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Archives de Tag: anti-féminisme

Elisabeth Lévy et Causeur champions de l’anti-féminisme

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Publié le 19 septembre 2018 – par  – 19 commentaires – 1 179 vues

À travers les âges, les sociétés masculines n’ont jamais admis que les femmes soient indépendantes de leur pouvoir et qu’elles manifestent leur volonté d’émancipation et d’égalité de droits. À partir du XIXe siècle, elles furent nommées « féministes » par Alexandre Dumas fils dans sa lettre « L’homme-femme » où il prêche pour l’union des qualités féminines et masculines. Très critique de la lutte des femmes au début, il eut l’intelligence de les comprendre et de s’associer aux féministes. Nos anti-féministes contemporains feraient bien d’en prendre de la graine. Enfant naturel élevé par sa mère, l’écrivain prit fait et cause pour les femmes séduites et abandonnées et rallia « l’émancipation progressive de la femme », association fondée par Julie-Victoire Daubié, « premier bachelier » de l’Histoire de France. La journaliste suffragiste Hubertine Auclert (1848-1914) entérina le terme et le popularisa. De nos jours, les féministes sont toujours détestées et certains détracteurs ont inventé les néo-féministes, histoire de laisser entendre qu’ils auraient approuvé les féministes des années 60 à 90 mais que leurs filles en philosophie exagèrent au point de les menacer, corps, esprit et pouvoirs confondus.

Élisabeth Lévy et son magazine Causeur se sont spécialisés dans la lutte contre « Les féministes » ou la défense du macho, selon le sens dans lequel on observe cette campagne qui s’affiche en permanence. Chaque numéro de la feuille publie un article ridiculisant les femmes qui se battent pour leur dignité et prônant le droit absolu de l’homme à exercer sa sexualité qui serait irrépressible et noble. Élisabeth nomme faire l’amour l’usage d’une prostituée et défend le droit des femmes à se prostituer. Le journal a d’ailleurs publié le manifeste des « salauds » qui utilisent la prostitution contre la pénalisation du client. On ne peut que s’étonner qu’un aussi brillant intellectuel qu’Alain Finkielkraut confonde « faire l’amour  » et « baiser » car, comme ces locutions ne l’indiquent pas, fabriquer de l’amour en joignant les corps n’a rien à voir avec satisfaire un désir pulsionnel se résumant en cinq étapes : bander, branler, orgasmer, éjaculer et roupiller. Schéma classique du comportement sexuel masculin que tous les experts sexologues, diplômés ou auto-proclamés, imposent à la sexualité des femmes. L’exemple typique de la vulgarisation de cette doxa est l’ancienne star du porno, Brigitte Lahaie, qui fait monter l’audimat de Sud Radio (le porno, université de la sexualité féminine, c’est bien connu). Du fait de cette dictature idéologique, plus de la moitié des femmes qui n’atteignent pas l’orgasme pendant le rapport sexuel sont des malades, des détraquées frigides, des nymphomanes, des hystériques, des lesbiennes qui s’ignorent (ou pas). Et quand une femme comme Dora Moutot ose défendre l’importance du clitoris dans le plaisir féminin, Causeur se fend d’un article moqueur et imbécile dans lequel le mâle est présenté comme une victime terrorisée par l’arme létale que serait le clitoris.

https://www.causeur.fr/dora-moutot-alors-t-as-joui-sexe-154502

Élisabeth Lévy fait malheureusement partie de cette catégorie de femmes qui, étant arrivées à un poste de pouvoir, ont oublié ce qu’elles doivent au féminisme et pensent ne devoir leur indépendance et leur réussite qu’à leur propre mérite. Un péché d’orgueil et d’ingratitude qui ne fait d’ailleurs pas l’unanimité, pour ne citer que le Women’s Forum.

http://www.womens-forum.com/news/Inclusive-Balaka-Niyazee

Heureusement, tous les mâles ne sont pas des machos imperméables à la sensibilité féminine et il existe même des machos féministes, des hommes qui assument leur virilité tout en respectant les spécificités et besoins des femmes sur le chemin de l’égalité, des êtres humains qui savent créer un équilibre harmonieux pour le bien commun de toutes et tous.

