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Archives de Catégorie: contraception

8 mars 2015 Féminisme. Nous avions 20 ans en 68 et nous pensions pouvoir changer le monde …

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Les féministes historiques dont je suis avaient 20 ans en 68. Nous étions idéalistes, belles, enthousiastes, sincères et humanistes. Nous étions imprégnées de christianisme, de marxisme, de maoïsme, d’anarchisme, de judaïsme, de bouddhisme, de républicanisme, de psychanalyse et de toutes les grandes idées diffusées depuis des siècles par des philosophes et des scientifiques. Nous pensions pouvoir construire une société meilleure parce que plus égalitaire où les femmes, la moitié du ciel comme disait Mao, seraient respectées dans tous les domaines de la société au même titre que les hommes. Nous ne voulions ni dominer, ni être dominées et, pour ma part, j’adoptai la devise « ni maîtresse ni esclave ».

De nombreuses féministes nous avaient précédées dans l’Histoire et nous ne faisions que reprendre des revendications vieilles comme le monde mais, cette fois-ci avec de magnifiques modèles de militantes pour la cause des femmes.

Au cours de la première décade des années 70 nous connurent ivresse, rigolades, joies, espoirs et une libération réelle des morales religieuses, des diktats du patriarcat, des modes, de la morale avec sa pression sociale et des idéologies. Plus exactement, tout en se disant politique, le mouvement de libération des femmes se démarquait des organisations politiques qui, dans leur majorité, favorisaient les hommes et fonctionnaient selon un schéma patriarcal. Certaines femmes quittèrent alors organisations et partis pour rejoindre « le Mouvement », comme nous disions alors.

Lycéenne dans les années 60, j’étais révoltée par la discrimination institutionnelle dont les filles étaient l’objet. Élève d’un rare lycée mixte pour l’époque, j’avais interdiction de porter un pantalon, je devais mettre une blouse rose les semaines paires et une blouse bleue les semaines impaires tandis que les garçons portaient des blouses grises tâchées et couvertes de graffitis sans obligation d’en changer durant toute l’année, j’avais des cours de cuisine et de puériculture tandis que les garçons avaient « atelier ». A la maison, les filles devaient aider à la cuisine, mettre le couvert, faire la vaisselle tandis que les mâles de la famille se prélassaient au salon en écoutant les informations et lisant le journal, un moment sacré et essentiel pour eux.

Nous étions alors dans une grande sécurité matérielle car il n’y avait jamais de vols ni de délinquance dans le bourg où je vivais. Les portes des maisons restaient ouvertes et les clefs des véhicules sur le tableau de bord. Par contre les filles comprenaient très jeunes qu’elles étaient des proies potentielles et les adultes minimisaient l’incidence des réflexions graveleuses ou obscènes et quand le notaire me pinçait les seins en s’exclamant « ça pousse ! », j’étais la seule confuse et humiliée.

Autrefois, on disait aux petites filles, ne fais pas ceci, ne fait pas cela, une fille ne fait pas ça, ceci est réservé aux garçons. Et si la petite fille grimpait dans les arbres, courait après un ballon ou se roulait dans l’herbe à roule-barricot, criait de joie, on la traitait avec mépris et désolation de « garçon manqué. » Dans le Mouvement on disait au contraire « On peut tout faire, il suffit d’apprendre ». Et en effet, nous abandonnâmes nombre de nos inhibitions pour faire des journaux, des affiches en sérigraphie, résoudre nos problèmes de plomberie ou d’électricité, utiliser les premiers magnétoscopes et monter des vidéos et nous organiser en groupes de conscience non mixtes. Dans un de ces groupes des femmes utilisaient des miroirs pour voir de leurs propres yeux comment elles étaient faites, un privilège réservé jusque là à ces messieurs qu’ils soient gynécologues ou non. Pour Beaucoup, la vulve était encore « la partie infâme de leur individu » comme la morale puritaine le leur avait transmis avec ses histoires de femmes pécheresses, de filles de mauvaise vie et de dévergondées.

Bien qu’ils prétendissent le contraire, les hommes tenaient les femmes par le sexe, non pour le plaisir mais pour la reproduction de l’espèce, de la lignée et de la chair à canon. C’est pourquoi, dès les premiers engagements du Mouvement, le contrôle des naissances prit une grande importance. La pilule contraceptive venait juste d’être commercialisée en France et peu de gynécologues la prescrivaient. L’avortement était interdit et environ un million de femme avortaient chaque année à l’étranger si elles en avaient les moyens, sinon dans la clandestinité avec des méthodes barbares : recours aux faiseuses d’ange, introduction d’une aiguille à tricoter ou d’une queue de persil dans le col de l’utérus pour provoquer une infection qui parfois se transformait en tétanos mortel, absorption de potions soit-disant abortives, sauts de plusieurs mètres dans le vide, coups sur le ventre, etc. Ces méthodes cruelles entraînaient souvent la mort par septicémie, empoisonnement ou traumatismes. Les femmes qui survivaient couraient le risque d’une infection qui les rendrait stériles en bouchant leurs trompes ou en nécessitant une hystérectomie.

Malheureusement, les technologies progressant plus vite que ne changent les mentalités, les petits et grands chefs virent dans notre libération sexuelle une magnifique opportunité de se constituer des harems. Nous étions peut-être libres de nos corps mais nos têtes étaient sous l’emprise de la servitude volontaire ou du syndrome de Stokholm. Nous étions toujours psychologiquement dépendantes de nos mâles, qu’il y en eut un ou plusieurs dans notre entourage. Certaines féministes divorcèrent mais ce fut souvent pour tomber de Charybde en Scylla, soit pour s’unir à un révolutionnaire certes machiste mais pour la « bonne cause », soit pour s’unir à une femme avec laquelle elle reproduisait le schéma du couple hétérosexuel. L’expérience nous apprend que beaucoup de temps est nécessaire pour modifier les schémas psychologiques, sociologiques et légaux. Regardez la loi sur l’interdiction du pantalon aux femmes : édictée le 17 novembre 1800 elle ne fut abrogée qu’en 2013 !

En 1969, je n’étais absolument pas politisée lorsque, informée par une amie, je me rendis à une réunion du Mouvement à l’Ecole de la rue d’Ulm. Je fus immédiatement séduite par le discours enflammé mais réaliste de ces jeunes femmes intelligentes, éduquées, cultivées et sympathiques. Mon féminisme inconscient y trouva tout de suite un écho et du réconfort. Je n’étais plus seule à me révolter contre l’injustice de ma condition de femme, je n’étais plus ni folle, ni asociale, ni nulle et incapable. J’eu à peine le temps de savourer ma révélation que je partis étudier une année aux Etats-Unis où la toute fraîche émancipation des Afro-Américains prit le pas sur mon féminisme tout juste conceptualisé.

J’avais parfois côtoyé des noirs, notamment au lycée que fréquentaient quatre Camerounais en tout et pour tout et je ne leur avais trouvé comme différence que d’être particulièrement collants lorsque nous dansions dans les surprises-parties. A Saint-Louis du Missouri, je découvris à ma grande surprise que les noirs étaient noirs. Le nombre et le comportement faisaient la différence. En dehors des campus et des quartiers universitaires, la plupart de noirs vivaient dans des ghettos souvent misérables et ils restaient entre eux, jusque dans les bus où ils s’asseyaient au fond comme sous les lois ségrégationnistes. Les blancs les craignaient et eux ne se gênaient pas pour nous insulter ou nous manifester leur hostilité. Alors qu’un jour, accompagnée d’une étudiante noire, nous regardions des affiches épinglées dans le local d’une association noire, une femme vint rageusement  les arracher sous notre nez afin que nous ne puissions pas les lire. Mon amie noire fut outragée tandis que j’étais effarée. Il est possible que, du fait de mon expérience personnelle aux USA, par la suite je ne me suis jamais sentie vraiment concernée par l’assimilation du féminisme à l’anti-colonialisme. Je savais qu’une femme blanche était inférieure à un homme noir, quoi qu’en disent les marxistes et consorts. Et aujourd’hui, lorsque je constate que certains « collectifs de femmes » fusionnent féminisme, islamophilie et homophilie je suis consternée pour la bonne raison que le plus misérable des hommes se sentira toujours supérieur à la plus extraordinaire des femmes et qu’il n’hésitera pas à le lui prouver en la violant.

De retour en France, je me précipitai à la première réunion féministe venue. En une année, le Mouvement s’était étoffé et se réunissait désormais dans le bâtiment préfabriqué édifié dans la cour de l’Ecole des Beaux-Arts, rue Bonaparte. Nous étions de deux à trois cents femmes passionnées pour ces AG hebdomadaires, toutes belles et sympathiques. J’étais alors trop spontanée et naïve pour y distinguer des leaders, des manipulatrices et des ambitieuses. Tandis que nous débattions avec fougue, quelques hommes nous attendaient à l’extérieur. Parmi eux se trouvait Roland Castro, le futur « architecte du Président », chef de VLR (Vive la Révolution, Mao Spontex) et directeur de « Nous voulons tout ». Il avait « autorisé » les femmes de son groupuscule à le quitter (enfin presque) pour rejoindre le Mouvement. Annette, Sophie, Nadja et quelques autres s’étaient peu de temps auparavant enchaînées aux portes de la prison pour femmes de La Roquette et avaient pour cela un peu goûté à la prison. Elles étaient nos héroïnes du moment mais pour ma part, je m’intéressais plus à Hubertine Auclert qu’une plaque située juste en face de la prison de la Roquette rappelait à mon bon souvenir. J’avais été particulièrement conquise par les féministes du XIXème siècle qui avaient efficacement déblayé les tunnels et voies sans issue de la condition des femmes, notamment en matière d’éducation.

Hubertine Auclert  (1848-1914). Source photo http://www.eveleblog.com/approfondir/connaissez-vous-hubertine-auclert/

A suivre …

Pour en savoir plus

  • Archives du féminisme sur le blog Re-belles

http://re-belles.over-blog.com/

  • Revue féministe Sisyphe

un site féministe d’information, d’analyse et d’opinion.

http://sisyphe.org/

Grande offensive contre l’avortement. Pétition et manifestation dimanche 25 janvier.

Hostiles à l’avortement pour des motifs religieux, les adeptes de la « Marche pour la vie » lancent une grande offensive contre l’avortement. Ils font circuler une pétition qui aurait déjà recueilli 175 000 signatures et manifesteront dimanche prochain.

