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Archives de Catégorie: Littérature

Non définitif à la réédition des pamphlets antisémites de Céline

 

Signez la Pétition: Lettre ouverte au Premier Ministre à propos de la réédition des pamphlets antisémites de Céline !

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Lettre ouverte à Monsieur Édouard Philippe, Premier Ministre  !

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Copie à Monsieur le Président de la République

«Les juifs, racialement, sont des monstres qui doivent disparaître. Dans l’élevage humain ce ne sont que bâtards gangreneux et pourrisseurs. Le juif n’a jamais été persécuté par les aryens, il s’est persécuté lui-même»…

« Je lui apprends tout de suite d’emblée que je suis devenu antisémite et pas un peu pour de rire, mais férocement jusqu’aux rognons ! »…

«Ce sont les esprits pervers qui rendent la vie insupportable. Ils trouvent des intentions partout. Moi je me sens devenir si pervers que ça me tourne en folie raciste. Et pas qu’un petit peu ! Raciste 100 pour 100 ! autant que communiste, sans les Juifs ! À l’heure où nous sommes, dans les circonstances si tragiques, l’indifférence n’est plus de mise. Il faut choisir, il faut opter pour un genre de perversion, ça suffit plus de se dire méchant, il faut avoir une foi terrible, une intolérance atroce, y a pas beaucoup de choix, c’est l’aryenne ou la maçonnique, juive ou anti-juive. Ça va nous donner vingt ans de rigolade. »…

«Je me sens très ami d’Hitler, très ami de tous les Allemands, je trouve que ce sont des frères, qu’ils ont bien raison d’être si racistes. Ça me ferait énormément de peine si jamais ils étaient battus. Je trouve que nos vrais ennemis c’est les Juifs et les francs-maçons. Que la guerre qui vient c’est la guerre des Juifs et des francs-maçons, que c’est pas du tout la nôtre. Que c’est un crime qu’on nous oblige à porter les armes contre des personnes de notre race, qui nous demandent rien, que c’est juste pour faire plaisir aux détrousseurs du ghetto. Que c’est bien la dégringolade au dernier cran de dégueulasserie.»

Louis Ferdinand Céline

 

Richard C. ABITBOL Président

Monsieur le Premier Ministre,

« Bagatelles pour un massacre », « L’École des cadavres », « Les Beaux Draps », tels sont les trois textes antisémites écrits par Louis-Ferdinand Céline entre 1937 et 1941 que les éditions Gallimard souhaitent republier et dont vous trouverez quelques extraits ci-dessus, et pas forcément les pires.

Ces pamphlets antisémites ignominieux ont été écrits par Louis Ferdinand Céline et ont non seulement inspiré la propagande antisémite d’avant-guerre mais ont été utilisés lors de la collaboration antisémite qui a abouti à la déportation de près de 80.000 juifs pendant la guerre.

Ces textes comptent parmi les textes les plus farouchement antisémites jamais publiés et ils regorgent de la haine du juif.

Ce sont donc ces abominables pamphlets antisémites que les Éditions Gallimard prétendent rééditer avec votre bénédiction, Monsieur le Premier Ministre, au vu de vos déclarations de ce jour dans le JDD.

Dans un contexte où le fléau de l’antisémitisme doit être plus que jamais combattu avec force, au moment où l’on commémore les attentats de l’HyperCasher et alors que la presse regorge d’articles illustrant cette montée de l’antisémitisme dans notre pays qui pousse nombre de nos concitoyens juifs à l’exil, il serait non seulement incompréhensible mais fortement répréhensible et honteux que l’on puisse éditer de tels textes !

Et ce, quelles que soient «les modalités de mise à disposition du grand public de ces écrits» , et quelles que soient les précautions associées ou «la qualité de l’appareil critique qui les accompagne», et quel que soit « l’éclairage du contexte historique et idéologique de leur production».

Oui, il paraîtrait immonde que le gouvernement permette cette réédition !

