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Archives de Catégorie: misogynie

Fac de médecine de Bobigny. Cloaque antisémite et misogyne

J’ai eu la nausée en lisant l’article qui suit. Dégoût des étudiants futurs médecins auxquels les patients confient leur vie. Dégoût de la lâcheté des condisciples de la victime. Dégoût de cette justice qui ignore le Bien commun pour anéantir la victime en l’envoyant en expertise psy et du même coup légitimer le harcèlement antisémite et misogyne en lui assignant de s’expliquer sur sa vie sexuelle (d’apprécier le ressentiment que les faits ont pu avoir sur son psychisme, sa personnalité et sa vie sexuelle). A vomir !

LC

 

Fac de médecine de Bobigny : plainte classée et examen psy pour l’étudiante juive harcelée !


Fac de médecine de Bobigny : plainte classée et examen psy pour l’étudiante juive harcelée !

Illustration : le campus de Bobigny , son « beffroi-minaret » et un amphi très… multiculturel

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Mais qui harcèle donc  les étudiants juifs de la faculté de médecine de Bobigny ?

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C’est vrai ça. Qui peut établir un « classement des juifs de l’amphi », organiser des week-ends d’intégration sur le thème « Les nazis contre les juifs » ou des « lancers de kippa » (le « freespa »…) ?

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L’extrême droite franchouillarde a-t-elle mis la main sur Bobigny (93) et sa faculté de médecine ?

Difficile de le dire tant l’article est muet sur l’identité ou l’origine des joyeux bizuteurs qui plaident avant tout la kolossale rigolade. En tous cas, Rose, la sioniste sans humour, a cassé l’ambiance de la promo. Sachant que la Seine-Saint-Denis, Bobigny et sa faculté restent à l’avant-garde de l’islamisation, de l’antisionisme ou de l’antiracisme, Rose ne serait-elle pas un tantinet islamophobe, raciste et repliée sur elle-même ?

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Pour en savoir plus sur l’affaire, le tribunal de Bobigny ordonne l’expertise psychologique… de la plaignante.

Dégoûtée par un parquet tout mou, une « Justice » sans volonté (alors qu’elle pète le feu quand il s’agit de Fillon ou des Identitaires…) et le classement sans suite de sa plainte, Rose finit par lâcher l’affaire.

Alors, comme tant d’autres juifs de Seine-Saint-Denis, Rose fait son alya intérieure pour finalement s’installer dans un quartier un peu plus philosémite, non loin de la Sorbonne.

Mais les Français peuvent être rassurés : avec la fin du numerus clausus en médecine, nous verrons bientôt arriver une nouvelle et belle génération de carabins racisés multiculturels !

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Harcèlement antisémite : l’étudiante de Bobigny « lâche l’affaire »

Sa plainte a été classée sans suite et le juge qu’elle a saisi a ordonné une expertise psychologique. « Épuisée », elle renonce à son combat judiciaire.

Par Nicolas Bastuck

Le féminisme n’est plus ce qu’il fut. Phyllis Chesler, féministe historique

Publié le
Appartenant à la même génération que la féministe américaine Phyllis Chessler, j’ai suivi un chemin identique dans le Mouvement des Femmes et, aujourd’hui, je fais le même constat
Tout et toutes celles et ceux qui se revendiquent ou qui abominent la philosophie féministe n’ont plus grand chose à voir avec les objectifs féminisme que j’ai activement partagés et dont j’ai espéré.
Le féminisme s’est laissé submergé par le politiquement correct, le crypto marxisme, la mondialisation, le lobby LGBTQ, les « accommodements raisonnables » avec l’islam, la préférence migratoire, la haine de soi et de la France, le patriarcat, le mondialisme, le « pasd’amalgame’, le nursing des pôvres mâles malades de l’égalité, le modèle foot, la concurrence, la télé-réalité, le business banckable et  le show business, la pornographie, les « féministes musulmanes voilées inspirantes », etc.
La Connectrice
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La fin d’une époque: le regard provocateur d’une féministe historique sur le féminisme 

Phyllis Chessler et Kate Millet

Après le 11 septembre, j’ai eu l’impression que l’Afghanistan que j’avais fui il y a si longtemps m’avait suivi dans le futur et dans l’Ouest. Ce pays lointain et dangereux a commencé à dominer les gros titres américains et européens. Les femmes musulmanes ont commencé à porter des burqas (couvre-chefs, visage et corps) et des niqabs (masques faciaux) dans les rues de New York, Londres et Paris.

Alors que la violence mondiale contre les femmes gagnait un élan épouvantable, de nombreuses féministes occidentales ont de plus en plus peur de critiquer cette violence, de peur de les condamner en tant que colonialistes et racistes. Cette crainte a souvent occulté leur préoccupation pour les droits fondamentaux des femmes dans le monde.

Ce n’est pas le féminisme universaliste que j’ai aidé à devenir pionnier. Nous avons privilégié la diversité multiculturelle. nous n’étions pas des relativistes multiculturels. Nous avons appelé la misogynie quand nous l’avons vue et n’avons pas exempté un violeur, un batteur de femme ou un pédophile parce qu’il était pauvre (ses victimes étaient également pauvres) ou un homme de couleur (ses victimes étaient souvent aussi des personnes de couleur). Nous avons eu peu de sympathie pour un auteur parce qu’il avait subi une enfance maltraitée (ainsi que ses victimes).

Se battre pour l’avortement et les droits du mariage gay en Amérique est une entreprise légitime, mais il en va de même pour les dissidents, ex-musulmans, hindous et sikhs musulmans, gais et membres de minorités persécutées par la religion, qui se battent tous pour leur vie.

Les événements mondiaux ont rendu les idées féministes beaucoup plus importantes, mais en même temps, le féminisme occidental a perdu un peu de son pouvoir. C’est maintenant un féminisme diversion qui investit beaucoup plus pour accuser l’Occident de la misère du monde que de défendre ses valeurs, qui ont inspiré d’innombrables mouvements de libération, y compris notre propre révolution féministe.

Les endossements de célébrités de féminisme ou de Moments de célébrités inspirés par les médias ne sont pas nécessairement des mouvements. Si Helen Mirren, que j’aime, porte une jupe brillante dans laquelle le mot «féministe» est brodé encore et encore, je l’aimerai peut-être, mais je ne pense pas que cela soit équivalent à la Proclamation d’émancipation. La balkanisation de l’identité qui passe pour le féminisme au XXIe siècle m’attriste. Une telle balkanisation rend presque impossible l’union dans une coalition afin de lutter pour des problèmes qui ne toucheront pas personnellement tous les manifestants.

De nombreux universitaires et journalistes féministes estiment à présent que le fait de dénoncer le foulard, le voile facial, la burqa, le mariage forcé, les mutilations génitales féminines et la polygamie est en quelque sorte raciste. Je n’avais pas prévu à quel point les féministes qui, philosophiquement, sont universalistes deviendraient paradoxalement des isolationnistes. Une telle timidité (vraisemblablement au service de l’opposition au racisme) est peut-être le plus grand échec de l’establishment féministe. Les modes de pensée postmodernes ont également amené les féministes à croire qu’il était tout aussi important de confronter les récits sur les médias sociaux ou de signer des pétitions et de bouleverser le monde, tout autant que de sauver des êtres vivants de la captivité.

Je ne renie aucun des idéaux visionnaires du féminisme abolitionniste de Second Wave. En tant que féministe et non antiféministe, je me sens obligée de dire que quelque chose a très mal tourné dans nos classes de pensée. Le canon multiculturel n’a pas conduit à des modes de pensée indépendants, tolérants, divers ou objectifs. Au contraire; cela a conduit à la conformité, aux incivilités et à la pensée totalitaire des troupeaux.

Est-ce que je regrette maintenant d’avoir fondé les études féminines?

Non, je ne. Étendre le canon pour inclure les femmes d’idées, l’histoire des femmes et les points de vue féministes radicaux et originaux était attendu depuis longtemps. Les féministes de ma génération m’ont toujours fortifié. Je leur suis redevable. Ils partagent mes réalisations.

