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Archives de Tag: acharnement thérapeutique

Droit de mourir dans la dignité. RV samedi 18 au cirque d’hiver à Paris

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Qui a décrété que, à défaut de choisir de naître, chaque individu n’aurait pas le droit de choisir sa mort ?

Pendant longtemps, l’église catholique à interdit aux suicidés d’être enterrés aux côtés de leurs proches alors qu’elle reste encore de nos jours insensible  à la détresse des vivants comme ces petites filles violées interdites d’avorter ou ces jeunes garçons violés par des prêtres que l’Eglise laisse faire. Ceci étant dit, nous constatons que cette notion de « droit à la vie’ défendue par l’esprit catholique des législateurs manque de cohérence. La vie, oui, mais dans quelles conditions ?

Est-ce vivre qu’être attachée dans le lit d’un EPHAD aux mains d’aides soignantes négligentes parce que débordées, de croupir dans ses déjections pendant des heures, d’être nourrie par une sonde qui irrite la gorge, d’être incapable de se retourner à cause de tous les tuyaux qui nous cernent, de supporter les cris et les râles des patientes voisines, abandonnée par ses proches parce qu’on pue et qu’on est repoussante et qu’on ne les reconnaît plus ? Je passe sur les douleurs physiques et la détresse psychologique d’entrevoir son état sans rien pouvoir changer, de se savoir dépendante et au bon vouloir des médecins et du personnel médical qui ont d’autres vies vivantes à sauver…

Les rares personnes dépendantes qui échappent aux EPHAD restent à la charge  des femmes -surtout- de la famille qui doivent sacrifier leur propre vie pour s’occuper de leur proche. Et quand l’une ou l’un de ces aidants ne supporte plus de voir la personne aimée souffrir le martyr et qu’il y met un terme, l’institution judiciaire fond sur lui comme un rapace.

Dans le langage courant, dire qu’une personne est vivante, c’est souligner son énergie, son dynamisme, sa mobilité, sa promptitude, son indépendance et sa capacité à réagir à toute chose ainsi que ses dons de communications. Peut-on parler de vie lorsqu’on est privée de toutes ces facultés ?

Nous devons avoir le droit de choisir le moment de notre mort et de faire savoir, si nous étions dans l’incapacité de communiquer, quand, pourquoi et comment de mettre un terme à un état de mort vivant. C’est un droit humain.

La Connectrice

http://www.admd.net/

Meeting de l'ADMD le 18 mars 2017 au Cirque d'Hiver Bouglione

    Alors que les Français, à plus de 90%, se déclarent favorables à la légalisation de l’euthanasie, alors que la 3e loi Leonetti du 2 février 2016 n’apporte aucune réponse nouvelle puisque l’arrêt des traitements existait déjà dans la loi du 22 avril 2005 et que la sédation existait déjà dans le décret du 29 janvier 2010, alors que le président Hollande a trahi la proposition 21 du candidat Hollande, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité invite les candidats à l’élection présidentielle à défendre leur position sur l’aide active à mourir lors d’une grande réunion publique au Cirque d’Hiver Bouglione (110, rue Amelot – Paris 11e), le samedi 18 mars, à partir de 14h30.

    Si certains candidats se sont clairement prononcés en faveur de la légalisation de l’aide active à mourir, comme Jean-Luc Mélenchon (qui propose de constitutionnaliser ce droit) ou Benoît Hamon, d’autres comme Emmanuel Macron, François Fillon ou Marine Le Pen devront préciser ce qu’ils entendent faire, s’ils sont élus à la présidence de la République, pour permettre aux Français de choisir eux-mêmes, en conscience, les conditions de leur propre fin de vie.

    Le jeudi 16 mars, l’ADMD dévoilera un sondage commandé auprès de l’Ifop sur le sujet des Français et de la fin de vie et dévoilera les noms des candidats qui seront présents au Cirque d’Hiver Bouglione, le samedi 18 mars.

    Préalablement à ce meeting, une Marche citoyenne partira à 12h30 de la place de la République, en direction du Cirque d’Hiver Bouglione.

 Demande d’accréditation et envoi des laissez-passer : dg@admd.net

ADMD : 01 48 00 04 16

Communiqué de l’ADMD – Meeting au Cirque d’Hiver

Fin de vie. Laissez moi mourir tranquille ! Les animaux qui souffrent ont droit au départ, pas les humains

Ce jour, l’Assemblée a voté un projet de loi supposé améliorer la loi Léonetti sur la fin de vie. La sédation profonde sera autorisée, les directives de fin de vie devront être respectées par les médecins, mais l’euthanasie et le suicide assistés restent interdits.

HUMOUR DU JOUR

http://watergolf.over-blog.com/2015/03/humour-du-jour.html

Concrètement, la nouvelle loi va mettre en place ce que M. Leonetti appelle un « droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir ». Si cette pratique sédative existe déjà dans les hôpitaux français, « elle est loin d’être générale et homogène », avaient constaté les deux auteurs de la proposition de loi

Désormais un médecin ne pourra pas s’opposer à une demande de sédation profonde et continue de la part d’un patient atteint d’une « affection grave et incurable », dont le « pronostic vital est engagé à court terme » et qui présente une « souffrance réfractaire aux traitements ». Ou lorsque sa « décision d’arrêter un traitement engage son pronostic vital à court terme et est susceptible d’entraîner une souffrance insupportable ».