Alice Braitberg

Dans la vidéo ci-dessous, Meurice ironise avec humour sur les propos machistes tenus par Élisabeth Lévy au cours de la 1re Université d’été consacrée au féminisme organisée par Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Il a rencontré Élisabeth Lévy.

https://youtu.be/59R4zya1iMA

Ce que « baiser » ne veut plus dire aujourd’hui, voir le magnifique poème de Louise Labé :

Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise Labé, Sonnets

Féminisme et retour de bâton

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Publié le 21 septembre 2018 – par  – 99 commentaires – 1 145 vues

L'assemblée des chasseurs attentive hier à l'espace Valentré./ Photo DDM A.L.

Source image https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/08/2775824-les-chasseurs-du-lot-ont-fait-le-point.html

Pour paraphraser Aznavour, je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Celles et ceux qui sont nés à partir des années 70 ignorent presque tout de la condition des femmes avant 1968. La plupart des femmes ne mesurent pas l’intensité de la lutte des femmes pour leurs droits et leur liberté. Nous, féministes historiques, avons œuvré pour étudier sans discrimination et avoir accès à toutes les formations (certaines écoles ont longtemps été interdites aux femmes), pour le droit de contrôler nos maternités et notre sexualité, pour à travail égal avoir le même salaire qu’un homme, pour le droit de travailler sans l’autorisation du père ou du mari dans tous les secteurs, pour le droit d’ouvrir un compte bancaire à notre nom sans avoir de comptes à rendre à un père ou à un mari, pour le droit à la contraception et à l’avortement, pour la liberté de choisir de nous marier ou pas, d’avoir un enfant sans être mariée, pour que les enfants nés hors mariage aient les mêmes droits que les enfants du mariage, pour l’autorité parentale, pour pouvoir nous habiller comme nous le souhaitions et ne pas être contraintes de cacher notre corps et nos cheveux, pour avoir le droit de réclamer une pension alimentaire au géniteur qui n’assume pas sa responsabilité, le droit d’accéder à toutes les professions, la criminalisation de l’acte de viol et son jugement aux assises, le droit de donner à l’enfant le nom du père et celui de la mère, etc. Nous avons obtenu la parité dans la représentation politique et, récemment, un cap a été franchi avec le mouvement #metoo #balancetonporc et la loi contre le harcèlement sexuel.

Emmanuel Macron pose au milieu de dirigeants d'entreprises du numérique, mercredi 23 mai 2018 à l'Elysée

Source image https://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/macron-demande-aux-patrons-de-la-high-tech-de-s-engager_2010940.html

Alors bien sûr, ces lois ne sont pas toujours appliquées car il existe mille manières de détourner leur application. Trop peu de femmes choisissent des formations scientifiques car elles sont orientées vers des métiers dits féminins.

L’égalité salariale est loin d’être acquise car les patrons redoublent d’astuces pour démontrer qu’une femme n’occupe pas le même poste qu’un homme et une enquête publiée ce mercredi 19 septembre confirme qu’à travail égal, les femmes sont moins payées que les hommes, surtout aux postes de responsabilité. Pourtant, la loi sur l’égalité salariale a été promulguée en 1972, il y a 46 ans !  La journaliste confirmée d’un célèbre magazine de gôche me confirme qu’elle gagne 2 000 € de moins que son équivalent masculin mais qu’elle serait grillée dans la profession si elle demandait l’application de la loi.

Le crime de viol est souvent correctionnalisé  en agression sexuelle pour éviter les assises où le criminel risque 20 ans, une durée d’incarcération qui est rarement prononcée, un suivi médical aléatoire, une libération anticipée pour bonne conduite… carcérale et une possible récidive, comme le suspect de l’assassinat récent d’une étudiante de Strasbourg.

Nos présidents s’arrangent pour confier les principaux ministères à des hommes ou, comme Macron l’a fait pendant sa campagne, pour promettre un ministère des droits des femmes et finalement donner un secrétariat d’État.

