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Cinéma. Après les Juifs, le camp de Drancy héberge SDF et psychiatrisés. La Cité muette – un film de Sabrina Van Tassel

Publié le

Plus de 80% des déportés français sont partis de Drancy. Ce wagon mémorial n’appartient pas à la SNCF qui n’a pas transporté les juifs vers leur destination finale …  http://www.francebleu.fr/infos/le-grand-format/choixredac-50

Camp de Drancy.   Alois Brunner, le commandant nazi du camp de Drancy figurant sur la liste n°1 des criminels de guerre, condamné à mort en France en 1954 par contumace, gagneront le Proche-Orient, leur antisémitisme y trouvant un prolongement dans le conflit avec Israël ; en Syrie, où Brunner deviendra en 1971 conseiller en techniques de torture des services secrets du président Hafez el-Assad, le père de l’actuel dirigeant de Damas, en Irak ou en Egypte.http://libeptt.org/congres%20brives%202014%20le_dossier.htm

Photo prise en 1942 de juifs internés dans le camp de Drancy après avoir transité par le stade du Vélodrome d'Hiver à Paris. Le 16 juillet 1942 et les jours suivants, près de 13.000 Juifs - dont 4.115 enfants - sont arrêtés à leur domicile à Paris et dans la région parisienne sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy. (AFP)

Photo prise en 1942 de juifs internés dans le camp de Drancy après avoir transité par le stade du Vélodrome d’Hiver à Paris. Le 16 juillet 1942 et les jours suivants, près de 13.000 Juifs – dont 4.115 enfants – sont arrêtés à leur domicile à Paris et dans la région parisienne sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy. (AFP) http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120716.OBS7327/une-majorite-de-jeunes-ne-sait-pas-ce-qu-est-la-rafle-du-vel-d-hiv.html

http://fondationshoah.org/FMS/Drancy-la-cite-muette-un-film-de

Avant-première – Mer. 6 mai 2015, 20h – Paris – À première vue la Muette est une cité HLM banale, comme il en existe des milliers en région parisienne. Pourtant derrière ces murs se cache l’ancien camp de Drancy où près de 63 000 Juifs furent internés avant de partir dans les camps de la mort. L’endroit a été réhabilité en logement social au lendemain de la guerre. 500 personnes vivent ici au rythme des commémorations et côtoient les anciens internés venus se recueillir.

Comment a-t-on pu rendre habitable le plus grand camp d’internement de France dès le lendemain de la guerre ? Pourquoi a-t-on occulté de manière si peu éthique la mémoire de ce lieu ?

De sa construction à nos jours, cet ensemble d’immeubles en fer à cheval n’a pas encore livré tous ses secrets. Ce documentaire propose un voyage dans le temps à travers les vestiges d’origine de la cité, les archives de la ville et le souvenir des survivants, confronté aux témoignages des habitants d’aujourd’hui. En retournant avec eux sur les traces de leur passage, les différents visages de Drancy apparaissent au grand jour, pour mieux cerner l’histoire oubliée du plus grand camp d’internement français.

Documentaire, France, 90 mn, J2F Productions, 2014, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Sélectionné au Festival du film français de Los Angeles 2015

Sortie en salle : mercredi 13 mai 2015

Dossier de presse (pdf)

Avant-première

Mercredi 6 mai 2015, 20h

Cinéma Grand Action
5 rue des Écoles 75005 Paris

25 invitations pour 2 personnes à gagner en envoyant vos coordonnées complètes à communication@fondationshoah.org

À voir, à lire

Le Mémorial de la Shoah à Drancy

La Tribu de Rivka, un film de Sabrina Van Tassel (Injam Production, 2010)

À l’intérieur du camp de Drancy, Annette Wieviorka et Michel Laffitte (Editions Perrin, 2012)

Passeport pour Auschwitz. Correspondance d’un médecin du camp de Drancy, Zacharie Mass, (Coll. Témoignages de la Shoah, FMS / Le Manuscrit, 2012)

Berthe chérie. Correspondance clandestine de Paul Zuckermann à sa fiancée. Drancy, août 1941 – septembre 1942 (Éditions du Retour, 2014)

Libération d’Auschwitz il y a 70 ans. Le génocide n’a pas servi de leçon d’humanité.

Tatouage effectué sur le bras d’une déportée à son arrivée à Auschwitz. Photo LC

Aujourd’hui les chefs d’Etat de la communauté internationale étaient réunis à Auschwitz pour célébrer le 70ème anniversaire de la libération du camp par l’armée soviétique. En réalité, il ne restait plus beaucoup de monde dans ce camp car, une semaine plus tôt, le 18 janvier 1945, les nazis l’avaient évacué à l’approche des troupes soviétiques. Environ 2 000 prisonniers, dont la Ministre Simone Veil, furent soumis à ce qui est resté dans les annales comme « la marche de la mort ». Avant le départ, un certain nombre de prisonniers jugés trop faibles ou encombrants furent fusillés dans les bois voisins. Environ la moitié des prisonniers parvinrent à destination.

Malheureusement, ces commémorations et le devoir de mémoire n’ont aucun impact sur l’éradication de l’antisémitisme. Au contraire, les actes antisémites ont doublé de 2013 à 2014 et parmi eux, la violence contre les personnes a augmenté de 130%. Sur un plateau de Itélé un membre du CRIF expliquait que ce qui est nouveau dans les actes antisémites, ce sont précisément les violences aux personnes et les assassinats de juifs pour la seule raison qu’ils sont juifs, le mobile exact des nazis. Bien entendu Audrey Pulvar s’est chargée de mettre en balance les actes antisémites avec les actes islamophobes, réaction classique lamentabble. Comment peut-on comparer les agressions physiques et meurtrières avec une flaque de sang de porc répandue devant une mosquée ?

Dans le monde entier, la France est montrée du doigt pour être le pays le plus antisémite d’Europe. Je l’entendais encore ce jour en écoutant la BBC. Les Juifs de la diaspora qui ont de la famille en France sont extrêmement inquiets pour eux et les invitent à émigrer.

L’antisémitisme a de tous temps été un mal français lié à ses origines catholiques, « la fille aînée de l’Eglise ». Des décennies de petits français ont appris que les juifs « avaient tué le petit Jésus » et que le peuple élu était un peuple déicide. Ce n’est qu’en 2011 que le  pape Benoît XVI « exonère les juifs » de la responsabilité de la mort du Christ (1) Cet antisémitisme historique et passif resurgit au moindre prétexte et malgré la diminution drastique de la communauté juive française qui représente aujourd’hui à peine 1% de la population. Récemment le dédommagement des juifs étrangers internés puis déportés par la France dans des wagons SNCF jusqu’aux camps de la mort a provoqué des réactions extrêmement hostiles (2)

Si le devoir de mémoire est une nécessité absolue pour les survivants de l’holocauste, leur famille, leurs proches et leurs amis, il est une corvée pour les autres qui le qualifient de « shoah business » comme j’ai pu le lire maintes fois sur l’internet. Non, la shoah, l’extermination des juifs et la spoliation de leurs bien scientifiquement organisés, n’a pas servi de leçon à l’humanité. Non seulement les Juifs sont toujours le bouc émissaire de tous les maux de la terre mais des drames atroces continuent à se produire dans le monde comme par exemple la persécution des chrétiens (viols, meurtres, terreur) par Boko Haram au Nigéria.