Cependant, à partir du 21ème siècle, je me trouve entouré par un patriarcat en colère, titré et barbare. Je parle des mouvements pour interdire ou restreindre l’avortement; légaliser et / ou décriminaliser la prostitution et légaliser la GPA commerciale; la montée en puissance de l’esclavage sexuel et de la traite, ainsi que du terrorisme islamiste, de l’apartheid de genre et de la censure; l’obsession de la victimisation transgenre; la disparition des «femmes» des études féminines qui se sont transformées il y a longtemps en études de genre, puis en études LGBTQIA; et dans l’augmentation massive et la normalisation de la pornographie.

En outre, le cinquantième anniversaire de Stonewall et des célébrations homosexuelles rappelle les personnes décédées du sida, mais pas celles décédées d’un cancer de l’ovaire, de l’utérus ou du sein. La violence domestique, le harcèlement sexuel, le viol et l’inceste ne sont pas des sujets de prédilection dans ce qui était autrefois les études sur les femmes. Maintenant, les questions brûlantes sont les diatribes sur le colonialisme occidental, les personnes de couleur queer, les brutalités policières contre les jeunes Noirs, «l’islamophobie», etc. En bref, le féminisme radical est en perte de vitesse.

Que le «bon vieux bon vieux temps» ne dure pas, que les illusions soient brisées et que les gens soient trahis n’est pas unique. Peut-être que si le monde continue de tourner sur lui-même, une autre grande ouverture de l’histoire pourrait se présenter, et si notre meilleur travail était préservé et préservé avec précision, les générations futures pourraient peut-être se tenir debout sur nos épaules.

Puisse ce mémoire s’opposer au rang et à la vague grandissante de l’histoire féministe révisionniste.

À ce jour, au moins 100 féministes pionnières actives que je connaissais ou avec qui j’ai travaillé ou dont le travail a illuminé mes jours sont passées – et avec elles, tout un univers a disparu.

Je suis ici – mais sans autant, j’ai chéri.

La plupart des femmes ne peuvent pas survivre sans leurs amies; nous avons tendance à avoir une poignée de meilleurs amis, pas seulement un. Je n’aurais pas pu rester sur le parcours du guerrier sans de tels intimes.

Voici certaines des âmes avec lesquelles j’ai servi. Nous étions des soldats courageux et vrais; nous étions amis, proches et chers.


Barbara Seaman (1935-2008) était l’auteur de L’affaire des médecins contre la pilule(1969), Free and Female (1972), et Les femmes et la crise des hormones sexuelles (1977).

Barbara et le Boston Women’s Health Collective ont essentiellement fondé le mouvement féministe de la santé. Barbara a perdu ses revenus lucratifs en tant qu’écrivain de magazine lorsque les sociétés pharmaceutiques – dont les annonces ont alimenté les publications féminines – ont insisté pour qu’elle soit occultée. Et elle l’était, mais elle a sauvé la vie de millions de femmes.

Barbara a cofondé le Réseau national pour la santé des femmes – et ce réseau était vraiment son bébé. Il va toujours fort. Barbara a encadré les nouveaux arrivants et a élaboré une stratégie et défini l’ordre du jour du réseau. Elle était généreuse de son temps et de ses ressources. Elle ne refusait personne et trouverait le bon médecin pour toute femme qui le lui demanderait, peu importe où elle vivrait. Toujours, toujours, quand elle devait changer d’agent littéraire, elle insistait pour que je déménage avec elle, tant elle était intéressée par le partage de ses contacts. Je ne l’ai fait qu’une fois, mais la situation était satisfaisante jusqu’à la mort de cet agent.

Barbara était aussi généreuse pour les stars qu’elle l’était pour les woebegone waifs. À quelques exceptions près, elle a pensé au meilleur de tout le monde.

Barbara est restée en contact avec moi, même si nous étions fortement en désaccord sur certains points. Lorsque des divisions idéologiques ou politiques d’un type ou d’un autre tourbillonnaient autour de nous, nous nous tenions l’un contre l’autre. Je ne doute pas qu’elle a pris quelques mesures pour mon compte, mais elle ne l’a jamais mentionné si elle l’a fait.

Barbara portait des robes et des chaussures à talons bas et parfois un collier de perles. Je soupçonne qu’elle a probablement déjà porté des chapeaux et des gants. Mais elle était l’une de nous, peut-être une rebelle plus gracieuse que la plupart des autres.

Barbara ne s’est jamais plaint de ses problèmes personnels. Elle a partagé avec moi des secrets déchirants, mais n’a jamais fait la différence. Elle a seulement dit à quelques-uns d’entre nous qu’elle était en train de mourir d’un cancer du poumon et ne l’avait fait que vers la fin. Même si elle mourait, elle est venue au mariage de mon fils. J’ai son visage heureux et souriant sur une photo que je chérirai pour toujours.


Jill Johnston (1929–2010) a écrit de nombreux articles et une multitude de livres: Nation lesbienne: la solution féministe , Les voyages de Gullible , Mother Bound .

Nous nous connaissions avant qu’elle ne devienne célèbre pour son baiser fille à fille à l’hôtel de ville de Manhattan en 1971 – une superbe pièce d’art performance, si vous me le demandez – et une action qui horrifiait à la fois Norman Mailer et la plupart des féministes rassemblées. .

Bien sûr, j’étais  – nous étions tous – pour voir Germaine Greer, Jacqueline Ceballos (alors présidente de la section de New York de l’Organisation nationale des femmes); Diana Trilling, la critique littéraire; et Johnston, la journaliste lesbienne irrépressible, neutralisent le Mailer, toujours pugnace et assoiffé d’attention, qui se gâtait pour se battre avec des féministes.

Mailer avait écrit une chape anti-féministe,  » Le Prisonnier du Sexe  » pour Harper’s Magazine, dans laquelle il avait été grossièrement injuste envers Kate Millett. Germaine portait un boa de plumes et flirtait outrageusement avec lui cette nuit-là. Considéré comme un débat sur les problèmes, il était à son tour sérieux, ridicule, bouleversant et amusant. Les femmes étaient en faveur de la libération des femmes. Mailer était juste en faveur des femmes, tant qu’elles connaissaient leur place.

Jill était une bohème, une fille butch, une artiste, une mouche, un banni, une danseuse. Son long baiser public à la mairie a été sa réponse immédiate à une soirée autrement sérieuse. Jill l’a souvent fait – essayé de voler la vedette, de tout gâcher.

Jill n’arrêtait pas de me demander pourquoi je pensais qu’elle devait apparaître comme lesbienne dans sa chronique de Village Voice de 1971 sous le titre intitulé «Lois Lane est une lesbienne». Je n’avais pas de réponse pour elle.

Je l’ai parcourue à travers une longue liste de dames amoureuses jusqu’à ce qu’elle trouve Jane O’Wyatt puis Ingrid Nyeboe, qui l’ont toutes les deux noblement coincées. Jill aimait être légitimement mariée; elle et Ingrid se sont liées au Danemark, où le mariage gay était légal. À l’époque, j’imaginais que le mariage avait mis les dames sur le tapis – mais comme Jill était obsédée par la légalité (ses parents ne s’étaient jamais mariés, et elle n’avait jamais connu son père britannique), j’ai compris qu’elle était conduite à la fois par des facteurs psychologiques et psychologiques. motifs pratiques.

Bien sûr, nous avions nos différences – beaucoup de différences – mais à son crédit, notre crédit, nous avons continué à nous battre avec elles. Le sujet de l’antisémitisme était un fil pour nous. Cependant, Jill et moi nous sommes battus pour rester connectés les uns aux autres, quoi qu’il arrive.

Une fois, au début des années 1980, nous avons vu Gone With the Wind dans un cinéma à la campagne. Nous avons pleuré la mort du pauvre Gerald O’Hara, la perte de Tara, les condamnés Melanie et Ashley, Bonnie Blue et Scarlett également. C’était vraiment comme un opéra. Nous étions deux reines de l’opéra qui se trouvaient être une femme.

Jill nous rappelle notre jeunesse, tant sur le plan esthétique que politique. elle est partie maintenant, de même que notre jeunesse – elle est partie, partie avec le vent.

C’était une originale. Nous ne la reverrons plus jamais.

