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Agressions sexuelles. Le « biais rétrospectif » donne bonne conscience à l’agresseur

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Le biais rétrospectif consiste en une erreur de jugement cognitif désignant la tendance qu’ont les personnes à surestimer rétrospectivement le fait que les événements auraient pu être anticipés moyennant davantage de prévoyance ou de clairvoyance.

Selon Nassim Nicholas Taleb, le biais rétrospectif est un mécanisme de déni du hasard dans lequel tout événement doit pouvoir se justifier afin d’être le plus prévisible possible, sa fonction étant dès lors de conforter les individus dans leur sentiment de contrôler l’incertitude[1].

Le biais rétrospectif engendre un coût social et économique qui peut être à l’origine de nombreuses erreurs de jugement dans des domaines aussi divers que le comportement individuel, le diagnostic médical, la spéculation boursière, les agressions sexuelles et les erreurs judiciaires par exemple. Ce biais est aujourd’hui intégré dans des cursus ou des pratiques de consultance ou d’audit portant sur l’aide à la décision ou la gestion des risques dans des secteurs tels que l’économie, la politique, la finance ou la santé.​ […] 

Agressions sexuelles

Le biais de rétrospection s’applique à des cas particuliers d’événements. Il peut s’agir d’un accident de voiture, d’un décès, d’un échec sportif, d’une agression…Selon Fischhoff, un individu, face à l’issue d’un événement, a tendance à surestimer la probabilité de son apparition alors qu’il est en général peu courant. Les individus jugent plus probable un fait, et l’estiment plus prédictible, lorsqu’ils en ont connaissance[14].

Les agressions sexuelles sont un cas d’application du principe du biais de rétrospection. L’agression s’explique en effet très communément par divers préjugés : « elle n’aurait pas dû se vêtir de la sorte », « son attitude est provocante », « ses fréquentations sont malsaines», etc. Tous ces préjugés sont le résultat de nos impressions par rapport à l’événement qui s’est produit, dans ce cas l’agression. Ces préjugés émanent de notre besoin à vouloir expliquer l’incident afin de pouvoir le prédire plus aisément dans le futur. Ceci nous conforte dans l’idée que nous pouvons prédire des agressions une fois qu’elles se sont déroulées alors qu’elles appartiennent en réalité au hasard des circonstances. Les différentes explications que nous induisons forment une structure causale stéréotypique de l’agression, un mécanisme simplifié de la réalité. Dès lors, tous les comportements stéréotypiques relatifs à l’agression deviennent des prédicteurs de cette agression[15].

Il est intéressant de comprendre le raisonnement des différents sujets. Comment peuvent-ils rendre l’agression prévisible ? Pour répondre à cette interrogation, deux courants de pensée s’opposent. Le premier courant est développé par Fischhoff, qui postule une explication purement cognitive impliquant un mécanisme d’altération de la mémoire : la sélection d’informations se fait automatiquement et inconsciemment ; nous intégrerions directement les nouvelles connaissances dans les anciennes connaissances, et ce, sans même nous en rendre compte. Ce processus se déroule en deux niveaux :

L’agression au niveau de la représentation en mémoire :nous ne distinguons plus les anciennes des nouvelles données car les secondes ont été automatiquement intégrées aux premières. Cette altération est souvent due à l’élaboration d’un scénario causal au sein duquel les événements qui rendent bien compte de la fin de l‘agression vont être mieux conservés en mémoire que ceux qui ne s’insèrent pas aisément dans le schéma dudit événement. Par exemple, si l’observateur essaie de plaquer une structure causale selon laquelle la victime a provoqué son agresseur, il pourrait imaginer que la jupe de la victime apparaisse plus courte qu’elle ne l’était. Nous assistons donc à une altération de la mémoire qui va modifier la représentation mémorielle du sujet, dans l’optique de rendre l’agression plus cohérente avec son schéma de pensée[14].

