nomenclature haussmannienne les immeubles de la rue Meynadier appartiennent à la première catégorie, la plus luxueuse ou à des immeubles de rapport plus modestes. On raconte que ces logements étaient destinés aux « danseuses » de messieurs biens sous tout rapport. Haussmann lui-même eut une enfant avec l’actrice Francine Cellier. Je ne l’ai pas vérifié mais au regard de son aspect luxueux à proximité du parc alors en construction mais reléguée en deuxième position, il est possible que la rue Meynadier ait eu une destination particulière et discrète.

Proche de la petite ceinture, la rue Meynadier se terminait en face de la gare Belleville-Villette (actuellement 4 rue de Lorraine) inaugurée en 1856, ce qui constituait un attrait supplémentaire pour les résidents de la rue Meynadier et valorisait les immeubles.

Image illustrative de l'article Gare de Belleville-Villette

Bâtiment voyageurs et entrée de la gare vers 1900. La gare est mise en service le 15 juillet 1856 pour le trafic de marchandises. Elle est ouverte au trafic voyageurs en 

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Les façades de la mairie du XIXème

 

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Façade Sud-Est de la mairie. Chaque fenêtre est ornée d’un mascaron

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Cet échafaudage est installé depuis environ un mois. D’après un ouvrier délégué sur ce chantier, il s’agirait de graver une pierre de la devise de la République Liberté, Egalité, Fraternité et de dorer l’inscription à la feuille d’or. Je suis un peu étonnée d’apprendre que notre devise ne figurait pas au fronton de la mairie du XIXème et de la soudaine nécessité de réparer ce manque, surtout à l’approche des élections municipales de 2020. Un autre motif de dépense serait la nécessaire utilisation du budget 2017 afin qu’il soit reconduit au même niveau et un peu plus si possible en 2018. La comptabilité administrative est tellement absurde et figée que toutes les administrations se précipitent en fin d’année pour apurer leur budget à n’importe quel prix. On ne le soupçonne que trop, les travaux publics sont aussi l’occasion de financer les partis. Pourquoi se gêner ? Ce mercredi matin l’échafaudage a été démonté laissant apparaître sous l’horloge l’inscription dorée mairie du XIXème et au dessous, en plus petit et moins lisible « liberté, égalité, fraternité ».

 AvantAprès 

Et voilà le résultat ! Combien ça a coûté pour dire qu’on redorait notre devise républicaine et qu’on ne la voie pas ? Sur l’obligation de l’inscription au fronton des mairies, lire http://denez.com/2017/11/11/liberte-egalite-fraternite-aux-frontons-des-mairies/

 

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Façade Sud-Ouest

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Arrière de la mairie, façade Nord

Rue Meynadier

La rue Meynadier mérite une attention spéciale de par la richesse ornementale de ses immeubles qui sont presque tous d’origine, édifiés entre 1868 et 1930. Il n’existe pas à proximité immédiate de semblable accumulation de sculptures symboliques. Peut-être en y eut-il avenue de Laumière mais presque tous les immeubles anciens ont été détruits et remplacés par des constructions prétentieuses, hétéroclites et irrespectueuses de l’harmonie voulue par Haussmann, cette harmonie qui fait que Paris est l’une des villes au monde les plus visitée pour sa beauté.

Je n’ai pas encore trouvé de témoignages sur les intentions des promoteurs du lotissement de la rue Meynadier et si vous en avez, n’hésitez pas à me les transmettre.

Je retiens toutefois les indices suivants pour comprendre les choix architecturaux et ornementaux : la rue Meynadier débouchait directement sur la station Belleville-Villette de la petite ceinture ; la création du parc des Buttes-Chaumont et l’assainissement de son emplacement jouaient en faveur de constructions résidentielles destinées à la bourgeoisie ; les édiles de l’époque avaient des maîtresses qu’il fallait placer loin de leur foyer officiel tout en leur offrant une place au soleil (du parc et de la mairie en l’occurence) ; Mathurin Moreau, sculpteur à succès  a signé l’immeuble du n°4, fut maire de l’arrondissement ; Le remaniement de Paris par Haussmann fut accompagné de spéculation immobilière, ce qui est encore aujourd’hui le sort de nouveaux quartiers à financer ; La fin du XIXème siècle et le début du XXème furent témoins d’innovations architecturales et artistiques s’appuyant sur des progrès techniques et industriels ; Un décret impérial de 1859 venait de rattacher au XIXème populaire la commune tout aussi populaire de Belleville et permettait de noyer -comme on noit le poisson- les sirènes de ces messieurs dans un environnement digne mais pas trop ( le rang des maîtresses ne devait pas être supérieur à celui des épouses ) commerçants, d’employés et d’artisans.