L’égalité entre femmes et hommes est loin d’être acquise mais, malgré cette réalité, des femmes se sentent obligées de dire « je ne suis pas féministe, mais… » et ces précautions oratoires se comprennent quand on constate que « les féministes » ont mauvaise presse, qu’elles sont dénigrées, que leurs revendications sont ridiculisées, qu’elles sont brandies comme épouvantails au regard des femmes comme des hommes. Le pédophile raciste et misogyne Paul Gauguin qualifiait de « bas-bleu » sa grand-mère Flora Tristan, cette  grande actrice de la libération des femmes, également fondatrice des premières mutuelles, une contribution oubliée. « La féministe » est désignée comme remède contre l’amour, elle est décrite comme hommasse, hideuse et castratrice quand elle n’est pas étiquetée lesbienne. À ce propos, je me souviens d’un homme qui m’avait traitée de lesbienne parce qu’après qu’il m’avait attrapé les fesses, je m’étais retournée illico pour lui saisir les couilles… ce qu’aucune femme n’aurait intérêt à faire de nos jours au regard de la recrudescence de la violence masculine. L’affaire Marie Laguerre en est la preuve.

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Source photo https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0301917178795-medef-les-huit-chantiers-de-roux-de-bezieux-2189636.php

Dans une société en mutation, alors que les choix sexuels sont le critère principal des interventions politiques, que la pornographie est le modèle, que les couples peinent à durer et que les lobbies médicaux inventent des techniques juteuses en flattant le bas-ventre des hommes et leur désir de prendre la place des femmes avec la GPA, avec le retour de coutumes archaïques régissant la position sociale des femmes du fait de l’islamisation, de nombreux hommes veulent reprendre la main sur la gestion (gestation ?) des femmes. Le féminisme est devenu le mal à abattre, une menace pire que l’insurrection musulmane qui gangrène notre société. Toutes les tendances politiques et apolitiques se rejoignent pour vilipender celles qui auraient tout obtenu, qui auraient tous les pouvoir, y compris celui de l’ombre (Brigitte Macron serait le véritable président de la République), ces femmes qui œuvreraient à l’éradication de l’homme blanc. Ces accusations font fi des réalités qui prouvent que les mâles ont toujours le pouvoir politique, économique et sexuel, en témoignent les photos des dirigeants d’entreprise, des dirigeants des nations, des dirigeants politiques et de toutes les instances de direction, dans tous les domaines et à tous les niveaux de pouvoir.

Source image https://www.express.co.uk/news/world/825800/G20-summit-2017-news-live-stream-Trump-merkel-putin-may-countries-latest-updates

De même que l’antisémitisme ou l’antichristianisme sont virulents dans les contrées où juifs et chrétiens ont été chassés, sinon exterminés, l’antiféminisme n’a jamais été aussi actif que depuis que la condition des femmes régresse, en partie à cause du terrible modèle importé par les musulmans, surtout là où ils sont présents en force, comme dans les « quartiers ».

Alors, Messieurs les mâles blancs, vous qui vous sentez menacés par « les néo-féministes », réfléchissez un peu et insurgez-vous avec les citoyennes contre le véritable danger, le modèle musulman qui esclavagise, méprise et prend le ventre des femmes pour une fabrique à djihadistes. Apprenez à respecter votre moitié du ciel, protégez-la contre la discrimination la plus intemporelle et universelle du monde et cessez de craindre pour vos bijoux de famille, plus menacés par les sabres que par le clitoris. Sachez être des machos féministes et agissez pour le bien de notre société tout entière.

Alice Braitberg

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/enjeux-europeens-et-internationaux/reperes-chronologiques-33/

http://www.leparisien.fr/economie/egalite-salariale-femme-homme-ca-coince-18-09-2018-7893738.php

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/discriminations-a-l-embauche-difficultes-au-quotidien-a-la-rencontre-des-meres-celibataires-1102591.html

https://www.20minutes.fr/faits_divers/2338655-20180919-strasbourg-profil-complique-principal-suspect-disparition-etudiante

Violences conjugales. De l’utilité de #balance ton porc au meurtre d’Alexia Daval

 

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Nous venons d’apprendre que le mari éploré d’Alexia Daval venait d’avouer avoir étranglé la jeune femme au cours d’une dispute. On imagine la douleur des parents qui pleuraient la perte tragique de leur fille et maintenant perdent aussi le gendre idéal auquel ils faisaient confiance. Prudent, l’avocat de la famille Daval souligne que des aveux ne constituent pas une preuve et que seule l’enquête pourra déterminer si Jonathann est vraiment le meurtrier de son épouse.

Ce drame remet en lumière la réalité des violences conjugales, véritable fléau que nos responsables irresponsables ne sont pas vraiment soucieux sinon d’éradiquer, au moins de limiter. Les dernières statistiques connues, celles de 2016, dressent une triste bilan.

