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Archives de Catégorie: féminisme

actions visant à promouvoir l’égalité de droits entre femmes et hommes dans tous les domaines et toutes les sociétés
Actions visant à supprimer les discriminations que les femmes subissent du seul fait de leur genre.

Contre le travail invisible des femmes, un statut pour la première dame

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En 2012, je plaidais pour un statut de la compagne présidentielle car c’est un métier fait d’exigences, d’obligations et de toutes sortes d’autres contraintes.

Il serait temps que notre République rajeunisse sa constitution en accord avec les évolutions sociétales et qu’elle donne un statut aux conjoints de présidents comme on a donné tardivement mais sûrement un statut aux conjointes et conjoints d’artisans, de commerçants et d’agriculteurs.

Ce statut devrait être élargi aux conjointes de Ministres, sur la base de leurs compétences professionnelles au lieu de critiquer leur présence jugée abusive dans les Ministères. Il serait temps d’entériner ces réalités au lieu de pester stupidement contre « ces bonnes femmes qui mettent leur nez partout ». On doit les juger sur leur compétence et non sur leur relation intime avec l’homme dont elles partagent la vie quotidienne considérant qu’elles ne peuvent être plus incompétentes que n’importe quel conseiller qui serait incompétent.

Il est fort hypocrite et méprisant de discourir sur la visibilité des premières dames et de rendre leur travail invisible

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Je comprends qu’attacher la création de ce statut à Brigitte Macron soit choquant au regard de la personablité de cette dame, de la spécificité de sa relation exhibée avec Emmanuel et de son comportement vulgaire mais il ne faut pas voir ce statut uniquement pour elle. Toutes les compagnes et compagnons des président(e)s à venir en bénéficieraient.

 

le statut de la première dame aurait l’avantage d’encadrer ses dépenses qui, actuellement sont plongées dans un flou abyssal et permettent tous les excès en protection, local, matériel, frais de représentation, voyages protocolaires, frais de réception, frais de bouche, secrétariat et communication. Sans oublier les fonctionnaires mis à la disposition de Madame pour la cornaquer dans ses obligations. Bien sûr, un statut ne garantirait pas sa stricte application puisque nous ne savons que trop que ceux qui nous gouvernent prennent des libertés avec les lois et les règlements. Mais le contribuable aurait une échelles de valeurs et des référence pour contester  les abus.

Dans un contexte de remise en question des emplois familiaux, l’élaboration d’un statut pour la compagne du président fait tâche mais nous aurions tout loisir de vérifier si Madame a une fonction fictive ou réelle puisque qu’elle est de fait en représentation publique.

Cessons l’hypocrisie qui consiste à nier le rôle de la première dame et à ignorer les dépenses que sa fonction nécessite car elle coûte cher, même sans statut) et je me demande sur quel budget sont payées les frais inhérents à son rôle.

Les arguments contre ce projet de statut de première dame sont facilement réfutables car ils reposent sur un déni des réalités et une passion misogyne forcément déraisonnable. Bien sûr, il est regrettable que ce statut (on parle maintenant de « charte ») soit éventuellement inauguré par Brigitte Macron qui n’a rien de respectable mais elle est là, elle accompagne le président dans ses fonctions et nous ne pouvons pas l’ignorer l’ignorer. Nous ne l’avons pas élue mais nous ne pouvons pas exiger que le président cache son épouse et l’enferme dans une cage dorée ou même divorce.

La Connectrice

 

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https://laconnectrice.wordpress.com/2012/05/15/premiere-dame-cest-un-metier-donnons-lui-un-statut/

 

Les préjugés sexistes remontent à la surface de Google, Uber et bien d’autres

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La profession de foi d’un ingénieur de chez Google fait scandale. L’auteur y déclare que Les aptitudes naturelles des hommes les conduisent à devenir programmateurs en informatique, alors que les femmes sont, selon l’auteur, plus enclines « aux sentiments et l’esthétique plutôt que vers les idées », ce qui fait qu’elles optent pour des carrières « dans le social ou l’artistique ».

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/les-ecrits-sexistes-d-un-ingenieur-de-google-font-le-tour-du-web-1231679.html#?xtor=EREC-14-[N-BFM Business Quoti]-20170807

Ce préjugé n’étonnera pas grand monde car non seulement il s’exprime urbi et orbi mais il influence les comportements des femmes et des hommes. En Europe, il resurgit avec la stigmatisation des femmes musulmanes obligées, persuadées ou convaincues de se voiler, s’enchiffonner ou se burkiniser. Le corollaire de la dissimulation du corps des femmes est l’augmentation du harcèlement sexuel, des violences conjugales et des viols.

Mon article précédent sur l’indulgence accordée depuis 6 ans au violeur d’Anna est une expression parmi de nombreuses autres des préjugés sexistes qui débouchent automatiquement sur le mépris et l’exploitation des femmes. Une autre expression est la tolérance vis-à-vis du recours aux mères porteuses qui sera forcément légalisé, une brèche ayant été ouverte par la reconnaissance à l’état civil des enfants nés de mère porteuse.

Il n’est donc pas étonnant que les femmes se heurtent à un plafond de verre dans leurs études, leur vie professionnelle et leur vie politique. Pour cette dernière nous avons encore eu droit à l’Assemblée nationale à des béguètements de chèvre après des gloussements de poule, des sifflets pour une robe, sans oublier l’indulgence indigne pour des harceleurs comme DSK ou Baupin. n’oublions pas l’ami de nos politiques, patron du journal Le Monde, le sieur Bergé fier d’avoir affirmé que louer son utérus équivalait à louer ses bras !