L’agression au niveau de la récupération en mémoire :les traces laissées en mémoire par l’agression étant plus fortement ancrées, les détails qui sont cohérent avec le déroulement de l’agression sont par conséquent plus accessibles. Par exemple : une femme a été violée, il sera plus facile pour le sujet de se rappeler d’éléments qui prédisent cette fin, il oubliera ainsi les détails qui ne s’accordent pas avec le scénario de l’agression (le fait que la fille se situait dans un quartier sécurisé). Le sujet ne garde en mémoire que les détails qui sont plus conformes à la structure causale qu’il a développée. À titre d’exemple : elle possédait un décolleté ‘plongeant’ et une courte jupe. Ces détails s’accordent plus aisément avec la structure causale du sujet qui postulait que la victime était habillée de manière provocante et avait du ‘exciter’ l’agresseur. Nous assistons là à un processus de mémoire sélective[14].

Le second courant s’inscrit dans le courant de la mémoire reconstructive : le biais se produit au moment de la réponse (outcom) lorsque le sujet va reconstruire une prédiction de manière consciente et intentionnelle, sur base de l’agression qui lui a été rapportée. Dans l’hypothèse où rien ne lui avait été rapporté, il n’aurait été en mesure de prédire l’agression. Cependant, le fait de savoir que cette personne a été violée lui permet de réajuster sa prédiction, de donner du sens à l’événement afin de le rendre beaucoup plus évident et prévisible que ce qu’il était initialement. Le sujet va donc reconstruire son opinion. De ce fait, il va réévaluer sa prédiction et la rendre plus cohérente avec l’agression, en construisant une structure causale qui justifie cette dernière[16]. (Pour plus d’information sur le principe de mémoire reconstructive, voir partie Mécanismes)

Selon Pezzo, le biais de rétrospection est le produit d’efforts visant à construire du sens. Quand les individus sont confrontés à une agression sexuelle, un événement surprenant et négatif, ils cherchent à comprendre les causes de sa survenue. Les sujets vont donc restituer et reconstruire des détails de l’incident afin de créer une explication suffisamment concevable pour justifier l’agression. Ceci rendra l’agression prévisible. Si ces deux processus de construction de sens sont couronnés de succès et mettent en évidence un lien entre les causes de l’agression et les résultats de l’agression, un important biais de rétrospection se fera alors ressentir[17]. Néanmoins, Pezzo est parvenu à démontrer que lorsqu’un événement négatif est trop surprenant, les individus ne vont pas tenter de blâmer la victime : il n’y aura donc pas de place pour un quelconque effet de rétrospection[18]. Le biais rétrospectif dépend des attentes stéréotypiques des individus. Une attitude contre-stéréotypique et surprenante pourrait de ce fait bloquer l’effet de rétrospection. À titre d’exemple, selon Marchal, lorsque l’agression est perpétrée par une femme, il n’y a pas d’effet de rétrospection car cela ne correspond pas aux stéréotypes propres à l’agression de rue[19]. On remarque d’ailleurs une influence du genre. En effet, les hommes ont une tendance à blâmer la victime plus fortement que les femmes. Cela s’expliquerait par leur ambivalence face au stéréotype négatif de l’agressivité masculine. Il s’agirait d’un processus de déni du stéréotype. Les femmes, quant à elles, blâment moins la victime de l’agression, surtout lorsqu’il s’agit d’une femme, ce qui démontre un biais pro-endogroupe (Théorie de l’identité sociale) de leur part[20].

Je n’ai qu’une objection à cette analyse pertinente, c’est l’évocation de « déni du hasard » car, de « hasard », il n’y a point. La culture du viol entretient la « possibilité » de violer ou d’être violée, état de sujétion à ce qui serait une loi de la nature (la montée de testostérone chez le mâle, la soumission/passivité/faiblesse/infériorité chez la femelle) et une fatalité sociétale. C’est en vertu de cette constatation que le mouvement #balancetonporc/#metoo/#moiaussi est une étape révolutionnaire sur le chemin de l’émancipation des femmes : l’agression sexuelle n’est pas une fatalité, elle est anormale et hommes et femmes occidentaux peuvent contribuer à son éradication et le tentent comme l’explique Denis MacEoin , dans sa comparaison entre sociétés occidentales et musulmanes vis-à-vis des femmes.

