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Archives de Tag: clitoris

Elisabeth Lévy et Causeur champions de l’anti-féminisme

A travers les âges les sociétés masculines n’ont jamais admis que les femmes soient indépendantes de leur pouvoir et qu’elles manifestent leur volonté d’émancipation et d’égalité de droits.  A partir du XIXème siècle elles furent nommées « féministes » par Alexandre Dumas fils et, de plus en plus nombreuses et actives, elles reprirent la dénomination à leur compte. De nos jours, les féministes sont toujours détestées et certains détracteurs ont inventé les néoféministes histoire de laisser entendre qu’ils auraient approuvé les féministes des années 60 à 90 mais que leurs filles en philosophie exagèrent au point de les menacer.

Elisabeth Lévy et son magazine Causeur se sont spécialisés dans la lutte contre Lesféministes ou la défense du macho, selon le sens dans lequel on observe cette campagne sans borne. Chaque numéro de la feuille affiche un article ridiculisant les femmes qui se battent pour leur dignité et prônant le droit absolu de l’homme à exercer sa sexualité qui serait irrépressible et noble quelles qu’en soit l’objet. Elisabeth nomme  faire l’amour l’usage d’une prostituée et défend le droit des femmes à se prostituer. Le journal a d’ailleurs publié le manifeste des « salauds » qui utilisent la prostitution, contre la pénalisation du client. On ne peut que s’étonner que d’aussi brillants intellectuels qu’Alain Finkielkraut confondent faire l’amour et « baiser » car, comme ce dernier ne l’indique pas ce terme, fabriquer de l’amour en joignant nos corps n’a rien à voir avec satisfaire un désir pulsionnel se résumant en cinq étapes bander, branler, orgasmer, éjaculer et roupiller. Schéma classique du comportement sexuel masculin que tous les experts sexologues, diplômés ou auto proclamés  imposent à la sexualité des femmes. L’exemple typique de la vulgarisation de cette doxa est l’ancienne star du porno Brigitte Lahaie qui fait monter l’audimat de Sud radio ( le porno université de la sexualité féminine, c’est bien connu ;-( ) Du fait de cette dictature idéologique, plus de la moitié des femmes qui n’atteignent pas l’orgasme pendant le rapport sexuel sont des malades, des détraquées frigides, des nymphomanes, des hystériques, des lesbiennes qui s’ignorent (ou pas) Et quand une femme comme Dora Moutot ose défendre l’importance du clitoris dans le plaisir féminin, Causeur se fend d’un article moqueur et imbécile dans lequel le mâle est présenté comme une victime terrorisée par l’arme létale que serait le clitoris. https://www.causeur.fr/dora-moutot-alors-t-as-joui-sexe-154502

Heureusement, tous les mâles ne sont pas des machos insensibles à la sensibilité féminine et il existe même des machos féministes, des hommes qui assument leur virilité tout en respectant les spécificités et besoins des femmes sur le chemin de l’égalité, des êtres humains qui savent créer un équilibre harmonieux pour le bien commun de toutes et tous.

Dans la vidéo ci-dessous, Meurice ironise avec humour sur les propos machistes tenus par Elisabeth Lévy au cours de la 1ère Université d’été consacrée au féminisme organisée par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Il a rencontré Elisabeth Lévy.

 

 

Ce que « baiser » ne veut plus dire aujourd’hui, voir le magnifique poème de louise Labé 

Baise m’encor, rebaise-moi et baise ;
Donne m’en un de tes plus savoureux,
Donne m’en un de tes plus amoureux :
Je t’en rendrai quatre plus chauds que braise.

Las ! te plains-tu ? Çà, que ce mal j’apaise,
En t’en donnant dix autres doucereux.
Ainsi, mêlant nos baisers tant heureux,
Jouissons-nous l’un de l’autre à notre aise.

Lors double vie à chacun en suivra.
Chacun en soi et son ami vivra.
Permets m’Amour penser quelque folie :

Toujours suis mal, vivant discrètement,
Et ne me puis donner contentement
Si hors de moi ne fais quelque saillie.

Louise Labé, Sonnets

« Les passantes » de Georges Brassens. Mise en images discutable

Publié le

La chanson « les passantes » aurait du s’intituler « les voyeurs ».  Georges Brassens la chantait en 1972. C’est la vision d’un macho sur les femmes « je les aime toutes », une perception qui n’a pas changé depuis 45 ans bien que l’objet de ce voyeurisme , nous les femmes, ait beaucoup évolué. La preuve sinistre est ce témoignage d’une professeure https://www.huffingtonpost.fr/anouk-f/ce-quevoque-le-mot-femmes-a-mes-eleves-de-primaire-lorsque-je-lecris-au-tableau_a_23378202/. Il y a de quoi pleurer de rage et de désespoir.

A la décharge, si je puis dire, de Brassens, il n’a pas écrit les paroles qui sont de Antoine Pol. Il a tout de même choisi le poème, en a composé la musique et a interprété. Le poème original a été écrit en 1911 alors que l’auteur était âgé de 23 ans et élève ingénieur à l’Ecole Centrale, une époque où les seules femmes « accessibles » étaient les prostituées. Les relations femmes/hommes étaient alors lourdement chargées de fantasmes. Quand 60 ans plus tard Brassens s’empare de ces fantasmes pour les mettre en chanson, les femmes avaient beaucoup changé mais le regard que leur portaient les hommes demeurait le même…comme de nos jours.

Ce clip mis en images par une jeune photographe belge de 24 ans est une interprétation féminine, sans doute féministe, d’une vision masculine et masculiniste. J’avoue ne pas vraiment apprécier, particulièrement au début et à la fin les représentations stylisées de vulves comme si pour faire la nique aux hommes obsédés par leur pénis (Jeff Koons) nous devrions exposer notre vulve. Et d’ailleurs, quitte à représenter le pendant, c’est le clitoris qu’on devrait montrer.

Résultat de recherche d'images pour "représentation clitoris"

http://sexlogue.blogspot.fr/2018/01/were-just-starting-to-talk-about-it.html

Je n’aime pas plus les déhanchements réservés aux femmes âgées et obèses cherchant à prouver que toutes les femmes sont belles qu’elle que soit leur état, avec des seins pendants et de la cellulite. Nous aurons beau dire et faire, femmes ou hommes nous préférons regarder des fleurs fraîches plutôt que des fleurs fanées de même que nous apprécions plus les roses parfumées que l’arum titan à l’odeur nauséabonde.