Féministe depuis 1969, j’ai cru quelques années que tout le monde avait compris l’injustice faite aux femmes du fait de leurs caractéristiques biologiques. Poussés par nos revendications, quelques femmes et hommes politiques se sont saisis de la question pour légiférer en faveur de l’égalité des sexes mais ces lois ne sont pas appliquées (salaire égal pour travail égal, choix réel dans les formations )ou sont menacées de restrictions (IVG). Les partis politiques préfèrent payer des amendes plutôt que respecter la parité. Les femmes qui se sont présentées aux élections présidentielles ont été rejetées, les entreprises du CAC 40 sont majoritairement dirigées par des hommes et les femmes sont tellement quantité négligeable que les promesses d’égalité ne sont pas tenues : pas de femme première ministre ni de véritable ministère pour les droits de s femmes malgré les promesses du président Macron.

Malgré cette situation de sexisme ordinaire beaucoup de femmes enivrées par la consommation, le mondialisme, la Star Academy, la possibilité chirurgicale de se faire refaire pour ressembler à Barbie, l’addiction au conformisme de la mode (il faut les voir trébucher avec leurs talons de 10 cm qui leur torturent les pieds) et le reste s’écrient « moi féministe ? ça jamais !  Les bécasses oublient que, sans les féministes elles ne pourraient rien faire sans l’autorisation du père, du frère ou du mari, qu’elles n’auraient ni le droit de vote ni le droit d’ouvrir un compte en banque, qu’elles n’auraient accès ni à la contraception ni à l’avortement, que leurs violeurs incestueux ou pédophiles ou autres ne seraient jamais jugés ni condamnés, que le viol et les violences conjugales n’existeraient pas pour la société, qu’elles seraient enfermées dans des écoles de filles et dirigées exclusivement vers des métiers de filles, qu’elles n’auraient pas de crèches pour leurs mômes, qu’elles seraient interdites de travail la nuit, qu’elles devraient demander une autorisation préfectorale pour porter un pantalon, qu’elles recevraient un salaire de femme inférieur à celui des hommes, qu’elles seraient interdites de divorce, qu’elles accoucheraient dans la douleur et j’en passe.

Le pire étant que ces bécasses fières de « ne pas être féministes » ne veulent pas savoir que la lutte pour l’égalité des droits est loin d’être gagnée et qu’actuellement nous subissons une régression honteuse de notre condition grâce à leur déni.

Féministe historique ayant connu l’enthousiasme et le bonheur de contribuer à améliorer notre condition, je suis consternée par la passivité, l’inconscience et l’ignorance des jeunes femmes actuelles

La Connectrice

 

Viol. Le violeur d’Anna toujours pas jugé depuis 6 ans !

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Halte à la culture du viol. En finir avec l’indulgence de la société pour les violeurs. Le violeur d’Anna est toujours en liberté et cette victime le rencontre presque tous les jours. Il vient même travailler dans son immeuble malgré une ordonnance d’éloignement. Non seulement il n’a pas été jugé depuis le crime qui remonte à 6 ans mais il n’est pas sanctionné pour ne pas respecter son contrôle judiciaire. Anna victime d’un stress post-traumatique -et on la comprends- ne peut pas se reconstruire tant que la société, par l’intermédiaire de sa Justice, attribue au violeur la punition, la surveillance et l’obligation de traitement qu’il mérite. C’est inadmissible. Plus grave, cette indifférence de la Justice est un véritable encouragement à violer et confirme le terrible constat que notre société cultive la culture du viol.
Il faut absolument signer cette pétition, c’est le moindre que nous pouvons faire pour Anna et pour toutes les femmes qui, par définition, sont potentiellement violables.
La Connectrice indignée

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A l’attention de Mr François Lalès, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Caen

#JeSuisAnna – Mon violeur toujours dehors et non jugé après 6 ans de procédure.

Je m’appelle Anna Circé (nom d’auteure), je suis forte et invincible. Mais si vous regardez d’un peu plus près, vous pouvez apercevoir une faille, deux failles, des dizaines de failles. 
Il y a 6 ans, ma vie a basculé dans l’horreur. 
Un viol, un enfermement, personne pour me secourir.

Malgré les preuves (identification de l’auteur grâce à l’ADN et de ses aveux du non consentement de ma part), mon agresseur est toujours en liberté, mène une vie paisible, s’est marié et travaille.

Et de mon côté ? Quatre ans après l’agression, j’ai subi un syndrome de stress post traumatique. Du jour au lendemain je ne pouvais plus rester seule, je ne pouvais plus m’éloigner de chez moi, je ne pouvais plus manger normalement, je rêvais toutes les nuits de mon agression et je me sentais en danger partout, pensant que personne ne viendrait me secourir si un problème survenait. Depuis presque un an et demi, je me bats contre l’agoraphobie, les peurs inexpliquées, les blocages…

Le procès aux Assises devrait se tenir en 2018, mais au point où j’en suis maintenant, il arrive trop tard. La justice m’a laissée tomber, a permis à mon agresseur de détruire ma vie même une fois l’acte commis et je croise sa route plusieurs fois par mois.

Jamais je n’ai cessé le combat, jamais je n’ai pu me résigner à m’effondrer, j’ai écrit un roman, j’ai mené des projets solidaires. Je ne suis pas à terre mais je frôle le sol depuis un an et demi.