Merci à la lectrice qui m’a transmis cette analyse édifiante. LC

En Egypte, violer une femme « impudique » est un devoir patriotique. Nabih Wahsh, 19/10 2017.

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Je dis que quand une fille marche comme ça -sans voile- il est du devoir patriotique de la harceler sexuellement et un devoir national de la violer.

« I say that when a girl walks about like that, it is a patriotic duty to sexually harass her and a national duty to rape her. » — Nabih Wahsh, Islamist lawyer, on Egypt’s al-Assema TV, October 19, 2017.

Non mais, ils se prennent vraiment pour des êtres supérieurs ces mâles qui osent tenir des propos aussi stupides et pervers ? Non seulement des millions d’hommes débiles de par le monde estiment que toute femme leur appartient mais il s’en trouve certains-instruits mais pas éduqués- pour justifier le harcèlement sexuel et le viol au nom de leur morale. Nous féministes savons que les suprématistes mâles sont capables de trouver n’importe quelle justification à leurs instincts criminels que ne partagent même pas les animaux. Je plains les Égyptiennes et les ressortissantes de pays musulmans mais je soutiens les courageuses iraniennes du mouvement #Mystealthyfreedom et des #mercredis blancs

  Nabih Wahsh, Egypt’s al-Assema TV, October 19, 2017.

Egyptian lawyer Nabih Wahsh recently advocated on television for sexual harassment and rape in retaliation for the temptation caused by uncovered women. (Image source: MEMRI) https://www.gatestoneinstitute.org/11673/sexual-harassment-east-west

Le Gatestone Institute qui se spécialise dans l’observation du Moyen-Orient et du djihad publie ce jour un article édifiant sur le harcèlement sexuel à l’est et à l’ouest. Bien entendu, aux jeux olympiques du harcèlement sexuel, les musulmans raflent toutes les médailles d’or, que ce soit dans les équipes orientales ou occidentales. Personnellement, et pour éviter ces champions olympiques, je n’ai jamais souhaité séjourner en Turquie, au Maroc ou en Tunisie quand tous mes proches et mes connaissances s’y précipitaient et s’y précipitent encore. Leurs ressortissants sont suffisamment nombreux en Occident pour nous donner un avant goût de ce qui nous attend chez eux. Et puis un voyage au Liban, en Syrie et à Jérusalem m’ont suffi : propositions permanentes d’achat de ma personne; mains aux fesses ou aux seins régulièrement; regards indécents, lourds et vicieux; interpellations et apostrophes humiliantes; propos autoritaires et ordres déplacés et impertinents; atteintes incessantes à ma liberté de déplacement et de stationnement, de flâneries et de rêveries dans sites touristiques, des points de vue remarquables, des beautés architecturales, des cafés, restaurants, commerces,  parcs. Dois-je préciser que ces comportements prédateurs n’ont rien à voir avec un hommage à ma beauté (sic), ma grâce (re-sic) et mon intelligence (re-re-sic), la séduction, la courtoisie, un compliment flatteur, une admiration sincère, un intérêt marqué pour mes qualités spirituelles et intellectuelles ou même une douce drague sur ton humoristique.

L’auteur, Dr. Denis MacEoin taught Islamic Studies at a UK university, s’attarde longuement sur le double langage de Tarik Ramadan et de ses semblables et souliggne que, si les sociétés occidentales ont beaucoup à se reprocher sur la manière dont elles traitent les femmes, elles sont capables de reconnaître leurs torts et de tenter de les corriger. Il cite en exemple le mouvement actuel #too. Par contre il illustre le retour en arrière des sociétés musulmanes qui, sous l’influence des conservateurs comme Erdogan, retirent aux femmes musulmanes les quelques droits et libertés qu’elles avaient pu gagner au cours des temps. L’auteur déplore le relativisme culturel de certaines élites qui nuisent ainsi à leurs semblables comme aux femmes et aux enfants musulmans ainsi qu’aux réformistes de cette religion.

