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Grande offensive contre l’avortement. Pétition et manifestation dimanche 25 janvier.

Hostiles à l’avortement pour des motifs religieux, les adeptes de la « Marche pour la vie » lancent une grande offensive contre l’avortement. Ils font circuler une pétition qui aurait déjà recueilli 175 000 signatures et manifesteront dimanche prochain.

Afin de rallier le plus de partisans, les « Provie » recourent toujours aux mêmes arguments : le fœtus est un bébé, on tue des bébés, regardez le démembrement d’un fœtus au cours d’un avortement par aspiration, on laisse mourir les bébés nés d’avortements tardifs et éventuellement on les « pique » avant de les jeter aux ordures. Dans leur dernier document, ces opposants s’attaquent aux « avortements tardifs et infanticides néo nataux » pour mieux impressionner les esprits fragiles qui auraient résisté aux films de propagande déjà très « gore ».

Il ne s’agit plus de remettre en cause le droit des femmes à choisir leur grossesse mais du droit du fœtus à vivre tout en sachant qu’un fœtus ne peut pas vivre en dehors du ventre de sa mère et que si la médecine rend possible la survie de grands prématurés, ceux-ci porteront de graves séquelles, preuve s’il en était besoin que le ventre de la mère est indispensable à la transformation du fœtus en bébé. Ce sont pourtant les mêmes qui contestent les abus de langage en politique et qui abusent lorsque ça les arrange. Un fœtus est un fœtus. Un bébé est un bébé. Un fœtus n’est pas un bébé.

foetus. On voit bien que le foetus est complètement dépendant de l’utérus, du placenta et du corps de sa mère Source image

Bébé. Il rit, il est aimé, il est autonome dans l’expression de ses sentiments et de ses désirs source image

 

 

Les sciences humaines et médicales comme la psychiatrie, la psychologie, la psychanalyse, la pédiatrie, la psychogénéalogie, la sociologie et l’anthropologie nous apprennent que l’existence d’un enfant naît d’abord dans le désir des parents et que faute d’avoir été désirés de nombreux enfants souffrent et contiennent en germe des adultes souffrants qui seront incapables de se socialiser et de maîtriser les difficultés de la vie. On ne peut pas comparer, comme les « Provie » le font la souffrance mécanique d’un fœtus à la souffrance physique et psychologique d’un enfant ou d’un adulte qui ont conscience de leur souffrance. La mystique de la souffrance d’un fœtus est une religion, une conviction, une superstition qui pousse certains « Provie » à assassiner des medecins qui pratiquent des avortements, à donner la mort à des adultes qui ont aussi une famille pour sauver des fœtus qui ne sont pas biologiquement finis, n’ont ni autonomie ni conscience.

Revenons 40 ans en arrière quand l’avortement était interdit. A cette époque, on estimait à 1 million/an le nombre de femmes qui avortaient dans la clandestinité avec des méthodes rustiques : aiguille à tricoter passée à travers le col de l’utérus, queue de persil plantée dans le col de l’utérus, ingestion de potions abortives, exercices violents ou sauts d’une grande hauteur, recours à une faiseuse d’anges ignorante de règles élémentaires d’hygiène et ouverture forcée du col de l’utérus à l’aide d’ustensiles les plus divers. Ces méthodes entraînaient la mort de centaines de femmes par septicémie ou à la suite d’hémorragie. Des centaines d’autres devenaient stériles à la suite d’infection des trompes.

Aujourd’hui, grâce à la légalisation de l’avortement, seulement 200 000 femmes avortent chaque année dans des conditions médicales qui n’entraînent ni la mort ni la stérilité. On sauve donc chaque année environ 800 000 femmes grâce à la contraception et la vulgarisation des informations sur la planification des naissances.

Parmi les femmes qui avortent on compte bon nombre d’adolescentes dont l’avenir serait sérieusement ruiné par la maternité et dont la mère aurait du mal à poursuive sa carrière en s’occupant de son enfant maman. Une manière d’éviter ces grossesses précoces serait de responsabiliser les garçons qui se désolidarisent trop souvent de la femme qu’ils ont séduite et parfois forcée.

