Flux RSS

Archives de Catégorie: Moyen-Orient

Vendredi saint chez les chrétiens en Syrie

Publié le

 

Monastère de Deir Mar Moussa en 2004 et plus tard

Œcuménisme « Recevoir l’autre c’est recevoir Dieu »

La spiritualité rapproche les chrétiens et les musulmans qui sont acceuillis dans l’église

le vendredi saint, de nombreux musulmans montent au monastère fondé au 6ème siècle avec des fresques qui datent du 11ème. 

Les musulmans ont autant de désir que nous et même plus de montrer autre chose que le terrorisme

Dépasser les difficultés d’aujourd’hui par la rencontre

Le père jésuite Paolo dall Oglio s’était consacré à la restauration du monastère Deir mar moussa et lui avait redonné vie. Chrétiens et musulmans s’y rendaient en pèlerinage et s’y restaurer avec des produits confectionnés sur place, dont du fromage de chèvre, par la communauté monastique. Le père Paolo a été enlevé le 29 juillet 2013  par l’Etat islamique et trois ans après, on n’avait toujours pas de ses nouvelles. Aucune preuve de sa mort n’avait été reçue.

http://information.tv5monde.com/info/trois-ans-apres-la-disparition-du-pere-paolo-dall-oglio-en-syrie-reste-un-mystere-120816

 

Les réfugiés oubliés. Quand les musulmans exterminaient les juifs orientaux

https://wordpress.com/post/laconnectrice.wordpress.com/28887

En 1944, les populations juives présentes depuis des millénaires dans les pays arabes et bien avant leur islamisation, comptaient environ un million d’âmes. Victimes de discriminations depuis la conquête musulmane ils se virent imposer le statut de dhimmi, obligés de payer un impôt, au même titre que les chrétiens, au prétexte d’être placés sous la protection des pouvoirs musulmans. Ils étaient également contraints de porter un signe distinctif, jaune souvent et reprenant la forme de la rouelle symbole des deniers de Judas. Dans tous les cas, ils devaient se distinguer des musulmans-par définition supérieurs aux juifs et aux chrétiens- par des éléments du costume, des couleurs réservées mais aussi en ne montant pas à cheval pour ne pas être plus haut que le colonisateur, en édifiant des lieux de prière plus bas que les mosquées, etc.

Avec la création du parti Baas et le renouveau du nationalisme arabe, les musulmans désignèrent le juif comme responsable de tous leurs maux et organisèrent des pogroms, mettant les quartiers juifs à feu et à sang, les spoliant et les terrorisant ce qui les contraignit à s’enfuir en masse. Et pourtant, dans les 101 résolutions de l’ONU sur les réfugiés, pas une mention sur les juifs. l’ONU ne connait que les réfugiés palestiniens.

Aujourd’hui, la plupart des juifs d’Orient, les survivants et leur descendance constituent environ 40% de la population israélienne et espèrent qu’un jour l’Humanité leur rendra justice.

A 47.40, voir le tableau de la démographie juive en 1944 et aujourd’hui pour le Maroc, l’Iran, la Libye, l’Egypte, le Yemen, l’Irak, la Syrie, le Liban et l’Algérie.

 

Ajoutée le 22 nov. 2015

« Les réfugiés oubliés » Documentaire – 49 min.
Un film sur le million de réfugiés juifs des pays arabes.
Un film de Michael Grynszpan

Producteur exécutif Ralph Avi Goldwasser

Dissimulée derrière les gros titres du conflit au Moyen-Orient, se trouve l’histoire oubliée des communautés juives de la région. En 1945, un million de juifs vivaient au Moyen-Orient en dehors des frontières de la Palestine mandataire et en Afrique du nord. Quelques années plus tard, ils n’étaient plus que quelques milliers.

Voici l’histoire de ces milliers d’individus qui ont fui leur maison, qui ont connu les camps de réfugiés et qui gardent aujourd’hui, en silence, la mémoire d’une civilisation détruite.

« Les réfugiés oubliés » raconte l’histoire et la destruction de ces communautés juives orientales, certaines d’entre elles ayant existé pendant plus de 2500 ans.

A travers les témoignages de ces Juifs qui ont fui l’Egypte, la Libye, l’Iraq et le Yémen, les histoires personnelles de réfugiés sont entrecoupées par des images d’archives exclusives, montrant notamment les missions de secours des Juifs yéménites et iraquiens.

« Les réfugiés oubliés » a été diffusé sur PBS en Californie, PBS in Virginia, WHRO-TV, RTVi, Arutz1,…

Le film a également été projeté au Congres américain et deux fois à l’ONU.

« Les réfugiés oubliés » a remporté le prix du meilleur film documentaire au Festival du film de Marbella en 2007.

 

Syrie. Faut-il soutenir Bachar-Al-Assad, la Russie et l’Iran ?

https://wordpress.com/post/laconnectrice.wordpress.com/28703

Pomme de discorde

Deux hommes tirant un os dans différentes directions.

Nos ancêtres et non des moindres avaient renoncé à comprendre la Syrie :

Vieux dicton syrien

Lors de la création du monde,

l’Intelligence dit : « Je vais en Syrie ».

L’esprit de Discorde ajouta : « J’y vais avec toi ».

Henry de Jouvenel, ancien Haut-commissaire en Syrie en 1926, racontant une conversation qu’il avait eue avec un ancien ministre turc au temps où la Syrie était encore une province Turque :

Oh ! Gardez-la ! Et surtout gardez Damas. C’est une de ces villes qui empoisonnent les empires !