À tous ceux et toutes celles qui sont révoltés par ce système qui protège les agresseurs et qui laisse sur le bas côté des victimes qui ne cessent de se battre malgré tout. À vous tous qui savez que la solidarité et les partages sur les réseaux sociaux peuvent faire bouger une telle injustice. Merci de partager et de signer afin que mon histoire parvienne à sensibiliser l’opinion publique et surtout Le Tribunal de Caen. Si je me montre aujourd’hui c’est que je suis à bout de souffle, obligée de survivre au quotidien à cause d’un homme qui court encore tous les jours dans les rues de ma ville.

Le parquet de Caen avait 13 mois de retard pour transmettre son avis au juge Lalès. Grâce à la pétition, le parquet a rendu son avis et a décidé d’envoyer mon agresseur devant les Assises.

Le juge Lalès avait alors un mois pour donner à son tour son avis et confirmer les Assises. Mais deux mois et demi se sont écoulés malgré les interventions de mon avocate qui insistait auprès de lui sur l’urgence de la situation et la gravité de mon état.

J’aurais pu espérer voir mon agresseur aux Assises en décembre 2017 ou mars 2018, mais avec ce retard, combien de temps vais-je devoir souffrir encore? D’autant que mon agresseur n’a pas respecté son contrôle judiciaire et est venu à quatre reprises travailler dans mon immeuble. Malgré ma détresse face à cette situation et mes signalements, il aura fallu attendre que le juge Lalès parte en congés pour que la juge « de garde » rappelle à mon agresseur ses obligations et envoie enfin le contrôle judiciaire au commissariat de ma ville, qui n’avait jamais reçu le document depuis avril 2014 !

Ce que je souhaite obtenir aujourd’hui avec cette pétition, c’est que le juge Lalès rende son avis et qu’on me donne enfin une date de procès, après presque 6 ans de procédure.

                 Merci de signer, soutenir et partager cette pétition.

#JeSuisAnna 

 (H.Richer)

Esta petición será entregada a:

  • Juge d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Caen
    Mr François Lales

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Actualizaciones

  1. Hace 15 horas
    50.000 firmantes
  2. Hace 3 semanas
    Actualización de la petición

    Après la pétition et les articles dans la presse, le Parquet a enfin rendu sa décision ; il demande le renvoi de mon agresseur devant les Assises. Victoire. Suite à cette décision, le juge avait 1 mois pour rendre à son tour sa…
  3. Hace 3 meses
    2.500 firmantes
  4. Hace 3 meses
    Anna CIRCÉ ha lanzado esta petición

Nos raisons de signer

  •  Je souhaite à travers le cas d’Anna que le viol arrête d’être banalisé. Ce n’est pas humain de laisser les coupables en liberté alors qu’ils ont détruit une ou plusieurs vies. J’exige qu’à travers son cas il y est une justice pour toutes les femmes ayant vécut un viol. #jesuisanna
Lisa EPINAT, Francia
28 de abr. de 2017

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  • Non à la violence envers les femmes !!!
Fernando Rodríguez, Mexico City, México
28 de abr. de 2017

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  • Je suis de tout cœur avec vous 
    #jesuisAnnaKev.
Kévin VINGERDER, Paris, Francia
28 de abr. de 2017

Denunciar

 


 

 


Denunciar una violación de las políticas

 
 

Simone Veil : « Je suis la femme alibi, c’est pour ça que j’ai fait beaucoup de choses »

Publié le
En 2007, à l’occasion de la sortie de son autobiographie, Une Vie, nous avions rencontré Simone Veil et l’une de ses petites-filles, Deborah, avec qui elle partage sa foi en l’humain et sa belle énergie. Entretien croisé.Viviane Chocas et Fabienne Meyer (entretien initialement paru en 2007) | Le 30 juin 2017 http://madame.lefigaro.fr/societe/simone-veil-deborah-veil-petite-fille-interview-une-vie-autobiographie-300617-133057

 

Madame Figaro. – Ce qui frappe d’emblée dans votre livre, c’est votre liberté totale de parole. Depuis que vous avez quitté vos plus hautes fonctions (1), vous n’êtes plus soumise au devoir de réserve ? 
Simone Veil. – J’avais envie d’écrire, depuis plusieurs années déjà. Dégagée en mars dernier de mes activités officielles, je pouvais aborder librement certaines questions. Je n’ai jamais eu envie de faire une carrière politique, jamais vraiment eu d’ambition pour cela. Les choses se sont faites un peu malgré moi, par hasard. Dans certains cas, par chance. J’aime faire des choses, pouvoir les maîtriser. J’ai toujours eu beaucoup de mal à m’inscrire dans un parti, je suis trop indépendante. En 1979, j’ai choisi d’entrer à l’UDF parce que Giscard m’avait demandé de conduire une liste pour les élections européennes. C’était la première fois qu’il y avait un Parlement élu au suffrage universel, avec en plus une femme à sa tête. J’ai eu l’impression exaltante de symboliser l’Europe, d’être son visage. Certains s’étonnaient qu’après avoir été déportée je sois à ce point attachée à la réconciliation franco-allemande.