Derrière l’hostilité à la légalisation de l’avortement, il y a une tradition millénaire de christianisme qui prend à la lettre les paroles bibliques « Croissez et multipliez ». Une tradition qui ne supporte pas que la femme soit maîtresse de son propre corps et qu’elle puisse choisir ses grossesses. On retrouve la même tradition dans le judaïsme et l’Islam, ce dernier ayant construit tout un système d’enfermement et de contrôle violent des femmes.

Certes, dans le contexte actuel, on peut légitimement déplorer que les chrétiennes fassent moins d’enfants que les musulmanes dont certains dirigeants ont dit que leurs ventres étaient les armes du djihad, de la guerre sainte. En effet, de nos jours les naissances d’enfants musulmans sont très nombreuses et préfigurent ce fameux remplacement de population dont parle Renaud Camus. Il est édifiant que le prénom Mohamed vienne en tête des prénoms donnés dans les principales capitales d’Europe et que son nombre soit en progression constante depuis dix ans.Faut-il pour autant contraindre les femmes à porter des enfants non désirés ? Ce n’est souhaitable ni pour les femmes ni pour les enfants à venir.

La solution est ailleurs, dans le contrôle de l’immigration et dans une meilleure gestion des allocations familiales. Elles devraient être conséquentes pour les trois premiers enfants et supprimées à partir du quatrième considérant que les gens qui choisissent d’avoir plus de trois enfants ont les moyens de les élever. Dans cette configuration, je suis certaine qu’il y aurait moins d’immigrés se bousculant à nos frontières.

L’avortement n’est douloureux pour la femme que parce qu’elle est culpabilisée par une morale religieuse qui lui interdit de disposer de son corps et de planifier ses grossesses.

Interdire l’avortement ne résoudra pas les problèmes démographiques mais renverra les femmes à leur condition de procréatrices au même titre que la PMA que les Provie pourtant désapprouvent.

La Connectrice

Avortement: pas une obligation, un droit et une loi 2/2

Simone de Beauvoir , à l’occasion du procès de Bobigny ( « Les femmes s’entêtent » 1973) écrira

« Enfants délaissés, enfants martyrs, enfants abandonnés à l’Assistance Publique : la plupart des délinquants, beaucoup de criminels ont pris la vie par ce triste départ ; ce sont ces déshérités qui se pendent dans nos prisons ; souvent ils finissent leur vie dans des hôpitaux psychiatriques » .

Quand commence la vie?

On ne peut pas répondre à cette question sans distinguer la vie biologique de la vie sociale et, plus précisément de la vie humaine.

Une amibe est vivante, un moucheron est vivant, un spermatozoïde ou un gamète mâle est vivant, un ovule ou un gamète femelle est vivant. Dans certaines sociétés indiennes, on filtre sa respiration pour ne pas tuer des moucherons. Dans d’autres on proscrit la masturbation pour ne pas détruire la semence de vie. Dans de nombreuses sociétés, les femmes sont impures au moment des règles puisqu’elles perdent un ovule à cette époque de leur cycle de reproduction.

Du point de vue de la stricte biologie, toute graine fécondée porte en germe son programme de vie. Une noix deviendra noyer, un ovule de chatte deviendra chaton et un ovule de femme deviendra enfant. Pour aboutir, ce processus nécessite d’être accompagné du soutien, du support et de la contribution de son environnement sous peine d’échouer, soit d’avorter.

On ne peut donc pas dissocier le potentiel de vie du développement de cette même vie avec tout ce qu’il implique de contributions environnementales.

Beaucoup de religions considèrent que la vie humaine commence dès la fécondation et s’opposent à l’avortement au nom du respect de la vie. Dans le même temps, certaines d’entre elles sont favorables à la peine de mort, justifie la vengeance et légitime les guerres.

Il y aurait donc d’un côté une vie embryonnaire sacrée et une vie humaine respectable selon certaines conditions définies par des religions, des croyances, des convictions qui sont par définition discutables, relatives, culturelles, idéologiques et politiques.

Les 27 états qui composent la communauté européenne ont choisi de légaliser l’avortement, à l’exception de 5 d’entre eu: Andorra, Malta, San Marino (interdiction totale), Irlande (admis en cas de danger de mort), Monaco, Liechtenstein, Pologne (indication médicale restreinte). Ces pays catholiques sont très liés au Vatican et appliquent strictement les recommandations papales.

