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Archives de Catégorie: contraception

8 mars 2015 Féminisme. Nous avions 20 ans en 68 et nous pensions pouvoir changer le monde …

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Les féministes historiques dont je suis avaient 20 ans en 68. Nous étions idéalistes, belles, enthousiastes, sincères et humanistes. Nous étions imprégnées de christianisme, de marxisme, de maoïsme, d’anarchisme, de judaïsme, de bouddhisme, de républicanisme, de psychanalyse et de toutes les grandes idées diffusées depuis des siècles par des philosophes et des scientifiques. Nous pensions pouvoir construire une société meilleure parce que plus égalitaire où les femmes, la moitié du ciel comme disait Mao, seraient respectées dans tous les domaines de la société au même titre que les hommes. Nous ne voulions ni dominer, ni être dominées et, pour ma part, j’adoptai la devise « ni maîtresse ni esclave ».

De nombreuses féministes nous avaient précédées dans l’Histoire et nous ne faisions que reprendre des revendications vieilles comme le monde mais, cette fois-ci avec de magnifiques modèles de militantes pour la cause des femmes.

Au cours de la première décade des années 70 nous connurent ivresse, rigolades, joies, espoirs et une libération réelle des morales religieuses, des diktats du patriarcat, des modes, de la morale avec sa pression sociale et des idéologies. Plus exactement, tout en se disant politique, le mouvement de libération des femmes se démarquait des organisations politiques qui, dans leur majorité, favorisaient les hommes et fonctionnaient selon un schéma patriarcal. Certaines femmes quittèrent alors organisations et partis pour rejoindre « le Mouvement », comme nous disions alors.

Lycéenne dans les années 60, j’étais révoltée par la discrimination institutionnelle dont les filles étaient l’objet. Élève d’un rare lycée mixte pour l’époque, j’avais interdiction de porter un pantalon, je devais mettre une blouse rose les semaines paires et une blouse bleue les semaines impaires tandis que les garçons portaient des blouses grises tâchées et couvertes de graffitis sans obligation d’en changer durant toute l’année, j’avais des cours de cuisine et de puériculture tandis que les garçons avaient « atelier ». A la maison, les filles devaient aider à la cuisine, mettre le couvert, faire la vaisselle tandis que les mâles de la famille se prélassaient au salon en écoutant les informations et lisant le journal, un moment sacré et essentiel pour eux.

Nous étions alors dans une grande sécurité matérielle car il n’y avait jamais de vols ni de délinquance dans le bourg où je vivais. Les portes des maisons restaient ouvertes et les clefs des véhicules sur le tableau de bord. Par contre les filles comprenaient très jeunes qu’elles étaient des proies potentielles et les adultes minimisaient l’incidence des réflexions graveleuses ou obscènes et quand le notaire me pinçait les seins en s’exclamant « ça pousse ! », j’étais la seule confuse et humiliée.

Autrefois, on disait aux petites filles, ne fais pas ceci, ne fait pas cela, une fille ne fait pas ça, ceci est réservé aux garçons. Et si la petite fille grimpait dans les arbres, courait après un ballon ou se roulait dans l’herbe à roule-barricot, criait de joie, on la traitait avec mépris et désolation de « garçon manqué. » Dans le Mouvement on disait au contraire « On peut tout faire, il suffit d’apprendre ». Et en effet, nous abandonnâmes nombre de nos inhibitions pour faire des journaux, des affiches en sérigraphie, résoudre nos problèmes de plomberie ou d’électricité, utiliser les premiers magnétoscopes et monter des vidéos et nous organiser en groupes de conscience non mixtes. Dans un de ces groupes des femmes utilisaient des miroirs pour voir de leurs propres yeux comment elles étaient faites, un privilège réservé jusque là à ces messieurs qu’ils soient gynécologues ou non. Pour Beaucoup, la vulve était encore « la partie infâme de leur individu » comme la morale puritaine le leur avait transmis avec ses histoires de femmes pécheresses, de filles de mauvaise vie et de dévergondées.

Bien qu’ils prétendissent le contraire, les hommes tenaient les femmes par le sexe, non pour le plaisir mais pour la reproduction de l’espèce, de la lignée et de la chair à canon. C’est pourquoi, dès les premiers engagements du Mouvement, le contrôle des naissances prit une grande importance. La pilule contraceptive venait juste d’être commercialisée en France et peu de gynécologues la prescrivaient. L’avortement était interdit et environ un million de femme avortaient chaque année à l’étranger si elles en avaient les moyens, sinon dans la clandestinité avec des méthodes barbares : recours aux faiseuses d’ange, introduction d’une aiguille à tricoter ou d’une queue de persil dans le col de l’utérus pour provoquer une infection qui parfois se transformait en tétanos mortel, absorption de potions soit-disant abortives, sauts de plusieurs mètres dans le vide, coups sur le ventre, etc. Ces méthodes cruelles entraînaient souvent la mort par septicémie, empoisonnement ou traumatismes. Les femmes qui survivaient couraient le risque d’une infection qui les rendrait stériles en bouchant leurs trompes ou en nécessitant une hystérectomie.

Malheureusement, les technologies progressant plus vite que ne changent les mentalités, les petits et grands chefs virent dans notre libération sexuelle une magnifique opportunité de se constituer des harems. Nous étions peut-être libres de nos corps mais nos têtes étaient sous l’emprise de la servitude volontaire ou du syndrome de Stokholm. Nous étions toujours psychologiquement dépendantes de nos mâles, qu’il y en eut un ou plusieurs dans notre entourage. Certaines féministes divorcèrent mais ce fut souvent pour tomber de Charybde en Scylla, soit pour s’unir à un révolutionnaire certes machiste mais pour la « bonne cause », soit pour s’unir à une femme avec laquelle elle reproduisait le schéma du couple hétérosexuel. L’expérience nous apprend que beaucoup de temps est nécessaire pour modifier les schémas psychologiques, sociologiques et légaux. Regardez la loi sur l’interdiction du pantalon aux femmes : édictée le 17 novembre 1800 elle ne fut abrogée qu’en 2013 !

