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Archives de Catégorie: Pays arabes

Rahaf, la jeune saoudienne en fuite est en route pour le Canada. Sauvée ?

A smiling Rahaf Alqunun received a bunch of flowers at the airport.

Saudi teen Rahaf Alqunun handed flowers at Toronto Airport

Ms Alqunun was too tired to speak to the media.

Dernières nouvelles. Rahaf est arrivée au Canada ce samedi 12 janvier vers 17 h. Elle a posé, radieuse, avec la ministre des affaires étrangères qui l’a accueillie. D’après ABCnews Canada, le changement de destination aurait été décidé pour des raisons d’urgence, l’Australie tardant à prendre sa décision. Lire https://www.abc.net.au/news/2019-01-13/rahaf-alqunun-arrives-in-canada/10711794  et https://ripostelaique.com/rahaf-saoudienne-18-ans-apostate-fugueuse-na-pas-demande-lasile-a-la-france.html

Rahaf Mohammed رهف محمد

Rahaf Mohammed رهف محمد

@rahaf84427714

Don’t let anyone break your wings, you’re free. fight and get your RIGHTS! Ne laissez personne briser vos ailes, restez libres, battez vous pour vos DROITS !

Rahaf Mohammed al-Qunun est une saoudienne de 18 ans qui a fuit son pays et sa famille pour avoir été séquestrée pendant 6 mois et être sous le coup d’un mariage forcé.

Alors qu’elle était en transit pour l’Australie à l’aéroport de Bangkok, les douaniers thaïlandais avaient confisqué son passeport (Pourquoi ? sur ordre des saoudiens ?) et envisageaient de la renvoyer en Arabie saoudite où elle était menacée de mort en tant qu’apostate et évadée de la tutelle masculine. Étourderie ou intention secrète, les officiers n’ayant pas confisqué le téléphone, la jeune fille devait envoyer des tweets pour faire connaître sa situation. Ces messages devaient être relayés dans le monde entier avec l’aide de dissidents musulmans et des deux amies déjà expatriées qui l’avaient aidée et encouragée dans sa fugue.

Rapidement, le HCR envoyait un émissaire et lui octroyait le statut de réfugiée ce qui empêchait la Thaïlande de procéder à son extradition. Alors que le peuple australien se réjouissait de donner l’asile à Rahaf, le gouvernement tergiversait alors que le temps manquait car le père et l’un des frères étaient arrivés à Bangkok pour la récupérer. Le père disant que sa fille avait fugué parce qu’elle se sentait « négligée » dans sa fratrie de dix. Le mensonge du père était patent puisque sa fille avait fait savoir qu’il l’avait séquestrée 6 mois après qu’elle eut renoncé à l’islam et coupé ses cheveux en signature de sa décision.

Le gouvernement australien est ami avec l’Arabie saoudite et les états du Golfe ce qui n’a pas empêché Bahrein de faire emprisonner en Thaïlande l’un de ses ressortissants, Hakeem Alaraibi, réfugié en Australie et joueur de foot dans l’équipe de Camberra. D’ailleurs, au moment où Rahaf tremblait de peur réfugiée dans un réduit de l’aéroport, la ministre australienne des affaires étrangères se trouvait à Bangkok pour négocier la libération du joueur. Peut-être que demander une libération et accorder le staut de réfugié dans le même temps était diplomatiquement impossible ?

Le temps passant, Rahaf al-Qunun voyait ses risques d’être expulsée par les thaïlandais s’accroître et c’est alors qu’intervint Justin Trudeau qui en deux temps trois mouvements accorda le droit d’asile à l’adolescente qui prit l’avion dans la foulée.

Pendant son confinement à l’aéroport de Bangkok, Rahaf est restée en compagnie de la journaliste australienne Sophie MacNeill qui l’a soutenue et créé un tweet #saverahaf qui est toujours en activité et permet de suivre les péripéties de la fuite de la petite saoudienne

La fugue de Rahaf a rappelé la terrible condition des femmes saoudiennes dont près de 600 avaient fui le pays en 2015. Des féministes qui militaient pour le droit de conduire, contre la tutelle masculine et leurs droits en général sont toujours enfermées dans des geôles où elles sont torturées. Les fugueuses qui ont été renvoyées dans leur pays ont disparu. Après l’assassinat du journaliste Kashoggi les tentatives de fuite sont d’autant plus nombreuses que les sujets de MBS sont terrorisés, à commencer par les femmes dépourvues d’autonomie et de droits.