Description de cette image, également commentée ci-après

Le fait est incontournable que nous soyons conditionnées par notre culture ou prédisposées par nos gênes, nos critères du beau sont sensiblement les mêmes dans toutes les civilisations. Qui au monde ne prise pas la fraîcheur de la jeunesse ? L’objet des divergences d’appréciation n’est pas le corps lui-même mais la manière dont on le pare et le sens donné aux transformations qu’on lui inflige.

Une image ne rend que l’apparence physique de la personne et la vision de la photographe. Une personne, jeune ou vieille, valide ou invalide, grosse ou maigre, entière ou amputée n’est pas que son apparence. Une personne est une planète à elle seule renfermant autant de laideurs et de beautés qu’un monde puisse contenir. Ma chienne dont les sens ne sont pas bridés, frétille devant toutes les bonnes personnes quelle que soit leur apparence, physique, ce qui facilite la communication.

le n° 3

Au début des années 70, nous femmes du Mouvement de libération des femmes, avions un peu plus d’imagination que la jeune Charlotte Abramow pour représenter notre vulve …tout en pudeur…Parfois je trouve que les jeunes féministes contemporaines manquent de culture féministe et qu’elles s’inscrivent plus dans la contemporanéité superficielle, égocentrique et narcissique que dans l’histoire du féminisme.

La Connectrice, féministe historique

PS Adolescente j’étais fan de Georges Brassens et je chantais « Elle est à toi cette chanson » en m’accompagnant à la guitare. Je chantonne encore certaines de ses chansons …Mais c’était un gros macho. Nobody’s perfect 😉

Brassens était amateur créateur de chansons paillardes (cochonnes, obscènes, pornos…l’objet étant toujours la femme) http://www.paillardes.com/index.php?page=1&limitbot=0&limittop=50&requete=Brassens&param1=resultat.php&entete=A02-Brassens.php

 

Quelle belle idée de mettre en image d’anciennes chansons très connues qui sont toutes dans nos mémoires. Barbara, Nougaro, Brel, Aznavour, Ferré… certains de leurs plus beaux titres n’avaient pas de clips, que de vieilles images usées en noir et blanc, ou quelques moments qui crépitent lors de leur passage sur scène. L’agence Havas s’est unie avec Universal pour offrir de toute nouvelles vidéos à ces artistes aimés par de jeunes cinéastes. Et pour ouvrir cette session, le premier clip est celui des  « Passantes », poème écrit par Antoine Pol et chanté par Georges Brassens en 1972. C’est la toute jeune Charlotte Abramow, réalisatrice et photographe de 24 ans qui propose sa vision de cette délicieuse ode aux femmes. « Je veux dédier ce poèmes à toutes les femmes qu’on aime… », entonne le Sétois à la guitare. Et en image c’est une douceur où les femmes, toutes femmes, jeunes, vieilles, grosses, émues, rigolardes… se succèdent dans des tableaux très tendres. Un bel hommage à toutes ces héroïnes du quotidien. Une chanson à réécouter à l’envie pour se faire du bien au cœur et un clip à regarder pour faire plaisir au regard.

http://www.elle.fr/Love-Sexe/News/Les-Passantes-Brassens-et-les-femmes-superbement-mis-en-image-par-Charlotte-Abramow-3647195

Cinéma »21 nuits avec Pattie ». Critique féministe

Publié le

Les Frères Larrieu affirment dans Télérama qu’ils ont voulu faire du « porno verbal » et c’est réussi dans ce genre qui exprime les fantasme phalliques de vieux et jeunes cochons obsédés par leur machin qui, malheureusement forment à la sexualité les hommes de demain puisque nous savons que, dès l’âge de 11 ans, pratiquement tous les enfants ont visionné de la pornographie.

Les petites filles sont moins nombreuses à se faire bourrer le crane par ces fantasmes qui réifient, humilient et dressent les femmes à la soumission au désir des mâles et à l’ignorance de leur propre sexe et de leur désir. Désespérant !

Je partage totalement la critique de Roselyne Ségalen que vous pourrez lire ci-dessous.

La Connectrice

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http://www.arte.tv/fr/le-clitoris-ce-cher-inconnu/387780,CmC=387788.html

https://laconnectrice.wordpress.com/2006/06/04/le-clitoris-en-trois-dimensions-une-revolution/

Réponse de Roselyne Segalen à l’article de Ariane Allard dans Causette de Décembre 2015 sur « 21 nuits avec Pattie. »

http://www.telerama.fr/cinema/films/21-nuits-avec-pattie,501862.php

Tout sauf une ode à la chatte !

Un peu stupéfaite en lisant le texte de Ariane Allard dans le Causette de ce mois sur le
film « 21 nuits de Pattie ». D’après Ariane A, Les frères Larrieu adopteraient un point de
vue féminin sur la sexualité. On y voit en fait l’histoire romancée de deux femmes, l’une
écoute : Caroline/ Isabelle Le carré, et l’autre, Pattie/ Karine Viard, parle de ses
expériences sexuelles dans un verbe fleuri et certes libéré.

Pour moi, il n’y a que cette parole qui soit libérée. En revanche, elle ne parle que de « bite » de fascination pour celle-ci, de fellation comme élément quasi unique de plaisir, « La chatte » est évoquée en passant et de façon collatérale.
De plus, le désir freudien pour la mère, évoqué longuement par Jean, le protagoniste
masculin, incarné par Dussolier est en quelque sorte réalisé. En effet, Jean a eu sa
première jouissance sexuelle en se frottant à sa mère morte, depuis lors, il ne peut jouir
qu‘avec des mortes. Il le dit et le redit de manière intellectuelle et poétique, ce qui
présente la chose comme une douce perversion.
Et incroyable mais vrai, cette femme soit disant libérée Pattie, qui parle de fellations et
de ses bites choisies, devient une femme qui fait la morte pour faire plaisir à Jean et son
fantasme !

