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Archives de Catégorie: Islam

Massacre préfecture . Les experts ont presque tout compris mais qui les écoute ?

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https://www.grazia.fr/news-et-societe/news/attentats-de-paris-hommages-aux-victimes-en-14-dessins-792438

« la réalité est insupportable, mais irrémédiable » Clément Rosset

Trois experts en désastres français livrent leurs réflexion sur les causes et le contexte du massacre de 4 policiers et des blessures de leurs collègues ce jeudi 3 octobre 2019 à la préfecture de police de Paris, lieu opérationnel et symbolique de la force de notre sécurité intérieure.  Xavier Raufer, criminologue, Alain Rodier, adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et Eric Verhaeghe  auteur de « Faut-il quitter la France ? »

https://www.atlantico.fr/decryptage/3580391/massacre-a-la-prefecture-de-police–le-vertige-face-a-l-ampleur-des-fautes-accumulees-par-les-autorites-alain-rodier-xavier-raufer-eric-verhaeghe

L’article est long mais très instructif. Je vous invite à le lire et je souligne en gras quelques éléments pour vous en rendre la lecture plus facile et plus rapide.

Des éléments manquants

En 2018, un nouvel appel était lancé pour relancer les partisans  de Daech à poursuivre le « djihad ». Baghdadi demande aussi à ses combattants de s’attaquer aux « médias mécréants » et aux « quartiers généraux de la guerre idéologique » un peu partout dans le monde. https://www.lepoint.fr/monde/etat-islamique-baghdadi-appelle-a-poursuivre-le-combat-23-08-2018-2245399_24.php

  • Il manque la culture de l’Oumma Islamiya qui oblige tout musulman à être à sa communauté ce que le pouce est à la main, une foi qui explique qu’à chaque interpellation ou argument avec un mahométan, c’est l’émeute dans les minutes qui suivent avec agressions verbales, puis physique puis destruction de voitures, de mobilier urbain, de bâtiments publics et de commissariats; on se souvient du massacre de ce jeune marocain qui demandait à faire un constat suite à un accrochage, la conductrice appelant sa communauté à la rescousse laquelle élimina le pauvre Mohamed Laidouni au motif qu’il voulait faire un constat « comme les français ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Mohamed_Laidouni
  • Il manque l’analyse du vrai-faux loup solitaire. Un fou d’Allah peut prendre seul la décision de frapper. Toutefois, sans parler d’organisation terroriste physique en soutien, le fou d’Allah n’est pas devenu fou tout seul. Il a été conditionné par les appels de Daech, des prêches belliqueux en direct dans les mosquées et sur l’Internet, des propos haineux contre la France et les mécréants, des morceaux de rapp qui incitent à violer les femmes, tuer les bébés, faire flamber les « porcs de flics », tuer tous les mécréants, transformer la France en califat, haïr les français, etc. Ces porteurs de haine sont-ils sanctionnés à la hauteur de ce que subit Eric Zemmour qui ne fait que dénoncer des réalités insupportables pour la sécurité de la France et sa culture ?
  • Il manque le contexte antillais. Je me trouvais avec une amie antillaise lors de l’annonce de l’attentat. Elle entra dans une colère noire contre la désastreuse image que Mickaël Harpon allait donner de la communauté antillaise et ajouta que les Antilles étaient comme la métropole perverties par l’Islam...http://www.gwadislam.fr/

Bonne lecture;

La Connectrice

 

05 octobre 2019

DÉNI DU RÉEL

Massacre à la Préfecture de Police : le vertige face à l’ampleur des fautes accumulées par les autorités

Atlantico : Un agent administratif de la préfecture de police de Paris a agressé au couteau plusieurs de ses collègues jeudi 3 octobre, tuant quatre personnes avant d’être abattu par un fonctionnaire de police. Le parquet antiterroriste a été saisi de l’enquête. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les motivations de l’auteur de l’attaque au couteau à la préfecture de police, le profil du suspect, converti à l’islam, pousse à envisager la thèse terroriste. Dans l’hypothèse où la piste de l’attentat terroriste serait retenue, comment expliquer que les services de renseignement n’aient pas pu identifier les pistes d’un passage à l’acte ?

Xavier Raufer : Vanité des entreprises humaines… Tout débutait si bien: la meute média-antifa aux trousses d’Éric Zemmour… L’amorce d’un dialogue détendu-convivial sur l’immigration lancé par l’Élysée. Soudain, le vrai monde anéantit tout cela avec fracas. Car si la moitié de ce qu’on lit sur la tuerie de la Préfecture de police est vrai – nous y revenons – la sécurité de la France, la confiance des Français en leur État, seront gravement affectés. Le philosophe Clément Rosset édicta naguère que « la réalité est insupportable, mais irrémédiable »: nous y voilà.
Résumons : un individu depuis dix ans fasciné par l’islam… converti depuis deux ans peut-être… habilité au secret-défense… niché au cœur informatique du service opérant le renseignement d’une capitale mondiale majeure… Aussi: on ne compte plus les missions ultra-sensibles récemment confiées à la DRPP, de par sa taille réduite, son étanchéité et son esprit de corps. Les dégâts potentiels sont vertigineux.

Alain Rodier : Comme d’habitude dans ce type d’affaire, il convient de rester extrêmement prudent car les jours à venir vont certainement apporter d’autres informations.  Il n’empêche que le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’affaire le 4 octobre après-midi. Les policiers possèdent donc des informations nécessaires qui font suite aux perquisitions effectuées, à l’analyse de(s) ordinateur(s) et des téléphones du « suspect » (en termes juridiques, c’est  la qualification qui doit être retenue à l’égard de Monsieur Mickaël Harpon impliqué dans ces meurtres) et aux réponses données par son épouse actuellement en garde à vue (ce qui est une mesure tout à fait normale au regard du Droit) et par des proches.

Cette  affaire entre dans le cadre d' »assassinats et tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Ce sont ces deux dernières qualifications qui ont obligé le PNAT à se saisir de l’affaire qui, à l’évidence ne dépend plus du droit commun. Il semble que l’autorité politique aurait souhaité qu’il en soit autrement mais la justice est indépendante en France. La deuxième qualification est inquiétante car elle sous-entend qu’il n’était pas seul. Il est en particulier question d’au moins une connaissance qui l’accompagnait parfois à la prière.

Ce fonctionnaire né à Fort de France servait depuis 2003 comme adjoint administratif (agent de catégorie C) au sein du au service technique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Il n’avait jamais attiré défavorablement l’attention de sa hiérarchie quant à sa conduite. Il a certainement été l’objet d’une enquête de sécurité au moment de son recrutement (en 2003) puis d’un suivi épisodique pour proroger ses habilitations au secret défense (tous les cinq ans).

Sa conversion à la religion musulmane ne constituait pas un acte délictueux et, jusqu’à plus ample informé, il ne fréquentait pas des lieux de culte salafistes incubateurs d’activistes – même si fort heureusement, ils ne passent majoritairement pas à l’acte -. Non seulement dans son cas avec les éléments connus, il n’y avait pas matière à enquêter plus avant, mais si cela avait été le cas, cela aurait pu être assimilé à du « harcèlement » et à de l' »islamophobie« . La hiérarchie de l’administration – quelqu’elle soit – a très peur de se retrouver dans cette position face aux influents intellectuels qui n’attendent que ce prétexte pour intervenir dans les medias dans le seul but d’affaiblir l’Etat.

Cela dit, l’enquête en cours aurait prouvé qu’il s’était converti en 2008 et pas il y a 18 mois comme cela avait été annoncé précédemment. Si ce fait est confirmé, cela prouverait qu’il pratiquait la Taqiya (l’art de la dissimulation surtout en usage chez les chiites mais méthode reprise par les salafistes) à l’évidence pour cacher sa conversion à son environnement.  

De plus, il semble qu’il avait préparé son coup au dernier moment ayant acquis le couteau de cuisine en céramique qui a servi à ces assassinats le matin même de son action. Son épouse aurait affirmé qu’il aurait proféré des propos incohérents la nuit précédant son passage à l’acte. Bien sûr, il convient de laisser l’enquête confirmer ou infirmer ces premiers éléments pour en tirer plus de conclusions.  

Connaît-on l’ampleur de la radicalisation au sein les services de l’Etat ? Comment peut-on lutter contre cette menace ?

Xavier Raufer : Quand vos chefs prônent le politiquement-correct ; quand cent stages vantent l’idéal du vivre-ensemble et l’horreur de la discrimination ; quand toute blague déclenche la foudre ; s’inquiéter d’un collègue infirme et Antillais est ardu. Preuve, la réaction de l’État : le piteux Castaner bredouille que tout est normal et une péronnelle de la présidence suggère d’éviter les amalgames. Quand ces réactions émanent du sommet d’un État fort pyramidal, sa base évite tout propos malsonnant – comment lui donner tort ?
Second point majeur. On lit que l’assassin était « signalé » depuis 2015. mais signalé par qui ? Et vers qui ? En 2015, l’ambiance était électrique entre la direction de la DGSI et celle de la DRPP, pour affaires touchant à la françafrique. Que s’est il alors passé – ou pas passé, plutôt ? Il serait judicieux d’aller y voir de près.
Dernier point : Macron a fondé la coordination du renseignement : bien. Or depuis, sous l’empire de la nécessité – protéger le président de ses « affaires »… ambitions pseudo-savantes sans vrai contenu… la coordination semble oublier ses fondamentaux, dont celui-ci : coordonner est bien s’il s’agit d’un tout étanche et cohérent – ce n’est pas le cas, on l’a vu.
Brutal résultat – le protocole de la médecine d’urgence vaut pour le renseignement : toujours envisager le pire. Nul catastrophisme, mais seul moyen de sauver le patient. Et si M. H. était une taupe islamiste ? Qu’a-t-il transmis et à qui, des bases numériques de la DRPP ? Y a-t-il logé un logiciel-malveillant, cheminant ensuite – vers où ? On imagine la réaction des services alliés. Au pire, tout ou partie de l’informatique de la DRPP est à revoir.

Alain Rodier : Les services de l’Etat sont à l’image de la nation. Les chiffres varient car les statistiques officielles restent interdites mais il y aurait entre 7 et 10% de musulmans en France. Le chiffre devrait être logiquement le même au sein de l’administration. Cela dit, seule une infime partie des musulmans adhère aux thèses extrémistes des salafistes-djihadistes qui puisent leur inspiration sur les sites spécialisés (que décidément la puissance publique a bien du mal à entraver).