Afin de rallier le plus de partisans, les « Provie » recourent toujours aux mêmes arguments : le fœtus est un bébé, on tue des bébés, regardez le démembrement d’un fœtus au cours d’un avortement par aspiration, on laisse mourir les bébés nés d’avortements tardifs et éventuellement on les « pique » avant de les jeter aux ordures. Dans leur dernier document, ces opposants s’attaquent aux « avortements tardifs et infanticides néo nataux » pour mieux impressionner les esprits fragiles qui auraient résisté aux films de propagande déjà très « gore ».

Il ne s’agit plus de remettre en cause le droit des femmes à choisir leur grossesse mais du droit du fœtus à vivre tout en sachant qu’un fœtus ne peut pas vivre en dehors du ventre de sa mère et que si la médecine rend possible la survie de grands prématurés, ceux-ci porteront de graves séquelles, preuve s’il en était besoin que le ventre de la mère est indispensable à la transformation du fœtus en bébé. Ce sont pourtant les mêmes qui contestent les abus de langage en politique et qui abusent lorsque ça les arrange. Un fœtus est un fœtus. Un bébé est un bébé. Un fœtus n’est pas un bébé.

foetus. On voit bien que le foetus est complètement dépendant de l’utérus, du placenta et du corps de sa mère Source image

Bébé. Il rit, il est aimé, il est autonome dans l’expression de ses sentiments et de ses désirs source image

 

 

Les sciences humaines et médicales comme la psychiatrie, la psychologie, la psychanalyse, la pédiatrie, la psychogénéalogie, la sociologie et l’anthropologie nous apprennent que l’existence d’un enfant naît d’abord dans le désir des parents et que faute d’avoir été désirés de nombreux enfants souffrent et contiennent en germe des adultes souffrants qui seront incapables de se socialiser et de maîtriser les difficultés de la vie. On ne peut pas comparer, comme les « Provie » le font la souffrance mécanique d’un fœtus à la souffrance physique et psychologique d’un enfant ou d’un adulte qui ont conscience de leur souffrance. La mystique de la souffrance d’un fœtus est une religion, une conviction, une superstition qui pousse certains « Provie » à assassiner des medecins qui pratiquent des avortements, à donner la mort à des adultes qui ont aussi une famille pour sauver des fœtus qui ne sont pas biologiquement finis, n’ont ni autonomie ni conscience.

Revenons 40 ans en arrière quand l’avortement était interdit. A cette époque, on estimait à 1 million/an le nombre de femmes qui avortaient dans la clandestinité avec des méthodes rustiques : aiguille à tricoter passée à travers le col de l’utérus, queue de persil plantée dans le col de l’utérus, ingestion de potions abortives, exercices violents ou sauts d’une grande hauteur, recours à une faiseuse d’anges ignorante de règles élémentaires d’hygiène et ouverture forcée du col de l’utérus à l’aide d’ustensiles les plus divers. Ces méthodes entraînaient la mort de centaines de femmes par septicémie ou à la suite d’hémorragie. Des centaines d’autres devenaient stériles à la suite d’infection des trompes.

Aujourd’hui, grâce à la légalisation de l’avortement, seulement 200 000 femmes avortent chaque année dans des conditions médicales qui n’entraînent ni la mort ni la stérilité. On sauve donc chaque année environ 800 000 femmes grâce à la contraception et la vulgarisation des informations sur la planification des naissances.

Parmi les femmes qui avortent on compte bon nombre d’adolescentes dont l’avenir serait sérieusement ruiné par la maternité et dont la mère aurait du mal à poursuive sa carrière en s’occupant de son enfant maman. Une manière d’éviter ces grossesses précoces serait de responsabiliser les garçons qui se désolidarisent trop souvent de la femme qu’ils ont séduite et parfois forcée.

Derrière l’hostilité à la légalisation de l’avortement, il y a une tradition millénaire de christianisme qui prend à la lettre les paroles bibliques « Croissez et multipliez ». Une tradition qui ne supporte pas que la femme soit maîtresse de son propre corps et qu’elle puisse choisir ses grossesses. On retrouve la même tradition dans le judaïsme et l’Islam, ce dernier ayant construit tout un système d’enfermement et de contrôle violent des femmes.

Certes, dans le contexte actuel, on peut légitimement déplorer que les chrétiennes fassent moins d’enfants que les musulmanes dont certains dirigeants ont dit que leurs ventres étaient les armes du djihad, de la guerre sainte. En effet, de nos jours les naissances d’enfants musulmans sont très nombreuses et préfigurent ce fameux remplacement de population dont parle Renaud Camus. Il est édifiant que le prénom Mohamed vienne en tête des prénoms donnés dans les principales capitales d’Europe et que son nombre soit en progression constante depuis dix ans.Faut-il pour autant contraindre les femmes à porter des enfants non désirés ? Ce n’est souhaitable ni pour les femmes ni pour les enfants à venir.

La solution est ailleurs, dans le contrôle de l’immigration et dans une meilleure gestion des allocations familiales. Elles devraient être conséquentes pour les trois premiers enfants et supprimées à partir du quatrième considérant que les gens qui choisissent d’avoir plus de trois enfants ont les moyens de les élever. Dans cette configuration, je suis certaine qu’il y aurait moins d’immigrés se bousculant à nos frontières.

L’avortement n’est douloureux pour la femme que parce qu’elle est culpabilisée par une morale religieuse qui lui interdit de disposer de son corps et de planifier ses grossesses.

Interdire l’avortement ne résoudra pas les problèmes démographiques mais renverra les femmes à leur condition de procréatrices au même titre que la PMA que les Provie pourtant désapprouvent.

La Connectrice

Gel d’ovocytes. Le lobby médical au secours du sexisme

Le sexisme, la discrimination des femmes, est l’injustice la plus universelle, la plus répandue et la mieux acceptée à travers les âges et les mondes.

L’intervention de la médecine pour résoudre les questions sociétales est sans doute une révolution technologique mais c’est surtout le terrible aveu du refus profond des hommes à considérer les femmes comme leurs égales et à les respecter.

Il ne se trouve que de folles féministes (dont je suis) pour s’en indigner et tenter contre vents et marées houleuses à raisonner les hommes et les femmes aussi.

Nous avons au moins gagné le droit de travailler mais il ne faut pas exagérer. Nous sommes moins rémunérées que les hommes et écartées des instances de décision au prétexte que nous nous investissons moins dans notre travail, que nous nous absentons en congés maternité ou pour soigner un enfant malade. Les femmes ont eu beau faire leur preuve dans les activités professionnelles et politiques, elles restent sur un strapontin car il est bien connu qu’une femme doit s’occuper d’abord de ses enfants, de son mari et de sa maison.

Aux femmes la double journée de travail, les soins aux malades, aux handicapés et aux démunis. Ce serait la loi de la nature comme s’il fallait autre chose qu’un cœur, des mains, un cerveau, des connaissances, de l’expérience et des jambes pour accomplir ces tâches. Comme les femmes, les hommes sont aussi dotés de ces outils mais ils les réservent à des tâches qui leur garantiront indépendance, égoïsme, liberté, pouvoir et argent.

Le sexisme ne régressant pas, la médecine vient au secours du système. Mesdames, nous apprécions vos compétences et nous souhaitons vous exploiter honorablement, alors nous vous payons la congélation de vos ovocytes afin que vous ne deviez pas vous absenter pour reproduire l’espèce. Grâce à la médecine, point n’est besoin de changer la société et d’ennuyer les hommes en leur demandant de partager à la maison, dans l’entreprise et au sommet de l’Etat la charge de la reproduction des enfants et de la reproduction de la force de travail. Laissez les vivre tranquilles, arrêtez de menacer leur virilité en menaçant leur domination « naturelle ». Mais comme nous ne sommes ni ingrats ni sexistes, nous confions votre corps à la médecine qui peut désormais vous permettre de faire des enfants quand vous êtes stériles, de faire des enfants avec une femme, de faire des enfants à tout âge, de faire des enfants sans utérus, de faire porter vos enfants par une autre femme et de faire vivre vos enfants gravement malformés et handicapés quand le corps a provoqué un  accouchement très prématuré comme signal de sélection naturelle. On le sait certains magiciens médecins se font une gloire de réanimer les « crevettes ».

La médecine a toujours été l’auxiliaire du machisme parce qu’elle véhicule le fantasme de son pouvoir sur le corps des femmes parce qu’elle peut le soigner comme le contrôler. Des hystériques du bon docteur Charcot au gel des ovocytes, en passant par l’excision thérapeutique, le continent noir de Freud, l’hystérectomie abusive, le mouvement anti avortement du professeur Lejeune, la PMA, la GPA, l’inaboutissement de la contraception masculine le lobby médical n’a jamais cessé de proposer à chaque époque des alternatives au contrôle du corps des femmes pour les maintenir sous la domination des hommes.

Pour en savoir plus

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/3960-congelation-d-ovocytes-avantage-en-nature-dans-la-silicon-valley

Facebook et Apple financeraient la congélation des ovocytes de leurs employées pour, selon ces sociétés, leur permettre de mieux gérer leur carrière et favoriser l’égalité femmes hommes au travail…

Spécial féminisme sympa

  • Majorité opprimée. Un court-métrage qui inverse les rôles sociaux de l’homme et de la femme avec une cruelle pertinence et une belle impertinence

    MAJORITE OPPRIMEE, un film d’Eléonore Pourriat (2010)

  • Pisser debout. 