La presse francophone n’a pas beaucoup relayé le drame de Rahaf alors que la presse anglophone a suivi le cas de très près, sans doute parce que la jeune femme s’exprime en anglais mais peut-être pas seulement, la France évitant de contrarier sa communauté musulmane et ses amis saoudiens.

Le Canada ayant connu plusieurs cas de crimes d’honneur, on peut douter de la réelle sécurité de Rahaf, aussi faut-il continuer à la suivre, la veiller et la soutenir.

 ‎@Sophiemcneill

https://twitter.com/search?q=%23SaveRahaf

La Connectrice

Qui est Cherif Chekatt, le terroriste assassin de Strasbourg?

JE T’AIME🖤 ELSASS Mon Amour.

Delphine Wespiser est une ancienne Miss Alsace devenue Miss France en 2011

Si Internet n’existait pas avec ses informations libres et indépendantes, nous ne saurions pas grand chose du terroriste de Strasbourg qui, mardi soir, a tué trois personnes et en a blessé treize dont sept grièvement. (le bilan est provisoire.

Grâce à Internet, nous savons que Chérif Chekkat est né à strasbourg il y a 29 ans dans une famille d’origine algérienne (vraisemblablement binational franco-algérien ) dont le père était connu pour violences familiales.

Le terroriste n’avait que dix ans lorsqu’il fut condamné pour la première fois en 1999  pour violences et extorsion sur une personne vulnérable.

Son casier judiciaire supporte 27 condamnations pour des faits commis en France, en Allemagne et en Suisse. Il a été incarcéré à de multiples reprises et connu de l’administration pénitentiaire pour sa radicalisation et son attitude prosélyte en détention en 2015. « Connu des services spécialisés pour sa radicalisation, il était inscrit du FSPRT (Le fichier des personnes recherchées (FPR) est un fichier informatique de la police nationale … LeFSPRT recense à la fois des individus considérés comme dangereux et d’autres repérés sur des signaux faibles) et était fiché S », confirme le préfet Rémy Heitz. Il a fait l’objet d’un suivi par les services de la DGSI.

Il aurait passé en tout quatre ans en prison en France, Allemagne et Suisse (détention préventive en 2013, à Bâle). L’Allemagne l’aurait renvoyé en France après sa condamnation pour avoir braqué un cabinet dentaire à Mayence en 2012 et une pharmacie à Engen en 2016.

Ce mardi même, la police perquisitionnait son domicile suite à une agression avec violences. Des armes et des munitions avaient été saisies mais Chekkat s’était enfui.

La Connectrice avec les infos recueillies sur LCI, 20 minutes, Le Figaro, Le Point, Wikistrike, les DNA, l’Institut pour la Justice, etc.

https://twitter.com/plantu/status/1072760220290572288/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.lci.fr%2Fpolice%2Fen-direct-fusillade-a-strasbourg-trois-morts-et-plusieurs-blesses-dont-certains-gravement-2107225.html

Journal Le Point

https://www.lepoint.fr/societe/fusillade-a-strasbourg-cherif-c-un-criminel-proche-de-la-mouvance-salafiste-12-12-2018-2278746_23.php?boc=2014639&m_i=zsAmkeisBlvuaaWsJGOSaveOPoVDH7kEDrB5liOIOsM0M6TEtL4GuPvhgRwec5uzE2VzgZuxe3MDbME_bGLx7VBCqpWzz7&M_BT=1785404623573#xtor=EPR-57-[Push-email]-20181212-13h10

Attentat à Strasbourg : Chérif C., un criminel proche de la mouvance salafiste

Activement recherché, l’homme de 29 ans a déjà un long parcours criminel derrière lui. Il a effectué deux passages récents en prison.

