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Archives de Tag: #balancetonporc

Enquête de la Fondation des Femmes sur le mouvement #metoo

Enquête #MeToo, un an après : quel bilan ?

La Fondation des Femmes lance une grande enquête pour analyser les conséquences concrètes de #MeToo dans la vie des femmes qui se sont inscrites dans ce mouvement planétaire de libération de la parole.
Vous avez été plus de 6 millions sur les réseaux sociaux, que s’est-il passé pour vous ensuite?
Si c’est votre cas, et que vous souhaitez nous faire part de ce qui s’est passé pour vous, cette enquête vous prendra moins de 3 minutes et sera totalement anonyme.

Nous vous remercions d’avance de votre participation!

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdSBTrDvFmnCmqCmzY_p8kUhBGUUWuw_qMTAWGiR47pSuCfpA/viewform

Le comédien Philippe Caubère accusé de viol

Publié le
J’avais rencontré Philippe Caubère  à l’issue de l’un de ses one man show. Il avait été superbe et flamboyant sur scène mais, dans sa loge, il ressemblait à un vieillard terne et grisâtre, ce qui m’avait frappée. L’homme avait tout partagé de lui-même avec son public,autant dans le contenu de son texte que physiquement. Je m’étais dit alors que « voilà un mec bien ». Aujourd’hui, je constate une fois de plus que toute l’humanité d’un mâle peut se désintégrer sur l’ordre de son phallus, ce à quoi la société toute entière l’encourage comme elle encourage le commerce du corps des femmes, ce que Caubère avait entériné en se vantant de recourir aux services de prostituées et en défendant le client. Comme par hasard, les hommes et les femmes qui défendent le « droit à la prostitution » sont les mêmes qui crient à la délation quand les victimes de harcèlement sexuel et de viol prennent la parole. Tout se tien et j’imagine que le journal « Causeur » spécialiste de la gynophobie, va encore monter au créneau pour défendre Caubère et ses semblables.
Je vous livre cet article édifiant et complet sur le témoignage de Solveig Halloin, victime de Philippe Caubère.
La Connectrice
18/04/2018 12:23 CEST | Actualisé il y a 1 heure

Affaire Philippe Caubère: Solveig Halloin, la plaignante qui accuse le comédien de viol, témoigne de l’emprise qu’il avait sur elle [VIDÉO EXCLUSIVE]

Philippe Caubère ne nie pas la relation sexuelle mais récuse les accusations de viol.

 Par Annabel Benhaiem  https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/18/affaire-philippe-caubere-la-plaignante-qui-accuse-philippe-caubere-de-viol-temoigne-de-lemprise-quavait-le-comedien-sur-elle-video-exclusive_a_23410576/

JUSTICE – Une plainte pour viol a été déposée fin mars contre le comédien et metteur en scène Philippe Caubère. Le parquet de Béziers a été le premier saisi dans cette affaire car les faits reprochés se sont déroulés dans un hôtel de la ville héraultaise en mars 2010. Il a toutefois choisi de transférer la plainte au parquet de Paris, où une partie des faits se sont déroulés.

 

La plaignante, qui a accepté de s’entretenir avec Le HuffPost dans une vidéo à voir ci-dessous, a décidé de porter l’affaire en justice huit ans après les faits reprochés. Elle le fait en son nom propre, Solveig Halloin, considérant que « les victimes présumées doivent bénéficier d’une présomption de sincérité ».

 

Elle précise: « J’ai attendu huit ans qu’une femme, victime de Philippe Caubère, ait le courage de parler, me promettant que si l’une d’elles déposait plainte, je le ferai à mon tour. En vain. Le temps de ma ‘reconstruction’ étant passé, je dépose plainte contre Philippe Caubère du chef de viol. »

 

Caubère, géant de la scène théâtrale française

Philippe Caubère est une personnalité du monde du théâtre qui officie sur les scènes les plus en vue depuis les années 1970. Sa dernière pièce, « Adieu Ferdinand« , est nommée aux Molières 2018 dans la catégorie « théâtre public ». Avant cela, elle a tourné dans toute la France en 2017, suscitant des critiques dithyrambiques.

 

À la fois acteur, auteur et metteur en scène, ancien du Théâtre du soleil, sous l’égide d’Ariane Mnouchkine, Philippe Caubère est une icône du monde de la culture, qui s’est fait connaître pour la truculence de ses textes et de sa mise en scène qui renouent avec la trivialité du corps.

Philippe Caubère s’est aussi illustré à plusieurs reprises lors des débats sur la pénalisation des clients de prostituées, en signant une tribune dans Libérationen avril 2011, intitulée « Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et client de prostituées« . Deux ans plus tard, il signait « le manifeste des 343 salauds », dans la même veine.

« Comme un père artistique »

Auprès du HuffPost, Solveig Halloin décrit « l’emprise » qu’elle estime avoir subie pendant plusieurs semaines début 2010. « J’étais dramaturge à l’époque et Caubère était comme un père artistique pour moi. J’avais trente-cinq ans, lui la soixantaine. J’ai toujours admiré ses pièces, ses mises en scène, si proches de ce à quoi j’aspirais dans le théâtre ».

Rencontré dans un théâtre toulousain, le comédien ne lâche plus Solveig Halloin d’une semelle. « Il enchaîne les textos mièvres et romantiques, continue la plaignante, qui se transforment très vite en messages intrusifs puis salaces, il m’appelle sans cesse. Il me demande de tout lire de lui, de tout regarder de sa production. Je ne vivais plus qu’à travers Caubère. »

Elle raconte avoir reçu un SMS qui la fait plonger un peu plus: « Un jour, il m’écrit qu’il est devant la tombe de son père et qu’il pense à moi. En plus d’être privilégiée de le connaître et d’échanger avec lui, j’avais le sentiment de devoir aussi le protéger. »

« Il commence à me frapper… »

En mars 2010, elle se retrouve dans sa chambre d’hôtel à Béziers. Elle raconte une scène qui l’a traumatisée.