En France, il existe aussi d’autres versions de l’islam sunnite qui ne prônent pas la violence comme le mouvement tablligh et les Frères musulmans. Le cas des salafistes dits quiétistes pose question car c’est dans leurs rangs que les salafistes-djihadistes viennent recruter de nouveaux adeptes. Les activistes n’ont pas besoin d’être très nombreux pour être dangereux. C’est d’ailleurs la caractéristique des mouvement terroristes : quelques activistes bien formés valent mieux que des gros bataillons facilement repérables.  

Alors que l’on est focalisé sur les « revenants » de Syrie et d’Irak, ce type d’attaque interroge. La menace vient-elle davantage de vétérans du djihad ou des radicalisés sur le sol français, notamment les convertis ?

Xavier Raufer : On l’ignore – même, on aggrave les choses. Un exemple inquiétant. Pour grappiller quelques sous, l’Intérieur externalise la réparation de ses véhicules, camions de CRS, etc. Or dans leurs garages, les mécaniciens de la police voient ces sous-traitants chercher les véhicules à réparer. Parfois, des barbus portant au front la zebiba, tache noire du prosterné en prière. Voilà à qui on confie les camions des CRS.

On détecte ainsi des sots trop voyants, mais de longue date, les durs des Frères musulmans et les salafistes disposent de fatwas leur permettant de se raser et porter costume-cravate pour infiltrer les structures infidèles. Quand ils l’ont pu dans le monde musulman, ils ont infiltré les centres d’éducation : leurs recrues savent se planquer. En Turquie, on voit le mal qu’a  Erdogan à éradiquer la secte islamiste de Fetullah Gülen de l’administration et l’armée.

Alain Rodier : Il est vrai que pour le moment, ce ne sont pas les revenants qui représentent le menace principale en Occident en général et en Europe en particulier. Daech n’est pas vaincu militairement mais a actuellement d’autres soucis comme relancer la guérilla sur le front syro-irakien, activer ses provinces extérieures comme en Afrique – particulièrement au Sahel – , dans le Causasse et en Extrême-Orient.

Par contre, Daech continue à prodiguer sa propagande et à appeler ses adeptes au meurtre là où ils se trouvent. C’est sans doute ce qui explique cette dernière opération meurtrière. Il va être affirmé que l’assassin était quelque part « dérangé mentalement » mais il convient de se poser la question suivante: un individu qui se livre à un acte terroriste est-il mentalement sain d’esprit ? Il aurait aussi été insatisfait de sa position professionnelle qui n’évoluait pas mais cela ne peut pas expliquer grand chose. Il gardait son libre arbitre. Le cas juridique du « suspect » est clos puisque l’action est éteinte avec sa mort.

Cela dit, il reste un gros problème. Daech possède un service de sécurité (Amniyat) dont une des missions est le renseignement. Ce mouvement semblait se renseigner sur le passé des volontaires français qui le rejoignaient en Syrie. Quel rôle pourrait avoir joué le suspect dans ces enquêtes « de sécurité » (et autres) car sa position professionnelle au sein de la DRPP pouvait lui permettre d’avoir accès à des fichiers informatique confidentiels ? En effet, il pourrait avoir été recruté comme source par Daech ce qui expliquerait pour partie la Taqiya évoquée plus avant. A un moment, il a peut-être décidé de devenir un martyr de la « Cause », le but ultime de (presque) tous les salafistes-djihadistes.  

Si les informations les plus inquiétantes s’avèrent exactes, quelles pourraient être les conséquences dans l’opinion et pour le ministère de l’Intérieur ?

Xavier Raufer : Le péril État islamique – al-Qaïda recule. Ne pas baisser la garde, certes, mais la pression diminue. Quand on jette une pierre dans un étang, des cercles concentriques se forment à partir du point d’impact. Nous en sommes aux cercles extérieurs. Plus espacés, moins visibles -mais dangereux car proches de nous, voire actifs dans nos sociétés-mêmes.

Alain Rodier : Il est évident que cela va créer une inquiétude au sein de la population qui constate que même les organismes chargés de la protéger peuvent être infiltrés par des mouvements terroristes. Tous les ministères vont se sentir concernés et vont devoir revoir les procédures de sécurité et les enquêtes d’habilitation de leurs personnels. Cela va être très nuisible à l’ambiance interne qui risque de devenir suspicieuse.

Eric Verhaeghe : On sent bien que la énième répétition du même mode opératoire, à savoir une personnalité seule qui profite d’un effet de surprise dans la vie quotidienne pour poignarder des quidam, ici ce sont des collègues de travail, mais d’autres fois ce sont des passants, des gens qui rentrent chez eux dans des transports en commun, des jeunes femmes qui attendent un train dans une gare, des soldats en faction, un prêtre dans son église, c’est-à-dire n’importe qui ou tout le monde, tout cela use l’opinion publique et donne le sentiment qu’un danger imminent s’est diffusé dans notre vie quotidienne et peut nous guetter n’importe où à n’importe quel moment. On sent bien que l’ambiance se tend, et qu’une violence au quotidien se banalise. L’idée qu’à tout instant un attentat peut se produire sous nos yeux et qu’il faudra agir fait désormais partie du paysage. 

A long terme, la notion de tension religieuse prend forme, malgré les nombreux appels au calme et malgré les dénis sur le « pas d’amalgame ». La multiplication, partout en Europe d’ailleurs, de ces épisodes fébriles où quelques personnes sont tuées au couteau, comme ça, simplement, dans un flash terroriste, lézarde progressivement la certitude que ces attentats ne seraient pas de nature religieuse. Sur ce point, la stratégie des pouvoirs publics suivie en France comme en Allemagne, consistant à expliquer immédiatement après les faits qu’il s’agit d’un acte perpétré par un déséquilibré et qui ne serait pas de nature religieuse devient une source ce méfiance. 

Depuis jeudi, des responsables politiques de la majorité s’expriment sur le sujet. Au vue de leurs déclarations, n’y a-t-il pas eu une forme de déni de réalité ? Quel est le risque politique pour le gouvernement ? 

Eric Verhaeghe : Cette fois-ci, le déni est terrible. On a tous entendu Christophe Castaner et Sibeth Ndiaye expliquer que rien ne permettait de présager l’action de cet informaticien habilité au secret défense et employé dans les services de renseignement. Mais le Parisien a révélé qu’il avait fait l’objet d’un signalement à sa hiérarchie en 2015 pour dérive radicale. Il semble que la machine administrative n’en ait pas tenu compte. En termes de gestion publique, ce hiatus entre les propos du gouvernement et la réalité est redoutable, parce qu’il donne à l’opinion publique le sentiment que la situation n’est pas sous contrôle. 

Ce sentiment est apparu très nettement avec l’affaire Lubrizol. Alors qu’une usine Seveso seuil haut était en feu, provoquant nausées et vomissements dans la population, le gouvernement est resté sourd et aveugle face aux évidences en expliquant que les fumées ne présentaient pas de toxicité inquiétante. La réaction incrédule de la population devrait alerter les pouvoirs publics, d’autant que l’émission de dioxine est désormais attestée, ce qui dément les propos des ministres. La même semaine, le même sketch reprend. Alors qu’un fonctionnaire de nos services de renseignement égorge l’un de ses collègues sur son lieu de travail, à savoir la Préfecture de police, ce qui n’est pas rien, deux ministres interviennent immédiatement pour tenir des discours qui manquent singulièrement de prudence, et qui sont démentis dans la journée par la presse. 

Le discrédit guette. Quand, sur deux affaires majeures en un laps de huit jours, des ministres sont pris en flagrant délit d’erreurs sur des faits et dans l’appréciation de leur gravité, la conséquence est bien connue: ils perdent toute crédibilité, et c’est l’équipe entière d’Edouard Philippe qui est désormais menacée de discrédit. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

Eric Zemmour. Celui qui dit la vérité, il doit être exécuté

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Tous les bien-pensants, les handicapés de la réflexion, les aveugles des réalités, les Déni-oui-oui, les mandarins auto proclamés, toutes ces têtes mal faites tombent à pensée raccourcie sur Eric Zemmour avec des arguments et un vocabulaire aussi succincts que la doxa LREM & cie les y autorise.

Ce qui me frappe chez ces qualificateurs fanatiques c’est qu’ils ne parlent pas du fond des problèmes évoqués par Zemmour. Ils ne lui opposent pas des arguments du genre « l’immigration est une chance pour la France » chiffres et études à l’appui. Non, leur cerveau est tellement lavé qu’ils ne savent que l’invectiver « raciste », « facho », « Drumond », « antisémite », « pétainiste ». Ou alors on le somme de dire s’il est journaliste ou politique. Quant à la Justice, elle le poursuit pour des motifs qu’elle se garde bien d’utiliser contre ceux qui « niquent la France » et appellent au meurtre de tous les mécréants, traitent les flics de porcs ou harcèlent les enseignants.

Depuis que Zemmour s’est exprimé à la convention des droites, nous avons appris le suicide d’une enseignante « épuisée » à Pantin (zone de non droit) et ce jour l’égorgement au couteau de deux policières et deux policiers par un agent radicalisé.  Les rétrécis du cerveau vont ils accuser Zemmour d’être responsable par ses propos du passage à l’acte de la malheureuse Christine Renon et de celui du radicalisé antillais  ?

« Le parquet ouvre une enquête contre Éric Zemmour pour injures publiques et provocation à la discrimination. »

C’est par ces mots qu’on apprend qu’une nouvelle campagne contre la liberté d’expression en France est lancée.

L’heure est grave : cette enquête est diligentée contre Zemmour suite à son discours du 28 septembre sur l’immigration et l’islam.

Et nombre de journalistes de médias politiquement corrects profitent de cette enquête pour faire pression sur le polémiste.

Ce qui est reproché à Zemmour par ces juges et journalistes, c’est un délit d’opinion.

Signez la Pétition

https://damocles.co/zemmour-censure-liberte-expression/

28 mars 1968 Guy Béart chante « la vérité » en s’accompagnant à la guitare.

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D’abord on le tue
Puis on s’habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes
Parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté.

….

Ce soir avec vous j’ai enfreint la règle du jeu
J?ai enfreint la règle
Des moineaux, des aigles
Vous avez très peur pour moi car vous savez que je
Risque vos murmures
Vos tomates mûres
Ma chanson a dit la vérité
Vous allez m’exécuter
Ma chanson a dit la vérité
Vous allez m’exécuter

Zemmour tout simplement homme français et patriote

Eric Zemmour n’est qu’un pauvre mortel avec des qualités et des défaut comme tout le monde mais il fait montre d’un courage remarquable en allant à l’encontre du politiquement correct, de la doxa UMPS, de la pensée grégaire des médias subventionnés par l’Etat (organes et journalistes compris avec 30% d’abattement fiscal) et de la pensée ready made des bobos trop occupés à cocooner, fumer des joints, faire la fête avec de la MDMA et jouir sans entraves.

