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Archives de Catégorie: femmes

Féminisme. Revue de presse de Sisyphe, août 2018

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Sisyphe, un regard féministe sur le monde – Site d’information et d’analyse créé en 2002 par Micheline Carrier, édité par Micheline Carrier et Élaine Audet.

Montréal, Québec

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Mise à jour quotidienne de liens vers des articles d’actualité et d’analyse sur les femmes, leurs droits, ce qui les intéresse. Ces articles proviennent de diverses sources médiatiques en ligne. Les faits rapportés et les opinions exprimées dans ces articles n’engagent que leurs auteur-es. On peut consulter les fils de presse des années et des mois précédents à gauche dans cette page.

Août 2018

. Radio-Canada – Pour la première fois les lesbiennes à l’honneur pour le défilé de la fierté
Pour la première fois, un groupe de femmes lesbiennes a ouvert le défilé de la fierté à Montréal, qui s’est déroulé dimanche au centre-ville. Ces femmes estiment que leur image souffre encore de stéréotypes et visent ainsi à réclamer davantage de visibilité. « L’année dernière, à la fin du festival, nous avions publié un communiqué de presse pour faire part de notre déception. On ne se sentait pas incluses dans la communauté », explique Julie Antoine, directrice générale du Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ). La présence de femmes ouvrant le cortège qui a sillonné le boulevard René-Lévesque entre les rues Metcalfe et Alexandre-DeSève, dimanche, est donc un symbole fort pour ces militantes, car la bataille de la parité se livre aussi dans la communauté gaie. Julie Antoine va même plus loin en accusant « la communauté gaie d’être patriarcale ».

. Newswire – Ontario – Financement fédéral : des fonds neufs pour améliorer la sécurité économique des femmes
PARO Centre pour l’entreprise des femmes se verra accorder un financement de 280 061 $ pour son projet intitulé Collaborating for Transformation : Advancing Women’s Economic Security (« Collaborer pour la transformation : améliorer la sécurité économique des femmes »). Dans le cadre de ce projet de 36 mois, l’organisme tentera de comprendre les obstacles à la croissance auxquels se heurtent les entreprises dirigées par des femmes dans le Nord de l’Ontario, et il pourra ainsi mieux saisir pourquoi nombre d’entre elles, après un bon démarrage, ne parviennent pas à se développer. Parmi les obstacles rencontrés, mentionnons l’accès inégal des femmes au capital de croissance, l’attitude des investisseurs et le manque d’occasions d’affaires existantes et potentielles, de réseaux d’affaires et d’autres « connecteurs » de petites entreprises pouvant jouer un rôle dans le succès ou l’échec de ces entreprises. Le projet étudiera également l’influence néfaste d’autres facteurs (sexisme, isolation en milieu rural, âgisme, etc.) sur la croissance des entreprises dirigées par des femmes.

. Le Devoir – Un nombre record de femmes remportent les primaires américaines
Un nombre record de femmes ont remporté les primaires des deux grands partis des États-Unis pour des postes de gouverneure, de sénatrice et de représentante, ouvrant la porte à de chaudes luttes aux élections de mi-mandat en novembre qui pourraient faire grimper le pourcentage d’élues et changer le débat public sur des enjeux comme la santé, l’immigration, le droit à l’avortement, l’éducation et le contrôle des armes. Certaines de ces candidates pourraient également jouer un rôle déterminant dans la capacité des démocrates à prendre les commandes de la Chambre des représentants. La plupart de ces aspirantes politiciennes sont des démocrates.

. Gatestone Institute – Le mariage des fillettes en Turquie
Où voudriez-vous que soit votre fille quand elle aura 13 ans ? À l’école ? Ou dans le lit d’un homme adulte ? La question ne se pose même pas dans une grande partie du monde. Mais dans les sociétés islamiques, y compris la Turquie non arabe et théoriquement laïque, la réponse est laissée à l’appréciation de chacun. Dans ces pays, le pouvoir politique ne combat pas la tradition patriarcale, il la soutient. En Turquie, 40% des filles de moins de 18 ans subissent un mariage forcé, selon le Fonds philanthropique turc. En janvier 2018, un organisme gouvernemental sous tutelle directe du président Recep Tayyip Erdoğan a suggéré que, en accord avec la loi islamique, les filles de 9 ans et les garçons de 12 ans soient autorisés à se marier.

. Alter Press – Haïti-genre : Les femmes dans les espaces de décision en Haïti, une absence voilée ?
L’obtention légale du quota de 30 % des femmes, dans la fonction publique haitienne, a été une petite victoire pour la lutte féministe en Haiti. Cependant, si elles sont représentées, les femmes peinent encore à s’intégrer et à participer remarquablement dans les prises de décision. « Le gouvernement en soi ne tient pas compte du principe de quota dans quoi que ce soit. Presque tous les postes de décision sont occupés par les hommes. Pour la désignation du nouveau premier ministre, tous les secteurs du pays ont été consultés, sauf le secteur des femmes. Pourtant nous représentons 52% de la population », déplore la directrice exécutive de Refuge des Femmes, Novia Augustin. Bien que les organisations féministes s’engagent à fond, dans la lutte pour l’intégration des femmes, dans les différents secteurs du pays, elles sont conscientes du fait que leur tâche est rude et que les résultats tant espérés relèvent d’une quête quotidienne et d’une lutte permanente.

. TRADFEM – Pourquoi ne considérons-nous pas la violence faite aux femmes et aux filles comme du terrorisme ?
Le mot terrorisme a pour origine les mots latins terror, qui signifie « peur, crainte, terreur », et terrēre, « effrayer, terrifier ». La violence subie par les femmes et les filles sous le patriarcat n’a pas seulement un impact sur les femmes agressées : elle sert à maintenir toutes les femmes et les filles sous l’emprise de la peur. La terreur systémique – la peur enseignée aux femmes par la violence masculine – fonctionne comme une méthode de socialisation, en rappelant aux femmes qu’elles sont vulnérables à la victimisation et aux agressions dès leur enfance et qu’elles doivent capituler ou être punies, trop souvent par la torture ou la mise à mort. Où que ce soit dans le monde, les femmes ont peur des hommes – que ces hommes soient des étrangers dans la rue ou dans les transports en commun, des pères ou des maris, ou d’autres figures d’autorité qui se servent de leur pouvoir pour nous exploiter. Tant que la violence des hommes est institutionnalisée, banalisée et intériorisée, les femmes ne seront pas en mesure d’y échapper ou d’en tenir les hommes responsables.

. France TV Info – Mort d’Aretha Franklin : l’histoire de « Respect », son plus grand succès
« Respect » est une chanson tellement mythique qu’elle est encore réenregistrée aujourd’hui. Alors que la légende de la soul, Aretha Franklin, est morte à l’âge de 76 ans, jeudi 16 août, France 3 vous raconte dans cette vidéo l’histoire de ce tube inoubliable. « Respect » est une mélodie créée par un roi de la soul et sublimée par une reine du rhythm and blues. En 1965, Otis Redding est déjà un sacré crooner. Trop souvent en tournée, il a l’impression que sa famille lui échappe et qu’il perd de son autorité de mari en rentrant chez lui. Face à ces deux machos, c’est une femme qui va s’emparer de la chanson pour en faire un hymne à la liberté. Lire aussi : « Comment Aretha Franklin a transformé « Respect » d’Otis Redding en un manifeste féministe et politique ».

. France Culture – L’effet Matilda, ou les découvertes oubliées des femmes scientifiques
Nombreuses sont les femmes qui se voient évincées des remises de prix, quand il ne s’agit pas carrément d’un prix Nobel. De la physicienne Lise Meitner à la biologiste Rosalind Franklin en passant par l’astronome Jocelyn Bell, beaucoup de ces scientifiques n’ont accédé à la reconnaissance qui leur était due que des années après leurs découvertes. La minimisation, quand il ne s’agit pas de déni, de la contribution des femmes scientifiques à la recherche n’est pas un phénomène nouveau : l’historienne des sciences Margaret Rossiter l’a théorisé sous le nom d’effet Matilda. “Effet Matilda” en hommage à la militante féministe Matilda Joslyn Gage qui, dès la fin du XIXème, avait remarqué qu’une minorité d’hommes avaient tendance à s’accaparer la pensée intellectuelle de femmes.