« Il me demande immédiatement de me déshabiller, ce que je ne fais pas. Je reste assise au bord du lit. Philippe Caubère me déshabille donc. Il est en érection. Il commence à me frapper, à m’étrangler, et à me frapper à nouveau. […] À cet instant, mon esprit disjoncte, sortant de mon corps pour l’observer par le haut. […] Malgré mes efforts, je n’ai plus de souvenirs de la suite des événements, puis que je me retrouve dans un parc, et enfin dans un train. Rentrée à Toulouse, je vis recluse, traumatisée. »

Après cela, Solveig Halloin explique au HuffPost avoir voulu tout arrêter.

« Mais Philippe Caubère ne l’accepte pas, explique-t-elle, et me menace en m’indiquant qu’il a beaucoup d’argent et qu’il a les moyens de me faire tuer, tout en m’accusant par SMS de ‘vouloir sa mort’. Là, j’ai totalement perdu pied, et j’ai été victime de dépression pendant plusieurs années, je ne pouvais plus fonctionner. J’ai dû cesser de travailler, et j’ai perdu la garde de l’un de mes enfants, qui demeure aujourd’hui avec son père. Ma vie est brisée et je ne vis plus, depuis, que dans le combat contre les violences, qu’elles soient faites aux femmes, aux enfants ou aux animaux. »

Militante et activiste

Solveig Halloin est aujourd’hui une militante féministe et animaliste connue sur Toulouse pour son activisme, ses sièges devant les abattoirs ou bien ses manifestations contre le voile islamique. Récemment, elle a fait entendre sa voix à l’Assemblée nationale lors d’un happening coup de poing au sujet des états généraux de l’alimentation. Florence, l’une ses amies militantes, n’hésite pas à la qualifier d' »Olympe de Gouges » du 21e siècle. Elle se souvient que l’un des premiers soirs suivant leur rencontre en 2012, Solveig avait tout dit de ce qui lui était arrivé.

« Elle en parle facilement, elle dit qu’il ne faut pas se taire face à ces violences, elle dépasse doucement la question de la honte et considère ces agressions comme des marqueurs politiques du patriarcat, donc de la condition réservée aux femmes et de l’estime que les hommes leur portent. »

Après cette nuit douloureuse de mars 2010, et des heures passées recroquevillée dans son couloir, Solveig a recours à un psychanalyste, Jean-Charles Bouchoux, spécialisé dans la prise en charge des victimes de pervers narcissiques. Il confirme au HuffPost qu’elle l’a bien appelé à cette époque et qu’il a tenté de la sortir de cet état végétatif. Quelques semaines après les faits décrits, Solveig assure avoir trouvé de l’aide auprès de l’Apiaf, une association d’accueil et d’écoute des femmes victimes de violences. L’association n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

« Je ne nie pas la relation sexuelle, mais jamais il n’y a eu viol »

Contacté par Le HuffPost, Philippe Caubère reconnaît la relation sexuelle mais nie catégoriquement qu’il y ait eu viol. « C’est une histoire digne de Tariq Ramadan. Accuser de viol, c’est très grave, c’est un crime » résume le comédien. « Ces accusations sont insensées, renchérit Véronique Coquet, sa compagne et productrice. Nous sommes un couple très libre et nous l’assumons. Mais jamais je ne partagerais la vie d’un violeur. »

« J’ai appris la plainte par un journaliste qui m’a contacté détaille Philippe Caubère. En fouillant dans mes mails j’ai effectivement trouvé trace de cette relation en 2010. Mais jamais il n’y a eu les violences qu’elle peut décrire. Il m’est arrivé d’avoir des relations assez hard, même si je ne suis pas du tout dans le trip SM, mais sûrement pas avec elle. C’est une relation non seulement consentie mais aussi désirée et que je qualifierais de « fleur bleue ». »

Philippe Caubère ajoute: « Je serais totalement incapable de commettre ces actes de violence dont elle m’accuse. Je serais même incapable d’avoir une érection dans ces conditions. Ce qui me fait bander, c’est la tendresse ».

Concernant « l’emprise » qu’il aurait eu sur Solveig Halloin, Philippe Caubère ne dément pas mais tient à nuancer: « Bien sûr qu’il y a emprise dès lors qu’on est dans une relation amoureuse. Mais il y avait également emprise de son côté. »

Philippe Caubère concède avoir retrouvé un mail datant d’un an après les faits, dans lequel la plaignante disait qu’elle était venue le voir lors d’un colloque. Il lui avait alors répondu: « Tu peux venir, je te violerai pas ». « C’était vraiment sur le ton de la boutade, pour lui dire que je ne lui sauterai pas dessus et que je n’attendais pas que cette rencontre débouche sur une relation sexuelle » justifie le comédien.

La question de l’emprise

Pour les deux avocats de Solveig Halloin, Maîtres Jacques Gauthier-Gaujoux et Jonas Haddad, « il s’agit d’une nouvelle affaire qui s’inscrit dans le contexte global de la prise en compte de la parole des femmes. Elle montre qu’aucun secteur n’est épargné par ces violences psychiques ou physiques faites aux femmes. Nous sommes bien en présence d’une situation où une personne abuse de son pouvoir, de son autorité morale acquise dans le monde du spectacle. »

« Son autorité morale ». Ou bien son emprise. Juridiquement, « la notion d’emprise est entendue comme une contrainte morale ou une violence psychologique qui est constitutive de faits de viol », rappelle l’avocate Carine Durrieu-Diebolt. C’est cette notion d’emprise qui sera au cœur du procès, s’il a lieu.

Selon la psychiatre Muriel Salmona, spécialiste de ces questions, « l’emprise entraîne un phénomène de dissociation chez les victimes ». C’est-à-dire qu’elles « voient leurs émotions anesthésiées lors d’une agression ». Elles sortent d’elles-mêmes, en quelque sorte, pour être en capacité de supporter la charge de violence qui s’abat sur elles. Il s’agit d’un « mécanisme psychotraumatique dont l’objectif inconscient est de se protéger des émotions trop fortes et trop violentes qui surviennent lors d’une attaque ».

Le consentement n’a aucune valeur juridique

La psychiatre milite pour que soient prises en compte les notions de sidération et de dissociation. « Plus de 70% des adultes qui subissent un viol ont de la sidération », précise-t-elle. « Ils ne peuvent pas crier, ni dire non. C’est la stratégie de l’agresseur en amont qui conduit à cet état d’apathie. La méconnaissance de ces mécanismes conduit à de nombreux classements sans suite, de déqualifications ou d’acquittements aux assises », déplore Muriel Salmona.