Législations sur l’IVG en Europe
Ind.méd. = indications médicales = avortement admis pour raisons médicales / Ind.soc. = admis pour raisons sociales / ind.eug. = admis pour malformation du foetus / ind.jur. = admis pour raisons juridiques (viol, inceste)
Modèles de « régimes du délai » (c.à.d. la décision appartient à la femme)
PAYS RAISONS, INDICATIONS POUR L’IVG DURÉE DU
DÉLAI
ENTRETIEN DE CONSEIL OBLIGATOIRE ? DÉLAI DE RÉFLEXION PRISE EN CHARGE DES COÛTS APRÈS LE
DÉLAI
PARTICIPATION DU PARTENAIRE ?
BELGIQUE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant qui peut faire appel à un centre d’information 5 jours Caisse-maladie partiellement Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
DANEMARK Requête de
la femme
12 sem. depuis les dernières règles Non: Informations par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. socio-méd. + eug.  et jur. Un centre de consultation décide Aucune disposition
ALLEMAGNE Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par un centre agréé ET le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie seulement pour les femmes démunies Ind. socio-méd.  2 médecins décident D’accord avec la femme, le partenaire peut être invité à participer à l’entretien
FRANCE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant. OFFRE d’un entretien supplémentaire (obligatoire pour les mineures) 1 semaine Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
ITALIE « Ind.
médico-soc. », mais
c’est la femme elle-même qui la définit
90 jours (le début du délai n’est pas défini) Oui: Par un centre OU le médecin traitant 7 jours Caisse-maladie Ind. méd. + eug.  2 médecins décident Aucune disposition
PAYS-BAS Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
24 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 5 jours (excepté les IVG dans les 6 premières semaines) Caisse-maladie . Aucune disposition
NORVÈGE Requête de
la femme
12 sem. (le début du délai n’est pas défini) Non:
Informations par le médecin traitant
Non Caisse-maladie Ind. socio-méd.+ eug. 2 médecins décident Aucune disposition
AUTRICHE Requête de
la femme
4 mois depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant Non Caisse-maladie seulement en cas d’ind. méd. Ind. med.+eug., le médecin traitant décide Aucune disposition
PORTUGAL Requête de
la femme
10 sem. depuis les dernières règles Oui: par un 2ème médecin lors de la confirmation de la durée de la grossesse 3 jours ? Ind. méd. et viol jusqu’à 12 sem., ensuite ind. méd. et eug. strictes Aucune disposition
ESPAGNE
(dès 5.7.2010)
Requête de
la femme
14 sem. depuis les dernières règles Oui: par le médecin traitant 3 jours Caisse-maladie (?) Ind. méd., 2 médecins décident. Au delà de 22 sem. maladie très grave du foetus Aucune disposition
SUÈDE Requête de
la femme
18 sem. depuis les dernières règles Non.
OFFRE obligatoire d’un entretien
Non Caisse-maladie Après 18 semaines: « raisons particulières ». Une commission sociale décide Aucune disposition
SUISSE Situation de
détresse définie
par la femme elle-même
12 sem. depuis les dernières règles Oui. par le médecin traitant Non Caisse-maladie Ind. méd. et détresse psychologique grave Aucune disposition
PAYS D’EUROPE CENTRALE, DE L’EST ET DES BALKANS
(sans la Pologne)
Requête de
la femme
En règle générale, 12 sem. depuis les dernières règles Dans certains pays: oui Non Le plus souvent, la femme paye elle-même Ind. méd.-soc. et eugénique Aucune disposition
Modèles des indications (la décision est prise par des tiers)
ANGLETERRE Ind. médico-soc. Décision par 2 médecins 24 semaines depuis les dernières règles Non Non Caisse-maladie Danger pour la vie de la femme enceinte Aucune disposition
FINLANDE Ind. méd., soc.+eug. Décision en règle générale par 2 médecins 16 semaines Non Non Caisse-maladie Après 16 sem.,
ind. méd. uniquement
Le partenaire peut être entendu si cela peut être « utile »
IRLANDE Ind. vitale (danger de mort uniquement)
ISLANDE Ind.méd. + soc. larges. Décision par 2 médecins ou un travailleur social 12 semaines pour l’ind. sociale Conseils sur la contraception Non Caisse-maladie Aucune disposition
POLOGNE Ind. méd. très étroite, viol, malformation du foetus Aucun (12 sem. en cas de viol) Non Non ? Aucune disposition
ESPAGNE
(jusqu’au 5.7.2010)
Ind. méd. (aussi psycologique). Décision par 2 médecins,
interprétation libérale
Aucun (22 sem. en cas de malformation foetale, 12 en cas de viol) Non Non Caisse-maladie seulement dans les hôpitaux publics Aucune disposition
Sources: Eser/Koch « Schwangerschaftsabbruch im int. Vergleich », 1988.
Textes des lois nationales