  Joseph Kessel (journaliste et écrivain), venu en Syrie en 1927 se rendre compte des progrès de la pacification (après le soulèvement nationaliste des années 1925-1926)

     Il apparaît que tous les systèmes y sont vains, car nul pays n’est plus complexe, plus difficile, plus révolté par nature que la Syrie

Tous les matins de 9 à 11 h, sur Sud radio, Philippe David anime une émission polémique « Seul contre tous ». Ce matin il demandait aux auditeurs « Faut-il soutenir Assad, la Russie et l’Iran » flanqué de deux invités syriens francophones. Les auditeurs ont répondu « oui » à plus de 90%, un son de cloche inédit dans les médias mainstream, toutes tendances confondues.

Installez-vous tranquillement pour éplucher des patates, assortir vos chaussettes ou prendre un bain relaxant et écoutez :

http://www.sudradio.fr/Podcasts/Seul-contre-tous/Il-faut-soutenir-Bachar-la-Russie-et-l-Iran

Les intervenants :

Bassam Tahhan 

Ajoutée le 17 mai 2016

Bassam Tahhan, islamologue et professeur de géopolitique, évoque la bataille d’Alep, 2e ville de Syrie, près de la frontière Turque. Pourquoi cette bataille est-elle la clé de la Syrie ? Pourquoi la Russie n’a pas chassé Daesh ? Que vont faire les forces iraniennes ?

https://youtu.be/2QQ3NfBv7jE

Samir Aïta

Ajoutée le 20 févr. 2014

Ce mardi 18 février, le président du Cercle des économistes arabes, Samir Aïta animait une conférence à l’Institut Français de Mauritanie (IFM) pour décrypter la guerre civile en Syrie qui a engendré des milliers de morts et de déplacés.

 https://youtu.be/FUbFDXzRobo

 

J’écoute de plus en plus souvent Sud radio pour la qualité des débats que je peux y entendre et surtout une apparente indépendance de pensée qui ouvre les perspectives des questions qui y sont approchées, loin du politiquement correct et du ronronnement de la  bien-pensance. Profitez-en avant que cette radio ne tombe dans les banalités, audimat oblige.

Un point noir toutefois, l’intervention quotidienne de Brigitte Lahaie qui donne des conseils sur la sexualité. Ancienne actrice porno, on se doute que la dame a une vision très personnelle de la sexualité féminine qu’elle exprime en encourageant les femmes au nomadisme sexuel « pour se trouver » et en diffusant tous les poncifs ringards de la sexualité féminine copiée sur la sexualité masculine : multi-partenaires, fantasmes de soumission, excitation, bandaison, éjaculation, roupillon.

Humour très noir : Syrie

Publié le

Lors de la création du monde,

l’Intelligence dit : « Je vais en Syrie ».

L’esprit de Discorde ajouta : « J’y vais avec toi ».

Vieux dicton syrien

Journée mondiale des femmes sans voile 10 juillet 2015

Publié le

Attention ! Cet article est en cours mais vous pouvez déjà regarde les vidéos, notamment celles-ci que je trouve particulièrement émouvantes 

première partie

deuxième partie

« Le code de la famille de 1986 a réduit les femmes à l’état de sous-citoyen ».

« J’avais perdu parce que femmes les droits et les aspirations de tout être vivant dans une société. Je n’avais pas le droit de parler  la langue avec laquelle je pensais, les hommes le pouvaient »

« Lors de mon deuxième voyage (elle vivait aux USA et retournait en Algérie voir sa famille) j’ai remarqué que des femmes plus jeunes que moi portaient le hijab, pas seulement le voile avec la bavette à la façon turque comme ma mère mais le hijab »

RASSEMBLEMENT le 10 JUILLET PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, Paris
A PARTIR DE 18H00

De quoi le voile est-il le symbole ?

Dans le XIXème arrondissement de Paris où je réside depuis quelques décades, les voiles poussent comme des champignons ou se répandent tels une épidémie de lèpre. De plus en plus nombreuses sont les femmes en hijab, presque toujours accompagnées d’enfants en bas-âge car, comme l’a dit Houari Boumediene en 1974 à la tribune de l’ONU,  « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant avec leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous donnera la victoire ».

Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan,  a répété en public les mots d’un poème turc, écrit en 1912 par le poète nationaliste Ziya Gökalp : “Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes et les croyants nos soldats”.

L’Archevêque émérite de Smyrne, Giuseppe Germano Bernardini, raconte une conversation qu’il a eue avec un leader musulman(T.Erdogan)  : “Grâce à vos lois démocratiques, nous vous envahirons. Grâce à nos lois religieuses, nous vous dominerons”.

En 1989, Ali Belhadj, figure importante du FIS (Front islamique du salut), disait dans une entrevue pour le journal Horizon: « Le lieu naturel de la femme est le foyer.  La femme n’est pas une reproductrice de biens matériels mais reproduit cette chose essentielle qu’est le musulman ».

Plus récemment, un imam norvégien, le mollah Krekar, se vantait de ce que le taux de reproduction des musulmans dépasserait celui des européens et déclarait: « Nous sommes ceux qui vous changeront… Il suffit de regarder l’évolution au sein de l’Europe, où le nombre de musulmans se multiplie comme des moustiques. Chaque femme occidentale dans l’UE (L’Union Européenne) produit une moyenne de 1,4 enfants. Chaque femme musulmane dans le même pays en produit 3,5. ».

Vous l’avez compris, la fertilité des femmes musulmanes en Europe fait partie du jihad, de la guerre sainte prônée par le Coran et le voile en est l’étendard.