GiedRé dans J’irai loler sur vos tombes ! qui nous chante pour notre plus grand plaisir  » Pisser Debout  »

paroles :

Si j’avais des poils sur le torse
Si dans mon jean ça faisait une bosse
Si j’avais du poil au menton
Mais pas comme Susan Boyle non comme un garçon

Si mes poils sous les bras étaient acceptés
S’ils étaient un gage de ma sexualité
Dans ma vie j’aurais beaucoup moins d’embrouilles
Si, oh si, oh si j’avais des couilles

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Être un homme c’est beaucoup plus économique
A trois euros cinquante le paquet de serviettes hygiéniques
Et les capotes sont distribuées gratos dans la rue
Alors que ma pilule est même pas remboursée par la sécu

A 45 ans je pourrais devenir un vieux beau
Alors que là à 30 ans je serai déjà une vieille peau
Refaire sa vie avec une jeune bimbo
C’est quand même plus glamour que de s’payer des gigolos

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Plus besoin de m’accroupir comme une clodo entre deux voitures
Je pourrais en toute impunité pisser contre un mur
Plus de collants filés, plus de cire orientale
Plus de mascara qui coule, plus de frottis vaginal

Comme Mylène Farmer j’ai posé cette question
J’ai dit, dis Maman, pourquoi je ne suis pas un garçon ?
Ma mère m’a répondu que j’étais encore pire que ça
Vulgaire comme un mec, bête comme une fille, je suis les deux à la fois

Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais pouvoir pisser debout
Pisser debout

Si j’étais un homme je serais pas capitaine d’un bateau
Non, j’irais plutôt me taper des putes à Porte Maillot
Je remplacerais la salade sans sauce par une choucroute saucisse
J’aurais plus l’obsession de la taille 36

Je pourrais faire l’amour tous les jours du mois
Je serais capable de monter un meuble Ikea
Je serais plus une traînée et deviendrais un Dom Juan
Si j’étais un homme, si seulement

Ouhouhou si seulement j’pouvais pisser debout
Ouhouhou pisser debout
Ouhouhou j’aimerais tellement pisser debout
Pisser debout

  • TouTes des PuTes
    eXTRaiT de MoN PRochaiN Cédé à paRaîTRe bieNTôT

    Toi aussi Fais des aNus avec Tes MaiNs!
    http://www.giedre.fr

  • Benoite Groult . Je suis née avec zéro droits. Le féminisme est la plus belle chose du monde. Le féminisme est aujourd’hui considéré comme une maladie honteuse.

Extrait de notre entrevue avec Benoîte Groult qui ne se retrouve pas dans notre documentaire intitulé OmbrElles (à voir sur ma chaîne YouTube) réalisé par trois étudiantes québécoises lors d’un échange étudiant en France. Cette entrevue a été filmée avant une conférence qu’elle a donnée à Troyes dans la région de Champagne-Ardenne.

  • Anne Sylvestre. Non tu n’as pas de nom. L’enfant commence à exister avec le désir de ses parents et sa mère n’est pas qu’un ventre.
  • Marie-Paule Belle. Wolfgang et moi.

Marie Paule Belle chante Wolfgang dans l’émission Acoustic sur TV5 Monde. La chanteuse donne la voix à « Léopoldine la soeur de Mozart » .. ».Il jouait les don juan, moi je le composais … »

  • Marie-Paule Belle. La Parisienne.Ecrite dans les années 70, cette chanson est toujours d’actualité mais il faudrait ajouter que, pour être une parisienne « normale » il faut aussi être lesbienne, bi , mariée et mère avec une personne de même sexe.

 

 

 

Matière à réflexion : non au culte de la cellule au détriment des êtres vivants et souffrants

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J’ai reçu cet article d’un lecteur. Je trouve que son raisonnement prête à réflexion, je vous le livre donc, tel quel.

La Connectrice

Mystique ou adulation cytologique

 

Je me trompe peut être, mais on n’entendait plus parler de la Création et des créatures de Dieu dans l’Eglise du Christ. En tous cas, je n’avais pour ma part aucun écho de ces paroles essentielles à travers les homélies, encore moins à travers la « presse catholique » Quelle joie d’entendre à nouveau cela de la bouche du pape François : 

les créatures de Dieu ! Comme c’est beau et évocateur ! Et juste, puisqu’il y aussi les bêtes, la nature !

Depuis des années, je t’entendais parler que de la « vie », du « respect de la vie » et ç’était là un discours rien moins que clair. Il y aurait énormément à dire. Mais, en gros, on avait l’impression que « la vie », cette vie martelée jusqu’à saturation par un certain catholicisme, elle était de plus en plus étrange, de plus en plus réduite et pour tout dire, de plus en plus morte ! La vie, c’était d’abord la vie exclusivement humaine (tant pis pour les autres créatures de Dieu !) puis on comprenait implicitement que la vie, c’était avant tout celle de l’embryon, et pour finir on apprenait que la vie à défendre, c’était celle des cellules embryonnaires !

C’est à dire que la vie, c’était tout sauf la réalité de la Création dans sa totalité et dans sa réalité naturelle et historique. On était donc en plein réductionnisme glacé, à la remorque des définitions les plus contingentes et les plus passagères de la vie par les biologistes, les biochimistes, les généticiens qui, eux, sont, heureusement, parfaitement conscients du caractère approché, régional et provisoire de leurs conceptualisations et donc de la contingence historique de leurs paradigmes.

Cette réduction de la religion au « respect de la vie » à l’embryolâtrie, à la cytolâtrie (je rappelle que la cytologie est la science qui étudie le vivant au niveau de la cellule), son origine historique et ses fonctions ne sont que trop évidentes. La cellule vivante que nous devrions adorer et respecter, elle est effectivement vivante mais comme l’individu du capitalisme pourrissant : elle se nourrit, elle excrète, et basta ! Cette vie de type embryonnaire ou cellulaire, évidemment inconsciente et apathique, promue jusqu’à l’obsession, c’est bien celle qui est imposée aux hommes adultes par l’industrie culturelle du capitalisme pourrissant.

 Et c’est effectivement le modèle de vie que nous proposait depuis trente ans peut être l’Eglise qui avait choisi, consciemment ou non, d’ignorer la complexité proprement épistémologique et historique des conceptions de la vie pour être à la traîne et à l’affût des analyses partielles et régionales de la biologie.

Alors, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour commencer à percevoir par quel truchement cette conception étrange de la vie a pris la place de la vie réelle, historique dans la théologie contemporaine.

C’est un résultat parmi bien d’autres de la glaciation mentale générale qu’a induit peu à peu le capitalisme le plus âpre, et que l’on désigne habituellement par le concept de réification. On pourrait citer par exemple l’animal de ferme devenu une pure machine à produire de la viande et on a confirmation d’une profonde cohésion dans l’horreur de la réification en remarquant que la divinisation de la vie cellulaire est corrélative du plus profond oubli et mépris de l’animal de laboratoire pour lequel la gent pseudo-catholique dressée (il n’y a pas d’autre mot à ce niveau de non-pensée) à l’adoration des cellules n’a jamais, jamais eu la moindre trace de compassion. Il y aurait encore beaucoup à dire en suivant le chemin que je viens de tracer mais cela serait long et complexe. Je dois, en conclusion, aller à l’essentiel.

 

    On avait cru comprendre que le christianisme était la religion de la divinisation de l’homme lors de son retour à Dieu par la médiation de Jésus christ et à travers les acquis de l’expérience mystique. C’est peut être par le rappel de cette expérience mystique que l’Eglise aurait pu éviter de se donner le ridicule de l’adoration des cellules embryonnaires et de l’oubli corrélatif d’une création, hommes et bêtes, qui vit certes mais dans un tout autre sens, phénoménologique et existentiel, et qui, souvent, souffre. Mais peut être aussi que certains avaient intérêt à faire oublier l’expérience mystique et à transmuter l’Eglise en une confrérie proposant pour tout objet à ses fidèles l’adoration pleurnicharde des cellules « humaines ». Difficile de trouver un meilleur moyen de crétinisation et d’infantilisation, il faut l’avouer.

Espérons que le cauchemar de la prosternation devant les cellules embryonnaires va prendre fin avec le pape François. Il semble, lui, se souvenir que les Evangiles, ce n’est pas une adoration figée et stuporeuse de la matière, fut-elle organique, mais une histoire pathocentrée qui se passe entre des êtres vivants et souffrants et leur Créateur.

 

                                                                                  Jacques-Yves Rossignol 

Avortement de confort, s’il y a confort, c’est celui de l’homme irresponsable, Marine !

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Une fois de plus, Marine le Pen a reproché aux femmes d’avorter par » confort ».http://www.marianne2.fr/IVG-Marine-Le-Pen-mal-informee_a216216.html

L’avortement de « confort » est la rengaine des opposants au droit à l’avortement. Quand ils ne demandent pas l’abrogation de la loi Veil, ils demandent la suppression des crédits nécessaires au fonctionnement des centres d’orthogénie et ceux attribués au planning familial et à l’information sur la contraception. C’est un paradoxe car si on ne maîtrise pas la contraception on court le risque de subir des grossesses non désirées et donc, d’avorter. Certes, Marine le Pen a une solution pour les femmes qui ne veulent pas d’enfant, elle propose qu’on facilite l’adoption, acceptant implicitement le concept de mère porteuse. Ce faisant Marine le Pen flatte son électorat catholique qui est majoritairement opposé à l’avortement et qui le démontre spectaculairement par des manifestations publiques régulières.http://www.dailymotion.com/video/xgpnay_marche-pour-la-vie-paris-2011-philippe-isnard_news

Contrairement à ce que les opposants à l’avortement prétendent, la loi Veil n’oblige personne à avorter. Le choix est laissé à la femme enceinte. Le problème est que s’il y a confort quelque part, il est chez l’homme qui n’utilise pas de moyen de contraception et impose à sa partenaire des grossesses comme des maladies. En effet, lors d’un rapport sexuel, on peut attraper des maladies et tout le monde en convient mais on peut aussi attraper des bébés et là, la femme se retrouve seule face à son dilemme.

Une attitude rationnelle pour éviter les avortements serait de responsabiliser les garçons et les hommes, ce qui n’est jamais fait. On est en droit de se demander si la mise entre parenthèses de la responsabilité des hommes dans les grossesses non désirées n’est pas une manière de contraindre les femmes à avoir des enfants malgré elles.

L’avortement a toujours existé. Les femmes y ont eu recours depuis des millénaires avec des résultats catastrophiques pour leur vie et leur santé : hémorragie mortelle, tétanos, infections conduisant à la stérilité, détoriation de la santé par absorption de produits toxiques, introduction d’une aiguille à tricoter ou d’une queue de persil dans le col de l’utérus, mutilations volontaires pour avorter sans oublier les femmes qui se tapent sur le ventre avec un marteau, celles qui supplient leur compagnon de leur cogner le ventre avec leurs points ou celles encore qui se jettent de trois étages. C’est pour éviter ces drames que l’avortement a été autorisé et remboursé par la sécurité sociale. La loi Veil a souhaité donner une réponse à un problème de santé publique.

Celles et ceux qui dénoncent l’avortement de « confort » sont les mêmes qui, de tous temps ont crié au scandale des filles mères et des enfants adultériins, ces gens qui, il y a quelques dizaines d’années excluaient de la société convenable les fruits du pêché et leurs mères. Heureusement, aujourd’hui le législateur a donné aux enfants nés hors mariage les mêmes droits que les enfants du mariage et on ne parle plus de filles mères mais de mères célibataires qui ont les mêmes droits que les autres mères.Les géniteurs ont été responsabilisés, encore faut-il qu’ils acceptent contribuer aux besoins alimentaires de l’enfant et de se soumettre à des tests ADN. On se souvient du scandale Montand. Pour le populo, le scandale n’était pas qu’il ait refusé de se soumettre à un test mais qu’on ait fait un test à partir de sa dépouille. Ces hommes qui copulent à droite et à gauche trouvent anormal que la justice évalue leur responsabilité. Où est le véritable scandale ?