Alors qu’elle avait clamé haut et fort en début de film qu’elle ne voulait pas
d’amour mais seulement de sexe, elle affirme être sous le charme du discours de cet
homme nettement plus savant qu’elle, ce n’est après tout qu’un femme de ménage, et
pour couronner le tout dit qu’elle est jalouse !
Tous les ingrédients des fantasmes masculins sont présents : l’hymne permanent à la
bite, en apparence seul élément actif de la sexualité, des femmes qui en redemandent,
flattent cette bite, et vont jusqu’à s’oublier totalement pour satisfaire les fantasmes les
plus fous des hommes !
Caroline, est elle, présentée comme une petite bourgeoise coincée, qui grâce aux
histoires grivoises de Pattie, se décoince progressivement. Les frères Larrieu nous
amènent à attendre le moment où elle va se lâcher et en effet, elle le fait à la fin en
tombant en quasi extase devant « la bite » de son mari, (Sergio Lopez). Elle, elle ne fait
rien, elle demande qu’il fasse ! L’image la plus osée arrive : Caroline, prise en levrette !
C’est l’apothéose !
Il semble évident que la sexualité féminine n’a pas été prise en compte. Ce sont
clairement des fantasmes de mecs : fascination des femmes pour leur engin et fantasme
d’imposer à une femme qui fait la morte tous leurs désirs quels qu’ils soient ! On n’est
franchement pas loin de la femme–objet !

Comment ces aspects ont échappé à Ariane Allard, on se le demande ! Il suffit de lire
n’importe quel livre sur le désir féminin, pour se rendre compte que la fellation et la
sodomie ne sont pas les modes les plus prisés pour arriver à l’orgasme féminin… ! On ne
doute pas que les frères Larrieu connaissent l’existence du clitoris mais on aurait pu
espérer qu’ils en fassent au moins mention pour prétendre refléter un point de vue
féminin sur la sexualité.
A bonnes entendeuses salut !

Roselyne Ségalen

Excision. Le jeudi 4 février 2016 colloque « comprendre et agir »

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Institut en Santé Génésique

Centre International de prise en charge des violences faites aux femmes

20 rue Armagis – 78100 St Germain en Laye

01.39.10.85.35. / 06.15.70.92.39.   

www.institutensantegenesique.org

Facebook : www.facebook.com/InstitutenSanteGenesique

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Sources images http://www.excisionparlonsen.org/   https://fr.wikipedia.org/wiki/Excision

On excise à tout âge, les femmes et les jeunes filles enlevées par Boko Haram au Nigeria seraient excisées.

Malgré l’adoption de la loi La pratique de l’excision demeure répandue dans certaines régions

http://www.dakaractu.com/Malgre-l-adoption-de-la-loi-La-pratique-de-l-excision-demeure-repandue-dans-certaines-regions_a62247.html

Source image

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Source image

 

 

A l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines,

 

Vous êtes invitée à la rencontredébat « Excision : comprendre et agir » organisée par la Direction Départementale de la Cohésion

Sociale des Yvelines, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité d’IledeFrance et leurs partenaires.

« Excision : comprendre et agir »

Programme

Le jeudi 4 février 2016 de 8h30 à 13h dans la salle du conseil de la mairie de Saint-GermainEnLaye

(16 rue de Pontoise 78 100 SaintGermainenLaye)

8h30 -9h00

9h00 -9h15

9h15 -10h45

 

 

 

 

 

 

 

10h45 -11h15

 

11h15 -13h00

 

 

 

 

Accueil et inscriptions

Mot d’accueil officiel

Que sont les mutilations sexuelles féminines ?

Vidéo- témoignage

Définition, par le Docteur Pierre FOLDES, co-fondateur de l’Institut en santé génésique et chirurgien.

Etat des lieux, prévalence et causes, par Isabelle GILLETTE-FAYE, Sociologue, Vice-Présidente d’Excision, parlons-en ! et Directrice de la Fédération Nationale GAMS.

Expertise de la France en matière de lutte et questions juridiques, par Maitre Linda WEIL-CURIEL, avocate au barreau de Paris et animatrice à la CAMS.

Échanges avec la salle

 

Pause-café

 

Comment agir ?

Vidéo- témoignage

Protection Maternelle et Infantile (PMI) des Yvelines

Nana CAMARA, Formatrice et Conseillère technique, Fédération Nationale GAMS et Marie VIGNIER-MENDY, infirmière scolaire, Les Mureaux.

Pierre FOLDES et Frédérique MARTZ, fondateurs de l’Institut en Santé Génésique.

Marion SCHAEFER, Déléguée Générale d’Excision, parlons-en !

Échanges avec la salle, vidéo- témoignage et clôture

.

Evénement modéré par Moïra SAUVAGE, Présidente d’Excision, parlons-en !

  PREFET DES YVELINES    

 

 

Reconstruction du clitoris. Comment ça se passe. Rencontre avec le Dr. Pierre Foldès et Frédérique Martz

Publié le

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Le mobilier et la décoration de ce lieu de rencontre provient de dons en soutien à l’action de l‘Institut en santé génésique.

Les femmes se réunissent dans le coin salon du bureau de Frédérique Martz, directrice de l’Institut en santé génésique fondé avec le Dr Pierre Foldès pour donner la parole à toutes les femmes victimes de violences et, en particulier celles qui ont été excisées et qui entreprennent ou non une démarche de reconstruction du clitoris et de tout ce qu’il y a autour, c’est à dire une femme.

J’ai eu l’honneur et la chance d’être reçue par le docteur Pierre Foldès et sa collaboratrice Frédérique Martz.

Pendant des années, Pierre Foldès a travaillé seul. Une rencontre avec Frédérique Martz, ancienne cadre d’industrie, a permis de fonder l’Institut en santé génésique qui a pour objectif d’informer et soutenir les femmes victimes de violences, de les écouter et, surtout de leur donner la parole seules ou en groupe. L’excision et sa réparation constituent l’une des activités de l’Institut de santé génésique.

Le docteur Foldès répare l’excision dans sa clinique de Saint-germain-en laye tandis que Frédérique Martz et ses collaboratrices bénévoles accompagnent les femmes dans leur reconstruction physique et psychologique. L’institut est installé dans l’hôpital à deux pas de la clinique, ce qui permet au chirurgien et à sa collaboratrice de s’entretenir de chaque cas afin d’entourer la patiente du mieux possible comme lui rendre visite à son réveil après l’opération.