 

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4 rue Meynadier, un immeuble signé par le sculpteur Mathurin Moreau qui fut le premier maire du XIXème. Le bâtiment de style typiquement Art Nouveau est orné de magnifiques sculptures. Au dessus de la porte d’entrée trône un griffon, animal mythique ayant la propriété de garder l’or. Il est flanqué de roses, allusion à la corne d’abondance  et de feuilles d’acanthe. La feuille d’acanthe est un motif ornemental récurrent depuis l’époque romaine.

A l’origine, le sculpteur Callimaque (Ve siècle avant JC) se serait inspiré, pour orner un chapiteau, d’un bouquet de feuilles d’acanthe surplombant le tombeau d’une jeune fille. L’acanthe était surtout utilisée dans l’architecture funéraire pour indiquer que les épreuves de la vie et de la mort symbolisées par les piquants de la plante, étaient victorieusement surmontées. 
Elle orne les chapiteaux corinthiens, les chars funéraires, les vêtements des grands hommes, parce que les architectes, les défunts, les héros ont triomphé des difficultés de leur tâche. Comme de toute épine, on en a fait aussi le symbole de la terre vierge, de la virginité, ce qui signifie aussi une autre sorte de triomphe. https://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080422131424AAJiFwA

Les immeubles  haussmanniens sont ornementés de motifs classiques inspirés de différentes époques de l’antiquité grecque et romaine.

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Ce griffon surplombe la porte d’entrée de cet immeuble richement orné protégeant symboliquement les richesses de ses occupants. La symbolique du griffon est tellement riche, ancienne et prisée q’il est possible de lui attribuer d’autres significations.
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Au deuxième étage, deux anges encadrent le motif central

6 rue Meynadier

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10 rue Meynadier, 1887

Le cartouche qui orne le sommet de la porte est gravé des initiales du propriétaire de l’immeuble. Il est flanqué à gauche d’une branche de laurier, à droite d’une branche de chêne

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3, rue Meynadier

Branches de laurier, feuilles d’acanthe et coquille Saint Jacques

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rue Meynadier

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rue Meynadier

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13 rue Meynadier

Une habitante de cet immeuble me dit qu’il appartient en sa totalité au petit-fils du commanditaire qui avait participé à sa conception et supervisé les plans avec l’architecte.

Au deuxième étage, deux têtes de loup montrant des dents acérées reposent sur un lit de feuilles de chênes encadrant une tête de bélier.

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10 rue Meynadier

Au 4ème étage, chaque fenêtre est surmontée d’un mascaron grimaçant, celui-ci tire la langue

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21 rue Meynadier, un immeuble d’angle, le dernier de la rue

La base de l’immeuble a été recouverte d’une sorte de béton aggloméré particulièrement laide et il faut vraiment lever la tête pour découvrir la somptuosité des ornements du bâtiment. Il semble aussi que l’entrée d’origine ait été déplacée parce que la porte actuelle est décalée par rapport aux fenêtres du second étage.

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Côté rue Meynadier, une porte richement sculptée

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Motifs de feuilles d’acanthe sur les balustres et partie centrale aux motifs de signes astrologiques doubles : de haut en bas gémeaux, poissons et verseau

 

 

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Dans l’angle du même immeuble, deux atlantes (masculin de cariatide et décliné du nom d’Atlas qui porte le monde sur ses épaules) au deuxième étage représentent à droite un sculpteur et à gauche un plâtrier. Le premier rend hommage aux nombreux sculpteurs et tailleurs de pierre qui ont travaillé sur les pierres des façades des immeubles de la rue Meynadier, peut-être aussi de la mairie ; le second rend hommage aux plâtriers qui ont réalisé les stucs qui ornent les plafonds des appartements luxueux de la rue. On peut aussi interpréter ces figures sculptées comme une mémoire de l’extraction des pierres calcaires extraites du sous-sol parisien (dans ce quartier, des effondrements épisodiques rappellent que le sous-sol est creux) et aussi une mémoire de la carrière de gypse qui occupait l’emplacement de l’actuel parc des Buttes-Chaumont, un minerai qui servait à confectionner le plâtre de Paris qui était exporté jusqu’en Amérique par la dérivation aujourd’hui désaffectée de la petite ceinture jusqu’au Havre où il était chargé sur des paquebots transatlantiques.

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Rue Manin

Peu d’immeubles de la rue Manin dans sa partie qui longe le parc, sont aussi richement ornés que ceux de la rue Meynadier. Nombre  de constructions d’époque ont été détruites et remplacées par des bâtiments dont les plus anciens sont de style Art Déco comme ceux de la Butte-Bergeyre ou ceux qui ont remplacé les maisonnettes ouvrières du quartier de la Mouzaïa. Théoriquement, la période Art Déco commence en 1925.