La Connectrice

https://www.gatestoneinstitute.org/11673/sexual-harassment-east-west

 

Harcèlement sexuel. Ignorance, bêtise, mauvaise foi, parlent de « criminalisation de la galanterie » !

Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque j’ai entendu ce matin sur une station de radio quelconque une femme qualifier de « criminalisation de la galanterie »  le magnifique mouvement de #dénoncetonporc et #moiaussi. Oui, magnifique mouvement car il permet à toute femme de se soulager du poids de l’humiliation, de la souffrance et de la peur conséquentes du harcèlement et des violences sexuelles qu’elles ont subies.

Personne n’a songé à criminaliser la galanterie tant qu’on ne confond pas harcèlement sexuel avec la galanterie qui n’est pas même de la drague mais un ensemble d’égards habituellement dévolus aux femmes par les hommes.

Il y a harcèlement lorsqu’il y a répétition, insistance, manipulation, contact physique ou rapprochement physique menaçant, insultes en cas de refus, interpellation agressive et vulgaire (Tu me suces ? joli petit Q, superbes nichons, etc.) Je le répète, ça n’a rien à voir avec la galanterie, le flirt ou les compliments. Celles et ceux qui ne le savent pas sont de mauvaise foi ou idiots.

Le problème est que nous sommes des proies depuis des millénaires et que nous ne prêtons plus attention au harcèlement sexuel parce que nous avons élaboré des stratégies pour ne pas en être victime et que les parents et la société ont intégré ce danger fatal, normal et ordinaire. Fais attention ma fille, ne fréquente pas n’importe qui, ne suis jamais un homme que tu ne connais pas, ne sors pas seule, etc. Mais aussi porte une ceinture de chasteté, couvre ton corps d’un voile ou d’une burqa, sors accompagnée d’un homme qu’il ait 5, 15 ou 20 ans, etc.Bref, la chasse à la femme est une fatalité, on n’y peut rien, c’est la vie.

La Grande leçon du mouvement #balancetonporc est que le harcèlement n’est pas une fatalité, que ce n’est pas inhérent à la condition humaine et que femmes et hommes peuvent s’unir pour l’abolir comme ils l’ont fait pour l’esclavage.

Galanterie, courtoisie sont des formes de relations humaines respectueuses et agréables dont nous ne souhaitons pas nous passer. La vie serait bien triste si nous ne pouvions pas nous séduire, flirter, honorer nos charmes, flatter notre coquetterie, nous taquiner malicieusement et jouer délicieusement avec autrui. Tant que ces relations s’en tiennent aux belles et gentilles phrases personnalisées il n’y a que du plaisir à relationner.

Lorsque j’avais 20 ans je supportais mal galanterie et courtoisie masculines car elles me ramenaient à ma féminitude, ma condition de femme inférieure nécessitant d’autant plus d’égards que j’étais censée être fragile et dépendante. Sans doute aussi parce que je soupçonnais chaque homme galant de ne penser qu’à mes fesses et de le dissimuler derrière des manières hypocrites. C’était une autre époque où j’étais tellement harcelée que n’étais incapable de faire la différence entre la pure gentillesse et la perversité manipulatrice.

Mon frère, grande gueule machiste clamait alors : la galanterie n’existe plus depuis que les femmes fument et ont le droit de vote ! Affirmation qui ne faisait que confirmer mon scepticisme sur la sincérité des bonne manières masculines.

Soyons vigilantes, ne laissons pas mourir le mouvement de révolte contre le harcèlement sexuels en nous laissant influencer par les tentatives de culpabilisation qui viennent des hommes mais aussi de femmes qui les protègent de crainte qu’ils ne les abandonnent.

La Connectrice

Violences contre les femmes. Le négationnisme d’Alain Finkielkraut

J’apprécie beaucoup la parole d’Alain Finkielkraut mais pas du tout en ce qui concerne les violences exercées contre les femmes et, en particulier, le mouvement de libération de la parole avec #balance ton porc et #metoo et #moiaussi.