Contrairement à ce que l’on peut entendre dans les médias, l’extermination de 6 millions de juifs n’a pas servi de leçon aux hommes qui continuent de s’entretuer, de piller, de violer, de martyriser et de génocider un peu partout dans le monde. Non seulement il ne sert pas de leçon mais la Shoah est controversée par ceux qui prétendent qu’on n’a gazé que des poux à Auschwitz, que les chambres à gaz n’ont jamais existé, que le nombre de victimes est surestimé ou qui la mette en balance pour la minimiser avec d’autres crimes de l’humanité. Dans les pays musulmans, des manifestants brandissent des pancartes sur lesquelles on lit : « Hitler n’a pas fini le travail » et la traduction en arabe de « Mein Kampf y est un best seller constant depuis des décades..

En France on n’ose pas dire que la progression de l’antisémitisme est proportionnelle à la progression de l’islamisation. C’est pourtant une évidence qui se manifeste par des actes antisémites commis par les Musulmans mais aussi par la levée du tabou de l’antisémitisme chez les chrétiens qui profitent de la brèche pour s’y engouffrer, notamment au prétexte de l’antisionisme et de la défense des Palestiniens.

Je ne pense pas que le devoir de mémoire puisse changer quoi que ce soit à l’antisémitisme en France, par contre je suis persuadée que lutter contre l’islamisation de notre pays, refuser les accommodements raisonnables et nommer la réalité des faits ferait baisser considérablement les actes et propos antisémites et par la même occasion le sexisme qui lui aussi se porte bien : 200 femmes violées toutes les 24 h.

L’islamisation de la France et de sa culture a provoqué la remise en question de nos lois, de nos principes, de nos coutumes, de nos rituels et ce qui paraissait évident il y a 15 ans encore suscite l’interrogation et parfois le mépris. Sont mis sur la brèche la laïcité, la nationalité, l’idée de Nation, le patriotisme, le drapeau français, la Marseillaise, notre alimentation (vin et cochon), l’émancipation des femmes et leur égalité sociale, nos origines judéo-chrétiennes, l’histoire catholique de la France et …l’impact et la responsabilité de la Shoah de nos parents et grand-parents.

La France est antisémite parce qu’elle est islamisée.

La Connectrice

Témoignage de rescapés http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/auschwitz/video-auschwitz-les-derniers-survivants-temoignent-de-l-enfer-des-camps-d-extermination_804825.html

Témoignage de Simone Veil en 1995

Une baraque de femmes à Auschwitz http://autourdelaliberte.blogspot.com/2011/04/souvenirs-dauschwitz-70-ans-plus-tard.html

Une baraque de femmes à Auschwitz http://autourdelaliberte.blogspot.com/2011/04/souvenirs-dauschwitz-70-ans-plus-tard.html

Des soldats soviétiques sont entrés à Auschwitz http://english.peopledaily.com.cn/200501/26/eng20050126_171970.html D’après la source, la photo aurait été prise par les soviétiques et tout le monde y est si propre que je me demande s’il ne s’agit pas d’une pause à destination de la propagande stalinienne …

A la vue de cette photo, on comprend que Vladimir Poutine n’ait pas participé à la Cérémonie du 70ème anniversaire de la libération d’Auschwitz. En effet, l’un des mythes de la Russie soviétique est d’avoir vaincu le nazisme à elle toute seule. Poutine n’a pas supporté d’entendre le président polonais dire que les Ukrainiens avaient libéré Auschwitz. Dans son discours au cours de la cérémonie qu’il a organisée à Moscou avec le grand rabbin de Russie, il insiste sur le fait que c’est l’armée soviétique composée d’Ukrainiens et de soldats originaires de toutes les républiques soviétiques qui ont libéré le camp. Cette polémique est particulièrement déplacée, voir obscène et donne une fois de plus la preuve que Poutine se prend pour le tsar et fonde sa popularité sur l’impérialisme russe. LC

Pour en savoir plus

  • (1)Le pape Benoît XVI « exonère les juifs » de la responsabilité de la mort du Christ 

http://www.debriefing.org/30622.html

05/03/2011

Article repris du site Zenit.
ROME, Jeudi 3 mars 2011 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI « exonère les juifs » de la responsabilité de la mort du Christ : l’ambassade d’Israël près le Saint-Siège salue aujourd’hui, dans un communiqué en anglais et en italien, la lecture du procès de Jésus faite par Benoît XVI dans le second tome de son livre sur Jésus de Nazareth qui traite de la mission, de la mort et de la résurrection du Christ (cf. Zenit du 2 mars 2011).

Le livre sera présenté à la presse le 10 mars à Rome et à Paris notamment, et il est publié en français aux Editions du Rocher (Parole et Silence). Trois extraits ont été publiés dès le 2 mars dans la presse italienne.

Le communiqué salue le fait que le pape à plusieurs reprises insiste dans son livre pour « exonérer les juifs de la responsabilité de la mort de Jésus ».

Israël espère que les catholiques du monde entier accueilleront le message du pape dans ce sens : « Nous espérons que sa vision positive sera une source d’inspiration pour plus d’un milliard de catholiques dans le monde entier ».

L’ambassade salue les progrès des relations entre juifs et catholiques depuis le Concile Vatican II en disant : « Ses paroles sont cohérentes avec la politique officielle de l’Eglise depuis la déclaration Nostra Aetate de 1965. C’est en outre une confirmation de la position bien connue du pape en faveur du peuple juif et de l’Etat d’Israël ».

Et d’ajouter, toujours à propos de la déclaration conciliaire : « Nous ne devons pas oublier que sans Nostra Aetate il n’y aurait pas eu de processus de réconciliation entre juifs et catholiques d’une part et le Saint-Siège et l’Etat d’Israël d’autre part ».

C’est la signature, sous le pontificat de Jean-Paul II, de l’Accord fondamental du 30 décembre 1993 qui a permis, avec la reconnaissance d’Israël par le Saint-Siège, l’échange de représentations diplomatiques.

La lecture de Benoît XVI commente en particulier l’expression « les juifs » typique de l’évangéliste Jean et amplement mise en lumière par l’exégèse catholique récente, notamment francophone : elle ne désigne pas le peuple juif en tant que tel, et, souligne le pape, ne revêt de caractère « raciste ». En effet, l’apôtre Jean était lui-même « un Israélite, tout comme Jésus et tous les siens ».

Pour sa part, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a adressé jeudi une lettre au pape Benoît XVI pour saluer le « courage et la « clarté » de sa lecture en disant, rapporte l’AFP : « Je vous félicite pour avoir rejeté dans votre nouveau livre la fausse accusation qui a servi de base à la haine des juifs pendant des siècles ».