Au numéro 75, initiales du propriétaire et feuilles de chêne. L’immeuble date de 1893.

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Avenue de Versailles

Passant avenue de Versailles vers le pont du Garigliano j’ai aperçu un immeuble haussmannien orné des symboles habituels, feuilles de chêne et de laurier. La plupart des immeubles de l’avenue sont beaucoup plus récents et donc dénués de mascarons et autres décorations.

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Avenue de Laumière

12 avenue de Laumière, Bacchus préside au succès de cet immeuble daté de 1921

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Une belle figure de Bacchus avec grappes et feuilles de vigne sur corne d’abondance

 

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Angle de l’avenue de Laumière et de la rue de Meaux

 

Quelques signatures gravées en façade des immeubles haussmanniens de l’avenue de Laumière et de la rue Armand Carrel. On remarque leur disparité graphique et sémantique, ce qui tranche avec les normes architecturales imposées par le baron Haussmann. 

Rue du Rhin

13 rue du Rhin

Une magnifique porte mise en valeur par la laque rouge, discrètement ornée de vagues au dessus-desquelles veille un dauphin imaginaire, figure protectrice depuis l’antiquité et compagnon fidèle d’Apollon.. Là aussi, point de mascarons pour protéger l’immeuble et ses habitants mais ce dauphin denté à queue de dragon.

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Pour en savoir plus

Les Symboles

  • Olivier

L’olivier est un symbole de paix mais pas seulement Depuis l’Antiquité, l’olivier que la déesse Athéna fit sortir de terre, est le symbole d’Athènes et représente la force et la victoire, la sagesse et la fidélité, l’immortalité et l’espérance, la richesse et l’abondance. Il est vraisemblable que dans le contexte du XIXème siècle il ait représenté la richesse des commanditaires des bâtiments.

  • Chêne

Le chêne est le symbole de Jupiter dans l’antiquité puis celui de la Justice en référence à la légende qui veut que Saint-Louis ait rendu la justice sous un chêne.

Le Chêne. Arbre sacré dans de nombreuses traditions, le Chêne est investi de privilèges accordés à la divinité suprême parce qu’il attire la foudre et symbolise la majesté. En tout temps et en tout lieu, le Chêne est synonyme de force et de solidité. C’est du moins l’impression qu’il laisse quand il atteint sa maturité. Notons que le bois du chêne a la propriété d’être incorruptible, alors ne soyons donc pas étonnés d’apprendre que les termes « chêne » et « force » se traduisent en latin par le même mot : robur, symbolisant autant la force morale que physique. Il est le symbole de l’arbre de vie, le salut ainsi que les figures allégoriques de la Force et de la Prospérité. Le chêne est aussi l’arbre consacré à Jupiter dans la mythologie classique où de grands chênes croissent dans la forêt de Dodone, en Epire, qui est consacré à l’oracle de ce dieu, et est l’un des plus anciens sanctuaires grecs.

  • Laurier

Le LaurierOvide raconte comment la nymphe Daphné, est métamorphosée en laurier pour avoir échappé à l’amour d’Apollon qu’elle ne payait pas en retour. Depuis cet arbre est consacré au Dieu du soleil. Dans la Rome antique, le laurier est consacré à Jupiter. Selon la doctrine chrétienne, le laurier est à la fois symbole d’éternité, car il est toujours vert et de chasteté car ses feuilles ne se flétrissent jamais. C’est surtout à la renaissance que se diffuse l’image allégorique de la Victoire, figure féminine ailée qui remet une couronne de laurier au vainqueur ou lui pose sur la tête.

  • Vigne

La Vigne. La vigne est assez fréquente comme motif ornemental dans l’architecture sacrée et l’art. Elle est l’attribut des figures allégoriques de l’Automne, du mois de septembre, de la Joie, de l’Entraide, de la Solidarité conjugale et de l’Amitié. La vigne est aussi l’un des attributs de Bacchus, dieu du vin et ses suivantes le Ménades. Dans les représentations des bacchanales et du cortège du dieu, les participants ont la tête ceinte de couronnes tressées de sarments et de feuilles de vignes. Le cep de vigne et son fruit sont fréquemment cités dans les Ecritures et sont généralement considérés comme des symboles du Christ, du sang versé lors de son sacrifice et de l’eucharistie. Dans un célèbre passage de l’Evangile de Jean le Christ affirme : « Je suis la vrai vigne »

  • Griffon

Depuis l’époque médio-assyrienne -4000 JC-, la symbolique du griffon a souvent évolué et il lui est prêté de nombreuses significations. En Mésopotamie, il gardait les portes de la cité assyrienne appelée Kalkhu (Kalḫu, Calah dans la Bible). Avec sa tête d’aigle et son corps de lion, il lui est prêté une influence double comme le bien et le mal. Associé au soleil, il serait détecteur et protecteur de l’or.