Et, d’ailleurs, on ne peut que s’interroger sur l’opportunité de publier ces pamphlets comme cela semble être le souhait des éditions Gallimard ( dont l’attitude pendant la guerre fut pour le moins ambiguë) et cela semble-t-il avec votre approbation, Monsieur le Premier Ministre !

En effet, comme le dit si bien Laurent Sagalovitsch: « Quel besoin d’aller offrir au grand public ces écrits qui glorifient sans états d’âme et en une prose hallucinée, grossière, vénéneuse, la haine atavique et immémoriale du Juif ? Quelle nécessité à ce que tout un chacun puisse se rendre compte par lui-même de la totale abjection de ces pamphlets ? Quel intérêt à ce que les devantures de nos librairies s’ornent de ces volumes dont chaque mot soupèse son poids d’un antisémitisme maladif, corrosif, mortifère, vaste matrice à une idéologie qui a débouché sur des folies génocidaires ? »….« Qu’on le veuille ou non, publier pareils ouvrages c’est leur rendre une certaine légitimité, c’est contribuer à leur donner une réelle respectabilité, c’est les sortir de l’ornière où ils gisaient pour mieux les exposer à la lumière, c’est établir qu’aussi odieux que ces écrits puissent être, ils demeurent malgré tout des objets littéraires qui méritent d’être lus par le plus grand nombre.»

Tout est dit !

Comment poursuivre Dieudonné, Soral, et consorts alors que leurs propos ou écrits apparaîtront si anodins à côté de ces écrits !

Une telle acceptation par l’État serait un très mauvais signal pour les Juifs de France au moment où ils se posent déjà tant de questions sur leur devenir dans leur propre pays !

Comment pourra-t-on opposer, à nouveau, aux antisémites qui pullulent et qui tuent, la loi de la République pour les réduire au silence alors que la société civile, et pire, l’État lui-même, aura laissé des ouvrages ostensiblement antisémites fleurir sur les rayons de nos librairies ?

Et peut-être même qu’après leur parution, fera-t-on l’éloge de la «qualité littéraire» de ces torchons sur nos médias !!!

Comment, Monsieur le Premier Ministre pouvez-vous déclarer (aujourd’hui dans le JDD) qu’ : « Il y a d’excellentes raisons de détester l’homme, mais vous ne pouvez pas ignorer l’écrivain ni sa place centrale dans la littérature française »

Cette phrase est horrible quand c’est justement le texte qui est abominable !

La littérature ne peut être séparée des mots qu’elle véhicule. La littérature c’est l’harmonie des mots, c’est la force de l’acception de ce qu’ils portent.

Or, ce sont justement ces mots qui sont abjects, c’est justement cette logorrhée de mots qui ont été les premiers véhicules pour déporter 6.000.000 des nôtres vers Auschwitz ; ce sont ces mots qui on été le berceau de la Shoah !

Non, Monsieur le Premier Ministre, ce n’est pas seulement l’homme qui est détestable mais son œuvre, les mots qui sortaient de sa plume, la haine qu’il a, justement, si bien exprimée par ces mots !

Quelle idée machiavélique permettrait d’honorer la valeur littéraire de ces textes ? Quelle perversité et quelle corruption intellectuelle permettrait une quelconque justification à leur diffusion ? Quel intérêt, si ce n’est la haine du Juif ?

Non, Monsieur le Premier Ministre, ce n’est pas de la littérature, c’est de la vomissure !

Comment, vous, Premier Ministre, pouvez-vous donner l’imprimatur à cette ignoble réédition au lieu de rappeler les lois de notre République ?

Alors que, dès 1939, les écrits de Brasillach, Rebatet et… Céline étaient déjà considérés comme délictueux et réprimés par la fameuse loi Marchandeau qui, bien avant les lois Pleven, Gayssot et Lellouche, réprimait les écrits «lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants».

Comment, Monsieur le Premier Ministre, pourrez-vous dire que vous luttez contre l’antisémitisme, comment pourrez-vous aller vous recueillir à la mémoire des victimes d’Ozar Hatorah,de l’Hypercasher, d’Ilan et Sarah Halimi, et de toutes autres victimes de l’antisémitisme si vous validez la parution de tels textes?