. Le Devoir – Éviter les « pièges » de l’éducation à la sexualité
Les cours d’éducation à la sexualité seront obligatoires pour un million de jeunes du primaire et du secondaire dès la rentrée scolaire, dans deux semaines. Un programme similaire, mis en place au Royaume-Uni, peut aider les écoles québécoises à éviter les pièges associés à ce sujet chaud, qui provoque de la résistance chez les enseignants. Les profs anglais ont été formés pour enseigner le programme élaboré, mais ils ont quand même eu besoin de la présence en classe d’une travailleuse sociale, d’une infirmière ou d’une intervenante en santé sexuelle (le titre de sexologue n’existe pas dans cette région) pour bien livrer la matière.

. L’Actualité – Les humains et ceux qui les élisent
C’est trop facile de réduire tous les politiciens à la caricature du profiteur malhonnête qui est là pour son propre intérêt. Les quatre principaux partis présentent des candidats dans chacune des 125 circonscriptions : 500 pourris, ça ferait beaucoup de pourris. Il doit bien y en avoir des bons dans le tas. Mercredi, François Ouimet pleurait d’être trahi par les humains de son équipe. Au-delà des lignes partisanes, on peut tous comprendre ça. Souvenons-nous de cette sensation, stockons-la quelque part et revisitons-la tout au long de la campagne, histoire de nous rappeler que la personne qu’on est en train d’haïr et d’insulter, c’est aussi un être humain qui a probablement fait de son mieux. Les politiciens eux-mêmes ont intérêt à ne pas l’oublier.

. FranceTV Info – « Virago », la chaîne YouTube qui parle de ces femmes occultées par l’histoire
Si elle ne sait pas s’il s’agit d’une « invisibilisation volontaire ou d’un conditionnement systémique », Aude Gogny-Goubert a décidé de ne plus laisser ces femmes et leur histoire dans un recoin sombre. Une initiative importante selon elle. « On ouvre la voie à toutes les jeunes femmes et à toutes les jeunes filles, pour faire ce qu’elles veulent et leur dire : Tout est possible. » Aude Gogny-Goubert a décidé de baptiser ses vidéos « Virago », un choix qui ne doit rien au hasard. En effet, aujourd’hui, le mot a une connotation « extrêmement péjorative » puisqu’il désigne une femme à l’allure masculine, qui se comporterait comme un homme, parlerait fort : un « bonhomme » en somme. Mais la comédienne a voulu lui rendre son sens premier car étymologiquement, une virago désigne une femme « forte, courageuse, héroïne, guerrière ». « C’est cette définition que j’ai envie de rétablir. »

. Science Post – Les États-Unis, l’un des endroits “les plus dangereux” du monde développé pour accoucher
Chaque année, environ 50 000 femmes américaines sont gravement blessées et 700 meurent pendant l’accouchement, révèle une enquête récente signée USA Today. Cela fait des États-Unis l’un des endroits « les plus dangereux » du monde développé pour donner naissance, peut-on lire. On retrouve en effet outre-Atlantique l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés parmi les pays développés, avec un taux de 26 décès pour 100 000 naissances de bébés vivants. Les États-Unis sont par ailleurs l’un des cinq pays (avec l’Argentine, le Brunei, le Chili et l’Uruguay) à revenu élevé à avoir un taux supérieur à 15 décès pour 100 000 naissances. Tandis que de nombreux autres pays développés – dont l’Allemagne, la France, le Japon et l’Angleterre – ont vu leurs taux de mortalité maternelle chuter au cours des deux dernières décennies, les États-Unis, de leur côté, ont observé une augmentation de ce même chiffre pendant cette période.

. La Gazette des femmes – Harcèlement dans les transports en commun : un fléau banalisé
Combien de femmes sont victimes d’agressions dans les transports en commun au Québec ? Quels sont les types d’agressions les plus courants ? Les zones à risque ? On l’ignore. Après avoir contacté six sociétés de transport, la Gazette des femmes remarque que peu d’entre elles – à l’exception du Réseau de transport métropolitain (voir l’encadré) – semblent prendre la question au sérieux. Par exemple, le Réseau de transport de la Capitale et la Société de transport de Montréal (STM) envoient systématiquement les plaintes des victimes d’agressions ou de harcèlement au service de police, sans documenter les faits rapportés ni recenser les endroits où ils auraient eu lieu. Résultat : peu de femmes dénoncent le harcèlement ou les agressions subies dans les autobus, métros, trains de banlieue ou le transport adapté. En conséquence, nombre d’agressions n’atterrissent jamais dans les statistiques, ce qui complique la mesure du phénomène ainsi que sa prévention.

. Gouvernement du Nouveau-Brunswick – Dès le 1er septembre, congés payés pour les personnes soumises à la violence familiale
La réglementation accordant un congé aux personnes soumises à la violence familiale, à la violence entre partenaires intimes ou à la violence sexuelle entrera en vigueur le 1er septembre. La nouvelle réglementation établie en vertu de la Loi sur les normes d’emploi accorde un congé d’une durée maximale de 10 jours qui peuvent être utilisés de façon intermittente ou continue, et un congé d’une durée maximale de 16 semaines qui peut être utilisé au cours d’une seule période continue, dont les cinq premiers jours sont payés. Les cinq autres provinces qui offrent un congé aux personnes qui vivent de la violence familiale sont le Manitoba, l’Ontario, la Saskatchewan, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse.

. FranceTV Info – États-Unis : une enquête accuse 300 prêtres de pédophilie, plus de 1 000 enfants seraient victimes
Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée mardi 14 août a mis au jour des abus sexuels perpétrés par plus de 300 prêtres et couverts par l’église catholique de l’État, dont auraient été victimes au moins mille enfants. Le rapport évoque des agressions sexuelles sur des enfants de moins de dix ans. Le rapport final indique que « quasiment tous les cas » allégués sont aujourd’hui frappés par la prescription et ne peuvent être poursuivis pénalement. Ce n’est pas la première fois qu’un jury populaire publie un rapport dévoilant des cas de pédophilie au sein de l’église catholique américaine, mais jamais une enquête n’avait révélé autant de cas.

. Cosmopolitan – Le droit à l’avortement dans le monde
Si l’avortement est légal en France depuis 1975, ce n’est pas toujours le cas dans le reste de l’Europe. Dans la plupart des pays européens, l’IVG est autorisé sur demande de la femme : Allemagne, Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Belgique, Pays-Bas, la Russie… Récemment, l’Irlande a promulgué la loi pour l’autorisation pleine de l’avortement. Dans d’autres pays d’Europe comme le Royaume-Uni, l’avortement est légal mais les conditions d’accès peuvent être plus complexes qu’en France. Nombre de semaines, autorisation parentale pour les mineurs, accord de plusieurs médecins… L’avortement est autorisé sans contrainte au Canada, dans la plupart des états américains, en Chine, en Australie, en Afrique du Sud… Au total, une soixantaine de pays dans le monde autorisent l’IVG sans restriction. Malheureusement, des pays comme la Pologne reviennent sur un droit acquis depuis plusieurs décennies et interdisent l’IVG. Voir les quels pays où l’avortement est illégal.

. Le Devoir – La parité prend forme à Québec
Selon une nouvelle mise à jour du projet Vigie parité, que Le Devoir mène depuis le 8 mars, il y a présentement 46% de candidates parmi les 377 personnes qui ont été officiellement investies par l’un des quatre partis. En nombre absolu, cela donne 174 femmes actuellement sur les rangs. Si la tendance actuelle se maintient — et les quatre partis impliqués le laissent entendre —, il y aura donc près d’un tiers de candidates de plus que dans le passé. La Vigie parité montre que chaque parti a été constant dans ses efforts. François Legault est celui qui a la plus grande marge de manoeuvre pour atteindre des objectifs précis en matière de candidatures : c’est lui seul qui choisit les candidats de la CAQ. Mais il faut qu’elles soient élues. Depuis l’élection d’une première femme à l’Assemblée nationale en 1961 (Marie-Claire Kirkland-Casgrain), il n’y a jamais eu plus de 32% d’élues à Québec. C’était en 2012. Elles sont présentement 29% à siéger au Parlement.