Anita S. Bourdin

© Zenit

  • L’information incomplète et orientée de cette indemnisation de 60 millions une fois (l’Aide médicale d’Etat réservée aux étrangers illégaux nous coûte près de 800 millions d’euros chaque année) suscite une indignation générale des français de tous bords, un triste retour sur la légitimité des indemnisations et réparations dues aux Juifs qui ont été exterminés, esclavagisés, torturés, humiliés, exclus de la société et spoliés (leurs biens confisqués, volés, récupérés) par les Allemands et leurs complices français.

https://laconnectrice.wordpress.com/2014/12/12/lindemnisation-des-juifs-etrangers-deportes-par-la-france-suscite-des-reactions-antisemites/

  • Journée de la mémoire de l’holocause en 2012

https://laconnectrice.wordpress.com/2012/01/28/journee-de-la-memoire-de-lholocauste-et-de-la-prevention-des-crimes-contre-lhumanite/

  • Polémique sur Yad Vashem, musée et mémorial de l’holocauste en Israël

https://laconnectrice.wordpress.com/2009/01/29/effacez-le-nom-de-mon-grand-pere-a-yad-vashem/

Le tapis juif -Jew- de braguette -Fly-. SchadenFreude ou maladresse ?

La chaîne de magasins FLY a appelé deux de ses tapis « Jew ». Un client a été surpris et choqué et a mis l’information sur Twitter. La direction de FLY, surprise et embarrassée a expliqué qu’il s’agissait d’une maladresse, que ces tapis faisaient partie de la collection « Jewel » dont « Jew » était l’abréviation.http://www.lexpress.fr/actualite/societe/le-tapis-juif-de-fly-bientot-renomme_1180968.html#xtor=AL-447

Selon nos références historiques et culturelles, cette anecdote peut faire sourire ou pleurer.

Elle peut aussi mettre en colère et on pourrait imaginer des hordes de Juifs saccageant les magasins Fly à coup de barres de fer, de battes de baseball, y lancer des cocktails molotov, agresser le personnel et éventuellement séquestrer la direction jusqu’à ce que tous les catalogues et étiquettes incriminés soient retirés de partout. On peut aussi imaginer des Juifs distribuant des tracts et empêchant les clients d’acheter des tapis « Fly » comme certains organisent le boycott de produits en provenance d’Israël.

Mes références personnelles me feraient plutôt pleurer car je me souviens avoir vu à Berlin une exposition sur l’exploitation rationnelle du Juif sous toutes ses formes. Dans les vitrines j’ai vu des tapis en cheveux de Juifs, des abats-jour et des chaises recouverts de peau de juifs.Il y avait aussi des savons à la graisse de juifs.

Rappelons que les nazis avaient organisé l’exploitation des Juifs dans les moindres détails, dans une vision industrielle et que nous le savons parce qu’ils tenaient des registres et des livres de comptes dignes de toute industrie performante et compétitive. Les biens des Juifs étaient confisqués pour être redistribués en Allemagne, les personnes étaient tenues en esclavage dans les usines d’armement et d’équipement militaire, celles qui étaient envoyés dans les camps d’extermination étaient utilisées comme cobayes avant d’être tuées et leurs restes étaient récupérés jusqu’aux tresses des femmes et des prothèses dentaires. Au musée d’Auschwitz, on peut voir des tas de lunettes, prothèses, cheveux, vêtements, nécessaires de rasage, valises qui ne représentent qu’une infime partie de la rapine nazie sur les personnes passées par les chambres à gaz et les fours crématoires.

Alors bien sûr, je veux bien croire à la maladresse d’un employé de Fly, je veux bien croire à l’ignorance du comité de relecture comme je peux croire aussi que quelqu’un se soit secrètement réjoui de faire une telle « blague ». Les employés alsaciens de Fly connaissent certainement l’expression « SchadenFreude », se réjouir secrètement du malheur d’autrui, la joie maligne ou délectation morbide.

Je suis française, humaniste et je défends ma culture

J’ai reçu ce témoignage d’une retraitée française née après guerre en Dordogne et je vous le livre tout cru car je trouve qu’il traduit parfaitement ce que beaucoup de Françaises et de Français éprouvent aujourd’hui face à des changements non souhaités, non indispensables, non productifs de civilisation et inquiétants pour l’avenir de toutes et tous, Français comme étrangers,  qui vivent en France et aiment leur pays.

Dans mon enfance et ma jeunesse, il n’y avait pas de Français de souche. Nous étions tous français et fiers de l’être quand nous nous rendions à l’étranger, chauvins et arrogants, même. Nous étions persuadés qu’en matière de culture, nous étions les meilleurs et le reste du monde nous le rendait bien qui nous ouvrait grand les bras et nous adorait. Etre française constituait un véritable avantage qui nous ouvrait toutes les portes et les bras des garçons, même de ceux qui ne nous plaisaient pas. Le Français était alors LA langue diplomatique et, à travers l’Europe, les élites le pratiquaient couramment, à l’image du duc de Metternich qui, à l’occasion de la fameuse dictée de Prosper Mérimée, n’avait fait aucune faute quand Napoléon III en avait commit 33.

Il y avait les Français et les étrangers dont la plupart étaient aussi français même quand ils étaient espagnols ou italiens car la cohésion sociale et nationale allait de soi au point qu’on n’en parlait même pas. « Cohésion sociale » et « vivre ensemble » ou « identité nationale » n’étaient pas utilisés aussi fréquemment qu’ils le sont aujourd’hui. Mes camarades espagnoles et italiennes, une minorité tout de même, maîtrisaient autant que moi la langue française, allaient à l’école laïque et respectaient les usages de la politesse en vigueur. Il ne m’est jamais venu à l’idée de leur demander quel était leur statut administratif sur le territoire…Vraies Françaises ou pas, cela ne faisait aucune différence dans nos quotidiens. Par contre, nous raffolions du soupçon d’exotisme qu’elles partageaient avec nous, notamment par la gastronomie.

Je suis née en France d’une mère française et d’un père immigré tombé près d’elle par hasard, du fait de la guerre. Sans la guerre, ils ne se seraient jamais rencontrés. Ma mère n’avait jamais quitté sa Dordogne natale et mon père, chassé de Pologne parce que juif,  était venu faire des études universitaires à Paris. Ils se sont rencontrés en zone libre. Tardivement j’ai un jour demandé à mon père ce qui l’avait frappé en arrivant en France. Il m’a répondu que c’était la liberté d’aller et venir sans être menacé, de ne pas avoir à descendre d’un trottoir quand il croisait un catholique, de pouvoir étudier tranquillement sans craindre d’être défenestré de la salle de classe par un catholique, de n’être chassé d’aucun lieu public et d’être considéré comme un homme à l’égal des autres. Après il m’a parlé de l’artichaut. Il n’en avait jamais vu en Pologne et ne savait pas comment le consommer. Observant son hésitation, un client du restaurant lui a gentiment expliqué comment faire. C’était en 1937 à Paris, du côté de Belleville. La vie était belle même si, parfois, il n’avait rien à faire bouillir dans sa marmite.

Ma mère et mon grand-père maternel étaient amoureux de littérature française. Non seulement ils lisaient beaucoup mais ils leur plaisait d’écrire. Ma mère a toujours entretenu une correspondance fournie avec ses amies et sa famille. Mon grand-père écrivait des discours pour toutes les occasions laïques et religieuses. Ma mère racontait avoir amélioré le français de mon père en lui faisant lire « Sans famille », d’Hector Malot. Mon père a toujours conservé un accent bizarre mais maîtrisait parfaitement la langue française écrite et parlée. Il écrivait avec style et ne commettait pas de fautes d’orthographe. Pourtant, il n’avait guère eu le temps de poursuivre ses études. Arrivé à Paris en 37, il avait du abandonner l’université à la déclaration de guerre en 1939.