Dans le contexte architectural de la rue Meynadier et au regard des ornements des façades des immeubles qui la bordent, il est plausible que le griffon ait été choisi comme protecteur de l’immeuble à la place des mascarons qui ont la même fonction. La présence toute proche d’un ange ainsi que les courbes des balcons et des fenêtres donnent à la façade de l’immeuble une douceur qui tranche avec la rigueur austère des bâtiments qui le jouxtent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Griffon_(mythologie)

http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2012/04/07/23951842.html

  • Mascaron

L’Antiquité utilise les représentations d’un visage pour chasser le « mauvais œil ». Ainsi des masques grotesques ou hideux figurent sur les temples, les tombeaux, les cuirasses et les jambières des guerriers, les marteaux des portes, la vaisselle, les meubles et tous les objets du quotidien…Cette mode arrive en France avec les guerres d’Italie. Les Italiens Rosso Fiorentino (Florence1494Fontainebleau,1540) et Le Primatice (Bologne1504-Paris, 1570) viennent travailler à Fontainebleau pour le roi de France François Ier. Rosso, qui a travaillé en Italie jusqu’au sac de la ville de Rome en 1527, maîtrisait la technique du stuc. Primatice avait collaboré dans Mantoue avec Giulio Romano

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mascaron

On peut voir des dauphins symboliques ou fantastiques sur le Pont-Neuf et dans la fontaine du bassin de Neptune à Versailles. Ci-dessous sa représentation imaginaire a inspiré la forme d’un heurtoir ancien.

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Le dauphin a été utilisé pour la décoration des heurtoirs de porte depuis des temps très anciens. Dans la mythologie grecque le dauphin apparaît toujours comme venant aider l’humanité en péril. C’est avec ce sens de protecteur qu’il est utilisé pour la décoration des portes. Il faut dire aussi qu’il est toujours très esthétique.

https://ornement.net/articles/door_knockers_symbols.html

  • Le dauphin accompagne Apollon sur son char ou le dieu le chevauche pour traverser les mers

http://eric.marchand7.free.fr/mm3.html

Précisions historiques et autres

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Vue de la place de la mairie depuis la rue Meynadier

https://fr.wikipedia.org/wiki/19e_arrondissement_de_Paris

  • Georges Eugène Haussmann

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Eug%C3%A8ne_Haussmann

  • Aménagement du parc des Buttes-Chaumont. Mémoires du Baron Haussmann

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220530f/f250.item

  • Rattachement de la commune de Belleville et spéculation immobilière

Un document très intéressant pour comprendre le contexte socio économique du quartier des Buttes-Chaumont http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1975_num_30_4_293646

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Paris sunset 28/10/2017 19:02-19:09

Coucher de soleil orange après une belle journée d’automne

Comme un air de Turner

Le , Turner meurt au domicile de sa compagne Sophia Caroline Booth à Cheyne Walk, dans le quartier de Chelsea. Ses derniers mots auraient été « Le soleil est Dieu »23

Je suppose que Turner appliquait ses couleurs, aquarelle ou huile, de mémoire dans son atelier d’après les croquis qu’il dessinait en extérieur. En effet, l’invention du tube métallique ne date que de la fin du XIXème siècle. Auparavant, il était difficile de conserver les couleurs dont les pigments étaient broyés chaque matin en atelier par des assistants. L’invention du tube métallique révolutionna la peinture en permettant la peinture en extérieur, ce qui contribua à la naissance de l’impressionnisme. les tubes d’étain sont inventés vers 1841 par l’Américain John Goffe Rand qui en dépose le brevet à Londres mais ils coûtent assez cher https://laconnectrice.wordpress.com/2012/05/06/le-bleu-dans-tous-ses-etats/

http://www.tate.org.uk/art/artworks/turner-sunset-on-the-river-n02311

Si on part de l’hypothèse que William Turner peignait ses soleils couchant et levant de mémoire en atelier, on peut imaginer qu’il éprouvait la liberté qui le poussa à révolutionner l’usage de la couleur et ouvrit la voie aux peintres impressionnistes. Il fut le premier à reproduire la nature telle qu’il l’avait vue, avec ses levers et couchers de soleil éblouissants de couleur et de lumière. La première fois que je vis les toiles de Turner, je fus moi-même éblouie par les teintes vives et flamboyantes.