Européenne, vous l’étiez dès 1945…
Simone Veil. –
 C’est la leçon de ma mère. Mon père, prisonnier de guerre en 1914 à Maubeuge, était viscéralement antiallemand. Maman pensait, elle, qu’on aurait dû écouter ceux qui étaient pour la paix : Gustav Stresemann, Aristide Briand… Dès mon retour des camps, j’étais convaincue que si nous ne faisions pas la paix cette fois avec les Allemands, nous étions bons pour une troisième guerre mondiale et des horreurs encore pires – si cela était possible – que celles qu’on avait vécues. Pour les générations futures, il fallait construire cette Entente qui, à mes yeux, ne devait pas se limiter à l’Allemagne et à la France. Au sortir de la guerre, on ne s’imaginait pas que l’Union soviétique disparaîtrait, et que l’on pourrait faire l’Europe avec les pays de l’Est. Pour moi, cela a été une grande satisfaction. Mais je trouve que nous avons été très mesquins avec ces pays. Regardez récemment avec le référendum…

En janvier 2005, vous êtes allées ensemble à Auschwitz pour le soixantième anniversaire de la libération des camps. Qu’est-ce que ce voyage a changé entre vous ? 
Deborah Veil. – C’était très important pour moi de faire ce voyage avec ma grand-mère, plutôt qu’avec ma classe. Nous y sommes donc allées, avec mon père, mon oncle, mes cousins également.
Simone Veil. – Parmi les petits-enfants (Simone Veil en a douze, NDLR), certains n’ont pas souhaité venir. On les a laissés complètement libres. Un de mes fils avait toujours dit que jamais il ne pourrait le supporter. J’ai compris. Il ne faut jamais forcer les gens. C’est très personnel, une réaction intime.
Deborah Veil. – Le camp lui-même est tellement aseptisé, il n’y a plus de fours crématoires… J’étais très émue quand tu m’as montré où tu dormais.
Simone Veil. – On est allées ensemble dans le bloc, celui où j’ai été… On voit comment on couchait, c’est-à-dire à cinq, six, sept sur un espace grand comme la moitié de cette table.
Deborah Veil. – Et les murs de ces blocs que les gens ont griffés… tellement… C’est insupportable.
Simone Veil. – Il faut y aller si l’on pense que… enfin… si l’on sent qu’on peut supporter. C’est tout de même important.

Quand avez-vous parlé à vos enfants ? Avez-vous sauté une génération pour vous confier peut-être plus facilement à vos petits-enfants ? 
Simone Veil. – Je ne sais pas… J’ai dû en parler davantage avec mes fils. À ce moment-là, Auschwitz était plus proche. Dans nos conversations, c’était sous-jacent. Ils ont lu des livres, ils m’en parlent. C’est très présent.

Simone Veil, une vie de combats

Vous dites, Deborah, que ça vous accompagne dans votre vie de tous les jours… 
Deborah Veil. – Je me souviens très bien du jour où ma mère m’a expliqué ce qui s’était passé pendant la Seconde Guerre mondiale… Le jour où, dans ma petite tête d’enfant, j’ai cessé d’avoir la foi. Complètement et définitivement. J’avais 8 ans. Très peu de temps après – tu te souviens? –, j’ai fait un exposé en classe. Je t’avais posé des questions sur ta déportation, bien plus librement que je ne le ferais aujourd’hui. La maîtresse était en colère contre moi, car personne d’autre dans notre classe à cet âge-là ne savait. Je n’imagine pas, une fois qu’il n’y aura plus personne pour témoigner directement, que la Shoah tombe dans l’oubli. C’est mon devoir, en tant que petite-fille de ma grand-mère, de m’assurer que la mémoire soit transmise.
Simone Veil. – La transmission, c’est compliqué. Je me souviens d’une rencontre organisée sur la Shoah au Parlement européen, à Strasbourg. J’avais dit qu’il faut trois générations pour qu’on puisse en parler. Et je me référais ainsi à Moïse qui reste dans le désert pendant quarante ans. Quarante ans, c’est la troisième génération. Pour ceux qui sont les enfants ou les très proches…, ils ne le supportent pas. Avec la troisième génération, la distance est faite et, en même temps, la volonté de l’assumer.

Pour les petits-enfants de déportés, la troisième génération, vous êtes quelqu’un de proche. Face à la barbarie, votre témoignage est très positif. D’une volonté d’anéantissement est sorti un message de vie… 
Simone Veil. – Je vous remercie. Parce que nous, nous avons le sentiment que nous sommes des optimistes, contrairement à l’image que l’on a donnée des survivants. En définitive, nous avions l’impression que c’était une victoire d’être rentrés – je ne parle pas de toutes les pertes que nous avons eues. On y a réchappé. On se disait : si quelques-uns rentrent, il faut qu’ils rentrent pour raconter. C’était ça qui nous portait. Ça qui comptait.
Deborah Veil. – L’histoire de ma grand-mère, je la porte en moi. Je me sens très concernée, non pas frustrée ou étouffée par le poids de cette mémoire. Pas du tout. Au contraire.

C’est presque une richesse ? 
Deborah Veil. – Presque, oui.
Simone Veil. – Oui, il faut profiter de la vie.

À vingt-sept ans, Simone Veil, vous aviez déjà un mari, trois enfants et un métier très prenant. «Une femme qui en a la possibilité se doit de poursuivre des études et de travailler, écrivez-vous, il y va de sa liberté et de son indépendance.» Là encore, c’est un message que vous retenez de votre mère ? 
Simone Veil. – Absolument. Mes sœurs et moi-même, nous avons beaucoup souffert de voir notre mère tellement dépendante de son mari. Certes, elle était sa passion. En même temps, elle n’avait aucune liberté financière, et je l’ai vue mentir héroïquement pour m’acheter un petit pain au chocolat.