Mon père aimait la France, sa gastronomie, sa culture et se disait assimilé. Il n’avait pas pour autant renoncé à certains aspects de sa culture d’origine qu’il aimait partager avec sa famille. Violoniste, il jouait souvent des airs de son folklore et  chantait des chansons en polonais, en hébreu ou en yiddish. Comme beaucoup de gens originaires des pays de l’Est, il appréciait la musique tzigane et en jouait.

Pain azyme, la « matza’ comme disait mon père

Le tripotage : chaque hiver on tuait un cochon et toutes les vieilles cousines venaient aider à la confection des saucisses, du boudin , des pâtés et des jambons. Les boudins cuisaient dans une soupe aux choux, le jimboura, qu’on allait distribuer à tout le voisinage.

Juif non pratiquant, il célébrait les fêtes les plus importantes en nous apportant de la matza, des concombres malossol, du hareng mariné, du saumon fumé de chez Klappish, du saucisson à la graisse d’oie de chez Goldenberg, du halva ou de la hallah. Nous adorions cette nourriture  qui changeait des entrecôtes à la bordelaise, de la lamproie, du foie gras truffé, des cèpes sautés à l’ail et au persil, de la daube et de l’omelette basquaise. Mon père avait gardé des liens très forts avec sa famille survivante d’Auschwitz mais aussi avec des amis d’enfance qui, comme lui, étaient venus à Paris pour y faire des études en toute liberté. Il était tout à la fois fier d’être juif, fier d’être français et fier d’être polonais.

La lamproie, un poisson « préhistorique » qu’on pêchait dans la Dordogne où il venait frayer au printemps. Comme sur la photo, on le suspendait afin qu’il se vide de son sang après avoir fendu sa queue. Ensuite, on le cuisinait façon civet avec le sang, du vin et des poireaux.

Mes parents ne se disputaient pas pour des questions de religion. J’ai reçu une éducation protestante et ils avaient souhaité que je déciderais moi-même, à quinze ans, si je voulais prendre le baptême. Mon père accompagnait ma mère au temple et jouait dans son orchestre. Ma mère accompagnait mon père aux rares fêtes juives auxquelles il participait. Je ne les ai jamais entendu argumenter sur leurs religions réciproques, sans doute parce que mon père, non croyant après la Shoah, avait les idées très larges et qu’il comptait sur mon intelligence pour faire les meilleurs choix. Il croyait au Bien et ça s’arrêtait là. Il mettait ses idées en pratique par la générosité. Il donnait à tout le monde. Il était particulièrement bienveillant. Ma mère était fière d’avoir trouvé son Juif à elle, cet enfant du Peuple élu comme elle aimait à le dire. Dans cette région, la plupart des protestants s’étaient fait un devoir de sauver des juifs. Mon grand-père et ma mère cachaient un jeune enfant et protégeaient mon père. Grâce à eux, l’enfant et mon père ont été sauvés de la haine nazie.

Une baraque de femmes à Auschwitz http://autourdelaliberte.blogspot.com/2011/04/souvenirs-dauschwitz-70-ans-plus-tard.html

En Pologne, mon père avait connu la misère, la famine, le harcèlement, les persécutions et la discrimination. Il avait aussi connu la solidarité. Celle du professeur qui lui avait donné bénévolement des leçons de violon et celle de ses camarades polonais qui partageaient leur repas avec lui quand ils le pouvaient. Le jeune homme acceptait avec reconnaissance, même quand il y avait du cochon.

Il ne cherchait pas à se venger pour autant de ses misères d’enfance et de jeunesse. Au contraire, il voulait profiter de ce que la vie pouvait donner de meilleur et le partager avec  autrui. Il était reconnaissant à la France de lui avoir donné une deuxième chance et de l’avoir adopté sans hésitation. Il gardait un grand amour pour la Pologne malgré le mal qu’elle lui avait fait. Lors d’un voyage dans les années 80, il retrouva des amis catholiques qui avaient survécu à la guerre et qui lui firent la fête. Il disait que le Vatican était responsable du massacre des Juifs polonais et faisait la distinction entre le peuple de Pologne et la guerre de religion qui l’avait entraîné à commettre des actes épouvantables.

Ghetto juif polonais avant la guerre http://israel-chronique-en-ligne.over-blog.com/article-le-peuple-juif-a-travers-le-monde-avant-la-shoah-64847494.html

J’ai donc été pétrie de notions humanistes comme la tolérance, le partage, la compassion, la générosité, le respect d’autrui, la sincérité, l’honnêteté et l’indulgence, ainsi que de notions républicaines comme la laïcité, le bien public, le bien commun .

Il y avait toutefois une chose que ma famille protestante et ma famille juive partageaient, la détestation du clergé et un anticléricalisme ferme mais bon enfant. La laïcité était pour eux une fierté et, dans mon enfance, tout le monde comprenait ce que ça voulait dire, on n’avait pas besoin de l’expliciter et encore moins de la justifier. Ce consensus passait par l’école laïque qui, alors, n’avait pas honte de dire son nom. C’est pourtant dans cette école laïque que des camarades de classe m’ont dit un jour : « ton père est juif, il a tué le petit Jésus ». Pour ma part, il ne m’était jamais venu à l’esprit d’accuser mes camarades catholiques de quoi que ce soit. Au contraire, je les enviais car ils avaient des rituels très séduisants, voire appétissants. A Noël, ils montaient de jolies crêches avec des jésus en sucre rose et pour les rameaux, ils arboraient des branches de buis garnies de friandises, en particulier de cornivelles, des sablés aux grains d’anis candy bleu blanc et rouge. Un soir de Noël, j’ai accompagné des camarades à la messe de minuit, avec l’accord de mes parents, pensant y retrouver l’atmosphère que décrivait Alphonse Daudet dans ses contes. Je dois avouer avoir été un peu déçue, ce n’était ni aussi rigolo, ni aussi appétissant et plutôt ennuyeux. C’était normal car en rentrant chez moi, j’ai trouvé une maison sombre et glacée, tout le monde était endormi et aucun repas plantureux ne m’attendait dans la bonne odeur des chandelles et de la dinde rôtie. Rien pour tenter Dom Balaguère.

Dans la région, il y avait bien d’autres immigrés. Des maçons italiens, des républicains espagnols, un Russe blanc, une famille togolaise. Les Espagnols étaient majoritaires. On disait « les Républicains » et ça parlait à tout le monde. Ils étaient tous parfaitement intégrés et je n’ai jamais entendu l’un d’entre eux insulter les Français et la France, se plaindre de discrimination ou de racisme. Et pourtant je pense que le racisme était encore une conviction idéologique répandue  l’époque. L’harmonie apparente qui régnait entre les différentes communautés tenait sans doute à ce qu’il y avait du travail pour tout le monde et que la population immigrée, très minoritaire alors, était facilement absorbée par la population autochtone. En sociologie, on dit qu’un groupe peut absorber au maximum 10% d’une population exogène. Au-delà de 10% apparaissent des conflits. Par ailleurs, il y avait très peu de délinquance. Les maisons et autres propriétés étaient ouvertes. On ne se méfiait pas des étrangers et je n’ai jamais entendu dire qu’une personne ait été dépouillée de son argent dans la rue ou dans un magasin. Je n’ai jamais entendu parler de crime crapuleux, d’assassinat, de viol ou de racket.