Je ne peux pas croire qu’elle soit morte – même si cela fait des années déjà – ou qu’elle – cet enfant changeant, ce Huck Finn, ce Peter Pan par excellence – a en fait réussi à avoir 81 ans.


Kate Millett (1934-2017)

Kate: Vous avez pris votre dernier souffle sur Terre dans la ville que vous aimiez le plus: Paris, la ville qui a accueilli les expatriés Gertrude, Alice, Pablo, Ernest et Sir James de Dublin, et où l’arôme de pain frais de tôt le matin était la raison assez pour que vous vous leviez aussi.

Je vous ai enfin compris dans un contexte historique en lisant le livre de Andrea Weiss, Paris était une femme: portraits de la rive gauche . Ensuite, j’ai reconnu votre culture, celle dans laquelle des lesbiennes sophistiquées et talentueuses prenaient de nombreux amants, se disputaient les faveurs sexuelles, dormaient avec les amants de leurs amours, et tout le monde devenait amis de longue date, ou s’abandonnait totalement ou complètement.

Vous n’étiez qu’un autre rebelle irlandais vivant en exil. Où que tu aies vécu, tu étais en exil. Quand tu étais à Paris, tu n’étais pas chez toi au Bowery, et quand tu étais à New York, tu as raté la ferme. Tout comme vous avez appartenu à de nombreuses villes, vous avez également eu beaucoup de moi différents. Vous étiez beaucoup de Kates différents.

Vous étiez Kate, l’hôtesse de cérémonie, offrant à vos invités du vin comme s’il s’agissait d’une libation aux dieux; chaque mois d’août, des bateaux flottants en papier aux chandelles flottent sur le lac à la ferme pour la fête japonaise d’Obon. Vous étiez également Kate, la folle furieuse; Kate l’insupportablement humble; Kate la de plus en plus trop silencieuse.

Vous étiez également Kate the straight, une femme mariée qui aimait réellement votre mari, Fumio. Vous souvenez-vous comment vous avez pleuré quand il est finalement parti? Tu as appelé et, entre deux larmes, dit qu’il t’avait quitté pour une autre femme. J’étais émerveillé mais je n’osais pas rire. Votre chagrin était si brutal. Enfin, je vous ai demandé: «Mais vraiment Kate, pour combien de femmes avez-vous quitté Fumio?» Je ne pouvais pas vous raisonner, votre chagrin et votre honte étaient sincères.

Vous étiez la plus cosmopolite, la plus continentale, la plus européenne de nos intellectuelles féministes (eh bien, Andrea Dworkin était aussi). Vous pensiez que les idées importaient et que les intellectuels devaient se reposer pour la révolution.

Vous avez toujours été large d’esprit (dans les deux sens du mot); vous n’auriez pas désapprouvé que je vous expose ici, compte tenu de votre habitude de vous exposer, vous et tous les autres, livre après livre, et que vous l’avez fait dans une si belle prose, celle d’une vague de conscience, sous-estimée par les critiques mais jamais par moi. Je l’ai admiré; non, je l’ai adoré. J’allais vous lire des passages sur vous, mais vous êtes ensuite allé de l’avant et vous êtes mort. Vous dériviez depuis quelque temps déjà, que vous soyez dans un autre pays, dans le nord de la ferme à la ferme, bloqué dans un hôpital ou assis de l’autre côté de la table. avant que vous ne partiez vraiment pour de bon, vous n’étiez plus exactement «ici».

Depuis des années, lorsque nous nous rencontrions au Bowery Bar, juste en face de votre loft, vous étiez déjà beaucoup trop silencieux. Sophie (Kier), Susan (Bender), parfois Merle (Hoffman) devait se joindre à moi pour maintenir le rythme. Mais tu avais toujours ton rire merveilleux et tes yeux sages et pétillants qui indiquaient que tu comprenais tout.

De temps en temps, vous appeliez et laissiez les messages les plus déchirants: «Bonjour, voici votre vieil ami Kate Millett, souvenez-vous de moi?» Et je vous rappellerais immédiatement. Parfois, nous pouvions avoir une conversation réelle, ne serait-ce que brève, mais seulement tant que je portais le poids pour nous deux. Vous ne faisiez plus rage – du moins, pas contre moi, pas sur nos précieux appels téléphoniques, plus jamais en personne non plus.

Lors d’une de vos visites il y a quelques années, vous m’aviez dit que vous travailliez à un livre sur votre relation avec Beauvoir, à la femme et à son travail, peut-être un livre qui pourrait englober votre relation avec l’Entreprise littéraire française.

J’ai cru comprendre que vous n’étiez plus en mesure de créer un Big New Book, mais je me suis volontairement offert à vous écouter, à enregistrer vos mots et à vous aider à le modifier si vous le souhaitez. Vous avez dit oui, mais nous n’en avons plus jamais parlé. Finalement, j’ai entendu dire que vous travailliez à l’introduction de quelque chose que vous aviez écrit il y a longtemps, peut-être votre journal de Tokyo, peut-être autre chose.

Bien que vous ayez assisté à des marches, des manifestations, des conférences de presse et des sit-in, vous avez principalement lu, écrit des livres, sculpté, peint et essayé de créer une communauté utopique pour les artistes lesbiennes.

Vous étiez également la Kate qui pourrait facilement passer pour une personne sans abri, sur le Bowery, essayant de vendre vos arbres de Noël cultivés à la ferme par temps d’hiver rigoureux. (Oh, comme tes mains étaient gercées, comme tes joues étaient rouges.)

Vous étiez Kate, la métayer, qui, comme Gerald et Scarlett O’Hara, était catégorique: la possession de la terre est primordiale et cette terre doit rester à tout prix dans la famille. Vous avez conduit un tracteur, coupé du bois, monté sur des échelles dangereusement hautes pour atteindre un toit défaillant.

Vous souvenez-vous de la visite que j’ai faite un week-end lorsque je respectais les délais et que vous m’aviez demandé de mettre l’épaule à la roue de votre atelier protégé et de vous aider à réparer le toit? (Je considérais parfois la ferme comme votre alternative personnelle à une poubelle loufoque.) « Allez, Chesler, » grogna-t-il, « monte simplement sur cette foutue échelle et aide-moi à le faire. »

J’ai été horrifié. Terrifié Sidéré. Mais tu ne me lâcherais pas avant d’avoir au moins planté un jardin de fleurs de victoire à tes côtés.

Mais même en tant que fermière Kate, vous buviez parfois votre café du matin dans un bol en céramique français, portiez toujours de petits toasts au dîner et restiez toujours entouré de livres et d’étagères. Your Sexual Politics était peut-être le livre le plus influent ou du moins le plus célèbre des livres féministes de Second Wave – même si nous sommes tous restés sur les épaules des articles et des démonstrations brillants qui nous ont précédés. La même année, Shulie publia sa nouvelle et étonnante Dialectic of Sex .

J’ai adoré voler , dans lequel vous avez capturé l’énergie des débuts de l’activisme vertigineux, ainsi que la cruauté inattendue de certaines féministes, mais vous avez également décrit la célébrité comme une sorte de sacrifice humain. Ah, Katie: Vous avez été infatigable, implacable, vous avez défendu le côté obscur au nom de la liberté des femmes, et vous l’avez fait avec ténacité, même pendant les jours sombres, les journées de chiens, les journées de désespoir.

Dans The Basement: Méditations sur un sacrifice humain , vous avez plus que égalé Truman Capote et Norman Mailer dans votre récit factuel mais fictif du meurtre par torture physique et sexuel de Sylvia Likens, âgée de 16 ans, à Indianapolis, aux mains d’un Gertrude Baniszewski, une femme d’âge moyen, sa fille adolescente et son fils, ainsi que des enfants du quartier. Ils ont torturé Sylvia de manière horrible pendant des semaines, puis ont gravé «Je suis une prostituée et j’en suis fier» dans la peau de Sylvia. Les détails sont insupportables. Comment l’ avez – vous supporté? As tu?

Je me souviens à quel point j’ai été choqué par votre installation artistique sur ce sujet. J’ai fait une double prise quand j’ai réalisé que le mannequin Sylvia sur le sol était habillé de vos vêtements et portait une perruque qui était coiffée exactement comme vous coiffiez vos cheveux.