Sur le sujet de l’oppression des femmes, il hurle avec les loups de Causeur, ce magazine qui s’est fait une spécialité de diaboliser les féministes, de défendre la prostitution et les clients de prostituées, de défendre les harceleurs et violeurs comme Baupin, DSK, Weinstein et Polanski, pour ne citer qu’eux ; ce magazine se bouche les oreilles lorsque des millions de femmes de par le monde dénoncent les harcèlements et viols dont elles on été victime, tentant vicieusement de dénigrer cette parole en les accusant de délation alors qu’en réalité, très peu de nom sont cités. Si dénoncer son bourreau est de la délation (une dénonciation mal intentionnée) alors il faut l’appliquer à toutes les victimes qui déposent plainte pour atteinte à leur personne ou à leurs biens. Je rappelle que dans l’affaire Ilan Halimi, une trentaine de personnes étaient au courant et se sont tues : si elles avaient parlé, Causeur et Finkielkraut les auraient-elles accusées de délation ?

Le magazine Causeur est carrément indécent lorsqu’il se permet de reprocher aux femmes victimes de ne pas avoir porté plainte, de ne pas avoir fait appel au Droit plutôt qu’à Internet. Causeur insulte sa propre intelligence en persistant dans l’ignorance du stress post-traumatique et de la mémoire traumatique.

Accuser les victimes de délation pour éviter de se poser des questions c’est rajouter du malheur à la douleur. La Consolation,  film réalisé d’après le témoignage de Flavie Flament montre avec pertinence les ravages que fait un viol sur le long terme et pour la vie. Il montre très justement que le viol n’est pas qu’une pénétration non consentie, il résulte de toute une préparation de la femme (petite fille, jeune fille…) par la société et son entourage à la naîveté, la soumission, la résignation, la fatalité « la prostitution est le plus vieux métier du monde », au manque de confiance en soi et de l’estime de soi, l’obligation de plaire à tout prix, etc.

Ce jour, il ose pinailler sur les chiffres donnés sur le nombre de femmes tuées par leur conjoint en 2016. Ses arguments sont dignes de ceux des négationnistes qui pinaillent sur l’existence des chambres à gaz, le nombre des victimes et l’utilisation du zyklon B comme arme de destruction massive. Il est triste de constater qu’un homme aussi cultivé, intelligent, humaniste et lucide soit complètement sourd et aveugle lorsqu’il s’agit de gynécide, de misogynie, de machisme et de discrimination sexuelle universelle.

Les arguments de Finkielkraut sont les suivants :

Pinaillage : les 126 femmes mortes suite à des violences conjugales ne sont pas toutes mortes sous les coups ; certaines ont été empoisonnées, tuées par arme à feu ou autres ; dire qu’elles sont mortes sous les coups vise à donner des hommes l’image d’un monstre primitif, ce qu’il n’est pas

Pensée binaire : On ne parle pas des 44 hommes tués par leur compagne

Ce mode de pensée est équivalent à celui des islamistes et islamophiles qui, lorsqu’on évoque le terrorisme musulman et le djihad civilisationnel nous renvoient l’histoire des Croisés, celle du colonialisme, de la traite négrière, de notre racisme, etc. La pensée binaire est une rhétorique banale pour noyer le poisson de la question posée et éviter de réfléchir et de se remettre en question.

La position d’Alain Finkielkraut et de ses amis est d’autant plus consternante qu’elle réduit à néant le combat contre le djihadisme civilisationnel qui inclut l’asservissement de la femme, son infériorisation, sa réification et sa privation de droits. Le harcèlement sexuel et le viol ne sont-ils pas l’apanage du mâle musulman ? 60% des détenus dans nos prisons sont musulmans et sur le total des détenus, 40% sont incarcérés pour crimes et délits sexuels …quand ils se sont fait prendre parce que victimes de …délation.