Les adversaires de l’avortement légal prétendent que les femmes qui avortent en subissent à vie les conséquences psychologiques, que ça les détruit. Est-ce le fait d’avorter qui traumatise les femmes ou bien la désapprobation et la culpabilisation dont elles sont victimes de la part d’une frange de la société qui voudrait dicter sa loi religieuse et morale à toutes les femmes de France ?

Avortement et église catholique, revoir « Le cardinal » d’Otto Preminger (1963)

« Le cardinal » d’Otto Preminger a admirablement posé la question  en 1963. Le débat agitait les esprits depuis plus longtemps puisque le film est l’adaptation d’un roman publié en 1950.

Preminger se prononce pour l’avortement, ose montrer les ravages du Ku Klux Klan et du racisme ordinaire qui minent la société américaine. . Dans le film, le prêtre deviendra cardinal en sacrifiant sa soeur au profit du bébé, une scène particulièrement dramatique, en collaborant avec les nazis contre les Juifs et avec Rome en faveur du Ku Klux Klan. Ce film montre le lien entre le refus du droit à l’avortement et les comportements les plus réactionnaires que notre société a pu produire comme le nazisme et le racisme. De la même façon qu’aujourd’hui la question de l’avortement est liée à un regain phénoménal du racisme anti femme, le sexisme, la remise en question de la laïcité et le diktat des intégrismes religieux au détriment de nos valeurs démocratiques.

Nature contre culture

Avorter, c’est transgresser le dogme de l’église catholique romaine qui est très puissante en France. L’église dit qu’il est écrit « croissez et multipliez », que la femme est faite pour avoir des enfants, que la vie commence avant même la fécondation de l’oeuf. Les menstruations sont impures dans la plupart des religions parce qu’elles correspondent à l’évacuation d’un ovule non fécondé. Il en est de même pour la masturbation masculine qui gaspille de la semence. Alors imaginez l’idée d’évacuer un oeuf fécondé, un embryon ou un foetus, ce ne peut être qu’un crime et les anti avortements le soulignent en parlant de « bébé ». On tue des bébés clament-ils. Or rien ne ressemble moins à un bébé qu’un embryon ou un foetus qui n’est pas terminé et qui ne pourrait pas survivre hors du ventre de sa mère, même avec les machines les plus sophistiquées de la terre. On sait que les grand prématurés sont si peu finis qu’ils nécessitent des soins intensifs et qu’il n’est pas rare qu’ils gardent à vie des séquelles, parfois très graves, de leur naissance avant terme.

Il me semble qu’on ne peut pas d’un côté glorifier la nature en disant qu’elle fait bien les choses et d’autre part s’opposer à des processus naturels de naissance avant terme de foetus mal formés qui ne survivraient jamais à l’é »tat naturel. En réalité, rien n’est naturel dans notre société contemporaine car si nous avions écouté les religions, le progrès scientifique, le progrés médical et l’évolution de nos civilisations n’auraient pas été possibles. Souvenons nous comment elles ont martyrisé les scientifiques au nom de la morale. Heureusement que les sociétés ont fini par accepter les enseignements d’un Averroes ou d’un Galilée. PEn ce moment des groupes de pression s’opposent à l’évolutionnisme de Darwin au profit du créationnisme ces dernières années, un débat qui fait partie du phénomène régressif de nos sociétés. Des parents d’élèves mènent campagne contre l’enseignement des sciences dans les écoles et interdisent à leurs enfants de les suivre. Par exemple, le port du voile islamique et le refus de l’enseignement des sciences sont indissociables.

 Les croyances sont relatives et les vérités scientifiques ne sont pas toujours le reflet de la réalité car elles sont teintées de l’idéologie de leur époque et de ses dogmes dominants. La preuve en est que les croyances comme la science évoluent du fait d’un échange constant entre les réalités et les théories. L’intelligence d’une société se mesure à sa capacité d’adaptation aux réalités. En l’occurrence, légaliser l’avortement résulte de l’intelligence d’une société qui propose une solution à une réalité incontournable parce qu’elle est intemporelle et universelle.

Les femmes seules responsables de leur grossesse ?

Refuser l’avortement légal et médicalisé, c’est comme refuser des soins à un grand blessé de la route au prétexte qu’il est responsable de son malheur parce qu’il conduisait trop vite et en état d’ébriété. Si je suis la logique de Marine le Pen, je pourrais dire qu’il est beaucoup plus important de consacrer des crédit aux soins des seniors innocents plutôt qu’à des chauffards irresponsables. Dans le même registre, on refuserait de soigner les sportifs qui prennent des risques physiques en connaissance de cause ou des hommes qui ont attrapé le VIH en refusant de se protéger. On ajoutera à la liste de Marine le Pen les fumeurs, les alcooliques, les goinfres obèses, les drogués, les paresseux qui ne mangent pas 5 fruits et légumes par jour, etc.Ne peut-on pas dire que ces gens là reçoivent des soins de confort sur le dos du contribuable ?

La notion de « confort » médical est avancée par la sécurité sociale pour dérembourser des médicaments, certains faisant partie de la liste des antalgiques alors que dans le même temps les hôpitaux incitent les patients à réclamer tous les moyens d’éradiquer la douleur, à commencer par les pompes à morphine. Dans le même temps la sécu continue à rembourser pour le grand bonheur des labos qui les fabriquent toutes sortes des poudres de perlimpin comme les pansements gastriques, les sirops contre la toux ou les anti inflammatoires à base de cortisone dont les effets secondaires sont très lourds et qui sont l’équivalent d’un cautère sur une jambe de bois.

Le concept de médicament ou avortement « de confort »

Quand Marine le Pen reprend la terminologie de la sécurité sociale pour parler de l’avortement, on comprend d’emblée que la démarche est purement administrative et politique et qu’elle n’a rien à voir avec l’intérêt et la santé des femmes en cause. Marine le Pen flatte son électorat catholique intégriste sur le dos des femmes en détresse, au même titre que n’importe quel politique mâle qui ne se soucie guère des intérêts de la moitié du ciel, une « minorité » majoritaire indispensable à permétuer la dictature des hommes sur les femmes.

Si Marine le Pen était sincèrement concernée par la cause des femmes, elle proposerait pour éradiquer l’avortement et les grossesses non désirées, de développer la prévention en s’adressant aussi bien aux garçons qu’aux filles, en responsabilisant les garçons et, éventuellement, en prévoyant des sanctions pour les hommes responsables de grossesses non désirées qui n’auraient pris aucune précaution pour les éviter en même temps que leur famille qui refuse d’assumer la mauvaise éducation de leur rejeton. Il n’est pas normal que de très jeunes filles se retrouvent enceintes et que les grand-mères soient contraintes d’élever leurs petits enfants alors que le géniteur les a abandonnés et que sa famille l’approuve. Il y a un consensus de rejet autour de la fille enceinte, non mariée, forcément une pute,  alors que le garçon responsable de la grossesse sera plaint, admiré pour le succès de son donjuanisme et se mariera plus tard avec la femme que sa famille approuvera. Sur ce plan, notre société a complètement régressé sous l’influence des intégrismes religieux et de celui de l’Islam en particulier.

On le voit, la question de l’avortement est hautement complexe et ne peut être réglée à coup de déclarations irresponsables. L’avortement n’est qu’un épiphénomène parmi de nombreux autres de la condition des femmes dans des sociétés organisées et dirigées par les hommes pour les hommes.

Depuis la loi Veil autorisant l’IVG, notre société n’a fait que reculer sur la question en se désengageant de l’information sur la contraception, en diminuant les crédits des centres d’orthogénie, en dévalorisant les médecins qui pratiquent des avortements, en fermant les yeux sur la mise à l’index des femmes qui avortent « par confort » et en éliminant les femmes des instances de décision.

Philippe Isnard, héros saint des fanatiques contre l’avortement

Depuis quelques années, les mouvements catholiques contre l’avortement militent pour l’abrogation de la loi Veil et ont connu avec l’affaire du professeur Isnard leur apogée dans la dénonciation fanatique de l’IVG. Le professeur en question a projeté dans sa classe un film particulièrement choquant montrant des foetus disloqués par la technique d’aspiration abortive.http://www.avortementivg.com/article-20431745.html Le professeur a été révoqué et est devenu un héros pour ses amis.

Philippe Isnard fait désormais l’objet d’un véritable culte chez les catholiques intégristes.

http://www.lepoint.fr/societe/le-professeur-d-histoire-anti-ivg-revoque-pour-faute-lourde-05-04-2011-1315557_23.php

Voici le film en question no need to argue http://www.avortementivg.com/article-20431745.html

http://enmarchepourlavie.fr/interview_de_philippe_isnard_avec_webtvcn

http://www.liguedusud.com/pour-aider-philippe-isnard/

http://www.evangelium-vitae.org/actualite/1650/tabou-sur-l-avortement-en-france.htm

http://www.dailymotion.com/video/xgpnay_marche-pour-la-vie-paris-2011-philippe-isnard_news

http://politis-philippe.blogspot.com/2011/10/courage-cher-philippe-isnard-vous-netes.html

Prochoix contre Provie http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2010/12/21/2323-manosque-nous-demandons-la-revocation-definitive-de-philippe-isnard

Marine le Pen n’aime pas les femmes

Dans l’émission de jeudi 23 février 2012 « des Paroles et des actes », Marine le Pen était l’invitée de Pujadas et Giesbert http://www.francetv.fr/2012/minute-par-minute-le-pen-a-dpda-102407

Je laisse aux nombreux internautes et journalistes le soin de commenter cette prestation dans sa totalité. Je me suis particulièrement intéressée à ce qu’elle a dit sur l’avortement, la contraception et le « droit » des femmes à rester à la maison pour élever leurs enfants.

Marine le Pen fait partie de ces rares femmes qui ont réussi à exister dans un monde d’hommes. Il faut du courage, de la volonté et de l’obstination pour franchir toutes les barrières du système verrouillé par les mâles pour les mâles. Marine le Pen est une soldate qui a réussi à gagner sa légitimité par ses propres mérites car il ne suffit pas d’être fille-de pour y parvenir.