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http://pointamine.canalblog.com/archives/2013/11/25/28514804.html

Alexia Daval aurait-elle été traitée de délatrice si elle avait balancé son mari ? Les 226 000 victimes de violences conjugales de 2016 auraient-elles été traitées de délatrices si elles avaient balancé leur porc de conjoint ? Il serait temps que les accusatrices et accusateurs du mouvement #balancetonporc se réveillent pour retrouver la raison. La société française est gangrenée par la minimisation des violences que subissent les femmes à la maison, dans les rues, dans les espaces publics, à l’école et au travail. Le respect d’autrui et a fortiori le respect des hommes pour les femmes est indivisible, il est monolithique, il ne comporte ni division ni sous-ensembles. Celui qui se permet de harceler verbalement n’a aucune raison de s’abstenir de passer à l’acte, de toucher, de tripoter, de saisir, d’attraper, d’enlever, de violer et finalement de battre jusqu’à la mort.

Femmes, ne nous laissons pas intimider et museler par des femmes et des hommes de mauvaise foi qui voudraient que nous soyons toutes des victimes consentantes, des objets à la disposition des hommes, des contributrices silencieuses à la bonne marche de l’économie, des sous-hommes et des citoyennes de second rang. Continuons à balancer sans vergogne parce que…nous le valons plus que bien.

La Connectrice

Les violences au sein du couple en 2016

  • 123 femmes tuées
123 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, soit une femme tous les 3 jours. 34 hommes ont été tués par leur partenaire ou ex-partenaire, dont 3 au sein d’un couple homosexuel et 25 enfants mineurs ont été tués par l’un de leurs parents dans un contexte de violence au sein du couple.
  • 225 000 victimes déclarées ce qui représente en réalité plus d’un million de victimes puisque, selon le rapport de la MIPROF, 4 victimes/5 ne portent pas plainte.

225 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint sur une année 3 sur 4 déclarent avoir subi des faits répétés.

  • 8 sur 10 déclarent avoir été également soumises à des atteintes psychologiques et/ou des agressions verbales.
  • 4 victimes sur 5 ne portent pas plainte (chez les femmes)
Moins d’une femme sur cinq victime de violences physiques et/ou sexuelles au sein du couple déclare avoir déposé plainte.Plus de la moitié n’ont fait aucune démarche auprès d’un.e professionnel.le ou d’une association.
  • 110 000 victimes ont porté plainte

110 000 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, âgées de plus de 18 ans, ont déposé plainte ou ont fait l’objet d’une constatation par les services de police et de gendarmerie

  • • 88 % sont des femmes.
  • 70% des violences faites aux femmes sont le fait du partenaire

70% des faits de violences volontaires commis sur une femme âgée de 20 à 50 ans, parmi ceux enregistrés par les forces de sécurité, est le fait de son partenaire ou ex-partenaire (hors vols avec violence)

1 viol sur 3 commis sur une femme majeure, parmi ceux enregistrés par les forces de sécurité, est le fait de son partenaire ou ex-partenaire. 

  • 17660 personnes condamnées pour violences sur leur partenaire 

 17 660 personnes ont été condamnées pour des violences sur leur partenaire ou ex – partenaire • 96 % sont des hommes.  (Source : chiffres du Ministère de l’Intérieur)

#balancetonporc. Jean-Michel Apathie plus solidaire des victimes qu’Elisabeth Lévy

Élisabeth Lévy, directrice de la rédaction de « Causeur » et Natacha Polony, journaliste et essayiste.Les dénonciations de cas harcèlement sexuel se multiplient… Et pourtant certains et certaines dénoncent le harcèlement « féministe » : « Arrêtez la chasse à l’homme », c’est le titre de la Une du magazine Causeur. Comment nos invitées expliquent-elles ce paradoxe ?

Elisabeth Lévy et Natacha Polony ont pour priorité de défendre les pauvres hommes persécutés par les méchantes féministes qui osent prendre la parole pour dénoncer le harcèlement sexuel dont elles ont été et sont encore victimes. Je suppose que ces deux femmes sont accompagnées de gardes du corps en permanence car moi qui me déplace seule je subis encore des apostrophes immondes malgré mon grand âge.