En vous rendant en Iran , vous avez vraiment saisi la nature misogyne d’un régime théocratique islamique qui tue ses meilleurs et ses plus intelligents.

Vous souvenez-vous de nos soirées de Noël et des cadeaux que nous avons tous échangés? Et les fêtes du nouvel an aussi? Je devais souvent initier le processus; chaque fois que vous l’acceptiez et que vous étiez toujours ravi, mais toujours, comme Shulie, vous restiez également un peu à l’écart, observant tout cela, trop silencieux même parmi vos intimes chéris.

Katie: Je tiens à vous remercier pour votre générosité, pour avoir toujours essayé de m’inclure et pour avoir suggéré que d’autres le fassent aussi. Tu m’as présenté à des femmes extraordinaires. Comme vous le savez, certaines de ces femmes sont devenues très chères à moi.

Ce fut un privilège d’être votre ami. Je ne t’oublierai jamais.

Lisez notre entretien avec Phyllis Chesler par Louise Perry.

Extrait, avec son autorisation, de Une féministe politiquement incorrecte: Créer un mouvement avec des salopes, des fous, des digues, des prodiges, des guerrières et des femmes merveilles, par Phyllis Chesler. © 2018. Publié par St. Martin’s Press. Tous les droits sont réservés.

Phyllis Chesler, Ph.D, est l’auteur de 18 livres, dont Women and Madness , L’inhumanité de la femme pour une femme et Une mariée américaine à Kaboul .

Elisabeth Lévy et Causeur champions de l’anti-féminisme

Publié le

Publié le 19 septembre 2018 – par  – 19 commentaires – 1 179 vues

À travers les âges, les sociétés masculines n’ont jamais admis que les femmes soient indépendantes de leur pouvoir et qu’elles manifestent leur volonté d’émancipation et d’égalité de droits. À partir du XIXe siècle, elles furent nommées « féministes » par Alexandre Dumas fils dans sa lettre « L’homme-femme » où il prêche pour l’union des qualités féminines et masculines. Très critique de la lutte des femmes au début, il eut l’intelligence de les comprendre et de s’associer aux féministes. Nos anti-féministes contemporains feraient bien d’en prendre de la graine. Enfant naturel élevé par sa mère, l’écrivain prit fait et cause pour les femmes séduites et abandonnées et rallia « l’émancipation progressive de la femme », association fondée par Julie-Victoire Daubié, « premier bachelier » de l’Histoire de France. La journaliste suffragiste Hubertine Auclert (1848-1914) entérina le terme et le popularisa. De nos jours, les féministes sont toujours détestées et certains détracteurs ont inventé les néo-féministes, histoire de laisser entendre qu’ils auraient approuvé les féministes des années 60 à 90 mais que leurs filles en philosophie exagèrent au point de les menacer, corps, esprit et pouvoirs confondus.

Élisabeth Lévy et son magazine Causeur se sont spécialisés dans la lutte contre « Les féministes » ou la défense du macho, selon le sens dans lequel on observe cette campagne qui s’affiche en permanence. Chaque numéro de la feuille publie un article ridiculisant les femmes qui se battent pour leur dignité et prônant le droit absolu de l’homme à exercer sa sexualité qui serait irrépressible et noble. Élisabeth nomme faire l’amour l’usage d’une prostituée et défend le droit des femmes à se prostituer. Le journal a d’ailleurs publié le manifeste des « salauds » qui utilisent la prostitution contre la pénalisation du client. On ne peut que s’étonner qu’un aussi brillant intellectuel qu’Alain Finkielkraut confonde « faire l’amour  » et « baiser » car, comme ces locutions ne l’indiquent pas, fabriquer de l’amour en joignant les corps n’a rien à voir avec satisfaire un désir pulsionnel se résumant en cinq étapes : bander, branler, orgasmer, éjaculer et roupiller. Schéma classique du comportement sexuel masculin que tous les experts sexologues, diplômés ou auto-proclamés, imposent à la sexualité des femmes. L’exemple typique de la vulgarisation de cette doxa est l’ancienne star du porno, Brigitte Lahaie, qui fait monter l’audimat de Sud Radio (le porno, université de la sexualité féminine, c’est bien connu). Du fait de cette dictature idéologique, plus de la moitié des femmes qui n’atteignent pas l’orgasme pendant le rapport sexuel sont des malades, des détraquées frigides, des nymphomanes, des hystériques, des lesbiennes qui s’ignorent (ou pas). Et quand une femme comme Dora Moutot ose défendre l’importance du clitoris dans le plaisir féminin, Causeur se fend d’un article moqueur et imbécile dans lequel le mâle est présenté comme une victime terrorisée par l’arme létale que serait le clitoris.

https://www.causeur.fr/dora-moutot-alors-t-as-joui-sexe-154502

Élisabeth Lévy fait malheureusement partie de cette catégorie de femmes qui, étant arrivées à un poste de pouvoir, ont oublié ce qu’elles doivent au féminisme et pensent ne devoir leur indépendance et leur réussite qu’à leur propre mérite. Un péché d’orgueil et d’ingratitude qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, pour ne citer que le Women’s Forum.

http://www.womens-forum.com/news/Inclusive-Balaka-Niyazee

Heureusement, tous les mâles ne sont pas des machos imperméables à la sensibilité féminine et il existe même des machos féministes, des hommes qui assument leur virilité tout en respectant les spécificités et besoins des femmes sur le chemin de l’égalité, des êtres humains qui savent créer un équilibre harmonieux pour le bien commun de toutes et tous.

Alice Braitberg

Dans la vidéo ci-dessous, Meurice ironise avec humour sur les propos machistes tenus par Élisabeth Lévy au cours de la 1re Université d’été consacrée au féminisme organisée par Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Il a rencontré Élisabeth Lévy.

https://youtu.be/59R4zya1iMA

Ce que « baiser » ne veut plus dire aujourd’hui, voir le magnifique poème de Louise Labé :

Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise Labé, Sonnets

Le comédien Philippe Caubère accusé de viol

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J’avais rencontré Philippe Caubère  à l’issue de l’un de ses one man show. Il avait été superbe et flamboyant sur scène mais, dans sa loge, il ressemblait à un vieillard terne et grisâtre, ce qui m’avait frappée. L’homme avait tout partagé de lui-même avec son public,autant dans le contenu de son texte que physiquement. Je m’étais dit alors que « voilà un mec bien ». Aujourd’hui, je constate une fois de plus que toute l’humanité d’un mâle peut se désintégrer sur l’ordre de son phallus, ce à quoi la société toute entière l’encourage comme elle encourage le commerce du corps des femmes, ce que Caubère avait entériné en se vantant de recourir aux services de prostituées et en défendant le client. Comme par hasard, les hommes et les femmes qui défendent le « droit à la prostitution » sont les mêmes qui crient à la délation quand les victimes de harcèlement sexuel et de viol prennent la parole. Tout se tien et j’imagine que le journal « Causeur » spécialiste de la gynophobie, va encore monter au créneau pour défendre Caubère et ses semblables.
Je vous livre cet article édifiant et complet sur le témoignage de Solveig Halloin, victime de Philippe Caubère.
La Connectrice
18/04/2018 12:23 CEST | Actualisé il y a 1 heure

Affaire Philippe Caubère: Solveig Halloin, la plaignante qui accuse le comédien de viol, témoigne de l’emprise qu’il avait sur elle [VIDÉO EXCLUSIVE]

Philippe Caubère ne nie pas la relation sexuelle mais récuse les accusations de viol.

 Par Annabel Benhaiem  https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/18/affaire-philippe-caubere-la-plaignante-qui-accuse-philippe-caubere-de-viol-temoigne-de-lemprise-quavait-le-comedien-sur-elle-video-exclusive_a_23410576/

JUSTICE – Une plainte pour viol a été déposée fin mars contre le comédien et metteur en scène Philippe Caubère. Le parquet de Béziers a été le premier saisi dans cette affaire car les faits reprochés se sont déroulés dans un hôtel de la ville héraultaise en mars 2010. Il a toutefois choisi de transférer la plainte au parquet de Paris, où une partie des faits se sont déroulés.