En 1969, je n’étais absolument pas politisée lorsque, informée par une amie, je me rendis à une réunion du Mouvement à l’Ecole de la rue d’Ulm. Je fus immédiatement séduite par le discours enflammé mais réaliste de ces jeunes femmes intelligentes, éduquées, cultivées et sympathiques. Mon féminisme inconscient y trouva tout de suite un écho et du réconfort. Je n’étais plus seule à me révolter contre l’injustice de ma condition de femme, je n’étais plus ni folle, ni asociale, ni nulle et incapable. J’eu à peine le temps de savourer ma révélation que je partis étudier une année aux Etats-Unis où la toute fraîche émancipation des Afro-Américains prit le pas sur mon féminisme tout juste conceptualisé.

J’avais parfois côtoyé des noirs, notamment au lycée que fréquentaient quatre Camerounais en tout et pour tout et je ne leur avais trouvé comme différence que d’être particulièrement collants lorsque nous dansions dans les surprises-parties. A Saint-Louis du Missouri, je découvris à ma grande surprise que les noirs étaient noirs. Le nombre et le comportement faisaient la différence. En dehors des campus et des quartiers universitaires, la plupart de noirs vivaient dans des ghettos souvent misérables et ils restaient entre eux, jusque dans les bus où ils s’asseyaient au fond comme sous les lois ségrégationnistes. Les blancs les craignaient et eux ne se gênaient pas pour nous insulter ou nous manifester leur hostilité. Alors qu’un jour, accompagnée d’une étudiante noire, nous regardions des affiches épinglées dans le local d’une association noire, une femme vint rageusement  les arracher sous notre nez afin que nous ne puissions pas les lire. Mon amie noire fut outragée tandis que j’étais effarée. Il est possible que, du fait de mon expérience personnelle aux USA, par la suite je ne me suis jamais sentie vraiment concernée par l’assimilation du féminisme à l’anti-colonialisme. Je savais qu’une femme blanche était inférieure à un homme noir, quoi qu’en disent les marxistes et consorts. Et aujourd’hui, lorsque je constate que certains « collectifs de femmes » fusionnent féminisme, islamophilie et homophilie je suis consternée pour la bonne raison que le plus misérable des hommes se sentira toujours supérieur à la plus extraordinaire des femmes et qu’il n’hésitera pas à le lui prouver en la violant.

De retour en France, je me précipitai à la première réunion féministe venue. En une année, le Mouvement s’était étoffé et se réunissait désormais dans le bâtiment préfabriqué édifié dans la cour de l’Ecole des Beaux-Arts, rue Bonaparte. Nous étions de deux à trois cents femmes passionnées pour ces AG hebdomadaires, toutes belles et sympathiques. J’étais alors trop spontanée et naïve pour y distinguer des leaders, des manipulatrices et des ambitieuses. Tandis que nous débattions avec fougue, quelques hommes nous attendaient à l’extérieur. Parmi eux se trouvait Roland Castro, le futur « architecte du Président », chef de VLR (Vive la Révolution, Mao Spontex) et directeur de « Nous voulons tout ». Il avait « autorisé » les femmes de son groupuscule à le quitter (enfin presque) pour rejoindre le Mouvement. Annette, Sophie, Nadja et quelques autres s’étaient peu de temps auparavant enchaînées aux portes de la prison pour femmes de La Roquette et avaient pour cela un peu goûté à la prison. Elles étaient nos héroïnes du moment mais pour ma part, je m’intéressais plus à Hubertine Auclert qu’une plaque située juste en face de la prison de la Roquette rappelait à mon bon souvenir. J’avais été particulièrement conquise par les féministes du XIXème siècle qui avaient efficacement déblayé les tunnels et voies sans issue de la condition des femmes, notamment en matière d’éducation.

Hubertine Auclert  (1848-1914). Source photo http://www.eveleblog.com/approfondir/connaissez-vous-hubertine-auclert/

A suivre …

Pour en savoir plus

  • Archives du féminisme sur le blog Re-belles

http://re-belles.over-blog.com/

  • Revue féministe Sisyphe

un site féministe d’information, d’analyse et d’opinion.

http://sisyphe.org/

Grande offensive contre l’avortement. Pétition et manifestation dimanche 25 janvier.

Hostiles à l’avortement pour des motifs religieux, les adeptes de la « Marche pour la vie » lancent une grande offensive contre l’avortement. Ils font circuler une pétition qui aurait déjà recueilli 175 000 signatures et manifesteront dimanche prochain.

Afin de rallier le plus de partisans, les « Provie » recourent toujours aux mêmes arguments : le fœtus est un bébé, on tue des bébés, regardez le démembrement d’un fœtus au cours d’un avortement par aspiration, on laisse mourir les bébés nés d’avortements tardifs et éventuellement on les « pique » avant de les jeter aux ordures. Dans leur dernier document, ces opposants s’attaquent aux « avortements tardifs et infanticides néo nataux » pour mieux impressionner les esprits fragiles qui auraient résisté aux films de propagande déjà très « gore ».

Il ne s’agit plus de remettre en cause le droit des femmes à choisir leur grossesse mais du droit du fœtus à vivre tout en sachant qu’un fœtus ne peut pas vivre en dehors du ventre de sa mère et que si la médecine rend possible la survie de grands prématurés, ceux-ci porteront de graves séquelles, preuve s’il en était besoin que le ventre de la mère est indispensable à la transformation du fœtus en bébé. Ce sont pourtant les mêmes qui contestent les abus de langage en politique et qui abusent lorsque ça les arrange. Un fœtus est un fœtus. Un bébé est un bébé. Un fœtus n’est pas un bébé.

foetus. On voit bien que le foetus est complètement dépendant de l’utérus, du placenta et du corps de sa mère Source image

Bébé. Il rit, il est aimé, il est autonome dans l’expression de ses sentiments et de ses désirs source image

 

 

Les sciences humaines et médicales comme la psychiatrie, la psychologie, la psychanalyse, la pédiatrie, la psychogénéalogie, la sociologie et l’anthropologie nous apprennent que l’existence d’un enfant naît d’abord dans le désir des parents et que faute d’avoir été désirés de nombreux enfants souffrent et contiennent en germe des adultes souffrants qui seront incapables de se socialiser et de maîtriser les difficultés de la vie. On ne peut pas comparer, comme les « Provie » le font la souffrance mécanique d’un fœtus à la souffrance physique et psychologique d’un enfant ou d’un adulte qui ont conscience de leur souffrance. La mystique de la souffrance d’un fœtus est une religion, une conviction, une superstition qui pousse certains « Provie » à assassiner des medecins qui pratiquent des avortements, à donner la mort à des adultes qui ont aussi une famille pour sauver des fœtus qui ne sont pas biologiquement finis, n’ont ni autonomie ni conscience.