Malheureusement, il est rare que des femmes sorties du carcan patriarcal tendent la main aux autres femmes. Elles ont plutôt tendance à s’identifier aux hommes et à recruter dans leur club très fermé. Elles n’ont pas beaucoup le choix, il faut bien l’admettre. Certaines toutefois n’oublient pas leurs soeurs et leur tendent la main, comme le font toutes les femmes de pouvoir qui participent au Women’s forum.http://www.womens-forum.com/ Dans le passé, certaines femmes ont défendu la cause des femmes comme Françoise Giroud ou Simone Veil, la seconde ayant pris d’énormes risques.

La candidate Ségolène Royal s’était entourée d’une équipe majoritairement masculine et ne s’est poas particulièrement attachée à défendre les intérêts des femmes car soucieuse de prouver qu’elle était un homme comme les autres. Mal lui en a pris, tous les hommes, même ses partenaires politiques, ont tout fait pour l’éliminer avec souvent des méthodes indignes.https://laconnectrice.wordpress.com/2006/10/08/segolene-se-moque-des-femmes-lettre-ouverte/

La place des femmes est à la maison

Marine le Pen part du principe que les femmes sont obligées de travailler car un salaire ne suffit pas à nourrir une famille.

La raisonnement est fondé sur la conviction que la place de la femme est à la maison, que le salaire de l’homme est le principal revenu et que les enfants ne sauraient être élevés que par leur mère. Voilà une vision très rétrograde du rôle des femmes dans notre société, un rôle que Marine le Pen ne joue pourtant pas personnellement.

Alors, bien sûr, elle insiste sur le choix. Une femme doit pouvoir librement choisir de travailler ou rester à la maison.

Pourquoi ce choix serait-il exclusivement réservé à la femme ? On sait aujourd’hui que les hommes aussi aimeraient rester à la maison pour élever leurs enfants. Seulement, ces hommes-là ne sont ni encouragés ni valorisés tant dans leur propre entourage familial et amical que dans leur entourage professionnel. Il n’y a guère que les  moyens fonctionnaires qui peuvent se payer le luxe de s’occuper à parts égales avec leur épouse de leurs enfants et de la maison.

A partir du moment où l’on pose comme hypothèse de départ qu’une femme doit pouvoir choisir entre son activité professionnelle et ses enfants, la messe est dite et on retrouve les conséquences de cette idéologie dans le traitement des filles, leur éducation, leur formation, leur carrière, leur salaire, leur place en politique, leur place à la direction des entreprises et de la gouvernance du pays, leur retraite et leur utilisation criminelle pour le repos du guerrier.

Il est tout de même curieux que Marine le Pen envisage de faire la révolution sur l’euro, sur la préférence nationale, sur le protectionisme mais qu’il lui vient si peut de volonté de transformation du statut et du rôle des femmes dans notre société;

l’avortement

Marine le Pen ne se prononce pas contre l’avortement mais a dit très clairement hier que si, pour des raisons budgétaires, elle devait choisir entre les soins aux personnes âgées et l’avortement, elle choisirait les personnes âgées.« Je dis, s’il y a un choix à faire, s’il y a vraiment des économies à faire, l’avortement est quelque chose qu’on peut éviter après tout, il y a des modes de contraception qui permettent d’éviter d’avoir une grossesse non désirée. Si j’ai un choix à faire, je vais l’assumer. »http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/01/25/marine-le-pen-veut-mettre-au-pas-le-planning-familial-228731 Tous les mouvements catholiques anti avortement, Marche pour la vie, Provie seront rassurés.

Quand on connait la misère des centre d’orthogénie, de leurs manques de moyens, de leur obligation de refuser des femmes faute de place, on comprend que Marine le Pen laisserait la situation se dégrader jusqu’à extinction des moyens.http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/ivg-un-droit-avorte_934184.html D’ailleurs, sans dire qu’elle est opposée à l’évortement, elle rentre dans les discussions sur l’avortement comme moyen de contraception et laisse artistiquement planer un doute sur sa légitimité.

Dans le programme du FN, on peut lire que tout serait fait pour dissuader les femmes d’avorter en leur proposant de donner leur enfant à l’adoption.

D’autre part, MLP se dit favorable à l’information sur la contraception tout en reprochant au planning familial de faire de la propagande en faveur de l’avortement. On sait que la Planning familial qui fait un remarquable travail d’information est régulièrement menacé de coupures de subventions.

Si Marine le Pen aimait les femmes elle prendrait en considération les réalités suivantes :

  • L’avortement est une réalité, de nos jours on estime à 200 000 le nombre d’avortements annuel en France
  • L’information sur la contraception n’est pas systématique ni encouragée, elle est même décriée par les lobbies religieux
  • La planification des naissances, la contraception dépendent aussi du comportement des hommes. Il ne peut pas y avoir de contrôle des naissances efficace sans une responsabilisation des hommes. Or on sait qu’ils s’en désintéressent dans leur immense majorité. Une récente enquête auprès des étudiants montrait qu’ils se déresponsabilisent de plus en plus. http://www.elle.fr/Societe/News/Contraception-des-etudiants-les-garcons-se-desinvestissent-1907762 Quand on se soucie de l’intérêt des femmes, Madame le Pen, on en appelle à la responsabilité des hommes et vous vous en gardez bien.

Liberté de conscience à géométrie variable

Madame le Pen en appelle au respect de la liberté de conscience lorsqu’il s’agit de l’avortement. Il faut comprendre conscience religieuse catholique romaine. Or toutes les Françaises et les Français ne partagent pas la même définition de la liberté de conscience pour la bonne raison que nous n’avons pas de religion d’état, que nous sommes un pays laïque où, dans les limites des lois de la République, la liberté de conscience repose précisément sur la diversité des consciences. Par exemple, certains religieux considèrent que la vie commence avec un ovule ou un spermatozoïde quand d’autres personnes considèrent que le désir d’enfant est indispensable à l’existence d’un être humain. Certains considèrent qu’il vaut mieux abandonner un enfant plutôt qu’avorter alors que d’autres pensent qu’il est criminel d’abandonner un enfant qui n’a pas demandé à naïtre et que cet abandon pésera dramatiquement sur sa vie entière.

Certaines personnes considèrent qu’une jeune fille doit avant tout s’instruire, apprendre un métier pour rentrer dans la vie active. D’autres pensent que même à 15 ans, une jeune fille est avant tout une mère et qu’elle doit sacrifier son avenir à ce destin.

On le voit, la liberté de conscience est à géométrie variable précisément parce que nous avons, théoriquement, la liberté de conscience.

Et pour assurer la liberté de conscience, un choix réel doit être offert par nos lois et nos institutions.

L’information sur la contraception à destination des filles et des garçons, ainsi que le fonctionnement des centres d’orthogénie doivent être assurés avec le plus grand sérieux et sens des responsabilités. A cette seule condition, Madame le Pen pourra parler de liberté de conscience.

Hommage féministe à Michel Debré

La droite fête ce jour le centenaire de la naissance de Michel Debré et la féministe historique que je suis se souvient de la joie avec laquelle les femmes du Mouvement chantaient cette chanson vraisemblablement imaginée sur l’air de « la guerilla » par les soeurs Wittig, Christiane Rochefort, Christine Delphy, Emmanuelle de Lesseps et quelques autres …

Bien entendu, cette chanson était pleine d’humour et il serait stupide d’en prendre les paroles à la lettre et d’en tirer des conclusions hâtives sur , par exemple, la haine des féministes pour les hommes…

Chansons du MLF
Debré nous n’te ferons plus d’enfants
Debré nous n’te ferons plus d’enfants, non, non, non 
Pour faire de la chair à canon, non… 
S’abrutir à la production, oh non, 
Et vive la contraception 
R : La, la, la… 
C’est bon, c’est bon, c’est bon, 
De ne plus avoir un bonhomme sur notre dos. 

Plus jamais nous n’aurons d’enfants, non… 
Tant que nous les élèverons, non… 
Plus jamais nous n’occuperons, oh non 
Votre cuisine et votre lit. 

Plus jamais nous aurons à cœur, non… 
De leur plaire, de faire leur bonheur, non… 
Et puis toute leur virilité, oh oui ! 
Qu’ils se la mettent sous leur oreiller ! 

Plus jamais nous ne nous marierons, non… 
Ne rentrons plus à la maison, non… 
Leur amour c’est comme une prison, oh oui ! 
Faisons des fêtes et des chansons.

Source http://www.oocities.org/demainlemonde/chansonsfemmes.htm#Debré nous n’te ferons plus

8 juin : Manifeste des 343 salopes qui ont avorté

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Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous annoncer la diffusion de notre documentaire
 » Nous avons avorté  » 1971 – Le manifeste des salopes

le mercredi 8 juin 2011 à 21h35
sur ARTE

« Nous avons avorté » 1971 – Le manifeste des salopes

Un film de  Birgit Schulz  & Annette Zinkant

 

Mercredi, 8 juin 2011 à 21:35

(Allemagne, 2011, 53mn, 16 / 9 HD natif), NDR/ARTE

Rediffusions: 16.06.2011 à 03:45 / 20.06.2011 à 05:05

Il y a quarante ans, des femmes descendaient dans la rue pour revendiquer la dépénalisation de l’avortement. Retour sur un mois de juin 1971 historique des deux côtés du Rhin.

Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publie à la une le « Manifeste des 343 », signé par autant de femmes – dont Catherine Deneuve, Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau, Agnès Varda, Marguerite Duras et Ariane Mnouchkine. Par ce texte, toutes proclament s’être fait avorter. Alice Schwarzer, jeune journaliste allemande en stage à Paris et bientôt figure de proue du féminisme, relaie le message. Elle obtient que, le 6 juin, le magazine Stern fasse sa couverture sur 374 Allemandes – parmi elles, Romy Schneider – avouant avoir enfreint l’article 218 du Code pénal allemand, dont elles demandent l’abrogation.

Le joli mois de juin

En France comme en Allemagne, le mois de juin 1971 voit fleurir moult manifestations. Des milliers de femmes de tous âges et de toutes origines sociales crient leur révolte contre une société répressive qui les empêche de disposer librement de leur corps. En attendant que politiques, juristes et hommes d’Église daignent amender des lois d’un autre siècle, celles qui présentent une grossesse non désirée continuent d’aller en Hollande, de s’en remettre à des faiseurs d’anges et à des médecins plus ou moins délicats. La loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse sera promulguée le 17 janvier 1975. En Allemagne, la loi interdit toujours l’IVG, mais sa pratique n’est plus condamnable en deçà de douze semaines de grossesse depuis une loi de 1995. Les réalisatrices ont interrogé les militantes d’alors des deux côtés du Rhin, suivi les méandres des débats politiques et la couverture médiatique des événements. Ces témoignages sont enrichis de très nombreuses archives.