La Connectrice

Agression sexuelle sur mineur. Le sénat s’émeut

S’étant émue, comme l’opinion publique, de l’indulgence de la Justice vis-à-vis de l’adulte de 28 ans ayant violé (c’est la réalité, pas les attendus du jugement), une fillette de 11 ans, les sénatrices et sénateurs ont déposé deux propositions visant à protéger les mineurs victimes d’agressions sexuelles : en abaissant l’âge de la majorité sexuelle et en augmentant le délai de prescription des crimes sexuels.

Renforcement de la protection juridique des mineures et mineurs contre les agressions sexuelles N°28 et 53 enregistrées au mois d’octobre 2017

LC

N° 28

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2017-2018

Enregistré à la Présidence du Sénat le 17 octobre 2017

PROPOSITION DE LOI

tendant à renforcer la protection des mineurs contre les agressions sexuelles,

Une décision récente du parquet de Pontoise a suscité une violente polémique en requalifiant « d’atteinte sexuelle sur mineure de quinze ans » une plainte initialement déposée pour viol par une fillette de onze ans contre un agresseur âgé de vingt-huit ans, l’argumentation se fondant sur la passivité de l’enfant et l’absence de violence ou de contrainte lors de la relation sexuelle, pourtant visiblement imposée. Il en résulte évidemment une échelle des peines réduite, le viol étant passible en l’occurrence d’un emprisonnement de vingt années alors que l’atteinte sexuelle sur mineur n’est punie que de 75 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

Cette décision, vivement critiquée par l’opinion publique, a mis en lumière l’étroitesse juridique de la définition du viol, l’absence de critères de mesure du consentement et la non-prise en compte, par notre droit, des circonstances liées à l’âge de la victime. Un mineur de quinze ans peut être, par définition, âgé de zéro à quinze ans, écart qui n’est pas anodin en matière d’activité sexuelle…

Afin de corriger les approximations de la loi française et de lui conserver une cohérence d’ensemble avec la définition des peines, cette proposition de loi fixe à quinze ans l’âge à partir duquel on peut estimer que le mineur est en mesure d’entretenir volontairement une relation sexuelle avec un adulte dans une situation de consentement éclairé. À l’inverse, au-dessous de cet âge, il ne saurait être question de faire valoir ou présumer d’un quelconque consentement à une relation sexuelle quel qu’en soit le contexte. Il y aurait alors présomption irréfragable de viol

Cette même présomption irréfragable s’appliquerait aux mineurs de plus de quinze ans lorsque l’adulte est une personne ayant sur eux une autorité de droit ou de fait.

Par ailleurs, le code pénal français ne traite pas des relations sexuelles entre mineurs. Or, ces relations sont évidemment une réalité et peuvent provoquer d’immenses dégâts, en particulier sous l’influence des jeux vidéo, de la pornographie et des réseaux sociaux. Il est donc également urgent de clarifier cette situation notamment au regard du fait que, si un enfant sur cinq est victime d’agression sexuelle en Europe1(*), la part des agressions entre mineurs est en augmentation. Il convient donc de pouvoir les condamner, et d’instaurer parallèlement les mesures, avant tout éducatives, appropriées2(*).

Afin d’encadrer les relations sexuelles entre mineurs et limiter les risques de pression d’un partenaire à l’égard de l’autre, il est ici proposé de prévoir qu’en deçà de l’âge de quinze ans, un mineur peut consentir à des activités sexuelles avec un partenaire mineur si celui-ci est de moins de deux ans son aîné et qu’il n’exerce aucune relation d’autorité, de dépendance ou de forme d’exploitation à son endroit.

Enfin, il apparaît nécessaire de rendre obligatoire l’inscription au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) instauré par l’article 48 du 9 mars 2004 toutes les personnes condamnées à des peines, même inférieures à cinq années d’emprisonnement, dès lors que la victime en était mineure.