De plus, la qualification d’emprise permet de ne pas s’attarder sur la notion de consentement, qui n’a aucune valeur juridique, comme le précise Maître Carine Durrieu-Diebolt, « elle n’existe pas dans les textes de loi et si on veut se positionner sérieusement lors d’un procès, les avocats ont tout intérêt à éviter de s’en servir. »

En attendant la tenue d’un éventuel procès, Solveig Halloin en appelle aux témoignages. Elle en est persuadée: « Philippe Caubère a surement fait d’autres victimes. Je les enjoins à se manifester. Elles peuvent écrire à l’adresse suivante: victimescaubere@protonmail.com. Je veillerai à ce que leurs mots soient lus et entendus. »

Lire aussi :

• Sara Danius, la patronne du Nobel de littérature forcée de démissionner

• Le témoignage qui contredit la défense de Tariq Ramadan

• « Bande de bites », la pub très crue contre les agressions sexuelles

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#balancetonporc. Hommes solidaires, comment répondre ?

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/10/29/11-facons-dont-les-hommes-peuvent-repondre-de-maniere-productive-au-mouvement-moiaussi/

11 façons dont les hommes peuvent répondre de manière productive au mouvement #MoiAussi

Le hashtag #MoiAussi a encouragé certains hommes à faire allusion sur Internet à leurs comportements misogynes, mais ils doivent aller au-delà de confessions sur les médias sociaux.

Plus tôt cette semaine, Meghan Murphy a proposé quelques suggestions sur ce que nous pourrions demander aux hommes, à la lumière du hashtag viral #MoiAussi, qui visait à rappeler aux hommes béatement ignorants (ou obstinés) l’omniprésence de l’agression sexuelle et du harcèlement perpétrés par des hommes contre des femmes partout.

Certains hommes ont répondu en reconnaissant qu’ils participent à la misogynie. Certains hommes ont admis être coupables de harcèlement ou d’agression sexuelle. Certains hommes ont présenté des excuses pour avoir laissé d’autres hommes agir ainsi. Mais, même si ces hommes peuvent être bien intentionnés, ce type de réponses sur les médias sociaux ne constitue pas nécessairement une action productive. C’est pourquoi, l’équipe de Feminist Current a compilé une liste (partielle) de suggestions à l’intention des hommes qui voudraient réagir d’une manière productive face au problème de la violence masculine contre les femmes, au-delà d’un étalage de vertu personnelle (virtue signalling) sur Internet.

1) Prenez conscience du nombre de femmes qui sont dans votre vie et qui ont révélé publiquement cette semaine avoir été agressées ou harcelées sexuellement, et laissez cette conscience vous mettre mal à l’aise. Évitez la réaction défensive du « Pas tous les hommes ». Même si vous n’avez pas personnellement agressé sexuellement une femme, ce comportement fait partie de notre culture ; vous devez donc vous attaquer au fait (pour le changer) qu’à l’échelle internationale, une femme sur trois a été exposée à de la violence physique ou sexuelle et que presque toute cette violence est perpétrée par des hommes.

2) Arrêtez de traiter les femmes et les filles comme avant tout « jolies ». Cela signifie éviter de complimenter d’abord et avant tout les filles et les femmes sur leur apparence. Beaucoup d’entre nous faisons cela sans même réfléchir (nous commençons tôt, aussi, en disant aux fillettes qu’elles sont « jolies » ou en commentant leurs tenues), mais de tels commentaires renforcent l’idée qu’être considérée comme attrayante ou désirable est la chose la plus importante qu’une femme ou une fille peut espérer.

3) De même, commencez à prêter attention à la façon dont vous regardez/considérez les femmes. Si la première chose que vous faites quand vous voyez une femme dans la rue est de la mater de haut en bas pour évaluer si elle est « baisable », arrêtez ça.

4) Arrêtez de traiter toutes les femmes comme d’éventuelles partenaires sexuelles, plutôt que simplement comme des personnes intéressantes ou agréables. Si une femme souhaite être votre amie, c’est une bonne chose, pas un échec. Extirpez le concept de « friendzone » (zone de simple amitié) de votre vocabulaire et remplacez-le simplement par le mot « amie ». Les femmes ne perdent pas leur valeur simplement parce qu’elles ne souhaitent pas avoir de relations sexuelles avec vous.

5) Refusez de consommer de la pornographie ou de payer pour du sexe. L’industrie du sexe dit que les femmes sont des choses à acheter et à vendre, à utiliser et à exploiter par les hommes. La pornographie comme la prostitution renforcent l’idée que les femmes existent pour le bon plaisir des hommes. Ces industries sexualisent le viol, la violence et l’oppression. Peu importe si une femme « choisit » de participer à cette industrie pour survivre, l’effet général du commerce du sexe est de déshumaniser les femmes. Inventez des façons de contester les hommes à ce sujet et de leur en parler.

6) Avez-vous maltraité des femmes lors de rencontres sexuelles ? Reconnaissez-le et présentez vos excuses à la femme ou aux femmes que vous avez blessées. N’attendez pas de réponse. Ne vous attendez pas à être pardonné. N’ayez aucune attente. Ne demandez rien à la ou aux femmes que vous avez violentées ou blessées. Ne vous cherchez pas des excuses. Contentez-vous de reconnaître votre comportement et de vous excuser. Et ne le refaites jamais.

7) Subventionnez discrètement des événements, médias et organisations féministes. Vous pourriez, par exemple, faire don d’une part de votre salaire hebdomadaire représentant l’écart de rémunération entre hommes et femmes (13 pour cent) à une organisation qui soutient directement les femmes victimes de violence masculine. Vous n’avez pas besoin de vous en vanter sur les réseaux sociaux – le but n’est pas que vous soyez récompensé.

8) Portez-vous bénévole dans l’équipe de nettoyage après un événement féministe. Ou pour cuisiner des mets. Ou pour collaborer au service de garde d’enfants. Faites tout acte que des féministes vous demandent de faire pour que leur événement puisse être un succès.