 Bildersturm Filmproduktion GmbH

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Tel. +49-(0)221-2585700
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Flora Tristan n’a jamais prôné le voile intégral…

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Portrait de Flora Tristan

En 2010, les islamistes attribuent au hijab les mêmes vertus que le « manto » ou « tapadas », voile décrit par Flora Tristan dans « Pérégrinations d’une paria »

En 2010, des dizaines d’articles ont fleuri sur le net, reprenant en général les mêmes sources et les mêmes arguments pour démontrer que, comme autrefois les « tapadas » à Lima (femmes cachées), le voile était un accessoire de la liberté des femmes. L’argument a notamment fait fureur sur les sites islamistes comme celui-ci :

http://muslimahmediawatch.org/2010/12/learning-from-las-tapadas-of-yesterday/

Just like the las tapadas Limeñas , Muslim women have fought for their right to veil in many settings. The veil has actually transcended the religious meaning, to become a political symbol of resistance. Unfortunately, veiled women cannot wear the veil in public schools in France and Turkey. In addition, European countries with large Muslim populations have begun banning the veil.

Something that Muslim women of today can learn from las tapadas of yesterday is that it was self-assertion and strong principles that led las tapadas to fight for their right to wear the attire and participate in public life; and at the end, they were successful. Therefore, it is up to Muslim women to decide what the veil means for themselves.

http://www.bienpublic.com/fr/france-monde/article/3488629/Quand-les-femmes-se-voilaient.html

http://www.dna.fr/fr/infos-generales/monde/info/3491122-Perou-Femmes-de-Lima-sous-les-tapadas-traditionnels-QUAND-LE-VOILE-EMANCIPAIT

http://www.djazairess.com/fr/elwatan/164469

Pour servir leur argumentation pro-voile, les islamistes situent l’origine des tapadas en Andalousie, elles seraient un vestige de l’influence maure. Ils auraient été importés au Pérou par les colonisateurs espagnols. Les châles andalous ainsi que les mantilles seraient d’ailleurs un vestige du voile musulman. L’argument des musulmans ne tient pas puisque, comme nous l’avons vu, le morceau de tissu que les femmes et les hommes ont porté sur la tête depuis des millénaires est bien antérieur à l’Islam.

Parlant du voile, certains parlent de « burqa catholique », ce qui ne manque pas de sel, considérant que les religieuses se sont inspirées du costume de Marie, la mère de Jésus, qui était juive et portait le costume en vigueur à son époque. Tout comme les moines ont conservé le costume caractéristique des hébreux.

Je me souviens d’un voyage avec mon ami, dans l’automotrice qui nous conduisait de Beyrouth à Damas. En face de nous trônait une femme en robe ample et longue, coiffée d’un bonnet blanc recouvert d’un voile bleu. Mon ami me souffla à l’oreille : « tu as vu, c’est une religieuse! ». J’éclatais de rire : »Mais non, c’est une musulmane, le costume traditionnel de la région tel que le portait Marie ».

Chronologie des religions pour comprendre l’évolution du costume et de ses codes

http://atheisme.free.fr/Religion/Chronologie_religions.htm

J’ai retenu l’essentiel des princiaples religions.

-Les premières religions, animistes, sont apparues au Néolithique.

-2000 AC la religion védique en Inde

-1900 AC naissance du  judaïsme

-560 AC naissance de Bouddha

42-63 conversion de Saint Paul-Naissance du christianisme

610 révélation de l’ange Gabriel à Mahomet. Naissance de l’islam

On note que l’islam apparaît près de 3 000 ans après le judaïsme et 610 ans après le christianisme et il est donc logique qu’il ait adopté peu ou prou les coutumes vestimentaires et les traditions de son époque qui avaient toutes en commun d’écarter les femmes des instances de décision, à commencer par le culte.

Lorsque des Musulmans s’emparent des descriptions faites par Flora Tristan sur le « manto » des liméniennes et l’attribuent à l’influence maure en Espagne, c’est une contre vérité historique. C’est également un exemple typique des raisonnements à court terme sur les modes et les coutumes qui sont le fruit d’échanges d’influences qui datent de l’aube de l’humanité et qui se sont accélérés avec la communication électronique en général et l’Internet en particulier car l’information et les modèles circulent de plus en plus rapidement.

Le châle indien, ci-dessous, a été importé au Moyen-Orient par les marchands qui circulaient entre l’Asie et l’Afrique. Il serait antérieur à l’Islam.

Quelles que soient les origines du voile et l’obligation pour les femmes de dissimuler leurs cheveux et leur visage, ces coutumes avaient été abandonnées dans certains pays musulmans et elles sont réapparues en France dans le contexte de l’impérialisme musulman, de l’intégrisme musulman et de l’importation du conflit isarélo-palestinien. Le port du voile est aujourd’hui une mode qui repose sur un substrat politique qui utilise les femmes pour mener le djihad. Le voile est avant tout l’étendard d’une armée de conquête.

 

Le port du voile à Lima, au XIXème siècle permettait aux Liméniennes de voir sans être vues et de circuler librement.

Flora Tristan est l’une des plus belles figures du féminisme français. Non seulement elle a oeuvré pour l’émancipation des femmes mais elle est à l’origine des mutuelles d’entraide et des « palais du peuple ». Elle est aussi la grand-mère de Paul Gauguin.

Enfant naturelle d’un aristocrate péruvien (en réalité, son père est mort avant que le mariage ne soit officialisé), elle entreprit un voyage de plusieurs mois pour le Pérou dans le but de réclamer son héritage. Elle n’obtint de son oncle qu’une pension mensuelle et relata son voyage dans les »Pérégrinations d’une paria ». Dans ce récit, elle décrit minutieusement la vie des péruviennes, en particulier à Lima. Elles les trouve plus libres que les Françaises grâce à un artifice, le « manto ». Un châle noir qu’elles replient sur leur visage à l’exception d’un oeil.

Cet accoutrement a marqué tous les voyageurs européens de l’époque. Il est aussi connu sous le nom de « tapadas ». Les liméniennes ont longtemps défendu cet accoutrement qui leur permettait de voir sans être vue et de circuler en toute liberté jusqu’à ce qu’il soit supplanté par la mode française.

Extrait des « Pérégrinations dune paria » de Flora Tristan, fragments du chapitre VIII.

Une liménienne déjeune le matin, avec son mari….a-t-elle envie de sortir, elle passe sa saya sans corset (la ceinture de dessous serrant la taille suffisamment), laisse tomber ses cheveux, se tape (tapada veut dire se cacher la figure avec le « manto »), c’est-à-dire se cache la figure avec la manto, et sort pour aller où elle veut...Ainsi ces dames vont seules au spectacle, aux courses de taureaux, aux assembles publiques, aux bals, aux promenades, aux églises, en visites, et sont bien vues partout. Si elles rencontrent quelques personnes avec lesquelles elles désirent causer, elles leur parlent, les quittent et restent libres et indépendantes au milieu de la foule, bien plus que ne le sont les hommes à visage découvert…lorsque les Liméniennes veulent rendre leur déguisement encore plus impénétrable, elles mettent une vieille saya toute déplissée, déchirée, tombant en lambeaux, un vieux manto et un vieux corsage; seulement les femmes qui désirent se faire reconnaitre pour être de la bonne société se chausssent parfaitement bien et prennent un de leurs plus beaux mouchoirs de poche: ce déguisement…se nomme disfrazar. Une disfrazada est considérée comme fort respectable; aussi ne lui adresse-t-on jamais la parole : on ne l’approche que très timidement ; il serait inconvenant et même déloyal de la suivre. On suppose, avec raison, que, puisqu’elle s’est déguisée, c’est parce qu’elle a des motfs importants pour le faire et que, par conséquent, on ne doit pas s’arroger le droit d’examiner ses démarches.

D’après ce que je viens d’écrire sur le costume et les usages des Liméniennes, on concevra facilement qu’elles doivent avoir un tout autre ordre d’idées que celui des Européennes, qui, dès leur enfance, sont esclaves des lois, des moeurs, des coutumes, des prjugés, des modes, de tout enfin; tandis que sous la saya, la Liménienne est libre, jouit de son indépendance et se repose avec confiance sur cette force véritable que tout être sent en lui, lorsqu’il peut agir selon les besoins de son organisation.

Les « tapadas » avec leur jupe longue, la « saya », et leur voile, le « manto ».

Couvrir sa tête d’un chiffon est une tradition antérieure à l’Islam

Talith, châle de prière israélite masculin

En réalité, les partisans du voile musulman oublient que ce fut d’abord un accessoire juif, puis, dans l’ordre chronologique d’apparition des religions, un élément du vêtement chrétien, puis musulman. Il est possible d’ailleurs que le voile ait même été antérieur à la civilisation hébraïque, un tissu commun à tous les peuples de la région du Moyen-Orient quand, du fait des conditions climatiques, hommes et femmes se couvraient la tête, à l’image, par exemple, des touaregs qui s’enveloppent complètement pour se protéger du soleil, du froid la nuit, du vent, du sable et, éventuellement des mouches.

Hommes voilés, les touaregs de nos jours

En Inde, les Jaïns portent le voile et la voilette pour ne pas inhaler des insectes car ils respectent toute forme de vie. Le Jaïnisme remonterait à 800 ans avant JC.

La femme tentatrice et impure doit dissimuler sa chevelure

Dans toutes les civilisations à travers les âges, il était courant, parfois obligatoire de se couvrir la tête. Pour les hommes, la coiffe, le couvre-chef était le signe de son appartenance sociale et surtout de son rang. On se souvient de François 1er appelant ses troupes à se « rallier à son panache blanc ». Pour les femmes, la coiffe est, depuis des millénaires, une obligation :

La tradition a longtemps voulu que les femmes dissimulent leur chevelure. Déjà vers 1115 avant J.C., le roi d’Assyrie, Téglath-Phalasar Ier ordonne que  » les femmes mariées qui sortent dans la rue n’auront pas la tête découverte « . Par la suite les religions ont imposé aux femmes de couvrir leurs cheveux. Ainsi saint Paul, dans la 1ère Lettre aux Corinthiens au chapitre 11 affirme que  » la femme … doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend « , la coiffure étant signe de soumission. Dans De virginibus velandis en 213, Tertullien, un des Pères de l’Eglise, va plus loin, puisqu’il impose une coiffure également aux jeunes filles :  » il faut voiler nos vierges dès qu’elles sortent de l’enfance « .