140 millions de femmes excisées dans le monde dont 120 millions atteintes de fistules vésico-vaginales (FVV) aussi appelée fistule obstétricale) qui se forment au moment de l’accouchement et sont la conséquence directe de l’excision car la rigidité des tissus mal cicatrisés empêche la sortie normale du bébé. Nous ne nous en rendons pas compte lorsque nous sommes « normales’ mais la mobilité et la souplesse des chairs qui recouvrent le pubis, l’entrée du vagin et le périnée sont indispensables pour avoir des rapports sexuels sans douleur et pour expulser le bébé sans l’abimer et sans déchirer tout ce qui se trouve entre notre entre-jambes. L’excision entraine des cicatrices qui rigidifient les tissus, avec des adhérences qui empêchent leur mobilité naturelle et un déplacement du clitoris restant vers le haut du pubis. Reconstruire le clitoris, c’est aussi redonner à la vulve, au pubis et au périnée leur souplesse et leur mobilité d’origine.

Pierre Foldès a reconstruit 3 000 femmes et en a reçu 15 000.Le choix de la reconstruction du clitoris n’est pas toujours facile à cause de la pression sociale et chaque femme a besoin de temps pour faire ce choix. Beaucoup le font en cachette de leur famille et celles qui sont découvertes risquent le rejet et pire encore, une nouvelle excision éventuellement beaucoup plus profonde et cruelle quand elle est faite à l’hôpital par un chirurgien. Un chirurgien londonien s’est spécialisé dans l’ablation totale du clitoris après sa reconstruction. En effet, lors d’une excision traditionnelle les racines du clitoris ne sont pas coupées ce qui permet une reconstruction satisfaisante.

L’anatomie du clitoris

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A gauche, le clitoris au repos. En violet l’entrée du vagin et en jaune l’urètre. A droite, le clitoris pendant la pénétration : lorsque le vagin est élargi les racines et l’extrémité du clitoris (le gland) grossissent et durcissent à l’image du pénis. Source images http://controverses.sciences-po.fr/archive/pointg/index.php/making-of/images/ 

Lors d’une pénétration pénienne, c’est le clitoris qui est stimulé, à travers le vagin (l’uretère, lui, n’est pas très vasculaire).

Le clitoris est complètement étiré, écarté. En plus ça gonfle tout ça, car il y a des phénomènes vaso-moteurs d’excitation, donc ça peut doubler de volume, ce qui fait qu’un bon paquet est appliqué sur la verge.

Le point G est une zone agréable parce que le clitoris est stimulé en interne. Odile Buisson, gynécologue http://controverses.sciences-po.fr/archive/pointg/index.php/making-of/videos/index.html

Le clitoris est un organe méconnu. Il mesure environ 11 cm, ses racines entourant l’entrée du vagin.

Au moment de l’excision, l’exciseuse coupe la partie visible du clitoris, c’est à dire le gland. Pendant la cicatrisation, laquelle peut durer longtemps, surtout s’il y a infection et si la victime se livre à des activités physiques, un amas cicatriciel assez volumineux se forme à l’endroit de la coupure et le clitoris remonte et va se loger sous le pubis. La cicatrisation va figer la vulve et la coller à l’os du pubis alors qu’elle est normalement mobile pour donner de l’aisance aux mouvements et pour permettre la sortie du bébé lors de l’accouchement.

C’est le manque de mobilité de la vulve qui rend les accouchements difficiles avec pour conséquence une fistule vésico-vaginale, c’est à dire une communication invalidante entre la vessie et le vagin.

Lorsque l’excision est suivie d’une infibulation, c’est à dire la fermeture du vagin en laissant un minuscule espace pour l’évacuation des menstrues, les conséquences sont encore plus graves car le mari ouvre au couteau le sexe de sa femme quand il le désire provoquant chaque fois de nouvelles blessures suivies de nouvelles cicatrisations qui aggravent la rigidité de la vulve.

La consultation

La consultation du docteur Foldès ne ressemble pas à une consultation gynécologique. La table d’examen est simple, sans étriers, la patiente enlève seulement le bas et le médecin lui demande de rapprocher ses chevilles, un mouvement qui fait remonter la vulve et lui permet en une dizaine de secondes et secondé par une puissante lumière dirigée vers le sexe, de faire son diagnostic. Puis le chirurgien prend, en face à face, le temps d’expliquer à la patiente l’état de sa mutilation et comment il entend la réparer.

Certaines patientes sont surprises par la rapidité du diagnostic car elles ignorent que Foldès a examiné des milliers de femmes et qu’il en a reconstruit des milliers. Elle ignorent également que Pierre Foldès fut un brillant étudiant en médecine, qu’il a opéré des victimes de guerre, qu’il est également chercheur et développeur. Non seulement il a mis au point la méthode de reconstruction du clitoris mais il a développé les outils comme, par exemple, un fil spécial se résorbant plus lentement que les fils chirurgicaux habituels et un échographe dédié qui permet une vision très précise de l’organe.

Certaines patientes trouvent que le chirurgien est peu amène. Elles oublient qu’elles sont arrivées avec deux heures de retard (l’heure « africaine ») ce qui bouleverse l’organisation du service et que le chirurgien travaille 90h/semaine 7 jours/7.

Dans ces conditions, on peut comprendre que parfois, le chirurgien réserve son énergie à la chirurgie plutôt qu’à la communication. Et c’est d’ailleurs là qu’intervient Frédérique Martz et son institut en santé génésique. Ce complément de soins a été voulu par le Docteur Foldès qui, on le comprend aisément ne peut être à la fois au four et au moulin mais ne laisse pas pour autant tomber les femmes avec leurs questions.

Le suivi psychologique de la patiente, y compris les échanges avec ses semblables fait partie intégrante du processus de réparation et les femmes qui s’y dérobent risquent de s’inquiéter inutilement. On peut toutefois comprendre que certaines ne trouvent ni l’opportunité ni le temps de se rendre à Saint-Germain-en laye. Reste le téléphone …01 39 10 85 35

L’opération

Lorsque la femme a mûri sa décision et arrêté son choix, elle prend rendez-vous pour l’opération qui se fait en ambulatoire. Elle rentre à la clinique le matin et ressort le soir. Il est conseillé de se faire accompagner car même si l’anesthésie est légère, elle est générale. Le Dr Foldès a observé que lorsque la patiente écoutait de la musique africaine de son pays, elle était plus détendue et l’anesthésie nécessitait moins de produit pour l’endormir. En conséquence le réveil était plus facile.