9) Apprenez à écouter. Évitez de dominer dans les conversations. Lorsque vous rencontrez une femme dans un bar, que vous parlez à des amies ou à des collègues, ou lorsque vous parlez à votre partenaire, par exemple, pratiquez une écoute active et soyez conscient d’à quel point vous interrompez/parlez beaucoup/vous imposez dans les conversations. Est-ce que vous posez des questions ? Est-ce que vous écoutez les réponses ? Entendez-vous ce que les femmes disent ? Les hommes passent beaucoup de temps à couper la parole aux femmes et à s’adresser à elles d’un ton péremptoire ; ils doivent passer plus de temps à écouter, car les hommes sont socialisés à ne pas être conscients de l’espace qu’ils occupent dans le monde. Ce n’est qu’un exemple de la façon dont se manifeste le pouvoir masculin. Ce comportement dissuade les hommes d’être en empathie avec les femmes et de travailler à mieux comprendre leurs expériences.

10) Ne neutralisez pas les problèmes qui ne sont pas neutres à l’égard du genre. Il ne sert à rien d’insister sur le fait que la violence masculine à l’encontre des femmes est un « problème humain ». Il est inutile de dire que « la culture du viol n’a pas de sexe ». Il est inutile de dire que vous êtes contre « toute forme de violence ». Oui, des hommes vivent de la violence et des agressions commises par d’autres hommes, mais cela n’annule pas le fait que la violence masculine à l’encontre des femmes est systémique. Répondre de cette manière équivaut essentiellement à banaliser l’expérience des femmes, comme répondre «  toutes les vies comptent » [lorsqu’on entend « Black Lives Matter »]. Le mouvement #MoiAussi tient les hommes pour responsables de la violence qu’ils exercent à l’encontre des femmes, et pour remédier efficacement à cette violence, nous devons nommer le problème et le prendre par la racine.

11) Comprenez que, en tant qu’homme, vous ne serez jamais pleinement capable de comprendre ce que les femmes vivent au jour le jour, sous le patriarcat. Il n’y a pas eu un seul jour dans l’histoire du monde où une femme n’a pas été violée ou battue par un homme. Les femmes vivent, chaque jour, dans la peur de la violence masculine. La vie des femmes est façonnée par la culture du viol et par le regard masculin d’une foule de façons – explicites ou subtiles –, de la haine de leur corps au syndrome de stress post-traumatique, en passant par les choix que nous faisons en matière de travail, de voyages, de relations, de vêtements, de relations sociales et plus encore. Croyez-nous quand nous vous parlons de ces expériences. Croyez-nous quand nous vous disons que c’est un problème énorme et urgent. Croyez que nous ne cherchons pas à dramatiser ou à attirer l’attention. Croyez-nous, même si vous ne comprenez pas complètement. Nous ne déversons pas notre traumatisme en ligne pour le plaisir.

 

Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/10/22/14-ways-men-can-respond-productively-metoo/

Traduction : TRADFEM

Au Québec, des hommes solidaires des harcelées

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2018/01/28/des-hommes-appuient-etmaintenant/

Des hommes appuient #Etmaintenant

Vous n’êtes pas sans savoir que les mouvements #Moiaussi, #Metoo, #Balancetonporc, etc. bouleversent l’ordre (patriarcal) des choses. À la suggestion d’amies féministes, nous avons rédigé une lettre d’appui. Nous espérons que vous accepterez de la signer. Son modeste objectif est de renforcer la lutte et de montrer que des hommes s’engagent aux côtés de ces mouvements.

Veuillez par retour de courriel me dire si vous signez et, dans ce cas positif, m’indiquer ce que l’on peut mettre à côté de votre signature.

Lesdites signatures peuvent m’être adressées à poulin@uottawa.ca.

Le mouvement #Etmaintenant, lancé par une centaine de féministes québécoises, expliquait : « Nous voulons continuer sur cette lancée, les hommes à nos côtés. Tellement reste à faire ! Afin que les politiques publiques, la culture des entreprises et des institutions, les contenus médiatiques – eh oui, les relations amoureuses et sexuelles – évoluent dans le sens d’une véritable égalité entre les sexes. »

Nous sommes des hommes qui appuyons les mouvements #Moiaussi, #Metoo, #Balancetonporc et #Etmaintenant. Nous répondons donc positivement à cet appel.

La libération de la parole des femmes a permis une certaine libération de la parole d’hommes harcelés et agressés sexuellement. C’est une première, et l’on doit s’en réjouir.

Dès le début du mouvement #Moiaussi, on a vu se développer une réaction (dans le sens de réactionnaire) qui a adopté différentes formes, comme celui du « droit d’importuner » au prétexte d’une misère sexuelle masculine. Celui aussi de prétendre que les hommes de pouvoir, qui ont abusé de leur pouvoir, avaient le bénéfice du doute au motif de la « présomption d’innocence », eux qui, pour plusieurs, ont sévi pendant des décennies, en bénéficiant d’une impunité impardonnable, et qui, par le fait même, ont pu multiplier leurs agressions.

On aurait tort de croire que les agressions sexuelles et les harcèlements sont le fait de quelques dérives individuelles. Au Québec, une femme sur trois a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans. Cependant, les infractions sexuelles sont plus fréquentes (53% des cas) chez les moins de 18 ans, surtout chez les filles, mais aussi chez les garçons. On peut donc s’avancer à conclure que le nombre d’agresseurs sexuels est très important, qu’il ne s’agit pas d’un phénomène marginal, limité à quelques individus prédateurs. L’enquête ESSIMU au Québec a révélé que près de 37% des universitaires (employéEs, étudiantEs, professeurEs) ont subi une forme de violence sexuelle (harcèlement sexuel, comportement sexuel non désiré, coercition sexuelle). De 40 à 50% des femmes des pays de l’Union européenne auraient subi des avances sexuelles non désirées, des contacts physiques ou d’autres formes de harcèlement sexuel au travail. Aux États-Unis, 83% des filles âgées de 12 à 16 ans auraient subi une forme ou une autre de harcèlement sexuel dans les écoles publiques. Les harceleurs sont donc très nombreux.