Les voilées prétendent, soutenues par les barbus, que le voile protège leur pudeur et l’opposent au port du string et de la mini-jupe, comme si toutes les femmes européennes exhibaient leurs cuisses et leurs fesses et comme si cette exhibition fantasmée justifiait que leurs saints hommes les violent. Soit les musulmans sont ignares soit ils sont hypocrites ou fourbes comme disaient nos ancêtres.

La pudeur des musulmanes est définie selon leur propre culture qui n’a rien à voir avec la culture française, la culture de la France où elles ont choisi de vivre et de se faire entretenir par nos généreuses aides sociales. Peut leur importe d’ailleurs puisque leurs rejetons devenus ados clament que puisque nous (les blancs, les Français, les koufirs) leur aurions tout pris en les colonisant, ils nous prendront tout au nom du paiement de la dette coloniale.

Revenons aux traditions vestimentaires. Ces femmes voilées exhibent leurs pieds nus, ce qui est impudique dans notre tradition. En effet, la littérature française regorge d’histoires d’hommes excités par la vue d’un pied qui dépasse de sous un jupon et de fétichistes du pied (Journal d’une femme de chambre d’Octave Mirbeau ou récemment l’affaire du maire Georges Tron fétichiste du pied ou celle d’un certain Marc). Par ailleurs, la tradition exige qu’une femme élégante couvre ses jambes de bas, de chaussettes ou de collants. Dans les années 60, les bas et collants étant onéreux, on trouvait sur le marché un maquillage spécial jambes et certaines élégantes dessinaient un trait sur leur mollet pour imiter le bas à couture. Autrement dit, chez nous en France, une femme peut toujours se couvrir la tête, si ses jambes et pieds sont nus, elle est impudique.

Certains musulmans en Arabie saoudite ou en Iran envoient leur police des mœurs interpeller, voire frapper les femmes qui ne portent pas de gants et ne cachent pas leurs pieds. Les femmes qui n’obtempèrent pas risquent leur vie tandis que dans les pays où elles ne risquent rien, les musulmanes revendiquent de porter la burqa. Quel manque de solidarité avec leurs soeurs !

Je dois préciser que l’Islam est tellement divisé que les nouvelles salafistes qui s’exhibent dans nos démocraties ne se sentent pas concernées par les corrompues de wahhabites ou les sataniques chiites. Elles ne peuvent que s’unir dans la haine des démocraties occidentales, à commencer par le grand Satan américain.

Les voilées prétendent que nous ne les respectons pas en prohibant le port du voile dans les espaces publics, preuve de leur ignorance s’il en fallait car c’est précisément parce que nous respectons les femmes qui nous n’acceptons pas ce symbole de leur infériorisation, de leur soumission et de leur discrimination. es femmes ignorantes ne veulent pas connaître notre histoire et savoir qu’il y a seulement 60 ans, une femme respectable ne sortait pas « en cheveux » et que les jeunes filles n’avaient pas le droit de porter le pantalon dans les établissements scolaires.

Je ne vais pas ici refaire la liste de toutes les luttes que les femmes ont menées en Europe pour avoir les même droits que les hommes car il est clair que le port du voile n’est que l’épiphénomène de la conquête des mondes libres par l’impérialisme musulman, la dictature de la charia et la réduction ad utero de la femme. Pour faire la guerre, il faut de la chair à canon.

  •  la souffrance des femmes algériennes étudiantes en 1966, les mêmes résignées ou émancipées en 1996 du fait de la ré-islamisation de l’Algérie

première partie

deuxième partie

« Le code de la famille de 1986 a réduit les femmes à l’état de sous-citoyen ».

« J’avais perdu parce que femmes les droits et les aspirations de tout être vivant dans une société. Je n’avais pas le droit de parler  la langue avec laquelle je pensais, les hommes le pouvaient »

« Lors de mon deuxième voyage (elle vivait aux USA et retournait en Algérie voir sa famille) j’ai remarqué que des femmes plus jeunes que moi portaient le hijab, pas seulement le voile avec la bavette à la façon turque comme ma mère mais le hijab »

  • Liberté volée de laisser la tête libre en Iran
Ajoutée le 12 mai 2014 Stealthy Freedoms of Iranian women  آزادی های یواشکی زنان در ایران  Masih Alinejad-مسیح علی نژاد

https://www.facebook.com/StealthyFreedom  https://www.facebook.com/Dalirian  خواننده : Conchita Wurst ترانه: Rise Like A Phoenix

  • Iran . Au début de cette vidéo une femme  battue parce que vêtue de manière non conforme, à la fin une femme explique qu’elle doit s’habiller en homme pour ne pas porter le voile.

voile algérie

Commentaire de notre amie Taous Ait Amrouche 

Puisque dévoiler mes jambes cause des tremblements de terre et mes cheveux cyclones et vents froids .
Puisque un bout de ma gorge fait monter la mer et des terrains glissent au son de ma voix .
Puisque mon sein qui allaite provoque famine et misère et que mes bras nus réchauffent le climat .
Puisque mon sourire déstabilise l’univers et réveille tous les instincts bas .
Puisque je suis derrière toutes les catastrophes naturelles , alors crains moi .
Car force divine je suis et le misérable mortel c’est toi .