Revenons 40 ans en arrière quand l’avortement était interdit. A cette époque, on estimait à 1 million/an le nombre de femmes qui avortaient dans la clandestinité avec des méthodes rustiques : aiguille à tricoter passée à travers le col de l’utérus, queue de persil plantée dans le col de l’utérus, ingestion de potions abortives, exercices violents ou sauts d’une grande hauteur, recours à une faiseuse d’anges ignorante de règles élémentaires d’hygiène et ouverture forcée du col de l’utérus à l’aide d’ustensiles les plus divers. Ces méthodes entraînaient la mort de centaines de femmes par septicémie ou à la suite d’hémorragie. Des centaines d’autres devenaient stériles à la suite d’infection des trompes.

Aujourd’hui, grâce à la légalisation de l’avortement, seulement 200 000 femmes avortent chaque année dans des conditions médicales qui n’entraînent ni la mort ni la stérilité. On sauve donc chaque année environ 800 000 femmes grâce à la contraception et la vulgarisation des informations sur la planification des naissances.

Parmi les femmes qui avortent on compte bon nombre d’adolescentes dont l’avenir serait sérieusement ruiné par la maternité et dont la mère aurait du mal à poursuive sa carrière en s’occupant de son enfant maman. Une manière d’éviter ces grossesses précoces serait de responsabiliser les garçons qui se désolidarisent trop souvent de la femme qu’ils ont séduite et parfois forcée.

Derrière l’hostilité à la légalisation de l’avortement, il y a une tradition millénaire de christianisme qui prend à la lettre les paroles bibliques « Croissez et multipliez ». Une tradition qui ne supporte pas que la femme soit maîtresse de son propre corps et qu’elle puisse choisir ses grossesses. On retrouve la même tradition dans le judaïsme et l’Islam, ce dernier ayant construit tout un système d’enfermement et de contrôle violent des femmes.

Certes, dans le contexte actuel, on peut légitimement déplorer que les chrétiennes fassent moins d’enfants que les musulmanes dont certains dirigeants ont dit que leurs ventres étaient les armes du djihad, de la guerre sainte. En effet, de nos jours les naissances d’enfants musulmans sont très nombreuses et préfigurent ce fameux remplacement de population dont parle Renaud Camus. Il est édifiant que le prénom Mohamed vienne en tête des prénoms donnés dans les principales capitales d’Europe et que son nombre soit en progression constante depuis dix ans.Faut-il pour autant contraindre les femmes à porter des enfants non désirés ? Ce n’est souhaitable ni pour les femmes ni pour les enfants à venir.

La solution est ailleurs, dans le contrôle de l’immigration et dans une meilleure gestion des allocations familiales. Elles devraient être conséquentes pour les trois premiers enfants et supprimées à partir du quatrième considérant que les gens qui choisissent d’avoir plus de trois enfants ont les moyens de les élever. Dans cette configuration, je suis certaine qu’il y aurait moins d’immigrés se bousculant à nos frontières.

L’avortement n’est douloureux pour la femme que parce qu’elle est culpabilisée par une morale religieuse qui lui interdit de disposer de son corps et de planifier ses grossesses.

Interdire l’avortement ne résoudra pas les problèmes démographiques mais renverra les femmes à leur condition de procréatrices au même titre que la PMA que les Provie pourtant désapprouvent.

La Connectrice

Gel d’ovocytes. Le lobby médical au secours du sexisme

Le sexisme, la discrimination des femmes, est l’injustice la plus universelle, la plus répandue et la mieux acceptée à travers les âges et les mondes.

L’intervention de la médecine pour résoudre les questions sociétales est sans doute une révolution technologique mais c’est surtout le terrible aveu du refus profond des hommes à considérer les femmes comme leurs égales et à les respecter.

Il ne se trouve que de folles féministes (dont je suis) pour s’en indigner et tenter contre vents et marées houleuses à raisonner les hommes et les femmes aussi.

Nous avons au moins gagné le droit de travailler mais il ne faut pas exagérer. Nous sommes moins rémunérées que les hommes et écartées des instances de décision au prétexte que nous nous investissons moins dans notre travail, que nous nous absentons en congés maternité ou pour soigner un enfant malade. Les femmes ont eu beau faire leur preuve dans les activités professionnelles et politiques, elles restent sur un strapontin car il est bien connu qu’une femme doit s’occuper d’abord de ses enfants, de son mari et de sa maison.

Aux femmes la double journée de travail, les soins aux malades, aux handicapés et aux démunis. Ce serait la loi de la nature comme s’il fallait autre chose qu’un cœur, des mains, un cerveau, des connaissances, de l’expérience et des jambes pour accomplir ces tâches. Comme les femmes, les hommes sont aussi dotés de ces outils mais ils les réservent à des tâches qui leur garantiront indépendance, égoïsme, liberté, pouvoir et argent.

Le sexisme ne régressant pas, la médecine vient au secours du système. Mesdames, nous apprécions vos compétences et nous souhaitons vous exploiter honorablement, alors nous vous payons la congélation de vos ovocytes afin que vous ne deviez pas vous absenter pour reproduire l’espèce. Grâce à la médecine, point n’est besoin de changer la société et d’ennuyer les hommes en leur demandant de partager à la maison, dans l’entreprise et au sommet de l’Etat la charge de la reproduction des enfants et de la reproduction de la force de travail. Laissez les vivre tranquilles, arrêtez de menacer leur virilité en menaçant leur domination « naturelle ». Mais comme nous ne sommes ni ingrats ni sexistes, nous confions votre corps à la médecine qui peut désormais vous permettre de faire des enfants quand vous êtes stériles, de faire des enfants avec une femme, de faire des enfants à tout âge, de faire des enfants sans utérus, de faire porter vos enfants par une autre femme et de faire vivre vos enfants gravement malformés et handicapés quand le corps a provoqué un  accouchement très prématuré comme signal de sélection naturelle. On le sait certains magiciens médecins se font une gloire de réanimer les « crevettes ».