La culture du viol et de l’agression ne relève donc pas de l’épiphénomène ni de la misère sexuelle réelle ou présumée des hommes, mais s’inscrit dans des structures sociales (et par le fait même mentales) de nos sociétés.

L’agression sexuelle est d’abord et avant tout un abus de pouvoir. C’est parce que l’agresseur se sent autorisé qu’il impose ses volontés à une personne réifiée, réduite au rang d’objet sexuel ou de jouet de son désir de pouvoir sur autrui. Les structures de pouvoir hiérarchiques sont déterminantes dans ce cas. Y résister n’est pas chose facile. On sait le sort que connaissaient autrefois les victimes d’agresseurs puissants et bien placés dans la société : elles étaient condamnées sans appel, et les agresseurs jouissaient d’une impunité quasi totale. Toute structure hiérarchique, qui voue un culte à l’autorité arbitraire et à la suprématie mâle, favorise ces abus : églises, sectes, armées, clubs sportifs, clans, familles, monde des affaires, etc. Ce sont surtout les femmes qui en font les frais, mais il reste qu’un statut inférieur place un individu dans la mire du prédateur sexuel, les femmes occupant la plupart du temps ce rôle, mais pas seulement les femmes : les enfants certes, filles et garçons, mais aussi des hommes.

La virilité hégémonique s’exprime dans les prisons par les viols d’hommes qui sont ainsi infériorisés et qui, par conséquent, pour un certain nombre d’entre eux, deviennent des objets sexuels. Au Québec, le producteur, qui était omniprésent à l’écran de la télévision québécoise, Éric Salvail, harcelait sexuellement ses employés masculins. Dans la mode masculine, il semble y avoir eu des comportements analogues envers les mannequins masculins. On savait que les petits garçons étaient une cible de prédateurs sexuels dans la famille, l’Église, etc. Or, maintenant, des hommes adultes osent parler de ce qu’ils subissent ou ont dû subir par des hommes qui sont mieux placés qu’eux dans la hiérarchie sociale, dans la hiérarchie du pouvoir et de l’argent.

Il est désolant, mais ce sera sans doute salutaire, de réaliser que les hommes comprennent l’importance de l’agression sexuelle à partir du moment où ils peuvent se voir comme des victimes potentielles. Les cas de célébrité portés à l’attention du public (de même que les cas de viols d’hommes lors des guerres par exemple) contribuent à saper la confiance aveugle des mâles aux structures de pouvoir.

Les appels à ne plus accepter ces comportements sont sincères, mais le changement social ne se fera pas sans changement des relations de pouvoir dans la société. On peut par exemple s’émouvoir de la désolation des humoristes en réunion de crise, mais on n’oubliera pas que nombre d’entre eux gagnent leur vie à traiter les femmes de tous les noms et à les rabaisser. Les agresseurs perdent une partie de leur pouvoir, mais il reste beaucoup d’hommes puissants à l’abri des aléas de la vie. Ce sont leurs employéEs qui subissent les contrecoups en perdant leur source de revenus. En plus de risquer leur propre emploi, les victimes craignent d’en faire perdre à d’autres. Ces réflexions éthiques sont absentes chez les personnes en situation de domination. Cela fait d’ailleurs partie des considérations qui se bousculent dans la tête des victimes si peu promptes à dévoiler ce qu’elles ont vécu, déjà qu’elles se sentent coupables de ce qui leur est arrivé.

Le système judiciaire et son fonctionnement ne sont absolument pas adaptés aux causes d’agression sexuelle et de harcèlement dans lesquelles les aspects des contraintes psychologiques liées au statut social et financier sont déterminants et où la collecte des preuves reste très difficile. Qui doute encore que la justice a deux vitesses ? Les plus fortunés se paient les meilleures firmes d’avocats, les mieux à même de performer devant des juges qui viennent rarement des classes défavorisées ou dominées et qui, de ce fait, comprennent fort mal les structures d’oppression, quand ils n’ont pas un préjugé favorable envers elles. On se rappellera que, jusqu’aux années 1970, les femmes n’avaient pas le droit de siéger comme jurées.

Celui qui a l’argent et le pouvoir a un avantage constant sur les personnes qui doivent vendre leur force de travail pour vivre. Cette force de travail est une marchandise qui se négocie sur le marché des forces de travail (marché dit de l’emploi), c’est ce qui accorde à la personne qui a du pouvoir une formidable prépondérance. L’argent et le pouvoir sont le nœud des choses ; ils lient, rabaissent et soumettent la personne-force de travail, tout en rendant le rapport impersonnel, réifié. Le sentiment de supériorité des payeurs, lequel fait partie intégrante de leur plaisir, est lié à l’acte de location de la force de travail et à la déshumanisation qu’elle implique (processus de marchandisation). Ces hommes de pouvoir ne recherchent pas la réciprocité. C’est précisément la subordination des gens qui est source de plaisir. Et ce plaisir est accentué par un sentiment d’impunité. L’argent et le pouvoir apparaissent comme des substituts à la virilité.

Dans les sociétés capitalistes patriarcales, les sexualités masculines hégémoniques fonctionnent en grande partie au moyen d’un désir univoque. C’est aussi très souvent un appel à une consommation rapide. Le temps des relations sexuelles est généralement déterminé par l’éjaculation, qui marque l’objectif et la fin de la relation sexuelle. Dans cette consommation, il y a survalorisation de la place et de la fonction du pénis. Cette sexualité se présente comme réductionniste et fonctionnelle, si ce n’est utilitariste et contingentée (limitée). Elle est également dissociée (sexe et sentiments). Ce qui nourrit les industries du sexe : prostitution, pornographie, tourisme de prostitution, traite des femmes et des enfants…

Tant que nous n’aurons pas appris à vivre civilement l’économie de nos rapports sexuels, il ne sera pas question de fermer les volets sur la souffrance imposée par les rapports de pouvoir, notamment les rapports de genre.

C’est pourquoi il est important, en tant qu’hommes, de donner un soutien ferme et indéfectible à la parole qui se libère, à la résistance aux agressions, à la renégociation de rapports basés sur le consentement et non sur la prédation ou la domination.