Illustrations : prises de la page Facebook « Ma dignité n’est pas dans la longueur de ma jupe. » lancée pour protester contre le recteur qui a soutenu le gardien de la faculté

http://www.tunisiefocus.com/politique/les-algeriennes-seront-bientot-privees-de-porter-des-jupes-courtes-118831/

Pour en savoir plus

|  PAR CAROLINE PINET

« Marre de votre indifférence, de votre connivence, de votre condescendance !!! » Ainsi commence la lettre aux néo-communautaristes qui accompagne l’annonce de  la Journée mondiale des Femmes sans Voile 2015 ; La journée 2014 est passée trop inaperçue pour que nous ne nous attachions pas cette année à relayer l’information (en France rassemblement prévu le 10 juillet à 18heures Place de la République à Paris) et donner à lire le texte de nos concitoyen-nes de culture musulmane d’autant plus courageuses aujourd’hui qu’il est quasiment devenu impossible de critiquer l’obscurantisme de certains musulmans, ou tartuffes sectaires et archaïques prétendus tels, sans être renvoyer dans le camp des racistes islamophobes.

Voici leur texte:

« Aux néo-communautaristes

Marre de votre indifférence, de votre connivence, de votre condescendance !!!

Nous, Françaises de culture musulmane, féministes, sommes contre tous les fanatismes religieux, contre toute forme de discriminations racistes et sexistes. Nous refusons de disparaître sous le voile, ce symbole patriarcal de siècles révolus, devenu le porte-drapeau de l’islamisme radical.
Pour toutes les femmes, nous revendiquons les mêmes droits à l’égalité qui nous libèrent de l’archaïsme religieux et des coutumes contraignantes.
Nous sommes solidaires de nos sœurs en Terres d’Islam qui, elles, n’ont d’autre choix que de s’affubler de burqa ou de niqab… et nous gardons douloureusement en mémoire les jeunes filles, qui par leur refus de se voiler, l’ont parfois payé de leur vie.

Marre de votre indifférence !

Au nom de la liberté, vous nous livrez au patriarcat le plus implacable de notre temps. Vous faites abstraction de la dangerosité de l’islam radical et refusez de voir la réalité économique et sociale de leur propagande. Vous refusez d’entendre leurs objectifs proclamés pourtant haut et fort.
Votre vision complice favorise le prosélytisme de l’idéologie des extrémistes religieux que nous et nos enfants endurons quotidiennement dans nos quartiers.
Au nom de la tolérance, vous nous condamnez à être des citoyennes de seconde zone, alors que nous sommes en droit d’être égales dans une France dont les valeurs universelles -faut-il le rappeler ?- sont combattues par les islamistes.
Vous nous confinez dans un communautarisme réducteur qui a été importé et dans lequel nous ne nous reconnaissons pas. Nous le vivons comme une forme de racisme.

Marre de votre connivence !

Vous définissez notre identité dans son aspect le plus rétrograde et niez sciemment les acquis de nos luttes qui font partie de notre Histoire.
Vous assimilez à une minorité islamiste l’ensemble des musulmans qui pratiquent paisiblement leur religion. Par cet amalgame, vous instrumentalisez cette majorité pour accréditer le fanatisme.
Vous offrez complaisamment vos médias aux femmes voilées qui proclament leur « choix ». Vous négligez l’embrigadement dont une majorité est victime, comme vous refusez de voir la complicité active d’une minorité d’entre elles. Pourtant, vous n’ignorez pas que la première action des « djihadistes » qui s’emparent d’un village de par le monde est de voiler les femmes, quelles que soient leurs croyances.

Marre de votre condescendance !

Vous méprisez le combat des femmes de culture musulmane de nombreux pays qui se sont affranchies du voile au nom de la liberté, de l’égalité et de la dignité et par la même celui des Françaises d’origine maghrébine qui, pour vous, ne peuvent accéder aux mêmes droits que les autres citoyennes. D’ailleurs vous les appelez les « occidentalisées » pour mieux les marginaliser et disqualifier leur combat.
Vous détournez l’Histoire pour cautionner le voile qui n’est réapparu en nombre croissant qu’avec l’islamisme politique.
Vous négligez les analyses des intellectuels de culture arabo-musulmane qui condamnent la vision dévoyée de l’Islam et « agissent pour créer un esprit incitant à la défense élémentaire des droits humains » (Abdelwahab Meddeb).

Qui tire profit du retour en force du voile ?   »

Femmes sans voile, françaises et fières de leur origine maghrébine, nous sommes exaspérées d’être importunées sans cesse par des extrémistes religieux au sujet de notre tenue vestimentaire. Elle serait non conforme à leur interprétation du Coran qui rendrait sacré le port du voile qu’ils voudraient nous imposer.

Riches de nos expériences passées, nous sommes en mesure de leur résister mais qu’en est-il des jeunes filles mineures qui subissent quotidiennement ces pressions et y cèdent ?
Elles ignorent peut-être que le voile n’est qu’un des aspects du patriarcat dont la polygamie, l’inégalité dans l’héritage, la répudiation, le divorce sur décision unilatérale du mari, etc. afin d’imposer la soumission des femmes.

Or, nous, fortes d’un long combat mené par des générations de femmes dans le monde, y compris dans nos pays d’origine, nous tenons à l’égalité et à la liberté. Nous refusons que la religion musulmane serve de couverture au patriarcat et soit un moyen de s’approprier le corps des femmes en le cachant et en le privant de toute liberté.

Le port du voile n’est pas lié à l’islam, il est antérieur de plusieurs millénaires à son avènement. La première mention de son port obligatoire remonte aux lois assyriennes (vers 1000 avant J.C.). La Bible l’évoque dans la Genèse et Saint-Paul l’exige pour les prières.
Que dit le Coran sur le voile ? « Dis aux croyantes de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines » (Sourate XXIV, verset 31). L’interprétation de ce verset est illimitée. Les progressistes en ont fait un outil d’émancipation des femmes comme en Turquie au début du 20e siècle où les femmes se sont dévoilées, suivies par les égyptiennes, les tunisiennes, les marocaines et les algériennes à l’indépendance de leur pays.