Les vrais étrangers, c’était les Boches

Les illustrations de Hansi ont rendu l’Alsacienne célèbre et viennent de faire leur réapparition sur des boites de biscuits. Elles appartiennent à l’imaginaire national.

Il y avait pourtant une « race » d’étrangers que tout le monde détestait à l’unanimité, les Boches. Ces salauds n’avaient cessé de nous envahir, de nous voler et de nous tuer. Ils nous avaient même enlevé l’Alsace et la Lorraine. Une affiche représentant une jolie alsacienne et une jolie lorraine en costume folklorique était suspendue dans le bureau de mon grand-père. Bien que ne comprenant pas très bien ce qu’elle signifiait, j’aimais contempler ces belles femmes portant sur la tête un énorme noeud noir décoré d’une cocarde tricolore, une longue jupe large et un boléro serré sur une chemise blanche aux manches larges et bouffantes. On retrouvait ces silhouettes sur les sachets roses de « levure alsacienne » et parmi les histoires de Bécassine.

Restitution grâce à Clémenceau de l’Alsace et de la Lorraine offertes aux Allemands par Joffre

Publicité ancienne pour la « levure alsacienne ».

L’Alsace et la Lorraine, une histoire française qui avait inspiré Coluche. Elle demeure un élément de construction de l’identité nationale.

Une chanson fort populaire que beaucoup de Français chantent encore

Quand Sarkozy réveille les plaies françaises http://www.politique.net/2008100802-le-retour-des-soldats-allemands-en-lorraine.htm

Les garçons : des prédateurs

Le seul danger, pour les filles, c’était les garçons. Ils étaient vulgaires, agressifs, insistants, collants, manipulateurs et ne pensaient qu’à tremper leur biscuit. De bons machos pur sucre. Obsédés. Même les mieux éduqués pouvaient se comporter comme des soudards. Il y avait bien quelques agressions sexuelles mais nous n’osions pas en parler parce que nous nous sentions coupables de les avoir « allumés » comme ils disaient. Ma mère m’avait prévenue : « Le docteur Machin a dit qu’embrasser une fille sur la bouche, c’est comme demander au premier étage si le rez-de-chaussée est libre ». Ce fut l’essentiel de mon éducation sexuelle officielle…Parce qu’entre ce que nous pouvions nous raconter entre petites filles, le dictionnaire médical qui contenait de magnifiques figures animées dont on pouvait soulever les couches qui révélaient tour à tour les muscles, les organes et le squelette et, le meilleur, un bébé dans le ventre de sa mère, nous en savions un petit peu plus que ce que les adultes voulaient bien nous dire. Je me souviens de l’époque où, vers 8 ans, nous nous demandions comment se fabriquaient les bébés et ma voisine m’avait assuré que c’était en buvant un verre d’urine d’homme …

A 15 ans, j’étais courtisée de manière peu courtoise par un vieux de 18 ans. Il était plus cultivé que la moyenne des garçons que je connaissais, ce qui me séduisait. Comme je n’étais pas amoureuse , je n’avais pas trop de difficultés à repousser ses tentatives constantes. Coucher, non jamais. Nous échangeâmes bien quelques baisers et il réussit à me chiper ma culotte, ma croix huguenote et un magnifique foulard en soie que m’avait offert mon père. Il ne voulut jamais me les rendre et m’avoua qu’il les collectionnait…J’ai appris qu’il était devenu notaire et je le vois bien dans la chanson de Jacques Brel,…Les notaires, c’est comme les cochons…

Un ordre apparent : chacun sa place

Non seulement les immigrés ne faisaient pas de vagues mais il en était de même pour les ouvriers. Ils saluaient toujours respectueusement les patrons et les notables en ôtant leur béret  à leur passage. Les patrons les tutoyaient quand eux les vouvoyait. Les patrons étaient paternalistes, ils se souciaient de la santé et de la vie de famille de leurs ouvriers, prenant de leurs nouvelles lorsqu’ils étaient malades. Les patrons bénissaient les baptêmes, les mariages et les enterrements par leur seule présence. Un jour que je circulais en voiture avec mon grand-père, nous avons croisé un ouvrier agricole qu’il connaissait bien. Pépé arrête l’auto en plein milieu de la route de campagne et l’homme ôte son béret en se dirigeant vers lui. Ils échangent moitié en patois moitié en français et je tends l’oreille car l’homme semble catastrophé. « Maryse est réglée et en plus, elle a la rougeole ». Je jouais avec Maryse et elle me prêtait ses « Fripounet et Marisette ». Nous avions à peine dix ans. Et je l’imaginais baignant dans son sang, fébrile, couverte de boutons sur le point de mourir…

Je ne peux pas dire que je n’ai jamais été témoin d’injustices entre adultes mais les plus importantes dont je me souviens sont celles que commettaient les adultes vis à vis des enfants. Arguant de leur droit de vie et de mort sur leur progéniture, je voyais bien qu’ils n’agissaient pas toujours selon les principes qu’ils nous forçaient à avaler sans discussion. J’ai donc connu les abus d’autorité des adultes avant 1968 et leur remise en question après la révolution de mai.

Des ouvriers agricoles et leur maître vers  1900. http://lewebpedagogique.com/ericdarrasse/page/2/ Dans mon enfance, le tableau était sensiblement le même.

Les patrons respectaient les ouvriers et les ouvriers respectaient leur patron. Les apparences semblaient sereines. Chacun tenait son rang et sa place et jamais un patron n’aurait dit à un ouvrier « Casse toi pauv’ con ». Les mauvais patrons étaient critiqués et mis au banc d’infamie par les autres. Les élèves respectaient les maîtresses et les professeurs, même quand ceux-ci étaient injustes et mauvais, ce qui arrivait plus que de raison. On les chahutait, certes, mais sans arrogance ni méchanceté. En 6ème, nous nous étions moqués de la prof de latin qui se plaignant toujours d’avoir froid. Nous avions répandu un peu d’eau sur sa chaise. Elle s’était relevée comme poussée par un ressort en nous traitant de petits méchants et en nous plantant là pour aller se sécher aux cuisines. Nous n’étions pas très fiers de notre acte de bravoure car nous avions une conscience. Elle ne demanda pas aux coupables de se dénoncer, il n’y eu pas de sanctions et cela suffit à nous faire prendre conscience de notre méchanceté. Dans le fond, nous étions gentils …

Mon environnement se caractérisait pas son ordre apparent. Chacun savait tenir sa place en fonction de son rang, de son appartenance sociale et de son statut. La révolution culturelle de mai 68 allait faire sauter bon nombre de ces rigidités, à la fois pour plus de liberté mais aussi pour davantage de confusion. Au lycée, nous portions des blouses pour marquer notre statut d’élèves. Les filles portaient une blouse rose une semaine et une blouse bleue l’autre afin de prouver qu’elles étaient propres. Les garçons portaient de grandes blouses grise en drap épais qu’ils surchargeaient de graffitis et de professions de foi. Nous ne nous interrogions pas sur l’opportunité de porter une blouse, c’était obligatoire sous peine de sanctions et personne n’aurait jamais osé se rendre au lycée sans blouse. Un jour, comme m’a mère n’avait pas lavé la mienne, je me crus obligée de la laver avant de partir en classe et de la sécher avec le fer. Je n’eus pas assez de temps pour l’assécher complètement et je l’enfilai sur moi encore humide. Mes camarades s’en étonnèrent et je répondis honteuse qu’elle était tombée dans la machine à laver. Je n’aurais jamais osé dire que ma maman ne s’occupait pas de moi comme les autres mamans.