Chaque soir et chaque matin, quand je prends le temps de regarder le soleil se lever ou se coucher je suis fascinée par cette beauté éphémère, toujours splendide et toujours différente. C’est une illustration parfaite de l’expression a sight for sore eyes que je traduis par une vision pour une âme chagrine ou de la beauté pour une âme en peine.

 

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Lecture d’automne. Kyoto de Yasunari Kawabata

Chaque automne, lorsque j’observe les merveilleuses couleurs changeantes et éphémères des feuilles, je pense au roman Kyoto de Yasunari Kawabata  publié en 1962.

Le roman  décrit, entre autres,  la préoccupation d’un tisserand  qui cherche à reproduire les couleurs de l’automne dans l’obi -ceinture de kimono- qu’il crée pour une femme, sans doute celle incarnée par des jumelles séparées à la naissance qui se retrouvent. Ce roman court traite de plusieurs thèmes, principalement de la lutte entre tradition et modernité. On y trouve aussi une ode poétique et passionnée à la nature à travers les saisons.

Le roman est tellement dense malgré sa brièveté, que les critiques sont très variées, chaque témoignage apportant une vision personnelle , leur observation commune étant la souffrance des artistes déchirés par la perte des traditions au profit d’une modernité qui  menace la nature et la structure des savoirs qui les ont construits. Kawabata, après avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1968 s’est suicidé au gaz en 1972 comme plusieurs de ses contemporains artistes semble-t-il pour des motifs identiques bien qu’il n’ait pas laissé d’explications.

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http://setaregan.canalblog.com/archives/2009/10/23/15543770.html

Kyôto, saison des Momiji (feuilles rouges d’automne), Novembre 2013 http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Quelques critiques du roman Kyoto

http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Kyoto, ou, pour traduire littéralement le titre original, “L’ancienne capitale”, est un petit livre de 192 pages qui se lit très bien. Deux sœurs jumelles, séparées à la naissance, s’aperçoivent par hasard une fois adultes. Élevées dans des milieux et des classes sociales opposées- l’une à la montagne, l’autre dans une vieille famille bourgeoise de Kyôto, cherchent et hésitent à franchir les obstacles qui les séparent. En toile de fond, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent. L’aristocratie traditionnelle décadente se heurte au progrès et à l’américanisation héritée de l’ère Meiji. La perte des repères et l’effacement des traditions n’est que plus visible par contraste avec le cycle éternel des saisons et la nature foisonnante et belle. Une belle lecture, pour voyager dans le temps et dans l’espace.

…Les mots sont d’une fausse simplicité. Comme dans un haïku ou dans un jardin zen, on ressent l’importance du concept bouddhique du “mu” 無, le vide. Pour le dire simplement, ce qui n’est pas écrit est aussi important que les mots eux-mêmes. L’allusion, l’ellipse forcent l’imagination. C’est une façon de transmettre de façon très vive des atmosphères, des émotions. Il faut souligner le remarquable travail de traduction publiée par Albin Michel. Philippe Pons, le traducteur, a superbement retranscrit cette ambiguïté et cette poésie délicate en français…

Frappantes similitudes entre le roman « Kyoto » de Yasunari Kawabata, et un roman de Zola, « L’œuvre ». Le premier décrit la mélancolie et le malaise existentiel du père de l’héroïne Chieko, descendant d’une famille de marchands de kimono. Le père se réfugie dans la misanthropie, en exil, tant il ne supporte plus la différence entre ses aspirations -être un créateur d’avant-garde, admiré- et la réalité : les dessinateurs de sa maison ne font que copier les tendances, et ses créations personnelles, ternes, ne se vendent guère.

Sa douleur dans la création, et la difficulté de l’inspiration, pourrait aussi être comparé avec le malaise que ressent Marin Marais dans Tous les Matins du Monde (Pascal Quignard). Toute la famille est affectée par cette tension entre tradition, et tentation de la nouveauté avec l’introduction de motifs révolutionnaires inspirés des artistes européens, une forme de corruption. Dans le roman de Zola, le peintre détruit sa vie et sa famille en cherchant à atteindre la perfection de son œuvre. Les deux sont des personnages taciturnes, insatisfaits de leur propre imperfection, et cherchant à fuir leur “mauvaise foi” sartrienne.

A ce point du récit, je ne sais pas quant à moi, ce qu’il adviendra du père de Chieko: pendu face à l’oeuvre inachevée comme le peintre de Zola, ou couvert d’une gloire honteuse due à l’imposture et au plagiat, comme le joueur de viole de gambe de Quignard ?