 

La plaignante, qui a accepté de s’entretenir avec Le HuffPost dans une vidéo à voir ci-dessous, a décidé de porter l’affaire en justice huit ans après les faits reprochés. Elle le fait en son nom propre, Solveig Halloin, considérant que « les victimes présumées doivent bénéficier d’une présomption de sincérité ».

 

Elle précise: « J’ai attendu huit ans qu’une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l’une d’elles déposait plainte, je le ferai à mon tour. En vain. Le temps de ma ‘reconstruction’ étant passé, je dépose plainte contre Philippe Caubère du chef de viol. »

 

Caubère, géant de la scène théâtrale française

Philippe Caubère est une personnalité du monde du théâtre qui officie sur les scènes les plus en vue depuis les années 1970. Sa dernière pièce, « Adieu Ferdinand« , est nommée aux Molières 2018 dans la catégorie « théâtre public ». Avant cela, elle a tourné dans toute la France en 2017, suscitant des critiques dithyrambiques.

 

À la fois acteur, auteur et metteur en scène, ancien du Théâtre du soleil, sous l’égide d’Ariane Mnouchkine, Philippe Caubère est une icône du monde de la culture, qui s’est fait connaître pour la truculence de ses textes et de sa mise en scène qui renouent avec la trivialité du corps.

Philippe Caubère s’est aussi illustré à plusieurs reprises lors des débats sur la pénalisation des clients de prostituées, en signant une tribune dans Libérationen avril 2011, intitulée « Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et client de prostituées« . Deux ans plus tard, il signait « le manifeste des 343 salauds », dans la même veine.

« Comme un père artistique »

Auprès du HuffPost, Solveig Halloin décrit « l’emprise » qu’elle estime avoir subie pendant plusieurs semaines début 2010. « J’étais dramaturge à l’époque et Caubère était comme un père artistique pour moi. J’avais trente-cinq ans, lui la soixantaine. J’ai toujours admiré ses pièces, ses mises en scène, si proches de ce à quoi j’aspirais dans le théâtre ».

Rencontré dans un théâtre toulousain, le comédien ne lâche plus Solveig Halloin d’une semelle. « Il enchaîne les textos mièvres et romantiques, continue la plaignante, qui se transforment très vite en messages intrusifs puis salaces, il m’appelle sans cesse. Il me demande de tout lire de lui, de tout regarder de sa production. Je ne vivais plus qu’à travers Caubère. »

Elle raconte avoir reçu un SMS qui la fait plonger un peu plus: « Un jour, il m’écrit qu’il est devant la tombe de son père et qu’il pense à moi. En plus d’être privilégiée de le connaître et d’échanger avec lui, j’avais le sentiment de devoir aussi le protéger. »

« Il commence à me frapper… »

En mars 2010, elle se retrouve dans sa chambre d’hôtel à Béziers. Elle raconte une scène qui l’a traumatisée.

« Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. Je reste assise au bord du lit. Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m’étrangler, et à me frapper à nouveau. […] À cet instant, mon esprit disjoncte, sortant de mon corps pour l’observer par le haut. […] Malgré mes efforts, je n’ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train. Rentrée à Toulouse, je vis recluse, traumatisée. »

Après cela, Solveig Halloin explique au HuffPost avoir voulu tout arrêter.

« Mais Philippe Caubère ne l’accepte pas, explique-t-elle, et me menace en m’indiquant qu’il a beaucoup d’argent et qu’il a les moyens de me faire tuer, tout en m’accusant par SMS de ‘vouloir sa mort’. Là, j’ai totalement perdu pied, et j’ai été victime de dépression pendant plusieurs années, je ne pouvais plus fonctionner. J’ai dû cesser de travailler, et j’ai perdu la garde de l’un de mes enfants, qui demeure aujourd’hui avec son père. Ma vie est brisée et je ne vis plus, depuis, que dans le combat contre les violences, qu’elles soient faites aux femmes, aux enfants ou aux animaux. »

Militante et activiste

Solveig Halloin est aujourd’hui une militante féministe et animaliste connue sur Toulouse pour son activisme, ses sièges devant les abattoirs ou bien ses manifestations contre le voile islamique. Récemment, elle a fait entendre sa voix à l’Assemblée nationale lors d’un happening coup de poing au sujet des états généraux de l’alimentation. Florence, l’une ses amies militantes, n’hésite pas à la qualifier d' »Olympe de Gouges » du 21e siècle. Elle se souvient que l’un des premiers soirs suivant leur rencontre en 2012, Solveig avait tout dit de ce qui lui était arrivé.

« Elle en parle facilement, elle dit qu’il ne faut pas se taire face à ces violences, elle dépasse doucement la question de la honte et considère ces agressions comme des marqueurs politiques du patriarcat, donc de la condition réservée aux femmes et de l’estime que les hommes leur portent. »

Après cette nuit douloureuse de mars 2010, et des heures passées recroquevillée dans son couloir, Solveig a recours à un psychanalyste, Jean-Charles Bouchoux, spécialisé dans la prise en charge des victimes de pervers narcissiques. Il confirme au HuffPost qu’elle l’a bien appelé à cette époque et qu’il a tenté de la sortir de cet état végétatif. Quelques semaines après les faits décrits, Solveig assure avoir trouvé de l’aide auprès de l’Apiaf, une association d’accueil et d’écoute des femmes victimes de violences. L’association n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

« Je ne nie pas la relation sexuelle, mais jamais il n’y a eu viol »

Contacté par Le HuffPost, Philippe Caubère reconnaît la relation sexuelle mais nie catégoriquement qu’il y ait eu viol. « C’est une histoire digne de Tariq Ramadan. Accuser de viol, c’est très grave, c’est un crime » résume le comédien. « Ces accusations sont insensées, renchérit Véronique Coquet, sa compagne et productrice. Nous sommes un couple très libre et nous l’assumons. Mais jamais je ne partagerais la vie d’un violeur. »

« J’ai appris la plainte par un journaliste qui m’a contacté détaille Philippe Caubère. En fouillant dans mes mails j’ai effectivement trouvé trace de cette relation en 2010. Mais jamais il n’y a eu les violences qu’elle peut décrire. Il m’est arrivé d’avoir des relations assez hard, même si je ne suis pas du tout dans le trip SM, mais sûrement pas avec elle. C’est une relation non seulement consentie mais aussi désirée et que je qualifierais de « fleur bleue ». »

Philippe Caubère ajoute: « Je serais totalement incapable de commettre ces actes de violence dont elle m’accuse. Je serais même incapable d’avoir une érection dans ces conditions. Ce qui me fait bander, c’est la tendresse ».

Concernant « l’emprise » qu’il aurait eu sur Solveig Halloin, Philippe Caubère ne dément pas mais tient à nuancer: « Bien sûr qu’il y a emprise dès lors qu’on est dans une relation amoureuse. Mais il y avait également emprise de son côté. »

Philippe Caubère concède avoir retrouvé un mail datant d’un an après les faits, dans lequel la plaignante disait qu’elle était venue le voir lors d’un colloque. Il lui avait alors répondu: « Tu peux venir, je te violerai pas ». « C’était vraiment sur le ton de la boutade, pour lui dire que je ne lui sauterai pas dessus et que je n’attendais pas que cette rencontre débouche sur une relation sexuelle » justifie le comédien.

La question de l’emprise

Pour les deux avocats de Solveig Halloin, Maîtres Jacques Gauthier-Gaujoux et Jonas Haddad, « il s’agit d’une nouvelle affaire qui s’inscrit dans le contexte global de la prise en compte de la parole des femmes. Elle montre qu’aucun secteur n’est épargné par ces violences psychiques ou physiques faites aux femmes. Nous sommes bien en présence d’une situation où une personne abuse de son pouvoir, de son autorité morale acquise dans le monde du spectacle. »

« Son autorité morale ». Ou bien son emprise. Juridiquement, « la notion d’emprise est entendue comme une contrainte morale ou une violence psychologique qui est constitutive de faits de viol », rappelle l’avocate Carine Durrieu-Diebolt. C’est cette notion d’emprise qui sera au cœur du procès, s’il a lieu.