Ces mêmes bobos roulent sur les trottoirs, brûlent les feux rouges et les passages piétons au détriment des vieux et vieilles qu’ils méprisent, ont toujours raison et donnent raison à leurs enfants quoiqu’ils fassent, transgressent usages et coutumes, défendent la prostitution, la PMA et la GPA au détriment des femmes et des enfants, vénèrent le lobby LGBTQXY qui règne à la mairie de Paris et à l’Elysée et, au nom de leur liberté censurent la liberté de parole. Je suis sidérée par la violence verbale des bobos lorsque j’évoque les conséquences de l’immigration pléthorique et l’islamisation de la France. Pourquoi tant de violence ? Pour qui donc se prennent ces arrogants qui imposent leur doxa en niant les réalités ?

Je fus récemment ostracisée et interdite de parole par une jeune doctoresse habitant un bunker dans un quartier très populaire près du canal de l’Ourcq (comprendre islamisé, peuplé de racailles trafiquant en tous genres, hôtels sociaux, population immigrée vivant sur les aides sociales, population sans papiers, cambriolages, rixes, etc.) Cette charmante bobo censeure de l’expression des réalités vit dans une forteresse entourée de grilles, bouclée par des codes à tous les étages, gardien permanent et brigades cynophiles circulant nuit et jour. La jeune toubib parfaite ne se pose aucune question sur les causes de l’organisation de sa sécurité et son racisme implicite.

Raciste Zemmour ?

Tout d’abord notons l’hypocrisie du système qui supprime « race » de la constitution mais crie haro sur le racisme. Il faudrait savoir : comment peut-on être raciste si les races n’existent pas ?

Ensuite comment peut-on logiquement qualifier de « racistes » ceux qui précisément  dénoncent le racisme de toute une frange de la population qui privilégie l’autre au détriment du nôtre le français de nationalité, de culture et  de cœur ? Oui, on peut être francophile sans papiers comme on peut être francophobe avec titre de séjour ou passeport français.

Pour Macron, LREM et ses affidés, se dire patriote est devenu obscène, défendre la langue française, la culture et l’histoire française, les usages français, l’identité française sont devenus des monstruosités racistes et discriminantes, voire nauséabondes. Parler d’excellence dans la maîtrise de la culture française, c’est mépriser l’étranger en France depuis 40 ans qui baragouine le français, a travaillé sans cotiser « pour la France » et pleurniche de toucher une toute petite retraite et de la perdre s’il retourne au bled où il a construit une baraque avec l’argent de la CAF (en principe le minimum social n’est versé qu’aux résidents en France). Grâce à des réseaux d’ONG droitdel’hommiste, ce type d’individu connait mieux ses droits que nombre de français. Je le sais pour avoir fait du bénévolat auprès de populations étrangères.

Et l’on cria Drumont sur le Zemmour

Édouard Drumont, né à Paris le 3 mai 1844 où il est mort le 3 février 1917, est un journaliste, écrivain, polémiste et homme politique français. Fondateur du journal La Libre Parole, antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le créateur, avec le marquis de Morès, de la Ligue nationale antisémitique de France. Wikipédia

Un certain Noiriel s’efforce dans les médias de démontrer que Zemmour est le Drumond du 21ème siècle. Il faut avoir du temps à perdre pour s’adonner à cette comparaison en recherchant les moindres détails qui prouveraient que l’un et l’autre ne font qu’un. Et surtout il faut partir de l’hypothèse que Zemmour est un facho, raciste, antisémite, frustré, prétentieux, ambitieux, complexé pour ensuite dérouler le fil des preuves dont la conclusion a été annoncé à l’avance. Voilà un exemple de malhonnêté intellectuelle qui ne fait pas honneur à celui qui la produit. J’ai entendu Noiriel sur « Le Media » avec des arguments qui ne reposaient pas sur des faits mais des suppositions, des on-dits, des interprétations orientées, des préjugés et des arrières pensées.

Le respectable Noiriel accueilli dans les pages du « Monde » prétend que Zemmour appelle à la guerre civile ! Elle est bien bonne cette affirmation quand on sait que Daech a appelé à massacrer les mécréants par tous les moyens à commencer par le couteau, ce qu’on a vu aujourd’hui, que les musulmans ne cessent de cracher leur haine de la France et des français, qu’ils sont en état d’insurrection refusant l’autorité de l’Etat en attaquant policiers, gendarmes, pompiers, ambulanciers, médecins et enseignants, etc. Il vit où le Noiriel ?

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Zemmour machiste

Zemmour est un affreux macho qui pleure sur la déchéance du mâle blanc hétérosexuel, conséquence des attaques des méchantes féministes. Je suis en total désaccord avec cette opinion qui ne tient pas compte de la défaillance de cet homme blanc hétérosexuel qui d’une part refuse sournoisement l’égalité femme/homme et baisse les bras devant l’islamisation qui ramène le statut de la femme aux traditions du VIIème siècle. Zemmour ignore à dessein pour justifier sa position que nombre de féministes dont Simone de Beauvoir ont clairement affirmé que l’émancipation des femmes ne pourrait pas exister sans la contribution des hommes.

Il semble que, comme beaucoup de mâles, Zemmour ait tété sa supériorité au sein de maman qui lui a prédit un avenir de monarque supérieur aux femmes et destiné à régner sur elles comme un coq dans un poulailler.

Et que dire de ces femmes musulmanes qui posent en évidence une kalachnikov en plastique sur la poussette du bébé qu’elles promènent ? J’ai vu ceci de mes propres yeux. Et que dire de cette musulmane malienne qui faisait manger ses garçons en premier et servait les restes à ses filles ?

Zemmour sait parfaitement ce qu’intégration veut dire

J’adhère  à l’analyse politique, historique, sociologique et philosophique de Zemmour. Exception faite comme je viens de l’écrire de son obsession de l’oppression du mâle blanc hétérosexuel. L’homme manifeste une lucidité et un courage que peu de français peuvent lui envier. Le patriotisme de Zemmour qui repose sur la défense de l’identité française et de ses valeurs tient compte de déplorables réalités que tout français peut observer à sa porte.

La théorie de Zemmour sur le choix de prénoms français comme volonté d’intégration repose sur l’expérience des israélites qui, après avoir signé un accord d’organisation avec Napoléon, ont donné en majorité des prénoms français à leurs enfants (Alain, François, Eric…) ou parfois des prénoms bibliques comme les protestants (Abel, Marthe, Léah, Noé…) . Les chinois qui ont une véritable volonté d’intégration choisissent volontairement un pseudo occidental selon le pays où ils s’installent : Léo pour Ning Haï, Sophie pour Zhenying, par exemple. Les juifs d’origine étrangère ont généralement francisé leur prénom et parfois aussi leur nom quand les artistes ont pris un nom d’usage à consonance française. Parfois aussi, après la Shoah, des parents ont donné un prénom français à leurs enfants afin qu’ils ne soient pas stigmatisés.

De leur côté les enfants de parents musulmans nomment leurs petits Mohamed, Moussa, Rachid, Fatima, Rachida, lesquels lorsqu’ils grandissent se plaignent d’être discriminés pour un emploi ou un logement sur leur seul prénom. Il ne leur vient pas à l’esprit de comprendre que le choix du prénom donne une indication sur le désir d’intégration, ce qui signifie qu’on respecte les lois de la République et les usages de la France ? Et quand on les entend proclamer que les « lois d’Allah sont supérieures à celles de la république » ou que « celui qui fait comme le kouffar n’appartient plus à l’Oumma islamiya », on n’a plus tellement envie de fréquenter un Mohamed ou une Rachida et ce n’est pas parce qu’on est raciste mais parce qu’on est informé du refus d’intégration du musulman confirmé par sa religion.

Malheureusement l’idéologie actuelle, le politiquement correct, obère l’honnêteté intellectuelle et favorise la philosophie de l’individualisme qui se résume à « je fais ce que je veux et je t’emmerde ». Alors un Zemmour qui se préoccupe du Bien Commun France, vous pensez bien que c’est l’homme à abattre et ce n’est pas flatteur pour celles et ceux qui s’y attellent.

La Connectrice

 

Pour en savoir plus

discussion sur l’effet Zemmour à partir de 3.35

Sommaire ⬇️⬇️⬇️ 02:09 L’image de la semaine A l’ONU, Donald Trump s’élève contre la censure des réseaux sociaux. 03:36 Eric Zemmour : le retour qui affole les médias ! C’est la nouvelle qui provoque des crises d’urticaire chez tous les journalistes de gauche – et ils sont quelques uns ! L’écrivain et éditorialiste de droite va vraisemblablement animer une émission quotidienne sur CNews. 11:00 Revue de presse La semaine médiatique aura une fois de plus tenu toutes ses promesses ! Parmi les sujets abordés dans cette revue de presse : le parti pris pro-PMA et la soumission médiatique à l’islamisme… 21:33 Greta Thunberg : le crépuscule d’une idole ? Après un discours très violent à la tribune de l’ONU, les éditorialistes et journalistes français semblent vouloir prendre un peu de recul par rapport à la folie Greta. L’ado n’est plus en odeur de sainteté médiatique ! 30:51 Une convention médiatiquement incorrecte La Convention de la Droite aura lieu ce samedi à Paris. Co-organisé par le média L’Incorrect, l’événement a suscité une belle polémique médiatique cette semaine. Jean-Yves Le Gallou nous expliquera pourquoi.

« La France a une part de Chine en elle : mais quelle part ? Dossier.

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Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

 A l’occasion du 75ème anniversaire de la libération du Sud de la France, le président Macron a rendu hommage aux soldats africains ayant contribué à la libération du Sud de la France en déclarant « La France a une part d’Afrique en elle »

https://youtu.be/z1Y7oZLkxFc

Le président de la République a prononcé un discours très politique à Saint-Raphaël, dans le Var, ce jeudi 15 août lors des commémorations des 75 ans du débarquement de Provence. https://www.rtl.fr/actu/politique/vid…

Il y a une contradiction flagrante à affirmer que la France est multiculturelle et valoriser avec emphase la contribution de l’Afrique à la libération de la Provence. Mais quand valorise-t-on la contribution des italiens et des portugais à la reconstruction post guerre ? Quid de la main d’oeuvre espagnole dans l’agriculture ? Quid du travail des polonais dans les mines ? Et qui se souvient des milliers de travailleurs chinois assistant l’armée française en 14-18 ainsi que l’industrie de l’armement ? Quid des ouvriers chinois dans les usines d’automobiles ? Vous trouverez à la fin de cet article un dossier sur la contribution des chinois en particulier et des asiatiques en général à l’effort de guerre.