Par Stéphane Sellami

Modifié le  – Publié le  | Le Point.fr
Cherif C. estsuspecte d'etre l'auteur de la fusillade mortelle sur le marche de Noel de Strasbourg.
Chérif C. est suspecté d’être l’auteur de la fusillade mortelle sur le marché de Noël de Strasbourg. © Christoph DE BARRY

Extraits du fil d’infos en direct
Le procureur de la République de Paris : « Au regard du lieu ciblé, du mode opératoire, de son profil et des témoignages de ceux qui l’ont entendu crier Allah akbar’, la section terroriste s’est saisie des faits hier soir. Les investigations d’ores et déjà réalisées me permettent de vous indiquer les éléments suivants. L’enquête ne fait que débuter et à l’heure où je vous parle, le suspect n’a pas été interpellé. »
…Selon nos informations, son premier fait (violences et extorsion sur une personne vulnérable) remonte à 1999. Il avait 10 ans…
…Selon le quotidien allemand Der Spiegel, l’assaillant présumé est donc connu de la justice française, allemande… et suisse. Il a également été placé en détention préventive en 2013, à Bâle en Suisse…

Beyrouth illumine le sapin de Noël quand la France souhaite l’éteindre

Alors que des voix s’élèvent en France contre la tradition de Noël au nom du détournement de la laïcité, Beyrouth vient d’illuminer un gigantesque sapin de Noël sur sa place centrale, la place des Martyrs. Quel courage pour un pays sous la coupe du hezbollah !

 

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https://fr.news.yahoo.com/beyrouth-illumine-son-sapin-no%C3%ABl-113000094.html

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https://www.lepoint.fr/video/beyrouth-illumine-son-sapin-de-noel-04-12-2018-2276434_738.php

Noël exceptionnel au Liban

https://www.konbini.com/fr/tendances-2/pourquoi-le-noel-au-liban-est-exceptionnel/

(article publié en 2016 toujours valable)

4. Le Liban est le seul pays arabe où 30 % de la population est chrétienne

Même si il n’y a pas eu de recensement de la population depuis 1932, on estime généralement que les chrétiens représentent environ un tiers de la population libanaise. Ces chrétiens d’Orient se répartissent en onze Églises différentes. La majorité appartient à l’Église maronite, mais il y a aussi des orthodoxes, des catholiques, des arméniens, des syriaques, des chaldéens, des assyriens et même des protestants ! Pas toujours facile de s’y retrouver…

Contrairement aux autres pays de la région, les chrétiens sont largement représentés en politique. La constitution libanaise, qui répartit le pouvoir suivant des quotas confessionnels, leur réserve la présidence de la République, le commandement de l’armée et 64 sièges sur 128 au Parlement.

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5. Les musulmans aussi participent à la fête

Noël a beau être la fête chrétienne par excellence, au Liban les musulmans y participent aussi : c’est l’occasion de décorer les maisons et les rues, d’offrir des cadeaux, de faire un bon repas. Vous me direz, globalisation, société de consommation et père Noël Coca-Cola obligent, mais pas seulement. En Islam, Jésus est considéré comme un prophète, il n’est donc pas mal vu de célébrer sa naissance.

De même, durant le mois du Ramadan, il n’est pas rare de voir des chrétiens être invités à l’iftar, le repas qui interrompt le jeûne des musulmans à la tombée de la nuit. Dans un pays où 18 confessions religieuses sont officiellement reconnues, il est important de montrer qu’on sait se réjouir pour la fête de l’autre.

6. La cuisine libanaise

D’ordinaire, la cuisine libanaise c’est déjà des centaines de mezzés, ces petits plats dont les plus connus sont le houmous et le taboulé, qu’on dévore jusqu’à plus faim au restaurant.

Mais à Noël, on dîne en famille et c’est donc l’occasion de déguster des plats plus rares : des feuilles de vignes fourrées à la viande et mijotées avec des côtelettes d’agneau, ou bien un poulet au riz aux sept épices servi avec des amandes. Pour le dessert, les Libanais préparent le meghlé, une crème à la cannelle. Habituellement servi pour célébrer la naissance d’un bébé, on le déguste à Noël pour symboliser la venue au monde de l’Enfant Jésus.

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7. Solidarité avec les réfugiés

Le Liban est le pays qui a la plus forte densité de réfugiés au monde : environ un habitant sur trois est un réfugié. Parmi les nationalités les plus représentées, on compte environ 1,5 million de Syriens, 450 000 Palestiniens et 18 000 Irakiens. Plus de 90 % d’entre eux sont musulmans sunnites, mais il y a aussi des chrétiens.