Polony et Lévy sont furieusement égocentriques ramenant la condition des femmes à leur propre statut privilégié. Le harcèlement sexuel, elles ne connaissent pas et leurs copains mâles sont blessés et outrés par le mouvement #balancetonporc. Les hommes sont les véritables victimes à leurs yeux et elles ont envie de les materner et les protéger des allégations « délatrices » des harpies féministes. Dans l’histoire du féminisme, il n’est pas rare de voir des femmes s’opposer aux femmes en émancipation pour prendre le parti de leurs petits hommes faibles et fragiles qui ne pourraient rien sans elles.

Je trouve incroyable et ironique que, face à leur critique sévère et injuste de la campagne #balancetonporc, il faut que les hommes présents sur le plateau, le journaliste Apathie et l’animateur de l’émission Ali Baddou, remettent les choses en place. Tant mieux car sans la participation des hommes à nos luttes, nous n’avancerons pas. Et eux non plus.

Depuis le début de la campagne #balancetonporc, Elisabeth Lévy et les rédacteurs de son magazine Causeur se déchaînent contre les féministes, ces délatrices, affabulatrices, amalgamatrices, hystériques, misandres et perverses. C’est d’ailleurs un parti pris chez Causeur, l’intérêt et la vision des hommes priment sur la maltraitance par réification des femmes. Ainsi le magazine s’est prononcé fermement en faveur des clients de prostituées https://www.causeur.fr/prostitution-laurence-rossignol-clients-37821 par de nombreux articles et le lancement de la pétition 343 salauds.

causeur pute manifeste salauds

 

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Elisabeth Lévy fait partie de ces femmes qui ont largement bénéficié des luttes féministes et qui osent renier l’origine de ces bénéfices pourtant obtenus de haute lutte et pour certains pas complètement passés dans la pratique comme l’égalité salariale. Elisabeth Lévy aurait-elle accédé au poste de directrice de rédaction sans le féminisme ? A qui et quoi doit-elle de ne pas devoir demander la permission de son père , frère aîné ou mari pour étudier, travailler, ouvrir un compte en banque, contrôler son corps, etc ?

Materner les hommes de la naissance à la mort est un conditionnement psychologique qui inhibe la part de libre arbitre de nombreuses, trop nombreuses femmes.

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J’ai bien connu, de près ou de loin,  certains rédacteurs du magazine Causeur dans les années 70, grande période de la vague féministe de cette période et j’admets que nous  avons fait voir à nos hommes toutes les couleurs tant notre enthousiasme était grand. Nous remettions en cause toutes leurs prérogatives et ils s’y soumettaient parce qu’ils avaient envie de faire partie de l’aventure vers une société plus juste, plus égalitaire, plus humaine, plus généreuse et plus libre. Le féminisme faisait partie de cette belle utopie. Ces messieurs se soumettaient à nos exigences aussi parce qu’ils y trouvaient leur compte : notre libération sexuelle contribuait à la constitution de leur harem, la pilule leur permettait de sexer sans risque et sans devoir se retirer (le préservatif, ils n’ont jamais beaucoup aimé), la légalisation de l’avortement les libérait de leurs obligations, le partage des responsabilités parentales et financières les soulageaient du lourd fardeau des responsabilités, ils n’avaient plus le devoir de nous protéger nous qui n’étions plus de « faibles femmes » et ceux qui étaient mariés ou en couple pouvaient faire leur outing homosexuel, etc.

Je reconnais que nous avons parfois été excessives et injustes mais eux, ils l’étaient depuis des millénaires, ils peuvent bien nous pardonner parce qu’au final, ils n’ont pas été perdants, quoiqu’ils prétendent. S’ils avaient tout perdu, ils n’occuperaient pas encore les meilleurs postes de la société comme président, PDG, promoteur, directeur, responsable en tous genres et …producteur.

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J’avais participé à la réalisation de ce numéro et je m’étais follement amusée tant nous regorgions d’idées et d’humour.

On ne critique bien que ceux qu’on aime et il va de soi que si je n’appréciais pas moult positions du magazine Causeur je ne prendrai pas la peine d’en parler.