Selon la psychiatre Muriel Salmona, spécialiste de ces questions, « l’emprise entraîne un phénomène de dissociation chez les victimes ». C’est-à-dire qu’elles « voient leurs émotions anesthésiées lors d’une agression ». Elles sortent d’elles-mêmes, en quelque sorte, pour être en capacité de supporter la charge de violence qui s’abat sur elles. Il s’agit d’un « mécanisme psychotraumatique dont l’objectif inconscient est de se protéger des émotions trop fortes et trop violentes qui surviennent lors d’une attaque ».

Le consentement n’a aucune valeur juridique

La psychiatre milite pour que soient prises en compte les notions de sidération et de dissociation. « Plus de 70% des adultes qui subissent un viol ont de la sidération », précise-t-elle. « Ils ne peuvent pas crier, ni dire non. C’est la stratégie de l’agresseur en amont qui conduit à cet état d’apathie. La méconnaissance de ces mécanismes conduit à de nombreux classements sans suite, de déqualifications ou d’acquittements aux assises », déplore Muriel Salmona.

De plus, la qualification d’emprise permet de ne pas s’attarder sur la notion de consentement, qui n’a aucune valeur juridique, comme le précise Maître Carine Durrieu-Diebolt, « elle n’existe pas dans les textes de loi et si on veut se positionner sérieusement lors d’un procès, les avocats ont tout intérêt à éviter de s’en servir. »

En attendant la tenue d’un éventuel procès, Solveig Halloin en appelle aux témoignages. Elle en est persuadée: « Philippe Caubère a surement fait d’autres victimes. Je les enjoins à se manifester. Elles peuvent écrire à l’adresse suivante: victimescaubere@protonmail.com. Je veillerai à ce que leurs mots soient lus et entendus. »

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#balancetonporc. Hommes solidaires, comment répondre ?

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/10/29/11-facons-dont-les-hommes-peuvent-repondre-de-maniere-productive-au-mouvement-moiaussi/

11 façons dont les hommes peuvent répondre de manière productive au mouvement #MoiAussi

Le hashtag #MoiAussi a encouragé certains hommes à faire allusion sur Internet à leurs comportements misogynes, mais ils doivent aller au-delà de confessions sur les médias sociaux.

Plus tôt cette semaine, Meghan Murphy a proposé quelques suggestions sur ce que nous pourrions demander aux hommes, à la lumière du hashtag viral #MoiAussi, qui visait à rappeler aux hommes béatement ignorants (ou obstinés) l’omniprésence de l’agression sexuelle et du harcèlement perpétrés par des hommes contre des femmes partout.

Certains hommes ont répondu en reconnaissant qu’ils participent à la misogynie. Certains hommes ont admis être coupables de harcèlement ou d’agression sexuelle. Certains hommes ont présenté des excuses pour avoir laissé d’autres hommes agir ainsi. Mais, même si ces hommes peuvent être bien intentionnés, ce type de réponses sur les médias sociaux ne constitue pas nécessairement une action productive. C’est pourquoi, l’équipe de Feminist Current a compilé une liste (partielle) de suggestions à l’intention des hommes qui voudraient réagir d’une manière productive face au problème de la violence masculine contre les femmes, au-delà d’un étalage de vertu personnelle (virtue signalling) sur Internet.

1) Prenez conscience du nombre de femmes qui sont dans votre vie et qui ont révélé publiquement cette semaine avoir été agressées ou harcelées sexuellement, et laissez cette conscience vous mettre mal à l’aise. Évitez la réaction défensive du « Pas tous les hommes ». Même si vous n’avez pas personnellement agressé sexuellement une femme, ce comportement fait partie de notre culture ; vous devez donc vous attaquer au fait (pour le changer) qu’à l’échelle internationale, une femme sur trois a été exposée à de la violence physique ou sexuelle et que presque toute cette violence est perpétrée par des hommes.

2) Arrêtez de traiter les femmes et les filles comme avant tout « jolies ». Cela signifie éviter de complimenter d’abord et avant tout les filles et les femmes sur leur apparence. Beaucoup d’entre nous faisons cela sans même réfléchir (nous commençons tôt, aussi, en disant aux fillettes qu’elles sont « jolies » ou en commentant leurs tenues), mais de tels commentaires renforcent l’idée qu’être considérée comme attrayante ou désirable est la chose la plus importante qu’une femme ou une fille peut espérer.

3) De même, commencez à prêter attention à la façon dont vous regardez/considérez les femmes. Si la première chose que vous faites quand vous voyez une femme dans la rue est de la mater de haut en bas pour évaluer si elle est « baisable », arrêtez ça.

4) Arrêtez de traiter toutes les femmes comme d’éventuelles partenaires sexuelles, plutôt que simplement comme des personnes intéressantes ou agréables. Si une femme souhaite être votre amie, c’est une bonne chose, pas un échec. Extirpez le concept de « friendzone » (zone de simple amitié) de votre vocabulaire et remplacez-le simplement par le mot « amie ». Les femmes ne perdent pas leur valeur simplement parce qu’elles ne souhaitent pas avoir de relations sexuelles avec vous.

5) Refusez de consommer de la pornographie ou de payer pour du sexe. L’industrie du sexe dit que les femmes sont des choses à acheter et à vendre, à utiliser et à exploiter par les hommes. La pornographie comme la prostitution renforcent l’idée que les femmes existent pour le bon plaisir des hommes. Ces industries sexualisent le viol, la violence et l’oppression. Peu importe si une femme « choisit » de participer à cette industrie pour survivre, l’effet général du commerce du sexe est de déshumaniser les femmes. Inventez des façons de contester les hommes à ce sujet et de leur en parler.

6) Avez-vous maltraité des femmes lors de rencontres sexuelles ? Reconnaissez-le et présentez vos excuses à la femme ou aux femmes que vous avez blessées. N’attendez pas de réponse. Ne vous attendez pas à être pardonné. N’ayez aucune attente. Ne demandez rien à la ou aux femmes que vous avez violentées ou blessées. Ne vous cherchez pas des excuses. Contentez-vous de reconnaître votre comportement et de vous excuser. Et ne le refaites jamais.

7) Subventionnez discrètement des événements, médias et organisations féministes. Vous pourriez, par exemple, faire don d’une part de votre salaire hebdomadaire représentant l’écart de rémunération entre hommes et femmes (13 pour cent) à une organisation qui soutient directement les femmes victimes de violence masculine. Vous n’avez pas besoin de vous en vanter sur les réseaux sociaux – le but n’est pas que vous soyez récompensé.

8) Portez-vous bénévole dans l’équipe de nettoyage après un événement féministe. Ou pour cuisiner des mets. Ou pour collaborer au service de garde d’enfants. Faites tout acte que des féministes vous demandent de faire pour que leur événement puisse être un succès.

9) Apprenez à écouter. Évitez de dominer dans les conversations. Lorsque vous rencontrez une femme dans un bar, que vous parlez à des amies ou à des collègues, ou lorsque vous parlez à votre partenaire, par exemple, pratiquez une écoute active et soyez conscient d’à quel point vous interrompez/parlez beaucoup/vous imposez dans les conversations. Est-ce que vous posez des questions ? Est-ce que vous écoutez les réponses ? Entendez-vous ce que les femmes disent ? Les hommes passent beaucoup de temps à couper la parole aux femmes et à s’adresser à elles d’un ton péremptoire ; ils doivent passer plus de temps à écouter, car les hommes sont socialisés à ne pas être conscients de l’espace qu’ils occupent dans le monde. Ce n’est qu’un exemple de la façon dont se manifeste le pouvoir masculin. Ce comportement dissuade les hommes d’être en empathie avec les femmes et de travailler à mieux comprendre leurs expériences.

10) Ne neutralisez pas les problèmes qui ne sont pas neutres à l’égard du genre. Il ne sert à rien d’insister sur le fait que la violence masculine à l’encontre des femmes est un « problème humain ». Il est inutile de dire que « la culture du viol n’a pas de sexe ». Il est inutile de dire que vous êtes contre « toute forme de violence ». Oui, des hommes vivent de la violence et des agressions commises par d’autres hommes, mais cela n’annule pas le fait que la violence masculine à l’encontre des femmes est systémique. Répondre de cette manière équivaut essentiellement à banaliser l’expérience des femmes, comme répondre «  toutes les vies comptent » [lorsqu’on entend « Black Lives Matter »]. Le mouvement #MoiAussi tient les hommes pour responsables de la violence qu’ils exercent à l’encontre des femmes, et pour remédier efficacement à cette violence, nous devons nommer le problème et le prendre par la racine.