http://www.svss-uspda.ch/fr/facts/europe.htm

La majorité des pays européens et occidentaux s’est donc ralliée au pragmatisme, à savoir que les femmes avortent depuis la nuit des temps, que’en dehors d’un contexte médical elles mettent leur vie en danger et risquent de devenir définitivement stériles ou de porter atteinte à leur santé. Faut-il en conclure que les femmes occidentales ne respectent pas la vie, qu’elles sont inconscientes et criminelles? C’est ce que pensent les catholiques observants et en particulier ceux qui, derrière l’organisation « En marche pour la vie » organisent chaque année une manifestation pour demander l’abrogation de la loi Veil.

http://enmarchepourlavie.fr/

Force est de constater, au regard des réalités, que le concept de « vie » est différend du concept de « vivant ». C’est tellement vrai qu’au moment de la mise au monde d’un bébé, la première interrogation des parents est « Est-il vivant »? Ensuite vient la question « Est-il normal », ce qui sous-entend « Est-il adapté à la vie sociale? ». Parce que pouvoir vivre, un être humain nécessite un certain équipement organique et un environnement favorable. Un bébé, a fortiori un foetus ou un embryon ne peut absolument pas survivre et vivre sans assistance et c’est là que le désir des parents et l’organisation sociale interviennent.

C’est l’incapacité d’un foetus, d’un embryon, d’un bébé à vivre en autonomie qui sépare les partisans de la légalisation de l’avortement des partisans « de la vie ».

Les sciences sociales dont le développement est relativement récent, nous ont enseigné combien l’environnement humain et naturel étaient importants pour l’être humain. Biologie, sociologie, économie, médecine, psychologie, psychanalyse ont contribué à comprendre et maîtriser l’évolution génétique de l’enfant.

La remarque de Simone de Beauvoir est toujours d’actualité et renforcée par toutes les études en sciences sociales. Le bébé meurt, dépérit, souffre, stagne et s’étiole s’il n’est pas nourrit de soins affectifs, éducatifs et matériels. Un bébé mal soigné deviendra un adulte souffrant, inadapté et peut-être dangereux pour autrui. Les prisons regorgent d’anciens enfants mal soignés. Les SDF sont souvent d’anciens bébés issus de familles nombreuses et pauvres qui ont été abandonnés par leurs parents, placés à la Ddass, parfois physiquement et psychologiquement maltraités dans les familles d’accueil mais aussi par des institutions et des institutionnels qui, les sachant non protégés ont pu abuser d’eux de mille manières.

Le pédopsychiatre René Zazzo a écrit: « la condition d’un bon détachement est un bon attachement. » Autrement dit l’autonomie et la socialisation de l’adulte dépendant de l’attention, de l’amour et des soins qu’il a reçus depuis sa naissance. La plupart des françaises et des français l’ont compris qui planifient les naissances et limitent le nombre d’enfants à celui qu’ils estiment avoir les moyens matériels et psychologiques de soigner.

(article en cours de rédaction)

QUAND LES FEMMES RICHES LOUERONT LEUR VENTRE AUX FEMMES PAUVRES

Publié le

A l’occasion de la discussion sur les lois de bioéthique, nos parlementaires, mâles pour la plupart, ont largement débattu de la procréation pour autrui, autrement dit de la location d’utérus ou de ce qu’on appelle sans rougir les « mères porteuses ». Dans le même temps, la philosophe Sylviane Agacinski publie un ouvrage dans lequel elle dénonce cette pratique qu’elle juge inacceptable. Et je partage son avis.