Tels sont les objectifs de cette proposition de loi…suite

N° 53

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2017-2018

Enregistré à la Présidence du Sénat le 26 octobre 2017

PROPOSITION DE LOI

pour une meilleure protection des mineur.e.s victimes de viol et des autres agressions sexuelles,

…Malgré la récente extension des délais de prescription prévue par la loi n°2017-42 du 27 février 2017, les mineur.e.s victimes de crimes et délits sexuels ne bénéficient pas d’un caractère dérogatoire au droit commun : le point de départ placé à partir de la majorité « est justifié par le fait que la victime mineure n’a pas la capacité d’agir en justice et doit se faire représenter. Par ailleurs, ce report est d’autant plus justifié pour les crimes sexuels qu’ils sont le plus souvent commis par un.e membre de la famille ou une personne de l’entourage, qui exerce sur la victime une autorité ou une influence »3(*).

Ainsi, le délai en vigueur n’est pas adapté au caractère très souvent tardif de la révélation des violences (l’amnésie traumatique est souvent levée après 40 ans, alors que l’action publique s’éteint après 38 ans pour les victimes mineures).

La spécificité des crimes sexuels sur mineur.e.s justifie la création d’un délai de prescription dérogatoire de 30 ans à compter de la majorité, une évolution cohérente et lisible au regard du droit de la prescription en vigueur, et répondant aux attentes légitimes des victimes4(*)suite

#moiaussi au Parlement européen

  • Le mouvement #balancetonporc a soulevé une vague de prise de conscience de la réalité du harcèlement sexuel dans notre société et ses institutions. Ce soir sur la chaîne Public Sénat le député Edouard Martin et son assistante parlementaire, Jeanne Ponté, exposaient les mesures prises pour protéger les victimes en son sein. On ne peut que se réjouir de cette prise au sérieux de la pandémie.

https://www.publicsenat.fr/emission/europe-hebdo/harcelement-sexuel-et-l-etat-de-droit-en-hongrie-78692

  • Assistante de l’eurodéputé socialiste Édouard Martin, Jeanne Ponté a décidé de prendre la parole pour dénoncer ces faits au sein du Parlement européen. La jeune femme raconte avoir elle-même été victime d’un comportement déplacé de la part d’un député allemand en juillet 2014 alors qu’elle est toute jeune assistante. Choquée par cet événement, elle décide quelques mois plus tard de consigner des gestes, des noms, des dates, dans un petit carnet « pour ne pas s’habituer ». Elle répertorie ainsi tous les actes dont elle a connaissance : « ça va du commentaire sexiste, au harcèlement sexuel, au message reçu au milieu de la nuit par des députées et de manière répétée, à des cas d’agression sexuelle ».

https://www.publicsenat.fr/article/societe/le-carnet-noir-du-harcelement-au-parlement-europeen-79579

  • entretien avec Edouard Martin

http://www.euractiv.fr/section/institutions/interview/edouard-martin-a-strasbourg-les-eurodeputes-se-lachent/

Ici les langues se délient depuis l’affaire Weinstein, et la réalité dépasse ce que je pouvais imaginer. Il y a 751 députés, qui ont souvent 2 attachés parlementaires, qui sont souvent des femmes jeunes. Elles sont intimidées, elles ne savent pas comment réagir. Je ne sais pas si le problème est important, mais je sais qu’il existe, et qu’il y a des victimes…

Vous êtes élus depuis 2014, avez-vous été témoin de scènes de harcèlement depuis 3 ans et demi ?

Je n’ai pas vécu de choses graves, mais j’ai assisté à des remarques déplacées. En revanche, les témoignages montrent que cela va beaucoup plus loin. Certains élus se permettent de plaquer des femmes contre le mur, de les tutoyer, de faire des remarques sur la transparence supposée de leur chemise. Je n’ai jamais entendu la même chose à propos de la chemise d’un homme.

Je pense qu’il faut faire quelque chose parce que les contrats des attachés parlementaires, notamment, sont très précaires. Un parlementaire peut dénoncer le contrat de son assistant(e) pour le simple fait de rupture de confiance. Donc à la moindre dénonciation, les assistants et stagiaires risquent d’être licenciés.

Est-ce que le fait que le Parlement européen « voyage » entre Bruxelles et Strasbourg influence le phénomène ?