Dans les années 60, les filles étaient encore interdites de pantalon. Nous étions contraintes de porter jupes ou robes. Il y avait toutefois une exception pour celles qui venaient à mobylettes ou à bicyclette de la campagne. Elles étaient autorisée à porter un pantalon pour avoir chaud mais sous une robe. Elles étaient très chics avec leur pantalon dépassant de la robe, le tout enveloppé d’une blouse rose ou bleue…Alors aujourd’hui, quand je vois des Musulmanes habillées sensiblement pareil, le hijab en plus, mon sang ne fait qu’un tour. Quel manque de respect pour notre histoire proche et lointaine, depuis le 19ème siècle où il nous fallait une autorisation préfectorale mensuelle pour porter un  pantalon en passant par l’interdiction du pantalon sauf l’hiver pour une robe …Notre liberté de nous vêtir comme nous le souhaitons a eu à peine le temps de mûrir que déjà des fanatiques voudraient nous imposer de retourner au carcan vestimentaire discriminatoire. Les femmes françaises ne veulent pas qu’on leur dicte quoi que ce soit.

Nous faisions des bêtises aussi

Nous faisions des bêtises comme tous les enfants, mais rien de bien sérieux. Nous nous étions donné le mot pour forcer les portes du « château », une grande bâtisse perchée sur une colline isolée couverte de ronces. C’était l’aventure. Nous nous tapissions près du sol, entre les arbustes, tentant d’atteindre le sommet sans prendre le chemin de maîtres. Le château avait accueilli des colonies de vacances et au milieu de la poussière et des toiles d’araignées gisaient des déguisements, des jeux et toutes sortes d’objets utilitaires. Nous y trouvâmes aussi des boites de lait condensé tellement vieilles que le contenu s’était solidifié sans perdre son bon goût. La date de préemption ne nous inquiétait pas et nous nous régalâmes de cette friandise inattendue. Nous ne cassâmes rien, nos ne déposâmes pas d’excréments sur les planchers, nous n’inscrivîmes pas de slogans haineux et nous ne mîmes pas le feu au château. L’idée de vint à personne du petit groupe d’aventuriers de détruire ce terrain de jeux secrets. Malheureusement, nous en parlâmes à d’autres camarades qui prirent moins de précautions que nous et se firent repérer par les gendarmes …

Une autre fois, un camarade découvrit une chapelle abandonnée et en rapporta un crâne et un fémur. Son père s’en aperçut, le gronda très sérieusement et lui intima l’ordre de les rapporter à la chapelle. Il ne put ni singer Hamlet ni, le chic du chic, utiliser le crâne comme bougeoir ou cendrier. Il ne se rendait pas compte de ce que pouvait signifier une profanation de sépulture pour les vivants. Il avait pensé faire une bonne farce et son père l’avait remis sur le droit chemin. A ce propos, je dois dire que je comprends la fascination des jeunes pour la mort et ses représentations. Moi aussi, je me promenais souvent dans les cimetières. J’aimais leur calme, leur harmonie, leurs fleurs fraîches ou en porcelaine et je déchiffrais avec intérêt les épitaphes. Je pouvais y rêver à ma guise car ils étaient peu fréquentés. Je comprends cette fascination car c’est la seule manière, en temps normal, de se familiariser avec la mort qui attend tout le monde au bout du chemin.

Un jour, je me suis disputée avec une camarade de classe pour un motif dont je n’ai plus souvenir. Nous nous sommes battues et je l’ai griffée à la main. Elle saignait un peu. La pionne est arrivée et m’a grondée, j’ai même peut-être été collée. Je n’ai pas niée ma responsabilité. Je n’ai pas prétendu que ce n’était pas moi ou que c’était sa faute. Je n’ai pas demandé à mes copains de venir casser la gueule de la pionne. Je me suis excusée et le lendemain, je suis venue demander pardon à la camarade en lui offrant des bonbons. Elle était gênée mais elle a accepté et m’a pardonnée. Nous avions le sens du bien et du mal, du juste et de l’injuste et nous n’avions pas besoin qu’on nous rappelle les règles.

L’OAS, organisation de l’armée secrète, conduite par les généraux renégats (un quarteron de généraux en retraite, selon de Gaulle) luttait pour que l’Algérie reste française contre la métropole et l’armée loyaliste.

La guerre d’Algérie politise la jeunesse

Nous n’étions pas très politisés, pas du tout, même, mais la guerre d’Algérie nous rattrapa quand les premiers corps furent ramenés au pays et que toute la ville les accompagna à l’église. Apparurent alors sur les murs des slogans favorables à l’OAS et le sigle Occident. Un petit garçon de 9 ans fut embringué par un jeune de quinze ans pour exprimer ses opinions sur les murs. Mais les renseignements généraux veillaient sur la ville. Deux inspecteurs en civile débarquèrent au domicile de Gérard D. et demandèrent à lui parler. Les parents très surpris allèrent chercher l’enfant qui ne put rien dire d’autre que ce que les agents savaient déjà. Il ignorait le sens même de ce qu’il avait peint sur les murs.

Michel Rocard déclencha le renouveau de la SFIO en s’appuyant sur un rapport -aujourd’hui contesté- qu’il avait rédigé en tant que jeune inspecteur des finances, sur les camps de regroupement des populations algériennes. Cette base explique en partie pourquoi la gauche française et si indulgente avec les visées de conquête de l’Islam.http://www.ph-ludwigsburg.de/html/2b-frnz-s-01/overmann/baf4/algerie/obs5.htm

Michel Rocard en 1968

Mon père était membre du PSU. Il avait été communiste et maintenant il partageait les idées de Rocard qu’il admirait. Un soir je l’ai accompagné à une réunion mais je m’y suis beaucoup ennuyée. Des camarades me parlaient de Trotzky, de Marx et de la colonisation mais je n’accrochais guère. J’étais plus intéressée par des actions concrètes pour le social, les arts et la littérature pour les idées. A 13 ans, j’écrivais des poèmes sur la trace de Baudelaire et de Verlaine. Je lisais Sartre, Simone de Beauvoir et Albert Camus mais aussi tous les romans qui me passaient sous la main, y compris ceux de Delly que me passait ma voisine en cachette, le Monde et tous les journaux professionnels auxquels mon père était abonné. Lorsque ma mère trouvait des romans existentialistes sous mon lit, elle en faisait un autodafé. Mon action sociale, c’était le Pact, propagande et action contre les taudis. Les groupes de jeunes étaient oecuméniques, organisés par le pasteur et le curé. On s’y amusait bien tout en essayant de se rendre utile. On maniait la pelle et la truelle pour assainir des logis de terre battue dont le toit troué transformait le sole en mare de boue au moment des pluies. Je me souviens de ce petit vieux qui dormait près de son poêle, son lit étant une île isolée au milieu de la boue. Il n’y avait ni électricité, ni eau courante et le grenier était rempli de toutes sortes de récipients improvisés pour mal recueillir l’eau de pluie. Il nous fallu les vider un à un.