Cette autonomie financière, Deborah, vous semble-t-elle également indispensable ? 
Deborah Veil. – Elle s’impose, comme une évidence. Mon père m’a toujours élevée dans cette idée.
Simone Veil. – Aujourd’hui, c’est passé dans les mœurs. Ça a été LE grand conflit avec mon mari : je lui ai toujours dit que je ne céderais jamais là-dessus.

Mère et ministre, vous n’étiez alors jamais à la maison avant 22 ou 23 heures… 
Deborah Veil. – Jamais dans les propos de mon père je n’ai vu transparaître un manque, une souffrance. Quand je vois les enfants de ma grand-mère, je me dis que pas une seconde ils n’ont manqué de quoi que ce soit. Ce sont des hommes avec de telles qualités humaines… Ma grand-mère a eu totalement raison dans un monde d’hommes de s’imposer ainsi.
Simone Veil. – Je ris, parce qu’un jour je suis rentrée à la maison et j’ai vu Pierre-François, qui avait cinq ans à peine, la main bandée. Son frère Jean, de sept ans son aîné, me raconta alors que le petit s’était blessé contre une porte vitrée, qu’ils étaient allés ensemble chez le pharmacien, puis à l’hôpital Necker… Il était manifestement très content de son rôle ! Ça n’a pas changé…

Que pensez-vous des différences de statut, des écarts de salaires qui persistent entre hommes et femmes
Simone Veil. – Je trouve que la France est dans un état honteux à cet égard par rapport aux autres pays européens. Des femmes en politique, il y en a très peu. À l’Assemblée, pratiquement aucune n’est en situation de responsabilité. Dans les entreprises privées, dans l’Administration, c’est la même chose. Juste après l’épisode des Juppettes, nous avons fait adopter des textes. Ils ne sont toujours pas respectés. Les partis politiques préfèrent continuer de payer des amendes. Je suis étonnée – et je l’ai fait savoir – qu’il n’y ait pas quelqu’un, dans le gouvernement actuel, chargé de ces questions, et que personne ne proteste. Je ne sais pas comment tu ressens ça, Deborah : si, pour toi, l’égalité entre les hommes et les femmes doit être une égalité de principe, fondée sur le fait qu’il n’existe pas de différence entre les sexes… Moi, j’ai tendance à penser qu’en plus – car il y a un plus ! –, comme les hommes et les femmes ne sont pas faits de la même façon, c’est un enrichissement pour la société. Bientôt, il y aura un colloque autour de Simone de Beauvoir, et je pense qu’on va discuter de tout ça.
Deborah Veil. – Je pourrai venir avec toi ?
Simone Veil. – Mais oui !

Vous êtes restée sept années à l’Administration pénitentiaire, de 1957 à 1964… Comment jugez-vous la situation des prisons aujourd’hui ? 
Simone Veil. – C’est effrayant. Nous n’avons pas construit suffisamment de nouvelles prisons, et les conditions de détention sont épouvantables. Le budget de la Justice a un tel retard, voilà le drame.

Simone Veil, icône de la République française

 «Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes», écrivez-vous… 

Simone Veil. – Je m’en suis toujours occupée… Mais ma popularité reste d’abord liée au texte de loi sur l’IVG voté en 1974. À l’époque, je me suis demandé si les hommes n’étaient pas finalement plus traumatisés par la contraception que par l’avortement. C’est la contraception qui consacre la liberté des femmes et leur donne la maîtrise de leur corps. Une idée alors insupportable pour les hommes. Par ailleurs, autour de 1968-1969, les responsables politiques et économiques cherchaient à inciter les femmes à travailler. Comme à faire venir des travailleurs immigrés. Je me souviens d’avoir dit alors : «Au fond, les femmes et les immigrants, c’est pareil. On les emploie quand on en a besoin, on les renvoie quand on n’en veut plus.» Je suis favorable aux mesures de discrimination positive, car au moins elles font avancer les choses. Dans les banlieues, on le constate. Pour les femmes, dans certains cas, ça me paraît aussi souhaitable.

Vous dites que ce que vous avez obtenu dans la vie, vous l’avez obtenu précisément parce que vous êtes une femme… 
Simone Veil. – Je l’ai toujours ressenti comme cela : je suis la femme alibi. C’est aussi pour ça que j’ai fait beaucoup de choses. Quand venait un projet, on disait : «Ah… et si on lui demandait, à elle.» Je suis entrée au gouvernement de Jacques Chirac en 1974, parce que le nouveau président, Giscard d’Estaing, avait promis aux Français qu’il nommerait des femmes. Quand j’ai présidé le Parlement européen, c’était aussi l’idée, même si je crois que Giscard voyait surtout un symbole fort dans le fait que j’avais été déportée. Je dois quelque chose aux femmes. J’étais un peu une exception.

À Auschwitz aussi, vous pensez qu’être une femme vous a sauvée ?

Simone Veil. – Oui, encore que… au camp, c’était autre chose. J’y suis arrivée en pleine santé, à 16 ans. Quinze jours avant, j’étais à Nice. La plupart de ceux qui arrivaient à Auschwitz étaient restés très longtemps dans des ghettos, ou bien détenus ailleurs… Un jour, une femme – c’était une architecte – avait réussi à négocier deux robes, elle m’en a donné une. Une robe, ça changeait les choses. Et puis, j’avais eu la chance d’être dans un convoi où l’on ne m’avait pas rasé les cheveux. C’est sans doute pour cette raison que la chef de camp, une Polonaise brutale avec les autres déportées, m’a désignée pour travailler dans un autre camp moins dur, avec ma mère et ma sœur…