Les eurodéputés, souvent, habitent à Bruxelles. Et ils y ont fait venir leur famille, pour certains. Donc le soir, à Bruxelles, ils rentrent chez eux. Mais les semaines à Strasbourg, c’est n’importe quoi. Ils sont à l’hôtel, dans les bars, les restaurants, il y a un espèce de sentiment frivole, ils se permettent des comportements déplacés. Tout d’un coup ils se lâchent.

Il existe un comité consultatif sur le harcèlement au Parlement européen…

Oui, il y a 11 cas de harcèlement moral qui ont été instruits, dont un est toujours en cours. Mais aucun de harcèlement sexuel. Or je sais qu’ici il y a des hommes qui se sont comportés comme des harceleurs, et les victimes n’osent pas témoigner. Elles n’osent pas aller voir le comité en question parce qu’elles ne se sentent pas protégées, elles savent qu’elles seront licenciées sur le champ si elles dénoncent leur eurodéputé par exemple. C’est un comité interne, on ne sait pas où les témoignages terminent, on ne sait même pas quelles sont les sanctions encourues.

Le président Antonio Tajani a promis le 23 octobre de punir les cas de harcèlement sexuel. En même temps, en tant que proche de Silvio Berlusconi, il n’est pas forcément très crédible sur le sujet…

Oui, il a dit que les harceleurs seraient « sévèrement punis ». Mais ça veut dire quoi ? Qu’on leur enlèverait une semaine de salaire comme à l’élu polonais qui a tenu des propos xénophobes, racistes et sexistes en plein Parlement européen ? Il faudrait de vraies sanctions pour que le comité soit pris au sérieux.

Il y a un débat ici, je suis assez isolé : certains pensent que le comité est suffisant. Moi je crois que nous avons besoin d’une structure compétente pour traiter de ce sujet.

Que faudrait-il mettre en place pour limiter les cas de harcèlement ?

La victime a besoin d’écoute avant tout, et ensuite, éventuellement viendra le processus de plainte. Mais toutes les garanties doivent être apportées. Je plaide pour un audit externe. Que l’on puisse choisir un cabinet spécialisé, non pas pour stigmatiser, mais pour évaluer. Ici au Parlement européen, dès qu’on parle de faire venir quelqu’un d’extérieur, c’est impossible. Je crois qu’on a rien à cacher, donc ce serait important de s’entourer de vrais professionnels.

Harcèlement sexuel : Gina Lollobrigida aussi

Gina Lollobrigida, à la veille de ses 90 ans avoue avoir été elle aussi victime de harcèlement sexuel et violée.

A-t-elle vraiment dit qu’elle déplorait le « déballage actuel » ? Si oui, elle se contredit en « déballant » son expérience si non, on peut imaginer que le journaliste le lui a fait dire parce que ça l’arrangeait.

A-t-elle vraiment dit qu’«il faudrait avoir le courage de les dénoncer sur le moment» et développé tout le mal que les agressions lui avaient fait «Les agressions sexuelles, quand il s’agit de plus, cela reste en toi et cela marque ton caractère. C’est quelque chose que tu ne peux pas retirer de toi. Tes actions sont toujours soumises à ce souvenir terrible».

Mais pour elle désigner des coupables aujourd’hui à la vindicte populaire ne lui paraît pourtant pas une solution digne: «Il me semble qu’en parler maintenant est un peu une manière de chercher la publicité.». A-t-elle vraiment parlé de vindicte populaire et accusé es victimes de vouloir se faire de la publicité ?

Je reste sceptique sur les jugements attribués à cette vieille dame de 90 ans alors qu’elle profite de la libération de la parole des victimes pour dire qu’elle aussi en fut une.

 

LC

http://www.lefigaro.fr/cinema/2017/11/10/03002-20171110ARTFIG00107-gina-lollobrigida-victime-elle-aussi-d-agressions-sexuelles-denonce-le-deballage.php

Gina Lollobrigida, victime elle aussi d’agressions sexuelles, dénonce le «déballage»

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