Vers 1959, le pasteur organisa un voyage en Espagne. Je n’avais pas encore voyagé à l’étranger. Je découvris le moscatel et les tapas mais aussi l’intolérance religieuse. Franco interdisait le culte protestant et nous nous réunîmes dans la discrétion et la clandestinité autour du pasteur espagnol qui nous accueillait. Nous chantâmes des cantiques à voix basse pendant que l’un des nôtres faisait le guet. Je n’eus pas peur parce qu’entre le souvenir très prégnant des huguenots persécutés par les catholiques et celui des juifs par les nazis, je connaissais le pire et je croyais profondément que faire pire que le pire était impossible et que je ne connaîtrais jamais cela.

Le ciment social perdu : mutuelles et coopératives

Mon grand-père était radical socialiste, comme beaucoup de gens de sa génération. Son truc, c’était les coopératives et les mutuelles. Il était très fier d’être le trésorier de la cave coopérative viticole et de faire partie du Crédit agricole mutuel. Pépé rentrait à la coopérative par la grande porte. Tout le monde le recevait avec le sourire. Il passait dire bonjour à lka secrétaire, lui demandait un verre et nous allions visiter les cuves qui bouillonnaient de raisin fraîchement pressé. Il ouvrait le robinet et remplissait le verre de moût, ce premier jus trouble que les vendangeurs avaient produit en piétinant les grappes avec leurs bottes pleines de terre. C’était si bon …

Qui se souvient aujourd’hui du rôle du Crédit agricole en tant que banque mutualiste ? Coopératives et mutuelles étaient les grandes dames de cette région de l’Entre-deux-mers où de tout petits propriétaires terriens pratiquaient la polyculture et la viticulture. Par tradition républicaine et radical socialiste, les agriculteurs mutualisaient leurs moyens pour tirer le maximum de leurs terres. Peu d’entre eux vinifiaient eux-mêmes leur récolte et la confiaient à la coopérative qui avait acheté par ailleurs une énorme moissonneuse batteuse qui faisait le tour des propriétés. Sa venue était toujours une fête et nous nous réunissions au bord du champ pour regarder le monstre avaler le blé. Mon grand-père échangeait sont blé contre des tickets de carton rose qui lui permettaient, toute l’année durant, d’aller chercher au moulin d’énormes miches de pain. Le meunier était aussi boulanger et il nous donnait le pain devant son fournil habité par des grillons qui ne cessaient de chanter.

Aujourd’hui, presque toutes les complémentaires santé se dénomment « mutuelles ». Elles le sont dans les statuts mais la plupart en ont perdu l’esprit et la majorité des gens ne connaissent pas la philosophie qui a présidé à leur invention.

Les rapatriés et les bouleversements agricoles et démographiques

Vignoble bordelais sous la neige en 1956 http://www.meteopassion.com/arcachon-sous-1-m-de-neige-.php

Jusqu’en 1966, époque à laquelle je montais à Paris, je connu trois changements de taille. En 1956, un hiver exceptionnel gela les vignes. Nombre de viticulteurs furent ruinés et durent vendre leur vignoble à vil prix. A cette époque, les pieds-noirs d’Algérie sentant le vent tourner commencèrent à racheter ces propriétés en déshérence. Ils entreprirent de planter sur de grandes surfaces des vergers de pêches et de pommes. En 162, de nombreuses familles furent rapatriées et s’installèrent dans la région. Les propriétaires fonciers vinrent avec leurs ouvriers harkis. On construisit un petit ensemble HLM pour les moins fortunés. Ces familles comprenaient beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles assez fortunés pour avoir une voiture et organiser de nombreuses fêtes. Ils étaient eaux, sportifs, sociables, gais et terriblement racistes, une espèce que je n’avais pas eu jusqu’alors l’occasion de voir de près. J’enrichis alors mon vocabulaire passif (passif parce que je ne les reprenais pas à mon compte) de mots tels que « crouilles », « ratons » et « melons ». Dans ma famille on ne les aimait pas beaucoup parce qu’ils avaient racheté les terres des gens du pays, parce qu’ils étaient catholiques et bouleversaient le fragile équilibre numérique entre protestants et catholiques, parce qu’ils étaient bruyants et superficiels. On ne les aimait pas parce qu’ils étaient étrangers à une région où la terre fertile était le bien le plus précieux. On ne les aimait pas parce qu’ils venaient en conquérants et non pas en immigrés soumis comme les Républicains ou les Italiens. Certes, ils étaient français mais si peu français en même temps…Ils portaient des prénoms inédits chez nous : Pierre-Henri, André-Paul, Paul-Henri …Bien sûr, ce n’était pas vrai pour tous et je me liai avec certains garçons parce qu’ils étaient différents, gentils et sentimentaux. Les filles, on les voyait beaucoup moins. Elles étaient héritières et à 15 ans déjà pomponnées comme des comtesses. Maquillage, ongles vernis, coiffure apprêtée, vêtements coûteux à la mode. Mauvais genre, disait ma mère que la mode n’impressionnait guère. On ne les approchait pas facilement. A vrai dire, on ne les voyait pas beaucoup.

La République n’a pas été plus tendre avec ses Français d’Algérie en 1962 qu’elle ne l’est aujourd’hui avec ses Français de France http://www.meteopassion.com/arcachon-sous-1-m-de-neige-.php

Le mai communal, arbre de la liberté et du renouveau, symbole perdu de la République

 Il était très fier lorsque son sénateur était élu et qu’on plantait devant sa demeure un arbre qui pour moi évoquait un mât de cocagne. Evocation de l’arbre de mai ou de l’arbre de la liberté, il faut dire que ça avait de la gueule cet immense mât couronné de fleurs et de drapeaux  tricolores.http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/25993/RFF_1989_5_439.pdf?sequence=1 On disait « le mai » et on l’admirait avec fierté.

Sur ce site, un internaute a posté des photos d’arbres de mai vus en Dordogne.http://www.monorleans.com/80-index.html Le mai, tout un symbole dont voici l’histoire trouvée sur le site

http://www.salignac-eyvigues.fr/index.html?mai.html

Historique de l’arbre de la liberté
La plantation d’un arbre de la liberté a été inventée sous la révolution. Le « mai » est un mât en bois, arbre ébranché jusqu’au houppier, que l’on plante le premier jour pour fêter le renouveau printanier.
Sous l’ancien Régime, un « mai d’honneur » était souvent planté devant la porte du seigneur par le villageois, en marque de respect, ou dans les bourgs devant la maison des élus. Les révolutionnaires ont repris cette tradition pour l’appliquer à « l’amour de la liberté », dont la nature féconde est le symbole. Représentant de l’Union des citoyens, l’arbre de la liberté remplit également une fonction pédagogique et civique.
Le 1er arbre a été planté en mai 1790, ensuite les plantations se multiplient spontanément à partir de l’été 1792, après l’entrée en guerre de la nation. Mais le premier texte officiel, qui commence à institutionnaliser la plantation de l’arbre, ne date que du 22 janvier 1794; Vers 1798-1799 l’arbre devient pour une courte période, une fête nationale obligatoire.
Dans le Périgord, des « mais insurrectionnaires » étaient dressés, dans le contexte d’une révolte populaire. Les paysans refusaient de continuer de payer des droits féodaux. Dans d’autres cas, l’arbre de la liberté devient obligatoire sous peine de prison (1794 à Ernes-Calvados). Mais le temps passe, et l’héritage de la Révolution, avec les notions de liberté, d’égalité et fraternité, s’installe dans les esprits. En 1848, la plantation des arbres de la liberté s’effectue dans un contexte pacifique.