Les directives anticipées, par lesquelles il est possible de faire connaître son refus d’un acharnement thérapeutique – jusque-là simplement indicatives – s’imposeront désormais au médecin, sans être toutefois opposables. Le soignant pourra en effet y déroger « en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation » et lorsqu’elles « apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ». Ce refus devra être pris à l’issue d’une procédure collégiale et figurer noir sur blanc dans le dossier médical du patient.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/27/fin-de-vie-ce-que-va-changer-la-nouvelle-loi-claeys-leonetti_4854266_3224.html#6QVUlGMwZtihw6Js.99

A partir du moment où la loi autorise le soignant à déroger aux directives anticipées du patient, toutes les dérives sont possibles, surtout si l’équipe médicale est opposée à l’aide à la fin de vie.

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Le débat continue pour une loi autorisant le suicide assisté  www.change.org/SuicideAssiste

Les candidats à une mort douce devront se procurer des produits illégalement, au risque d’être poursuivis par la Justice, ou bien se rendre en Belgique, aux Pays-bas ou en Suisse

Encore faut-il que ces personnes aient les moyens d’acheter des produits ou partir à l’étranger avec tous les problèmes qui resteront à la charge de la famille, comme le déplacement géographique et le rapatriement du corps.

Il est donc impossible de mourir tranquillement chez soi dans des conditions douces et humaines.

Notre mort ne nous appartient pas, pas plus que notre vie, d’ailleurs.

Les personnes déterminées doivent recourir à des solutions violentes et traumatisantes pour les témoins et l’entourage : sauter d’un pont, d’une tour, se tirer une balle dans la tête, s’asphyxier en se mettant un sac en plastique sur la tête, avaler de la soude caustique, se jeter sous le métro, se pendre, se couper les veines, etc.

Notre société se pose moins de questions pour la fin de vie de nos animaux, reconnus comme être sensibles, dont nous n’hésitons pas à abréger les souffrances, par amour pour eux, en les faisant « piquer ».

La souffrance humaine serait-elle moins respectable que la souffrance animale ?

Je vois deux principaux obstacles à laisser les humains partir comme et quand ils le souhaitent :

-un intérêt commercial : les soins palliatifs coûtent très cher en antalgiques, pompes à morphine, personnel médical et para médical, occupation d’une chambre d’hôpital lourdement équipée, matériel de réanimation, examens coûteux pour évaluer la durée de vie du patient, etc.

-La religion qui interdit le suicide parce que « seul Dieu peut reprendre la vie qu’il a donnée ». Pendant des siècles l’Eglise catholique a excommunié les suicidés qui étaient enterrés anonymement à l’extérieur des cimetières construits au pied des églises.

Dans un pays laïque il est totalement abusif d’imposer les convictions religieuses des uns aux autres et il est malhonnête de vouloir faire croire que si l’euthanasie était autorisée on tuerait à tour de bras. Les assassins, les « anges de la mort », les empoisonneurs, les terroristes et les guerriers ont tué et tuent beaucoup plus que ne le feront jamais les partisans de l’euthanasie.

Les militants « pour la vie » ont l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes en voulant nous faire croire qu’une loi sur l’euthanasie rendrait l’extermination des malades, des handicapés et des vieux obligatoire. Ils utilisent le même argument contre la loi Veil, prétendant qu’elle rend l’avortement obligatoire.

Le point de vue de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité

 Chers amis,

Pour votre information, je vous adresse ci-joint le texte de la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie adopté le mercredi 27 janvier 2016 à l’issue du long processus législatif.
Ce texte – nous l’avons assez dit – ne correspond en rien à la revendication qui est portée par notre association depuis sa création en 1980. Il ne s’agit ni d’une droit à l’euthanasie ni d’un droit au suicide assisté. Comme par la combinaison de la loi du 22 avril 2005 et du décret du 29 janvier 2010, il s’agit d’une loi instaurant la sédation comme seule possibilité d’abréger une fin de vie.

Les principaux points de ce texte sont :
  – La confirmation par la loi qu’hydratation et nutrition artificielles sont des traitements et non des soins, et peuvent donc être arrêtés (article 2),
  – Une sédation profonde et continue -dans le décret de 2010, cette sédation n’était pas qualifiée- associée à une analgésie peut être mise en œuvre (article 3),
  – Cette sédation peut être mise en œuvre au domicile du patient (article 3),
  – « Les directives anticipées s’imposent au médecin, sauf en cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire à une évaluation complète de la situation et lorsque les directives anticipées apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale » (article 8).
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le dossier législatif sur notre blog et lire la tribune que j’ai publiée sur le site de L’Obs.

Je vous souhaite une bonne lecture de ces documents.

Jean-Luc Romero
Président de l’ADMD

L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 27 janvier, lors d’un ultime vote, la proposition de loi de Jean Leonetti et Alain Claeys sur la fin de vie. Un texte qui ne convainc ni les anti-enthanasie, ni les militants pour le droit à mourir dans la dignité, dont Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, fait partie. Il ne compte pas mettre un terme à son combat.

 
Jean-Luc Romero, président de l'ADMD

Jean-Luc Romero, président de l’ADMD
 
Le mardi 19 janvier dernier, une commission mixte paritaire (CMP) s’est réunie pour proposer un texte commun à soumettre aux deux Chambres (Assemblée et Sénat). Le mercredi 27 janvier, les députés et les sénateurs ont examiné, en séance publique, les conclusions de cette CMP sur la proposition de loi des députés Jean Leonetti et Alain Claeys, créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.

Je félicite les deux députés qui ont réussi, sur la base de la proposition 21 du président Hollande d’autoriser une aide active à mourir, à faire voter un texte, pratiquement inchangé par rapport à leur proposition de loi initiale, venant conclure trois années et demi (depuis la nomination du professeur Sicard par le président de la République, en juillet 2012, pour rédiger un rapport sur la fin de vie).