La médecine a toujours été l’auxiliaire du machisme parce qu’elle véhicule le fantasme de son pouvoir sur le corps des femmes parce qu’elle peut le soigner comme le contrôler. Des hystériques du bon docteur Charcot au gel des ovocytes, en passant par l’excision thérapeutique, le continent noir de Freud, l’hystérectomie abusive, le mouvement anti avortement du professeur Lejeune, la PMA, la GPA, l’inaboutissement de la contraception masculine le lobby médical n’a jamais cessé de proposer à chaque époque des alternatives au contrôle du corps des femmes pour les maintenir sous la domination des hommes.

Pour en savoir plus

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/3960-congelation-d-ovocytes-avantage-en-nature-dans-la-silicon-valley

Facebook et Apple financeraient la congélation des ovocytes de leurs employées pour, selon ces sociétés, leur permettre de mieux gérer leur carrière et favoriser l’égalité femmes hommes au travail…

Spécial féminisme sympa

  • Majorité opprimée. Un court-métrage qui inverse les rôles sociaux de l’homme et de la femme avec une cruelle pertinence et une belle impertinence

    MAJORITE OPPRIMEE, un film d’Eléonore Pourriat (2010)

  • Pisser debout. 

GiedRé dans J’irai loler sur vos tombes ! qui nous chante pour notre plus grand plaisir  » Pisser Debout  »

paroles :

Si j’avais des poils sur le torse
Si dans mon jean ça faisait une bosse
Si j’avais du poil au menton
Mais pas comme Susan Boyle non comme un garçon

Si mes poils sous les bras étaient acceptés
S’ils étaient un gage de ma sexualité
Dans ma vie j’aurais beaucoup moins d’embrouilles
Si, oh si, oh si j’avais des couilles

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Être un homme c’est beaucoup plus économique
A trois euros cinquante le paquet de serviettes hygiéniques
Et les capotes sont distribuées gratos dans la rue
Alors que ma pilule est même pas remboursée par la sécu

A 45 ans je pourrais devenir un vieux beau
Alors que là à 30 ans je serai déjà une vieille peau
Refaire sa vie avec une jeune bimbo
C’est quand même plus glamour que de s’payer des gigolos

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Plus besoin de m’accroupir comme une clodo entre deux voitures
Je pourrais en toute impunité pisser contre un mur
Plus de collants filés, plus de cire orientale
Plus de mascara qui coule, plus de frottis vaginal

Comme Mylène Farmer j’ai posé cette question
J’ai dit, dis Maman, pourquoi je ne suis pas un garçon ?
Ma mère m’a répondu que j’étais encore pire que ça
Vulgaire comme un mec, bête comme une fille, je suis les deux à la fois

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Si j’étais un homme je serais pas capitaine d’un bateau
Non, j’irais plutôt me taper des putes à Porte Maillot
Je remplacerais la salade sans sauce par une choucroute saucisse
J’aurais plus l’obsession de la taille 36

Je pourrais faire l’amour tous les jours du mois
Je serais capable de monter un meuble Ikea
Je serais plus une traînée et deviendrais un Dom Juan
Si j’étais un homme, si seulement

Ouhouhou si seulement j’pouvais pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais tellement pisser debout
Pisser debout

  • TouTes des PuTes
    eXTRaiT de MoN PRochaiN Cédé à paRaîTRe bieNTôT

    Toi aussi Fais des aNus avec Tes MaiNs!
    http://www.giedre.fr

  • Benoite Groult . Je suis née avec zéro droits. Le féminisme est la plus belle chose du monde. Le féminisme est aujourd’hui considéré comme une maladie honteuse.

Extrait de notre entrevue avec Benoîte Groult qui ne se retrouve pas dans notre documentaire intitulé OmbrElles (à voir sur ma chaîne YouTube) réalisé par trois étudiantes québécoises lors d’un échange étudiant en France. Cette entrevue a été filmée avant une conférence qu’elle a donnée à Troyes dans la région de Champagne-Ardenne.

  • Anne Sylvestre. Non tu n’as pas de nom. L’enfant commence à exister avec le désir de ses parents et sa mère n’est pas qu’un ventre.
  • Marie-Paule Belle. Wolfgang et moi.

Marie Paule Belle chante Wolfgang dans l’émission Acoustic sur TV5 Monde. La chanteuse donne la voix à « Léopoldine la soeur de Mozart » .. ».Il jouait les don juan, moi je le composais … »

  • Marie-Paule Belle. La Parisienne.Ecrite dans les années 70, cette chanson est toujours d’actualité mais il faudrait ajouter que, pour être une parisienne « normale » il faut aussi être lesbienne, bi , mariée et mère avec une personne de même sexe.

 

 

 

Matière à réflexion : non au culte de la cellule au détriment des êtres vivants et souffrants

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J’ai reçu cet article d’un lecteur. Je trouve que son raisonnement prête à réflexion, je vous le livre donc, tel quel.

La Connectrice

Mystique ou adulation cytologique

 

Je me trompe peut être, mais on n’entendait plus parler de la Création et des créatures de Dieu dans l’Eglise du Christ. En tous cas, je n’avais pour ma part aucun écho de ces paroles essentielles à travers les homélies, encore moins à travers la « presse catholique » Quelle joie d’entendre à nouveau cela de la bouche du pape François : 

les créatures de Dieu ! Comme c’est beau et évocateur ! Et juste, puisqu’il y aussi les bêtes, la nature !

Depuis des années, je t’entendais parler que de la « vie », du « respect de la vie » et ç’était là un discours rien moins que clair. Il y aurait énormément à dire. Mais, en gros, on avait l’impression que « la vie », cette vie martelée jusqu’à saturation par un certain catholicisme, elle était de plus en plus étrange, de plus en plus réduite et pour tout dire, de plus en plus morte ! La vie, c’était d’abord la vie exclusivement humaine (tant pis pour les autres créatures de Dieu !) puis on comprenait implicitement que la vie, c’était avant tout celle de l’embryon, et pour finir on apprenait que la vie à défendre, c’était celle des cellules embryonnaires !