. Mashable – Une artiste rend hommage aux femmes scientifiques dans une magnifique série de posters
Les femmes sont souvent les grandes oubliées de l’Histoire. Si certaines artistes et auteures leur rendent hommage dans des ouvrages – comme « Les Culottées » de Pénélope Bagieu –, celles qui ont marqué les époques sont souvent bien moins mises en lumière que leurs équivalents masculins. La neuroscientifique et designer Amanda Phingbodhipakkiya a décidé de faire honneur aux femmes scientifiques à travers de très belles affiches. Le projet, baptisé « Beyond Curie » (« au-delà de Curie », en français), est une série de 40 portraits colorés réalisés à partir de collages, pour (ré)apprendre à connaître les scientifiques, mathématiciennes et autres astronautes de notre Histoire.

. La Presse – Les femmes et les aînés désavantagés en cardiologie, selon une étude
Les femmes et les personnes âgées sont mal desservies par les médicaments cardiovasculaires, selon une nouvelle étude montréalaise. Les essais cliniques comptent trop d’hommes jeunes pour être représentatifs de tous les patients. Le Dr Nguyen a rassemblé 500 études importantes. Leurs cobayes avaient en moyenne cinq ans de moins que le patient moyen, et seulement 25% étaient des femmes, qui constituent pourtant la moitié des patients cardiovasculaires. « Il y a cette idée que la maladie cardiovasculaire est masculine, mais dans les faits, ce n’est pas le cas, ne serait-ce que parce que les femmes vivent plus longtemps que les hommes. La situation progresse, mais lentement. L’âge moyen des participants aux études cliniques progresse de cinq ans par décennie, et la proportion de femmes, de 2,9% par décennie. »

. Le Monde – En Tunisie, le chef de l’État lance la bataille pour l’égalité dans l’héritage
La Tunisie doit entrer dans l’âge de l’égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage. Lors d’un discours solennel prononcé à l’occasion de la Journée de la femme en Tunisie, le président a plaidé pour cette réforme qu’avaient jusque-là défendue en vain les féministes tunisiennes. Et appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP, le Parlement tunisien) à se saisir sans tarder d’un projet de loi inscrivant cette égalité dans les faits. Selon le droit successoral actuel, inspiré des préceptes coraniques, la femme n’hérite que de la moitié de la part de l’homme à même degré de parenté. La Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), mise en place fin 2017 par le chef de l’État, avait préconisé dans un rapport rendu mi-juin d’établir l’égalité de principe entre hommes et femmes dans le domaine très sensible des patrimoines familiaux. Mais le testateur, en cas de désaccord avec cette nouvelle règle, peut retourner à l’inégalité à travers une déclaration faite de son vivant devant un notaire.

. Madame – Quinze ans après sa mort, des féministes rendent hommage à Marie Trintignant à Paris
Le 1er août 2003, l’actrice Marie Trintignant décédait à l’âge de 41 ans des suites des coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat. Ce dimanche après-midi, à l’occasion du 15e anniversaire de sa mort, le collectif Encore féministes ! lui a rendu hommage au cimetière parisien du Père-Lachaise – un rassemblement organisé chaque année depuis 2010. Une dizaine de militantes étaient ainsi présentes pour déposer des fleurs sur la tombe de l’actrice, devenue malgré elle le symbole des violences conjugales. Parmi elles, Claudine, membre de l’association Encore féministes ! et militante de longue date. « Rappelons que la violence masculine conjugale est la première cause de mort et d’invalidité des femmes de 15 à 44 ans. Dans tous les pays et tous les milieux sociaux, les brutalités du mari, compagnon ou ex sont le type de violences le plus répandu contre les femmes », a-t-elle expliqué.

. Radio-Canada et Associated Press – Le mouvement #MoiAussi gagne le Vatican
Selon une enquête de l’Associated Press, le Vatican est au courant depuis très longtemps que des religieuses sont agressées sexuellement par des prêtres et des évêques et ne fait rien pour régler le problème. Plusieurs cas en Europe, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie démontrent que la situation est généralisée, notamment en raison du statut inférieur des sœurs religieuses et leur obligation d’être au service de leurs supérieurs masculins. Or, certaines d’entre elles ont décidé de briser le silence, notamment grâce au mouvement #MoiAussi. En une semaine, près d’une demi-douzaine de sœurs dans une petite congrégation au Chili ont raconté sur les ondes de la télévision nationale avoir été agressées par des prêtres et d’autres religieuses. Elles ont également raconté comment rien n’avait été fait par leurs supérieurs. Le Vatican a refusé de préciser si des mesures avaient été prises pour dresser un portrait précis de la situation, pour sanctionner les personnes accusées de tels comportements ou pour venir en aide aux victimes. Lire aussi sur Sisyphe : « Des prêtres violent des religieuses ».

. Le Nouvel Observateur – « Nous Toutes » : « Pour que Metoo se transforme en actions concrètes »
Le planning familial, le Groupe F, Osez le féminisme !, le Mouvement du Nid, la Maison des femmes de Montreuil… Ces associations féministes et bien d’autres étaient réunies le 3 juillet dernier à la Bourse du travail, à Paris, pour bâtir les fondements du mouvement « Nous toutes ». Étaient également présentes des militantes féministes de longue date, des représentantes de la société civile, mais encore des personnes intéressées par la question des violences faites aux femmes. En tout, une petite foule dont le projet est de croître pour former, le 24 novembre prochain, une « déferlante féministe contre les violences sexistes et sexuelles », dans la rue. Le mouvement est parti de ce constat : depuis le mouvement #MeToo, ou #BalanceTonPorc dans sa version française, il n’y a pas eu de mobilisation collective sur le terrain, comme ça a été le cas dans d’autres pays, en Espagne, en Argentine ou encore au Chili.

. Slate France – Masculinité toxique : éduque-t-on nos fils à mourir par suicide ?
Selon les dernières données sur le suicide fournies par les Centers for Disease Control and Prevention américains (CDC), 77% des 45.000 personnes qui se tuent chaque année aux États-Unis sont des hommes. De même, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les hommes meurent davantage par suicide que les femmes partout dans le monde. Si nous voulons tenter de réduire le taux de suicide, il faut savoir pourquoi il touche majoritairement des hommes. De nouvelles recherches montrent que les injonctions à être un « vrai homme » portent préjudice à la santé mentale. Dans une enquête auprès de 1.500 jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans, on a découvert que près d’un sondé sur cinq avait pensé au suicide au cours des deux semaines précédentes. Les plus sujets à ce genre de pensée sont ceux pour qui être un homme signifie montrer que l’on est fort, ne pas parler de ses problèmes et refouler ses émotions : ceux-là sont deux fois plus susceptibles d’avoir envisagé de mettre fin à leurs jours.

<<<— Consultez les fils de presse précédents.

Mis en ligne sur Sisyphe, août 2018

Trop de féminismes se détournent de leur objectif au profit du maternage de l’Autre

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https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/?wref=tp
(Je n’ai pas trouvé le nom de l’auteur de ce dessin)

Féministe historique, je déplore les orientations « intersectionnelles » de la plupart des tendances féministes contemporaines. En effet, et pour caricaturer, le violeur musulman est plus respecté et protégé que la femme occidentale victime de ce crime.

Malgré des avancées considérables de la condition des femmes depuis les années 60, nous assistons aujourd’hui à un retour du maternage qui consiste à protéger le plus faible politiquement (en fonction d’une idéologie crypto marxiste et tiers-mondiste) au détriment de la femme blanche qui serait par essence bourgeoise, capitaliste et raciste. Cette femme blanche ne pourrait trouver la rédemption qu’en maternant indifféremment femmes et hommes théoriquement plus pauvres à cause du capitalisme des blancs. Quand il s’agit d’exploitation capitaliste, le blanc et les blanches sont génétiquement coupables.

Au nom de cette consternante et stupide qualification de la femme occidentale, sa voix est déformée, ridiculisée et diabolisée. C’est ce que nous observons dans les réactions hostiles au mouvement #balancetonporc -#metoo venant de gens qui sur d’autres sujets se montrent plus doctes. Le magazine « Causeur » étant le parangon du néo-machisme.