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Noël, grande fête des cadeaux et des retrouvailles, est un jour de solidarité très important entre les Libanais et leurs voisins réfugiés. Les Églises et les ONG comme Kahwit Al Franj, Sawa for Development and Aid ou encore SOS Villages d’Enfants organisent des distributions de vêtements, de repas et de cadeaux pour les plus démunis.

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8. Les chants de Noël

Au Liban, le mois de décembre est l’occasion de passer des chants de Noël à fond dans les rues. À fond. Dans certains quartiers chrétiens de Beyrouth, comme Furn el Chebbak, des haut-parleurs sont placés sur les côtés de la rue principale et crachent toute la journée une bouillie sonore arabo-franco-anglophone. Tant pis si les habitants du coin ont mal au crâne, l’esprit de Noël est dans les baffles.

Mais qui dit musique de Noël à la libanaise, dit aussi de grandes voix, comme celle de Fayrouz (l’une des plus grandes stars du monde arabe). L’artiste interprète des chants de Noël comme « Douce nuit », « Sainte nuit » ou « Jingle bells » en arabe et en syriaque (une langue utilisée pour certaines messes).

9. On chausse les skis

Pour ceux qui pensent encore qu’ils vont trouver des déserts de sable et les chameaux au Liban, raté. Ici c’est plutôt montagne et même sports d’hiver ! À partir du mois de décembre, les sommets se couvrent d’une épaisse couche de neige et les Libanais chaussent les skis. Il fait souvent très beau, ce qui permet de dévaler les pistes en T-shirt tout en regardant la Méditerranée.

Les stations les plus connues sont celles de Faraya-Mzaar, à environ une heure de route de Beyrouth, mais il y en a d’autres plus au nord, dans la réserve naturelle du Chouf. Et après le sport, la récompense : comme chez nous, les soirées à la montagne sont agrémentées de vin chaud et de fromage fondu.

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10. Quand c’est fini, y en a encore !

Pour ceux qui auraient raté le coche, il est toujours temps de se rattraper car au Liban on fête Noël deux fois. En effet, tandis que la grande majorité des chrétiens du monde célèbrent la naissance de Jésus le 25 décembre, l’Église arménienne considère que la naissance a en fait eu lieu le même jour que l’Épiphanie (lorsque les Rois mages ont offert leurs présents à Jésus), soit le 6 janvier.

Du coup, les Arméniens du Liban fêtent Noël dix jours plus tard que les autres chrétiens. L’occasion d’aller se balader dans le quartier de Bourj Hammoud, à la lisière de Beyrouth, et de goûter aux spécialités locales.

Un reportage de Chloé Domat, édité par Rachid Majdoub.

Esclaves chrétiennes pour le plaisir des hommes musulmans

 

Histoire. Quand la France était une puissance musulmane et les musulmans des dhimmis

Les origines de la grande Mosquée de Paris et de l’enracinement de l’immigration musulmane en France au temps des colonies et protectorats français. Intéressant pour comprendre l’idéologie des musulmans installés en France. LC
Le livre de madame Jalila Sbai est exemplaire parce qu’il réussit à combiner les savoirs historiques, islamologiques et sociologiques sur le monde arabo-musulman, qu’implique l’apparent paradoxe de voir une république laïque tenter de donner une forme chrétienne à un islam dominé. Il est urgent de le lire parce qu’il donne un nouvel éclairage à nos controverses d’aujourd’hui. 

 

Avec raison mais non sans provocation, Jalila Sbai définit le statut des musulmans en France métropolitaine comme étant des « protégés », c’est-à-dire des « dhimmis ».

17/06/2018

Dès les premiers temps de l’histoire de l’islam, les relations avec le monde des « Francs », c’est-à-dire des Européens, ont joué un rôle essentiel. C’était jadis la thèse d’Henri Pirenne que les conquêtes arabes avaient rejeté l’Europe de l’axe méditerranéen vers l’axe rhénan. Bien entendu cette thèse n’est plus suivie de nos jours, mais l’évidence du voisinage musulman et arabe s’impose dans la connaissance de l’histoire de France dans toutes ses époques successives.