Contribution des africains et maghrébins à la libération de la Provence

Si il est indiscutable que des maghrébins et des africains, réquisitionnés dans nos colonies de l’époque, parfois arrachés de force à leur village et leur famille, ont participé à l’effort de guerre sous le commandement du général Jean de Lattre de Tassigny, l’offensive a été victorieuse grâce à l’intervention des forces alliées britanniques et américaines. Les troupes marocaines ont été héroïques et parmi les troupes algériennes se trouvaient près de la moitié de pieds-noirs. Sans vouloir ignorer le courage des soldats coloniaux, il est inexact de prétendre que la libération de la Provence s’est faite uniquement avec des africains.

Dette coloniale et immigration africaine

Dans le contexte actuel d’islamisation et d’immigration pléthorique de migrants originaires d’Afrique, ramener la libération de la France à l’intervention des africains est clairement verser de l’huile sur le feu des revendications des immigrants qui réclament le « paiement de la dette coloniale », l’islamisation de la France parce que les musulmans y ont mis le pied, les accommodements raisonnables avec l’Islam, l’indulgence pour les voleurs et délinquants et criminels, le droit au logement, le droit aux aides sociales, le droit aux soins médicaux gratuits (l’une des causes de l’engorgement des urgences), le droit au viol des femmes blanches, le droit aux insultes et aux menaces pour les méchants blancs sous-chiens, le droit aux services publics, le droit d’imposer le halal dans les écoles et services publics, le droit à des salles de prière dans les universités, le droit de se baigner habillé dans les piscines publiques, le droit de prier dans les rues, le droit de se faire construire des mosquées avec l’argent public au prétexte de la culture, le droit de séparer femmes et hommes, le droit d’afficher ostensiblement la religion musulmane avec le foulard ou la djellaba pour les hommes, le droit d’insulter la police et les femmes dans leurs chansons et leurs rassemblement « décoloniaux », le droit au racisme et le droit de faire passer l’oumma islamiya avant le Bien Commun France.

Le rôle de la Chine dans la lutte contre les nazis en 39-45

Quand les troupes de l’Allemagne nazie se sont déployées dans toute l’Europe en 1940, les troupes chinoises ont lancé des contre-offensives hivernales sur les divers fronts de bataille du pays, forçant le Japon à attacher une plus grande attention aux champs de bataille en Chine.

« C’est la raison principale pour laquelle le Japon n’a pas répondu à la demande de l’Allemagne l’invitant à attaquer l’Union soviétique ou à repousser les troupes britanniques en Asie du Sud-Est », a estimé Peng. .. Les pertes des forces alliées de l’Occident auraient été plus grandes sans la ferme résistance de la Chine…Durant la guerre, la Chine a également fourni à ses alliés d’importantes quantités de ressources agricoles et minérales : celles d’une valeur de 450 millions de dollars à l’Union soviétique, de 747,85 millions de dollars aux Etats-Unis et de 114,8 millions de livres sterling à la Grande-Bretagne, a précisé Rong.

http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/3380245.html

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Contribution des asiatiques et des chinois à l’effort de guerre en 14-18

  • Les oubliés de la Grande Guerre

Le 17 février 1917, près de Malte, un sous-marin allemand torpillait le paquebot français «Athos», faisant 754 morts, majoritairement des Chinois. Ces hommes devaient rejoindre un contingent de 140 000 travailleurs de leur pays. Une main-d’œuvre à l’histoire largement méconnue.

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11:13  Lu par Marie Lenoir

https://www.monde-diplomatique.fr/2017/04/POUILLE/57358

L’accès des estaminets est interdit aux travailleurs indigènes chinois.» Un murmure de stupéfaction parcourt l’assemblée réunie dans une salle municipale archicomble de Saint-Valery-sur-Somme quand Ma Li projette l’image de cet arrêté militaire français datant du 31 mars 1917. Quelques minutes plus tôt, cette professeure de l’université du Littoral-Côte d’Opale à Boulogne-sur-Mer montrait l’échange épistolaire entre un fonctionnaire et un élu du Nord furieux d’avoir surpris plusieurs Chinois qui cultivaient leurs légumes sur les pâtures communales.

Ce soir d’octobre 2016, Ma Li répond à l’invitation de la Société d’archéologie et d’histoire. Originaire de Canton, elle enquête sans relâche depuis son arrivée, en 2003, sur la vie méconnue des 140 000 paysans chinois enrôlés en France, avec 400 interprètes, pendant la première guerre mondiale. Au même moment, l’empire russe en acheminait 200 000, par l’intermédiaire de recruteurs privés, jusqu’aux forêts de Sibérie, aux usines de Moscou, aux mines de charbon de Donetsk ou au chantier du chemin de fer reliant Petrograd (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) au port de Mourmansk. Après l’effondrement du régime tsariste, 40 000 d’entre eux environ intégrèrent les forces combattantes de l’Armée rouge.

Ceux qui débarquèrent sur le sol français dès le 24 août 1916 devaient pallier le manque de bras dans les usines et œuvrer dans les bases arrière des armées alliées. Un officier retraité des troupes coloniales, Georges Truptil, fut missionné à Pékin pour dénicher ces travailleurs. Il trouva un interlocuteur auprès de Huimin, une compagnie privée créée par des officiels chinois pour sauvegarder l’apparence de la neutralité du pays dans le conflit, proclamée par le gouvernement d’alors. Truptil fut rapidement suivi par les Britanniques, qui s’appuyèrent sur des pasteurs anglicans installés dans les campagnes du Shandong, dans l’est de la Chine : «Ils recevaient une prime de 17 shillings par tête», affirme la chercheuse. L’empire colonial britannique est rodé à cet exercice : entre 1903 et 1910, il a expédié 64 000 travailleurs chinois vers les mines d’or sud-africaines.

Les témoignages que Ma Li recueille en Chine auprès de quarante-cinq familles de descendants de travailleurs viennent compléter les informations distillées par les archives militaires. «Parmi ces Chinois, 88% étaient des paysans illettrés qui ont subi eux aussi le traumatisme de la guerre. Ils ne parlaient pas beaucoup de leur expérience française, et seuls quelques immigrés ont laissé des notes. Leurs témoignages sont précieux», affirme-t-elle. Et de préciser : «Nous savons qu’ils étaient, pour la grande majorité, originaires de la province du Shandong et âgés de 16 à 40 ans.»

Quarante mille Chinois ont été placés sous autorité française, avec des contrats de cinq ans et un salaire de 5 francs par jour pour l’ouvrier qualifié, négocié par la Confédération générale du travail (CGT). Ils faisaient tourner les usines — comme les ateliers d’artillerie du Creusot —, déchargeaient les bateaux dans les ports de Marseille, du Havre ou de Dunkerque, puis creusaient les tranchées des poilus, dans la Marne, sur le front de l’Est. Cent mille ont travaillé sous commandement britannique avec des contrats de trois ans. Ma Li commente : «Les Anglais étaient les plus pingres. Jamais plus de 1,50 franc par jour, alors que le danger était plus grand.» Soit un dixième du salaire ouvrier français de l’époque.

Creuser les tranchées, déminer les terres…

Les Chinois au service des forces du Commonwealth entretenaient les routes et les rails de l’arrière-front, mais creusaient aussi les tranchées de la Somme et de l’Artois, et ramassaient les dépouilles de soldats pour les enterrer. Autour de Lens et de la crête de Vimy, dont les Canadiens s’emparèrent en avril 1917, ils ont déminé les terres pour les rendre aux agriculteurs, ont évacué les gravats des villages bombardés pour faciliter le retour des populations — des éboueurs de guerre, en quelque sorte. Comme l’explique Ma Li, «il était très dangereux de manipuler les obus non explosés. Or ils n’étaient pas payés pour une tâche pareille. Ces munitions étaient alors rassemblées dans des trous, puis recouvertes à la va-vite de ferraille et de terre. C’était leur technique.» Une pratique que nous confirme M. Frédéric Willemetz, démineur de la sécurité civile d’Arras. Avec quinze autres policiers, il déterre à plein temps les dépôts de munitions de la Grande Guerre à travers les Hauts-de-France. «Surtout pendant la récolte des pommes de terre, ou lorsqu’une pelleteuse de chantier enfonce son godet un peu trop profondément. Parfois, on retrouve des obus vides mais gravés de dessins asiatiques… Un art lancé par les poilus.»

Si la République de Chine — restée officiellement neutre dans le conflit jusqu’en août 1917 — a accepté un tel transfert de main-d’œuvre, ce n’est pas par bonté d’âme. À l’issue des deux guerres de l’opium et de la mise à sac du Palais d’été par les troupes britanniques et françaises, entre 1839 et 1860  (1), les grandes puissances étranglent son économie. Elles contrôlent l’exploitation des chemins de fer et de nombreuses usines, coordonnent le prélèvement d’impôts et profitent d’enclaves territoriales comme Tianjin, Canton, Qingdao et Shanghaï, sans parler de Hongkong, cédée officiellement à l’Empire britannique en 1842.

À la suite de la révolte des Boxers (1899-1901), qui visait notamment l’occupation étrangère, «on condamna la Chine à payer une indemnité de 67 millions de livres pendant trente-neuf ans,détaille Ma Li. Cet envoi massif de main-d’œuvre vers la France va donc lui permettre de renégocier ce délai, d’obtenir le droit de revoir à la hausse ses tarifs douaniers pour favoriser ses industries, et de décrocher la promesse d’une participation à la conférence de paix.»Celle-ci se tint à Versailles en 1919, mais ne permit pas à la Chine de récupérer le Shandong : la province passa des mains de l’Empire allemand… à celles de l’Empire japonais. Cette cession, insupportable pour les Chinois, aboutit au soulèvement nationaliste du 4 mai. Certains de ses protagonistes fonderont le Parti communiste chinois deux ans plus tard, en 1921.