Depuis le XIXème siècle qui donna naissance au féminisme tel que nous le concevons aujourd’hui, le mouvement a été presque toujours lié au socilisme et à la lutte des classes. Tout en reconnaissant la contribution historique du socialisme et du communisme à l’émancipation des femmes, il serait nécessaire d’ouvrir les yeux et le coeur sur les changements politiques et sociétaux qui nécessitent une autre lecture de la condition des femmes aujourd’hui, ne serait-ce que parce qu’en France et en ce moment une femme est violée toutes les 7 minutes et que globalement, les femmes sont sous-payées et trop peu nombreuses dans les postes de responsabilité malgré leurs compétences.

Je vous invite à lire cette tribune de  Fatiha Boudjahlat, enseignante et essayiste, cofondatrice du mouvement Vivre la République, que je trouve pleine d’intelligence et de bon sens.

La Connectrice

http://www.leparisien.fr/societe/fatiha-boudjahlat-contre-le-racisme-des-bons-sentiments-qui-livrent-les-femmes-au-patriarcat-oriental-18-08-2018-7856688.php

Dans une tribune au Parisien-Aujourd’hui en France, Fatiha Boudjahlat, enseignante et essayiste, critique le concept d’intersectionnalité qui, selon elle, « a dévoré le féminisme et l’a détourné de ses objectifs ».

Fatiha Boudjahlat, enseignante et essayiste, cofondatrice du mouvement Vivre la République.

« Du 27 au 31 août se tiendra le huitième congrès international des recherches féministes dans la francophonie, à Paris-Nanterre. Un événement majeur, réunissant artistes, chercheuses, militantes du monde entier, avec des financements publics français et européens considérables. Un des thèmes sera : Dés-effacer les féministes racisées. Pourtant, maghrébine donc racisée, féministe, j’ai été effacée de ce colloque.

Racisé est le terme qui permet de réhabiliter la distinction raciale dans les recherches en sciences sociales. La race obsède les nouveaux sociologues et les militantes, y compris celles qui se réclament du féminisme. Les 14 et 15 juin derniers, un colloque avait déjà pour thème Approches phénoménologiques du genre et de la race. Avec toujours un seul courant de pensée représenté et homologué : celui des indigénistes.

Ceux-là mêmes qui ont vu dans la victoire de l’équipe de France de foot celle de l’Afrique, refusant de considérer les joueurs comme des Français, et qui prétendent que les petits-enfants d’immigrés sont traités comme des sous-citoyens par un État structurellement raciste. Nous étions deux féministes dites universalistes, invitées dans ces réunions, Christine Le Doaré et moi. Nous allions défendre une autre vision, tout aussi légitime. Nous n’étions que deux, mais c’était déjà deux de trop.

Il nous a été expliqué d’abord que notre présence, actée officiellement dans le programme dès mai, était un malentendu. Puis que nous n’étions pas en capacité de lancer et d’entretenir un débat dans des conditions sereines. Nous avons enfin pu lire que c’est la menace d’actions violentes de la part de militantes indigénistes qui avait contraint les organisatrices à nous déprogrammer.

Notre discours pose problème et nos opposants fuient le débat. Nous critiquons l’intersectionnalité -concept utile quand il est étudié par des spécialistes-, qui a dévoré le féminisme et l’a détourné de ses objectifs : l’émancipation individuelle et collective des femmes. De toutes les femmes. Nous combattons le culturalisme, qui consiste à défendre des droits différents en fonction de la couleur et de la culture des femmes, en fait leur ethnie et leur religion.

L’intersectionnalité, qui prétend faire reconnaître le cumul de discriminations (femme et noire par exemple), fonctionne comme une intersection routière : il y a toujours une priorité et un cédez le passage. Avec l’intersectionnalité, ce sont toujours les femmes qui cèdent le passage aux intérêts du groupe ethnique et religieux auquel on les assigne. Houria Bouteldja, digne représentante de ce courant de pensée, explique qu’une femme noire violée par un Noir ne devrait pas porter plainte contre cet homme pour ne pas nuire à sa communauté, des féministes s’opposent à la pénalisation duharcèlement de rue parce qu’elle aurait visé les hommes d’une certaine origine ethnique !

Je considère que ma couleur de peau, mes origines, mes croyances ne me rendent pas différente de mes compatriotes blanches. Que ces nouvelles féministes me contestent le droit à la parole parce que je ne reste pas à la place qu’elles me destinent, voilà le racisme. Celui des bons sentiments qui livrent les femmes au patriarcat oriental. Voilement, excision, mariages précoces et/ou forcés, triptyque imposé aux femmes de la virginité, de la pudeur et de l’humilité.

Que l’État et ses institutions financent sans mesure ces colloques qui ne prêchent que la haine de la République, réhabilitent le racisme, nient tous les progrès qui font de nous une communauté nationale, accrochent les femmes non blanches à de nouvelles laisses, est une faute et un scandale. Si vous refusez aux femmes qui ne sont pas blanches ce que vous exigez pour vous, ce n’est pas de la tolérance, c’est du racisme, celui qui protège vos privilèges de classe. »

Pour en savoir plus

  • Manifeste de Vivre la République

Je ne suis pas entièrement d’accord avec ce manifeste, notamment parce que j’estime que le FN n’est plus aujourd’hui notre ennemi principal, ce dernier étant plutôt l’islamisation et les faveurs dont elle bénéficie du fait de nos gouvernants et de leur politique méprisante pour le peuple qui en subit les conséquences. LC

 

MANIFESTE

A TOUS LES CITOYENS,

L’égalité femme / homme, la dignité humaine, la liberté d’expression, le droit à disposer de son corps, tout ce qui fait de la France la République qui nous rassemble et nous grandit est menacé. La laïcité l’est également, or elle est un préalable à l’exercice des libertés et à l’exigence d’égalité.

La laïcité est menacée, or elle est un préalable à l’exercice des libertés et à l’exigence d’égalité

L’humanité commune que nous avons reçue en partage est de plus en plus niée au profit de l’affirmation de particularismes qui nous rendent irréductibles et antagonistes : c’est ainsi que l’on dévalue la citoyenneté pour promouvoir l’assujettissement à des appartenances ethniques ou confessionnelles. Cela commence souvent, très concrètement, par des revendications présentées comme traditionnelles et religieuses, qui réclament que la fonction et la place des individus dans la société soient déterminées par le sexe auquel on appartient. Ainsi transforme-t-on en domination la quête d’universalité de notre République.

ETRE FIERS DE CE QUE NOUS SOMMES

Or, la France n’a pas à s’excuser d’être ce qu’elle est. Ses idéaux et son universalisme ne sont pas utopiques, ils sont un souffle et un espoir, une ambition et un chemin. La France est une histoire à partager dans ses heures éclatantes, comme dans ses périodes sombres. Elle nous lègue un héritage intellectuel pour penser un monde plus juste et bâtir un avenir, et un capital créatif pour forger les lois et tisser les liens qui font de nous des compatriotes. Elle est notre pays à tous, une aspiration et une inspiration en permanente construction. Soyons fiers de ce patrimoine, de ce que nous sommes, de ce que nous défendons. Pour nous, l’adhésion à certains principes universels forge des êtres humains libres et des citoyens engagés.

Aujourd’hui, les islamistes ont fait la démonstration de leur force, que ce soit par l’intimidation dans les quartiers, le noyautage de nos institutions, mais aussi par la terreur, la violence et le crime. À la peur du terrorisme se mêle l’inquiétude de voir cette idéologie mortifère gagner du terrain dans les territoires oubliés de la République, et de constater que leurs représentants imposent leur mode de vie. L’aboutissement est la partition, le confinement dans l’entre-soi ethnique et religieux. Ici comme dans le reste du monde, ce totalitarisme religieux fait des ravages et sème le sang, la haine et la guerre. A nos portes, le basculement de la Turquie vers une dictature violente sous l’égide d’un islamisme que l’on qualifiait naguère de modéré devrait nous alerter.

Ici comme dans le reste du monde, ce totalitarisme religieux fait des ravages et sème le sang, la haine et la guerre.

Pourtant, après les attentats qui ont endeuillé notre nation, ce n’est pas la peur qui nous a réunis. Ce n’est pas la peur qui nous a fait observer une minute de silence. Ce n’est pas la peur qui nous a fait défiler le 11 Janvier. C’est le sentiment d’appartenance à notre pays qui nous a rassemblés. Nous étions Nation. La Nation française. Malgré ces attentats, cette nation a su se montrer digne en se tenant debout sans sombrer dans des représailles aveugles, au risque de décevoir les promoteurs du chaos.