Vous dites que vous n’avez pas peur de la parution de tels textes! Vous, non, mais les juifs , oui, Monsieur le Premier Ministre !

Les parents, les frères, les sœurs, les amis des victimes potentielles, oui, ils ont peur !

Car vous devriez le savoir, les mots tuent !

Monsieur le Premier Ministre, nous vous demandons instamment d’interdire ces publications qui seraient une forfaiture contre notre République.

En tout état de cause, si tel n’était pas le cas, soyez assuré que nous userons de tous les moyens légaux en notre disposition pour nous y opposer !

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur Le Premier Ministre, l’expression de nos salutations respectueuses,

 

Richard C. ABITBOL
Président

 

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Disparition. Jean d’Ormesson, séducteur ou harceleur ?

L’écrivain Jean d’Ormesson vient de partir à l’age vénérable de 92 ans. Ancien directeur du journal Le Figaro, académicien à 48 ans, érudit et spirituel, il fait l’objet des éloges de ses confrères. Les entendre sans vraiment les écouter suscite chez moi quelques réactions et réveille des propos entendus ça et là, par sa bouche et celle d’autrui.

Ormesson avait le sens de la formule et je m’en suis approprié une : Je ne sais presque rien sur presque tout. Dans son cas, c’était fort modeste et dans le mien, c’est une réalité qui m’est souvent reprochée.

Ormesson, d’après ses hagiographes n’avait pas de mère puisqu’il n’est présenté que comme « fils d’ambassadeur ».

Alors bien sûr il est le prototype élégant de l’homme qui aimait les femmes, ce qui laisse supposer qu’il n’en aimait aucune, cumulant aventures en même temps ou à la suite, un comportement qui aujourd’hui encore suscite l’admiration sans nuances de femmes et d’hommes conditionnés par la culture du mâle qui, pour démontrer sa puissance -financière, sexuelle et politique- doit s’agrémenter d’un harem.

Le comportement de Jean d’Ormesson me rappelle celui d’Anatole France car tous deux étaient des coureurs, des queutards finis mais ils se servaient de l’âme de leurs conquêtes pour nourrir leur production littéraire avec la justesse de l’enquête de terrain… J’ignore si Ormesson a désespéré quelques femmes jusqu’au suicide comme Anatole France connu pour avoir laissé quelques cadavres après son passage, au sens propre et figuré. Jean d’Ormesson s’est malgré tout distingué pour sa défense de l’avortement (parce que ça lui était utile, par souci de provocation, pour se rapprocher de la belle Simone Veil ?) et sa reconnaissance de la charge mentale des femmes.

D’après une personne de ma connaissance ayant travaillé des années durant au Figaro, Ormesson exerçait son droit de cuissage sur toutes les jeunes femmes qui postulaient au journal. Cette personne avait trouvé le bel homme « indécent ». S’en trouvera-il l’une d’entre elle pour briser le tabou et raconter comment le comte d’Ormesson l’a harcelée, séduite et abandonnée ?

La Connectrice

Lecture d’automne. Kyoto de Yasunari Kawabata

Chaque automne, lorsque j’observe les merveilleuses couleurs changeantes et éphémères des feuilles, je pense au roman Kyoto de Yasunari Kawabata  publié en 1962.

Le roman  décrit, entre autres,  la préoccupation d’un tisserand  qui cherche à reproduire les couleurs de l’automne dans l’obi -ceinture de kimono- qu’il crée pour une femme, sans doute celle incarnée par des jumelles séparées à la naissance qui se retrouvent. Ce roman court traite de plusieurs thèmes, principalement de la lutte entre tradition et modernité. On y trouve aussi une ode poétique et passionnée à la nature à travers les saisons.