Ce mouvement d’émancipation est contrarié et combattu par l’islam politique qui a fait de ce verset un outil d’oppression des femmes comme en Iran, en Afghanistan. Aujourd’hui, l’islam politique se déploie dans le monde entier avec le voile des femmes comme symbole de son projet. Le corps de la femme doit être dissimulé sous une burqa, un voile intégral, un jilbâb ou un tchador, etc. Dans de nombreux pays, certaines résistent et le paient encore de leur vie.

L’apparition massive du voile est choquante car elle montre l’étendue de cette influence sectaire et sexiste dans une France laïque et démocratique qui n’a pas donné à nos jeunes filles les moyens d’échapper à cette influence et les abandonne à leur sort.

Pour nous, il s’agit de ne pas confondre l’islam avec les interprétations archaïques et manipulations des islamistes. Le voile est une discrimination qui s’ajoute à celles, multiples et multiformes dont souffrent beaucoup de femmes et de jeunes filles dans nos quartiers. Il n’est en aucun cas une réponse au racisme et aux discriminations.

Nous pouvons et devons dire NON au harcèlement idéologique et au communautarisme. 
Restons mobilisées pour que le projet réactionnaire des islamistes échoue. 
La lutte contre les discriminations, les inégalités et le sexisme continue.
Nous sommes toutes concernées !

 

Zohra a seize ans quand sa vie bascule. Pour un coup de pied dans la porte de son appartement de La Courneuve, ses parents l envoient au village familial, en Algérie, pour la jeter dans les griffes d’un ogre. Vendue cent dinars et mariée de force à un mûr et lointain cousin, elle sera battue, humiliée et violée durant vingt longues années avant de réussir son évasion, puis celle de ses filles, déjà victimes.

Son histoire glaçante est celle d innombrables femmes asservies et brisées par un système ancestral, où l inceste est pratique courante. Reléguée au rang d’esclave sexuelle et de souffre-douleur, la terreur permanente qu’elle subit ne saura venir à bout de sa détermination acharnée à sauver ses enfants et recouvrer la liberté.

Jamais soumise est le témoignage déchirant d une survivante qui révèle l angle mort de la condition de milliers de femmes, bâillonnées par l’obscurantisme. Dénuée de tout désir de revanche envers ses bourreaux, Zohra place son récit intime en pierre angulaire des uvres réconciliatrices.

Une Egyptienne a du se travestir en homme pour nourrir sa famille

Publié le

Pendant quarante-trois ans, une Egyptienne s’habille en homme pour nourrir sa famille

Aujourd’hui âgée de 64 ans, Sisa Abu Daooh continue à cirer des chaussures à Louxor pour nourrir sa fille Houda et ses petits-enfants. Elle vient d’être honorée par les services sociaux de Louxor (The Social Solidarity Directorate of Luxor ). Source photo http://english.alarabiya.net/en/perspective/features/2015/03/17/Egypt-honors-mother-who-dressed-as-man-for-43-years-to-provide-for-family.html

Sisa Abu Daohh à la télévision égyptienne.
Devenue veuve pendant sa grossesse Sisa Abu Daooh , cette femme courageuse s’est travestie en homme pour transgresser les interdits sexistes de sa communauté. « « J’ai préféré travailler dur, porter des briques ou des sacs de ciment, cirer des chaussures, plutôt que mendier dans la rue pour gagner de quoi vivre et faire vivre ma fille et ses enfants, raconte-t-elle aujourd’hui à Al-Arabiya News. Pour me protéger des hommes, de leurs regards méchants et ne pas être stigmatisée à cause des traditions, j’ai décidé d’être un homme… de m’habiller comme eux et de travailler avec eux dans les villages où personne ne me connaissait. »
En 2013, l’Egypte remportait le triste titre de pire pays pour les femmes dans le monde arabe, selon une évaluation de la Fondation Thomson Reuters, derrière l’Irak, l’Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen. Outre la discrimination dans le monde du travail et des salaires moindres, la quasi-totalité des Egyptiennes ont été victimes d’un harcèlement sexuel, jugé « endémique » dans un rapport des Nations unies réalisé en avril 2013…

En Égypte, près de 90% des femmes sont excisées malgré l’interdiction officielle.

Pour en savoir plus

  • Hélène Soumet. Les travesties de l’Histoire. Editions First, Paris mai 2014 , 255 pages. 19,95 €
  • Les ouvrages d’Hélène Soumet

www.helene-soumet.fr

http://www.amazon.fr/H%C3%A9l%C3%A8ne-Soumet/e/B004Z2TUF0

  • La discrimination des femmes est universelle et intemporelle. Les femmes ont toujours été soumises à la loi des hommes qui visait à les cantonner à la reproduction, leur service et leur  plaisir. Certaines, à toutes les époques de l’Histoire ont tenté d’échapper à leur condition subalterne en se travestissant en homme car, jusqu’au XXème siècle en Occident, il n’y avait pas d’autre alternative que tenir un rôle de femme ou tenir un rôle d’homme. Les attributions des unes et des autres étaient extrêmement précises et y déroger constituait un acte contre nature qui était sanctionné par les lois et les religions. En conséquence, le costume des hommes codifiait la virilité en s’inspirant des arts de la chasse et de la guerre tandis que celui des femmes était codifié pour limiter leurs mouvements afin qu’elles incarnent l’idéal féminin de grâce, de douceur, de maternité et de soumission…

L’Etat islamique (Daech) a séduit 550 femmes jihadistes et ce n’est pas fini

http://www.lorientlejour.com/article/911424/derriere-les-hommes-du-jihad-il-y-a-des-femmes.html

Derrière les hommes du jihad, il y a des femmes

La photo d’une jeune Française partie en Syrie il y a plusieurs mois. Photos Reuters

ÉCLAIRAGEDeux expertes décryptent pour « L’Orient-Le Jour » l’implication de ces militantes dans le terrorisme islamiste.