LUTTER CONTRE LE DENI ET LA CENSURE

Hélas, tandis que les citoyens attendent une parole forte et des actions, de trop nombreux responsables politiques cultivent le déni et le clientélisme en composant avec des communautés organisées en lobbies. En cédant peu à peu du terrain à leurs représentants, c’est notre socle commun de valeurs qu’ils bradent. Ils « ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. »

Les citoyens attendent une parole forte et des actions, mais de trop nombreux responsables politiques cultivent le déni et le clientélisme

Quant à ceux qui osent manifester leur réprobation, ils sont aussitôt taxés de racisme ou de suppôts du Front national, ce chiffon rouge que des politiques sans vision et certains médias sans discernement ne cessent d’agiter. Il y a certes un combat à mener contre l’extrême-droite qui partage la vision de l’islam politique d’un monde vitrifié, immuable. Le leur est blanc, catholique mais tout aussi rigide et réducteur en terme d’identité. Ils ne commettent pas d’attentats sur notre sol et cela fait une différence fondamentale, mais ils sont de plus en plus proche de l’exercice du pouvoir, la médiocrité des partis de gouvernement crédibilisant leur capacité et le déni de nos représentants donnant l’illusion que le FN, seul, dit le réel et en tire des conséquences. Nous affrontons deux dangers aussi mortifères l’un que l’autre pour ce que nous sommes : le danger islamiste, dont le soutien d’une extrême gauche influente médiatiquement favorise l’emprise, relaie la propagande et cautionne le discours obscurantiste et celui de l’extrême-droite, cette dernière étant aujourd’hui aux portes du pouvoir.

Nous affrontons deux dangers aussi mortifères l’un que l’autre : le danger islamiste, et celui de l’extrême-droite.

Face à la démission de ceux qui sont censés nous protéger, prenons nos responsabilités. Retrouvons le sens de la République, nous relèverons la France. Une France claire dans ce qu’elle est, accueillante avec tous ceux qui partagent ses idéaux et participent à la construction du monde commun. Mais une République exigeante, tout aussi claire vis-à-vis de ceux qui veulent abattre ce commun, qu’ils parlent au nom d’une certaine idée de la religion, d’une appartenance ethnique ou de toute autre identité essentialiste et excluante.

Les effets du renoncement à cet idéal républicain, nous les connaissons. La diffusion dans certaines mosquées ou de nombreuses librairies et sur les réseaux sociaux de l’idéologie sectaire et totalitaire de l’islam politique, relayée par de multiples pressions sur les lieux de vie et de travail, instille peu à peu l’idée de l’inégalité entre femmes et hommes. Dans certains quartiers, la mode pudique, en fait pudibonde, devient la condition de la sécurité des femmes. La contagion de ces pratiques est le pendant des actes et des menaces terroristes répétées qui s’abattent sur notre pays. Aux uns, les attentats sanglants contre nos vies et nos libertés; aux autres, les empiétements croissants sur notre mode de vie et les exigences adressées aux élus, hélas souvent aveugles ou consentants, pour obtenir concessions et privilèges. Les Français de confession juive, entre autres, en sont souvent les victimes. Dans certains territoires de la région parisienne, l’école de la République n’accueille plus d’enfants juifs faute d’avoir réussi à les protéger et l’antisémitisme se vit au quotidien.

L’IDÉAL RÉPUBLICAIN POUR GARDER LA FRANCE EN COMMUN

La République est partout, sinon elle n’est nulle part. Elle est à la fois ouverte à tous et exigeante envers chacun. Les valeurs républicaines ne sont ni de gauche, ni de droite, elles les transcendent pour mieux se détacher des particularismes religieux, ethniques ou partisans. C’est la République qui nous permet d’avoir la France en commun. Nos libertés sont menacées ; notre patrie est attaquée. Elle a déjà été frappée, en raison de ce qu’elle représente dans le monde. C’est à chacun de nous d’agir pour la protéger, nous en montrer dignes et la faire vivre, pour transmettre cet héritage de liberté, d’égalité et de fraternité à nos enfants. C’est à nous de faire exister et respecter ces valeurs dans le réel et de veiller à ce que ceux qui nous représentent ou aspirent à le faire assument leur mission de légitimation des principes et idéaux qui fondent notre société.

REDONNER SENS A LA POLITIQUE PAR LE VERBE ET L’ACTION

Nous allons nous associer aux initiatives comme celles qui visent à redonner aux femmes toute leur place dans l’espace public, nous nous mobiliserons avec d’autres lanceurs d’alerte, car les procès et attaques contre eux se multiplient. Nous interpellerons les élus clientélistes et informerons leurs électeurs de leurs pratiques. Nous pointerons toutes les atteintes à la laïcité et à l’égalité femmes – hommes commises dans les entreprises et administrations, et demanderons que des sanctions fortes et réelles soient appliquées. Nous lutterons contre les manipulations du FN qui tend à s’approprier les principes républicains. Nous travaillerons pour redonner sens à nos idéaux, réarmer le discours républicain, ranimer l’amour pour ce que l’on est capable d’être collectivement, et nous donner envie de le réinvestir.

Prenons nos responsabilités, retrouvons le sens de la République, nous relèverons la France. Une France accueillante avec ceux qui partagent ses idéaux, Mais une République exigeante, etclaire vis-à-vis de ceux qui veulent l’abattre .

Nous ne sommes pas nostalgiques, nous ne rêvons pas au retour d’un âge d’or mythifié. L’idéal républicain, l’aspiration démocratique, la dignité humaine et l’émancipation individuelle sont des combats, pas des sinécures.

Nos idéaux ne sont pas dominants, ils sont universels. Notre citoyenneté n’est pas soumission, elle est création.

Nous ne défendons pas seulement un héritage, nous construisons un avenir. La liberté, la fraternité et l’égalité sont nos buts, et la laïcité, notre levier.

Nous vous invitons à nous rejoindre sur ce chemin, à créer vos propres associations sur vos territoires pour que l’idéal laïque et républicain ne soit pas bafoué. Le nombre est une force, la proximité, un espace d’engagement, la citoyenneté, une légitimité d’action et un pouvoir de changement. Nous sommes la souveraineté, ne la déléguons pas à n’importe qui. Organisons-nous pour que la délégation ne soit pas une confiscation. la représentation ne doit pas être une dépossession et l’élection ne doit récompenser la trahison de l’intérêt général. Individu, association de défense de quartiers, collectif engagé, regroupons-nous pour agir ensemble car ce sont ces liens-là qui font Viv(r)e la République.

Excellent travail de réflexion féministe.  J’apprécie. LC

Féminisme, Droits Humains, laïcité…

Juriste dans ma vie professionnelle.

Co-fondatrice du réseau féministe et laïque Les VigilantEs : https://vigilantes2015.wordpress.com/

J’ai participé à des associations et collectifs féministes, MDF de Paris, Paris Féministes…

J’ai présidé SOS homophobie de 1997 à 2002, le Centre LGBT Paris IdF de 2004 à juin 2012, ai été membre du Bureau Exécutif de l’ILGA-Europe(International lesbian and gay association) de 2006 à 2010.
Sur Facebook : Christine Le Doaré  –  Sur Tweeter : @ChLeDoare

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https://christineld75.wordpress.com/2016/10/07/combien-y-a-t-il-de-feminismes/?wref=tp

Faut-il abolir la fête des Rosières ?

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Une polémique fait actuellement rage chez les zidioridiculi  au sujet de la fête des Rosières, une tradition qui remonte au Vème siècle faisant l’orgueil de nombreuses communes françaises pour les réjouissances et l’affluence dont elle est l’occasion. Une pétition circule pour demander son abrogation.

Le couronnement de la rosière d’Enghien le 25 juin18761.

Une rosière est une jeune fille qu’on récompense pour sa réputation vertueuse.

Instituée, selon la légende, par saint Médard à la fin du ve siècle, la fête de la Rosière est née à Salency (Oise).

