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Archives de Tag: anti-féminisme

#balancetonporc. Jean-Michel Apathie plus solidaire des victimes qu’Elisabeth Lévy

Élisabeth Lévy, directrice de la rédaction de « Causeur » et Natacha Polony, journaliste et essayiste.Les dénonciations de cas harcèlement sexuel se multiplient… Et pourtant certains et certaines dénoncent le harcèlement « féministe » : « Arrêtez la chasse à l’homme », c’est le titre de la Une du magazine Causeur. Comment nos invitées expliquent-elles ce paradoxe ?

Elisabeth Lévy et Natacha Polony ont pour priorité de défendre les pauvres hommes persécutés par les méchantes féministes qui osent prendre la parole pour dénoncer le harcèlement sexuel dont elles ont été et sont encore victimes. Je suppose que ces deux femmes sont accompagnées de gardes du corps en permanence car moi qui me déplace seule je subis encore des apostrophes immondes malgré mon grand âge.

Polony et Lévy sont furieusement égocentriques ramenant la condition des femmes à leur propre statut privilégié. Le harcèlement sexuel, elles ne connaissent pas et leurs copains mâles sont blessés et outrés par le mouvement #balancetonporc. Les hommes sont les véritables victimes à leurs yeux et elles ont envie de les materner et les protéger des allégations « délatrices » des harpies féministes. Dans l’histoire du féminisme, il n’est pas rare de voir des femmes s’opposer aux femmes en émancipation pour prendre le parti de leurs petits hommes faibles et fragiles qui ne pourraient rien sans elles.

Je trouve incroyable et ironique que, face à leur critique sévère et injuste de la campagne #balancetonporc, il faut que les hommes présents sur le plateau, le journaliste Apathie et l’animateur de l’émission Ali Baddou, remettent les choses en place. Tant mieux car sans la participation des hommes à nos luttes, nous n’avancerons pas. Et eux non plus.

Depuis le début de la campagne #balancetonporc, Elisabeth Lévy et les rédacteurs de son magazine Causeur se déchaînent contre les féministes, ces délatrices, affabulatrices, amalgamatrices, hystériques, misandres et perverses. C’est d’ailleurs un parti pris chez Causeur, l’intérêt et la vision des hommes priment sur la maltraitance par réification des femmes. Ainsi le magazine s’est prononcé fermement en faveur des clients de prostituées https://www.causeur.fr/prostitution-laurence-rossignol-clients-37821 par de nombreux articles et le lancement de la pétition 343 salauds.

causeur pute manifeste salauds

 

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Elisabeth Lévy fait partie de ces femmes qui ont largement bénéficié des luttes féministes et qui osent renier l’origine de ces bénéfices pourtant obtenus de haute lutte et pour certains pas complètement passés dans la pratique comme l’égalité salariale. Elisabeth Lévy aurait-elle accédé au poste de directrice de rédaction sans le féminisme ? A qui et quoi doit-elle de ne pas devoir demander la permission de son père , frère aîné ou mari pour étudier, travailler, ouvrir un compte en banque, contrôler son corps, etc ?

Materner les hommes de la naissance à la mort est un conditionnement psychologique qui inhibe la part de libre arbitre de nombreuses, trop nombreuses femmes.

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J’ai bien connu, de près ou de loin,  certains rédacteurs du magazine Causeur dans les années 70, grande période de la vague féministe de cette période et j’admets que nous  avons fait voir à nos hommes toutes les couleurs tant notre enthousiasme était grand. Nous remettions en cause toutes leurs prérogatives et ils s’y soumettaient parce qu’ils avaient envie de faire partie de l’aventure vers une société plus juste, plus égalitaire, plus humaine, plus généreuse et plus libre. Le féminisme faisait partie de cette belle utopie. Ces messieurs se soumettaient à nos exigences aussi parce qu’ils y trouvaient leur compte : notre libération sexuelle contribuait à la constitution de leur harem, la pilule leur permettait de sexer sans risque et sans devoir se retirer (le préservatif, ils n’ont jamais beaucoup aimé), la légalisation de l’avortement les libérait de leurs obligations, le partage des responsabilités parentales et financières les soulageaient du lourd fardeau des responsabilités, ils n’avaient plus le devoir de nous protéger nous qui n’étions plus de « faibles femmes » et ceux qui étaient mariés ou en couple pouvaient faire leur outing homosexuel, etc.

Je reconnais que nous avons parfois été excessives et injustes mais eux, ils l’étaient depuis des millénaires, ils peuvent bien nous pardonner parce qu’au final, ils n’ont pas été perdants, quoiqu’ils prétendent. S’ils avaient tout perdu, ils n’occuperaient pas encore les meilleurs postes de la société comme président, PDG, promoteur, directeur, responsable en tous genres et …producteur.

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J’avais participé à la réalisation de ce numéro et je m’étais follement amusée tant nous regorgions d’idées et d’humour.

On ne critique bien que ceux qu’on aime et il va de soi que si je n’appréciais pas moult positions du magazine Causeur je ne prendrai pas la peine d’en parler.