Le roman est tellement dense malgré sa brièveté, que les critiques sont très variées, chaque témoignage apportant une vision personnelle , leur observation commune étant la souffrance des artistes déchirés par la perte des traditions au profit d’une modernité qui  menace la nature et la structure des savoirs qui les ont construits. Kawabata, après avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1968 s’est suicidé au gaz en 1972 comme plusieurs de ses contemporains artistes semble-t-il pour des motifs identiques bien qu’il n’ait pas laissé d’explications.

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http://setaregan.canalblog.com/archives/2009/10/23/15543770.html

Kyôto, saison des Momiji (feuilles rouges d’automne), Novembre 2013 http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Quelques critiques du roman Kyoto

http://www.lefrenchmoyashi.com/blog/kyotokawabata

Kyoto, ou, pour traduire littéralement le titre original, “L’ancienne capitale”, est un petit livre de 192 pages qui se lit très bien. Deux sœurs jumelles, séparées à la naissance, s’aperçoivent par hasard une fois adultes. Élevées dans des milieux et des classes sociales opposées- l’une à la montagne, l’autre dans une vieille famille bourgeoise de Kyôto, cherchent et hésitent à franchir les obstacles qui les séparent. En toile de fond, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent. L’aristocratie traditionnelle décadente se heurte au progrès et à l’américanisation héritée de l’ère Meiji. La perte des repères et l’effacement des traditions n’est que plus visible par contraste avec le cycle éternel des saisons et la nature foisonnante et belle. Une belle lecture, pour voyager dans le temps et dans l’espace.

…Les mots sont d’une fausse simplicité. Comme dans un haïku ou dans un jardin zen, on ressent l’importance du concept bouddhique du “mu” 無, le vide. Pour le dire simplement, ce qui n’est pas écrit est aussi important que les mots eux-mêmes. L’allusion, l’ellipse forcent l’imagination. C’est une façon de transmettre de façon très vive des atmosphères, des émotions. Il faut souligner le remarquable travail de traduction publiée par Albin Michel. Philippe Pons, le traducteur, a superbement retranscrit cette ambiguïté et cette poésie délicate en français…

Frappantes similitudes entre le roman « Kyoto » de Yasunari Kawabata, et un roman de Zola, « L’œuvre ». Le premier décrit la mélancolie et le malaise existentiel du père de l’héroïne Chieko, descendant d’une famille de marchands de kimono. Le père se réfugie dans la misanthropie, en exil, tant il ne supporte plus la différence entre ses aspirations -être un créateur d’avant-garde, admiré- et la réalité : les dessinateurs de sa maison ne font que copier les tendances, et ses créations personnelles, ternes, ne se vendent guère.

Sa douleur dans la création, et la difficulté de l’inspiration, pourrait aussi être comparé avec le malaise que ressent Marin Marais dans Tous les Matins du Monde (Pascal Quignard). Toute la famille est affectée par cette tension entre tradition, et tentation de la nouveauté avec l’introduction de motifs révolutionnaires inspirés des artistes européens, une forme de corruption. Dans le roman de Zola, le peintre détruit sa vie et sa famille en cherchant à atteindre la perfection de son œuvre. Les deux sont des personnages taciturnes, insatisfaits de leur propre imperfection, et cherchant à fuir leur “mauvaise foi” sartrienne.

A ce point du récit, je ne sais pas quant à moi, ce qu’il adviendra du père de Chieko: pendu face à l’oeuvre inachevée comme le peintre de Zola, ou couvert d’une gloire honteuse due à l’imposture et au plagiat, comme le joueur de viole de gambe de Quignard ?