En France, la grippe espagnole, le choléra, quelques exécutions et de nombreux accidents tuèrent 20 000 travailleurs chinois. À Noyelles-sur-Mer, un village à 8 kilomètres de Saint-Valery-sur-Somme, on visite le plus grand cimetière chinois d’Europe, avec ses 849 stèles blanches; il a été inauguré en 1921. À cet emplacement aujourd’hui verdoyant s’étalait un vaste camp de transit des Chinois sous commandement britannique. Une fois leur contrat terminé, les survivants rentraient au pays.

Lors d’un séjour au Shandong, Ma Li a découvert que des dizaines de ces travailleurs avaient emmené une fiancée française. «Ils entretenaient des relations avec les Françaises. Certaines offraient leurs services contre l’équivalent d’un mois de salaire. D’autres cherchaient une relation stable auprès d’hommes jugés doux et courageux. Il faut dire que, après la guerre, beaucoup de soldats français démobilisés ont sombré dans l’alcoolisme.» Quelle ne fut pas la surprise de ces migrantes quand elles se rendirent compte sur place que leurs compagnons étaient déjà mariés… «Elles se retrouvaient littéralement concubines, et beaucoup allèrent se plaindre à l’ambassade de France.»

Moins de 1 800 travailleurs chinois ont choisi de rester sur le sol français. Tous étaient sous contrat avec l’armée française, qui, contrairement aux Britanniques, leur offrait une possibilité de s’installer. Parmi eux, un certain Tchang Tchang Song, dont l’un des douze enfants est installé à Malakoff (Hauts-de-Seine). «J’ai grandi à La Machine, dans la Nièvre, où mon père s’est fait embaucher comme mineur de charbon. Là-bas, nous étions tous des gueules noires, on ne se posait pas de questions sur ses origines, et toutes les nationalités coexistaient», raconte M. Gérard Tchang, 74 ans. Ce n’est qu’à l’âge de la retraite qu’il s’est intéressé à son identité chinoise. «Avec ma femme, nous avons passé de longues journées aux archives du Service historique de la défense, à Vincennes. Nous avons retrouvé le bateau qui avait emmené mon père, âgé de 20 ans, de Nankin à Marseille, en 1917. Après ces trois mois de voyage, l’armée française l’a envoyé à Suippes, dans la Marne, pour creuser les tranchées des poilus.» Trois ans plus tard, Tchang Tchang Song choisira de rester. Il deviendra mineur et rencontrera la jeune Louise, «avec qui il décrochera la médaille d’or de la famille française», précise M. Tchang, encore plus fier du passé de résistant de son père comme franc-tireur et partisan (FTP) pendant la seconde guerre mondiale.

Amoureux d’une nourrice luxembourgeoise

À Ventabren, près d’Aix-en-Provence, Mme Christiane Galas, 87 ans, conserve elle aussi le souvenir d’un père héroïque : «Il s’appelait Tong Xuan Peng et est devenu orphelin à 6 ans. Il est arrivé en France comme interprète, tandis qu’il apprenait les langues à Hongkong. C’est une belle affiche lui promettant l’aventure qui l’a convaincu de partir. Mais il ne s’attendait pas à la guerre.» Parce qu’il baragouine le français et maîtrise cinq dialectes chinois, Tong Xuan Peng sert d’intermédiaire entre les travailleurs et les officiers. Un pistolet lui est même fourni en cas de mutinerie. Il quitte l’armée en 1921, avec un permis de conduire. Et devient chauffeur de notables. «Mon père tombe alors amoureux d’une nourrice luxembourgeoise qui s’occupait du bébé d’une femme médecin à Paris.» Le couple s’installe dans le Midi, et Tong Xuan Peng devient cuisinier au Grand Hôtel de Salon-de-Provence. «Dès qu’un Asiatique lui était signalé, il l’invitait à la maison. Nous avons souvent eu à déjeuner certains de ses “frères” déracinés. À la fin des années 1950, Peng se rendait régulièrement au camp des rapatriés indochinois de Sainte-Livrade-sur-Lot pour aider les plus démunis dans leurs démarches administratives ou pour traduire des lettres.»

Mme Galas parle d’un père obsédé par l’instruction : «Il nous emmenait voir les opéras classiques après avoir âprement négocié le prix du billet et nous forçait à jouer de plusieurs instruments.» Sa mère meurt brusquement à 43 ans, laissant Tong Xuan Peng veuf à 53 ans. «Il a pris en charge les mariages de mes frères et retapé des maisons en ruine pour nous laisser à chacun un pécule.» Mme Galas a tenu avec son époux un laboratoire photographique réputé. Agnès, l’aînée de ses trois filles, est devenue enseignante-chercheuse à l’université d’Aix-Marseille. Elle participe désormais à un projet européen de partage des pratiques innovantes d’enseignement avec l’Asie. «Un tout petit clin d’œil à la Chine», dit-elle.

Jordan Pouille

Journaliste.

(1La première guerre de l’opium (1839-1842) a été menée par le Royaume-Uni, et la seconde (1856-1860) par le Royaume-Uni, la France et les États-Unis, obligeant la République de Chine à ouvrir vingt-sept zones d’influence et à céder Hongkong au Royaume-Uni. Ma Li parle de «semi-colonisation».

 

L’appel aux travailleurs étrangers, coloniaux et chinois pendant la Grande Guerre

Dès l’été 1914, la pénurie de main-d’œuvre masculine nationale s’impose aux autorités françaises comme un des problèmes les plus aigus. La féminisation du marché du travail et le nombre relativement faible des prisonniers de guerre s’avèrent insuffisants, si bien que le recours aux travailleurs étrangers, coloniaux et chinois apparaît une solution nécessaire. Si les flux de travailleurs libres ne sont pas négligeables, en réalité la très grande majorité des étrangers et des coloniaux sont recrutés par l’État français. Officiellement, plus de 225 000 coloniaux et chinois (soit plus de 7% de la main-d’œuvre militarisée et 16% de la main-d’œuvre civile dans les usines d’armement pour toute la durée du conflit) et au moins autant d’étrangers ont travaillé sur le sol métropolitain pendant la guerre.
Guerre 1914-1918. Groupe de travailleurs chinois, octobre 1916 © Piston / Excelsior – L'Equipe / Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Groupe de travailleurs chinois, octobre 1916 © Piston / Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Chiffres et répartition

Dans le premier cas, il s’agissait d’Algériens (près de 80 000), de Marocains (35 000), de Tunisiens (18 500), mais aussi d’Indochinois (49 000), de Chinois (37 000), auxquels s’ajoutent des groupes moins nombreux, comme les Malgaches (5 500).

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917

Ouvriers Tonkinois encadrés par des soldats français le 26 mai 1917 © Bibliothèque de documentation internationale contemporaine-MHC

Ces chiffres sont probablement sous-estimés : en effet, une bonne partie des contingents sénégalais et indochinois fut considérée comme impropres au combat et classé « bataillons d’étapes », constituant ainsi une sorte d’armée de manœuvres, d’infirmiers et de brancardiers. Ainsi, il faudrait doubler par exemple le nombre des Indochinois… Les étrangers, quant à eux, viennent pour l’essentiel des pays limitrophes (Espagne, Portugal, Italie) mais on dénombre aussi plus de 20 000 Grecs.

Ces chiffres ne tiennent compte ni des travailleurs qui se déplacent librement et/ou qui ne sont pas déclarés, ni des dizaines de milliers de réfugiés belges (nombre estimé à 325 000 au moment de l’armistice).

Étrangers d’une part, coloniaux et Chinois d’autre part, se répartissent sur l’ensemble du territoire en groupes plus ou moins importants, de quelques dizaines à plusieurs milliers. Les premiers se trouvent dans les campagnes (plus de 100 000 Espagnols travaillent dans l’agriculture pendant la guerre), mais aussi dans l’industrie, notamment dans les usines de guerre. Les seconds sont majoritairement employés dans les établissements publics ou privés fabricant du matériel et des munitions, dans les ateliers de l’intendance, dans les transports, dans les mines, et surtout dans les travaux de terrassements à l’arrière et au front. Dans les deux cas, il s’agit d’une main-d’œuvre peu ou pas qualifiée.

Contrôler et gérer la main d’œuvre

Le recrutement – et dans certains cas la réquisition -, l’acheminement et surtout la présence en France de tous ces hommes d’origine extrêmement variée ne vont pas sans poser un certain nombre de problèmes, et d’abord d’organisation.

Guerre 1914-1918. "Les travailleurs coloniaux et étrangers dans nos manufactures de guerre", région de Lyon, mi-septembre 1916. Sénégalais chargeant les obus. Photographie parue dans le journal Excelsior du dimanche 17 septembre 1916. © Piston / Excelsior

Guerre 1914-1918. « Les travailleurs coloniaux et étrangers dans nos manufactures de guerre », région de Lyon, mi-septembre 1916. Sénégalais chargeant les obus. Photographie parue dans le journal Excelsior du dimanche 17 septembre 1916. © Piston / Excelsior – L’Equipe / Roger-Viollet

Au nom aussi de la lutte contre l’ »indésirabilité » politique et la « concurrence au travail national », le gouvernement se dote d’une organisation nouvelle. Une Commission Interministérielle de la Main-d’Œuvre (CIMO), est mise sur pied en septembre 1915, qui définit peu à peu les principes généraux de la gestion de la main-d’œuvre, les conditions d’embauche ou encore la forme des contrats de travail. En outre, trois organes sont créés entre 1915 et 1917, sous la tutelle des trois ministères de l’Agriculture, de la Guerre et du Travail, ce dernier s’imposant progressivement dans la direction de la politique d’immigration.

Le Service de la main-d’œuvre coloniale et chinoise (SOTC), qui dépend d’abord du ministère de l’Armement, est rattaché au début 1916 à la Direction des Troupes Coloniales du ministère de la Guerre. Organe militarisé, il comprend plusieurs sections correspondant chacune à une « race » de travailleurs. Il dispose de commandements régionaux qui gèrent les « groupements de travailleurs ». Le second organe est le Service de la main-d’œuvre étrangère (SMOE) qui dépend dans un premier temps du Sous-Secrétariat d’État de l’Artillerie et de l’Armement mais passe en janvier 1918 sous la tutelle du ministère du Travail. Composé d’une quinzaine de personnes, il s’occupe exclusivement de la « main-d’œuvre blanche » ; les Européens ont un statut civil et des contrats négociés par leurs gouvernements avec le gouvernement français.