Francis Lagacé, écrivain et militant des droits sociaux

Richard Poulin, éditeur, prof émérite (Université d’Ottawa) et prof associé (IREF-UQAM)

Premiers signataires :

Guy Bellemare, prof titulaire, département de Relations industrielles (UQO)

Marc Bonhomme, militant 

Martin Dufresne, traducteur proféministe 

Didier Epsztajn, animateur du blog Entre les lignes, entre les mots 

Marc-André Éthier, prof de didactique en histoire (UdeM) 

André Frappier, Chroniqueur à Presse-toi à gauche et à Canadian Dimension et membre de la direction de Québec solidaire 

yeun lagadeuc-ygouf, aide-soignant 

David Mandel, prof sciences politiques (UQAM) 

Ianik Marcil, économiste indépendant 

Bernard Rioux, rédacteur de Presse-toi à gauche 

Sébastien Rioux, prof adjoint (UdeM) 

Michel Roche, prof de science politique (

Ianik Marcil, économiste indépendant 

Bernard Rioux, rédacteur de Presse-toi à gauche 

Sébastien Rioux, prof adjoint (UdeM) 

Michel Roche, prof de science politique (UQAC) 

Michel Taylor, Fonds immobilier FTQ

Messieurs, vous désapprouvez les porcs ? Dites-le haut et fort !

La réaction contre le mouvement #balancetonporc a été rapide et violente. Et ce n’est pas fini car le dernier défenseur en date des hommes outragés est Donald Trump qui supporte mal de voir  accuser de violences conjugales plusieurs de ses proches.

Des hommes ont été nombreux à entrer en indignation et des femmes les ont suivis comme celles du magazine Causeur ou les signataires de la tribune dite Deneuve. Il me semble que si ces personnes avaient été de bonne foi, elles auraient reconnu que, oui, la plupart des femmes avaient été ou sont victimes de harcèlement sexuel, qu’ils ont été témoins de ces violences et de leurs conséquences néfastes et que la plupart du temps, résignés par « la banalité du mal » ils n’étaient pas intervenus et que souvent, dans les vestiaires, les réunions ou même en famille, ils avaient bien rigolé des râteaux de leurs copains ou de leurs actes sordides. Ils riaient tout aussi bien des « pétasses » qu’ils avaient « eues » à l’usure, c’est-à-dire par harcèlement sexuel.

Il me semble, messieurs, que si vous refusiez le harcèlement et toutes les violences sexuelles, vous pourriez, vous devriez le dire. Vous vous comportez actuellement comme si vous étiez coupables et ne pensiez qu’à défendre vôtre peau par le déni, l’inversion, les accusations de tous ordres et le mépris. Ou alors, vous vous retranchez dans une culpabilité stérile, la trouille imbécile de devoir renoncer à vos prérogatives culturellement naturelles ou la peur ridicule de perdre vôtre virilité. Ce faisant, vous perdez une chance formidable de contribuer à l’amélioration des relations femmes/hommes pour vous-mêmes et surtout pour les générations à venir, celles de vos enfants et petits-enfants.

Toutes ces personnes bien pensantes ne se sont pas penchées sur les causes du mouvement mais sur ses possibles conséquences pour les hommes mis en cause globalement ou ceux, rares qui seraient salis à vie par des rumeurs. Que la vie d’une femme soit gâchée par du harcèlement sexuel, un viol ou des menaces de viol, le massacre de sa crédibilité ou des violences psychologiques, ce n’est pas un problème. Mais qu’on ose prétendre qu’un homme respectable sous tous rapports ait commis une grave offense contre une ou plusieurs femmes, cela leur est insupportable. Hé bien moi, ce qui m’est insupportable, c’est le refus de prendre au sérieux un problème de santé publique qui touche presque toutes les femmes indépendamment de leur âge, de leur position sociale, de leur statut marital, de leur apparence physique, de leur situation économique ou de leur statut professionnel.

On a l’impressions qu’il serait gravement plus grave pour une femme de susciter le désir chez un homme que pour un homme « d’avoir des pulsions » et de n’y pouvoir résister.

Depuis quelques années, j’avais constaté que la condition des femmes régressait et la Réaction au mouvement #balancetonporc le confirme en ce qu’elle révèle un machisme décomplexé. Est-ce une bonne chose ? Va-t-on assister à un réveil des consciences ? Je ne peux me prononcer car de nombreux facteurs se liguent contre l’égalité entre femmes et hommes, en particulier la violence de modèles venus d’ailleurs qui renforcent la tentation machiste. Un autre facteur est l’importance du chômage qui incite les femmes à rester à la maison, en particulier celles, nombreuses,  qui ne trouvent que des offres à temps partiel pour un salaire minable qui serait grévé par des frais de nourrice et de transport.

Arguments récurrents utilisés contre le mouvement de libération de la parole

Délation, c’est le qualificatif qui revient le plus souvent

Une victime qui dénonce son agresseur, est-ce de la délation ? Déposer plainte, c’est de la délation ? Dénoncer l’auteur d’un crime ou d’un délit, c’est de la délation ? Prévenir d’un danger, est-ce de la délation ? Prévenir les autres automobilistes qu’un radar les attend au tournant, délation ?

Quelle est la différence entre délation et dénonciation ? Délation a des relents de la dernière guerre quand des collabos de nazis dénonçaient les résistants, les juifs, les paysans qui tuaient un cochon ou se procuraient du beurre au marché noir pour pouvoir nourrir leur famille. Délation, c’est associé à trahison, intelligence avec l’ennemi, collaboration, nazis, Gestapo et vengeance.

Accuser la parole des victimes de délation, c’est entreprendre de les culpabiliser pour mieux les museler.

Tribunal non autorisé

Dénoncer un violeur, ce serait le condamner. Par contre dénoncer les emplois fictifs de la famille Fillon ce serait respectable et on a eu le droit de condamner le candidat et de le couler en politique avant même que le tribunal ne se soit prononcé. Pourquoi deux poids deux mesures ?