Votre livre est traversé par le personnage de votre mère. Dans un très beau passage, il semble qu’à 80 ans ce soit vous, son enfant, qui êtes devenue sa protectrice. Deborah, il vous arrive d’avoir envie de protéger votre grand-mère, plus qu’elle ne vous protège ? 
Deborah Veil. – Je me sens encore très protégée, je n’ai rien vu du monde ! J’ai énormément de chance.
Simone Veil. – Ce qu’il y a aussi, c’est que ta mère n’a pas besoin d’être protégée. Moi, à 6 ans, je protégeais déjà la mienne. Je bataillais avec mon père, qui n’était pas comme il aurait dû être avec elle. Au camp, elle se laissait voler sa soupe si on ne la protégeait pas. En janvier 1945, pendant la marche de la mort, dans la neige, le froid, on a marché soixante-dix kilomètres, comment a-t-elle pu supporter cela dans son état… Des gens s’accrochaient à elle. Je leur disais : «Non. Vous marchez ou vous ne marchez pas, mais vous n’entraînez pas maman dans la mort.» Et je les repoussais (les nazis fuient l’avancée des Russes, entraînant avec eux quelque quarante mille déportés par – 30C°, NDLR.).

Vous parlez d’un amour maternel qui va vous donner une force immense…
Simone Veil. – En ayant chaque jour son image dans la tête, la mémoire de ce qu’elle était, oui. Mes camarades de déportation gardent un souvenir exceptionnel de maman, de la dignité qu’elle avait.

Êtes-vous prête à partager désormais tout cela avec des lecteurs, Deborah? 
Deborah Veil. – Oui, tant mieux ! Enfin ! Elle seule pouvait écrire le récit de sa vie !
Simone Veil. – Je suis en train de réfléchir à la dédicace à inscrire sur le livre.
Deborah Veil. – Tu y as pensé, déjà ? (Silence.)

Vous évoquez votre admiration pour des êtres aussi différents que Hillary Clinton, Anouar el-Sadate, Nicolas Sarkozy et Nelson Mandela. Quel point commun entre eux et vous ? 
Simone Veil. – Ce sont des gens qui agissent. Qui ont toujours envie d’en faire plus, de se battre. Ils ne sont pas conventionnels. Hillary Clinton est très impressionnante par son intelligence, sa façon de s’exprimer… Sadate a eu beaucoup de courage, il l’a payé en étant assassiné. Il n’y a pas beaucoup de sages comme lui. Ce qu’ont réalisé Nelson Mandela et Frederik De Klerk est formidable : arriver à faire la paix grâce à un principe d’unité-réconciliation. Je trouve qu’on devrait s’en inspirer davantage. Il faut toujours penser qu’il y a peut-être une issue quelque part.

C’est ça aussi, l’esprit contestataire ?
Simone Veil. – Mais oui, bien sûr ! La contestation, c’est interroger : est-ce que vous êtes sûrs qu’il n’y a pas autre chose ? qu’il n’y a pas mieux? Ce qu’on conteste, ce sont moins les grands principes que le quotidien qui ne marche pas.

Des combats que votre grand-mère a menés, y en a-t-il un que vous aimeriez poursuivre, Deborah ? 
Deborah Veil. – Choisir, vous ne pouvez pas me demander ça ! Mais de quel combat je me sens le plus proche… Je me sens très concernée par la Shoah. Et puis par les droits des femmes. Je me sens aussi très européenne.
Simone Veil.– Tu vois, par rapport à l’Administration pénitentiaire, j’insiste sur un point qui est lié à la Shoah : on n’a pas le droit d’humilier les gens. Même en prison. Or les conditions dans lesquelles les gens sont détenus aujourd’hui sont inacceptables.

À la Fondation pour la mémoire de la Shoah, après vous, David de Rothschild, né en 1942, a repris le flambeau. Comment faire pour que cette mémoire, entre les mains d’une génération qui n’a pas été touchée directement, dans sa chair, reste aussi vive ? 
Deborah Veil. – Mais toi, grand-mère, tu continues de regarder ça de près, non ?
Simone Veil. – Non. Car j’ai un principe : quand on a quitté, on a quitté. Nous sommes à un tournant. Il ne reste pratiquement plus de survivants. Il fallait passer le relais, il y a beaucoup à faire. Au fond, ma vie, elle est tout de même… Il y a certes le passé, auquel je pense beaucoup. Mais au fond, je suis une optimiste.

Optimiste, votre livre l’est, résolument ! 
Simone Veil. – Oui. Même dans des circonstances horribles, j’ai rencontré de la fraternité.
Deborah Veil. – Je suis fière, hyperfière. Et je trouve que tu fais très, très jeune. C’est sûrement le fait d’avoir été si occupée, si longtemps. Je suis très fière de toi.
Simone Veil. – Ton grand-père est un acharné, ton père est aussi comme ça. Alors tu seras comme ça, ma chérie. C’est aux projets qu’il faut consacrer son énergie.

(1) Elle était membre du Conseil constitutionnel.