C’est à dire que la vie, c’était tout sauf la réalité de la Création dans sa totalité et dans sa réalité naturelle et historique. On était donc en plein réductionnisme glacé, à la remorque des définitions les plus contingentes et les plus passagères de la vie par les biologistes, les biochimistes, les généticiens qui, eux, sont, heureusement, parfaitement conscients du caractère approché, régional et provisoire de leurs conceptualisations et donc de la contingence historique de leurs paradigmes.

Cette réduction de la religion au « respect de la vie » à l’embryolâtrie, à la cytolâtrie (je rappelle que la cytologie est la science qui étudie le vivant au niveau de la cellule), son origine historique et ses fonctions ne sont que trop évidentes. La cellule vivante que nous devrions adorer et respecter, elle est effectivement vivante mais comme l’individu du capitalisme pourrissant : elle se nourrit, elle excrète, et basta ! Cette vie de type embryonnaire ou cellulaire, évidemment inconsciente et apathique, promue jusqu’à l’obsession, c’est bien celle qui est imposée aux hommes adultes par l’industrie culturelle du capitalisme pourrissant.

 Et c’est effectivement le modèle de vie que nous proposait depuis trente ans peut être l’Eglise qui avait choisi, consciemment ou non, d’ignorer la complexité proprement épistémologique et historique des conceptions de la vie pour être à la traîne et à l’affût des analyses partielles et régionales de la biologie.

Alors, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour commencer à percevoir par quel truchement cette conception étrange de la vie a pris la place de la vie réelle, historique dans la théologie contemporaine.

C’est un résultat parmi bien d’autres de la glaciation mentale générale qu’a induit peu à peu le capitalisme le plus âpre, et que l’on désigne habituellement par le concept de réification. On pourrait citer par exemple l’animal de ferme devenu une pure machine à produire de la viande et on a confirmation d’une profonde cohésion dans l’horreur de la réification en remarquant que la divinisation de la vie cellulaire est corrélative du plus profond oubli et mépris de l’animal de laboratoire pour lequel la gent pseudo-catholique dressée (il n’y a pas d’autre mot à ce niveau de non-pensée) à l’adoration des cellules n’a jamais, jamais eu la moindre trace de compassion. Il y aurait encore beaucoup à dire en suivant le chemin que je viens de tracer mais cela serait long et complexe. Je dois, en conclusion, aller à l’essentiel.

 

    On avait cru comprendre que le christianisme était la religion de la divinisation de l’homme lors de son retour à Dieu par la médiation de Jésus christ et à travers les acquis de l’expérience mystique. C’est peut être par le rappel de cette expérience mystique que l’Eglise aurait pu éviter de se donner le ridicule de l’adoration des cellules embryonnaires et de l’oubli corrélatif d’une création, hommes et bêtes, qui vit certes mais dans un tout autre sens, phénoménologique et existentiel, et qui, souvent, souffre. Mais peut être aussi que certains avaient intérêt à faire oublier l’expérience mystique et à transmuter l’Eglise en une confrérie proposant pour tout objet à ses fidèles l’adoration pleurnicharde des cellules « humaines ». Difficile de trouver un meilleur moyen de crétinisation et d’infantilisation, il faut l’avouer.

Espérons que le cauchemar de la prosternation devant les cellules embryonnaires va prendre fin avec le pape François. Il semble, lui, se souvenir que les Evangiles, ce n’est pas une adoration figée et stuporeuse de la matière, fut-elle organique, mais une histoire pathocentrée qui se passe entre des êtres vivants et souffrants et leur Créateur.

 

                                                                                  Jacques-Yves Rossignol 

Avortement de confort, s’il y a confort, c’est celui de l’homme irresponsable, Marine !

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Une fois de plus, Marine le Pen a reproché aux femmes d’avorter par » confort ».http://www.marianne2.fr/IVG-Marine-Le-Pen-mal-informee_a216216.html

L’avortement de « confort » est la rengaine des opposants au droit à l’avortement. Quand ils ne demandent pas l’abrogation de la loi Veil, ils demandent la suppression des crédits nécessaires au fonctionnement des centres d’orthogénie et ceux attribués au planning familial et à l’information sur la contraception. C’est un paradoxe car si on ne maîtrise pas la contraception on court le risque de subir des grossesses non désirées et donc, d’avorter. Certes, Marine le Pen a une solution pour les femmes qui ne veulent pas d’enfant, elle propose qu’on facilite l’adoption, acceptant implicitement le concept de mère porteuse. Ce faisant Marine le Pen flatte son électorat catholique qui est majoritairement opposé à l’avortement et qui le démontre spectaculairement par des manifestations publiques régulières.http://www.dailymotion.com/video/xgpnay_marche-pour-la-vie-paris-2011-philippe-isnard_news

Contrairement à ce que les opposants à l’avortement prétendent, la loi Veil n’oblige personne à avorter. Le choix est laissé à la femme enceinte. Le problème est que s’il y a confort quelque part, il est chez l’homme qui n’utilise pas de moyen de contraception et impose à sa partenaire des grossesses comme des maladies. En effet, lors d’un rapport sexuel, on peut attraper des maladies et tout le monde en convient mais on peut aussi attraper des bébés et là, la femme se retrouve seule face à son dilemme.

Une attitude rationnelle pour éviter les avortements serait de responsabiliser les garçons et les hommes, ce qui n’est jamais fait. On est en droit de se demander si la mise entre parenthèses de la responsabilité des hommes dans les grossesses non désirées n’est pas une manière de contraindre les femmes à avoir des enfants malgré elles.