Je les félicite surtout pour avoir réussi le tour de force de faire croire à l’opinion publique qu’il s’agissait d’une avancée alors qu’il ne s’agit que de la mise en forme de la première loi Leonetti de 2005 (celle-ci est tout de même la troisième !) avec le décret du 29 janvier 2010 (permettant déjà les traitement sédatifs lorsque les autres traitements sont interrompus) et avec une position constante depuis la loi Kouchner de 2002, à savoir qu’hydratation et alimentation sont considérés en France comme des traitements et non des soins (cure, et non care), avec l’assentiment complaisant de parlementaires trop ravis de se retirer une épine du pied en se débarrassant de ce fardeau législatif et de médecins trop heureux de conserver la main sur cette question si intime qu’elle ne devrait appartenir qu’au seul patient arrivé au terme de sa vie.

Une loi inhumaine et hypocrite…

Alors, que va-t-il se passer à présent ?

 
Une loi qui ne satisfera ni les pro-vie ni les pro-choix

Les Français, très largement (plus de 90%) favorables à la légalisation de l’euthanasie telle qu’elle existe déjà aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, vont vite s’apercevoir, comme après le vote de la loi de 2005, que cette loi n’aidera pas ceux qu’ils aiment à maîtriser leur propre parcours de fin de vie et à mourir paisiblement et dans leur dignité ; les souffrances, les déchéances, les détresses vont toujours résonner au cœur des familles, laissant des cicatrices morales et affectives indélébiles.

Les pro-life – qui ne sont en fait que des voleurs de liberté, des anti-choix, qu’il s’agisse du droit de disposer de son corps comme de sa mort – trouveront que la médecine, en « sédatant » et en privant d’alimentation et d’hydratation le patient, va trop loin en accélérant le processus de fin de vie. Ils en appelleront à des forces divines, certains même manifesteront et s’enchaîneront devant les hôpitaux qui pratiqueront la sédation.

Les pro-choix – qui sont des amoureux de la vie et ne sont pas disposés à la confondre avec la survie, nous donc ! – continueront à revendiquer le droit pour chaque femme et chaque homme de ce pays de choisir lui-même les conditions de sa fin de vie dès lors qu’il est arrivé au bout de sa vie, reprenant ainsi la revendication de 36 ans (déjà !) de l’ADMD et la proposition de loi légalisant l’euthanasie co-signée par la majorité des députés socialistes dont Manuel Valls, Christiane Taubira, Laurent Fabius, Marisol Touraine, Marylise Lebranchu, Jean-Marc Ayrault et même Alain Claeys… en 2009 !

Les parlementaires ne font qu’ouvrir la voie à de nouvelles actions

À l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, nous poursuivrons notre travail de persuasion des parlementaires et leur responsabilisation (car après tout, les futurs drames de la fin de vie en Ehpad ou ailleurs seront les conséquences de leur inaction) pour qu’il comprennent enfin qu’ouvrir un droit supplémentaire à ceux qui le souhaitent ne crée aucune obligation pour ceux qui le refusent, et qu’une société qui se libère et libère ses citoyens des interdits est une société qui ne se sclérose pas et continue d’avancer.

Les parlementaires ont probablement souhaité, par leur vote du mercredi 27 janvier, mettre un terme au débat à propos de l’euthanasie qui agite notre société depuis de très longues années déjà. Ils ne font pourtant qu’ouvrir la voie à de nouvelles actions, de nouvelles contestations et de nouvelles manifestations.

Les 66.000 adhérents de l’ADMD vont reprendre le chemin des permanences parlementaires, des plateaux de télévision et des studios de radio pour exprimer leur colère. Ils seront dans la rue…

Ceux qui nous ont bercés de promesses et de mots, en 2012, ne pourront plus, en 2017, nous faire rêver. Tant pis pour eux…

Mais en attendant, des femmes et des hommes de notre pays souffrent et meurent dans des conditions inacceptables et indignes de leur condition humaine et d’un pays qui se veut grand…

 

Droit de mourir dans la dignité. Lettre ouverte de Madame Pierra à Madame Lambert

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~~Je suis la mère d’Hervé Pierra. Notre fils est resté plongé pendant 8 ans ½ dans un coma végétatif chronique irréversible, à l’âge de 20 ans. Il était figé dans une grande rigidité, paralysé à 100%, inconscient, trachéotomisé et nourri par sonde gastrique. Il s’étouffait chaque jour, depuis le début de son calvaire, dans ses propres glaires, entraînant de récurrentes et éprouvantes régurgitations. Affecté de problèmes pulmonaires persistants à cause de la présence de bactéries multi résistantes, il était placé très souvent en isolement. Sa position fœtale, ses attitudes viciées et le fait de n’être jamais déplacé, avaient provoqué une plaie atone grave (escarre au 4 ième degré). Il est décédé en novembre 2006, après notre requête d’application de la loi Léonetti. Ce parcours, semé d’embûches, a duré 18 mois. Les plus hautes instances politiques et médicales de l’époque étaient intervenues pour faire infléchir le corps médical. Le comité d’éthique de Cochin avait donné son aval ainsi que le docteur Régis Aubry (missionné par Jean Léonetti).