Elle consiste, à l’origine, en la remise d’une couronne de roses (d’où le nom) à la jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie ont marqué le village.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosi%C3%A8re

La jeune fille sacrée Rosière devrait être la plus recommandable du village, c’est à dire chaste, pure et vierge. La plupart des opposants n’étant pas sur place, tout comme moi, ils ont élaboré leur indignation sur des principes et des théories que seuls les participants et participantes locaux peuvent infirmer ou confirmer.

Je ne m’étendrai donc pas sur les motivations  de cette célébration et ce qui est retenue d’une tradition aussi ancienne. On remarque toutefois que la pétition en cours ne s’adresse qu’au maire de Salency alors que la fête de la Rosière est célébrée dans des dizaines de communes françaises, ce qui en fait un cas national digne d’une intervention de l’Etat, si on est logique.

Mon opinion porte sur le contenu des traditions en général. En effet, les traditions anciennes reposent pour la plupart sur des convictions et des croyances qui ne sont plus d’actualité ou qui ont été détournées de leur signification originelle. Croyant ou athée nous sommes heureux de célébrer la Saint-Jean et ses feux, Noël ou la Saint-Nicolas, Pâques et la Chandeleur. Les mariées portent des robes blanches symbole de la virginité et de la monarchie, ce n’est pas pour autant qu’elles sont vierges ou princesses. Pour le 14 juillet les pétards et les feux d’artifice sont un simulacre de guerre et une marque d’appétit pour l’odeur de poudre.

Je suis féministe et je ne censure pas tout ce que notre culture peut avoir de misogyne et gynéphobe car il n’en resterait pas grand chose. Les traditions et les légendes ne nécessitent pas d’être prises à la lettre lorsqu’on comprend le contexte de leur naissance et de leur raison d’être. Elles appartiennent à l’Histoire de France.

Alors en CP j’ai effectué l’année scolaire à Pessac près de Bordeaux. La maîtresse nous apprenait de jolies chansons dont « le petit chemin de fer » qui m’avait marqué avec la Rosière et les vaches mélancoliques …

LC

 

Le petit chemin de fer

– 1 –
Au beau pays de Cocagne
On vient d’construire un ch’min d’fer
Qui traverse la campagne
Entre deux rangs d’arbres verts
Sur les fils télégraphiques
Se sont perchés les oiseaux
Et les vaches mélancoliques
Bouchent les passages à niveau
Pour guetter dans le lointain
Le panache du premier train.
Refrain 1
Tchou tchou tchou…
Voilà qu’il arrive
Avec sa locomotive
Tchou tchou tchou…
On l’entend fort bien
Le voilà qui vient.
– Non! c’est pas lui!– 2 –
La gare est toute flambante
De drapeaux et de lampions
Une foule impatiente
Attend l’inauguration
C’est pourquoi monsieur le Maire
La fanfare et les pompiers
Accompagnés d’la Rosière
Depuis c’matin sont sur pied
Comme il est midi moins l’quart
Ça n’fait jamais qu’trois heures de r’tard.Refrain 2
Tchou tchou tchou…
Voilà qu’il arrive
Avec sa locomotive
Tchou tchou tchou…
On l’entend fort bien
Le voilà qui vient.
– Mais Non! c’est une mouche !
– 3 –
Le chef de gare comme soeur Anne
En ne voyant rien venir
Dans le téléphone en panne
Appelle à n’en plus finir
Tandis qu’un bel homme d’équipe
En uniforme coquet
Murmure en fumant la pipe
Tranquillement au bout du quai:
Si le train n’est pas ici
C’est peut-être ben qu’il n’est pas parti.
Refrain 3
Tchou tchou tchou…
Voilà qu’il arrive
Avec sa locomotive
Tchou tchou tchou…
On l’entend fort bien
Le voilà qui vient.
– Mais Non! c’est pas l’train, c’est l’café qui bout!– 4 –
Les jours et les nuits passèrent
Mais c’qui n’passa pas, c’est l’train
Car on n’a, chose singulière,
Pas trouvé d’mécanicien
Les gens du pays d’Cocagne
Sont tellement bien chez eux
Qu’ils se font une montagne
D’un voyage aventureux
Pourquoi donc prendre le train
Quand on a l’bonheur sous la main!Refrain 4
Tchou tchou tchou…
Tant pis s’il arrive
Avec sa locomotive
Tchou tchou tchou…
Nous prendrons plaisir
À le voir partir.
– Salut!

Paroles et musique: P-R Groffe et Zimmermannhttp://gauterdo.com/ref/pp/petit.chemin.de.fer.html

La pétition des zidioridiculi

 

En France, en 2019, certains prétendent encore évaluer la pureté et la virginité des filles – avec l’argent public !

Le 02 juin 2019 devrait se tenir à Salency une « Fête de la Rosière », à l’initiative de Bertrand Tribout, fervent catholique, président de la Confrérie de Saint-Médard. Cette initiative doit recevoir le soutien logistique et financier du maire, Hervé Deplanque (SE).
Qu’est-ce donc qu’une fête de la Rosière ? Une fête, instituée selon la légende, par Saint Médard au Ve siècle, qui consiste à la remise d’une couronne de roses (et souvent d’une dot, pour les jeunes filles pauvres) à une jeune fille vertueuse. Mais, et c’est là que cette fête doit nous indigner, comment ces gens prétendent-ils défendre la vertu ? Un des critères retenus est la virginité.Comment compte-t-on évaluer la virginité d’une fille, en France, en 2019, alors qu’on sait bien que les pseudo-examens scientifiques n’ont aucune valeur ? Bertrand Tribout répond simplement qu’il faut s’en remettre, comme à l’époque « à la rumeur publique » (http://www.leparisien.fr/salency-60400/a-salency-la-purete-des-filles-sera-bien-celebree-en-2019-08-08-2018-7847031.php L’organisateur de cette « fête » sous prétexte de célébrer des jeunes filles, entend donc mener une enquête et interroger habitants et habitantes sur les pratiques sexuelles des jeunes filles, et se permettre de les juger.

Cette « fête » est révoltante. La virginité peut être un choix, qui relève du domaine intime et privé, et ne doit en aucun cas être ni évaluée ni jugée par une institution qu’elle soit politique ou religieuse. Sous prétexte de célébrer la virginité, l’organisateur de cette fête et le maire qui la soutient livrent le corps, les actions, la réputation des jeunes filles à la rumeur publique. Cette définition de la « vertu » est rétrograde et insultante. Les organisateurs ont-ils pensé, par exemple, aux victimes de violences sexuelles ? Doivent-elles conclure, si elles ont été violentées, qu’elles ne sont plus « vertueuses » ? On remarquera l’aspect sexiste de cette démarche : il s’agit toujours d’évaluer la virginité des filles, pas celles des garçons.
Ce critère de la virginité a fait scandale : nombreuses sont les personnes qui ont réagi, notamment sur twitter (https://twitter.com/Laelia_Ve/status/1027856581944336384 et ont envoyé des mails au maire pour témoigner de leur désaccord. Bertrand Tribout semble faire machine arrière et dévoile ses autres critères : « Le dévouement à sa famille, la disposition à faire le bien et à éviter le mal, être toujours de bonne humeur et souriante… être quelqu’un de sympathique au final ! Et ces choses-là se savent, on est un petit village. » (https://www.nouvelobs.com/societe/20180813.OBS0819/fete-de-la-vertu-a-salency-on-me-taxe-de-sexiste-alors-que-je-mets-en-valeur-la-jeunesse.html?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#Echobox=1534223798 Encore un portrait de la « femme idéale » parfaitement sexiste : les femmes n’ont pas conquis leurs droits en étant « toujours de bonne humeur et souriante[s] » et nous avons vocation à être autre chose que les potiches de Bertrand Tribout.

Nous conseillons à Bertrand Tribout de s’occuper d’autre chose que d’évaluer la pureté et la virginité des jeunes filles.
Nous faisons remarquer au maire Hervé Deplanque que l’engagement d’une institution publique dans une telle fête contrevient à la fois au principe de laïcité et aux valeurs d’égalité entre femmes et hommes rappelées dans notre Constitution.
Nous déplorons l’absence totale de réactions des politiques. Aurions-nous eu le droit à un telle silence s’il s’agissait d’une association musulmane en banlieue qui prétendait évaluer la pureté et la virginité des jeunes filles ?