L’histoire contemporaine de ces relations commence avec l’expédition d’Égypte de 1798 qui pose tous les problèmes d’une domination qui comprend des motivations géopolitiques, politiques, mais aussi culturelles. Après cette ouverture, il y a la conquête de l’Algérie à partir de 1830 qui, dans sa violence compensatrice des échecs français sur le Rhin, pose le problème inconciliable d’une domination qui se veut aussi assimilation tout en étant aussi une colonisation de peuplement.

La IIIe République y ajoute la Tunisie en 1881 puis le Maroc à partir officiellement de 1912, tandis que la conquête de l’Afrique noire renforce la dimension musulmane de l’Empire français. En même temps, la politique d’influence française dans le Levant aboutira à la constitution des « États du Levant » sous Mandat français au lendemain de la Grande Guerre. Évidemment, la France a aussi des relations diplomatiques, économiques et culturelles avec les pays musulmans considérés comme indépendants.

Ainsi, les hommes de la IIIe République pouvaient considérer que la France était une « puissance musulmane ». La nouvelle phase d’expansion coloniale, qui commence au début des années 1880, se fait largement en terre d’islam, d’où un nouvel effort de connaissance qui tente de réunir en faisceau les apports des services administratifs des affaires indigènes avec la connaissance pratique et savante des langues et un savoir islamologique à buts pratiques. Ainsi se constitue, dans la République de la séparation de l’Églises et de l’État, une « politique islamique de la France » qui va durer jusqu’au début de la guerre d’Algérie.

De cette politique, dont les mentions sont innombrables dans les archives, nous n’en avions que des idées particulièrement sommaires. Depuis près d’une vingtaine d’années, madame Jalila Sbai a entrepris le dépouillement de ces immenses gisements d’information qui n’avaient pratiquement pas été exploités avant elle.

Les acteurs de cette politique musulmane sont des représentants de leurs diverses administrations coloniales avec les luttes de pouvoir qui inévitablement en découlent. Mais ce sont aussi des universitaires, des « orientalistes » qui, contrairement aux clichés d’un discours superficiel, sont aussi des sociologues et des anthropologues. Enfin, et ce n’est pas le moindre, des catholiques pratiquants nourris de la doctrine sociale de l’Église.

Pour entreprendre une telle recherche et comprendre tous les tenants et aboutissants, il fallait donc avoir une vraie culture islamologique et sociologique tout en identifiant les conflits de pouvoir et les rivalités personnelles.

Toute personne ayant fait un minimum d’expérience administrative suivra sans problème les échecs des premières années de la Commission interministérielle des Affaires musulmanes qui tente, par le biais d’une centralisation de l’information, une centralisation de la politique coloniale. Comme le montre l’auteur avec intelligence et finesse, Paris ne peut pas accepter que la politique soit définie à Alger et que l’Algérie française domine les deux protectorats qui la bordent et étende ensuite son influence à l’ensemble de l’Afrique française, selon la terminologie de l’époque.

La Grande Guerre va voir émerger brièvement le projet de constituer un « khalifat d’Occident » c’est-à-dire de l’Empire français, au profit du Sultan du Maroc. Bien entendu, un tel projet se heurte au refus immédiat d’Alger et de Tunis qui se verraient ainsi mis sous la dépendance de Rabat. La solution de repli sera « l’Islam de France » confié à la personnalité complexe qu’est Si Kaddour Ben Ghabrit. Cela aboutit à la création d’un pèlerinage musulman français et à la Mosquée de Paris qui prend acte de l’enracinement en France d’une immigration musulmane qui devient un nouveau domaine administratif à gérer.

Avec raison mais non sans provocation, l’auteur définit le statut des musulmans en France métropolitaine comme étant des « protégés », c’est-à-dire des « dhimmis » si on suit le vocabulaire du droit musulman.

Les années 1920 voient la montée de la personne de Louis Massignon, professeur au Collège de France et représentant du Ministère des colonies à la Commission interministérielle. Cette dernière est maintenant composée d’universitaires ayant un rôle politique et administratif. Ils ont d’ailleurs des chaires dites « coloniales » c’est-à-dire financées par les institutions coloniales.

Mais les années 1930 sont celles de la domination progressive de Robert Montagne, un immense sociologue, père de la théorie dite segmentaire, et un inlassable créateur d’institutions de savoir et d’enseignement. C’est lui le héros de la seconde partie du livre. Les lecteurs verront avec effarement son énergie multiforme et sa confusion totale entre l’académique et le politique. C’est un défenseur acharné de l’œuvre coloniale de la France, un pratiquant d’un christianisme social qu’il veut élargir aux musulmans, en particulier en métropole. Lui qui a commencé par étudier les populations berbères des hauteurs marocaines terminera par les premières enquêtes démographiques et sociologiques sur les musulmans en France métropolitaine.