Après le retrait de la sonde gastrique, notre fils est mort en 6 jours cauchemardesques, sans aucune sédation, brûlant, cyanosé et faisant des bonds dans son lit, comme électrocuté. Il s’agit, dans notre cas, qui a été médiatisé, d’un « laisser crever », comme l’a écrit Monsieur le député Jean Léonetti dans son livre « à la lumière du crépuscule ». Les médecins avaient eu peur d’être accusés d’euthanasie si notre enfant avait été sédaté et surtout si son décès était intervenu trop rapidement. L’illégitimité de m’immiscer dans votre affaire douloureuse et personnelle m’a conduite à observer un silence respectueux, marqué par la décence et la retenue. J’ai dû, bien souvent, refreiner mes envies de répondre à vos amis intégristes qui, sans me nommer, me désignaient, avec tant d’autres, dans le clan des « mères indignes ». Ils maniaient pêle-mêle, dans un certain obscurantisme ambiant la diffamation et l’arrogance de ceux qui semblent détenir la vérité en voulant l’imposer à tous. Une tribune de « l’Express », cosignée par six membres de votre famille, dénonce:  » Ils critiquent sans cesse la loi Léonetti et prétendent défendre les 1700 patients qui sont plus ou moins dans la même situation que lui. Tout cela traduit uniquement une position de principe: on ne peut pas débrancher ces patients, quels qu’aient pu être leurs souhaits. Nous appelons ça de l’idéologie, visant à défendre une cause intégriste. Termes que nous assumons totalement. » Comme vous le dites , madame, dans « l’Express »: « qui voudrait vivre comme ça ! » Un de vos fils, avec lequel vous menez cette procédure, a par ailleurs rempli ses directives anticipées allant dans ce sens.

Vous déclarez que votre fils Vincent (dans un état pauci relationnel), « n’est pas un légume, il n’est pas dans un état végétatif ». J’en déduis que vous considérez que mon fils Hervé était donc, pendant 8 ans 1/2, un légume ! Tant de délicatesse et de compassion me touchent !

Vous déclarez, le 6 mai sur « Europe 1 » : « toute maman ferait de la même façon ». Eh bien non madame ! J’ai fait passer l’amour de mon enfant avant tout ! Certes, tout s’est très mal passé et je sais ce que je dois aux intégristes qui refusent l’aide active à mourir aux victimes collatérales des progrès de la réanimation, qui en font la demande, par directives anticipées et après validation d’un collège de médecins.

La FSSPX (fraternité sacerdotale saint pie x), société de prêtres traditionalistes qui a protégé le grand criminel de guerre Paul Touvier (source wikipédia) semble vous instrumentaliser. Les déclarations de votre fils Joseph Lambert, frère de Vincent, dans « l’Obs. société », sont à cet égard édifiantes :  » Aujourd’hui, ma mère est partie dans un combat qui n’est plus seulement celui d’une mère pour son fils. Mes parents auraient pu louer un appartement à Reims pour être plus proches de Vincent. Mais ma mère ne pouvait pas quitter la Drôme, où elle s’est installée pour se rapprocher du monastère Sainte Madeleine du Barroux, où l’un des mes demi-frères a longtemps été moine. La religion, c’est tout pour elle. » Très catholiques, Viviane et Pierre Lambert avaient pourtant déjà l’un et l’autre une famille quand ils se sont rencontrés. Lui était gynécologue, militant anti-avortement, elle, assistante, distribuait aussi des tracts pro-vie. Les enfants Lambert ont grandi dans cet univers corseté, élevés dans des pensions de la Fraternité Saint-Pie-X. Vincent, lui, se révolte durant l’adolescence, c’est un garçon entier, extrême, avec sa part d’ombre, ses blessures secrètes et une rancoeur sourde contre ses parents, celle de ne pas avoir été assez protégé enfant. Comme leur aîné, Joseph et Marie ont choisi de s’éloigner de cette religion écrasante à la maison, où il fallait le dimanche « faire le chapelet ». Seule leur soeur Anne est restée du côté des parents. Elle s’est également portée partie civile, même si elle semble dépassée par la tournure qu’ont pris les événements. Vincent avait profondément rejeté les valeurs de mes parents, je leur en veux beaucoup de l’utiliser pour leur croisade », note Joseph qui ne leur a quasiment plus adressé la parole depuis !

Intimidations et menaces de mort sont des pratiques courantes de cette « secte » et, le docteur Kariger (ancien médecin de Vincent) qui en a fait personnellement les frais, a démissionné par crainte pour sa vie (source: journal « la Croix » du 4/07/2014). Sa posture est respectable. Cette congrégation rigoriste et révisionniste, a un passé émaillé de scandales. Fustiger le siècle des lumières, le libéralisme, la laïcité, est la règle ! Son fondateur, Monseigneur Lefèbvre, déclarait, au mépris du respect de la loi de séparation de l’église et de l’état et, dans une pure tradition anti-démocratique : « voter socialiste, c’est voter contre Dieu » !