La patiente rentre à la clinique le matin et en sort en début de soirée. L’intervention prend une quarantaine de minute. La patiente est ensuite conduite dans une chambre pour récupérer de l’anesthésie.

Dans la plupart des cas, le clitoris est entier sous la peau mais déformé par la mutilation. Le chirurgien va chercher l’extrémité blessée du clitoris sous le pubis et nettoie la masse cicatricielle (l’équivalent d’une croûte sur un genou bien écorché) et remet le clitoris à sa place, juste au dessus de l’urêtre. En même temps, il dégage les adhérences qui annulent la mobilité de la vulve et répare les éventuelles déchirures de la vulve et du périnée. Il peut être nécessaire aussi de réparer les petites et grandes lèvres, surtout dans le cas de l’infibulation quand la vulve a été cousue.

Le Dr Foldès m’a montré une vidéo dans laquelle j’ai vu une vulve complètement fermée par la peau qui avait repoussé après l’infibulation. Le bistouri incisait la peau lisse et noire laissant apparaître les muqueuses rosées des lèvres et de la vulve. Il a insisté sur le fait que même après l’excision et l’infibulation, tout est là pour permettre la reconstruction. Bien entendu, le chirurgien doit parfaitement connaître l’anatomie de la femme pour réussir l’opération, ce qui est assez rare car réparer les femmes excisées ne rapporte pas d’argent, la plupart étant sans moyens financiers.

Les suites opératoires

Une opération chirurgicale n’est jamais anodine. Outre l’anesthésie, les chairs entamées et recousues doivent cicatriser et les organes concernés doivent reprendre leur place.

Nous avons vu qu’après l’excision l’extrémité restante du clitoris était remontée sous le pubis et avait formé une cicatrice assez volumineuse. Une fois l’amas cicatriciel ôté et le clitoris descendu à sa place, il reste la cavité qu’il avait creusée en se rétractant sous l’agression du couteau de l’exciseuse, un trou qui va progressivement se résorber jusqu’à disparaître. Les femmes qui n’ont pas eu de consultation psychologique avant l’opération et qui ne respectent pas la consultation post-opératoire s’affolent par manque d’information sur le « trou », les écoulements, les fils et le processus de guérison.

Ce processus est expliqué en détails dans ce document de Frédérique Martz, collaboratrice du docteur Foldès https://laconnectrice.wordpress.com/2015/05/06/excision-la-reconstruction-du-clitoris-ce-quil-faut-savoir/

Les chairs ayant été coupées, elle sécrètent un liquide constitué de lymphe et de sang, une réaction à la chirurgie (commune à toutes les opérations chirurgicales), un écoulement plus ou moins abondant pendant plusieurs jours. Parfois ces écoulements dégagent une odeur forte mais c’est normal. Il suffit de se laver plus souvent pour éliminer l’écoulement et son odeur spécifique.

Le « trou » et les « écoulements » appartiennent au processus de cicatrisation et vont aller en s’amenuisant au fil du temps.

Aucune femme ne ressemblant aux autres, certaines peuvent avoir de fortes douleurs, d’autres pas. Le temps de cicatrisation est aussi variable d’une femme à l’autre et il est conseillé d’être prudente en ne se comparant pas aux autres femmes même si elles ont reçu le même diagnostic émanant du même chirurgien avec la même intervention. Se comparer aux autres femmes risque de vous saper le moral. Respectez votre propre rythme de guérison physique et mentale. Sachez aussi que pour compléter votre guérison vous devez pouvoir parler avec des spécialistes, comme celles de l’Institut en santé génésique, qui vous guideront dans votre convalescence et répondront aux questions qui vous viennent à l’esprit, notamment sur la reprise d’une vie sexuelle épanouie.

Le coût financier

En Afrique, des ONG comme « Clitoraid » (cette organisation fondée par les Raéliens est une secte dont les objectifs sont douteux), MSF ou MDM opèrent les femmes gratuitement. En France, le Dr Foldès s’est battu pour que la réparation de l’excision soit remboursée par la sécurité sociale mais beaucoup de femmes d’origine africaines ne disposent que de la CMU ou de l’AME (Aide médicale d’Etat pour les résidents sans papiers). Pour sa part, l’Etat rechigne à rembourser la réparation de l’excision aux acteurs de la santé.

Pour ma part, je pense que les états qui autorisent l’excision ou qui ne font pas appliquer les lois contre l’excision devraient payer pour sa réparation et les dégâts qu’elle cause aux enfants (c’est une violence intolérable), aux femmes et aux bébés qui pâtissent d’accouchements rendus difficiles et dangereux du fait de cette mutilation. Ces pays irresponsables devraient également assumer le coût social et humain de l’excision comme en Éthiopie où les femmes rendues incontinentes parce que victimes de fistules obstétricales sont répudiées par leur mari et bannies de la société parce qu’elles « sentent mauvais » comme le montre cette vidéo

Maintenant, si vous disposez de quelques moyens, je vous invite à faire un don à l’Institut en santé génésique qui fait un travail remarquable en collaboration avec le militantisme concret et actif du Dr Foldès. http://www.institutensantegenesique.org/#!nous-soutenir/c1ewc

La Connectrice

Pour en savoir plus

Vulve non mutiléeNymphectomie partielle supérieure

Excision . La reconstruction du clitoris. Ce qu’il faut savoir.