Son refus de la décolonisation lui permettra paradoxalement d’avoir des intuitions extraordinaires sur un islam politique qui accompagne et contredit le nationalisme arabe.

Un siècle après la naissance de l’islam de France, on disserte encore savamment et de l’extérieur sur le fait de savoir ce qu’il est ou doit être. 

Le livre de madame Jalila Sbai est exemplaire parce qu’il réussit à combiner les savoirs historiques, islamologiques et sociologiques sur le monde arabo-musulman, qu’implique l’apparent paradoxe de voir une république laïque tenter de donner une forme chrétienne à un islam dominé. Il est urgent de le lire parce qu’il donne un nouvel éclairage à nos controverses d’aujourd’hui. 
BIBLIOGRAPHIE  
La Politique musulmane de la France, un projet chrétien pour l’islam ? 1911-1954 de Jalila Sbai, CNRS éditions, 2018, 392 p. 

En Egypte, violer une femme « impudique » est un devoir patriotique. Nabih Wahsh, 19/10 2017.

Publié le

Je dis que quand une fille marche comme ça -sans voile- il est du devoir patriotique de la harceler sexuellement et un devoir national de la violer.

« I say that when a girl walks about like that, it is a patriotic duty to sexually harass her and a national duty to rape her. » — Nabih Wahsh, Islamist lawyer, on Egypt’s al-Assema TV, October 19, 2017.

Non mais, ils se prennent vraiment pour des êtres supérieurs ces mâles qui osent tenir des propos aussi stupides et pervers ? Non seulement des millions d’hommes débiles de par le monde estiment que toute femme leur appartient mais il s’en trouve certains-instruits mais pas éduqués- pour justifier le harcèlement sexuel et le viol au nom de leur morale. Nous féministes savons que les suprématistes mâles sont capables de trouver n’importe quelle justification à leurs instincts criminels que ne partagent même pas les animaux. Je plains les Égyptiennes et les ressortissantes de pays musulmans mais je soutiens les courageuses iraniennes du mouvement #Mystealthyfreedom et des #mercredis blancs

  Nabih Wahsh, Egypt’s al-Assema TV, October 19, 2017.

Egyptian lawyer Nabih Wahsh recently advocated on television for sexual harassment and rape in retaliation for the temptation caused by uncovered women. (Image source: MEMRI) https://www.gatestoneinstitute.org/11673/sexual-harassment-east-west

Le Gatestone Institute qui se spécialise dans l’observation du Moyen-Orient et du djihad publie ce jour un article édifiant sur le harcèlement sexuel à l’est et à l’ouest. Bien entendu, aux jeux olympiques du harcèlement sexuel, les musulmans raflent toutes les médailles d’or, que ce soit dans les équipes orientales ou occidentales. Personnellement, et pour éviter ces champions olympiques, je n’ai jamais souhaité séjourner en Turquie, au Maroc ou en Tunisie quand tous mes proches et mes connaissances s’y précipitaient et s’y précipitent encore. Leurs ressortissants sont suffisamment nombreux en Occident pour nous donner un avant goût de ce qui nous attend chez eux. Et puis un voyage au Liban, en Syrie et à Jérusalem m’ont suffi : propositions permanentes d’achat de ma personne; mains aux fesses ou aux seins régulièrement; regards indécents, lourds et vicieux; interpellations et apostrophes humiliantes; propos autoritaires et ordres déplacés et impertinents; atteintes incessantes à ma liberté de déplacement et de stationnement, de flâneries et de rêveries dans sites touristiques, des points de vue remarquables, des beautés architecturales, des cafés, restaurants, commerces,  parcs. Dois-je préciser que ces comportements prédateurs n’ont rien à voir avec un hommage à ma beauté (sic), ma grâce (re-sic) et mon intelligence (re-re-sic), la séduction, la courtoisie, un compliment flatteur, une admiration sincère, un intérêt marqué pour mes qualités spirituelles et intellectuelles ou même une douce drague sur ton humoristique.