Pour notre part, notre cheminement a été tout autre et l’épreuve de la douleur nous a unis mon mari, moi-même et nos adorables filles dans un « combat » commun pour libérer notre fils. Il fut l’objet de tout notre amour. Nous avons choisi de vivre à quatre kilomètres de la structure ou il était hospitalisé. Mes visites étaient ainsi quotidiennes pendant 8 ans 1/2. Je le massais moi-même quand les kinésithérapeutes ont cessé leurs soins, à cause des rétractations trop importantes de son corps. J’ai demandé à voir leur travail, à comprendre et imiter leurs gestes d’effleurement. Toute ma famille vouait une véritable admiration aux infirmières et aides-soignantes. Elles ont été discrètes, professionnelles et chaleureuses. Nous militons depuis le décès de notre fils pour que les victimes collatérales des progrès de la réanimation ne soient pas abandonnées, par l’institution, à leur triste sort, ni dans la vie, ni dans la mort. Madame Marie-Geneviève Lambert, demi-soeur de Vincent, s’est exprimée à ce sujet sur son blog du « Huffington Post »: « La situation de Vincent est la conséquence d’une performance scientifique qui est allée très loin sans pouvoir le ramener complètement parmi nous. Vincent est abandonné entre la vie et la mort, à ce qui, dans la nature n’est vécu qu’au stade de l’agonie: une agonie pendant des années, biologiquement stabilisée, monstrueuse, et qui va, on le sait maintenant, inexorablement vers une détérioration. »

Je me suis sentie si impuissante devant l’injustice d’une souffrance terrible imposée à mon fils par l’institution. C’est terrible et destructeur ! Il s’étouffait sans cesse car il faisait des fausses routes permanentes, déglutissant sa propre salive à minima. Quel sens donner à cette non vie de souffrance, alors que les IRM attestaient de lésions cérébrales très graves et irréversibles ! Quelle mère aurais-je été de ne pas me battre pour sauver mon fils ? Eh oui madame ! Sauver mon fils qui ne pouvait plus être en vie, le sauver par la libération apportée par la mort ! Je dois bien l’avouer, cependant, c’est la plus difficile preuve d’amour, d’amour-abnégation, que l’on puisse donner à son enfant. C’est mon chemin de croix ! J’accepte que l’on puisse ne pas penser comme moi, mais je vous récuse le droit de vouloir imposer quoi que ce soit à qui que ce soit ! Vous et les vôtres avez déjà gagné une grande « bataille ». En battant le pavé parisien, au cours de « la manif pour tous », vous avez « intimidé » le pouvoir qui, frileux, ne tient pas ainsi ses promesses sur l’aide active à mourir. Tous les jours, je suis hantée par le rapport du comité d’éthique de l’hôpital Cochin, sur les 25 cas étudiés de très grands prématurés non viables. Ils meurent en 8 à 20 jours par manque de nutrition et d’hydratation. Je pleure, j’ai honte et j’ai mal en lisant dans le journal « libération » du 28 février 2014:  » Un autre parent relate : «On a vécu l’enfer, cela a été trop, trop long, on attendait, on attendait ; la dernière semaine, on n’arrivait plus à y aller». Ou encore : «Ils m’avaient dit que ce serait court, cela a duré dix-huit jours, c’était un bébé potelé, à la fin elle était devenue méconnaissable.» Un médecin avoue : «Au bout de huit jours, la tentation de l’euthanasie devient lancinante.» Elizabeth Belghiti, psychologue déclare : «C’est un sentiment d’effroi. Il y a quelque chose d’inconcevable. Comment ne pas nourrir un nourrisson, alors qu’un enfant, on le nourrit, c’est le lien». Un médecin réanimateur déplore : «Il y avait une atmosphère difficile, les infirmières pleuraient, le visage du nourrisson devenait si lisse que l’on ne voyait plus d’expressions».

Nous avons reçu les excuses du conseil de l’ordre des médecins, l’amour et la compassion de tous. Seuls les intégristes religieux nous ont cloués au pilori. Monsieur Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita, écrivait, concernant l’agonie de mon enfant : « spectaculaire agonie provoquée par une décision parentale ». Le même pieux auteur s’insurgeait contre Marie Humbert : « voilà qu’on érigeait en modèle d’amour une femme capable de donner la mort à son enfant au nom d’un parallélisme terrifiant : je lui ai donné la vie, n’ai-je pas le droit de lui donner la mort !  » C’est un tantinet réducteur et écoeurant, ne trouvez-vous pas ?

Voyez-vous, madame, je suis à des années lumière de votre perception des choses alors, de grâce, pas d’amalgame !

Quelle ne fût pas ma stupéfaction de vous voir défiler sous l’étendard « je suis Vincent », travestissant ainsi ce qui fût l’exact contraire de ce que vous prônez : la laïcité travestie en obscurantisme et combat personnel !

Le dolorisme érigé en vertu chrétienne m’exaspère et, c’est sans retenue que je prie Dieu de nous délivrer des trois religions monothéistes et autres sectes. Celles-ci s’invitent de plus en plus dans les débats législatifs, en totale opposition avec les valeurs portées si haut de la laïcité.

L’ambivalence du droit est telle que la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme provoquera à n’en pas douter un tollé, quelle qu’elle soit !

Je respecte votre douleur , madame, et souhaite l’apaisement à chaque membre de votre famille. J’ai une pensée particulière pour votre fils et votre petite fille. La fille de Vincent, pourra légitimement se dire, un peu plus tard, que parfois, « les grands », déchirés par leurs passions semblent perdre la raison !

Danièle Pierra

Faut-il empêcher les vieux de se suicider ?

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Un fait divers rappelle que le suicide et les tentatives de suicide sont une constante chez les personnes âgées.

Jeudi dernier, un homme de 91 ans atteint de la maladie d’Alzheimer a tenté de se suicider dans la fontaine de Souppes-sur-Loing. http://www.leparisien.fr/souppes-sur-loing-77460/souppes-sur-loing-un-ado-de-13-ans-sauve-un-homme-de-91-ans-de-la-noyade-28-08-2014-4093833.php

Ce fait divers est raconté en mettant l’emphase sur l’héroïque geste de l’adolescent de 13 ans qui a maintenu la tête du vieillard hors de l’eau pour l’empêcher de se noyer en attendant l’arrivée des pompiers. L’adolescent est devenu un héros.