En vidéo, le discours de Simone Veil à l’Assemblée nationale

26 novembre 1974
A la tribune de l’Assemblée nationale, Simone VEIL, ministre de la santé, présente son projet de réforme de la législation sur l’avortement.Elle déclare : « L’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue.. mais comment le tolérer sans que la société paraisse l’encourager ?.. Je voudrais vous faire partager une conviction de femme. Je m’excuse de le faire devant cette assemblée presque exclusivement composée d’hommes. Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l’avortement (applaudissements). C’est toujours un drame, cela restera toujours un drame. C’est pourquoi si le projet tient compte de la situation de fait existante, s’il admet la possibilité d’une interruption de grossesse, c’est pour la contrôler, et autant que possible en dissuader la femme ». Elle évoque ensuite la situation des femmes qui se trouvent en situation de détresse, que la loi rejette « dans l’opprobre, la honte et la solitude », et s’interroge : « parmi ceux qui combattent aujourd’hui une éventuelle modification de la loi répressive, combien sont-ils ceux qui se sont préoccupés d’aider ces femmes dans leur détresse, combien sont-ils ceux qui, au delà de ce qu’ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l’appui moral dont elles avaient un si grand besoin ? »(applaudissements).
Images d’archive INA
Institut National de l’Audiovisuel
http://www.ina.fr

Simone Veil au Panthéon ? Pétition

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Des personnalités et des anonymes demandent que Simone Veil soit enterrée au Panthéon où elle serait la cinquième femme parmi « Les grands hommes » auxquels « la patrie est reconnaissante », selon la formule inscrite au fronton de l’édifice.

Simone Veil, celle que tout le monde veut voir entrer au Panthéon

Source photo http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170630.OBS1446/simone-veil-celle-que-tout-le-monde-veut-voir-entrer-au-pantheon.html

La famille de la défunte devrait donner son avis.

 

https://www.change.org/p/le-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-le-panth%C3%A9on-pour-simone-veil

Sur les 75 grands personnages du Panthéon, on ne trouve que quatre femmes.

Depuis 1907, Sophie Berthelot (1837-1907) en tant qu’épouse du chimiste Marcellin Berthelot, scientifique et homme politique panthéonisé.

Depuis 1995, Marie Curie (1867-1934) au nom de son mérite de scientifique.

Depuis le 27 mai 2015, Germaine Tillion (1907-2008). Ethnologue, résistante, déportée à Ravensbrück en 1943, elle a consacré ses travaux après-guerre à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et aux crimes nazis.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) est entrée au Panthéon le même jour que Germaine Tillion. Résistante de la première heure comme elle et déportée en 1944 au camp de Ravensbrück.

Des associations favorables à la parité hommes-femmes proposent de faire entrer au Panthéon d’autres femmes remarquables : résistantes, scientifiques, femmes de lettres, philosophes, artistes, championnes, telles qu’Olympe de Gouges, Solitude, George Sand, Camille Claudel, Louise Michel, Hélène Boucher…

 
En savoir plus sur http://www.ladepeche.fr/article/2015/08/09/2157031-les-femmes-d-exception-ne-sont-que-quatre-au-pantheon.html#QWAVUYX7gWmjmdMZ.99

Simone Veil s’est éteinte. Une grande lumière française disparaît.

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Simone Veil a définitivement clôt ses yeux ce matin à l’aube. De nombreuses célébrités françaises, politiques et autres, lui rendent hommage. Simone Veil fut longtemps la personnalité politique préférée des Français. Elle s’était retirée de la vie publique depuis près de deux ans parce qu’elle était gravement malade, un état aggravé par la disparition de sa sœur et de son époux. Elle avait 89 ans.

Je suis rarement affectée par la disparition d’une personnalité mais celle-ci me rend très triste, très très émue et triste.

Simone Veil fut une femme parfaitement digne dans sa vie personnelle et professionnelle -elle était magistrate- comme dans sa vie politique.

Déportée à 16 ans de Nice sa ville natale, survivante de la Shoah ayant perdu une partie de sa famille, elle n’était pas rancunière mais au contraire favorable à la construction de l’Europe, selon elle un facteur de paix. Elle fut la première femme présidente du Parlement européen, résultat tangible de son profond engagement.

Simone Veil parle de sa déportation http://www.ina.fr/video/I04341522

Ministre de la Santé de Giscard d’Estaing, elle défendit avec grand courage la légalisation de l’avortement, dite désormais loi Veil ou loi IVG. Elle du subir des injures, des insultes, des agressions au Parlement mais aussi chez elle et dans sa vie privée. Elle teint bon et, grâce à elle, le nombre d’avortements en France est passé de plus d’un million estimé à 200 000 avortements légaux officiels, effectués dans des conditions médicales et remboursés par la sécurité sociale. On veut souvent oublier que les avortements illégaux dans des conditions sordides débouchaient sur des septicémies, des salpingites qui entraînaient la stérilité, des traumatismes psychologiques graves et parfois la mort par hémorragie ou infection.

Simone Veil a défendu la loi sur l’IVG par humanisme , réalisme et solidarité féminine.

Simone Veil n’a pas renié ses origines juives ni sa détention à Auschwitz-Birkenau et a participé à toutes les initiatives en relation avec la mémoire de la Shoah. Elle avait toutefois appris que beaucoup de gens de tous horizons ne voulaient pas savoir et elle entretenait son besoin de parole avec celles et ceux qui avaient vécu la même expérience et étaient capables de la comprendre sans arrière pensée.

Simone Weil

Simone Veil, environ à l’âge de 16 ans quand elle fut déportée de Nice vers Auschwitz, une beauté qui lui sauva la vie et celle de sa mère. Source photo

Simone Veil était une femme bienveillante ce qui est rare dans le monde politique. Simone Veil restera un modèle de femme française pour les petites filles de France et d’ailleurs.