L’avortement a toujours existé. Les femmes y ont eu recours depuis des millénaires avec des résultats catastrophiques pour leur vie et leur santé : hémorragie mortelle, tétanos, infections conduisant à la stérilité, détoriation de la santé par absorption de produits toxiques, introduction d’une aiguille à tricoter ou d’une queue de persil dans le col de l’utérus, mutilations volontaires pour avorter sans oublier les femmes qui se tapent sur le ventre avec un marteau, celles qui supplient leur compagnon de leur cogner le ventre avec leurs points ou celles encore qui se jettent de trois étages. C’est pour éviter ces drames que l’avortement a été autorisé et remboursé par la sécurité sociale. La loi Veil a souhaité donner une réponse à un problème de santé publique.

Celles et ceux qui dénoncent l’avortement de « confort » sont les mêmes qui, de tous temps ont crié au scandale des filles mères et des enfants adultériins, ces gens qui, il y a quelques dizaines d’années excluaient de la société convenable les fruits du pêché et leurs mères. Heureusement, aujourd’hui le législateur a donné aux enfants nés hors mariage les mêmes droits que les enfants du mariage et on ne parle plus de filles mères mais de mères célibataires qui ont les mêmes droits que les autres mères.Les géniteurs ont été responsabilisés, encore faut-il qu’ils acceptent contribuer aux besoins alimentaires de l’enfant et de se soumettre à des tests ADN. On se souvient du scandale Montand. Pour le populo, le scandale n’était pas qu’il ait refusé de se soumettre à un test mais qu’on ait fait un test à partir de sa dépouille. Ces hommes qui copulent à droite et à gauche trouvent anormal que la justice évalue leur responsabilité. Où est le véritable scandale ?

Les adversaires de l’avortement légal prétendent que les femmes qui avortent en subissent à vie les conséquences psychologiques, que ça les détruit. Est-ce le fait d’avorter qui traumatise les femmes ou bien la désapprobation et la culpabilisation dont elles sont victimes de la part d’une frange de la société qui voudrait dicter sa loi religieuse et morale à toutes les femmes de France ?

Avortement et église catholique, revoir « Le cardinal » d’Otto Preminger (1963)

« Le cardinal » d’Otto Preminger a admirablement posé la question  en 1963. Le débat agitait les esprits depuis plus longtemps puisque le film est l’adaptation d’un roman publié en 1950.

Preminger se prononce pour l’avortement, ose montrer les ravages du Ku Klux Klan et du racisme ordinaire qui minent la société américaine. . Dans le film, le prêtre deviendra cardinal en sacrifiant sa soeur au profit du bébé, une scène particulièrement dramatique, en collaborant avec les nazis contre les Juifs et avec Rome en faveur du Ku Klux Klan. Ce film montre le lien entre le refus du droit à l’avortement et les comportements les plus réactionnaires que notre société a pu produire comme le nazisme et le racisme. De la même façon qu’aujourd’hui la question de l’avortement est liée à un regain phénoménal du racisme anti femme, le sexisme, la remise en question de la laïcité et le diktat des intégrismes religieux au détriment de nos valeurs démocratiques.

Nature contre culture

Avorter, c’est transgresser le dogme de l’église catholique romaine qui est très puissante en France. L’église dit qu’il est écrit « croissez et multipliez », que la femme est faite pour avoir des enfants, que la vie commence avant même la fécondation de l’oeuf. Les menstruations sont impures dans la plupart des religions parce qu’elles correspondent à l’évacuation d’un ovule non fécondé. Il en est de même pour la masturbation masculine qui gaspille de la semence. Alors imaginez l’idée d’évacuer un oeuf fécondé, un embryon ou un foetus, ce ne peut être qu’un crime et les anti avortements le soulignent en parlant de « bébé ». On tue des bébés clament-ils. Or rien ne ressemble moins à un bébé qu’un embryon ou un foetus qui n’est pas terminé et qui ne pourrait pas survivre hors du ventre de sa mère, même avec les machines les plus sophistiquées de la terre. On sait que les grand prématurés sont si peu finis qu’ils nécessitent des soins intensifs et qu’il n’est pas rare qu’ils gardent à vie des séquelles, parfois très graves, de leur naissance avant terme.

Il me semble qu’on ne peut pas d’un côté glorifier la nature en disant qu’elle fait bien les choses et d’autre part s’opposer à des processus naturels de naissance avant terme de foetus mal formés qui ne survivraient jamais à l’é »tat naturel. En réalité, rien n’est naturel dans notre société contemporaine car si nous avions écouté les religions, le progrès scientifique, le progrés médical et l’évolution de nos civilisations n’auraient pas été possibles. Souvenons nous comment elles ont martyrisé les scientifiques au nom de la morale. Heureusement que les sociétés ont fini par accepter les enseignements d’un Averroes ou d’un Galilée. PEn ce moment des groupes de pression s’opposent à l’évolutionnisme de Darwin au profit du créationnisme ces dernières années, un débat qui fait partie du phénomène régressif de nos sociétés. Des parents d’élèves mènent campagne contre l’enseignement des sciences dans les écoles et interdisent à leurs enfants de les suivre. Par exemple, le port du voile islamique et le refus de l’enseignement des sciences sont indissociables.

 Les croyances sont relatives et les vérités scientifiques ne sont pas toujours le reflet de la réalité car elles sont teintées de l’idéologie de leur époque et de ses dogmes dominants. La preuve en est que les croyances comme la science évoluent du fait d’un échange constant entre les réalités et les théories. L’intelligence d’une société se mesure à sa capacité d’adaptation aux réalités. En l’occurrence, légaliser l’avortement résulte de l’intelligence d’une société qui propose une solution à une réalité incontournable parce qu’elle est intemporelle et universelle.

Les femmes seules responsables de leur grossesse ?

Refuser l’avortement légal et médicalisé, c’est comme refuser des soins à un grand blessé de la route au prétexte qu’il est responsable de son malheur parce qu’il conduisait trop vite et en état d’ébriété. Si je suis la logique de Marine le Pen, je pourrais dire qu’il est beaucoup plus important de consacrer des crédit aux soins des seniors innocents plutôt qu’à des chauffards irresponsables. Dans le même registre, on refuserait de soigner les sportifs qui prennent des risques physiques en connaissance de cause ou des hommes qui ont attrapé le VIH en refusant de se protéger. On ajoutera à la liste de Marine le Pen les fumeurs, les alcooliques, les goinfres obèses, les drogués, les paresseux qui ne mangent pas 5 fruits et légumes par jour, etc.Ne peut-on pas dire que ces gens là reçoivent des soins de confort sur le dos du contribuable ?