11) Comprenez que, en tant qu’homme, vous ne serez jamais pleinement capable de comprendre ce que les femmes vivent au jour le jour, sous le patriarcat. Il n’y a pas eu un seul jour dans l’histoire du monde où une femme n’a pas été violée ou battue par un homme. Les femmes vivent, chaque jour, dans la peur de la violence masculine. La vie des femmes est façonnée par la culture du viol et par le regard masculin d’une foule de façons – explicites ou subtiles –, de la haine de leur corps au syndrome de stress post-traumatique, en passant par les choix que nous faisons en matière de travail, de voyages, de relations, de vêtements, de relations sociales et plus encore. Croyez-nous quand nous vous parlons de ces expériences. Croyez-nous quand nous vous disons que c’est un problème énorme et urgent. Croyez que nous ne cherchons pas à dramatiser ou à attirer l’attention. Croyez-nous, même si vous ne comprenez pas complètement. Nous ne déversons pas notre traumatisme en ligne pour le plaisir.

 

Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/10/22/14-ways-men-can-respond-productively-metoo/

Traduction : TRADFEM

Messieurs, vous désapprouvez les porcs ? Dites-le haut et fort !

La réaction contre le mouvement #balancetonporc a été rapide et violente. Et ce n’est pas fini car le dernier défenseur en date des hommes outragés est Donald Trump qui supporte mal de voir  accuser de violences conjugales plusieurs de ses proches.

Des hommes ont été nombreux à entrer en indignation et des femmes les ont suivis comme celles du magazine Causeur ou les signataires de la tribune dite Deneuve. Il me semble que si ces personnes avaient été de bonne foi, elles auraient reconnu que, oui, la plupart des femmes avaient été ou sont victimes de harcèlement sexuel, qu’ils ont été témoins de ces violences et de leurs conséquences néfastes et que la plupart du temps, résignés par « la banalité du mal » ils n’étaient pas intervenus et que souvent, dans les vestiaires, les réunions ou même en famille, ils avaient bien rigolé des râteaux de leurs copains ou de leurs actes sordides. Ils riaient tout aussi bien des « pétasses » qu’ils avaient « eues » à l’usure, c’est-à-dire par harcèlement sexuel.

Il me semble, messieurs, que si vous refusiez le harcèlement et toutes les violences sexuelles, vous pourriez, vous devriez le dire. Vous vous comportez actuellement comme si vous étiez coupables et ne pensiez qu’à défendre vôtre peau par le déni, l’inversion, les accusations de tous ordres et le mépris. Ou alors, vous vous retranchez dans une culpabilité stérile, la trouille imbécile de devoir renoncer à vos prérogatives culturellement naturelles ou la peur ridicule de perdre vôtre virilité. Ce faisant, vous perdez une chance formidable de contribuer à l’amélioration des relations femmes/hommes pour vous-mêmes et surtout pour les générations à venir, celles de vos enfants et petits-enfants.

Toutes ces personnes bien pensantes ne se sont pas penchées sur les causes du mouvement mais sur ses possibles conséquences pour les hommes mis en cause globalement ou ceux, rares qui seraient salis à vie par des rumeurs. Que la vie d’une femme soit gâchée par du harcèlement sexuel, un viol ou des menaces de viol, le massacre de sa crédibilité ou des violences psychologiques, ce n’est pas un problème. Mais qu’on ose prétendre qu’un homme respectable sous tous rapports ait commis une grave offense contre une ou plusieurs femmes, cela leur est insupportable. Hé bien moi, ce qui m’est insupportable, c’est le refus de prendre au sérieux un problème de santé publique qui touche presque toutes les femmes indépendamment de leur âge, de leur position sociale, de leur statut marital, de leur apparence physique, de leur situation économique ou de leur statut professionnel.

On a l’impressions qu’il serait gravement plus grave pour une femme de susciter le désir chez un homme que pour un homme « d’avoir des pulsions » et de n’y pouvoir résister.

Depuis quelques années, j’avais constaté que la condition des femmes régressait et la Réaction au mouvement #balancetonporc le confirme en ce qu’elle révèle un machisme décomplexé. Est-ce une bonne chose ? Va-t-on assister à un réveil des consciences ? Je ne peux me prononcer car de nombreux facteurs se liguent contre l’égalité entre femmes et hommes, en particulier la violence de modèles venus d’ailleurs qui renforcent la tentation machiste. Un autre facteur est l’importance du chômage qui incite les femmes à rester à la maison, en particulier celles, nombreuses,  qui ne trouvent que des offres à temps partiel pour un salaire minable qui serait grévé par des frais de nourrice et de transport.

Arguments récurrents utilisés contre le mouvement de libération de la parole

Délation, c’est le qualificatif qui revient le plus souvent

Une victime qui dénonce son agresseur, est-ce de la délation ? Déposer plainte, c’est de la délation ? Dénoncer l’auteur d’un crime ou d’un délit, c’est de la délation ? Prévenir d’un danger, est-ce de la délation ? Prévenir les autres automobilistes qu’un radar les attend au tournant, délation ?

Quelle est la différence entre délation et dénonciation ? Délation a des relents de la dernière guerre quand des collabos de nazis dénonçaient les résistants, les juifs, les paysans qui tuaient un cochon ou se procuraient du beurre au marché noir pour pouvoir nourrir leur famille. Délation, c’est associé à trahison, intelligence avec l’ennemi, collaboration, nazis, Gestapo et vengeance.

Accuser la parole des victimes de délation, c’est entreprendre de les culpabiliser pour mieux les museler.

Tribunal non autorisé

Dénoncer un violeur, ce serait le condamner. Par contre dénoncer les emplois fictifs de la famille Fillon ce serait respectable et on a eu le droit de condamner le candidat et de le couler en politique avant même que le tribunal ne se soit prononcé. Pourquoi deux poids deux mesures ?

Elles n’avaient qu’à porter plainte au moment des faits

Faut-il être ignorant pour prononcer une telle stupidité ! C’est ne oas savoir grand chose de a complexité de la psychologie humaine. C’est ignorer qu’une femme violée a peur de mourir, qu’elle craint pour sa famille et ses amis, que sur le moment elle est anéantie et plongée en état de sidération. C’est ignorer les mécanismes d’auto censure de la mémoire traumatique. C’est ignorer la perte de dignité, la honte, l’humiliation, la culpabilité d’avoir peut-être « fait quelque chose » pour subir l’horreur, l’anéantissement de l’estime de soi, le refus conscient ou inconscient de donner de revivre l’agression en la mettant en mots, la crainte de ne pas être crue et traitée comme une coupable, l’appréhension de ne pas être prise au sérieux et de s’entendre dire par la police « comment étiez-vous habillée ? », « encore une histoire de Q qui a mal tourné ? », que faisiez-vous dehors à 3 h du matin ? »,etc.

Elles sont puritaines, adeptes de l’ordre moral

Le plaisir du sexe n’a rien à voir avec l’agression sexuelle parce que celle ci n’est pas du sexe, encore moins de l’amour, c’est un acte de domination. C’est toute la différence entre l’acte sexuel consenti et la contrainte sexuelle. Vous le savez très bien mesdames et messieurs mais vous faites semblant de l’ignorer pour servir vos arguments contre la parole des victimes de harcèlement sexuel.

Et puis après tout, si nous avons envie d’être puritaines et de fuir cette représentation pornographique de la sexualité qui nous est imposée, c’est notre droit. Ce droit n’est pas plus méprisable que la liberté que prennent certains à partouzer, accumuler les liaisons, vivre leur polygamie sans états d’âme, s’acoquiner à 70 ans avec des gamines de 20 ans, quitter leur épouse pour un époux, vouloir reproduire à tout prix dans leur vie les scenarii du porno, payer pour sexer, etc.