On retrouve dans le Coran , sourate XXXIII, la même prescription :  » Prescris à tes épouses, à tes filles et aux femmes de croyants un voile sur le visage « (57), ce voile étant  » la marque de leur vertu et un frein contre les propos des hommes « .

Au XVIIe siècle, les religieuses de St-Vincent de Paul qui seront en contact avec la population sont les premières religieuses à porter de larges coiffes, les cornettes, avec lesquelles les barbichets et certaines coiffes bretonnes du début du XIXe siècle présentent des ressemblances. On y ajoutera bien sûr des dentelles.

À ce motif religieux, s’ajoute un rôle protecteur. La coiffe comme toute autre coiffure va protéger du froid, du soleil. La tête considérée comme le siège de toutes les fonctions nobles va se voir particulièrement protégée et cela dès la naissance.

Source : http://parole-et-patrimoine.org/coiffes/des-signes-pour-le-visage.html

Musulmanes à Paris en 2010, manifestant pour réclamer un logement

Carmélite en prière. Sans légende, on pourrait la prendre pour une musulmane.


Religieuse chrétienne. De dos, on ne la distingue pas d’une musulmane.


La fonction première du vêtement est de protéger le corps des éléments mais aussi de la végétation et de blessures dans le cours de leurs occupations. Les religions ont transformé le vêtement protecteur en cache-sexe pour les besoins de leur idéologie. De protection, le voile est ainsi devenu un accessoire stigmatisant et discriminant pour les femmes. A une époque où les guerres étaient fréquentes, la femme de l’ennemi était une proie dont la prise permettait de l’humilier et de aliéner sa descendance en polluant sa race. Le viol des femmes de l’adversaire a toujours été une arme de guerre. Le voile servait à dissimuler les femmes et à les protéger de la concupiscence de l’ennemi. Dans des conflits récents, en Europe et en Afrique, le viol de masse a été utilisé pour effrayer les populations et humilier l’adversaire. Le mythe de « l’enlèvement des Sabines » en est une allégorie.

Enlèvement des sabines par Nicolas Poussin

Dans les religions monothéistes patriarcales, la femme est impure, elle est inférieure, elle est un objet de tentation pour l’homme, elle provoque naturellement son désir qui serait irrépressible. Elle est donc soumise à une obligation de pudeur pour ne pas tenter l’homme. La femme doit dissimuler son corps et surtout sa tête et son visage. Cette contrainte vestimentaire rappelle son infériorisation, son impureté et son incapacité à participer à la gouvernance de sa communauté.

Voilette de mariée algérienne vers 1900. Elle ressemble fort à un cache sexe…voire un string…

La coiffe révèle le statut social

Geneviève de Fontenay, ancienne mannequin, chaperon des Miss France et défenseure de la tradition du bon goût français, ne sort jamais sans son chapeau.

Jusque dans les années 60, en France, une femme sans coiffe, dite « en cheveux », était une femme peu recommandable, une femme légère, une putain, une femme de mauvaise vie. Aujourd’hui, dans l’aristocratie et la grande bourgeoisie on se doit de porter un chapeaux pour les grandes occasions comme les mariages, les baptêmes, les enterrements mais aussi les évènements mondains comme les inaugurations ou les courses de chevaux. Au Royaume-Uni, la reine et ses dames de compagnie ne sortent jamais sans chapeau, des chapeaux extravagants qui tiennent lieu de couronne et témoignent du rang des femmes.

Marie-Antoinette, reine de France arbore un large chapeau à plume

Marie-Antoinette, reine déchue à la prison du Temple. Elle porte une coiffe comme les femmes du peuple

 

Louis WVI a été décapité. Marie-Antoinette porte le voile noir des veuves.

Queen Elisabeth en habit d’apparat. La coiffe y a un rôle spectaculaire, comme tous ses autres chapeaux.


 

Chapeaux de dames de la bonne société à l’hippodrome d’Auteuil

Au XIXème siècle, les coiffes étaient une manière d’afficher son appartenance régionale,chaque province ayant une coiffe distincte des autres, sa religion, son statut social et matrimonial. Protestantes et  catholiques,  femmes mariées ou veuves, paysanne ou bourgeoise se reconnaissaient par leur coiffe qui, dans une société hiérarchisée signalait leur appartenance sociale.

l’Angélus de Millet : paysanne, en prière, coiffée d’un fichu

La quichenotte de Vendée. Elle était portée par les pêcheuses à pied. « Quichenotte » est la francisation de « kiss me not » (ne m’embrassez pas). Elle aurait été conçue pour empêcher les Anglais débarquant sur le côte atlantique d’embrasser les jeunes filles qui pêchaient crevettes, moules et autres coquillages.

Jusque dans les années 70, les villageoises portaient un fichu, comme nos humoristes parisiennes, les « Vamps ».

Le code vestimentaire au XIXème siècle

L’apparence extérieure soulignait la place de l’individu dans la société. Le costume était codifié. Les paysans, les ouvriers, les  charpentiers, les menuisiers, les bourgeois, les grands bourgeois, les arstocrates, chacun avait une tenue qui signalait sa place sociale. Selon leur rang social, selon les époques et les civilisations, certaines couleurs étaient réservées comme le jaune pour l’empereur de Chine, le bleu pour les rois de France, le rouge pourpre pour les empereurs romains, le bleu pour les ouvriers au XIXème siècle et le noir pour les bourgeois. Le paysan portait alors un béret, l’ouvrier une casquette, et le bourgeois un chapeau haut de forme. Le port du pantalon était interdit aux femmes sauf dérogation préfectorale dont ont usé la peintre Rosa Boheur, l’archéologue   Jane Dieulafoy ou l’écrivaine George Sand.

Rosa Bonheur dans son atelier. Dans le musée qui lui est réservé, au château de Buy, près de Fontainebleau, on peut voir accroché au mur une autorisation préfectorale pour le port du pantalon.

George Sand est le pseudonyme masculin d’Aurore Dudevant qui doutait de pouvoir être publiée sous un nom de femme

Archéologue, Jane Dieulafoy parcourut la Mésopotamie à la recherche des ruines de Suse, en compagnie de son mari. Une salle du Louvre leur est réservée. Jane avait choisi de porter le pantalon pour plus de commodités dans ses voyages aventureux et pour passer inaperçue au regard des Musulmans.

 

Jeux et enjeux des voiles et voilettes

Flora Tristan a vu dans la manière dont les Liméniennes privilégiées utilisaient le « manto » un moyen de circuler librement mais aussi une manière de coquetterie, un jeu de séduction, un amusement ou une taquinerie.

Alphonse Allais, avec l’humour noir qui le caractérise, a imaginé un conte cruel « Le rajah s’embête » dans lequel le dévoilement d »une jeune bayadère est exigé jusqu’au dépeçage: 

Le rajah s’embête !

 Ah ! oui, il s’embête, le rajah !

Il s’embête comme, peut-être, il ne s’est jamais embêté de sa vie. 

(Et Bouddha sait si ce pauvre rajah s’est embêté des fois !) 

Vous qui riez bêtement, avez-vous jamais vu un rajah qui s’embête ? 

Non ? Alors ne riez pas bêtement.

Victor Hugo qui écrivit, avec un talent incontestable et, comme en se jouant, le Roi s’amuse, n’aurait peut-être pas été fichu d’écrire les dix premiers vers de Le Rajah s’embête, et Victor Hugo n’était pas un serin, pourtant.

Revenons à nos moutons, et laissez-moi vous le répéter, au cas où cette longue digression vous l’aurait fait oublier : le rajah s’embête !

C’est une affaire bien entendue, n’est-ce pas ? Il serait, d’ailleurs, fastidieux de revenir sur ce détail qui ne peut toucher que bien faiblement nos piteuses visions d’Occident : le rajah s’embête !

Dans la cour Nord du palais, l’escorte attend.

Et, aussi, attendent les éléphants du rajah.

Car, aujourd’hui, le rajah devait chasser le jaguar.

À je ne sais quel geste mou du Rajah, l’intendant a compris : que l’escorte rentre ! Que rentrent les éléphants !

Très flemmarde, l’escorte se sent ravie d’aise. 

Les éléphants ronchonnent salement, ce qui est la façon, aux éléphants, d’exprimer leur mécontentement.

Car, à rencontre de l’éléphant d’Afrique qui comprend seulement la chasse aux papillons, l’éléphant d’Asie ne se passionne qu’au hunting du jaguar. 

Alors, amenez les bayadères ! 

Voilà les bayadères ! Les voilà bien, les bayadères ! 

Les bayadères n’empêchent pas le rajah de s’embêter.

En allez-vous, les bayadères ! En allez-vous !

 t les bayadères s’en allent.

Tiens, tiens, tiens ! parmi les bayadères, une petite nouvelle que le rajah ne connaissait pas encore. 

— Demeurez ci, petite bayadère, en allez-vous point ! Et dansez !

La voilà qui danse, la petite bayadère !

Oh ! sa danse !

Le charme de son pas, de son attitude, de ses mines graves !

De vieux rites, on eût dit, d’infiniment vieux rites dont elle serait la suprême et la charmeresse tradition.

Oh ! les arabesques que ses petits pieds écrivent sur l’onisque des dalles ! Oh ! la presque drôlerie religieuse de ses mains menues et lentes !

 hh tout ! 

Et puis voilà qu’au rhythme (je tiens aux deux h) de la musique, elle commence à se dévêtir. 

Une à une, chaque pièce de son costume, agilement détachée, vole à l’enlour.

Le rajah s’allume !

À chaque morceau de vêtement qui tombe, le rajah impatient, rauque, dit :

— Encore !

Et encore un morceau du vêtement de la petite bayadère tombe, et plus impatient, plus rauque, le rajah dit :

— Encore !

Maintenant, la voilà toute nue !

Son petit corps, jeune et frais, est un enchantement.

On ne saurait dire s’il est de bronze infiniment clair ou d’ivoire un peu rosé. Les deux peut-être ?

Le rajah s’est levé tout droit et a rugi, comme fou :

— Encore !

La pauvre petite bayadère tâtonne si elle n’aurait pas oublié, sur elle un insignifiant bout d’étoffe.

Mais non, elle est bien nue.

Le rajah jette à ses serviteurs un mauvais regard noir et rugit à nouveau :

— Encore !

Ils ont compris.

Les larges couteaux sortent des gaines.

Les serviteurs enlèvent, non sans dextérité, la peau de la jolie petite bayadère.