16/02/2015

 

Épouse et mère

« Certes, le phénomène des femmes jihadistes est beaucoup plus médiatisé aujourd’hui, mais il existait depuis plusieurs années en Palestine entre 2002-2006, et en Irak entre 2005 et 2008 », indique Carole André-Dessornes*, consultante en géopolitique depuis 14 ans, docteur en sociologie et chercheuse associée au Cadis, le centre de recherche en études sociologiques, à L’Orient-Le Jour. Les premières opérations-suicide menées par des femmes (Sanaa Mehaidli et Loula Abboud) ont eu lieu au Liban, en 1985, rappelle la chercheuse, auteure de Les femmes-martyres dans le monde arabe : Liban, Palestine, Irak, avant de préciser qu’« aucune de ces femmes n’était toutefois affiliée à des groupes jihadistes. Il s’agissait plutôt d’actes de résistance contre l’occupation israélienne dans le but de libérer le territoire. La cause était différente, la religion n’était pas alors entrée en ligne de compte ».

Les femmes dans le jihad étaient surtout « dans le rôle d’épouse et de mère », précise Géraldine Casutt**, doctorante-chercheuse suisse à l’Université de Fribourg et à l’Ehess, pour qui les types d’engagements dépendent de la nature des groupes militants auxquels elles appartiennent. « Un groupe de tendance plutôt laïque ne concevra pas nécessairement le rôle de la femme dans une optique aussi genrée qu’un groupe plus religieux, et donnera donc plus facilement un accès aux femmes à des rôles combatifs ou en première ligne des combats. Le cas de Sanaa Mehaidli, comme celui de la Palestinienne Wafaa Idriss, est représentatif de cela : elles sont devenues bombes humaines à l’intérieur de groupes politiques laïcs à tendance nationaliste, et l’utilisation de femmes comme bombes humaines dans des groupes religieux est arrivée plus tardivement, notamment pour des raisons stratégiques. »

Évolution

En 2014, l’EI a annoncé la création de deux brigades féminines, « al-Khansa » et « Umm al-Rayan », actives surtout à Raqqa, en Syrie, et dans la province d’al-Anbar, en Irak. « Il n’y a pas beaucoup de communication sur ces brigades. Elles auraient été créées pour remplir surtout des fonctions policières qui, pour des raisons de non-mixité, ne pouvaient pas être assurées par des hommes », souligne Géraldine Casutt, spécialiste des femmes jihadistes, à L’Orient-Le Jour.

Chaque brigade compte entre une cinquantaine et une centaine de femmes, chacune rémunérée autour de 200 dollars, selon Carole André-Dessornes. « Ces chiffres sont toutefois des estimations car il s’agit d’un phénomène qui évolue assez vite et d’un recrutement continu », précise-t-elle. « Ce qui est nouveau, c’est l’engagement dans le jihadisme de femmes venant d’Occident et leur départ pour l’Irak ou la Syrie, ajoute la chercheuse. En Irak, entre 2005 et 2008, il y avait peu d’Occidentales sur le front, on peut juste citer le cas de Muriel Degauque qui a mené une opération-suicide. » S’il n’y a pas de chiffres précis sur l’évolution du nombre de femmes engagées dans le jihad, Mme André-Dessornes estime que l’engagement est plus prononcé aujourd’hui, « ce qui dénote une évolution qui s’est opérée entre el-Qaëda et l’EI ».

« Environ 10 % des personnes qui quittent l’Europe, les États-Unis et l’Australie pour rejoindre les rangs des jihadistes sont des femmes et des jeunes filles », précise Mme André-Dessornes, citant des sources qui avancent le nombre d’une cinquantaine de Françaises. La plupart de ces femmes sont britanniques, souvent considérées comme étant les femmes les plus convaincues de l’idéologie jihadiste, ajoute Géraldine Casutt.


Environ 550 femmes originaires des pays occidentaux sont parties rejoindre l’EI. Photo Reuters.
Une étude de l’Institute for Strategic Dialogue, publiée il y a dix jours, avance le chiffre de 550 femmes originaires des pays occidentaux parties rejoindre le groupe jihadiste. L’intérêt pour les étrangères pourrait être lié aux conditions posées à l’entrée dans les brigades, parmi lesquelles le célibat. « Une situation maritale qui n’est pas commune ni majoritaire pour les femmes dans l’État islamique », précise Mme Casutt.

Dans l’ombre

« Aucune femme jihadiste n’est combattante à proprement parler pour l’instant, même si ce statut pourrait évoluer pour des besoins stratégiques, comme un manque de combattants mâles par exemple. Le rôle majeur des femmes dans l’EI, d’où elles tirent leur principale légitimité, est celui d’épouse et de mère, donc un rôle qui n’est pas forcément visible dans l’espace public puisqu’il se situe avant tout dans l’ombre d’un homme, mais qui, au nom du principe de complémentarité des sexes, est très valorisé dans l’idéologie jihadiste », explique Géraldine Casutt. Un autre rôle attribué aux femmes, celui « d’avoir des enfants et de les élever dans l’amour du jihad pour assurer la continuité », note de son côté Mme André-Dessornes. Et les femmes jihadistes sont également des recruteuses. La menace qu’elles représentent, bien que différente de celle de leurs alter ego masculins, n’est dès lors pas à négliger.