J’ai trouvé dans ce livre une maturité et raffinement, un dégoût des choses grossières, qui rendent inutiles les grands coups de théâtre de nos histoires occidentales…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyoto_(roman)

Pour Nicolas Gattig, du Japan Times, le roman de Kawabata est une « méditation élégiaque à propos du patrimoine culturel de Kyoto » ; se déroulant sur plusieurs mois, du printemps jusqu’à l’hiver, il « semble plus peint qu’écrit »9. Jean Montenot, de L’Express, soutient que le livre de Kawabata est une œuvre politique. Sur le fond d’une « intrigue romanesque à la Balzac », il s’agit d’un « réquisitoire à charge contre la civilisation industrielle commencée sous l’ère Meiji »10. Cependant, selon Nicole chardaire, spécialiste en littérature, l’« essentiel du roman de Kawabata est encore ailleurs. Dans l’évocation sans cesse renouvelée de la nature, des arbres, des fleurs, des parfums, des couleurs… Kawabata exprime avec Kyōto le plus délicat des hommages à la beauté, à l’élégance, à la délicatesse, à l’harmonie »4.

Règlement des conflits. Ne compter que sur soi-même et ses proches

Publié le

Qui n’a pas eu affaire à la Police ou à la Justice pour régler des conflits sans recevoir satisfaction ? C’est le lot funeste de la plupart d’entre nous qu’il s’agisse de petits désagrément permanents ou de graves atteintes à nôtre intégrité matérielle et physique . Car, comme l’écrit Jean de la Fontaine dans Les Animaux malades de la peste Selon que vous serez puissant ou misérable / Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». 

 

Les Animaux malades de la peste, Jean Effel, 1975.

Les Animaux malades de la peste, Jean Effel, 1975. / 1975/COLL. JONAS/KHARBINE-TAPABOR/ADAGP, PARIS 2015 

 

L’actualité politique et judiciaire ne cesse de nous donner des exemples du fonctionnement inique de nôtre société qui porte mal la devise de Liberté, Egalité, Fraternité.

Devant de tels fâcheux constats, comment ne pas vouloir « se faire justice soi-même », s’arranger entre soi et user de toutes les combines et astuces pour résoudre des problèmes que les institutions ne veulent pas résoudre ?

Dans une autre fable,  Le Chat, la Belette, et le petit Lapin, La Fontaine enfonce le clou de l’iniquité.

Aussitôt qu’à portée il vit les contestants,
Grippeminaud le bon apôtre
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre.
Ceci ressemble fort aux débats qu’ont parfois
Les petits souverains se rapportant aux Rois

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source image http://culturechat.free.fr/alire/fables/belette_lapin/belettelapin.htm

 

En matière de Justice, l’Etat devrait être référent, arbitre, régulateur, protecteur et, par dessus tout, juste. Ce n’est point le cas dans la réalité. Nôtre système n’a de démocratique que le nom et il ne respecte ni l’égalité, ni la liberté, ni la fraternité dont il applique les principes qu’à géométrie variable en fonction des risques que courent ses représentants qui se soumettent à la loi du plus fort par intérêt personnel et couardise. Ce faisant, nous sommes de faits incités à nous faire justice nous-mêmes.

Déprimant mais pas fatal …

La Connectrice

Derniers rayons de soleil sur les Buttes Chaumont

Publié le

Ce soir, vers 22 h, juste avant le crépuscule, le soleil traversait les nuages de délicates lueurs roses. Ce tableau éphémère s’évanouissait au souffle du vent qui poussait ces houppettes de cygne.

Je pense à Natsume Soseki qui, dans Oreiller d’herbes, raconte l’histoire d’un vieux peintre qui a perdu l’inspiration et se replie dans un petit village de montagne où il admire la nature. C’est alors qu’il peint dans sa tête les plus beaux tableaux de sa carrière.

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C’est un plaisir patriotique et sain De ne plus rien savoir de ce siècle assassin