La notion de « confort » médical est avancée par la sécurité sociale pour dérembourser des médicaments, certains faisant partie de la liste des antalgiques alors que dans le même temps les hôpitaux incitent les patients à réclamer tous les moyens d’éradiquer la douleur, à commencer par les pompes à morphine. Dans le même temps la sécu continue à rembourser pour le grand bonheur des labos qui les fabriquent toutes sortes des poudres de perlimpin comme les pansements gastriques, les sirops contre la toux ou les anti inflammatoires à base de cortisone dont les effets secondaires sont très lourds et qui sont l’équivalent d’un cautère sur une jambe de bois.

Le concept de médicament ou avortement « de confort »

Quand Marine le Pen reprend la terminologie de la sécurité sociale pour parler de l’avortement, on comprend d’emblée que la démarche est purement administrative et politique et qu’elle n’a rien à voir avec l’intérêt et la santé des femmes en cause. Marine le Pen flatte son électorat catholique intégriste sur le dos des femmes en détresse, au même titre que n’importe quel politique mâle qui ne se soucie guère des intérêts de la moitié du ciel, une « minorité » majoritaire indispensable à permétuer la dictature des hommes sur les femmes.

Si Marine le Pen était sincèrement concernée par la cause des femmes, elle proposerait pour éradiquer l’avortement et les grossesses non désirées, de développer la prévention en s’adressant aussi bien aux garçons qu’aux filles, en responsabilisant les garçons et, éventuellement, en prévoyant des sanctions pour les hommes responsables de grossesses non désirées qui n’auraient pris aucune précaution pour les éviter en même temps que leur famille qui refuse d’assumer la mauvaise éducation de leur rejeton. Il n’est pas normal que de très jeunes filles se retrouvent enceintes et que les grand-mères soient contraintes d’élever leurs petits enfants alors que le géniteur les a abandonnés et que sa famille l’approuve. Il y a un consensus de rejet autour de la fille enceinte, non mariée, forcément une pute,  alors que le garçon responsable de la grossesse sera plaint, admiré pour le succès de son donjuanisme et se mariera plus tard avec la femme que sa famille approuvera. Sur ce plan, notre société a complètement régressé sous l’influence des intégrismes religieux et de celui de l’Islam en particulier.

On le voit, la question de l’avortement est hautement complexe et ne peut être réglée à coup de déclarations irresponsables. L’avortement n’est qu’un épiphénomène parmi de nombreux autres de la condition des femmes dans des sociétés organisées et dirigées par les hommes pour les hommes.

Depuis la loi Veil autorisant l’IVG, notre société n’a fait que reculer sur la question en se désengageant de l’information sur la contraception, en diminuant les crédits des centres d’orthogénie, en dévalorisant les médecins qui pratiquent des avortements, en fermant les yeux sur la mise à l’index des femmes qui avortent « par confort » et en éliminant les femmes des instances de décision.

Philippe Isnard, héros saint des fanatiques contre l’avortement

Depuis quelques années, les mouvements catholiques contre l’avortement militent pour l’abrogation de la loi Veil et ont connu avec l’affaire du professeur Isnard leur apogée dans la dénonciation fanatique de l’IVG. Le professeur en question a projeté dans sa classe un film particulièrement choquant montrant des foetus disloqués par la technique d’aspiration abortive.http://www.avortementivg.com/article-20431745.html Le professeur a été révoqué et est devenu un héros pour ses amis.

Philippe Isnard fait désormais l’objet d’un véritable culte chez les catholiques intégristes.

http://www.lepoint.fr/societe/le-professeur-d-histoire-anti-ivg-revoque-pour-faute-lourde-05-04-2011-1315557_23.php

Voici le film en question no need to argue http://www.avortementivg.com/article-20431745.html

http://enmarchepourlavie.fr/interview_de_philippe_isnard_avec_webtvcn

http://www.liguedusud.com/pour-aider-philippe-isnard/

http://www.evangelium-vitae.org/actualite/1650/tabou-sur-l-avortement-en-france.htm

http://www.dailymotion.com/video/xgpnay_marche-pour-la-vie-paris-2011-philippe-isnard_news

http://politis-philippe.blogspot.com/2011/10/courage-cher-philippe-isnard-vous-netes.html

Prochoix contre Provie http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2010/12/21/2323-manosque-nous-demandons-la-revocation-definitive-de-philippe-isnard

Marine le Pen n’aime pas les femmes

Dans l’émission de jeudi 23 février 2012 « des Paroles et des actes », Marine le Pen était l’invitée de Pujadas et Giesbert http://www.francetv.fr/2012/minute-par-minute-le-pen-a-dpda-102407

Je laisse aux nombreux internautes et journalistes le soin de commenter cette prestation dans sa totalité. Je me suis particulièrement intéressée à ce qu’elle a dit sur l’avortement, la contraception et le « droit » des femmes à rester à la maison pour élever leurs enfants.

Marine le Pen fait partie de ces rares femmes qui ont réussi à exister dans un monde d’hommes. Il faut du courage, de la volonté et de l’obstination pour franchir toutes les barrières du système verrouillé par les mâles pour les mâles. Marine le Pen est une soldate qui a réussi à gagner sa légitimité par ses propres mérites car il ne suffit pas d’être fille-de pour y parvenir.

Malheureusement, il est rare que des femmes sorties du carcan patriarcal tendent la main aux autres femmes. Elles ont plutôt tendance à s’identifier aux hommes et à recruter dans leur club très fermé. Elles n’ont pas beaucoup le choix, il faut bien l’admettre. Certaines toutefois n’oublient pas leurs soeurs et leur tendent la main, comme le font toutes les femmes de pouvoir qui participent au Women’s forum.http://www.womens-forum.com/ Dans le passé, certaines femmes ont défendu la cause des femmes comme Françoise Giroud ou Simone Veil, la seconde ayant pris d’énormes risques.