Nous encourageons la célébration de la jeunesse. Pourquoi ne pas célébrer les jeunes filles, mais aussi les jeunes garçons, en mettant en valeur par exemple leurs projets, leurs actions de solidarités, par exemple ?

Nous pouvons proposer à M. Deplanque des idées alternatives de fête (et encourageons les personnes qui signeraient cette pétition à indiquer, en commentaire, des idées alternatives!) Par exemple la lecture publique du « Rosier de Mme Husson » de Maupassant (qui se moquait déjà de cette fête au XIXe siècle!) ou encore de « Madame Baptiste » du même auteur (qui dénonçait déjà l’évaluation publique de la sexualité des femmes). Puisque certains sont restés au XIXe (ou au Ve?) siècle…

https://www.change.org/p/f%C3%AAte-de-la-rosi%C3%A8re-laissez-les-filles-tranquilles-f%C3%AAtedelarosi%C3%A8re

 

Violée et menacée de mort par une bande de musulmans, Willie Dille se suicide

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Willie Dille, 53 ans, conseillère municipale de La Haye, membre du Parti pour la liberté http://ninetymilesfromtyranny.blogspot.com/2018/08/dutch-politician-commits-suicide-after.html

Membre du Parti pour la liberté, anti-immigration, Willie Dille s’est suicidée le 8 août. Dans une vidéo publiée quelques heures auparavant, elle expliquait avoir été violée par un groupe de musulmans dans le cadre d’une campagne d’intimidation.

Willie Dille, une élue municipale de La Haye de 53 ans s’est suicidée le 8 août, quelques heures à peine après avoir publié sur Facebook une vidéo dans laquelle elle affirmait avoir été victime d’un viol collectif par des musulmans. https://francais.rt.com/international/53299-pays-bas-victime-presumee-viol-collectif-musulmans-elue-pvv-suicide

Qui pleure sur le corps et l’âme de Willie Dille, mère de 4 enfants adoptés et patriote militante, élue aux Pays-Bas ? Ciblée par des musulmans, elle avait été kidnappée et violée par une bande le 15 mars 2017 qui exigeait qu’elle quitte le conseil municipal de La Haye. Déjà avant ce drame et après elle avait reçu des menaces de mort. Elle n’en pouvait plus et l’explique dans une vidéo.

 

Elle décrit les multiples harcèlements dont elle a été victime, comment elle craint pour la sécurité de sa famille et de ses proches et comment elle a été abandonnée par la police et par Paulien Krikke,  maire de La Haye. Elle dit qu’elle ne peut plus lutter contre l’islam dans ces conditions et qu’il vaut mieux qu’elle parte pour la sécurité des siens. Elle termine par des excuses à sa famille, la voix étranglée par des sanglots « it does not work anymore » ça ne marche plus. Elle s’avoue vaincue en tant que personne et femme, ce genre qu’exècrent les musulmans.

Son époux et sa meilleure amie déclarent ne pas mettre en doute son viol dont la réalité est contestée par la police du fait qu’elle ait refusé de porter plainte. Pour l’instant ils disent ne pas pouvoir révéler ses motifs. Il y a un motif dont je ne doute pas qui est la raison pour laquelle la majorité des femmes violées ne porte pas plainte : elles sont traitées par la police comme des coupables provocatrices qui l’ont bien cherché, soupçonnées d’affabuler et d’hystérie.

Karen Gerbrands, la responsable locale du PVV a expliqué que le geste de Willie Dille avait été motivé par le fait qu’elle «ne pouvait plus supporter ce qui lui était arrivé et les réactions que cela avait provoqué». Dans un communiqué, le chef du PVV Geert Wilder s’est quant à lui dit «choqué» par la mort de l’élue, ajoutant qu’elle allait «énormément» manquer.

La Connectrice

https://francais.rt.com/international/47472-pays-bas-ne-sont-pas-mususlmans-geert-wilders-mene-marche-rotterdam-video

Ne manquez pas Berlin 56 ce soir sur ARTE.

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Dans un Berlin-Ouest hanté par les fantômes du nazisme et électrisé par les premiers tubes rock, le portrait saisissant d’une époque à travers la rébellion d’une jeune fille. Une série allemande en six épisodes signée Annette Hess, les jeudis 2 et 9 août à 20h55. Live, replay. VOD et DVD.

Dans un Berlin-Ouest hanté par les fantômes du nazisme et électrisé par les premiers tubes rock, le portrait saisissant d’une époque à travers la rébellion d’une jeune fille. Une série allemande en six épisodes signée Annette Hess, les jeudis 2 et 9 août à 20h55. Live, replay. VOD et DVD. https://www.arte.tv/fr/videos/RC-013622/berlin-56/prochainement/

J’ai regardé les trois premiers épisodes avec plaisir et intérêt. Non seulement c’est édifiant mais c’est aussi bien interprété et réalisé par une femme, Annette Hess.

Berlin 56 est une série de 6 épisodes qui décrit la société berlinoise après la guerre. L’héroïne est une jeune fille, Monica, qui vient de se faire renvoyer de l’Institut des arts ménagers. Elle a d’autres ambitions que devenir l’épouse soumise d’un procureur comme sa sœur Helga ou d’un professeur de médecine pygmalion beaucoup plus âgé comme  sa soeur Eva. Monica évolue autour de l’école de danse de sa mère autoritaire et injuste dont elle apprendra qu’elle appartenait à un juif spolié par les nazis. Des nazis, il y en a partout ainsi que des veuves de nazis. Le père a fui à l’Est pour rejoindre les communistes, pour la mère il est mort. Encore un mensonge que la jeune fille découvre et dont elle s’indigne. Les Américains ont apporté le rock et le jazz. La jeunesse berlinoise s’engoue pour ces musiques « de sauvages » qui permettra à Monica de se libérer du vieux monde cruel et de trouver sa voie, soutenue par un jeune musicien.

On peut encore voir les trois premiers épisodes en replay  https://www.arte.tv/fr/videos/RC-013622/berlin-56/

Pour en savoir plus

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ku%27damm_56

http://seriestv.blog.lemonde.fr/2017/04/05/berlin-56-lecon-de-modernite/

Violences conjugales. Classement sans suite pour Bertrand Cantat dans le suicide de Krisztina Rady

Bertrand Cantat est un monstre, un pervers narcissique qui a frappé toutes ses compagnes successives et a tué de ses poings nus Marie Trintignant. Et pourtant, ses fans le soutiennent indifférents à ses crimes. On ne le sait que trop, il n’y a pas de morale dans le show business en général à l’exception de celles et ceux qui se sont réveillés après l’affaire Weinstein et ont manifesté dans le mouvement #balancetonporc #metoo.

Le 4 juillet, le parquet de Bordeaux classait sans suite la plainte déposée  par Yael Mellul le 23 mai pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », à propos de la mort de Krisztina Rády, retrouvée pendue chez elle en 2010 . Ce faisant, le parquet de Bordeaux fait faire à la lutte contre les violences conjugales un énorme pas en arrière tant il est connu et bien connu depuis longtemps que les violences conjugales, physique et/ou psychologiques sont responsables du passage à l’acte des victimes contre autrui, à commencer par leur bourreau, ou elles-mêmes. Il est à  prévoir que des femmes se feront justice elles-mêmes puisque la Justice de notre pays protège leurs bourreaux.

J’avais déjà écrit sur l’affaire Cantat, ma conviction étant qu’il fut un bourreau pour Krisztina Rady qui s’était entièrement dévouée à son artiste de mari et à leurs enfants, une femme que le macho frappait et harcelait psychologiquement ( humiliation et dénigrement étant les armes favorites de violents) allant jusqu’à la poursuivre lorsque qu’elle trouvait le courage de s’éloigner de lui afin de se protéger et protéger leur jeunes enfants. Il est évident que Krysztina s’est suicidée parce qu’elle était arrivée au bout de ce qu’elle pouvait pour se protéger et protéger ses enfants. Cantant qui l’avait trompée moult fois et publiquement (exemple Marie Trintignant) se permettait de la harceler et harceler son nouveau compagnon dont le témoignage a été classé sans suite ! Certains juges devraient être jugés pour mauvaise foi et parti pris.