Il est souvent de bon ton de déclarer que les « médias sont pourris » ou « vous croyez tout ce que vous voyez à la télé » quand on est en désaccord avec un interlocuteur. Ces affirmations sont d’autant plus de mauvaise fois que, lorsqu’on veut s’en donner la peine, il est aisé, grâce à l’Internet, de rechercher les sources d’une information, de consulter plusieurs sources, de croiser les données et même de vérifier leur authenticité sur des sites anti rumeurs. Parfois, il suffit d’un peu de jugeote pour comprendre qu’on nous gruge. Par exemple, quand les bien-pensants se sont attendris sur la photo du petit Aylan échoué sur une plage grecque, illustration grandiloquente du drame-des-migrants, je me suis étonnée de ce que l’enfant soit propre, que ses vêtements soit soigneusement tirés sur son corps, qu’il soit toujours chaussé de ses deux chaussures, que pas un grain de sable, une algue ou un fétu de paille n’ait maculé son corps et que le sable autour de lui soit vierge de toute trace. La photo était trop belle pour être honnête et, petit à petit, on apprit qu’il s’agisssait bien d’une mise en scène, que le père était le passeur, qu’il avait entraîné sa femme et ses enfants dans le risque pour pouvoir se faire refaire les dents gratis en Europe.

Au temps du poète Paul Verlaine, le journal était la seule source d’information officielle et les moyens de vérification de l’authenticité des informations étaient rares, lents et ardus.

Incarcéré à la prison de Mons, en Belgique, pour très mauvaise conduite, Paul Verlaine allait faire contre mauvaise fortune bon coeur et apprécier de ne plus être informé par le sacro-saint Journal dont il était privé dans sa geôle.

C’est ainsi que le poète découvre un nouveau plaisir, celui patriotique et sain De ne plus rien savoir de ce siècle assassin Et de ne suivre plus dans sa dernière transe Cette agonie épouvantable de la France.

Verlaine en Garde nationale

Croquis de Verlaine par lui-même en uniforme de garde national du 160ème bataillon dans lequel il s’était engagé par patriotisme. Source

Engagé dans la Commune de Paris, Verlaine se désole de la reprise en main de la Ville de Paris par les Versaillais et écrira un poème sur les massacre des communards Les Vaincus

Depuis un an et plus je n’ai pas vu la queue D’un journal. Est-ce assez Bibliothèque bleue ? Parfois je me dis à part moi : « L’eusses-tu cru ?… » Eh bien, l’on n’en meurt pas. D’abord c’est un peu cru, Un peu bien blanc, et l’œil habitueux s’en fâche. Mais l’esprit ! comme il rit et triomphe, le lâche ! Et puis, c’est un plaisir patriotique et sain De ne plus rien savoir de ce siècle assassin Et de ne suivre plus dans sa dernière transe Cette agonie épouvantable de la France.

Verlaine dans Vieux coppées

Paul Verlaine a écrit ce poème pendant son incarcération à la prison de Mons en Belgique, condamné à deux ans de prison en 1873 pour avoir tiré sur son amant Arthur Rimbaud, la pédérastie étant une circonstance aggravante.

Personnellement, je ne pourrais pas me passer de m’informer sur mon quartier, ma ville, ma région, mon pays, l’Europe et le monde entier. Pas tant que la politique, je suis intéressée par toutes les réalités, comment elles naissent et qui les fait naître. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes, le monde va mal et les valeurs qui le maintiennent en vie ont pris un sacré coup dans l’aile du fait de la folie des hommes. Parfois je peux partager ces pensées de Verlaine muré dans le silence à l’abri de « cette agonie épouvantable de la France ».

Mais je n’en fais rien, je cours après l’information parce que ça fait partie intégrante de ma vie.

 

La Connectrice

La haine des femmes. Boycottez Yves Saint-Laurent qui se prenait pour Sade et Apollinaire réunis

Boulevard Voltaire publie ce jour un article sur la BD d’Yves Saint-Laurent, « La vilaine Lulu ». lire ici

Rééditée en 2010, en vente actuellement dans les grandes enseignes, « La vilaine Lulu » n’est pas tout à fait un livre comme les autres. C’est pédophile, c’est satanique… et c’est signé Yves Saint Laurent. Vieux projet du styliste, « La vilaine Lulu » était sorti pour la première fois en 1967. Une époque où certaines élites ne cachaient plus leurs fantasmes, où toutes les folies sodomisaient l’Occident avachi. La BD relate les aventures sordides d’une gamine qui n’hésite pas à ligoter et à brûler sa rivale en amour. À se branler, à foutre le feu, à jouir de sacrifices humains en l’honneur de Vénus. Au fil des pages, on hallucine. Pas d’autre mot. C’est un enfer qui pue le cramé, un enfer qui colle comme du sperme tiède. Lulu empoisonne le pape ou les bébés, se défonce au LSD, lit des bouquins porno…