Tonkinois travaillant à la cueillette dans les jardins de Trianon, Versailles © Albert Harkingue / Roger Viollet

Tonkinois travaillant à la cueillette dans les jardins de Trianon, Versailles © Albert Harkingue / Roger Viollet

Enfin, est constitué le Service de la main-d’œuvre agricole (SMOA). Ces différents services gèrent la main-d’œuvre, la placent, la contrôlent, s’assurent du respect des normes (contrats de travail, hygiène, conditions de vie, ordre public…). Leur organisation consacre une double distinction. Une distinction professionnelle et économique d’abord, puisque l’agriculture et l’industrie relèvent de deux ministères différents. Une distinction raciale d’autre part, puisque les Européens de « race blanche » et les « exotiques » sont traités séparément ; concernant ces derniers, les industriels ou particuliers peuvent même préciser la « race » désirée.

La mise en place d’une politique racialiste

Dans le contexte spécifique de la guerre, les circulations migratoires sont évidemment surveillées, voire restreintes. Néanmoins, étrangers et coloniaux ne reçoivent pas le même traitement. S’ils sont en principe contrôlés à leur arrivée en France, notamment dans les postes frontières (Cerbère, Perpignan, Bayonne, Modane…), des centres d’hébergement ou des dépôts, s’ils sont assujettis à la possession d’une carte d’identité spécifique à partir d’avril 1917, les premiers sont relativement libres. Coloniaux et Chinois, en revanche, sont militarisés, surveillés de manière beaucoup plus rigoureuse (contrôle postal, obsession réglementaire et disciplinaire…).

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Cantonnement des Chinois employés à la poudrerie de Saint-Fons (Rhône) © Roger-Viollet

Ils sont l’objet d’un grand renfermement comme l’atteste l’obligation qui leur est faite de loger dans des dépôts et dans des camps le plus souvent situés à la périphérie des villes, composés de baraques Adrian où les conditions de vie sont très précaires, voire vraiment difficiles. Coloniaux et exotiques sont par ailleurs saisis au moyen du racialisme dominant de l’époque. De très nombreuses instructions officielles rappellent ainsi qu’ils doivent être groupés en fonction de leur origine tant sur les lieux de travail que dans les cantonnements. Il faut par exemple séparer Chinois et Indochinois, Kabyles et Arabes, Marocains et Algériens… La « politique des races » est en quelque sorte acclimatée sur le territoire métropolitain, où sont transférés des catégories et des modes d’appréhension propres à la situation coloniale. Mais au-delà des « antipathies de race », il y a aussi des raisons économiques puisque les autorités publiques estiment que grouper les coloniaux par « race » permet d’obtenir un rendement au travail meilleur. Enfin, il y a probablement aussi des raisons plus politiques, et notamment la crainte que des contacts entre les travailleurs coloniaux puisse subvertir d’une manière ou d’une autre la domination coloniale.

Réguler les relations avec les populations françaises

Ce sont ces arguments qui poussent les autorités militaires en charge des coloniaux et des Chinois à tenter de réguler les relations entre ces travailleurs et les populations françaises. Au nom des spécificités – religieuses, culturelles, alimentaires – propres à chaque « race », elles tentent d’imposer un repli de chaque « communauté » sur elle-même ; ainsi sont créés des cafés maures, proposées des activités culturelles ou éducatives (cours de français), respectées les fêtes propres à chaque groupe (Nouvel An Chinois, Fête du Têt…). Mais l’idée est surtout de minimiser les contacts entre ces « exotiques », comme on les appelle parfois, et les populations françaises avec lesquels les incidents parfois très violents se multiplient, notamment à partir de 1917.

Guerre 1914-1918. Femmes et Chinois travaillant dans une usine d'armements française. © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

Guerre 1914-1918. Femmes et Chinois travaillant dans une usine d’armements française. © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

Mais ce qui inquiète aussi plus particulièrement les autorités françaises, ce sont les rapports entre les coloniaux et les femmes françaises. Dès 1916-11917, l’encadrement déplore par exemple les unions avec les Indochinois ; en 1918, le général Aube à la tête de la Direction des Travailleurs Coloniaux, insiste très officiellement sur les « inconvénients que peuvent présenter les unions entre françaises et ouvriers Nord-Africains », la « condition des enfants » étant l’une des préoccupations majeures.

Ces unions entre Françaises et coloniaux sont fortement déconseillées en raison d’abord du tabou que constituent les relations sexuelles entre des femmes blanches et des hommes de couleur perçus comme des êtres inférieurs, mais aussi à cause des problèmes juridiques qui en découlent : une Française qui épouse un étranger ou un ouvrier colonial perd alors sa nationalité et se pose en outre le problème du statut des enfants issus de ces unions (quel statut leur donner ? quelle solution juridique pour ce type de métissage ?). L’union entre une Française et un colonial représente enfin une puissante subversion symbolique de la domination coloniale.

Le bilan du séjour en France de ces travailleurs étrangers et coloniaux est en partie connu, mais reste encore à approfondir. L’épisode a montré les capacités d’adaptation et d’innovation de l’État français, il a permis à la fois la mise en place d’une véritable structure administrative consacrée à l’immigration et, une première rencontre de dizaines de milliers d’hommes venus de tout l’empire colonial avec les populations de la métropole et donc a fait jouer de manière nouvelle la domination coloniale. Les réticences de la société française face aux travailleurs coloniaux sont apparues avec force, renforcées par le racialisme ambiant qui justifie désormais une distinction entre les étrangers « de race blanche » désirables dont l’immigration est souhaitée pour l’après-guerre, et les coloniaux et les Chinois définis comme des « hommes de couleur » et donc définis comme indésirables.

Laurent Dornel, maître de Conférences en histoire contemporaine à l’université de Pau (laboratoire ITEM EA 3002, IRSAM)

 

Des travailleurs chinois au service de l’industrie de guerre en France 1914-1918

Première Guerre mondiale : ces Asiatiques venus au front

09.11.2018, par Claire Tran

Pendant la Première Guerre mondiale, quelque 2 millions d’Asiatiques sont venus grossir les rangs sur le front en Europe et au Moyen-Orient. Ces soldats de l’ombre ont non seulement combattu mais ils ont aussi servi de main-d’œuvre dans les usines, notamment en France. Des expériences qui changèrent leur vie mais aussi leur vision du monde et qui contribuèrent à déclencher la décolonisation, comme l’explique l’historienne Claire Tran.

Alors que les commémorations de la Première Guerre mondiale sont l’occasion de revenir sur la vie éprouvante des Poilus dans les tranchées, celle de près de 2,5 millions de combattants et ouvriers venant d’Afrique et d’Asie reste encore méconnue. Parmi eux, 71 % étaient principalement des Indiens, des Chinois et des Vietnamiens. Que sait-on de la vie de ces 1 723 000 Asiatiques arrivés massivement en Europe et au Moyen-Orient entre 1914 et 1919 et plongés dans l’enfer de la guerre totale ? Au début du XXsiècle, États et sociétés d’Asie faisaient face à l’arrivée de centaines de milliers de colons occidentaux avec l’expansion impériale et l’imposition de « traités inégaux » , mais pendant plus de cinq ans, la Première Guerre mondiale entraîna en sens inverse une mobilité importante d’Asiatiques vers l’Europe.

Nombre de soldats asiatiques engagés dans la Première Guerre mondiale, provenant des différentes colonies d’Asie et du Japon.

Une mobilité d’ampleur inédite entre l’Asie et l’Europe

La propagande coloniale promettant de bonnes paies s’ils s’engageaient dans les troupes coloniales, attira surtout des paysans des régions pauvres du Pendjab (Inde), du delta du fleuve Rouge (Viêt Nam) ou de la concession française du Kouang-Tchéou-Wan (Chine), menacés par la famine. Mais certains membres des élites indiennes et vietnamiennes répondirent également à l’appel. Ce fut par exemple le cas, en Inde, de l’aristocrate Rajput Amar Singh ou de Sir Pertab Singh, régent de Jodphur et ami de la reine Victoria. Au Viêt Nam, le lettré nationaliste et réformiste Phan Chu Trinh appela de son côté ses compatriotes à soutenir l’effort de guerre de la France, avec l’espoir, en retour, d’une politique d’association contribuant à la formation d’une élite moderne et d’une représentation politique digne de ce que l’on pouvait attendre de la démocratie française.

Sir Pertab Singh, régent de Jodphur, est présenté au général Joffre, chef d’état-major de l’armée française.

Mais quelles sources pour écrire une histoire vue d’en bas, décrivant leur découverte de l’Europe et des Européennes dans un contexte culturel inconnu et un climat éprouvant, que ce soit dans les tranchés ou les usines d’armement ? Au-delà de la curiosité des habitants pour ces populations « exotiques » fraîchement débarquées, les lettres saisies par la censure militaire, les journaux intimes, les archives écrites et visuelles permettent de prendre la mesure de ce que fut l’expérience de ces Asiatiques en Europe. Ces sources permettent de dégager des itinéraires individuels de soldats, travailleurs, diplomates et d’étudiants, et font ressortir leurs découvertes et étonnements, leurs espoirs et déceptions du moment.

Mobilités et opportunités nouvelles

Indépendamment de la vision occidentalo-centrée les considérant comme de simples forces supplétives et subalternes au service des puissances impériales, ces travailleurs et soldats furent aussi des acteurs qui saisirent très rapidement l’opportunité de circuler sur une très longue distance, car, dans les colonies, tout déplacement, surtout vers la métropole, était étroitement contrôlé. Cette mobilité transcontinentale pouvait transformer leur destin individuel et, qui sait, collectif. Outre la découverte de la vie quotidienne des sociétés qui les colonisaient, les mouvements sociaux et politiques ainsi que la vision de puissances impériales, affaiblies par une guerre entre elles, ne furent pas sans conséquence sur ces hommes, de retour dans leur pays.

Nombre de travailleurs engagés dans la Première Guerre mondiale provenant de Chine et d’Indochine.

Après l’épreuve du voyage dans des conditions sanitaires souvent éprouvantes, les troupes asiatiques et indiennes, la plupart du temps dépourvues de vêtements adaptés, durent affronter les températures du climat européen dès leur arrivée dans les ports européens. Puis, ils découvrirent des hommes et des femmes issus de tous les milieux sociaux, donc une réalité culturelle et sociale très différente de celle renvoyée par les maîtres dans les colonies. Du côté des populations européennes, l’arrivée des troupes indiennes à Marseille en 1914 suscita la curiosité des habitants de cette ville, impressionnés par l’allure des sikhs. Enfin, les ouvriers vietnamiens et chinois, qui, du fait de leur statut militaire, étaient réquisitionnés, suscitèrent la méfiance des ouvriers, qui les perçurent comme des concurrents ou des briseurs de grève.