On ne met pas un innocent au pilori, sa vie est fichue

Et la vie fichue de millions de femmes victimes du harcèlement sexuel, ça a moins d’importance que prendre le risque de se tromper ? Il y a toujours eu, malheureusement, des erreurs judiciaires et il appartient à la Justice de faire son travail. Il est toujours possible de reconnaître une erreur et de la réparer. Par contre il est impossible de guérir d’un traumatisme sexuel.

Un homme s’est suicidé (pour combien de femmes violentées ?)

L’accusation d’agression sexuelle peut pousser un homme au suicide. Peut-être mais combien de femmes se sont suicidées après avoir été violées et traitées comme des coupables quand elles étaient victimes ? Combien de femmes agressées ont sombré dans les drogues, l’alcool, la prostitution, la conduite d’échec, l’impossibilité d’avoir des relations équilibrées avec les hommes, les phobies, etc ? Toutes réactions équivalentes à un suicide lent.

On n’a plus le droit de séduire

Séduire, se ducere, amener vers soi, n’est pas forcément passer à l’acte. Pour Kirkegaard, le séducteur est précisément un homme qui ne passe jamais à l’acte. Il conquiert mais ne consomme pas. Ce n’est pas forcément bien car ce peut être un élément pervers de manipulation à fins de domination. Il convient de s’en méfier et de ne pas tomber dans le panneau.

La séduction désintéressée est une forme d’embellissement des relations humaines, une manière de rendre plus agréables les interactions sociales. On séduit avec le regard, le sourire, les modulations de la voix, l’attitude corporelle et, surtout les paroles. On ne séduit pas avec les mains et encore moins avec le pénis.

Les hommes qui prétendent que les « néoféministes » voudraient abolir la séduction sont de mauvaise foi et tentent, eux réellement, de manipuler les femmes indignées par le harcèlement sexuel.

Elles l’ont cherché, elles n’ont qu’à s’habiller correctement…

L’éducation d’un enfant comprend le contrôle de ses pulsions. Laisse-t-on un bambin chiper les bonbons exposés à son niveau à la caisse ? Les femmes attrapent-elles la braguette bien gonflée d’un homme ? Le reproche de l’accoutrement d’une femme contient en lui-même la justification d’une possible agression, elle dénote une mentalité de prédateur, de chasseur de femme qui n’attend qu’une occasion pour attaquer sa proie.

#balancetonporc. Jean-Michel Apathie plus solidaire des victimes qu’Elisabeth Lévy

Élisabeth Lévy, directrice de la rédaction de « Causeur » et Natacha Polony, journaliste et essayiste.Les dénonciations de cas harcèlement sexuel se multiplient… Et pourtant certains et certaines dénoncent le harcèlement « féministe » : « Arrêtez la chasse à l’homme », c’est le titre de la Une du magazine Causeur. Comment nos invitées expliquent-elles ce paradoxe ?

Elisabeth Lévy et Natacha Polony ont pour priorité de défendre les pauvres hommes persécutés par les méchantes féministes qui osent prendre la parole pour dénoncer le harcèlement sexuel dont elles ont été et sont encore victimes. Je suppose que ces deux femmes sont accompagnées de gardes du corps en permanence car moi qui me déplace seule je subis encore des apostrophes immondes malgré mon grand âge.

Polony et Lévy sont furieusement égocentriques ramenant la condition des femmes à leur propre statut privilégié. Le harcèlement sexuel, elles ne connaissent pas et leurs copains mâles sont blessés et outrés par le mouvement #balancetonporc. Les hommes sont les véritables victimes à leurs yeux et elles ont envie de les materner et les protéger des allégations « délatrices » des harpies féministes. Dans l’histoire du féminisme, il n’est pas rare de voir des femmes s’opposer aux femmes en émancipation pour prendre le parti de leurs petits hommes faibles et fragiles qui ne pourraient rien sans elles.

Je trouve incroyable et ironique que, face à leur critique sévère et injuste de la campagne #balancetonporc, il faut que les hommes présents sur le plateau, le journaliste Apathie et l’animateur de l’émission Ali Baddou, remettent les choses en place. Tant mieux car sans la participation des hommes à nos luttes, nous n’avancerons pas. Et eux non plus.

Depuis le début de la campagne #balancetonporc, Elisabeth Lévy et les rédacteurs de son magazine Causeur se déchaînent contre les féministes, ces délatrices, affabulatrices, amalgamatrices, hystériques, misandres et perverses. C’est d’ailleurs un parti pris chez Causeur, l’intérêt et la vision des hommes priment sur la maltraitance par réification des femmes. Ainsi le magazine s’est prononcé fermement en faveur des clients de prostituées https://www.causeur.fr/prostitution-laurence-rossignol-clients-37821 par de nombreux articles et le lancement de la pétition 343 salauds.

causeur pute manifeste salauds

 

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Elisabeth Lévy fait partie de ces femmes qui ont largement bénéficié des luttes féministes et qui osent renier l’origine de ces bénéfices pourtant obtenus de haute lutte et pour certains pas complètement passés dans la pratique comme l’égalité salariale. Elisabeth Lévy aurait-elle accédé au poste de directrice de rédaction sans le féminisme ? A qui et quoi doit-elle de ne pas devoir demander la permission de son père , frère aîné ou mari pour étudier, travailler, ouvrir un compte en banque, contrôler son corps, etc ?

Materner les hommes de la naissance à la mort est un conditionnement psychologique qui inhibe la part de libre arbitre de nombreuses, trop nombreuses femmes.

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J’ai bien connu, de près ou de loin,  certains rédacteurs du magazine Causeur dans les années 70, grande période de la vague féministe de cette période et j’admets que nous  avons fait voir à nos hommes toutes les couleurs tant notre enthousiasme était grand. Nous remettions en cause toutes leurs prérogatives et ils s’y soumettaient parce qu’ils avaient envie de faire partie de l’aventure vers une société plus juste, plus égalitaire, plus humaine, plus généreuse et plus libre. Le féminisme faisait partie de cette belle utopie. Ces messieurs se soumettaient à nos exigences aussi parce qu’ils y trouvaient leur compte : notre libération sexuelle contribuait à la constitution de leur harem, la pilule leur permettait de sexer sans risque et sans devoir se retirer (le préservatif, ils n’ont jamais beaucoup aimé), la légalisation de l’avortement les libérait de leurs obligations, le partage des responsabilités parentales et financières les soulageaient du lourd fardeau des responsabilités, ils n’avaient plus le devoir de nous protéger nous qui n’étions plus de « faibles femmes » et ceux qui étaient mariés ou en couple pouvaient faire leur outing homosexuel, etc.

Je reconnais que nous avons parfois été excessives et injustes mais eux, ils l’étaient depuis des millénaires, ils peuvent bien nous pardonner parce qu’au final, ils n’ont pas été perdants, quoiqu’ils prétendent. S’ils avaient tout perdu, ils n’occuperaient pas encore les meilleurs postes de la société comme président, PDG, promoteur, directeur, responsable en tous genres et …producteur.

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J’avais participé à la réalisation de ce numéro et je m’étais follement amusée tant nous regorgions d’idées et d’humour.

On ne critique bien que ceux qu’on aime et il va de soi que si je n’appréciais pas moult positions du magazine Causeur je ne prendrai pas la peine d’en parler.

La Connectrice, féministe historique (depuis 1969)

La chanson Nous qui sommes sans passé, les femmes… a été d’emblée plébiscitée par les militantes du MLF. Mais, depuis notre première manifestation massive le 20 novembre 1971 (consultez une vidéo sur le site de l’INA) jusqu’aux plus récentes apparitions publiques des jeunes féministes, la fougue des manifestantes a complètement métamorphosé le rythme d’origine et rendu moins direct l’emprunt de l’Hymne du MLF au Chant des marais. « 

‘ Hymne du MLF ‘

Nous, qui sommes sans passé les femmes,
nous qui n’avons pas d’histoire,
depuis la nuit des temps, les femmes,
nous sommes le continent noir.

refrain :
Levons nous, femmes esclaves
Et brisons nos entraves,
Debout! Debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées ;
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées
(refrain)
Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
(refrain)
Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble on nous opprime, les femmes,
Ensemble révoltons-nous.
(refrain)
Le temps de la colère, les femmes
Notre temps est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers

 

 

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