L’enfant supporte, avec un courage au-dessus de son âge, cette ridicule opération, et bientôt, elle apparaît au rajah, telle une écarlate pièce anatomique, pantelante et fumante.

Tout le monde se retire par discrétion.

Et le rajah ne s’embête plus.

 La voilette, plus ou moins courte a été portée par les femmes françaises jusque vers les années 80. Beaucoup de femmes élégantes ne sortaient jamais sans leur chapeau, leur voilette et leurs gants. La voilette était alors un signe d’appartenance sociale, un moyen paradoxal d’afficher sa pudeur mais aussi un accessoire utile aux jeux de séduction. La voilette, confectionnée dans du tulle transparent, plus ou moins longue et enveloppante, ne dissimulait pas le visage mais symbolisait une barrière sur la quelle aurait été écrit : » Ne vous approchez pas, je suis une femme respectable ». La voilette demeure encore aujourd’hui un élément de coquetterie qui peut remplacer le voile sur les chapeaux des mariées ou simplement décorer un bibi. 

 

Voilette 1900

 Apicultrice avec son chapeau et son voile de protection, ressemblance certaine avec la voilette 1900

Voilette 1950

 

 Voilette glamour, modèle d’élégance parisienne

 

 Voilette 1980 style bibi

 

 

 

La voilette française a peu avoir avec la voilette algérienne qui a encore ses nostalgiques

http://www.dziriya.net/forums/sujet-culturdz.php?p=35734&l=1&topic=les-voilettes-algeriennes

 

Après la révolution algérienne, les femmes laissaient tomber le voile et la voilette en signe d’émancipation. Elles avaient été nombreuses à participer à la libération de l’Algérie et comptaient bien trouver leur place dans la nouvelle gouvernance. Malheureusement, il n’en faut rien et elles furent progressivement renvoyés à leurs fourneaux.

Femmes algériennes avant la révolution

 

 

Moudjahidates pendant la révolution, vers 1954

La lutte contre le voile avait commencé sous l’administration coloniale française et pour comprendre l’épidémie de voiles comme réappropriation de son identité d’origine en sus de la pression religieuse intégriste, il est intéressant de relire Franz Fanon qui est toujours une référence pour les idéologues anti-capitaliste, anti occident.

 

Campagne de l’administration coloniale en Algérie contre le voile

Dans « L’An V de la révolution algérienne » de Franz Fanon ou sous un autre titre « Sociologie d’une révolution » l’auteur évoque l’enjeu du voile chez le colonisateur français dans « L’Algérie se dévoile ». Extrait :
« Avec le voile, les choses se précipitent et s’ordonnent. La femme algérienne est bien aux yeux de l’observateur : « Celle qui se dissimule derrière le voile ».
Nous allons voir que ce voile, élément parmi d’autres de l’ensemble vestimentaire traditionnel algérien, va devenir l’enjeu d’une bataille grandiose, à l’occasion de laquelle les forces d’occupation mobiliseront leurs ressources les plus puissantes et les plus diverses, et où le colonisé déploiera une force étonnante d’inertie. La société coloniale, prise dans son ensemble, avec ses valeurs, ses lignes de force et sa philosophie, réagit de façon assez homogène en face du voile. Avant 1954, plus précisément, depuis les années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité d’un peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile, conçu en l’occurrence, comme symbole du statut de la femme algérienne. Une telle position n’est pas la conséquence d’une intuition fortuite. C’est à partir des analyses des sociologues et ethnologues que les spécialistes des affaires dites indigènes et les responsables des Bureaux arabes coordonnent leur travail. A un premier niveau, il y a une reprise pure et simple de la fameuse formule : « Ayons les femmes, le reste suivra ». Cette explicitation se contente simplement de revêtir une allure scientifique avec les « découvertes » des sociologues ».

 

On comprend mieux alors comment la revendication du port du voile et tout ce qui la sous-tend peut inciter une manifestante à se voiler avec le drapeau français, étendard de la République laïque.

   

Message du voile musulman pour les Françaises

Pour les Françaises, depuis des siècles, le voile a été associé à la soumission des femmes, leur oppression, leur analphabétisme, un grand nombre d’enfants, leur exclusion de la politique et de l’économie noble, leur infériorisation, la polygamie, le harem, l’excision, la lapidation, l’absence de droits, leur minorisation, leur discrimination et les violences conjugales et crimes d’honneur.

Pour les féministes, le voile (quelle que soit sa longueur, sa forme, sa couleur-haïk, burqa, niqab, hidjab, tchador, etc.- a toujours été le symbole de l’oppression des femmes. Les féministes historiques se souviennent de la révolution algérienne quand, au début, la victoire des femmes s’est manifestée par l’abandon du voile. Elles éprouvaient de la sympathie pour Ataturk qui avait instauré la laïcité en Turquie et proscrit le voile.

Les Françaises se souviennent de l’époque, pas si lointaine, où les femmes devaient porter un chapeau, un foulard ou un fichu pour être respectées et l’obligation de se couvrir la tête d’une mantille pour entrer dans une église.


Les Françaises ont été consternées d’assister à une épidémie du voile depuis une quinzaine d’années car, auparavant, les musulmanes pratiquantes ne le portaient plus en France. Les seules femmes voilées étaient les vieilles algériennes qui venaient rendre visite à leur famille ou les riches femmes du Golfe qui venaient faire du shopping sur les champs Elysées.

Les Françaises, qu’elles soient féministes actives ou citoyennes ordinaires, ont bénéficié de la lutte pour l’émancipation et l’égalité des droits depuis la Révolution de 1789 qui a servi de modèle d’émancipation pour le monde entier, à l’exception des femmes. La plupart des pays qui se réfèrent à notre révolution et à la Déclaration des droits de l’homme en ont réservé les principes à la seule gens masculine. Seuls les pays occidentaux, chrétiens dans leur immense majorité, ont concédé des droits aux femmes. Même si la partie n’est pas gagnée, les femmes occidentales de culture judéo chrétiennes sont les plus émancipées du globe.

En portant le voile, les immigrées musulmanes ainsi que les françaises converties, envoient un message négatif aux Françaises, un message de déni de leur émancipation, de leur histoire, de leurs luttes et de leurs revendications pour parfaire l’égalité et la parité qui laissent encore à désirer. Elles tirent la condition des femmes par le bas. A Paris, les femmes voilées sont nombreuses dans les logements sociaux, les centres d’aide sociale de la Ville de Paris (CASVP), les salles d’attente des services d’urgence dans les hôpitaux, celles de la sécurité sociale, de la CAF, des mairies et de tous les lieux publics et associatifs qui distribuent de l’assistance. Elles sont nombreuses aussi dans les manifestations de mal logés et de sans papiers.

En se signalant par le voile, les femmes musulmanes renvoient aux Françaises une images de femmes soumises, pauvres, assistées, incapables de planifier les naissances, économiquement dépendantes, parasites, incultes et illettrées.

Contrairement aux discours dominants, les musulmanes ne sont pas stigmatisées, elles se stigmatisent elles-mêmes par leur code vestimentaire. Elles sont entièrement responsables de leur image et de l’hostilité qu’elles génèrent dans la population françaises. Et ce n’est pas la minorité éduquée qui revendique le port du voile et l’application de la charia en France qui les sortira du dégoût et de la pitié qu’elles inspirent aux Françaises qui, dans leur immense majorité sont éduquées et indépendantes économiquement.

 



Châle russe en laine de chèvre mohair crochété le plus finement possible pour le mariage. Il doit pouvoir passer entièrement à travers une alliance

Colomba, femme corse


 

Paysanne vers 1870


Bibliographie et sources :

1-Flora Tristan

Les Pérégrinations d’une paria

Le tour de France

2-Biographie de Flora Tristan

Lucien Scheler : Flora Tristan, morceaux choisis. La bibliothèque française, 1947

Jules-L. Puech : La vie et l’oeuvre de Flora tristan. Marcel Rivière, éditeur 1925

3-Rosa Bonheur

Danielle Digne : Rosa Bonheur ou l’insolence. Denoël Gonthier, 1980

4-Codification des couleurs et du costume

Manlio Brusatin : Histoire des couleurs http://www.amazon.fr/Histoire-couleurs-Manlio-Brusatin/dp/2081227770/ref=ntt_at_ep_dpi_1

Michel Pastoureau http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Pastoureau

5-Tapadas, saya, manto, hier et aujourd’hui

http://inmemoryoflatapada.blogspot.com/

arch 22, 2007

http://enperublog.com/2007/03/22/la-tapada-limena/

The muslim Moors who conquered much of Spain left their mark there – for hundreds of years after the Christian reconquering many Islamic traditions continued to be followed in the south. The Moors impact on Spanish culture is visible in the language, the architecture and typical dress.
In South America these Islamic influences were brought from Spain by Spanish immigrants in the times of the various vice royalties – during Spain’s colonial height.

In the Vice royalty of Peru which consisted of almost all non-Portuguese South America, Lima was the seat of power and home of the Spanish. This was a time of great wealth. Colonial Lima was a city, known at the time as the City of Kings, with the most beautiful and exquisite colonial buildings. Each building was dominated by its grand wooden balconies, perfectly carved, some pieces even shipped from Spain. The Moorish style of the patterns on some of these buildings is not the Islamic influence I want to draw your attention too, it’s how the balconies were used and who by.

In the times of the vice royalties and even up until some decades after independence it remained custom for Limean women to wear a form of dress very similar to that of Muslim women – the Muslim women of old Spain. The dress consisted of a puffy European exaggerating-hips style skirt that covered all the the legs and draped onto the floor, but not such as it would stop their perfectly embroided shoes being seen. On top women would wear a shroud, that was incorporated into the top part of the outfit, that was wrapped around the front of the body hiding its shape and continued up until and was wrapped around the face and head. This allowed the woman visibility from only one eye and shielding her from the eyes of others. It wasn’t all modesty and preventing unwanted attention from men who would not even know if the woman were even he sister at first glance, sometimes the dress was used flirtatiously – so it seems the Islamic custom had been diluted quite a bit.
It wasn’t considered appropriate in this time for women to go out on the street. If going outside was necessary the women would wear the dress described. To allow the women to observe the goings on in the street while not actually having to leave the home, buildings were constructed with grand balconies from which they could look out below.

The women of this time were known as the limeñas tapadas, the covered limean women, and although the vice royals tried to discourage the use of the dress the old Muslim habits died hard.

Lima’s balconies –

Défilé de tapadas en 2010 :

http://www.youtube.com/watch?v=8QA9gsA_g0g&feature=related


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