Publié le
Après que vous ayez pris conscience d’avoir été excisée et avoir constaté que vous étiez mutilée, après des années d’hésitation et de réflexion, vous avez décidé de vous faire reconstruire.
Maintenant, vous venez de subir une reconstruction du clitoris avec la réparation de l’excision qui a pu aussi abîmer votre urètre , vos grandes et petites lèvres génitales et votre périnée.
Chaque femme est un cas particulier pour laquelle votre chirurgien a choisi la meilleure solution et vous a expliqué comment il allait réparer votre mutilation. Il vous a sans doute été proposé de rencontrer des infirmières et des psychologues pour répondre à toutes les questions que vous vous posez avant l’opération. Après l’opération, vous vous posez encore d’autres questions.
Frédérique Martz, directrice de l’Institut de santé génésique travaille en collaboration avec le Dr Pierre Foldès qui est l’inventeur de la technique de réparation du clitoris et continue à la transmettre à d’autres médecins, en particulier en Afrique où il séjourne régulièrement.
Frédérique Martz a rédigé le document qui suit afin de conseiller et guider les femmes qui ont entrepris une reconstruction.
Toutefois, la lecture de ce document ne vous dispense pas de vous rendre à la consultation post opératoire, trois semaines après l’intervention.
En cas de doute, il vous est vivement conseillé de consulter votre chirurgien ou ses collaboratrices.
La Connectrice
Environ 3000 femmes ont déjà choisi la chirurgie pour faire réparer leur excision. Leur expérience et leur suivi ont permis d’évaluer les bénéfices potentiels de cette intervention.
 
LE CHOIX DE LA CHIRURGIE
La chirurgie est incluse dans un parcours de prise en charge psychologique pré/ et post opératoire, qui est proposé au sein de L’Institut en santé génésique. C’est un moment privilégié et qui se veut rassurant, le recueil des émotions est essentiel. L’Institut en Santé Génésique permet également de maintenir un lien jusqu’au premier RV post-opératoire à 3 semaines, période souvent très anxiogène du fait des différentes manifestations post-opératoires.
 
La consultation post opératoire à 3 semaines est indispensable: si ce rv n’est pas respecté, il a pour conséquence une situation de stress et d’incertitude quant à la « réussite » de la chirurgie: la consultation du chirurgien en post opératoire permet de rassurer, et de franchir les premières étapes  du parcours de reconstruction globale. Elle est suivie immédiatement d’un rv avec une psychologue pour poursuivre la prise en charge de l’impact psychologique de l’excision.

La femme attend de la chirurgie une réponse immédiate.  mais…
 
…IL N’Y A PAS DE CHIRURGIE SANS DOULEUR et MANIFESTATIONS POST OPERATOIRES
 il est, nécessaire lors des premières consultations, et lorsque la chirurgie est choisie, que la femme intègre et accepte les conséquences normales que sont les douleurs post-opératoires. C’est une chirurgie, avec des étapes inflammatoires, qui surprennent souvent, : les sutures, les douleurs, les écoulements et saignements. Tant que la cicatrisation cutanée n’a pas démarré, la région reste sensible et des jours de repos sont conseillés.
– L’impatience fait partie  d’un processus de revendication d’être immédiate une « nouvelle femme », une émotion qu’il faut modérer pour ne pas ressentir des moments de déception. Il faut savoir être patiente, parce que l’évolution n’en sera que plus positive et évidente.
Les soins ne doivent pas être négligés, car ils contribuent à une meilleure cicatrisation, également plus rapide. Ils doivent être plus fréquents que d’habitude, s’il y a une situation d’inconfort (odeurs dues aux écoulements…). Les témoignages recueillis à l’Institut en Santé Génésique, de plus de 130 femmes par an, évoquent biensûr les inconforts décrits par de nombreuses femmes, mais toutes disent s’être imposées une hygiène plus fréquente pendant la période de cicatrisation.
Les différentes étapes de la cicatrisation sont décrites dans le document qui est remis par le Dr Foldes, lors de l’entretien, avant le départ de l’Hopital / la Clinique.
Les soins apportés en post opératoire sont aussi douloureux psychologiquement, parce que les femmes sont surprises par l’évolution : premier contact douloureux lors des soins, changement de couleur, modification de la taille du clitoris tout au long de la cicatrisation, « nouveau sexe » dont il faut s’approprier l’esthétique… .

 LA REPRISE D’UNE VIE SEXUELLE NE PEUT ETRE IMMEDIATE
L’amélioration de sa vie sexuelle est un des objectifs, mais elle ne peut être immédiate, surtout pas pendant la période de cicatrisation.
Le désir d’avoir des relations sexuelles épanouies, sans douleur, et ressentant du plaisir (orgasme) est légitime, mais il nécessite une implication totale de la femme, tant physique que psychique, et peut-être également l’implication du partenaire s’il y en a un. L’Institut en Santé Génésique reçoit le couple en post opératoire, afin de faire comprendre au partenaire le rôle qu’il peut jouer, et la place que sa partenaire lui donnera, au fur et à mesure de la reprise de leur sexualité de couple. Elle seule décide du moment. Ces différentes étapes seront accompagnées par la psycho-sexologue si nécessaire.
 
L’excitation est déclenchée par des stimulations physiques, psychologiques. lors des soins (massages réguliers qui sont préconisés après la 1er consultation post-opératoire à 3 semaines). On ne peut dissocier les stimulations physiques et psychologiques.
Les traitements cosmétiques et dermatologiques préconisés sont choisis et adaptés pour permettre une meilleure régénérescence des tissus. Le gland réimplanté va s’intégrer dans la vulve à sa position normale et prendra au fur et à mesure sa couleur noire, ou parfois un peu plus claire. Il ne « disparait » pas, mais devient beaucoup moins saillant. Il tend à devenir un gland clitoridien normal de 5 à 15 mm environ, recouvert par une fine peau lisse.
Le clitoris est habituellement cicatrisé vers 6 à 8 semaines,  il est encore insensible. C’est à ce moment que commence la rééducation de la sexualité. Celle-ci est indépendante de la chirurgie et se fait à long terme. Elle consiste en une mobilisation et une stimulation normale de l’organe, comme l’aurait fait (même insconsciemment) la petite fille non excisée. La stimulation du clitoris favorise l’afflux du sang nécessaire à sa bonne cicatrisation.
Pendant cette phase, on apprendra à repérer les modes de stimulation agréable/désagréable : individuellement et/ou avec le partenaire. La stimulation du clitoris peut conduire à un orgasme dont l’intensité et le mode de déclenchement peut changer après l’intervention chirurgicale. Sa durée est très variable, de trois mois à deux ans, et dépend de l’état antérieur et du suivi des recommandations.
Cette prise en charge mécanique de surface est absolument nécessaire à la bonne évolution de la cicatrice et à la mise en place des circuits neurologiques sensoriels.
Toute cette phase s’appuie sur des consultations chirurgicales régulières (à 3 mois, 6 mois, 2 ans) et psychologiques à l’Institut en Santé Génésique (à chaque rv pris auprès de chirurgien, et au mieux 1 fois par mois pendant 6 mois).
 