Dans son rapport portant sur des centaines de femmes jihadistes et analysant en profondeur l’itinéraire de 11 d’entre elles (originaires d’Autriche, de France, du Canada, du Royaume-Uni et des Pays-Bas), l’Institute for Strategic Dialogue souligne que « la violence du langage et le dévouement à la cause sont aussi forts que ceux de certains hommes ». « Ces femmes jouent le rôle de propagandistes d’attaques terroristes dans leur pays d’origine », a précisé à l’AFP Ross Frenett, expert de l’extrémisme à l’Institute for Strategic Dialogue et coauteur du rapport. Mais plus encore, « elles affichent également leur capacité et leur volonté de prendre part aux violences et même aux attaques-suicide si les circonstances changeaient », note le rapport.

Le rôle des femmes peut être particulièrement vicieux, note Carole André-Dessornes, qui évoque des femmes jihadistes ayant repéré des congénères isolées ou en situation de détresse, les ayant prises sous leur aile, ayant organisé leur viol, et proposé ensuite comme porte de sortie une opération-suicide pour laver leur honneur. Parmi ces recruteuses, Ibtissam Adwane dite « Oum Fatima » et Samira Ahmad Jassim appelée « Oum al-Mumenin », toutes deux affiliées à el-Qaëda en Irak.


Dans les rues de Raqqa, en Syrie. Photo Reuters

 
« Un peu romantique… »

Pourquoi l’engagement des femmes dans le jihad est-il plus fort aujourd’hui? Arabes et occidentales, ces femmes ont-elles les mêmes motivations ?

« Le jihad en Syrie et en Irak est un phénomène global qui attire des personnes venant des quatre coins de la planète. C’est une erreur de croire qu’une idéologie religieuse avec un projet politique visant à établir une société idéale, à laquelle on oppose une image peu glorieuse de l’Occident qui peut faire écho à certains ressentis, ne séduira pas des femmes au même titre que les hommes, même si elles restent minoritaires par rapport aux hommes partis faire le jihad », note Mme Casutt. Comme pour les hommes, il semble qu’en matière de recrutement, les réseaux sociaux « agissent souvent comme un déclencheur, voire un accélérateur », poursuit-elle.

« On ne peut dresser un unique profil de femme jihadiste, souligne Mme André-Dessornes. Certaines sont sensibilisées par les images de combats qu’elles voient sur les réseaux sociaux et rentrent dans une logique de mission humanitaire. Il s’agit plutôt dans ce cas de jeunes filles assez naïves et assez influençables. D’autres jeunes femmes sont attirées par une vision un peu romantique de la guerre et du mariage jihadiste. Elles sont dans ce cas assez fascinées par l’image du guerrier viril, de la figure patriarcale qui circulerait sur les réseaux sociaux. Il s’agit de femmes en quête d’identité et en manque de repères. Ce sont surtout des Occidentales qui, attirées par l’image de l’homme protecteur et viril, se perdent dans une vision romantique de la guerre complètement fantasmée. La presse a dans ce contexte évoqué des cas de jeunes filles qui, une fois arrivées sur le terrain, ont découvert une réalité très différente de ce qu’elles imaginaient et se sont retrouvées piégées. Certaines adolescentes en pleine période rebelle rejoignent aussi ces groupes par opposition à leurs parents ou par désir de frôler la prise de risque. Celles qui rejoignent les groupes jihadistes par conviction sont généralement un peu plus âgées et moins nombreuses. »

Selon le rapport de l’Institute for Strategic Dialogue, les femmes occidentales décident de partir dans les terres du jihad pour des raisons similaires à celles des hommes : le sentiment que la oumma (la communauté des croyants musulmans) est attaquée, un sens du devoir idéologique et religieux de faire quelque chose, la recherche d’une camaraderie et la volonté de donner un sens à leur vie. « La mission de créer l’État islamique (ou khalifah) est particulièrement forte chez les femmes », selon la même source.
Malgré leur militantisme, nombre de ces femmes éprouvent des difficultés à quitter leurs proches, note l’expert Ross Frenett à l’AFP, qui estime que cela pourrait être l’élément-clé pour parvenir à les dissuader d’entreprendre le voyage. Certaines perdent leurs illusions – quand par exemple leur mari est tué au combat ou à la naissance d’un enfant – et « ces événements doivent et peuvent alors être exploités par les familles et leur pays d’origine comme une opportunité de désengagement », conclut le rapport.

Manipulation mentale

Pour les femmes arabes, les cas de figure sont différents, explique Carole André-Dessornes.
« Certaines d’entre elles rejoignent ces organisations après avoir perdu un proche. Nous sommes dans ce cas dans la logique de vengeance. D’autres considèrent qu’elles ont un rôle à jouer au même titre que les hommes. Évoluant dans des sociétés patriarcales, ce serait pour elles une façon de montrer qu’elles peuvent combattre et s’engager, autant qu’un homme. Il y a aussi ces femmes qui vont être embarquées par ce radicalisme car elles n’ont plus de famille et cherchent une sorte de protection. Il y a certainement aussi des cas de femmes engagées par conviction. »

Pour Géraldine Casutt, la perception, dans l’espace public et les médias, de la jeune femme musulmane occidentale partie faire le jihad est plutôt celle d’une « victime de manipulation mentale ». « Cette image contraste avec celle de la violence dont peuvent faire preuve les brigades féminines, notamment al-Khansa, qui aurait récemment sévèrement puni une femme pour avoir donné le sein à son bébé en public », poursuit la chercheuse. Selon elle, « il faut considérer la femme, qu’elle soit épouse ou membre d’une brigade, comme une actrice à part entière de cette construction idéologique. Non seulement elles font partie du réseau jihadiste, mais ces femmes contribuent à le forger, dans leur rôle d’épouse mais surtout de mère de la première génération de l’État islamique ».