Des cipayes sur le front de l’Ouest

L’India Gate (Porte de l’Inde), monument aux morts qui se situe au cœur de New Delhi sur le boulevard Rajpath, rappelle l’importante contribution des 74 000 soldats morts, sur un total de 1,3 à 1,5 million de soldats et travailleurs indiens : « Aux morts des armées indiennes qui sont tombés dans l’honneur en France et en Flandre, en Mésopotamie et en Perse, en Afrique de l’Est, à Gallipoli et ailleurs dans le Proche et l’Extrême Orient. » Ce sont les Indiens qui stoppèrent l’avancée allemande à Ypres (Flandre) dès l’automne 1914. Des centaines de cipayes furent tués à Neuve-Chapelle (Pas-de-Calais) et plus de mille, dont beaucoup de musulmans, à Gallipoli dans les Dardanelles, entre février 1915 et janvier 1916, contre l’allié ottoman de l’Allemagne.

Défilé de l’infanterie indienne à l’occasion du 14 juillet 1916, avenue Alexandre III, à Paris.
Ce sont les Indiens qui stoppèrent l’avancée allemande à Ypres (Flandre) dès l’automne 1914.

À partir de son propre journal qu’il cacha dans ses bottes, son livre décrit en détail les affres des campagnes de l’armée des Indes britanniques en Mésopotamie, Syrie, Turquie et au Levant. Le livre de l’auteure bengalie Mokkhoda Debi, At ‘Home and the World’ in Iraq 1915-17 Kalyan Pradeep, paru en 1928, raconte, lui, la vie de son petit-fils Kalyan Mukherji.

Après des études de médecine à Calcutta et à Liverpool, il s’engagea comme médecin dans le Service médical de l’armée des Indes britanniques et rejoignit le corps expéditionnaire en Mésopotamie en mars 1915. Il mourut deux ans plus tard à l’âge de 34 ans, prisonnier de guerre dans un camp turc à Ras el-Ain. Les lettres qu’il envoya à sa famille sont reproduites dans le livre et décrivent notamment la désastreuse campagne de Mésopotamie (1915-1916).

Soldats hindous à gare du Nord, Paris, octobre 1914.

Travailleurs chinois : des coolies corvéables à merci

Les travailleurs chinois constituèrent le deuxième groupe d’Asiatiques qui arriva en masse en Europe pour pallier la pénurie de main-d’œuvre des Alliés et dans l’espoir pour les autorités chinoises de se préserver des visées japonaises en se rapprochant des Alliés. Au nombre de 140 000 en France, les Chinois se répartirent en deux groupes, les Anglais comme les Français puisant dans leurs concessions en Chine : le Chinese Labour Corps sous autorité anglaise travailla dans le nord de la France à des tâches logistiques tandis qu’environ 37 000 Chinois débarquèrent à Marseille mi-août 1916, en tant que travailleurs soumis à un encadrement militaire, rattaché au service de l’organisation des travailleurs coloniaux. La plupart des recrues étaient des paysans de la province du Shandong sans qualification, et pour beaucoup illettrés. Dans les usines, ils furent utilisés pour gérer la maintenance du matériel ou pour réparer les voies de communication.

Ouvriers chinois travaillant dans une usine d’armement française, au côté des ouvrières.

Confrontés aux pénuries et à des employeurs peu soucieux de respecter les engagements d’égalité salariale, ils furent parqués dans des camps spéciaux, logés dans des tentes et des baraquements en plein hiver, mal habillés et mal chaussés. Ils vivaient en vase clos, les relations avec les habitants étant en théorie interdites. Les conditions de travail furent éprouvantes et les retards de salaire provoquèrent par exemple des grèves et des mutineries à Boulogne. Ils expérimentèrent aussi un environnement hostile de la part d’un monde ouvrier qui les voyait comme une concurrence déloyale. Dans certaines régions, comme la Somme, la Marne ou l’Oise, des agressions, des meurtres ou des pillages leur furent attribués. Après l’armistice beaucoup furent chargés de nettoyer les champs de bataille des cadavres, enlevant les obus ou remblayant les tranchées. Environ 2 000 resteront en France. À leur retour en Chine, certains deviendront les leaders du mouvement ouvrier tandis que d’autres, jeunes étudiants cette fois, arriveront en France comme étudiants ouvriers dans les années 1920. Ce fut notamment le cas des futurs leaders du parti communiste chinois, Deng Xiaoping et Chou En Lai. Moins connus, les 160 000 Chinois recrutés par la Russie entre 1915 et 1917 qui travaillèrent dans les mines de charbon de l’Oural, comme bûcherons en Sibérie ou docker dans les ports de la mer Baltique, qui construisirent des chemins de fer dans les zones polaires du Nord.

Les Vietnamiens : du Chemin des Dames au travail à la chaîne

Les 93 000 soldats et ouvriers indochinois venus en Europe, étaient originaires pour la plupart des régions les plus pauvres du Tonkin et de l’Annam (particulièrement touchées par la famine et les épidémies de choléra) et, dans une moindre mesure, du Cambodge (1150). 44 000 soldats vietnamiens servirent dans des bataillons combattants sur le front, à Verdun sur le Chemin des Dames, dans les Vosges et sur le front d’Orient dans les Balkans. Dans des bataillons logistiques, ils servirent comme chauffeurs transportant les troupes au front, comme brancardiers sur le champ de bataille et comme cantonniers chargés de la réfection des routes. Ils seront également chargés de « l’assainissement » des champs de bataille notamment à la fin de la guerre en plein hiver et sans habits chauds, permettant aux appelés français de rentrer plus vite dans leurs foyers.

Bataillon de tirailleurs annamites, près de Villers-Bretonneux (Somme), le 6 mai 1918.

Ils expérimentèrent des rapports sociaux plus égalitaires contrastant avec la hiérarchie raciale imposée dans la colonie. Le service de censure postale mis en place très rapidement en fit les contingents des colonies les plus surveillés. Courriers et photos envoyés à leurs familles permettent d’approcher en temps réel leur vie quotidienne. Leur retour après la guerre ne se fera pas sans heurts, les sacrifices consentis ne débouchant pas sur autre chose que des promesses. Certains – parmi lesquels Nguyen Ai Quôc, le futur Ho Chi Minh qui partit en France pendant la Première Guerre mondiale – se convertiront au communisme en France, seul parti soutenant le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. À leur retour, beaucoup s’engageront. Les uns dans le journalisme politique, les autres rejoindront les partis nationalistes vietnamiens, réclamant le droit à l’autodétermination.

L’engagement des Siamois encore toujours commémoré aujourd’hui…

L’engagement du Siam aux côtés des Alliés, le 22 septembre 1917, fut l’initiative du roi Vajiravudh (Rama VI, 1880-1925) qui fut éduqué pendant neuf ans en Grande Bretagne. Après l’entrée en guerre des États-Unis début 1917, le roi Vajiravudh y vit l’opportunité de réviser les traités inégaux signés avec les Occidentaux depuis le XIXe siècle et de montrer au monde que les Siamois faisaient partie des hommes « libres et civilisés ». 1 284 volontaires, aviateurs, automobilistes et médecins s’engagèrent mais n’arrivèrent à Marseille que fin juillet 1918.

Certains travailleurs vietnamiens – parmi lesquels Nguyen Ai Quôc, le futur Ho Chi Minh – se convertiront au communisme en France.

Envoyés dans des écoles d’aviation et d’automobile, il n’y eut qu’un seul groupement automobile siamois qui partit sur le front, non loin de Verdun en septembre 1918. Après l’armistice, le groupement siamois fut chargé d’occuper la ville de Neustadt dans le Palatinat et à la fin de la guerre, il participa aux défilés à Paris, Bruxelles, et Londres. Le dernier groupement siamois rentra au Siam fin 1919, et une grande fête à Bangkok célébra leur retour. .

Un monument en forme d’une pagode se trouve toujours à Sanam Luang dans le centre-ville de Bangkok, non loin de l’ancien palais royal. C’est là que, chaque année, la Thaïlande commémore le 11 novembre avec les descendants de soldats volontaires et les représentants des pays alliés et du roi.

Soldats siamois sur le port de Marseille en août 1918.

Soldats siamois en route pour le Front, août 1918.

Alors que les années 1920 et 1930 sont communément considérées comme l’âge d’or des colonies en Asie, on oublie combien la circulation de ces hommes entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique et la circulation des idées qui l’accompagna, eurent un impact majeur sur les espaces impériaux, tant au niveau politique, économique et social. Une fois de retour chez eux, quel fut l’impact de ces expériences de guerre sur leurs destins individuels ainsi que sur la destinée politique, économique, sociale et culturelle de leur peuple ? Ces hommes développèrent leur propre stratégie de mise en valeur de leur expérience en Europe, d’autres s’engagèrent dans des partis politiques. L’expérience de la guerre en Europe et les principes d’autodétermination défendus tant par Lénine (Du droit des nations à disposer d’elles-mêmes, 1914) que par le président américain Wilson (Quatorze Points, 1918) s’imposèrent au lendemain de la Première Guerre mondiale et eurent des conséquences majeures sur l’évolution politique des pays d’Asie dans l’entre-deux-guerres. La circulation de ces hommes contribua par ailleurs à la circulation des idées et des techniques et à faire émerger de nouveaux acteurs en Asie, ouvriers spécialisés, aviateurs, chauffeurs, mécaniciens, dessinateurs industriels, avocats, journalistes, médecins et activistes politiques, réclamant dès leur retour le droit d’être « maîtres de leur destinée » (Masters of Their Own Destiny).

Les points de vue, les opinions et les analyses publiés dans cette rubrique n’engagent que leur auteur. Ils ne sauraient constituer une quelconque position du CNRS.

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Pour aller plus loin
Les 9 et 10 novembre, une conférence, associée à une exposition photographique, qui rassemble une vingtaine de chercheurs d’Asie et d’Europe, est organisée par L’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporain ( CNRS), situé à Bangkok, et le Center of European Studies  de l’Université Chulalongkorn ttus

http://www.irasec.com/documents/fichiers/209.pdf

  • novembre 2000 Reportage consacré aux 90 000 travailleurs chinois qui ont été employés durant la guerre de 14/18, pour des travaux pénibles par l’armée anglaise basée en Picardie.Reportage comprenant des images d’archives et les interviews de Jean Pierre THIERRY, historien de la Grande guerre et de Francis AUBRY, ancien combattant. Images d’archive INA Institut National de l’Audiovisuel

Ina Histoire Ajoutée le 2 juil. 2012

Décédé le 10 novembre 1918

 

Les Chinois et Péronne (voir à 12 minutes…)
La Chine durant le Premier Conflit mondial : ici
14-18-china.com : ici

En mars 1919, on compte encore près de 80.000 Chinois en France et en Belgique qui participent aux travaux liés à la reconstruction des zones sinistrées par la guerre. Sous l’ordre de nettoyer les champs de bataille, ils prennent part aux actions de déminage et procèdent également à l’exhumation des corps des soldats tués aux combats et à leur ensevelissement dans les nouveaux cimetières militaires.  Ils regagnent petit à petit la Chine et ne sont plus que 3.000 à demeurer en France en 1921. Ceux-ci, essentiellement employés dans les industries de la banlieue parisienne, seront à l’origine du premier quartier chinois de Paris.