 Plus généralement, les difficultés sexuelles sont fréquentes chez les femmes:  1 sur 3 non excisée a des difficultés à avoir un orgasme et / ou une excitation sexuelle.
Les causes sont nombres: psychologiques, maladies, certaines prises de médicaments…
Chaque cas peut donc comporter plusieurs causes, qu’il faudra bien analyser afin de répondre le mieux possible à la demande d’une meilleure sexualité.
 
D’un point de vue anatomique, le clitoris est un organe complexe de plus de 11 cm, intégré au périnée féminin. Il est presque entièrement caché. On ne voit que la partie externe du gland.
Seule, une minime protubérance apparait, recouverte par le capuchon (repli de peau) et peu visible. Cette partie est plus saillante en stimulation.
Le clitoris n’a aucune fonction reproductive, mais sa stimulation augmente le plaisir sexuel de la femme et peut lui permettre d’arriver à l’orgasme. Sa stimulation va d’abord accélérer l’excitation sexuelle puis la lubrification. A partir d’un certain seuil de stimulation, l’orgasme peut se produire.
 
En conclusion, la réfection clitoridienne est maintenant une opération standardisée. Son succès dépend essentiellement du suivi post-opératoire à moyen terme et psychologique à plus ou moins long terme, parce que la reconstitution chirurgicale du clitoris ne suffit pas. Un accompagnement et un apprentissage sont nécessaires pour en retrouver sa fonction. 
Frédérique Martz, directrice de l’Institut en Santé Génésique

 

 
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Institut en Santé Génésique
20 rue Armagis – 78100 St Germain en Laye
 
 L’Institut en santé génésique accueille chaque jour des femmes victimes de violences (plus de 290 en 2014), et l’excision est l’une de nos préoccupations, mais pas que.

Adèle et Flora. Dialogue 1 : Le plaisir et l’orgasme

Publié le

Adèle est une jeune étudiante qui vit chez Flora, une dame âgée. Le matin, lorsqu’elles déjeunent ensemble, elle discutent de toutes sortes de sujets avec le même enthousiasme et une curiosité sans bornes. Elles parlent de politique, de société, d’animaux, des hommes, d’amour, de sexe, de famille, de travail, d’économie et de styles vestimentaires. Rien n’échappe à leur analyse lucide, à leur ironie et leur humour. Elles partagent ensemble la même philosophie féministe et déplorent que les femmes aient, généralement, une si piètre image d’elles-mêmes.

Les dialogues que vous lirez dans la rubrique « Adèle et Flora » sont authentiques mais ils ont parfois été un peu réécrits pour en faciliter la lecture que nous vous souhaitons joyeuse.

Dialogue 1 : le plaisir et l’orgasme

Flora

Une jeune femme m’a demandé récemment quelle était la différence entre le plaisir et l’orgasme et j’ai été surprise car, pour moi, la différence est évidente.

Cette question m’a été posée par une jeune femme africaine qui avait été excisée et qui avait choisi de se faire reconstruire, une opération dont elle attendait beaucoup. Elle pensait qu’une fois la cicatrisation de son clitoris aboutie, elle allait découvrir  LA sexualité.

Les questions de cette jeune femmes étaient intéressantes car elle découvrait son corps dans son intégrité et se demandait comment elle devait le traiter. Qu’allait-elle bien pouvoir faire avec son clitoris tout neuf ?

Voici ce que je lui ai répondu, le plus simplement possible :

Le plaisir est ce que vous ressentez quand on vous caresse, quand on vous embrasse, quand on vous serre dans les bras. Vous êtes émue, troublée et vous avez des frissons un peu partout et dans le bas ventre, sur les seins, votre vagin et son entrée s’humidifient, etc.
 
L’orgasme, c’est quand vous ressentez un plaisir intense au niveau de votre sexe, vagin et clitoris, que ce plaisir s’intensifie jusqu’à provoquer une sorte de décharge électrique. Ensuite, on ressent du calme. L’orgasme dure très peu de temps, quelques secondes. Le plaisir dure tant que vous êtes avec votre amoureux et que vous vous caressez, vous embrassez, vous parlez, vous chuchotez des mots doux, etc.
 
Beaucoup de femmes n’ont pas d’orgasme pendant les rapports. Mais elles ont énormément  de plaisir.
Beaucoup de femmes ne connaissent l’orgasme qu’en se masturbant, c’est à dire en caressant leur clitoris, seules ou avec leur compagnon.
 
Comme je vous l’ai dit, chaque femme est unique, chaque femme doit trouver sa voie avec l’homme qu’elle aime parce que son organe sexuel principal est l’ensemble de son cerveau, de son âme et de son cœur.

Adèle

Lorsque Flora m’a fait le récit de l’échange qu’elle avait eu avec cette jeune femme qui lui demandait qu’elle était la différence entre orgasme et plaisir, ma première réaction fit beaucoup rire mon interlocutrice.

 La différence entre orgasme et plaisir ? Mais … Il faut que je réfléchisse là. Ais-je dit, bien incapable de fournir une réponse dans l’instant.

 C’est vrai que c’est drôle, avec le recul, le fait qu’une jeune femme de 23 ans avec une activité sexuelle normale ne soit pas capable de fournir une réponse d’emblée à cette question fondamentale.

 Le fait est que je ne me l’étais jamais posée, cette question. Oh bien sur, j’avais déjà réfléchis sur le problème, mais pas en ces termes.

 Alors, j’ai pris quelques minutes de réflexion et voilà ce que j’ai dit à Flora :

 Il me semble qu’on considère encore aujourd’hui et à tort, que le plaisir n’a pas d’autre fonctions que d’être l’antichambre de l’orgasme. Le plaisir ok mais uniquement pour jouir à la fin.