L’auteur, Dr. Denis MacEoin taught Islamic Studies at a UK university, s’attarde longuement sur le double langage de Tarik Ramadan et de ses semblables et souliggne que, si les sociétés occidentales ont beaucoup à se reprocher sur la manière dont elles traitent les femmes, elles sont capables de reconnaître leurs torts et de tenter de les corriger. Il cite en exemple le mouvement actuel #too. Par contre il illustre le retour en arrière des sociétés musulmanes qui, sous l’influence des conservateurs comme Erdogan, retirent aux femmes musulmanes les quelques droits et libertés qu’elles avaient pu gagner au cours des temps. L’auteur déplore le relativisme culturel de certaines élites qui nuisent ainsi à leurs semblables comme aux femmes et aux enfants musulmans ainsi qu’aux réformistes de cette religion.

La Connectrice

https://www.gatestoneinstitute.org/11673/sexual-harassment-east-west

 

Gynécide. 14 élèves ingénieures assassinées . Québec 06/12/1989

Demain sera célébrée la mémoire des 14 élèves ingénieures, jeunes femmes assassinées parce que méritantes,  le 6 décembre 1989 à l’école polytechnique de Montréal au Québec, par un homme musulman malade de la haine des femmes qu’il rendait responsables de ses échecs personnels. Il considérait que les féministes avaient pris sa place quand il avait été recalé à polytechnique ou dans l’armée. Il s’est suicidé son crime accompli mais il avait laissé un document établissant ses motivations.

A l’époque, ses origines  musulmanes algériennes n’avaient pas été relevées ni le fait qu’il avait été abandonné par son père reparti en Algérie. Il n’avait alors que 7 ans et il choisit plus tard de porter le nom de sa mère, Monique Lépine québécoise. Or nous savons aujourd’hui combien les musulmans méprisent les femmes et contestent leur autonomie et leur indépendance. Nous savons aussi quelles difficultés rencontrent les enfants nés de couples mixtes, issus de cultures différentes comme l’islam et le christianisme . Nous avons à connaître de nombreux cas en France tout au long de l’année, ces jeunes qui peinent à trouver et accepter leur identité. On notera également que le crime de Gamil Gharbi, alias Marc Lépine a été glorifié par des groupes masculinistes extrémistes et qu’il demeure dans leur mémoire tel un héros. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_L%C3%A9pine

Le groupe Osez le féminisme appelle à manifester demain mercredi 6 décembre à 19h Place du Quebec (En face de l’église Saint Germain des Près, Paris 6ème) pour commémorer ce massacre anti-féministe et réaffirmer notre détermination à lutter contre les féminicides.

Pour en savoir plus

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Il y a 28 ans : le feminicide de l’école Polytechnique de Montréal. 

Marc Lépine, un jeune homme qui avait été recalé à l’examen d’entrée, entre un matin dans l’établissement. Il demande aux hommes de sortir des salles de cours et massacre des étudiantes au cri de “je hais les féministes”. Il tue 14 jeunes femmes et fait 10 blessées, puis se suicide. 14 femmes tuées parce que femmes.

Si son acte a été présenté comme celui d’un fou, Marc Lépine l’avait prémédité et longuement préparé. Dans son manifeste, qui ne sera révélé qu’un an plus tard, Marc Lépine explique que les élèves ingénieures veulent “prendre la place des hommes” en exerçant un métier auquel ils devraient accéder de façon exclusive. Tuées parce que femmes, accédant à des droits.

Ce n’est pas un hasard si des groupes masculinistes, dits de “défense des droits des hommes”, nord-américains en ont fait un héros et commémorent ce massacre comme une fête.

Andrea Dworkin, le 6 décembre 1990, venait commémorer devant 500 personnes le massacre des 14 femmes par un anti-féministe, et déclarait :

« Bien des gens nous ont invitées à convenir que les femmes font des progrès, à cause de notre présence visible dans ces lieux où nous n’étions pas auparavant. Et celles d’entre nous que l’on dénonce comme radicales avons répondu : « Ce n’est pas comme cela que nous mesurons le progrès. Nous comptons les viols. Nous comptons les femmes agressées par leur mari. Nous tenons le compte des enfants violés par leurs pères. Nous comptons les mortes. Et quand ces statistiques commenceront à changer de façon significative, alors nous vous dirons si l’on peut ou non mesurer des progrès. »

1989-2005, 615 femmes + 176 jeunes ou enfants tués par des hommes au Québec. Et depuis 2005 ? et dans le monde entier ?