Elles n’avaient qu’à porter plainte au moment des faits

Faut-il être ignorant pour prononcer une telle stupidité ! C’est ne oas savoir grand chose de a complexité de la psychologie humaine. C’est ignorer qu’une femme violée a peur de mourir, qu’elle craint pour sa famille et ses amis, que sur le moment elle est anéantie et plongée en état de sidération. C’est ignorer les mécanismes d’auto censure de la mémoire traumatique. C’est ignorer la perte de dignité, la honte, l’humiliation, la culpabilité d’avoir peut-être « fait quelque chose » pour subir l’horreur, l’anéantissement de l’estime de soi, le refus conscient ou inconscient de donner de revivre l’agression en la mettant en mots, la crainte de ne pas être crue et traitée comme une coupable, l’appréhension de ne pas être prise au sérieux et de s’entendre dire par la police « comment étiez-vous habillée ? », « encore une histoire de Q qui a mal tourné ? », que faisiez-vous dehors à 3 h du matin ? »,etc.

Elles sont puritaines, adeptes de l’ordre moral

Le plaisir du sexe n’a rien à voir avec l’agression sexuelle parce que celle ci n’est pas du sexe, encore moins de l’amour, c’est un acte de domination. C’est toute la différence entre l’acte sexuel consenti et la contrainte sexuelle. Vous le savez très bien mesdames et messieurs mais vous faites semblant de l’ignorer pour servir vos arguments contre la parole des victimes de harcèlement sexuel.

Et puis après tout, si nous avons envie d’être puritaines et de fuir cette représentation pornographique de la sexualité qui nous est imposée, c’est notre droit. Ce droit n’est pas plus méprisable que la liberté que prennent certains à partouzer, accumuler les liaisons, vivre leur polygamie sans états d’âme, s’acoquiner à 70 ans avec des gamines de 20 ans, quitter leur épouse pour un époux, vouloir reproduire à tout prix dans leur vie les scenarii du porno, payer pour sexer, etc.

On ne met pas un innocent au pilori, sa vie est fichue

Et la vie fichue de millions de femmes victimes du harcèlement sexuel, ça a moins d’importance que prendre le risque de se tromper ? Il y a toujours eu, malheureusement, des erreurs judiciaires et il appartient à la Justice de faire son travail. Il est toujours possible de reconnaître une erreur et de la réparer. Par contre il est impossible de guérir d’un traumatisme sexuel.

Un homme s’est suicidé (pour combien de femmes violentées ?)

L’accusation d’agression sexuelle peut pousser un homme au suicide. Peut-être mais combien de femmes se sont suicidées après avoir été violées et traitées comme des coupables quand elles étaient victimes ? Combien de femmes agressées ont sombré dans les drogues, l’alcool, la prostitution, la conduite d’échec, l’impossibilité d’avoir des relations équilibrées avec les hommes, les phobies, etc ? Toutes réactions équivalentes à un suicide lent.

On n’a plus le droit de séduire

Séduire, se ducere, amener vers soi, n’est pas forcément passer à l’acte. Pour Kirkegaard, le séducteur est précisément un homme qui ne passe jamais à l’acte. Il conquiert mais ne consomme pas. Ce n’est pas forcément bien car ce peut être un élément pervers de manipulation à fins de domination. Il convient de s’en méfier et de ne pas tomber dans le panneau.

La séduction désintéressée est une forme d’embellissement des relations humaines, une manière de rendre plus agréables les interactions sociales. On séduit avec le regard, le sourire, les modulations de la voix, l’attitude corporelle et, surtout les paroles. On ne séduit pas avec les mains et encore moins avec le pénis.

Les hommes qui prétendent que les « néoféministes » voudraient abolir la séduction sont de mauvaise foi et tentent, eux réellement, de manipuler les femmes indignées par le harcèlement sexuel.

Elles l’ont cherché, elles n’ont qu’à s’habiller correctement…

L’éducation d’un enfant comprend le contrôle de ses pulsions. Laisse-t-on un bambin chiper les bonbons exposés à son niveau à la caisse ? Les femmes attrapent-elles la braguette bien gonflée d’un homme ? Le reproche de l’accoutrement d’une femme contient en lui-même la justification d’une possible agression, elle dénote une mentalité de prédateur, de chasseur de femme qui n’attend qu’une occasion pour attaquer sa proie.

Parodie de justice pour les femmes violées. Le cas d’Anna Circé

J’ai déjà démontré que la Justice, donc notre société, était indulgente pour les violeurs et méprisante pour les victimes.

Anna Circé, violée en 2011, s’est battue pendant 6 ans pour obtenir justice, ce qui comprend la mesure d’éloignement de son violeur, ce qui n’a pas été respecté : sous contrôle judiciaire le violeur venait travailler dans l’immeuble de la victime !

La lutte d’Anna lui a porté préjudice puisque le tribunal lui a reproché d’avoir mené campagne publique pour demander justice. Son sentiment est que la décision d’acquittement de son violeur a été motivée par son combat. Au cours du procès, il a été  lourdement et à répétition reproché à Anna d’avoir menti lors de son premier témoignage. Les juges n’ont pas tenu compte de l’état de choc de la victimes interrogée par trois gendarmes qui l’ont pressée de questions dénuées de tout sens de psychologie élémentaire. Je peux personnellement comprendre le témoignage d’Anna sur cette odieuse inquisition car un jour ayant été frappée par un homme je me suis rendue immédiatement en larmes au commissariat où j’ai été interrogée debout dans le hall par différentes fonctionnaires qui se succédaient à tour de rôle et me traitaient comme une coupable. Je suis repartie en sanglotant sans déposer plainte puisqu’on refusait de m’entendre. Ces réalités sont insoutenables et permettent de comprendre pourquoi la plupart des victimes de viol et de harcèlement sexuel  ne portent pas plainte.

Le paradoxe est qu’aujourd’hui, lorsque des femmes dénoncent les violences sexuelles dont elles ont été et sont victimes, il leur est reproché de ne pas avoir déposé plainte au moment des faits !

Ces personnes , trop nombreuses, sont soit stupides, soit ignorantes, soit de mauvaise foi et aveuglées par des positions idéologiques destructrices de neurones.

Le témoignage d’Anna dans la vidéo ci-dessus fait mal car non seulement la jeune femme transpire de souffrance mais son récit est une accumulation de toutes les injustices que les victimes de violences sexuelles subissent.