Ne s’agit-il pas là d’un détournement par les médias d’une question fondamentale, le suicide des personnes âgées, que le politiquement correct s’obstine à ignorer?

Le suicide et l’euthanasie active sont interdits dans notre pays au nom d’une morale religieuse qui ne dit pas son nom. Il est de bon ton de faire comme si un individu malade ou impotent n’avait pas toute sa tête pour discerner son envie de vivre de son envie de mourir ou inversement.

Dans ce pays qui prétend donner des droits à toutes les communautés et les groupes de pression au nom de la liberté et de la démocratie, la liberté de se donner la mort et de choisir sa propre mort reste un tabou indestructible. C’est manquer de compassion que ne pas vouloir savoir que les personnes qui se suicident n’en sont pas à leur première tentative. C’est le cas de l’homme de Souppes-sur-Loing qui a déjà effectué plusieurs essais sans arriver à ses fins grâce au concours de bonnes âmes qui veulent absolument l’obliger à vivre malgré son refus manifeste de poursuivre une existence douloureuse physiquement et psychologiquement.

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, comme cet homme de 91 ans ne sont pas toutes affectées de la même manière. Certaines connaissent des moments de lucidité et pour toutes, les problèmes de comportements qui les mettent en danger, sont cohérents avec leur histoire et leurs désirs qui y sont enfouis. Il n’y a rien d’extraordinaire à vouloir mourir quand on est dépendant, incontinent, handicapé, que l’on vit dans un inconfort constant à la merci du bon vouloir des autres. Il n’y a rien de surprenant à ce qu’un malade Alzheimer éprouve des pulsions à se dévêtir pour courir sous la pluie ou a s’enfuir de sa maison de retraite pour marcher en liberté sans trêve jusqu’à épuisement. Le problème n’est pas celui du malade mais celui de son entourage familial, social et médical.

Ces observations démontrent une fois de plus combien il est nécessaire pour chacun de nous d’écrire et de faire connaître notre volonté de fin de vie et d’obliger les autorités à les prendre en compte légalement afin de libérer notre entourage des soucis conséquents. Pour cela nous pouvons remplir un formulaire de directives anticipées qui quoique n’ayant pas de pouvoir de contrainte représente un pas en avant en faveur de la liberté de choisir sa mort.

La Connectrice

Directives anticipées. Pour en savoir plus

Les directives anticipées
Toute personne majeure peut, si elle le souhaite, faire une déclaration écrite,
appelée « directives anticipées », afi n de préciser ses souhaits quant à sa fi n de vie, prévoyant ainsi l’hypothèse où elle ne serait pas, à ce moment-là, en capacité d’exprimer sa volonté.

Les limites. Pour être prises en compte, vos directives anticipées doivent dater de moins de trois ans avant la date à partir de laquelle vous ne serez plus en état d’exprimer votre volonté. Il faut donc les renouveler régulièrement, en précisant sur le document initial que vous décidez de confirmer ces directives, et en signant cette confirmation. Comme le relève le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), cette durée limitée dans le temps pose problème dans le cas d’une maladie évolutive comme Alzheimer. Elle est aussi très contraignante pour des personnes jeunes ou en bonne santé, qui n’ont pas nécessairement envie de se reposer la question tous les trois ans….

Le CCNE a été amené à plusieurs reprises à réfléchir sur ces questions au cours des vingt dernières années. Dans le premier avis qu’il a émis sur ce sujet, en 1991, le CCNE « désapprouvait qu’un texte législatif ou réglementaire légitime l’acte de donner la mort à un malade » (avis N°26). En 1998, il se déclarait « favorable à une discussion publique sereine sur le problème de l’accompagnement des fins de vies comprenant notamment la question de l’euthanasie » (avis N°58). En 2000, il proposait la notion « d’engagement solidaire et d’exception d’euthanasie. » (avis N°63).  

L’avis N°121 « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir » présente l’état actuel des réflexions du CCNE qui prend en compte les évolutions de la loi et des pratiques au cours des dix dernières années au sujet des droits des personnes malades et des personnes en fin de vie, et le rapport de la Commission Sicard.

l n’y aurait pas d’affaire Vincent Lambert si cet homme de 38 ans (tétraplégique en situation de conscience minime depuis cinq ans) avait rédigé ses «directives anticipées». Au-delà de ce cas, la plupart des drames et des tragédies de la fin de vie seraient prévenus si ce droit offert était exercé. Or ce droit, personne ou presque ne le connaît en France. «Tout se passe comme si on ne voulait pas en connaître l’existence, explique à Slate.fr le Pr Régis Aubry (CHU de Besançon), président de l’Observatoire national de la fin de vie. C’est moins un problème d’information que d’appropriation dans une société où le jeunisme est roi.»

«Directives anticipées»? Il s’agit de l’expression écrite de souhaits exprimés pouvant aider des personnes devenues malades à «participer sans être présents» aux discussions qui précèdent les décisions relatives aux soins et traitements qui leur sont dispensés en fin de vie. De l’avis des spécialistes, il s’agit ici de la méthode reflétant le plus directement la volonté de la personne concernée –du moins au moment où ces souhaits ont été rédigés.

La loi Leonetti et le Code de la santé publique disposent ainsi depuis 2005:

«Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d’état d’exprimer sa volonté. Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment.