 Moi, je n’ai jamais vraiment eu d’orgasme je crois, et je suis loin d’être la seule. Au début de ma vie sexuelle, je le vivais mal, très mal même. En fait, je croyais que j’étais anormale, que tous le monde autour de moi avait des orgasmes sauf les femmes frigides. Je me suis longtemps culpabilisée par rapport à ça, je me suis longtemps dit que j’étais trop coincée et que ma vie sexuelle n’était pas épanouie parce que, quoi qu’il se passe, je n’avais toujours pas touché au Saint Graal alors que mon partenaire lui, « jouissait » (orgasme ? et éjaculation) à chaque fois.

Flora

Moi aussi, quand j’étais jeune et même avant que je n’entame ma vie sexuelle, les garçons me disaient que je ne savais pas ce que je ratais en refusant de coucher avec eux. Je réalise maintenant qu’ils ne parlaient que d’orgasme, persuadée que la sexualité féminine était calquée sur leur propre sexualité : excitation, bandaison, éjaculation, roupillon.

Pendant longtemps, moi aussi, je me suis demandée si j’étais normale car j’avais beaucoup de plaisir mais je n’atteignais pas cette chose extraordinaire qu’ils me demandaient absolument d’atteindre. Certains, qui se targuaient de connaître parfaitement les femmes parce qu’ils accumulaient les conquêtes, se donnaient beaucoup de mal pour me faire jouir comme eux, à leur image. Mais ça ne marchait pas et quand il ferraillait pendant des heures, je finissais par m’ennuyer mais il ne semblait pas s’en rendre compte.

Il y a peu, j’ai dit à un homme de mon âge qui me courtisait (qui voulait me baiser) que je n’avais jamais eu d’orgasme avec un homme et qu’à ma connaissance, c’était le cas de nombreuses femmes. Il m’a répondu avec mépris « vous savez peu de choses ». Parce que lui, évidemment savait tout, tout sur le plaisir féminin.

C’est bien ça le problème, les hommes sont persuadés qu’ils connaissent les femmes mieux qu’elles-mêmes parce qu’ils les explorent physiquement, psychologiquement et scientifiquement. Les grands professeurs de gynécologie, d’obstétrique, de psychiatrie, de psychologie, de psychanalyse et de sexologie sont majoritairement des hommes. Les pornographes qui réalisent et vendent des images d’activité sexuelle filmées ou imprimées sont des hommes. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai vu sur l’écran de télévision des hommes parler de la sexualité féminine.

Beaucoup d’hommes pensent que parce qu’ils ont couché avec de nombreuses femmes, dont des prostituées, ils sont  experts en sexualité féminine. Et pourtant, ils devraient savoir que la sexualité n’a rien de mécanique, même pour eux. Des hommes m’ont raconté qu’ils pouvaient éjaculer sans plaisir et avoir du plaisir sans atteindre le fameux orgasme. Un ami homosexuel m’a expliqué qu’il était obligé de se droguer pour avoir du plaisir à se faire mettre. Ces pauvres hommes eux aussi sont parfois enfermés dans le modèle de la performance et c’est bien dommage pour tout le monde.

Notre société a rendu l’orgasme obligatoire et a réduit la sexualité à la recherche  de l’orgasme selon un modèle masculin pour tous et toutes.

 Adèle

Et puis, il y avait les réflexions de mon partenaire aussi, il était déçu, il se sentait nul parce qu’il n’avait pas réussi à me « donner du plaisir ». C’est intéressant cette expression d’ailleurs parce que du plaisir, il m’en donnait mais, pour lui ça ne suffisait pas, ce n’était pas ça donner du plaisir, j’aurais du avoir un orgasme pour que le tableau soit complet.

 En grandissant, j’ai commencé à en parler avec des copines. C’est essentiel je trouve, que les jeunes femmes se parlent sans détour de ce genre de choses parce que, bien souvent, on s’aperçoit qu’en fait on se pose toutes les mêmes questions et que nous craignons d’en parler parce que nous pensons que nous sommes la seule à ne pas avoir d’orgasme, que toutes les femmes en ont. Je me suis aperçue que je n’étais pas la seule à ne jamais avoir atteint l’orgasme. Une amie m’a même confié qu’elle s’était beaucoup emmerdée au lit au point une fois de répondre au téléphone pendant l’action.

J’ai commencé à comprendre qu’en fait, le problème ne venait peut être pas que de moi, que mon partenaire n’était peut être pas assez à l’écoute de mes besoins, obsédé qu’il était par le fait de me faire jouir au plus vite histoire de se regonfler l’égo : « Si elle atteint l’orgasme, je suis un bon coup ». Et puis, est-ce vraiment un problème après tout ? Je ne le pense pas.

 Le fait est que dans notre société, c’est l’orgasme obligatoire. Il faut baiser, beaucoup et bien, pour être quelqu’un d’épanoui. On le ressent dans les conversations entre jeunes (femmes et hommes), c’est l’émulation permanente à la connerie : qui aura l’activité sexuelle la plus fréquente, qui sera le plus bon coup du groupe, qui aura le plus de partenaires différents dans l’année … Le sexe est aujourd’hui un bien de consommation comme un autre et, au même titre que celui ou celle qui possède le dernier opus de GTA sera respecté et considéré comme un type cool par ses potes, celui ou celle qui atteint l’orgasme tous les jours sera « the coolest person ever ». De vous à moi, je doute que cette personne existe … Et, quand bien même, il semble illusoire et presque ubuesque de généraliser à ce point quelque chose d’aussi intime que les relations sexuelles : pourquoi diable faudrait il dans ce domaine que tous le monde réponde a un même modèle ?

 J’avais donc fini par comprendre que les relations sexuelles sont une question d’échange avant tout et que, de mon point de vue, c’est ça qui compte et non pas l’orgasme. Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux dans mes baskets. Ce que je recherche, lorsque je couche avec un homme, ce n’est pas ce mythe d’abandon total, ce lâcher prise quasi mystique dont tous le monde parle. Non, je préfère un amant qui se concentre sur le bien qu’il me fait et le plaisir qu’il me procure sans se préoccuper du résultat plutôt qu’un homme qui enchaîne mécaniquement caresses et autres délices juste parce qu’il est pressé d’en arriver à THE moment qui, autant vous le dire tout de suite, ne risque pas d’arriver dans ces circonstances …

 Alors, allez y les filles, décompléxez, on s’en fiche de l’orgasme et vous savez ce qu’on dit : l’essentiel pour faire les choses bien, c’est d’y prendre beaucoup de PLAISIR.

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