La Connectrice, féministe historique (depuis 1969)

La chanson Nous qui sommes sans passé, les femmes… a été d’emblée plébiscitée par les militantes du MLF. Mais, depuis notre première manifestation massive le 20 novembre 1971 (consultez une vidéo sur le site de l’INA) jusqu’aux plus récentes apparitions publiques des jeunes féministes, la fougue des manifestantes a complètement métamorphosé le rythme d’origine et rendu moins direct l’emprunt de l’Hymne du MLF au Chant des marais. « 

‘ Hymne du MLF ‘

Nous, qui sommes sans passé les femmes,
nous qui n’avons pas d’histoire,
depuis la nuit des temps, les femmes,
nous sommes le continent noir.

refrain :
Levons nous, femmes esclaves
Et brisons nos entraves,
Debout! Debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées ;
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées
(refrain)
Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
(refrain)
Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble on nous opprime, les femmes,
Ensemble révoltons-nous.
(refrain)
Le temps de la colère, les femmes
Notre temps est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers

 

 

C’est quoi le féminisme ?

Le féminisme est le mouton noir des idéologies dominantes qui sont traduites par le politiquement correct, langue commune à tous les médias.

Les féministes sont déconsidérées, leurs actions décriées, victimes de préjugés racistes et sexistes, cibles de moqueries, victimes d’une ignorance fière et crasse, haïes, critiquées quoiqu’elles fassent, assimilées à l’homosexualité, désignées comme « mal-baisées », chèvres émissaires de tous les problèmes sociétaux et responsables de la « féminisation » des mâles qui aiment à raconter qu’elles les ont castrés.

De nos jours, se dire féministe nécessite du courage et de la persévérance. La plupart des jeunes femmes qui s’insurgent contre les discriminations qui les frappent commencent leur discours par « je ne suis pas féministe mais… » de crainte d’être rejetées a priori.

De leur côté les misogynes et autres sexistes, femmes et hommes, accusent les féministes de ne pas être organisées, de manquer d’efficacité, de ne pas s’attaquer aux problèmes fondamentaux de la société, de faire défaut de sérieux, d’être absentes des débats de société institutionnalisés, de manquer de suite dans les idées, d’oublier que l’ennemi principal c’est le système capitaliste et non l’homme, d’exprimer des revendications soit excessives soit dérisoires, d’être désunies, etc.

Ces pourfendeurs du féminisme ne feraient pas les mêmes reproches à l’humanisme ou l’athéisme qui sont des courants de pensée, des philosophies, des mouvements d’opinion et des idées.

Oui, le féminisme est avant tout une philosophie et ce n’est pas par hasard si c’est une philosophe, Simone de Beauvoir, qui a écrit l’un des essais les plus complets de notre époque sur le féminisme. Le « deuxième sexe » a inspiré des générations de femmes à travers le monde depuis sa parution en 1949.L »ouvrage a été traduit dans toutes les langues et n’a cessé d’être réédité. Il a inspiré les féministes du monde entier et a servi de base théorique à leurs réflexions et leurs revendication.

La première erreur des pourfendeurs du féminisme et des féministes est de ne pas comprendre que c’est une philosophie et non un parti politique, une religion ou un syndicat. Comme la philosophie  le féminisme a ses écoles, ses tendances, ses raisonnements, ses obédiences et ses actions qui tout en étant différentes sont orientées vers la même préoccupation, la condition spécifique des femmes dans le monde, une condition qui les infériorise et les humilie.

Dès lors, il n’y a rien de contradictoire dans les actions, toutes différentes, revendiquées par des groupes de féministes qui choisissent de s’engager en faveur de la lutte contre la discrimination dans l’éducation, de la non application de la loi sur le travail, de la lutte contre le viol, de la planification des naissances, du mariage forcé, de la polygamie, de l’excision ou de la parité. Il y a tellement à faire pour supprimer les discriminations qui touchent les femmes que toutes les bonnes volontés sont utiles. Il n’y a pas vraiment de priorité car la discrimination vis-à-vis des femmes est universelle, elle s’exprime dans tous les domaines de la vie des personnes et l’activité de toutes les sociétés. Elle touche toutes les femmes du monde entier. Nous ne sommes ni assez nombreuses ni assez fortes pour nous attaquer exclusivement à certains abcès de fixation de la misogynie. Tous ces abcès méritent sans exception d’être éradiqués et chaque femme doit avoir la liberté de consacrer ses forces à l’action qui la concerne et qui la motive. C’est le principe d’un mouvement philosophique  Il n’y a pas de bonnes féministes. Il n’y a pas de mauvaises féministes. Il n’y a que des féministes et des misogynes qui peuvent d’ailleurs être hommes ou femmes.

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