La candidate Ségolène Royal s’était entourée d’une équipe majoritairement masculine et ne s’est poas particulièrement attachée à défendre les intérêts des femmes car soucieuse de prouver qu’elle était un homme comme les autres. Mal lui en a pris, tous les hommes, même ses partenaires politiques, ont tout fait pour l’éliminer avec souvent des méthodes indignes.https://laconnectrice.wordpress.com/2006/10/08/segolene-se-moque-des-femmes-lettre-ouverte/

La place des femmes est à la maison

Marine le Pen part du principe que les femmes sont obligées de travailler car un salaire ne suffit pas à nourrir une famille.

La raisonnement est fondé sur la conviction que la place de la femme est à la maison, que le salaire de l’homme est le principal revenu et que les enfants ne sauraient être élevés que par leur mère. Voilà une vision très rétrograde du rôle des femmes dans notre société, un rôle que Marine le Pen ne joue pourtant pas personnellement.

Alors, bien sûr, elle insiste sur le choix. Une femme doit pouvoir librement choisir de travailler ou rester à la maison.

Pourquoi ce choix serait-il exclusivement réservé à la femme ? On sait aujourd’hui que les hommes aussi aimeraient rester à la maison pour élever leurs enfants. Seulement, ces hommes-là ne sont ni encouragés ni valorisés tant dans leur propre entourage familial et amical que dans leur entourage professionnel. Il n’y a guère que les  moyens fonctionnaires qui peuvent se payer le luxe de s’occuper à parts égales avec leur épouse de leurs enfants et de la maison.

A partir du moment où l’on pose comme hypothèse de départ qu’une femme doit pouvoir choisir entre son activité professionnelle et ses enfants, la messe est dite et on retrouve les conséquences de cette idéologie dans le traitement des filles, leur éducation, leur formation, leur carrière, leur salaire, leur place en politique, leur place à la direction des entreprises et de la gouvernance du pays, leur retraite et leur utilisation criminelle pour le repos du guerrier.

Il est tout de même curieux que Marine le Pen envisage de faire la révolution sur l’euro, sur la préférence nationale, sur le protectionisme mais qu’il lui vient si peut de volonté de transformation du statut et du rôle des femmes dans notre société;

l’avortement

Marine le Pen ne se prononce pas contre l’avortement mais a dit très clairement hier que si, pour des raisons budgétaires, elle devait choisir entre les soins aux personnes âgées et l’avortement, elle choisirait les personnes âgées.« Je dis, s’il y a un choix à faire, s’il y a vraiment des économies à faire, l’avortement est quelque chose qu’on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d’éviter d’avoir une grossesse non désirée. Si j’ai un choix à faire, je vais l’assumer. »http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/01/25/marine-le-pen-veut-mettre-au-pas-le-planning-familial-228731 Tous les mouvements catholiques anti avortement, Marche pour la vie, Provie seront rassurés.

Quand on connait la misère des centre d’orthogénie, de leurs manques de moyens, de leur obligation de refuser des femmes faute de place, on comprend que Marine le Pen laisserait la situation se dégrader jusqu’à extinction des moyens.http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/ivg-un-droit-avorte_934184.html D’ailleurs, sans dire qu’elle est opposée à l’évortement, elle rentre dans les discussions sur l’avortement comme moyen de contraception et laisse artistiquement planer un doute sur sa légitimité.

Dans le programme du FN, on peut lire que tout serait fait pour dissuader les femmes d’avorter en leur proposant de donner leur enfant à l’adoption.

D’autre part, MLP se dit favorable à l’information sur la contraception tout en reprochant au planning familial de faire de la propagande en faveur de l’avortement. On sait que la Planning familial qui fait un remarquable travail d’information est régulièrement menacé de coupures de subventions.

Si Marine le Pen aimait les femmes elle prendrait en considération les réalités suivantes :

  • L’avortement est une réalité, de nos jours on estime à 200 000 le nombre d’avortements annuel en France
  • L’information sur la contraception n’est pas systématique ni encouragée, elle est même décriée par les lobbies religieux
  • La planification des naissances, la contraception dépendent aussi du comportement des hommes. Il ne peut pas y avoir de contrôle des naissances efficace sans une responsabilisation des hommes. Or on sait qu’ils s’en désintéressent dans leur immense majorité. Une récente enquête auprès des étudiants montrait qu’ils se déresponsabilisent de plus en plus. http://www.elle.fr/Societe/News/Contraception-des-etudiants-les-garcons-se-desinvestissent-1907762 Quand on se soucie de l’intérêt des femmes, Madame le Pen, on en appelle à la responsabilité des hommes et vous vous en gardez bien.

Liberté de conscience à géométrie variable

Madame le Pen en appelle au respect de la liberté de conscience lorsqu’il s’agit de l’avortement. Il faut comprendre conscience religieuse catholique romaine. Or toutes les Françaises et les Français ne partagent pas la même définition de la liberté de conscience pour la bonne raison que nous n’avons pas de religion d’état, que nous sommes un pays laïque où, dans les limites des lois de la République, la liberté de conscience repose précisément sur la diversité des consciences. Par exemple, certains religieux considèrent que la vie commence avec un ovule ou un spermatozoïde quand d’autres personnes considèrent que le désir d’enfant est indispensable à l’existence d’un être humain. Certains considèrent qu’il vaut mieux abandonner un enfant plutôt qu’avorter alors que d’autres pensent qu’il est criminel d’abandonner un enfant qui n’a pas demandé à naïtre et que cet abandon pésera dramatiquement sur sa vie entière.

Certaines personnes considèrent qu’une jeune fille doit avant tout s’instruire, apprendre un métier pour rentrer dans la vie active. D’autres pensent que même à 15 ans, une jeune fille est avant tout une mère et qu’elle doit sacrifier son avenir à ce destin.

On le voit, la liberté de conscience est à géométrie variable précisément parce que nous avons, théoriquement, la liberté de conscience.

Et pour assurer la liberté de conscience, un choix réel doit être offert par nos lois et nos institutions.

L’information sur la contraception à destination des filles et des garçons, ainsi que le fonctionnement des centres d’orthogénie doivent être assurés avec le plus grand sérieux et sens des responsabilités. A cette seule condition, Madame le Pen pourra parler de liberté de conscience.

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