Communiqué

791

C’est le nombre de femmes et d’enfants aux noms connus à voir été tué-es par
des hommes ou des inconnus au Québec depuis le 6 décembre 1989. Beaucoup
d’autres victimes ont disparu sans laisser de trace ou n’obtiennent même pas
l’ultime respect de voir leur nom rendu public : femmes autochtones, immigrantes, âgées, et mineurs.

Le 6 décembre est le jour où un masculiniste de 25 ans s’est rendu abattre
Maryse Laganière, une employée du Service des admissions de l’École
Polytechnique, puis 13 étudiantes, en accusant ces femmes d’être des
féministes ayant « ruiné sa vie ».

L’assassin – un décrocheur – avait vu sa candidature rejetée par le
Service des admissions de Poly, ce que la direction de l’établissement a
toujours refusé de reconnaître publiquement.

Il en était venu à assimiler aux bien minces progrès des femmes ses échecs
personnels, de façon tout à fait conforme aux propos haineux et
jusque-au-boutistes que le mouvement antiféministe sert aux hommes depuis
déjà une cinquantaine d’années, notamment dans les pages des magazines de
style Playboy et Hustler.

Marc Lépine a laissé derrière lui un manifeste masculiniste que
l’organisation de pères divorcés L’Après-Rupture affiche encore fièrement à
ce jour sur son site Web (http://www.lapresrupture.qc.ca/GerardLevesque_juillet25.htm ).

Lépine y avait dressé une liste de 19 « viragos » à abattre dont il se
désolait de ne pas avoir eu le temps de les envoyer « Ad Patres » (aux Pères) :
journalistes engagées, premières femmes à avoir percé dans des domaines
traditionnellement réservés aux hommes (scénariste, pompière, comptable,
etc.)… on y trouvait même le nom du Collectif masculin contre le sexisme !

Si les masculinistes ciblent spécifiquement des féministes et des
intervenantEs engagéEs au respect droits des femmes harcelées et violentées
par certains hommes, l’analyse des conditions dans lesquelles femmes et
enfants continuent à mourir d’année en année aux mains d’hommes haineux –
détails sur le site du CMCS – montre bien que cette violence est ancrée dans le maintien des privilèges traditionnellement accaparés et protégés bec et ongles par les hommes dans la sphère dite privée. Pas par tous les hommes, mais par tous ceux qui
exercent ces privilèges, pratiquement impunément.

C’est dire que la reprivatisation actuelle des questions de violence faite aux femmes et aux enfants – notamment au nom des Droits du Père ou en montant en épingle un « désarroi masculin » ou sous prétexte de quelque « thérapie »- bidon – demeure un très grave risque, surtout à l’heure où les hommes s’enseignent mille et une tactiques d’imposition de leurs « droits d’accès » à des ex-conjointes et à des enfants, notamment dans un chantage destiné à minimiser leurs responsabilités financières.

Il faut donc se montrer particulièrement critique des projets gouvernementaux actuels de retrait des enfants à leurs mères pour les remettre à n’importe quel homme (renforcement imminent des pouvoirs de la DPJ), des tentatives d’abolition du droit à la garde d’enfants au moment du divorce (projet fédéral de réforme de la Loi sur le divorce) et des coups de force médiatiques concernant les « pères empêchés de ’voir’ leurs enfants », même quand ces hommes sont des agresseurs reconnus.

Si l’on ne prend pas au sérieux la violence psychologique et physique que vivent femmes et enfants dans le privé, si on ne multiplie pas les efforts pour les appuyer et pour tenir compte de leur expérience vécue avant de nouveaux meurtres, ces violences s’étendront graduellement à la sphère publique, sous le couvert de nouvelles lois d’inspiration masculiniste, encore plus contraignantes pour femmes et enfants et destructrices du tissu social.

Le tout au Nom du Père.

Depuis 1989, 615 femmes + 176 jeunes ou enfants tués par des hommes – Sur le site du CMCS

Martin Dufresne

  • Tuerie de lÉcole Polytechnique de Montréal

http://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/1132835

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