D’un côté, on a des couples qui, ne pouvant avoir des enfants naturellement mais souhaitant perpétuer leurs gènes et de l’autre on a des femmes dans la gêne qui se résignent à louer leur utérus et, forcément tout ce qu’il y a autour par la même occasion.
Dans une interview à radio BFM ce samedi 25 avril, Sylviane Agacinski expliquait qu’il y avait une convergence entre la technique médicale et la marchandisation du corps et que sans éthique, on pouvait se dire que, puisque la médecine peut le faire, alors quel mal y aurait-il à faire porter son enfant par une femme désireuse de « rendre service ».
Il est vrai que les femmes ont une grande familiarité avec la location d’une partie de leur corps, le vagin en particulier. Ne dit-on pas que la prostitution est le plus vieux métier du monde ? Avec la procréation pour autrui, on monte d’un niveau dans l’appareil génital féminin en passant du vagin à l’utérus.
Louer son vagin n’est pas chose facile pour une femme car, autour d’un vagin, il y a un corps et une tête, un coeur et une âme. Dans la majorité des cas, les femmes louent leur vagin parce qu’elles sont dans la misère et que, souvent elles y sont forcées. Cette activité n’est pas sans risques : esclavage, maladies, menaces physiques et détresse psychologique jugulée tant bien que mal par l’usage de drogues. Ce ne sont pas quelques call-girls épanouies qui feront oublier la souffrance dans laquelle sont vissées la majorité des prostituées.
Louer son utérus est humiliant dans ce qu’il ramène la femme à sa fonction innée de reproductrice, de « bonne qu’à faire des gosses ». C’est éprouvant physiquement car, pour se préparer à acueuillir un embryon, il faut prendre des hormones qui peuvent avoir de désagréables effets secondaires.
Pendant une grossesse, la physiologie du corps se transforme : des hormones se libèrent, la quantité de sang habituelle s’accroît considérablement et provoque souvent des varices, les seins gonflent et deviennent douloureux, le ventre grossit et la peau se tend, les risques de fausse couche développent des angoisses, certaines femmes ont d’importantes nausées, on encourt des risques d’éclampsie et de phlébite et j’en passe. De plus, une femme qui porte l’enfant d’une autre doit se soumettre à des règles d’hygiène de vie très contraignantes.
Pendant la grossesse, la porteuse sent le foetus bouger, elle vit en symbiose avec lui, elle communique, elle s’attache, de même que l’embryon va s’attacher à elle. Ils vivent l’un avec l’autre dans la plus grande intimité qui soit et en permanence.
L’accouchement comporte des risques même si la mortalité périnatale est faible en France. Il n’y a pas de risque zéro. Et puis l’accouchement est rarement une partie de plaisir car si l’anesthésie péridurale permet à la parturiente de ne pas souffrir, elle a toutes les chances de subir une épisiotomie pour faciliter la sortie du bébé. Cette incision de la vulve nécessite des points de suture et peut parfois mettre du temps à se cicatriser avec des douleurs conséquentes. De plus, si la délivrance nécessite une césarienne, il faut prévoir des douleurs et des cicatrices.
Après une naissance, presque toutes les mères éprouvent le « baby blues » et se sentent vides. Comment en effet passer d’une présence constante à l’intérieur de soi à un vide. Prendre son bébé dans ses bras, sentir son odeur, sa chaleur, lui parler et le caliner permettent de dépasser le baby blues mais quand on se sépare immédiatement du bébé, comment fait-on pour combler le vide physique et moral ?
Au cours d’un documentaire sur les mères porteuses en Inde, pratique courante et non réglementée là-bas, une femme disait qu’elle croirait à l’inocuité de cette pratique le jour où des femmes riches porteraient les enfants des femmes pauvres. On ne peut pas croire en effet que des femmes puissent librement choisir de louer leur ventre sans contrainte. D’ailleurs on sait bien que, chez les pauvres, le corps se vend bien, sous toutes ses formes et même mort. On peut acheter des reins, des poumons et des ovocytes. Et tout cela grâce aux progrés de la médecine. Nous vivons une époque vraiment formidable !
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