J’ai trouvé dans ce livre une maturité et raffinement, un dégoût des choses grossières, qui rendent inutiles les grands coups de théâtre de nos histoires occidentales…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyoto_(roman)

Pour Nicolas Gattig, du Japan Times, le roman de Kawabata est une « méditation élégiaque à propos du patrimoine culturel de Kyoto » ; se déroulant sur plusieurs mois, du printemps jusqu’à l’hiver, il « semble plus peint qu’écrit »9. Jean Montenot, de L’Express, soutient que le livre de Kawabata est une œuvre politique. Sur le fond d’une « intrigue romanesque à la Balzac », il s’agit d’un « réquisitoire à charge contre la civilisation industrielle commencée sous l’ère Meiji »10. Cependant, selon Nicole chardaire, spécialiste en littérature, l’« essentiel du roman de Kawabata est encore ailleurs. Dans l’évocation sans cesse renouvelée de la nature, des arbres, des fleurs, des parfums, des couleurs… Kawabata exprime avec Kyōto le plus délicat des hommages à la beauté, à l’élégance, à la délicatesse, à l’harmonie »4.

Sexisme confirmé dans la fiction française

Quand le cinéma met en scène les corps féminins

https://lespulpeuses.com/tag/role-de-la-femme/

Je ne regarde pratiquement jamais la fiction française qui m’ennuie profondément par son absence de rythme, la mauvaise qualité des scénarii et des comédiens ainsi que la part congrue des rôles dévolus aux femmes. Comment plonger dans une fiction quand on ne peut s’identifier à aucun de ses personnages ?

Une étude de l’ADAMI, association de défense des droits des artistes interprètes, confirme le constat que je fais moi-même, tout au moins sur le plan quantitatif :

  • 37% de comédiennes contre 63% de comédiens.
  • Casting type d’une oeuvre audiovisuelle distribuée sur la télévision française 4.6 % de femmes contre 6.3% d’hommes
  • Part des rôles féminins par gendre d’oeuvre longs métrages 34% courts métrages 41% fiction TV 43%
  • 80% des rôles féminins sont concentrés sur la tranche d’âge 25-40 ans

Sur le plan qualitatif les rôles féminins sont à l’image des clichés sexistes en vigueur dans notre société. Je ne connais aucun personnage de fiction féminin qui ne soit pas un accessoire des besoins, désirs et ambition des hommes même quand le personnage principal est supposé être une « femme de loi », une « femme flic », une « mante » ou une « soeur ».

Pourquoi le milieu artistique serait-il différent du milieu politique ou industriel ? Certes on eut pu croire que des scénaristes visionnaires puisse créer des personnages féminins libérés de leurs chaines de soumission à la loi du mâle mais il n’en est rien car la condition des femmes, après un bon considérable, régresse inexorablement sous le poids de la violence réelle et symbolique des hommes. Et avec l’insidieuse infiltration dans les têtes des lois patriarcales renforcées par l’islamisation de l’Europe, les modèles de femmes positives ne sont pas près de s’imposer.

La Connectrice, féministe historique

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http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/cinema-devant-et-derriere-la-camera-ca-suffit-les-machos-06-05-2017-6921600.php

La parité homme- femme n’est toujours pas au rendez-vous dans la fiction française

 L’Adami, partenaire des artistes -interprètes, publie ce mercredi une étude sur la représentation des femmes dans les téléfilms , séries , cours et longs-métrages, cinéma …

L.B.

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Où sont les femmes ? Il va falloir un peu les chercher pour les trouver dans la production audiovisuelle française car la parité n’est pas encore au rendez-vous. A l’ occasion du festival de la Fiction TV de La Rochelle , qui aura lieu du 13 au 17 septembre, l’Adami, partenaire des artistes-interprètes, publie ce mercredi une étude sur la représentation des femmes dans les téléfilms, séries, cours et longs-métrages, cinéma.

On préfère les femmes jeunes

Humour. Images et dessins de détournement de la statue de la Liberté

 

http://www.merveilles-du-monde.com/Statue-de-la-Liberte/Humour-sur-la-statue-de-la-Liberte.php

Statue après le shutdown

A noter que le Shutdown, c’est cette courte période durant laquelle le gouvernement n’a pas réussi à s’entendre avec le Senat pour l’adoption du budget du pays. A défaut d’accord en temps et en heure, tous les organismes fédéraux n’ayant pas de critères d’urgence devaient fermer, ce qui se produisit une fois durant la présidence de Barack Obama.

 

La Rotonde Montparnasse. Macron après François Hollande, Trotski, Modigliani et Aragon

Publié le

http://missionunesco-paca.simdif.com/actions-patrimoine-paca.html

Le bar restaurant La Rotonde, à l’angle du boulevard du Montparnasse, fait partie de ces lieux mythiques qui conservent toute leur symbolique malgré le passage du temps et les changements qu’il entraîne.