De maladie, sous le feux ennemi ou d’épuisement, on estime que 7.900 de ces travailleurs originaires des campagnes chinoises ou indochinoises sont morts entre 1916 et 1919. Leurs corps reposent aujourd’hui dans les cimetières militaires des armées qu’ils auront contribué à servir. 

Le Figaro (1854-) 15 août 1917

Et si les Végans perturbaient la Fête de l’Aid-el-Kebir ?

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https://www.causeur.fr/france-aid-el-kebir-fete-abattage-rituel-islam-163877

Le sang d'animaux sacrifiés pour la célébration de l'Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh

SYFUL ISLAM RONY/PROTHOM ALImage captionLe sang d’animaux sacrifiés pour la célébration de l’Aïd (fête musulmane) dans les rue de Dakha, la capitale du Bangladesh https://www.bbc.com/afrique/monde-37368336

Demain dimanche 11 août, c’est la fête musulmane de l’Aïd. Des milliers de moutons seront égorgés en présence de jeunes enfants (école de l’égorgement), déversant des flots de sang sur les sols des abattoirs mais aussi des trottoirs et des places publiques.

Tous les végans qui manifestent librement dans les rues sans présence policière et harcèlent sauvagement boucheries et charcuteries sans trop de risques auront demain une occasion exceptionnelle de manifester contre l’abattage sans étourdissement de milliers de moutons innocents.

Alors, les végans, vous allez les empêcher ces massacres ?

Ajoutée le 10 août 2019

Pierre Cassen évoque la fête de l’Aid, qui se déroulera durant trois jours, à partir de ce jour. Il exprime ses inquiétudes, des fois que les Vegans, qui défendent la cause animale et se sont déjà attaqués à de nombreuses boucheries françaises, venaient perturber la Fête de l’Aid… http://www.ripostelaique.com

En savoir plus sur l’Aïd-el-kebir

https://www.cnews.fr/france/2019-08-10/aid-el-kebir-date-origine-sacrifice-tout-ce-quil-faut-savoir-711657
L’expression aïd el-kébir, qui veut dire la «grande fête» est principalement utilisée au Maghreb. De nombreux pays utilisent eux, le nom aïd al-Adha, la «fête du sacrifice». Il convient de la distinguer de l’aïd el-Fitr, qui marque la rupture du jeûne du mois de ramadan…

Humour. Mini jupe et charia

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Elise Elesseivna . Le féminisme n’est plus ce qu’il fut

Ma biographie militante
Je suis une militante bénévole, indépendante. Mon job n’a rien à voir directement avec le féminisme et je n’ai jamais brigué de poste d’intellectuel fonctionnarisé ou salarié ni de poste politique, je ne dépend pas non plus d’un lectorat. D’où ma stricte indépendance, à la différence de la quasi-totalité des militantes actuelles.
Il est de tradition dans le mouvement féministe d’agir dans l’anonymat et collectivement, ce qui me convient et me plait tout à fait – voir l’interview toute récente de Phyllis Chesler à ce propos sur cette pratique aux USA, en France il en est de même. Même la gloriole de militante ne m’intéresse pas. Je participe à des mouvements collectifs ou j’écris pour contribuer à mes idées, qu’elles soient conformes ou non aux désiderata des divers sponsors et soutiens politiques du mouvement féministe actuel.
J’avais des idées féministes depuis longtemps. J’ai commencé à militer dans le mouvement féministe lors de la guerre d’ex-Yougoslavie. Nous soutenions les femmes victimes de violences de tous les pays d’ex-Yougoslavie. J’ai milité alors avec les principales leader du mouvement féministe universaliste : Maya Surduts, Monique Dental, Françoise d’Eaubonne, Michèle Dayras, Sylvie Jan, Suzy Rojtman, Vivianne Monnier, Franky, Josette Trat, Christine Delphy, Françoise Picq, et cette chère et regrettée Akramossadat Mirhosseini …
Puis j’ai participé aux Assises pour les Droits des Femmes, au collectif pour les droits des femmes et au Cercle d’étude de réformes féministes.
Je suis Universaliste – et cela a à voir avec le judaisme -, mais j’ai tout de suite été choquée par les oppositions virulentes entre tendances dans le mouvement alors que pour ma part j’aurais préféré moins de divisions -. Je suis évidemment pour le « droit des femmes à disposer de leur corps », pour que la décision d’avorter ou pas leur appartienne, mais je n’ai jamais considéré l’avortement comme un acte banal et indifférent – et je ne suis pas du tout la seule féministe à penser ainsi, voir les réflexions de Nadja Ringart par exemple. J’ai milité avec le CERF pour des crèches, pour une prise en charge du risque de « parentalité » par mutualisation, pour une réforme des noms des femmes, pour la pénalisation de l’achat de prostitution ou de contrat de mère porteuse, contre une constitution européenne non démocratique, contre le port du voile etc.
Christine Delphy a été brouillée avec moi plus tard à cause de manipulations de la bande de Prochoix, elle a cru sans doute que je l’accusais d’antisémitisme, ce qui n’est pas du tout le cas, mais de toute façon, une grande part d’entre elles m’ont ensuite trahie en trahissant également le mouvement, par un déchaînement de haine totalement irrationnelle et stupide contre la critique de des lois de l’islam, alors que cette loi est la base d’une oppression féroce des femmes et de massacres notamment antisémites.
Antoinette Fouque avait obtenu mon téléphone par une de ses militante que j’apprécie, et elle a tenté de me recruter, m’a invitée dans sa demeure du 7eme, pour me présenter à Taslima Nasreen, puis s’en est violemment prise à moi lorsque je lui ai demandé de défendre Robert Redecker …
Car en effet à partir du 11 septembre, j’ai recherché les origines idéologiques de cet attentat, et j’ai commencé à critiquer la loi du coran, loi JURIDIQUE donc politique, comme d’autres religions d’ailleurs, à critiquer les personnages du dieu du coran qui est pour moi une représentation du diable et du messager Mahomet, dont les biographies rapportent des actes de criminel de guerre et de criminel tout court, et de ce que certaines ont nommé récemment, des porcs, tout en expliquant sans cesse, que les personnes musulmanes sont nos « frères et sœurs humain-e-s » et qu’il serait totalement faux de les juger par confusion avec ces textes anciens, que rien ne justifie la musulmanophobie.
A partir de ce moment là, la presse féministe, qui publiait mes articles depuis 1993, a de moins en moins accepté de les publier. Prochoix en avait publié certains en refusant que je les signe de mon nom, pour ensuite faire courir la calomnie que j’utiliserai plusieurs pseudonymes, pour des raisons obscures. J’ai alors adressé mes articles à publications variées, dont Riposte laique lorsqu’elle a été fondée entre autres par des militantes féministes ayant milité avec Simone de Beauvoir, je viens de rompre à la suite de la trahison des dirigeants de cette revue, qui aujourd’hui mettent en danger des militants et leur entourage de manière délibérée et odieuse.
Le mouvement féministe est tombé dans le relativisme ou l’indifférence coupable en refusant de considérer les LOIS JURIDIQUES DE L’ISLAM pour s’y opposer afin de lutter efficacement contre les violences qu’elles instituent et prônent. Il s’agit clairement d’une trahison de la cause des femmes.
Je suis laïque et agnostique, j’avais bien sur tue sur mon origine à la plupart des militantes, parce que simplement le sujet de nos conversations n’avait rien à voir, puis j’ai parlé de mes origines juives lors que, vers 2000, une vague d’antisémitisme a surgi avec une intifada. J’ai alors relevé des propos d’un antisémitisme crasse chez des féministes et j’ai répondu publiquement, en indiquant alors « d’où je parlais ». Depuis quelques années, je m’oppose aussi à une « russophobie /ukrainophobie » de plus en plus virulente, délirante et allant jusqu’au racisme crasse. Car comme la plupart des juifs russes, j’adore la Russie, toutes Russies.

Elisseievna

juillet 2019

Ode à la laïcité, déjà en danger en 2004

 

LAICITE,  MA  SŒUR

                 

                  ( Dédiée  à Sohane et  Samira)

                                                                      

On s’est battu pour que tu vives

Que tu atteignes enfin  la rive                     

Et pour aboutir à ton pacte

En aura-t-il  fallu des actes

 

Tu es l’alliée des féministes

Elles ont besoin que tu existes

Et porteront très haut ta flamme

Éclairant la marche des femmes

 

                  Refrain

 

En deux mille cinq on te fête

Centenaire à la fière tête

J’ai tant envie de te chanter

Toi ma belle laïcité

 

Laïcité toi qui nous mêles

Samira, Pierre, Fatoumata

Laïcité oui je t’épelle

Et ne pourrais vivre sans toi

 

Tiens fermement sur tes pattes

Ne va pas jouer aux acrobates

Nous nous perdrions à éclater

En d’infinies communautés

 

La République de la France

Son exemplaire différence

Ne saurait se diviser

Si elle veut mieux se partager

 

                  Refrain

 

La liberté de conscience

Qui frise parfois l’inconscience

Doit justement s’accorder

A la liberté de penser

 

Assez de religieux prétexte

L’intégrisme c’est la peste

Derrière les femmes voilées

La barbe avance masquée

 

                  Refrain

 

J’espère que ceux qui nous suivront

Longtemps longtemps te fêteront

Sauront de toi prendre grand soin

Pour t’emmener toujours plus loin

 

Ton idéal de tolérance

Ne peut pas se mettre en balance

Car à vouloir t’aménager

On te fait courir un danger

 

                  Refrain

 Emmanuelle Escal, Paris septembre 2004

                                                                                                                            Laicite episode 19

http://www.laicite-decomplexee.org/pages/les-episodes/la-laicite-c-est-blaspheme-pour-tous.html

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