Je sais bien qu’il existe aujourd’hui beaucoup de gens généreux, honnêtes, sincères et humanistes; des gens qui ne recherchent pas l’affrontement et qui respectent autrui sans distinction de marqueurs socio-économiques. Il y en a même parmi eux qui voteront pour le Front national parce qu’ils pensent que seul un changement radical pourra arrêter la dérive de notre société et de ses institutions. Je ne leur en veux pas même si je ne partage pas leurs intentions et si je pense qu’ils se trompent.

J’ai appris par expérience que même chez des adversaires politiques, il peut y avoir de l’humanité et de bonnes idées, à condition de se donner les moyens d’échanger et de débattre dans le calme. Les gens qui sont incapables de se contrôler et ne savent s’exprimer que par la violence verbale et physique son infréquentables. Je les fuis pour leur comportement et non pour leurs opinions.

Pour l’instant, je suis pessimiste car je ne vois aucune bonne volonté s’ériger en modèle de société. Nous avons été commandés par tellement de manipulateurs sans scrupules que nos mots et nos concepts ont perdu leur contenu. Nous sommes égarés dans la confusion de discours superficiels, conçus dans la précipitation du moment et privilégiant l’avoir à l’être.

Sophie, 7 ans, a aimé voir Anne Franck au théâtre

Publié le

J’ai la chance de connaître Francine Disegni,  peintre et productrice de la comédie musicale « Anne le musical » qui m’invite à chaque nouvelle présentation. J’y ai assisté au Théâtre du Gymnase pour la quatrième fois. Chaque fois j’ai invité une amie qui, comme moi s’est régalée. Et chaque fois, le spectacle a évolué, les comédiens et chanteurs ont mûri, le texte a été actualisé et un choeur est apparu.

http://www.annelemusical.com/

Hier, je m’y suis rendue avec Cassandra et Sophie, sa fille de 7 ans. Quelle idée d’emmener une aussi jeune enfant écouter une histoire aussi triste, me direz-vous.

Tout d’abord, précisons qu’ « Anne le musical » n’est pas un spectacle triste, au contraire, il met en scène ce qu’il y a de plus piquant  dans le journal de l’adolescente qui rêvait de devenir écrivaine et qui coincée dans les 20m2 de sa cachette observait avec l’acuité d’une ado de 13 ans la dizaine de personnes, en majorité des adultes, qui partageait ce maigre espace.

Les librettistes ont su choisir ce qu’il y a de plus critique, de plus ironique, de plus humoristique, de plus féministe et de plus spirituel dans le journal d’Anne Franck.

D’autre part, la musique originale, composée par Jean-Pierre Hadida, est magnifique. Parfois gaie, parfois triste, toujours émouvante, tantôt largo, tantôt allegretto. De surcroît elle est interprétée par un pianiste et une violoncelliste présents sur scène, tout au long du spectacle.

Medley, extraits enchaînés, sur « chabada » le 20 mars 2011. Un bon aperçu du spectacle.

http://www.youtube.com/watch?v=ekMx9UwTR-w&feature=player_embedded

La présence d’un choeur important juché dans les premiers balcons donne à la musique une profondeur et une richesse supplémentaires.

Connaissant ce spectacle, je savais qu’avec une bonne préparation, Sophie le comprendrait et apprécierait. Sa maman l’y a donc préparée en lui racontant l’histoire d’Anne et en lui passant des extraits du spectacle. Au moment du départ, je lui ai demandé de me résumer l’histoire ce qu’elle a fait avec beaucoup d’exactitude sauf pour une part qui nous a beaucoup amusées : elle a dit qu’Anne avait été enlevée et tuée par des …Arabes….Les Nazis, ce n’est pas de son époque mais les révoltes arabes et les massacres qui les accompagnent font l’actualité….

Sophie s’est d’abord émerveillée de découvrir un théâtre à l’italienne avec ses balcons ornés de motifs de stuc doré, le velours rouge des sièges et du rideau. Tous ses sens étaient en éveil avant même que le spectacle ne commence. Elle attendait les trois coups avec impatience mais il n’y en eut point. Le signal du commencement fut donné par le noir absolu qui soudainement tomba sur la salle.

Sophie était captivée quoique un peu agitée du fait d’avoir du s’installer sur les genoux de sa maman pour être à la bonne hauteur. Nous aurions du amener un coussin….

Elle a surtout aimé les relations d’Anne avec Peter, la subtile manière dont elle cherche à savoir s’il s’intéresse plus à sa soeur Margot qu’à elle. Mais elle ne s’est pas ennuyé une seconde, a aimé la musique, les musiciens, le choeur. Elle a aussi retenu la dispute entre la mère et la fille qui lui reproche d’être responsable de l’enfermement, de la privation de liberté, de l’ennui et …de la guerre. Injuste mais réaction classique d’ado.

Comme Sophie demande depuis quelques temps un journal -intime- avec- une -clef, nous lui avons fait remarquer qu’Anne n’avait qu’un simple cahier pour y poser ses pensées.

Cassandra, de son côté, a été enthousiasmée et s’est jetée sur son ami pour le lui dire puis a téléphoné à toute sa famille juive algérienne pour leur raconter. Beaucoup de fraîcheur et de spontanéité en réponse à un spectacle aux qualités identiques.

Bien sûr, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’émotion, d’inquiétude ni de tristesse dans un spectacle sur les deux ans de claustration d’Anne Franck mais le livret s’est concentré sur la personnalité de la jeune disparue, une jeune fille pas tout à fait comme les autres du fait de sa judéité de naissance mais une ado comme les autres qui essayait de vivre une vie normale dans des circonstances anormales.

A la fin du spectacle après des ovations chaleureuses, nous avons eu le plaisir de voir monter sur scène une vieille dame, Eva Schloss, la demi soeur d’Anne Franck, fille de sa voisine survivante qu’Otto Franck avait épousée à son retour d’Auschwitz, seul rescapé de sa famille et de celles et ceux qui avaient partagé son cagibi secret. C’est ce père qui a donné une seconde vie à Anne en faisant publier son journal. Eva Schloss, rescapée de la Shoah elle-même, a participé à l’élaboration du livret de la comédie musicale.

http://www.france-info.com/chroniques-le-livre-du-jour-2010-08-12-histoire-d-eva-d-eva-schloss-475298-81-176.html

http://www.rdv-histoire.com/?q=node/733 (conférence des RV de l’histoire avec comme axe, le retour des rescapés)

L’apparion d’Eva Schloss a ému l’assistance et Sophie s’est beaucoup interrogée sur son âge, âge qu’aurait eu Anne,l ‘âge qu’elle aurait eu et celui que nous aurions eu aujourd’hui si nous avions vécu à l’ époque d’Anne.

On peut dire que les jeunes efants peuvent assister à « Anne le musical » à condition d’y être préparés comme l’a fait Cassandra pour Sophie. Mais n’oubliez pas le coussin pour surélever l’enfant;-)))))

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