Emmanuel Macron a suscité un tollé en y fêtant son arrivée en tête du premier tour des élections présidentielles 2017. On ne pourra manquer de rapprocher le choix de ce lieu de la célébration de la victoire de François Hollande sur Martine Aubry lors des primaires socialistes de 2011. http://www.europe1.fr/politique/presidentielle-la-soiree-de-macron-a-la-rotonde-fait-polemique-3310550

François Hollande avait gagné les primaires avec le slogan « Je suis le candidat du changement » puis « le changement, c’est maintenant ». Bien que Macron résume son programme au mouvement « En marche », il est pour beaucoup le candidat du changement et ses fans ne veulent pas entendre qu’il s’inscrit dans la continuité de la législature de son père spirituel François Hollande, comme l’atteste le ralliement de presque tous les hollandistes.

Dans ce contexte, le choix de La Rotonde pour célébrer une victoire avant l’heure n’est pas anodin. Et on jugera de l’honnête du candidat qui justifie le raoût  en ces termes moralisateurs. Si vous n’avez pas compris que c’était mon plaisir ce soir, d’inviter mes secrétaires, mes officiers de sécurité, c’est que vous n’avez rien compris à la vie » alors qu’on y a surtout vu des personnalités ce que justifiera par la suite son dircom Il voulait juste organiser un événement sympathique avec ses soutiens », explique Sylvain Fort, responsable de la communication d’Emmanuel Macron, à FranceInfo. « Ça fait neuf mois qu’on mange des sandwichs, on était contents d’aller au restaurant. ».

On nous prend pour des benêts car La Rotonde n’est pas suffisamment vaste pour accueillir toutes les petites mains qui œuvrent au succès de leur idole et qui doivent se contenter d’être affublés de désignations anglophones, pour être plus valorisantes, comme helpers, coworkers, lesquels surfent pour se donner le moral sur le coworking, font du brainstorming, travaillent en open space, n’oublient pas le feedback, respectent le business model, obéissent au community manager, échangent des messages snackables, se réfèrent au pole event qui organise les grands événements médiatiques, s’activent sur le mode de la start up. 

La langue française fait de la résistance

http://www.la-croix.com/Actualite/France/La-langue-francaise-fait-de-la-resistance-2014-10-13-1220368

Ce n’est pas que je rejette toute terminologie anglophone, au contraire j’en use moi-même car elle a le mérite d’être plus économe en syllabes et formules que la langue française mais son utilisation systématique fait écho à la conviction du candidat quil n’y a pas de culture française. Alors que la France compte des millions d’illettrés, que même des dirigeants ne maîtrisent ni orthographe ni grammaire ni syntaxe, que l’école n’arrive plus à former la jeunesse en ces domaines, il me semble fondamental de donner l’exemple quand on s’exprime publiquement. Avant de pratiquer d’autres langues et d’utiliser des anglicismes en expression française, il me semble qu’il est indispensable de maîtriser d’abord la langue française. Or Macron semble un peu trop préoccupé par l’enseignement public de la langue arabe dans les collèges et lycées comme si l’INALCO ne suffisait plus.

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2017/05/wikileaks-r%C3%A9v%C3%A8le-certains-projets-terrifiants-demmanuel-macron.html

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La Rotonde est à la fois un symbole de la culture française et de l’art français, n’en déplaise à monsieur Macron qui confond origines et adoption. En effet si nombre d’artistes et d’écrivains qui se réunissaient à La Rotonde,  aux plus beaux jours de Montparnasse, étaient d’origine étrangère, ils s’étaient installés en France parce qu’ils admiraient sa culture et ses arts qu’ils avaient adoptés.

La Connectrice

Pour en savoir plus

  • La Rotonde

Cette brasserie, ouverte en 1911, fut entre les deux guerres un lieu très fréquenté par le gratin des  poètes, écrivains, peintres, sculpteurs et chansonniers : Vlaminck et Soutine, Chagall et Braque, Apollinaire et Cocteau, Trotski ou Modigliani, mais aussi Darius Milhaud, André Breton, Louis Aragon, Mac Orlan et Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway. La brasserie emblématique est aujourd’hui fréquentée par des hommes politiques et des personnalités du cinéma et l’édition. On y voit François Hollande le soir des primaires, venant fêter sa victoire sur Martine Aubry.

 http://www.hotelraspailmontparnasse.com/fr/actualites-quartier-raspail-montparnasse/12-content-fr/actualites/24-la-brasserie-gastronomique-la-rotonde-2

Aujourd’hui, François Hollande y a fêté sa victoire aux primaires socialistes et les économistes du parti prisent le salon de l’étage tout comme Ségolène Royal. Aux grands cantalous, la patrie reconnaissante, pourrait-on afficher ici sur la façade. http://www.toutnestquelitresetratures.com/article-la-rotonde-en-montparnasse-aux-grands-cantalous-la-patrie-reconnaissante-107532408.html

Thérapie post élections: les états critiques vus du ciel

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Plasticulture à Almeria, Espagne. L’origine de nos fraises, poivrons, tomates et courgettes bio toute l’année …Les serres vues d’un drone.