En dépit de l’importance du sujet et de la médiatisation considérable des affaires de fin de vie, ce droit n’est pratiquement jamais exercé. «L’utilisation des directives anticipées demeure très confidentielle: selon une étude récente de l’Ined, elles ne concernent que 1,8% des patients pour lesquels une décision de fin de vie a été prise alors qu’ils n’étaient “plus en capacité de participer à la décision”, observe le Comité national d’éthique (CCNE)dans son avis n°121 de juin 2013. Cela pose très clairement la question de l’appropriation de cette pratique, à la fois par les patients et par les professionnels de santé.»

Association pour le droit de mourir dans la dignité

http://www.admd.net/

Ne nous laissons pas voler notre Ultime Liberté

AVEC LES MEMBRES DU COMITÉ D’HONNEUR DE L’ADMD, SIGNEZ L’APPEL DE L’ADMD POUR LA LÉGALISATION DU DROIT DE MOURIR DANS LA DIGNITÉ

Depuis trente-quatre ans, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité milite pour que chaque Française et chaque Français puisse choisir les conditions de sa propre fin de vie. Conformément à ses conceptions personnelles de dignité et de liberté.

Dans cette perspective, l’ADMD entend obtenir qu’une loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté et à assurer un accès universel aux soins palliatifs soit votée par le Parlement, comme le réclament 92% des Français interrogés par l’institut de sondage Ifop en octobre 2013. Avec le vote de cette loi, les Français bénéficieraient d’une loi d’Ultime Liberté, comme les Néerlandais, les Belges, lesLuxembourgeois et les Suisses en disposent dans leur propre pays. Cette loi, ce pourrait être celle que les adhérents ont plébiscitée en juin 2011.

L’ADMD, également, met en oeuvre un Fichier national des directives anticipées. Ce document prévu par la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie, est numérisé et archivé. Ce document est aujourd’hui le meilleur moyen de garantir son propre parcours de fin de vie et, ainsi, d’éviter les tragédies absurdes. Avec le service ADMD-Ecoute, que vous pouvez joindre du lundi au vendredi de 10h à 19h et le samedi de 10h à 12h au 01 48 00 04 92, soyez accompagné et protégez votre fin de vie.

Ne me réanimez pas !

Géniale cette mamie britannique de 81 ans qui s’est fait tatouer sur la poitrine : »Don’t ressuscitate », ne me réanimez pas et dans le dos « PTO » Please turn over, retournez-moi.

Voilà une manière humoristique de faire connaitre ses dernières volontés car, même si elles ne sont pas reconnues par la loi, elles permettront aux soignants et à la famille de ne pas discuter des intentions de la personne et de faire l’économie de démarches, de souffrances, de soupçons, d’interventions judiciaires inopportunes, d’accusations injustifiées d’euthanasie, de chasse aux sorcières et de discussions sans fin sur son sort.

On peut même espérer qu’en cas d’intervention judiciaire, ce tatouage soit utilisé comme preuve de la volonté inébranlable de la malade. Se faire tatouer n’est pas une partie de plaisir et prouve sa détermination.

Gageons que cette initiative fera des émules puisque, d’après les sondages, une majorité des français serait contre l’acharnement thérapeutique et favorable à l’euthanasie.

Pour ma part, je vais très sérieusement y songer;-))))

http://www.elle.fr/Societe/News/Une-Anglaise-de-81-ans-se-fait-tatouer-Ne-me-reanimez-pas-1707082

…cette femme deux fois mère et six fois grand-mère affirme au journal The Sun qu’elle croque la vie à pleines dents en attendant son heure. En revanche, « quand mon heure viendra, dit-elle au Sun, je ne veux pas rester à moitié morte, je veux être totalement morte. Je profite de la vie maintenant, mais si les choses changent, je ne veux pas attendre des heures, des mois ou des années avant de mourir. Je ne veux pas que ma famille se souvienne de moi comme d’un légume. Je veux qu’ils se souviennent de moi comme j’étais. »

« Beaucoup mieux morte »

C’est aussi sa réponse à un traumatisme qu’elle a elle-même vécu à deux reprises. « Ma mère a vécu jusqu’à 106 ans et au cours des six dernières années de sa vie, elle aurait été beaucoup mieux morte. Elle était misérable », raconte-t-elle. Joy a également assisté à la lente agonie de son mari Malcolm, mort en 1981 après sept ans de lutte contre une maladie appelée le Syndrome de Conn. Une situation que la vieille dame ne souhaite pas faire vivre à sa descendance. Elle souligne en outre que sa démarche fera « économiser de l’argent » au système de santé public britannique. Reste à savoir si les médecins ne resteront pas sourds, ou en l’occurrence aveugles, aux dernières volontés de l’octogénaire. « Les médecins tiennent compte des souhaits des patients, mais un tatouage n’est pas juridiquement contraignant », a ainsi déclaré un porte-parole du General Medical Council.

A.S.Le 08/09/2011

Euthanasie : un médecin inculpé à Bayonne

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L’euthanasie, donner la mort à autrui, reste en France un sujet tabou que les légistes n’ont pas le courage de régler. Le fait que les légistes soient des hommes dans leur majorité n’est pas étranger à la frilosité avec laquelle ils abordent la question. En effet, ce sont les femmes qui, dans leur immense majorité, mères, filles,  épouses, soeurs, grand-mères, cousines, amies, soignantes, s’occupent des personnes en fin de vie, des personnes « légumes ».

La question de l’euthanasie ressurgit dans l’actualité régulièrement. Ces jours-ci, un médecin urgentiste a été inculpé pour avoir aidé à mourir quatre personnes qui, selon lui, souffraient et n’avaient que quelques heures à vivre http://www.liberation.fr/societe/01012353949-euthanasie-le-medecin-de-bayonne-mis-en-examen-pour-empoisonnement.