Dans l’article ci-dessous, l’ex-avocate Yael Mellul raconte comment les juges ont favorisé Cantat en ignorant une douzaine de témoins, soit en classant leur témoignage sans suite, soit en ne les écoutant pas. Les juges ont visiblement pris parti pour Cantat contre ses victimes et c’est lamentable et méprisable.

La Connectrice

Affaire Cantat : « Une douzaine de témoins ont été ignorés »

Le parquet a classé sans suite la plainte contre Bertrand Cantat pour le suicide de son ex-épouse Krisztina Rády. Réaction de l’ex-avocate Yael Mellul.

Par 

Modifié le  – Publié le  | Le Point.fr
Bertrand Cantat est-il protégé par une omerta ? 

Femmes battues. Et si la France adoptait le dispositif VINE ?

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Les rubriques de « fait divers » (printemps, été, automne aussi) apportent quotidiennement leur lot d’agressions contre les femmes. Toutes les femmes, quel que soit leur statut, leur âge, leur activité ou leur apparence physique sont susceptibles d’être agressées verbalement ou physiquement, harcelées verbalement ou physiquement, meurtries et défigurées, violées, tuées. 99.99% de ces actes sont commis par des mâles de 13 à 85 ans, souvent des proches ou des connaissances. Malgré les vibrantes déclarations et promesses de nos responsables irresponsables, mâles pour la plupart, rien de sérieux n’est fait pour lutter contre ces violences sexistes. Essayez donc de demander protection aux gendarmes ou déposer une plainte ou une main courante dans un commissariat, vous serez traitée comme une coupable soupçonnée avant d’être écoutée, a fortiori sérieusement entendue. Éventuellement on vous rira au nez « encore une histoire de cul », vous serez soupçonnée de faux témoignage et traite d’affabulatrice et vous recevrez une demande de non recevoir si vous avez l’impudence de demander une protection. La systématisation du traitement des victimes en coupables explique pourquoi la grande majorité des femmes victimes ne porte pas plainte. On prendra vos craintes en considération lorsque vous serez morte, qu’on déposera des fleurs et des nounours sur le lieu de vôtre assassinat et on organisera une marche blanche histoire de se laver les mains de toute responsabilité.

Dans l’article ci-dessous, l’avocat Guillaume Jeanson plaide pour l’adoption en France du système VINE (Victim Information Notification Everyday) d’alerte des victimes, un système qui ayant fait ses preuves a été adopté par 48 états américains. LC 

Guillaume Jeanson expose les failles du système actuel d’information des victimes de la Justice française. Les conséquences de celles-ci sont selon lui d’une terrifiante gravité.


Guillaume Jeanson est avocat au Barreau de Paris et porte-parole de l’Institut pour la justice.


L’actualité sordide de ce qu’il est convenu d’appeler maladroitement les «faits divers» semble accorder ces dernières semaines une place prépondérante aux violences conjugales.

Samedi 21 juin, Houria, une jeune femme de 34 ans, a été lacérée de coups de couteau à quelques pas de chez elle par son ex-mari qui était parvenu à briser la vitre de son véhicule, alors qu’elle conduisait sa fille de douze ans et une amie de celle-ci. Celui qui est désormais mis en examen et écroué pour tentative d’assassinat était pourtant déjà bien connu de la justice – avec déjà une dizaine de condamnations à son actif – et venait de sortir de rétention pour vice de procédure. Son ex-femme, était quant à elle bien connu des services venant en aide aux femmes battues.

Mardi 12 juin, Cathy, une jeune femme de 37 ans, a été défigurée à l’acide par son ancien compagnon et père de ses deux enfants, alors qu’elle emmenait sa fille à l’école. Une autre agression imprévisible? inévitable? Lui aussi était pourtant connu de la justice. Elle aussi l’était des services d’aide aux femmes battues. Depuis des mois il lui avait annoncé son intention de lui faire payer leur séparation. Lui montrant des photographies trouvées sur internet de femmes défigurées à l’acide, il l’avait même averti en des termes aussi peu amènes qu’équivoques: «je n’en ai rien à foutre, même si je prends 15 ou 20 ans de taule, je veux que tu ne ressembles plus à rien…». Déjà condamné pour violences conjugales, il avait interdiction de l’approcher mais, à en croire la victime, cette obligation n’était jamais respectée. Si bien qu’il venait régulièrement la menacer au pied de son immeuble ou même plus près encore: «Une fois, il a même grimpé les cinq étages par les balcons, comme a fait récemment le héros Mamoudou Gassama. Une autre fois, en tambourinant à ma porte, il a menacé de jeter notre petit dernier par le balcon…».

Ces «faits divers» sont terrifiants. Ils le sont d’autant plus lorsque l’on sait qu’ils ne sont guère isolés.

S’il est évidemment critiquable de légiférer pour un simple fait divers, il l’est tout autant de se refuser, par principe, à prendre la mesure d’un phénomène criminel et à le laisser prospérer, alors même qu’il est possible d’agir pour tenter, sinon de l’éradiquer, de se donner les moyens de l’infléchir en protégeant davantage les victimes.

Alors que faire?

Peut-être commencer par humblement lever nos œillères en regardant ce qui semble fonctionner à l’étranger.

Car là-bas aussi, tout est parti d’un simple «fait divers». Le 6 décembre 1993 aux États-Unis, Mary, une jeune femme de 21 ans, s’est fait tirer dessus à sept reprises par son ancien petit ami alors qu’elle était au volant de sa voiture. Ce jour-là, elle se pensait pourtant en sécurité. Ce dernier, qui l’avait auparavant battue et violée, avait en effet été arrêté et elle le pensait encore derrière les barreaux. Elle ignorait, hélas, qu’il avait été libéré sous caution. Personne n’avait jugé utile de la prévenir qu’elle courrait un grave danger.

C’est à la suite de ce drame que deux jeunes ingénieurs en informatique, Mike Davis and Yung Nguyen, ont décidé d’inventer un logiciel susceptible d’éviter que d’autres victimes ne connaissent le sort de Mary Byron. Fin 1994 le logiciel VINE était prêt.

VINE (qui signifie Victim Information Notification Everyday) est un système d’information qui permet à une victime de crime de connaître le statut carcéral de son agresseur pratiquement en temps réel: s’il est incarcéré, s’il est transféré dans une autre prison, s’il s’est évadé, s’il doit être libéré, s’il est décédé, etc.

VINE permet également de suivre un agresseur dont la peine a été aménagée et d’informer la victime notamment si celui-ci vient habiter à côté de chez elle, s’il a été arrêté pour une nouvelle infraction, si son statut légal change, etc.

Lorsque l’agresseur porte, après sa sortie de prison ou au titre de l’aménagement de sa peine, un bracelet électronique GPS, VINE permet surtout d’informer la victime si l’agresseur ne respecte pas les conditions de son placement sous surveillance à distance: s’il n’est pas présent chez lui alors qu’il devrait y être, s’il rentre dans une zone où il n’est pas censé se rendre, s’il a échappé à la surveillance électronique, etc.

Les autorités s’efforcent de combiner ces notifications instantanées avec des mesures de protection prédéfinies, que les victimes sont invitées à suivre lorsqu’elles sont informées que leur agresseur s’est évadé, ou bien a violé les conditions de sa probation, et qu’elles sont donc potentiellement en danger, particulièrement les victimes de violences domestiques.

Pour connaître le statut de leur agresseur, les victimes peuvent se connecter sur un site web, appeler un centre d’appel dédié, ou bien choisir de recevoir des notifications par mail, par courrier, par SMS, par appel téléphonique automatique. Ce système est gratuit pour ses utilisateurs.

Aujourd’hui VINE a été adopté par 48 états américains et permet de suivre plus de 90% de la population carcérale américaine. Il existe également au niveau fédéral un programme gouvernemental, SAVIN (Statewide Automated Victim Information and Notification), visant à aider les états à développer de tels systèmes d’information pour les victimes.

En France, si le code de procédure pénale offre déjà aux victimes de certaines infractions pénales quelques rares fenêtres d’information, ce dispositif demeure néanmoins embryonnaire et encore largement insuffisant.

Alors qu’existent à l’étranger de telles solutions, notre gouvernement qui s’est donné, rappelons-le, pour priorité de «lutter contre les violences faites aux femmes» ne saurait sur ce point, sans risquer de se contredire, rester dramatiquement attentiste.

Guillaume Jeanson
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