Photo

Delray Beach in Florida, one of the swing states shown in Benjamin Grant’s book, “Overview.”CreditBenjamin Grant/DigitalGlobe/Amphoto Books

At least since July, when the Democratic and Republican National Conventions ended and the presidential campaign began in earnest, but more likely since the spring of 2015, when Hillary Clinton and Donald J. Trump threw down their gauntlets, anyone could be excused for wanting totake a long vacation somewhere.

Maybe somewhere beyond the reach of Twitter and perpetual poll analysis, where words like “loser” and “deplorables” couldn’t be heard, where emailservers were too small to see and sites for border walls looked indistinguishable from anywhere else on the planet.

If you’re in need of some postelection stress therapy you might still want to visit such a place, if only virtually, at Benjamin Grant’s three-year-oldInstagram project, “Daily Overview.”

Mr. Grant, a former brand strategist, founded the project on a whim after stumbling across a striking image on Google Earth of the irrigated farming environs around a minuscule West Texas town called Earth.

The Crescent Dunes Solar Energy Project in Nevada. CreditBenjamin Grant/DigitalGlobe/Amphoto Books

“I was astounded by what I saw,” he wrote in the introduction to a newcoffee-table-book version of his project, “Overview,” published by Amphoto Books. “My screen had filled with a stunning patchwork of green and brown circles.”

Intrigued by an idea called the “overview effect,” a profound cognitive shift said to be experienced by some orbiting astronauts looking back toward a fragile, oasislike Earth, Mr. Grant started posting daily images he had found by scouring Google Earth. Later he used raw imagery from a company that supplies such views, DigitalGlobe, which collects them with satellites orbiting 308 miles to 478 miles above the planet’s surface.

“The images made me step back and say, ‘What the hell am I seeing?’” Mr. Grant said in an interview. “And that’s essentially what’s been driving me every day since.”

Along with artists like Mishka Henner and Andreas Gursky, Mr. Grant ismining imagery widely available from space to show mostly man-made structures and changes to the land caused by human action. “ It’s changed me in the sense of having this meditative idea of being able to zoom out in my mind and see a bigger picture, to take a longer perspective,” he said. “It doesn’t necessarily say problems can be solved by looking at it this way, but it’s a good exercise.”

A phosphate mine in Aurora, N.C., as seen from space. CreditBenjamin Grant/DigitalGlobe/Amphoto Books

(Well before astronauts went into space or the first satellite was launched, the poet Archibald MacLeish delivered a commencement address in 1942 rhapsodizing the planet as seen from the air, where it reveals itself as “a globe in practice, not in theory,” a “round earth where all directions eventually meet.”)

Some of the images Mr. Grant chooses document the sort of crises vast enough to alter Earth’s surface in just a few years — a California drought sapping a reservoir ; the Zaatari refugee camp in Jordan, which formed on almost empty land and now looks like a city, packed with more than 80,000 inhabitants who have fled the civil war in Syria. Above the Fukushima Daiichi nuclear reactor in August of 2015, you can see the fields of steel containers used to store radioactive water after the 2011 earthquake and tsunami.

But other pictures show things like environmental endeavors (massive wind and solar farms); land art (Robert Smithson’s gyring “Spiral Jetty” on the Great Salt Lake in Utah and an Argentine forest in the shape of a guitar); and the dazzling geometries of human habitation (star-shaped cities in Italy and the Netherlands, a palm-tree-shaped artificial island in Dubai).

Perhaps most compellingly for many Americans right now, the project shows swing states like Florida, Nevada and North Carolina as pleasing, placid abstractions, neither red nor blue. A residential development in Delray Beach, Fla., looks like a Mondrian painting. And the view from above, evoking the quietude of space, creates the added illusion of being able to release all your pent-up political frustrations into the ether. As the tagline for the movie “Alien” reminded us: “In space, no one can hear you scream.”

“I think it’s very easy for us these days to be caught up in our own echo chambers, with our own friends and our own cities and all the things we think we know,” Mr. Grant said. “A lot of the stuff on social media, about celebrity and politics, is so much about the individual. But when you look from above, you think more about the species, collectively.”

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