Si l’auteur de l’article, Joris Karl, la trouve « glauque », moi je la trouve abominable et écœurante, scandaleusement sexiste mais ce ne sont pas les ligues anti racistes qui monteront au créneau car, en France et dans le monde, la haine des femmes est le sentiment le plus universel depuis les temps bibliques. Avant, on n’a pas de témoignages, seulement des interprétations, la plupart élucubrées par des hommes « naturellement » misogynes. Oui, je sais, vous allez me dire qu’ils affirment « aimer LES femmes » mais je réponds « Qui aime LES femmes n’en aime aucune ».

J’ai toujours trouvée étrange cette fascination des hommes pour les écrits de Sade. J’ai lu, pour savoir mais franchement, cela ne m’a pas excitée. Et puis j’ai lu aussi « les onze mille verges » de Guillaume Apollinaire http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Onze_Mille_Verges et là, j’ai été rapidement prise de nausées face à ses descriptions de jouissance dans la merde et le sang des victimes. J’ai d’ailleurs été également malade lorsque je suis allée voir Salò ou les 120 Journées de Sodome  de Pier Paolo Pasolini, adaptation cinématographique d’une oeuvre de Sade. Tellement malade que je suis partie avant la fin du film et que j’ai eu des nausées pendant deux jours.

Le film traite de la toute-puissance, de la jouissance immédiate et instinctive, voire puérile, acquise par l’autre disponible, de la disposition du corps du soumis, déshumanisé, objetisé. Le film traite avant tout du pouvoir absolu. La mise en situation en période fasciste est pour en faciliter la lecture, mais Pasolini dit avoir traité de l’argent qui peut tout et du pouvoir nouveau d’après guerre, le consumérisme, qui efface toutes les cultures et toutes les valeurs en les marchandisant. Y compris les valeurs humaines et la valeur de l’humain. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sal%C3%B2_ou_les_120_Journ%C3%A9es_de_Sodome

D’après nos éminents critiques, mâles pour les plupart, ce film prétendrait dénoncer le pouvoir des tyrans, de l’argent et du consumérisme. Je veux bien mais pourquoi une telle complaisance dans la démonstration de l’horreur ? Dans ‘l’oeuf du serpent », Ingmar Bergman dénonçait aussi la tyrannie sans nous imposer la merde et le sang et c’était tellement fort que je me suis mise à sangloter sans pouvoir me retenir …L’Œuf du serpent, dans ses thèmes et dans son fonctionnement, est un film assez particulier dans l’œuvre de Bergman, mais on y retrouve une récurrence des thèmes chers au réalisateur suédois : l’être spectateur de son propre malheur et du malheur d’autrui, des personnages qui contrôlent les cerveaux d’autres par l’angoisse. lien

Je sais, certains prétendront que je suis conditionnée par mon éducation, par la morale judéo-chrétienne, et que je dois me « libérer » de mes entraves mentales. Alors j’essaie de changer de perspective pour tenter de comprendre la nécessité pour certains d’exprimer des fantasmes aussi cruels et répugnants et le bien que ça peut faire à l’humanité dont la partie mâle produit, diffuse et consomme ces charmantes histoires. Si ces récits permettaient d’évacuer la haine et la violence que l’on porte en soit, cela se verrait et se saurait. Contrairement à ce mensonge maintenu par ceux qui en profitent, les mâles pornographes et avides de pouvoir, la réalité montre que les hommes qui harcèlent, violent et tuent les femmes sont gavés de pornographie et parfois de « snuff movies », ces vidéos dans lesquelles une femme est martyrisée, violée et réellement égorgée.

