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Congé maternité : discussion publique au sénat le 1er juin

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L’allongement du congé maternité sans garanties de carrière et d’application de la loi sur la discrimination salariale est une catastrophe pour les femmes.

Le Sénat débattra publiquement de la loi sur la protection des femmes enceintes et de l’allongement du congé maternité de 14 à 18 semaines, le  mercredi 1er juin 2011, soit la veille du jeudi de l’Ascension pour s’assurer qu’il n’y aura pas trop de monde pour contrer les sénateurs UMP et assimilés qui s’opposent au maintien du salaire intégral de la salariée pendant son congé maternité.

Une opposition qui est contradictoire avec la présentation du projet de loi qui dit qu’elle vise  à relancer la natalité.

Si le salaire n’est pas maintenu à 100%, les salariés les plus modestes, celles qui font le plus d’enfants seront les premières pénalisées et risquent se retirer du marcher du travail pour élever leurs enfants avec, comme seule ressource, les allocations familiales.

Allonger le congé maternité sans incitation à  se former ou reprendre son travail est implicitement un encouragement à l’abandon d’une activité professionnelle, un retour des femmes à la maison comme le souhaite le Front national, une dévalorisation du travail féminin pour cause de discontinuité et obsolescence de son expérience interrompue longuement à chaque grossesse et une incitation à faire le plus d’enfants possible pour toucher des allocations familiales plus importantes.

Des dispositions qui prétendent avoir été conçues en faveur des femmes enceintes constitue en réalité un énorme pas en arrière pour les femmes car elle ne dit pas un mot de leur carrière professionnelle.

Les femmes sont déjà les premières victimes de la discrimination à l’embauche car les employeurs redoutent qu’elles s’absentent pour congé maternité, pour soigner un enfant malade ou qu’elles réclament un temps partiel pour s’occuper de leurs enfants.

Quand ces craintes arrangent les employeurs, ils embauchent des femmes sur de petits salaires ou avec des contraintes horaires insupportables comme pour les caissières.

Quand ces craintes dérangent les employeurs, ils embauchent des hommes.

La directive relative à la protection des femmes enceintes recommande l’allongement du congé maternité, la liberté de le prendre en totalité après la naissance, le maintien du salaire précédant la grossesse pendant le congé maternité, l’égalité salariale et le versement de primes et augmentations qui auraient été accordées aux salariés de l’entreprise pendant le congé maternité de l’intéressée, la généralisation du congé paternité.

On lira l »ensemble du rapport ici: http://www.senat.fr/rap/l10-555/l10-5554.html

Le gouvernement français rejette la proposition de garantir 100% du salaire de la salariée enceinte pendant son congé maternité parce que ça coûterait trop cher:

En ce qui concerne l’indemnisation du congé de maternité, les autorités françaises attirent l’attention sur le surcoût financier extrêmement important qu’entraînerait une indemnisation à hauteur de 100 % du congé de maternité : environ + 35 % à + 45 % (soit 1 milliard à 1,3 milliard d’euros) pour l’assurance maladie, selon que la durée du congé serait portée à dix-huit ou à vingt semaines.

(Ca fait combien d’indemnisations de 285 Millions d’euros à Bernard Tapie???? : un peu moins de 6. Des millions de mères valent seulement 6 Tapie??????)

En revanche, l’allongement de la durée du congé de maternité à dix-huit semaines, avec un niveau d’indemnisation compatible avec les règles françaises actuellement en vigueur (c’est-à-dire en fixant un plafond d’indemnisation), aurait une incidence financière bien moindre : + 9,5 % (soit 250 millions d’euros) pour l’assurance maladie.

B-3-c du rapport. Curieusement, il n’est pas écrit le détail de cette donnée chiffrée: nombre de femmes concernées, période de référence? Rien.

………………….

Parmi les recommandations formulées par votre commission, plusieurs ont été prises en compte par le Gouvernement et défendues lors de la réunion du Conseil de décembre dernier :

– l’allongement de la durée du congé de maternité à dix-huit semaines ;

– le respect du principe de subsidiarité s’agissant de la répartition du congé de maternité entre les périodes prénatale et postnatale ;

– la promotion au niveau de l’Union européenne de l’instauration d’un congé de paternité.

S’agissant du niveau de rémunération, la France refuse l’idée d’une indemnisation à 100 % du salairetelle que le propose le Parlement européen, en raison du surcoût que cette mesure ferait peser sur les régimes de sécurité sociale, dans un contexte où les instances européennes appellent fermement les Etats à réduire leurs déficits publics.

Seule la faculté pour les Etats membres de définir un plafond d’indemnisation, comme le prévoit la proposition de résolution précédemment soutenue par votre commission, rendrait cette proposition acceptable aux yeux du Gouvernement.

Le congé maternité est nécessaire et légitime mais sa durée devrait être optionnelle. Certaines femmes désirent reprendre le travail plus tôt.

Le congé paternité devrait être obligatoire. Les hommes qui sont largement majoritaires à décider du sort des femmes et qui sont heureux de procréer sans avoir à se soucier des charges que représentent l’élevage et l’éducation des enfants seraient susceptibles de revoir leurs décisions s’ils s’en occupaient eux-mêmes, non pas en « aidant », en « contribuant », en « participant » mais en ayant la même charge de travail et de responsabilité que la mère.

On se croirait encore aux temps préhistoriques quand la mère devait rester dans la grotte pour nourrir ses enfants et entretenir le feu tandis que l’homme allait cueillir et chasser pour rapporter la pitance. Un schéma qui reste ancré dans les mentalités car ça arrange bien nos maîtres et seigneurs alors que ça n’a aucune justification biologique ou matérielle.

Le retour du congé maternité au travail devrait être très sérieusement encadré afin que la femme ne soit pas pénalisée tant au niveau de son activité que de ses revenus.

La loi sur la discrimination salariale devrait être assortie de très lourdes amendes et son application surveillée afin que les femmes ne soient pas discriminées à l’embauche.

Enfin, l’orientation des filles en 3ème ne devrait pas tenir compte de leur futur de mère de famille car, certaines n’auront jamais d’enfants et les autres doivent pouvoir concilier harmonieusement vie professionnelle et maternité.

L’orientation des garçons devrait aussi prendre en compte leur responsabilité de « producteur d’enfants ».

Si les congés pour naissance d’enfants étaient équitablement répartis entre la mère et le père, les discriminations de genre chuteraient spectaculairement.

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