Les partisans de la peine de mort n’ont pas de scrupules lorsqu’il s’agit de donner la mort à autrui. L’Eglise catholique et l’extrême droit sont favorables à la peine de mort. Par contre, la religion catholique, en particulier, est extrêmement tatillonne et culpabilisatrice lorsqu’il s’agit de donner la mort à des « innocents ». Feotus, personnes en fin de vie, personnes aux prises avec des souffrances physiques et/ou psychologiques n’ont pas droit à la compassion de l’Eglise pour laquelle la « vie » est sacrée, quelles que soient ses conditions.

On comprend bien qu’il soit délicat de légiférer sur le droit de donner la mort car cela peut donner lieu à des abus. Des personnes malveillantes pourraient parfaitement arguer des souffrances d’autrui pour tuer dans l’impunité à des fins vénales ou égoïstes. Mais les assassins qui profiteraient d’une loi autorisant l’euthanasie sont ils la majorité? Et, de toutes façons, l’assassinat est un crime sanctionné par la loi.

En réalité, non seulement le discours commun accepte l’euthanasie et la souhaite mais tout le monde connait autour de soi des gens qui affirment qu’ils préfèrent mourir plutôt que vivre comme un légume, subir un acharnement thérapeutique pour les maintenir en vie alors qu’ils souffrent horriblement, qu’ils ont perdu toute autonomie et n’ont plus aucun espoir d’avoir une vie normale.

J’ai connu des personnes âgées et malades qui suppliaient qu’on les aide à mourir, qui réclamaient la mort avec constance et détermination. Souvent, ces personnes se laissent mourir en recrachant leurs médicaments, arrachant leurs perfusions, refusant de se nourrir et sombrant dans un profonde passivité physique et mentale, n’en sortant que pour réclamer d’en finir une fois pour toutes.

Des pays européens comme la Suisse, la Belgique ou la Hollande autorisent l’euthanasie et certains Français n’ésitent pas à faire le voyage, s’ils le peuvent, pour se faire aider à mourir. Des associations comme l’aide à mourir dans la dignité assistent clandestinement en France les personnes qui veulent en finir. Ce fut le cas de la mère de Lionel Jospin.

En réalité, beaucoup de médecins compréhensifs, en accord avec la famille, aident des personnes condamnées par la maladie et envahies de souffrance à partir. On n’en parle pas et cela se fait dans la plus grande discrétion, en toute confiance. Bien entendu, ce sont les couches sociales privilégiées qui parlent le même langage que les médecins qui bénéficient de ces mesures discrètes. Entre gens de la même classe on se comprend et on se fait confiance. Que je sache, il n’y a pas eu d’enquête sur la mort de Mme Jospin alors qu’il y en a eu sur celle de Chantal qui avait demandé publiquement le droit de mourir et celles de nombreux autres cas portés à la connaissance du public parce que la justice s’en était mêlée.

Le suicide assisté est une forme d’euthanasie dans la mesure où la personne qui se suicide a besoin de l’aide de tiers pour en finir. Dans ce cas, la personne qui veut partir est suffisamment lucide pour organiser son départ.

Dans le cas de l’euthanasie stricte, quand le sujet est passif, il peut avoir fait savoir à son entourage qu’en cas de perte de conscience ou d’incapacité totale à agir lui-même, il souhaite qu’autrui lui prodigue l’acte léthal. Il y a aussi le cas de personnes qui n’ont pas pu ou pas su exprimer leur volonté et qui se trouvent plongée dans un tel état de souffrance que les soignants se trouvent interpellés par l’exécution d’un acte compassionnel puisque la médecine a déclaré qu’il n’y avait plus d’espoir de guérison.

Vouloir faire croire que le personnel médical donne la mort à tort et à travers est une hérésie. Bien sûr, il peut y avoir des cas patents d’abus, de coups de folie et d’assassinat caractérisé mais ces exceptions ne devraient pas obérer la nécessité d’autoriser l’euthanasie et le suicide assisté.

EUTHANASIE : ADMIRABLE COUPLE PIERRA

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Ce matin sur BFM, le couple Pierra, parents de Hervé resté dans le coma pendant 8 ans et demi, finalement débranché pour application de la loi Leonetti sur la fin de vie mais qui a mis 6 jours à mourir ….Admirables, les Pierra. Ils ont d’ailleurs adhéré à l’ADMD (association pour le droit à mourir dans la dignité) qui les a beaucoup soutenus et militent pour un amendement à la loi Leonetti afin d’autoriser l’euthanasie dans les cas exceptionnels.

Les Pierra ont exprimé leur indignation devant la demande d’autopsie pour savoir de quoi était morte Chantal Sébire avec laquelle ils avaient été en relation. « Il faut qu’on la persécute au delà de sa mort » s’est scandalisée Madame Pierra.

Moi, j’ai assisté à la mort de deux des lapins nains de mes enfants. Ils ont eu quelques violents soubresauts, ça a duré deux minutes et leur cœur a cessé de battre. J’étais bouleversée par la violence qui s’étaient emparée de leur corps ….

Alors imaginez ce que ça a été pour les parents de Hervé Pierra : les soubresauts, les contractions, les vagissements, la détérioration du corps, ils y ont assisté impuissants pendant 6 jours !!!!!!!!

Les médecins, éminents spécialistes et autres professeurs, ont affirmé qu’il n’y avait pas lieu d’intervenir car « Hervé ne souffrait pas » !!!!!

C’est également ce que j’ai entendu hier de la part de ces responsables et spécialistes médicaux, sur C dans l’air ….


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