Je vais vous avouer que je suis très satisfaite de mon éducation judéo-chrétienne qui me permet de séparer le bon grain de l’ivraie, le bien du mal, le juste de l’injuste et de me préoccuper du bien commun. Libérée des mandarins et des curés-pasteurs-rabbins-gourous et autres maîtres à penser grâce à la révolution culturelle de mai 68 -c’est ce qu’elle a eu de positif- je cultive mon esprit critique et  mon libre arbitre.

Tandis que le gentil Yves Saint-Laurent faisait défiler ses derniers modèles, il imaginait ses clientes en « vilaine Lulu », cet avatar de sa personne qui se masturbait avec un rat, martyrisait et égorgeait ses rivales.

Mesdames, je vous invite gentiment à boycotter la marque Yves Saint-Laurent dont le créateur haïssait et méprisait les femmes qui n’étaient pour lui que des machines à faire du fric. Son ami Pierre Bergé a pris la relève en continuant à profiter de la richesse accumulée par l’entreprise misogyne YSL et en espérant que très prochainement, il pourra louer le ventre des femmes pour offrir des enfants à ses amis auxquels la méchante nature n’a pas permis d’en gester. Source

Je découvre ainsi que ce gentil créateur admiré par des millions de femmes -et d’hommes- à travers le vaste monde,  voyait les femmes comme de sales gamines perverses, vicieuses, cruelles, maléfiques, avides de sang, crêpant le chignon jusqu’au sang de leurs rivales. Au delà du voile de soie damassée de couleurs orientales dont YSL enveloppait artistiquement le corps des femmes, il y avait du dégoût, de la haine, de la rancœur et du cynisme. Tous charmants sentiments qui ne m’étonnent guère, persuadée que je suis du mépris que ces grands couturiers pédérastes vouent aux femmes.

Pourquoi donc les femmes se soumettent-t-elles aux diktat de mâles qui se moquent d’elles ne visant que leur porte-monnaie. Etienne de La Boetie a tout expliqué dans son Discours de la servitude volontaire publié en 1549.

Mais la principale raison est qu’une partie de la population se met au service de la tyrannie par cupidité et désir d’honneurs. « Ce que j’ai dit jusqu’ici sur les moyens employés par les tyrans pour asservir [la contrainte, la coutume d’obéir, l’idéologie, les jeux ou les superstitions], n’est guère mis en usage par eux que sur la partie ignorante et grossière du peuple. » Ainsi, si le tyran veut maintenir sa domination, il doit trouver un autre stratagème pour les gens instruits. C’est là « le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie » : rendre ces gens « complices » des « cruautés » du tyran, les asservir en leur donnant l’occasion de dominer d’autres à leur tour. Ce sont donc les courtisans qui se font les complices de la tyrannie, perdant du même coup leur propre liberté. Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du pouvoir. Ainsi se forme la pyramide sociale qui permet au tyran d’« asservir les sujets les uns par le moyen des autres ». La résistance et l’usage de la raison sont donc les moyens de reconquérir la liberté (La Boétie ne fait aucune théorie de la révolte populaire) car les tyrans « ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». lien

ode fait partie de ces moyens que le mâle-tyran met à la disposition des femmes pour les soumettre. Et ce système fonctionne parfaitement parce que dans toutes les sociétés, la femme naît imparfaite puisqu’il lui manque un phallus. Pour se faire accepter par la société dominante des mâles elle va  lui offrir son corps imparfait afin qu’il le modèle à son goût par tous les moyens possibles. Chirurgie esthétique, cosmétiques à la poudre de perlimpinpin vendus à prix d’or, régimes contraignants, soumission au diktat de la mode, chaussures à très hauts talons ne permettant pas une marche et une position normales, éléments de lingerie inconfortables destinés à les harnacher comme des pouliches prêtes à être montées, cacher son corps ou le dévoiler exagérément selon les exigences du mâle et son incapacité à maîtriser ses désirs ou trouver le plaisir, etc.

Mesdames, soignez dignes en boycottant les produits Yves Saint-Laurent.

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