Témoignage : Simone Veil, déportée à Birkenau, Bobrek et Bergen-Belsen

ajoutée le 15 sept. 2016

Témoignage recueilli en mars 1997 pour la Survivors of the Shoah Visual History Foundation, Los Angeles.
Biographie : Simone Veil, née Jacob, garde le souvenir d’une enfance « exceptionnellement heureuse » à Nice, où son père, architecte, s’était installé peu avant sa naissance, en 1927. L’entrée en guerre puis l’occupation italienne affecte relativement peu cette quiétude. Mais la vie de la famille Jacob bascule en 1943, avec l’arrivée des Allemands à Nice. Simone doit quitter le lycée. Elle vit cachée (chez un professeur), comme le reste de sa famille. En mars 1944, un contrôle d’identité inopiné mène à son arrestation, puis à celles de sa mère, sa sœur et son frère. Transportée avec eux à Drancy, elle est déportée à Birkenau, puis à Bobrek, camp satellite d’Auschwitz, où elle travaille à l’usine Siemens. Les civils polonais alentour « ne pouvaient pas ne pas savoir », dit-elle. L’avancée des Soviétiques pousse les SS à faire évacuer le camp. Simone survit avec sa mère et sa sœur à la marche de la mort, qui les mène jusqu’à Monowitz, dans d’horribles conditions. Elles sont ensuite transférées à Bergen-Belsen, où sa mère meurt du typhus, en mars 1945. Son frère et son père ont également péri dans les camps. Sa sœur aînée, entrée en résistance et déportée à Ravensbrück, a survécu.  Après son retour à Paris, Simone Jacob épouse Antoine Veil, futur inspecteur des finances. Elle entreprend des études de droit et de sciences politiques, puis commence, dans la magistrature, une brillante carrière. Nommée ministre de la santé par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle fait adopter l’année suivante une loi sur l’avortement. Elle devient, en 1979, la première présidente du Parlement européen. Depuis 1998, elle est membre du Conseil constitutionnel, dont elle s’est mise provisoirement en congé pour faire campagne en faveur de la Constitution européenne.  Elle est aussi présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, fidèle à son engagement « contre toutes les intolérances ».

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Simone Veil, par ses enfants – C à vous – 17/10/2016

 

 

11 juin 1917 . Les Midinettes obtiennent le samedi après-midi

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11 juin 1917 : la victoire des Midinettes

Les Midinettes sont ces jeunes ouvrières et vendeuses dans la couture parisienne qui se contentent, à midi, d’un repas sommaire…

 

Le 11 juin 1917, les Midinettes remportent une grande victoire. Les Midinettes sont ces jeunes ouvrières et vendeuses dans la couture parisienne qui se contentent, à midi, d’un repas sommaire, c’est-à-dire d’une « dînette ». Midi et dînette sont contractés et donnent « Midinette ». Elles connaissent une petite heure de gloire avec le film muet Les Midinettes, réalisé en 1909 par Louis Feuillade, et leur « Grand Soir » intervient le 11 juin 1917. Ce jour-ci, le président de la République Raymond Poincaré promulgue la loi votée par la Chambre des députés et le Sénat concernant le temps de travail. Son article Ier stipule notamment : « Le repos pendant l’après-midi du samedi sera assuré aux ouvrières de tout âge dans des conditions déterminées, pour chaque profession et pour chaque région, en tenant compte des besoins du travail dans les diverses saisons, par des règlements d’administration publique, qui se référeront, dans les cas où il en existera, aux accords intervenus entre les syndicats patronaux et ouvriers de la profession et de la région. »  Les femmes vont donc pouvoir légalement se reposer le samedi après-midi et être payées.

Il est vrai qu’en ce début de XXe siècle et en cette période de guerre, peu de Françaises et de Français comptent leurs heures. Le gouvernement concède toutefois quelques libéralités et aménagements. La loi du 3 juillet 1916 limite à dix heures la journée de travail des femmes âgées de 18 à 21 ans, de même qu’elle interdit le travail de nuit pour les femmes de moins de 18 ans. Cependant, en mai 1917, ces midinettes qui travaillent pour de « grandes dames » de la société, un peu plus oisives qu’elles, se révoltent contre leur condition. Le mouvement part de l’atelier Jenny sur les Champs-Élysées.

Les ouvrières apprennent que leur semaine va être amputée du samedi après-midi. En effet, la guerre ralentit l’activité économique. Elles se retrouvent au chômage technique et se voient amputées d’une demi-journée de revenus. Les 250 couturières acceptent d’autant moins la situation que les ouvrières anglaises bénéficient de leur samedi après-midi avec maintien de salaire. Les midinettes de Jenny décident de faire grève et descendent dans la rue avec leurs belles robes noires et leurs élégants chapeaux. Ce qui fait bien sourire à l’époque… Elles se dirigent vers les Grands Boulevards où elles entraînent d’autres maisons de couture. Le mouvement se répand comme une traînée de poudre. De 250, elles passent bientôt à 1.000, 5.000 puis 10.000. Elles sont bientôt 20.000 à défiler dans Paris pour réclamer la semaine de cinq jours et demi. Le gouvernement, qui a déjà un peu de mal à contenir les mutineries militaires, finit par céder. D’autant que d’autres mouvement de grève commencent à poindre, notamment celui des « munitionnettes » de Firminy et chez les ouvrières de la confection militaire… Avec la promulgation de la loi du 11 juin qui acte le samedi après-midi libre mais payé, elles obtiennent gain de cause. Grosso modo, une semaine d’environ 55 heures par semaine payée 60.

 

Mais il faut attendre avril 1919 pour que la loi sur la journée de huit heures soit adoptée. L’Histoire peut-elle venir au service du gouvernement qui entend réformer le Code du travail ?

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