Pur intérêt

C’est dans le cadre de la cause palestinienne que l’image de la femme jihadiste dans l’islam va basculer, explique Carole André-Dessornes. La première Palestinienne ayant mené une opération-suicide n’est pas une jihadiste. Wafaa Idriss était affiliée à la branche armée du Fateh, la Brigade des martyrs d’al-Aqsa. D’autres femmes suivront avec l’aide de cette même brigade, le Hamas et le Jihad islamique étant alors complètement opposés à l’implication des femmes. « C’est finalement la concurrence et la peur de perdre sur le terrain qui a ouvert la voie à l’acceptation des femmes dans les rangs de ces groupes », ajoute-t-elle.
L’évolution s’est faite de manière similaire au sein d’el-Qaëda. En 2005, Abou Moussab al-Zarqaoui, alors chef du groupe jihadiste en Irak, a mis du temps à reconnaître la première opération menée par une femme dans ce pays, rappelle Mme André-Dessornes.

Au Liban, où la stratégie de l’opération-martyre a été introduite par le Hezbollah au Sud pendant l’occupation israélienne, aucune opération n’a été menée par une femme se revendiquant du parti chiite qui est profondément contre. La femme a donc un rôle à jouer en tant que soutien. Selon la chercheuse, les mouvements jihadistes sunnites ont fini par accepter les femmes non par réelle conviction mais par pur intérêt. « Il faut plutôt voir ces opérations-suicide menées par des femmes comme une stratégie de guerre asymétrique, une tactique qui ne coûte pas très cher », indique Mme André-Dessornes. Par ailleurs, poursuit-elle, pour certains groupes jihadistes, la présence des femmes sur un terrain normalement réservé aux hommes aide à convaincre ces derniers, blessés dans leur fierté, à s’engager. « C’était le cas d’el-Qaëda en Irak qui, entre 2005 et 2007, a eu recours à cette tactique pour pallier le manque de volontaires », explique la chercheuse. Entre mai 2005 et décembre 2007, plus d’une quinzaine de femmes auraient mené des opérations-suicide, contre plus d’une trentaine rien que pour l’année 2008, précise-t-elle.

 

Image choc

Mais de là à dire que l’engagement des femmes dans le jihad serait un facteur d’égalité entre les sexes, il y a un grand pas.
« Ce n’est pas du tout un facteur d’égalité, tranche Carole André-Dessornes. Car ces groupuscules ne donneront pas plus de responsabilités aux femmes qui n’auront jamais une place importante dans la hiérarchie de commandement. » Pour elle, il s’agit plutôt d’un outil stratégique. D’ailleurs à ce jour, aucune femme n’ayant rallié l’EI n’a mené d’opération-suicide, ajoute-t-elle.
« La présence de femmes permet de construire des foyers, et c’est le premier pas pour établir une société durable : l’EI essaie ainsi de se pérenniser, tout en continuant sa stratégie d’expansion », confirme Mme Casutt. « C’est plutôt si l’on voyait des femmes combattre aux côtés des jihadistes que l’on pourrait parler de contradiction avec l’islam tel qu’il est compris par ce groupe ou d’égalité avec les hommes, précise-t-elle. Car dans des rôles qui sont « dans l’ombre » des hommes, elles participent à une logique de complémentarité » considérée par ce groupes comme en phase avec une nature biologique.

Selon Mme Casutt, en ce qui concerne les Occidentales s’engageant dans le jihad, ce n’est pas « l’égalité » entre homme et femme qui est recherchée, mais une complémentarité assumée vécue comme moins hypocrite que l’égalité prônée à l’occidentale, dans une optique de soumission non pas à l’homme, mais à Dieu.

L’impact symbolique du jihadisme au féminin est également utile en termes de communication pour les groupes jihadistes. « Les mouvements jihadistes utilisent les femmes dans leurs opérations pour garantir une couverture médiatique plus forte, souligne Carole André-Dessornes. Ils évitent cependant d’exagérer l’usage de cette tactique afin de ne pas tomber dans la banalisation et réduire la force de l’impact. »

Voir une femme mener des opérations kamikazes crée un choc, un rejet et une très forte incompréhension, poursuit la chercheuse. Mais pour Mme André-Dessornes, le rôle et l’implication des femmes dans le jihad pourraient augmenter, surtout si le conflit s’enlise. La chercheuse estime toutefois que cette implication « reste un épiphénomène qui, bien qu’il puisse connaître à un moment donné un pic, finira par retomber ».

*Carole André-Dessornes, consultante en géopolitique depuis 14 ans, docteur en sociologie et chercheuse associée au Cadis, le centre de recherche en études sociologiques rattaché à l’Ehess (École des hautes études en sciences sociales). Son dernier ouvrage porte sur les opérations-suicides menées par les femmes: « Les femmes-martyres dans le monde arabe : Liban, Palestine, Irak », éditions l’Harmattan, collection Mieux comprendre le Moyen-Orient, décembre 2013.

**Géraldine Casutt, doctorante-chercheuse suisse travaillant sur les femmes jihadistes à l’Université de Fribourg et à l’Ehess.

%d blogueurs aiment cette page :