J’éprouve une grande peine pour Anna et pour toutes les victimes de harcèlement et de violences sexuelles qui sont culpabilisées, méprisées, traumatisées, profondément détruites et impuissantes face à la terrible injustice de cette société conditionnée par la culture du viol parce qu’elle méprise profondément les femmes. Comme le dit Anna dans la vidéo, le violeur a été acquitté mais elle a été condamnée à vie.

Un espoir toutefois, le mouvement #balancetonporc donne de la force à la libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles qu’elles ont subies et subissent encore aujourd’hui. Pour l’instant les hommes font corps contre ce mouvement qui remet leurs habitudes en question, qu’ils soient coupables, complices ou résignés. Ils serait temps que ces messieurs se réveillent et comprennent que les relations femmes/hommes ne s’apaiseront que lorsqu’ils seront solidaires de la souffrance des femmes victimes de violences sexuelles.

La Connectrice

Contre les frotteurs du métro, campagne à partir du 6 mars 2018

 

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http://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/le-frotteur?all-comments=1

La pétition contre les frotteurs du métro lancée par la jeune Alice Millou a recueilli  près de 55 000 signatures, preuve s’il en était besoin, que ce type d’agression est un véritable problème de sécurité publique. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France a su entendre Alice Millou et les signataires de sa pétition. Une campagne contre les frotteurs (terme élégant pour désigner les hommes qui se masturbent contre les femmes dans le métro en profitant de l’affluence) démarrera donc le 6 mars prochain dans le sillage des manifestations autour du 8 mars, journée internationale des droits DES femmeS. Des affiches seront apposées dans le métro à titre provisoire jusqu’à ce que la RATP se décide à inclure l’avertissement dans son règlement au même titre que l’obligation de posséder un titre de transport valide. Le combat contre ce fléau restera valide tant que des mesures pérennes et efficaces ne seront pas prises. Gardons l’œil ouvert sur cette question.

La Connectrice

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https://www.lexpress.fr/actualite/politique/valerie-pecresse-a-deja-gifle-un-frotteur-dans-le-metro_1976497.html

Réponse de Valérie Pécresse et déclaration de la victoire

Alice MILLOU

Francia

6 DE FEB. DE 2018 — Chers signataires, 

Ces quatre derniers mois ont été riches en émotions, en rencontre et en changements pour moi. La présidente de la région Île-de-France, madame Valérie Pécresse, que j’ai moi même rencontrée il y a quelques semaines maintenant, à répondu à cette pétition et à annoncé la date de lancement de la campagne contre les frotteurs. Lors de notre rencontre, nous avions longuement échangé sur le problème et plusieurs solutions et idées avaient vu le jour. Madame Pécresse était à l’écoute, et même si ont m’a dit que la décision d’une campagne avait été prise bien avant ma pétition, je pense qu’elle y a largement contribué, et j’en suis fière. Je suis fière pour moi et pour mes 58 K signataires et des poussières. C’est grâce à vous que nous avons pu nous faire entendre. 

Nous sommes toutes deux heureuse de vous annoncer cette campagne pour le 6 Mars. Le 5, il y aura une conférence de presse devant des journalistes et je vais pouvoir prendre la parole.

La pétition à changé ma vie d’une certaine manière, j’ai vécu des moments très intéressants, et je me suis libérée moi même des blessures que les frotteurs m’avaient infligés indirectement en profitant de ma faiblesse. J’en sors plus forte et plus sereine. 

J’ai été contente de participer à une petite échelle à cette libération de la parole de la femme, même si je n’ai absolument pas fait exprès d’arriver avec ma pétition en même temps que les scandales Weinstein… je suppose qu’un karma intergalactique nous a tous et toutes relié.e.s entre nous pour changer les choses. 

Cette campagne est un aboutissement, sans nul doute, mais ce n’est pas la fin du combat. En effet, le but ultime est d’obtenir l’installation immuable et définitive d’affichages anti frotteurs et d’affichages qui pourront permettre à chaque victime de savoir que des dispositifs sont mis en place pour leur protection et pour leur sécurité. Ces affichages immuables seront dans les rames, dans les gares, dans les esprits de chacun et chacune. 

Personne ne mérite d’être laissé au dépourvu face à un frotteur. 
Il faut également garder à l’esprit que cette campagne et cette pétition soulèvent d’autres problématiques importantes, tel que le temps de sauvegarde des images des caméras qui filment le réseau RATP. Une victime peut porter plainte six ans après les faits mais les caméras n’enregistrent que 48h d’images. Il faut couvrir toujours plus d’espace et sauvegarder toujours plus de temps d’image et cela à un coût phénoménal. 

Les lumineuses idées de Madame Pécresse vont contribuer à un réseau plus sûr, à un vision des transports en communs parisiens moins angoissante. 

Merci à vous d’avoir cru en moi, d’avoir cru à mon combat, d’avoir cru qu’on pouvait faire évoluer les choses, qu’on pouvait faire bouger les choses et qu’on pouvait casser les codes. Merci d’avoir cru qu’on pouvait créer un monde meilleur en se rassemblant pour crier. Merci à tout les signataires, et aux autres qui ont pris le temps pour lire ma lettre, mais également à tout les journalistes et les gens de la presse qui ont contribué au rayonnement de cette pétition.
Un immense merci à Aminata Dembele, qui s’est occupé de cette pétition avec moi avec une patience remarquable. 
Et bien sur merci à Madame Pécresse qui m’a tendu une main et qui à pris le temps de m’écouter.

Merci d’avoir cru qu’avec des paroles ont peut changer des actes.

alice

Image associée

http://www.fdesouche.com/708483-frotteurs-du-metro-surrepresentation-de-personnes-dorigine-maghrebine-moyen-orientale-ou-pakistanaise

 

Dans le métro parisien, avec la brigade chargée de débusquer les « frotteurs »
 – http://www.lemonde.fr

http://www.filpac-cgt.fr/lhumeur-de-rust-archives/

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https://www.suavelos.eu/droit-dimportuner-neo-reac-montrent-davantage-dempathie-frotteurs-metro-femmes-blanches-agressees/

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http://golem13.fr/the-personal-space-dress/

http://impressionsdulibanetdumonde.blogspot.fr/2018/01/quand-catherine-deneuve-et-ses-amies.html

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