La Connectrice, féministe historique (depuis 1969)

La chanson Nous qui sommes sans passé, les femmes… a été d’emblée plébiscitée par les militantes du MLF. Mais, depuis notre première manifestation massive le 20 novembre 1971 (consultez une vidéo sur le site de l’INA) jusqu’aux plus récentes apparitions publiques des jeunes féministes, la fougue des manifestantes a complètement métamorphosé le rythme d’origine et rendu moins direct l’emprunt de l’Hymne du MLF au Chant des marais. « 

‘ Hymne du MLF ‘

Nous, qui sommes sans passé les femmes,
nous qui n’avons pas d’histoire,
depuis la nuit des temps, les femmes,
nous sommes le continent noir.

refrain :
Levons nous, femmes esclaves
Et brisons nos entraves,
Debout! Debout !

Asservies, humiliées, les femmes
Achetées, vendues, violées ;
Dans toutes les maisons, les femmes,
Hors du monde reléguées
(refrain)
Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée,
Ils nous ont divisées, les femmes,
Et de nos sœurs séparées.
(refrain)
Reconnaissons-nous, les femmes,
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble on nous opprime, les femmes,
Ensemble révoltons-nous.
(refrain)
Le temps de la colère, les femmes
Notre temps est arrivé
Connaissons notre force, les femmes
Découvrons-nous des milliers

 

 

C’est quoi le féminisme ?

Le féminisme est le mouton noir des idéologies dominantes qui sont traduites par le politiquement correct, langue commune à tous les médias.

Les féministes sont déconsidérées, leurs actions décriées, victimes de préjugés racistes et sexistes, cibles de moqueries, victimes d’une ignorance fière et crasse, haïes, critiquées quoiqu’elles fassent, assimilées à l’homosexualité, désignées comme « mal-baisées », chèvres émissaires de tous les problèmes sociétaux et responsables de la « féminisation » des mâles qui aiment à raconter qu’elles les ont castrés.

De nos jours, se dire féministe nécessite du courage et de la persévérance. La plupart des jeunes femmes qui s’insurgent contre les discriminations qui les frappent commencent leur discours par « je ne suis pas féministe mais… » de crainte d’être rejetées a priori.

De leur côté les misogynes et autres sexistes, femmes et hommes, accusent les féministes de ne pas être organisées, de manquer d’efficacité, de ne pas s’attaquer aux problèmes fondamentaux de la société, de faire défaut de sérieux, d’être absentes des débats de société institutionnalisés, de manquer de suite dans les idées, d’oublier que l’ennemi principal c’est le système capitaliste et non l’homme, d’exprimer des revendications soit excessives soit dérisoires, d’être désunies, etc.

Ces pourfendeurs du féminisme ne feraient pas les mêmes reproches à l’humanisme ou l’athéisme qui sont des courants de pensée, des philosophies, des mouvements d’opinion et des idées.

Oui, le féminisme est avant tout une philosophie et ce n’est pas par hasard si c’est une philosophe, Simone de Beauvoir, qui a écrit l’un des essais les plus complets de notre époque sur le féminisme. Le « deuxième sexe » a inspiré des générations de femmes à travers le monde depuis sa parution en 1949.L »ouvrage a été traduit dans toutes les langues et n’a cessé d’être réédité. Il a inspiré les féministes du monde entier et a servi de base théorique à leurs réflexions et leurs revendication.

La première erreur des pourfendeurs du féminisme et des féministes est de ne pas comprendre que c’est une philosophie et non un parti politique, une religion ou un syndicat. Comme la philosophie  le féminisme a ses écoles, ses tendances, ses raisonnements, ses obédiences et ses actions qui tout en étant différentes sont orientées vers la même préoccupation, la condition spécifique des femmes dans le monde, une condition qui les infériorise et les humilie.

Dès lors, il n’y a rien de contradictoire dans les actions, toutes différentes, revendiquées par des groupes de féministes qui choisissent de s’engager en faveur de la lutte contre la discrimination dans l’éducation, de la non application de la loi sur le travail, de la lutte contre le viol, de la planification des naissances, du mariage forcé, de la polygamie, de l’excision ou de la parité. Il y a tellement à faire pour supprimer les discriminations qui touchent les femmes que toutes les bonnes volontés sont utiles. Il n’y a pas vraiment de priorité car la discrimination vis-à-vis des femmes est universelle, elle s’exprime dans tous les domaines de la vie des personnes et l’activité de toutes les sociétés. Elle touche toutes les femmes du monde entier. Nous ne sommes ni assez nombreuses ni assez fortes pour nous attaquer exclusivement à certains abcès de fixation de la misogynie. Tous ces abcès méritent sans exception d’être éradiqués et chaque femme doit avoir la liberté de consacrer ses forces à l’action qui la concerne et qui la motive. C’est le principe d’un mouvement philosophique  Il n’y a pas de bonnes féministes. Il n’y a pas de mauvaises féministes. Il n’y a que des féministes et des misogynes qui peuvent d’ailleurs être hommes ou femmes.

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